UNIVERSITE
DE
PARIS
VIII
-
VINCENNES
SCIENCES
ECONOMIQUES
SUREXPLOITATION
DE
LA
FORCE
DE
TRAVAIL
EN
AFRIQUE
OONSIDERATIONS THEORIQUES
ET ETUDES DE CAS
THESE
POUR
LE
DOCTORAT
D'ETAT
~RÉSENTÉE ET SOUTENUE
PUBLIQUEMENT
PAR
Bernard
FOUNOU-TCHUIGOUA
JURY
PRESIDENT:
Michel BEAUD
SUFFRAGANTS:
S. AMIN
F. Chatelet
C. Coquery Vidrovitch
K. VERGOPOULOS
PARIS, MAI 1977

- - "
!
NATIONS UNIES
RI 2795
InSTITUT AB'RICAIN DE DEVELOPPEMENT
ECONOIIQUE ET DE PLA.NJJFICIiTION
DAKAR
SUREXPLOITATION DE LA FORCE DE TRAVAIL
EN AFRIQ,UE
CONSIDERATIONS THEORIQUES 11'T ETUDES DE CAS
Bernard FOON,ŒJ-TCHUIGOUA
. -~ (

R/2795
ilLE sysmIE ECONOMIQUE DE LA PERIPHERIE NE PE1JT PASSE
CONPRlm'TDRE EN SOI CP.R SES RELATIONS AVD:: LE CEI.'J"TRE SONT ESSENTIELLES".
S. AMDT, Lt ACCUMULATION A L'ECHJ1'LLE MOlillIALEt
ANTEROPOSt 1ère EDITION, P. 340

R/2795
Page 1
WRÇ)DUCTIOl\\T
Pour tr~iter des formes de surexploit~tion de la force de
travail en Afrique il faut dt abord préciser le concept de surexploi-
tation de la force de travail dans une formation socialo capitaliste.
La thôorie de l'exploitation capitaliste au nivoau 10 plus
abstrait suppose 1° que la force de travo..il est payée à sa valeur,
c'est-à-dire que les différences de salaires reflètent les différences
de productivité. 2° que c'ost gr~e au salaire seulement que la force
de travail se reprqduit • L'observation montre que les conditionshis-
toriques peuvent s'opposer de manière radicale à la convergence entre
salaire et valeur de la ,force de tr~vail dès lors quo l'on prend en
compte la répartition de la massa, salariale entre les travailleurs. Il
appara!t à ce moment là que certains groupes de travq,illeurs peuvent
~tre SurP8iY'8S et d'autres sous payés. Le phénomène ~o~J2.l0itation
différentielle doit titre plus exploré qu'il no l'est n.ctuellement.
L'exploitation diffürentielle conduit donc à la surexploitation des
travailleurs qui sont structurellement sous-payés. Elle se définit
comme un procès de production de la plus-value par un travailleur qui
ne se reproduit pas normalement. Ce dernier tend alors à allonger le
temps de travail hors "petite circulation" 0 Là où la soumission formelle
ou réelle de la force de travail au capital a gagné toute la société
(cas en tendance au centre) 9 Cet allongement s'effectue au niveau du
travail domestique. Là où la soumission informelle st amplifie (cas de
10. périphérie i l' allongooont du tempo de travail nécassmiro porte an
plus sur la production, "marchande simple" ou sur une production agri-
cole non marchande. Autrement dit, la possibilité dt allonger le temps
de trav2.il nécessaire non pa,y-é est une conJ.ition favorable, à la surex-
ploitation.
Cependant les conditions 8conomiques ne font, qu'infléchir
un principe inhérent 2.11 mode de production capitaJ.isto : diviser les
travailleurs pour se perpétuor. Nous soutenons que dans le mode de

R/2795
Pé1ge 2
production cnpit2.listc, ln relation saldre/productivit8 no (lr~tcrmi.l1c
pas de 'mnnière univoquo 1:1 r2pr::,rti tion de la mo,sso s:1l['xi:1L: antre los
trClv2.illeurs, mr::,is quo l,?, nécessité ùe ln. reproduction globdo (lu NPC
œ:ige des discriminL'.iiollS ..
Certes notre rechorcl1c ost surtout orientée yers 108 conditions
Gconomiques de lé'. sm'œrl~,loit3tion m2.is nous devons L'YJ.sisior sur los
im;)ératifs politiques. JTIn cc qui concerne los condHions 6conomièp.lGs
proprement di tes, nous no }lonsons p:J.s quu L'~ prûsuntrction thüorique
est épuisée. C'est pourquoi, nous o.vons ll11 esquisser lUl cc,dre théorique
'globcü où production co.pit::tlistc, production domestique, Vcodudion
c
non marché1.llde sont intc'igrécs.
L':i.nt égrdion de l t Afrique dens 10 systèm() c:.'.pitc.liste; (1
provoqué l'émergence de plusieurs types d'éconorniefJ .. 1iu sucldu SC:ll:'T::t
on p::u-le d'économies de trèdte. s-urtou~ en Afrique oc cidcnt 2.1 0
~i.' économies des concessions, G1ll'tout en Afrique c8ntréèlc ; è:. r (coY'.omies
de réserves de forCE: d,) tréèv~Lil bon ma.I'ché, on Afrique Austrcèlc .. :En féd t,
'nu sein deséconomiE:s clo résc:œvos, il L'.ut fairo lû. rlïs1;:Llctiol1 onirc
économie dêmigro..tion et rcüo,is impérLllisto qu'ost l t i:.frique (1.u Suè. Duns
cette région de l ' .r:li'riquc Aua-tr<.üc, nous Û.vons étuc~i( L~. su:rc::ploitéètion
des tr2.v:J.illeurs africc.ills ct le sur-p,üomcnt cles tr[',v.:-::il18U1's.icolon13o
' , - " .
Lé'. surexploitatibn clu Lesotho est o.xéc sur los ci::ri'èct6ristiquofè concrètes
(~_''Lme üconomie de rüserves. lk.is 10. plus gl'wdc ly'.rtic (lu tl~".v;:'_il ost con-
s,:J,crée à l ' un2,lyso de 1" S'l.lroxploi téètion do 12. force do tr,w:ül surtout
:ègTicole, dans 10 cû.t1.re de li'.. soumission informelle et plus sp-:'ci:::1omcnt
011 économie de trû.i -te,
llomû.inc pnr excollonce de cotte forme do soumission.
L'étude de ln domil1o.tien du capital sur l ' o.gric'l'.Hure on .Afrique
él fnit beû.ucoup de progrès dC;lJuis quelques armées 2. L. foü:
SIIT
le plan
théorique et sur 10 plan clos étud.os concrètes. L88 étuc!.es thooriiues oni
été menées .dc.ns clou:: cliroctions j ln plélCe cIo li.;' rcntc) fonci<Jl",) 1
~iûne petrt, 10. soumission des tro.v&illeurs d'û.utre po.rt ; le
JI S. AlUN et KOSTI'.. :";iI?GOPOULOS. Lo cC1,pitn.lismo ot lc_ qT'.estion pCi,ysanl1o
P.P. REY. Les o,lliancos de classos.

R/2795
Page 3
tout étunt situé duns le cadre général de la division du systèiJÛ capiti:1-
liste en un centre et une périphérie. La conclusion pour la rente fon-
cière est qu'à la périphérie africaine l'impérialisme l'a liquidée là où
olle existait (cas des pays de l'Afrique du Nord, Soudan); l'a rêduite
considérablement (Egypte à partir do 1952) i a emp€ché
son émer;.sence, là
où le tri but paysan ne s'ôtait pas consolidé un droit de propriOté pour
le bénéficii.rire. Les modalités en ont dé variées,
quoique lilJitées : .:)~.
expropriation des afric,ùns ct attribution aux colons ct n9n à des
soci étés, cas de l'Afrique australe ct du r/Jaghrcb ; tr:JJ:'lsforrnation de
l ''lri stocratie prêcolonialc et subordonnés l'énumérés de l'administration
(Ouganda, Lesotho ••• ); liquid:ltion pure ct simple do cette aristocratie.
cas des colonies françai ses au sud du Sahara.
En ce qui concorne la soumission informelle. un éclairage
/
t
. 1 : l
. , . f
11
f
"
nouveau es
apparu aussl. ..J..I:
a SOUfill.SSl. on l.n orme
e ne se con ona pas
nécessê.ùrcment avec
l ' economie de trni te. La soumission informulle est
une relation fondamentale entre le capital et de manière plus précise
encore, entre le grand capital monopoliste. et la masse dos productours
(directs ou indirects)de la plus value, sans que le capital soit juridi-
qu0mont propriétaire des moyens de production et dirige le procès de
tr~vail. Elle s'apparente au travail à dorrdaile. La soumission informelle
ost un concept général du mode de production capitaliste, ou plutôt de
formation sociale capitaliste, au m8me titre que la rente foncière. Nous
verrons qu'à côté de co concept restrictif do soumission inforlLolle,il
fQ,ut prendre en considérati on d' ttUtres faits importants. cornr,le par
ex(;mple la production non m3.rchande,
surtout lcrsque nous som",,::,," à la
përiphérie africaine du système capitaliste.
~ Amin. La fin d'un débat
N. Lautier. La soumission :fformŒ1lo du travail nu capital
Cl. Faureo La soumission foriJ1811c de l'agriculture au capité11
B. Founou-Tchuigouao Larché réel et m<1I'chê formel do la force de
travail in Pensée Sept. 1974.

L'economie de traite est d'abord un concept de l'agricul-
ture,
co que celui de L'c soumission informolle n'est pas; douxièuc:"cnt,
l t économie do tr,:,i tl) n'est pas SGUlC:lllünt un rc,pport de production. C'cot
1::1 base économique d'un"'! forrl1ati on sociale pèripherL~-ue roposa.nt princi-
F.cl\\.Jmcnt sur Id. sourai ssi on informolle clans l ' a.e;Ticultllre. Dana une
économie de trai to, riGrl d'E:ssonticl sur les luttes de cL-,sses,
sur 12.
forme de l'Etat, sur les procossus d'industrLüisa,tion,
sur 18 ::"onction-
nO;;lont de 1 t app<ll'eil banc;üre otc, ne peut se comprendre sa11S L, référen-
ce à la domination du grand ca.pi tal sur 1:1 masse de s product0urs 3.gri-
celes. LI économie do tra.i te n'est ni uno économie figée,
ni une 8conouie
uniforme dans l'espace. Au contraire,
on peut trouver une éconouie de
tre:.i te monooxportatric8 corŒT:C, 10 Sénégcl.1, 'CbU Niger utc •• et une cconcLli.::
d,~' traite re Ll'tiv(Jment diversifi 6e (Nigéria, C;-;Jj1(crOUn, Côte-d' l'JoirE:) •
De même des phasùs peuvent Stre distinguées: celle où toute le:, pro-
'/
duction Gst exportée brute - toutes 18s économies dlJ traite; ,],fricaines
jusqu'en 1950 environ ; celle de l'expcrté1tion de produits rcL:-:.tivemont
ou if!Ome complèü-'fficnt transformés -
CCtS
des huiles. La soufnission infor-
molle en agricul turc dans une économiE) dû traite se traduit par Li. G'Ur-
exploitation des trav<:ùllcmrs ct 10 g,],spilla,go dos ressources n:,turclles.
En économie do traite, l ' 0,ccumulati on du capi taJ. ot SIJê-
ci\\lcment dos instruments de: production est très limitée. So.uf qUC1.ud il
y
:1 irrigation,
la culturl; Qst (;sscntiellement extensive. C'est pourquoi
sur une longu8 période 7 les condi tians natun.;lle~; do 1.'." production so
dégradent. Cette dégra.dati on provoqua une crise alimontciro. Il est
pCf~sible dG distinguer doux phases: une phase d'autonor.1Î(; a,lim.c-;ntair8
ct une phase où le défiei t
aliment:ürc dovient chronique, nJ:ügré la
fC1.ible diffusion dos produits C1.limcntaires importés ds.ns le milieu
rurl-l. Ici également des nuances ct d(;s dec:,L,1.ges p8uvent êtr8 obs--:rv6s
.
.
.
'
d'un pays à l'a.utre. C'est cc quo nous avons tonté do montrer cl1lls tes
étudos de C:1S.

R/2195
pn,go 5
En économie, de tr;.1i tG,
ec onomie à pré:dominance de la
sCJUiLÎssiQn informullo dans l'3..,s:cicultLlre et à dév'JloPPci:18nt du s,Jcteur
informel urbain, la fo:r:cl: do tré.l,v3,il G st oxtr~memont sous-payée. On
sa.i t
que la r,:-..ison réside en la LliJ.SSG de II), production non marchande
8t du la. force de travé1il non l1iCU'chande.
L'éconoJ,lie do trai t0 a ét é [[Lise 8n place pendant la
période coloniale. A l'indépondanco, bien des g-ouvornOEJOnts africains
ont annoncé des politi~~os on vue du C~SSGr co sui p,craissait être le
goulot d'ëtrélllgL)ment essuntiol,
la "pénurio du CL1pit·:ù". Les intentions
avouées de cos politiques consistaiont à Ifoncourager l'êpDI'gne n:1.ticnale"
pilr dos incitations fisccÜes,
par l'acc\\ôntuation;tl'inég~litéda.ns la
!t::pa.rt..ition dos revenus ot pé'J"l'êpargne budget,cire. l'Jous rnontr(jl1s qUG
ëLws lü cadre dos économies du traito encorG plus (lue d:!l1s colui d'autres
types d'éccnomies sous-devoloppées, COG politiques n'o.boutissent p.s.s à
dégQ,ger une épargne n:1tionale 0
Un :1Utre prüblèmo auquol l ' économio dG traite doit faire
ÏilCC
est colui du dévoloppomC:lnt du chêmage. Cortes du fait môme..; de li?
prédominance dû lil. souwission informolle à la cc1mpagn8, l 'oxode rural
prend un c::U'El.ctère moins dramatique que d~;ns les t;conomies do resorves.
Cependa.nt, le cé",ractère archaïque des méthod(;s do production vst une
cn;uso perm.:lIlente de pression sur ln torre, du L,it de "la différencia.-
lI
tion démogr2.phique ",
solon l'expression
do chayanoff.
Le phénG~,;ènG dit
cle chômage dégui s é se tradtti sa.nt peU' une tendanco à la bai ssc du r(;vunu
réel pGr capi ta est la causc; ess0utiollo d'exode rural, qui entrotient
&0 son tGur le "sect;)ur informel" en ville. Dans bL'n dos V\\ys africains,
;;;':è1t-;-ré la clégr=tdation clc 10, poriode coicnia16, des terres dispo.p.ibles
pc;ur les cultures extensives abondent encore. Dès lors,
on peut ~tre
touté de freinor cet exode par l'extension de l'agriculture sur les
m{?!nus bases sociales et techniques et -d'organiser" le secteur informel
" j " ,
,"\\
'._.J.
".
.f
ji Voir S. AI'!IIN, in 10 capit,_l1icme et la question paysi.1l1!le, Anthropos
1914.

R/2795
P~ge 6
urbain .. Nous avons élaboré un petit 1110dèle pour ;nontror ClU' une: telle
" scllu tion" au problèr.1c du ch()r.1ûgc n'en est pas una.
1
LI étucle' d'un caS à la limi tu du l'économie cleo tr,ü te
SI L',posai t. Nous avons chai si h; projet clu G'~ sira é"U Soudan.
li la lumière clo CG cfui pr0cèdc, i l appu.raît quo notr0
trav,ül n'ape,s consisté à cr(~uscr un concept (;[1 tant quo tel, mcùs à
l'insorror d:1.-.Yls l'analyse d,) situation:3 concrètes diff6rGntes ot CO);]-
plexes.
L~enscmblü comprend implici tomant trois parti8s portant
sur la surcxploi tc,ti on on Afrique austr)lo, l 'ùcono:;r:,c de tr:1i t'J ct 18
s:~L:U'iat de fd t d::ns le Go sira Sch,;ma .. l,ais nous avons préfëré la
d.ivision on sept châpitres afin de; biun mettrc 8H roli8f la div(,rsité
dos cas 0tudiés :
Ch2pi tra l
: Considération~3 théoriqL1GS sur la surcxplci tation dG la
force de tr::èv:ül.
Ch~p:ptro II
La sursa,l;üre "t Ll SLlrc:xr loi tation cm iifrique Austrnlo
(Afriquo du Sud ct Le sotho)
Chîpi tre III
L'essoncc d'une economic dG trû,i te: au Sénégal, do la
colonis~ticn à l'indépendéwcc.
Chétpitro IV
L'é;conOlIlic coloniale on Ouganda,
Ch2pi tre V
Appr6ciatiün cri tique de l ' ::111aly<xJ conv:;ntionn'.Jllo do
l'tocünumio d,-, tfaite, à partir d'un livre sur l'économie
nigerianne du 1950 à 1960.
Chnpi tre VI : Cri tique de; s poli tiCp.l8S d' épargnG interne ut do l'emploi on
économie da trai tG.
Chnpi tro VII : Lü salari 'l.t de.; fait dé1ns le Go sira Schomo.

CHllPITRE l
QONSID:;~HATIONS THEORIQUES SUR LA HII~R:-l.HCHISATION DES
SLldi.IRES ET LA SUR.EXPLüI'I'.!I.'rIOl'iT D.u·JS Li:; COllJ'rEXTE ID
Cl\\PITALISJJE PCRIP}ŒRIQUE

R/2795
" Pour 10 chercheur en science sLci,üe, rien no l'elrt 13tre
~,lus impcrt::nt que l, ccr;1lTûhonsicm de, Lê rntul',' du c-~lJi~,:::,1ismG"0
"Ccpoœ~3.l1t, il se l'1'cc~uit SLuv,"nt ciue ceux 'fUi se préoc-
cllp8nt du c,:pi tcüisme semblent i{;nerer tGt:Üemènt los lT,blèmes de sons
3t cle lour signific-,ticn; ils no p:lrviennent 1':1,8 i't cXIJrimor cl::irvment
Iv sons qu'ils ontonilent c;onncr :lU terme
du l,lus, duc-mômes nL funt
l)-~S l'Y''''uVO ~~'une gY'illlc18 ri::~u(;ur lCl~Sc[u'ils l'utilisc)nt".
1'10 Dc)bb, ;;tuclos sur le cf',pit:Üisme.
Un des piliers du ~3yst0rno CCtpi t::,listo rC'siJe c'l;,êns 1 'ü~':'(,Jc';'ie
c::ui sc dèvoloFPC',utGur du thèwG Ccc ln. iÜGr'1.rchie c~os r8v-.;nUG ,;)n ~:(-,n~r:Ü
-.ot ,~u sCl.l:ùro en parti0ll1i:cr. œ rnûrna C[U' en il. IJr"tundu lcn,;tor';I)S (rUe sur
10 rw:.rchè intorn·iltienal IGS Lk:~l'ch:1m~isos Si cchangent à leur V'1.1Ullr, on
ni-:,nt Fèl' là 1:, lei ,18 l'LcI1,è.ncc lncg"ü, ,lu E1Gli1C,
cn
r6tc)ncl jUBc:u.'à
j,:ünt';nrlJlt que la. rël;::rti tiLn ('.0 la masse clos sl.lé1,ir"s untro les tT,:,v'.il-
L:llrs 1"_'1-°88 al.l muins en c.l:)r"üère instcwcu,
sur los :1iff,3r\\..:nc~:G :10
pr,-luctivité, Noue scutenons ici qu'il y il. un bi'èÙ:; systëmil.tiquc, un
fW~;llr ~l'Llnü mim.rité du s"L),ri,is ,Jt au Qctriment (10 la 1:J.J.jcritu des
s:Ù::.riés,
8,',n8 (,g:.:,rù c.lircct 'eUX cl:iffcroncus dG .L'I'cc'"uctivitG. Pour
clCvulcl~,p8r ce l'c,int, il Ll-Uc1rCi,it rél'cmlr8 à llnu sêrio clo qUOSticil8.

11/2795
P2gG
8
10 CCimnon-c sC: définit prôci s6mcnt lü phéno!jlèno de su~
oxplci tCt.tion ct de souscxploi tation • 2 c QuoI intérêt économique on
tire le ca.pi t:ü, Elutrdl1ent di t, cornrilent '3gi t,:""il s}lr la plus vJ.1UG ? 30
CO,lmont 1:1 reproductien du processus est~elle assuroe.
NOUD n' é1vons p'1.S la., préten.tion dG répondre d'ulla i:léUlière
oxhilLlstive à ces questions. NéanrÜl'ins, i l Lmt risq:J.or des reponsos,
fussGnt-el1es tout à fJi t
,3,pproxim"ètives.
Nous COHUlI...:ncc;rons par le troisième; point i à notr8 itvis
Jlc
~,ffGt, il Y ',. uno verit~l.bll) lei cL Le rL;pcl.rti tian hiérarchique
"inog'o.le" doc sc.lairos qu.i pcriiict éLU
node de }")roc.1ucticn o''opit.,ùiste de
s" r"';Jrüduiro. J.i1nsuito, nous ano.lys~;rons 10f1 ocnditions 6conomiques qui
fa.voriscnt la surexploitation à ln. péripherie on ,-~'ënéral et en ;'Sricluc
en ~;articulior. Ji'in:le;mont nous cx::uninerons l 'idêolo~t,i(j domi'n:mtc en
li.1 nn.tière i celle qui consi ste à bc:Lser 10. pratique du sursalairo sur 1'1
protundue differcnciation un dvC:1.tion de IICéèpi tal hu.diün lf ct '.mi n'l'st
"1.1tre
quo 1;], théorio néo-clé\\s~Jiquo.
Trois points suront d6vüloppés succe ssi vûnlont :
A. Tendance du Sous-sJLùro et du sur salaire.
B. L:1 c10tcrmin~,ticn
0conoI:liquc
C. Critique de l'apprcche , né~lassiquo do l'w1a!yso do
1;:;" hi erèlrchi~; de s r",vcnUE: ut de s sûaire s.
A) Tendanc8 è.u SüUs-si"Üaire et au Ifsursalairo".
Le C;"Pl ta.lu;rüe ,1 b;,;soin d", diviser les trav~ülleurs peur
sc perpétuer. Au niV8i1U politique 10. cLose cst êvid'3nte.' La basü ;:::t.tl."-
rie 110 d'une toIle di vi si ,:en 0 ut le "E;url>:üd1l0nt" d' uno cort::linc tranche
d,Cl tr,waillours ct la Ifsuroxploi ti"'..ticn lf d'une 'lutre. Avant do dontrer 10
cé"èrc-.ctère orga.niquo de la r"L"ti on "ntrc sous-salair: ct sursiÜ1ire,
ncus allons rappeler en qUGi consiste la surç;xploi t.'O,tion ou le; '18{;agcmL'nt
d'LU1. clément do sU8xplcit:,tion.

R/2795
pngo 9
1. Les ncticms de . surs~,Lür(),
S(oUS-wJ.C1.irc·;" surcxplci-
tc,tion ronvoient toutes à l'l;xistcincc d'une noriile, à s::voir 10 s:l,Lliro
n~rr;l'll et l'exploit:ltion norïl1c::lc. L:1 ql.lCsticn de li1 norL1C des rnLùres
c, L1it lio,\\jet de débats trGs impcrt:lllts. Chez K. i,larx,
lé), ncrr:lalité du
:31LürG so r:lPl'0rte au iliv8C1,U éconofi1ique seus d,m:: aspCJcts : los condi-
tions objectives de trav:ül ct los néc..Jssi tos d8 1:1 roproduction d ",)ll-
3,) Les 8xigencc;s de la r,jproducticn scntimpusée,; l"U' los
ccnditions intornos :::u.J. processus productif. Plu~j c81ui-ci ~ se d8vclopp~
plLlS
los bvscins objectifs d~, lr1 rCI)ruductic1n Si, ;,mltiplicnt. I;n effet
"bien plus quo tout 2.utrc S,ystèL18 dc; ~'rcJuction"
le c.cpit"lisme est
"un gaspilhmr d'hclliL1CS, do tr'lV":ül vivant, un dilapid8ur do clnir ct
cl"_ snnrr-
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Si ce proccsm1.s do gJ.spillnge so dGvl:lcppe, tot::11cr:K.nt
vu Fl1'tiellcrncnt f.'.utc, dc-' cornp(;ns·~ti en suffisante,
1:1 forco de tr:W.ril
n~) so r8nouvulle p."8 nor,JJC11cl!k-nt 0 Nous SC)l!rrn8S en pr(;sc.'1CC d'un processus
d'uno exploitation anormale: i l y ::'. donc surexrlcit.l.-tion d~.ns une
,.
.
Ilili te; d;::: production,une br~nchc ou un r ......ys, rnUJllC; 3l ID tnux de plus-
v.~luG n'est p:1.S plus élevé qu' a.illcurs. L' Clémünt cl,
sur'.cxy;loit;-,ii Gn
c st distinct concoptuellum(nt du suporprüfi t
ou profit de: l'iG:lCpcic,
plus ou moins durel.ble. Ils ne sent cq.Kmdc'J"lt pas O:iposGs et SUlv~;nt le,
f:3urcxrlüi tation est source dé)' superprüfi t 0
Pcur ani1.1ys8r la nivco.u Qu conSU1JnL--.l.tiun dGa tr,:.v:ùlluurs
dc:t.ns une situation donnée, i l est n0c,-,ss:1irc d'cnvis:»,;or une rcfêrenc8
:.1bsulue et une référcncG rülé.1.tivG.
Le, référence ,':1.bsolue, c'est le niV8,J,U de dcvclcl;~;,;r~l..Jnt
des forces productives. Dans quelle mCSLITO la force de tr:w:ül sc
j} K. i"arx, Le capit·Ü, III "1 p. 107'

H/2795
Pc1{;'ü
10
rqJrcdui t-clle normalement, GU égcœci à se s cuncli ti ons de tré1v'èil (;t c:l;U
vc;lume de richesses qu'Gllc crée?
Pnr 3illours, on pCLi.t éUlalysor le niv8J..u de com3c:Jfn3.ti on
:L;s trcw lillqurs, p.:1I' réf&rdlcc <c, cl' autres tréwJ,il10urs si tués d.ws la
L10We pays ou à l'extérieur. C lest 10 problèmo de 13. hiérarchie d8s
G:'..1aircs qui est un pr,iblème très ir;lIo:ct",nt. 1", hiûra,rchio des 3'èl::l.iros
d..ns le lVI.P.C.
Pi.1r r:lpport 2. cus doux système:s du rc,férencos, il pout
y é1Voir eXi\\loit'::ltion "ncri1léllo", suroxplcit;:tion ou sous-s~Lliro, sur-
s-,l::nre. Il .:lpp::œ.'_i t l'lus lcin que sous-salaire et surs.üairG vont de
p:::,ir. Il Y a surs:.ü3.irG IGrsquc: l,=., rénumér::.ticn dG la fcre,.' do trav.:ül
c st nettement supérieure à c13110 qui rL3ul tor:::i t
de la rGp:trti ti un clo
1:, m:::,sso sCl.lo.:ric..le perr.lott::mt une.: roproducti on norrni'Üo d·_
l ' unso;;'lblo de s
tr:::v'ül1curs et do lours L.wlillcs ct :1.utres perscnnes à chnrge.
10 livre D:mx du Capi'kll, lél l1crmu des s~ü3.ircs p2X' r:lpport :-LUX concli-
ti cns gûnèr'11e S de 1.:::, rcproclueti en éccnomiqu8 du capi t1.1i SU8. D:::.n8 cette
é':~ti'<ue, cc qui est import',wt, c'est que 1'1 prc,duction capi .>alif3te puiSSG
CG
r6;üis,-~r. Il f:lut nu systèL1ü un équilibre dyn31"iqllu et lcrncntil.nt
2:1cb:cl du sJ,Lüre est un d6terminrwt Gssc,ntiol dl] cet êquilibre. Ce
.,
1 1
f·cint é:. èté repris et explicité de l~lélniere ample durm.ercment. _/ Un
C'.:rt,ün volume du suLlir0 e st l1éCc8s,~ire fi l ' étCCUlîlUlati on prc8T8s:::Jive du
Llcdü de prcduction. Uno masse sal·:J.riE:.l;) inf\\;ricure :1.U "s.èlaire" cl' 6quili-
br8 tend à crtier un prcblème d"
débüuché8 i le CilS d'une masse de salaire s
li,cm0ntn,nément supérieure ~l LI. "normu" n'Got 1':::,8 à bCilI'ter à priGl'i. Il
peut ::lrri vor on el'fet que lél L;,c;.SS0 d,os salaire S ncminaux sei t
trcp
clov6o rar l'2.p]!ürt à Ll ïfli'.sse d.; s biens s:.üœi Cl.ux. Un 8'l-Î t que; d.èl1.S cu
C'èS,
10 processus inflati unnistc: 2ntre 8n jeu.
17 :3. Amin, 10 fin d'un débat.~--------·--'----

n/2795
PClgo 11
f[ais c-..; qui ost impcrtant p0ur n()tro [1'Op08, c '",st que
dJ1S le ca.dre d'une C1CCUDlUL1tion ~" l'écholle: mcndi,~~lc, cl'une r,'U't
l'équilH)re peut se roalisor grâc..:l él,UX eX]Jurtatiuns et/ou eux ürportè1-
tic.m; et quo d'autre p,nt, l'équilibre en question ost tcut il fa,it
CCiiJpJ~ble È)!~:-~ surcxpleitCltion d'une pc;,rtie importiJilto des trav:üllcurs.
D' :üllcurs si ncus assimilons l'éns8mble dos producteurs de plus--'lcüue
cLés p:,ys périphériques à dos surcxl'll;ités, ~n démuns;vr-ètion d;.; S'lJüir Amin
s '~lpplique. Il m0ntrc en 0ffot qu'en dynilrdque, l' int égr:1ti cn dt une péri-
::hérie qui produite sscnticllcmont des biens do ccnson:r;<lcic;n, à Ul1
centre qui produit Ql;S biens d'équipements, I:lais cmssi des bic'l'ls do
CCr:SCTil[),;tion, prcvcque certes ur. trrUlsfcrt dos vcüuurs du la p..:riphorie
vero le centro, m:-:.ic point un déc6quilibre tGIld=:nt à. une cl6sintégrotion du
système.
GGf)-.;nticllo du capita,l à- 1.:1, périphCrioo DQ.l1s sa fcrlnü Sél1l1.iro, cc cnpitri..l
l'rund SGi t
la forme ùir;;ctc,
s<:i t le", forme indirecte cu si1Lüru soêiuJ..
Lé], i;linimisation dLl capitn,l v:"1riable P'jut être le r0sulkl,t cle la mini-
;~lis,'"tion de l'une des p:u'tics ou do ces d0iDC à li), fcis. La minimiG"tion
du c ::.pi tal vari~~ble à lé], périjJhérie ct nct3I!lJY!ont à la pcriph6rio :d'ri-
Cèüle porte GUr L38 d<JUX pcœties •.1/
'.. ;;
}T Prenant pr6~ du rait cru 'il y a des sclidari tés au sein du ilmcde
de pr(;duction domestiqLlG",
solicl::.ri tés qui porDctt,;nt aux trcwrollcurs
il
survivre, malgré lit suroxplGit:ltion, ccrtuns ::,ut(;urs pnrlont de
8ubsti tution des sulid'U'i tés de lignage uu i'1utr()G 'LU s:tlairo sucLù
c:"pi taliste (Cl. l;leill:tsscux. 1"c.nL18 s groniers ct c';,pi taux). T!ill fait ln
l,rcJtonduG substitution de C:::G lions do solid,-;,ri tés,
au B:llaire social,
qu;~ devrait payer le capi tétl n pour rôle de:; justifier ln suroxph.ita-
tien. Il n'y a pas une substituticn" d'un salaire social tr:.diticnncl élU
~'(ùGire socic.l qu':1v.rnit pc.yé le capiiml. Il y a tG..'tldEJ.nca à la pcmpérim:~
ti on.

R/2795
Page 12
En résumé,
l'une d0S hypdhÈ:8·;JS quo lI,.-ù'x 3, fai to pour
[",-,ttre à jour le, concupt de: la plus-value Gst que la force do trav::il
cu vend 1:: sa v:üeur et donc S8 rcprcdtJi. t
ncrnlalo;ncnt. C' ut ni t néce s-
8.'1Îre. L') concept fondéH!10ntnJ. du modo do productiGn cé"!.pitCtliston'r,urétit
l'~:.-S eté dt;ccuvert. l;:'.-is d:ms la rs.:llité concrète:, iLxx out déjà 2-
ê'.,!p.,lysor la paupérisi1tion. iti.olJ.X, en 8nonç,:w.t 1:3, lei fend,lJ1lcnt:üo da
l ' accumulati on capi t:1.1isto il,", dGr,lontré quo L~, p:J.upéri s,:-ti,ul1 a.i.liU t
rJC
dôvoloppor avec le C'11Ü t .1istrK;. Ses d8tr;;,,-ct~Ur[3 prétendGnt cru 'il n'en
est pJ.s ''1insi, pc:,rcc ql1.G lluur e;ux, 18 cC':.pi tc.li é:'[J0 :::k limi t8:."::ci t
élU
~o Cette cli~\\Tisic~n cl,~;s trav'~ill(~'urs rC~rlnGt t:l.U cr-~1JitcJ,l
l::l'··mièromont de s'approprier une plus-v:uue supérioure à cüllec;'U'il
2.11rÜ t
obtonllC en opêrant un0 rêpo.rti tion l!lus ég~;lito.ire des s.üùrûs.
DcllXièmûmont, il lui pormet de; n8 Ins tüujcurs roccnrir à la vüùenpe
l'CUl'
maintenir le moclo dG production. YQus dCvclol)perOns plllS l(in 10
thèm0 du l~c détermin'1ti on éconor.li que d", lil Sllroxplci tn:ci on .1{ Ici, nous
allons montrer pOllrqu.oi d-,ns certaines formations sociales, la division
s..:., fü t
CLansclUn C.::lc1.r8 social dcmocra,to ;" :)':',S8 large et là, po.r L, r,;CC'l1rs
:',Lè terrorisme' d 'Età:t.
sl'.ffrr.:g8 universel ct 1," respect de certains principus tcnctmt è.~S81l1'C;r
l '-::.utcl1omic do l ' indi vidll mêrno si le s rapf'ort s dG pruJ.llcti en en 1iui t,;nt
l '",xcrcice à uno minüri té dont IJQllt f::ùre parti:.- "1 ';:œistGor'1tic sa1,1.-
riale " , t.:1.ndis.qlle la maSS0 cL,s surexpluités n'on prdït.J Cille [1.0 ;;;2.niéro
très indirecte ct très insuffis~ltO.
Le t8rrcrisme cV~~t"..t rGCl;llrt à 12. répression 11clicièrü
0t à ln viulence physique: t3mprisctill'Jment, terture, interdicticn j,,:s
pélI'tis lioli tiquos représentant J.e manière o.utonome IGE 8xplci tés.
1/ Le lectüllr peut se r,"lpcrtcr diabc,rd a. cotte p:œtie.

R/2795
Page 13
Notre thèse Gst que cos fcrmGs sünt en r0L~ticn uvec 10
,.1_
.,L
Le ca,pital Cl intérêt au ,1évolcPPJD1Ùlit d::; l'idèc)lcgill r0for-
Listo et au depé:rissj!:L:nt cl8 l'icl0dc..gi...: ct de lé1 prJ,tiquù sl)cic~list,-,.
Cot int6rêt 80 mewif8ste ~~us3i bien cm nivc(l,u dl; la reproduction s()ci:~lo
cl',jnsombl...: qu'au nivo:1u d,;s pr:l.tiquos parcelliseos. Il so tTOL1.Ve que le
clivago o.;ltre les deux fr::wtions des trc:vc,ill<Jurs pa,SS(l p~..r 1:1 c1ifféron-
ci::.tiGH aLl nivo::;,u de la "quc,lificaticm ut do
lu. productivit8 11 • Ll pè::.rtio
QC't Gl,~~:née pur la lKurguuisiü lc,rsque la frcoction mincri tairE) ('L.s t:ra-
v'oilluurs "surpayés" qui pr:xt,J-go l'idéclogio bcurgùoiso sur l ' 6turni tG
du s'ystème c1pi tc.:1iste réussit fin-1l·,-'rrunt à cnc:"drur ln, rIlQ,SSG dos trrt-
vc"ilh:urs un jouiss:::.nt llie,n sûr d'unG ccr"G":ino légitimit6. LL1 légitimité
r<:sultu couvont du compcrtümont do cùtto ccucho "d' ',rist ocr"tio sal:crié1-
le 'l cL:J1S une ccnjoncturù irDportanto ,18 la lLltte des clé1csos. Un", .::;,:riet(;-
cratio salnri:lle qui réussit à urgé1lüser h:s rov~~nclic'1tions do l 'cl1sc:nb10
cLs tréLv'üllcurs à un iilCI:!Cnt donnô peut, d'J r:i[wj(~rc très clur:,ble Ctrc
10 pcrte parole dG l ' cns()rnbl", (1-.:; L" cl:èsso 0 lléÜ G pour coL, il fwt :mssi
Url'.;
contro-partie mi-1teriol1o,
suffis.lf!U,1ont gru.nele l:cüur que 10 r:1tic
s'üari()s surl)L1y6s po..r r::'Jlllc;rtmx surc~:ploit8s s:.it cffic,:l.cc. Il s'01ove
o..VGC
la capacité pour la cL1Sse bcurn;C0ise,
d:U18
uno position clcturr,ünuc,
cl";l'proprier du surplus vona,nt do l'it(t':rieur. Il o.iminue lcrsquc ceJtte
c'::'}~':1cité n'existe pas et quo de cJurcruît 1':1 bour[';coisio lcc,_~lu ost
C...;1:3ncL:UltO \\.Jt doit sa survio:w procùssus du t:rillsf·.;rt de 13. IJÜlS-v:::.luc)
ct de l'Clément dG sur:;xpl:.it:.:ticn v ,.) ré.: l'e~ct6rieuro Il:1 ,', une.; l'l.-l:,ticn
CL"ut'"nt plus d8mocr"tiquc qL18 10 r'1.tio est plus clevGo :;uus p:lrlGns
évi d:.::mmcnt ici, de; l , fcrmu ,-tl~pn.r-,ntG
L, procl'1.J'Til1tiün du reSI)(;ct de
la rogle:: des él(jcticns d'un parl0file;ct au suffrngc univorsel,
L~ CLo'()it
CLu L~ libre :1ssGci:1tion et nct:':mriJont d';G :;,ssoci':.ticns à c:"ractGr0 IJl,li-
tic.U8i 10, libortô d'expressiun à l'intùriour (1):.;s Clintr'ëlintes éccncuiquGs
et idéclogiquùs c5t.J.nt considùl'l:os ccrnmo d(;s données.

n/ 2795
Si le l' ,tic ."st L:iblo:J GU t~nd é~~ oë.issor; ln. ccpc"eité de
l~ bourgeoisie locale de ronpoctcrlos formes démoeratiQ~cs sa trouve
rliminuéu dl autant. Le recours à l~l vi ,-,luncc et à lc~ rlictclturc =~"r ü"
r6prcssicn pc:li tique et prJlicièrc su cl6vclüppent.
Evicluflflknt nous SGJflfilG,3 ici très '~éCCn()L:icistell, QJ.I' il
f,:!'uclrait fcirc ontrer en li.n.
(],L.m"oros cilllsülér,,:tions' (1 'bi8tciro en
)':trticulii.)r). Nous no pr<,.ccli sons :lucunc r~L-1ti cn muc-mique ontru sur-
,--Xlloi tn.tion et oonsoicll.oc révolutionncirG ni entre suroxplci t""tion lJt
:iic~,üur() bourgeoise. ITé:'.Jlul'Jins, LUl rCG:lrc"!. sur le; systèr:lo c~pit:üiElte
rr;·;ntro quo dws l'cnscmblo,
1::8 réc;iuns cl) ::mrexplcit::,tion glob."üe
(p0riphl;rie) 8l'nt clos zr;nOr3 ch sc;lùèvcr,k'nts revcluticnn:::ircs lJt c~os
zonGS d'lpprussicli pcliti(;uo:J,lIJrs que los ['rE1G.ticns oentralos ben6-
ficin.ire s Jo tr2,nsfert s cl' cl EJment s (Le suro::pl ci k':~i on cio 1:" périphérie
,cent :'..ussi cellos de ruindrus sculèvl;T'1fJnts r,:;vc1utic:nnair,.:;s 8tde
':~ict:'..ture moins vic)lonto. 'l'Iut so l'Jasso cunf.1(; si lus ;,;:J,sses dos trC':-
uistcs quo celles des contres. Cri r8m.J.I'que qu'il s',:,{;it ici c"LLrl i:S:;;COt
cl. 'un thème gén8rcl cl(w~;hppG pLU' S. lll":Ün 1( 8(;lc.n lequel, un ~-,.,yGtèm',,;
,-;st dépilssé genéfaloment fê1.:C son m:üllon le plus Lü blo qui nG sc si tue
l:"int là où 10 mudè18 s'est r82-lisé, n;.:Üs à la poriphériG. Uno clos
g8:~ntos dGS fcrmtl.tiGns (l'un c'~'dele d,) l'roc."!.ucticn'.~ch8vé Gcmt :lussi plus
:cvc;rties (;t surtout réussissent 2, ilccrrornpro" une fraotion iCJ1Jcrtante clos
o:cpluités. 108 m:Xtes de Irc(~ucticn où cottt) pl.ssibilité cls lliviscr los
Si co qui précède est juste, 1c) tûrrCriSl'K) d'Et::ct que
llC'ÜS
rorn "rqucns c1.uj curd 'hui cim8 le s Inyco rI(; 1::" l)ériphério n' est }'i1.S un
,3;'iphênbmène:. C'est un 61clilont 8si:1\\... ntL,l du. fcnctiünneL1cnt du systeme
,-(lob::1.1 ;:>,u dcublc sens : prlJmièr0nLrrt
l '~Tl)aUvrissc:f1ont SQ.l'lS <l,ccû.i<lulo.ticn
..1./ S. AlaN, Le dév(Üq)pC;ffiOm inégli.l

R/2795
PQ.(~C 15
:.:ntraîno plllS de rrméU'gin,üiG~~ticn" ct de chtmn"g'o et denc cl.; s::ü~ir8S
L,s centres cé1.j:ütalistos )out untr.:'oî'nor à èchêcwCG,
un r,~gün cL tcrrc-
rin;ùG étatique d,,>ns los ccntrGs.
tone', à prendre une dimension ,;;(ndi'1.1,', l'essontiel dus tr'J,v C ti11ours clu
l,~" périphcrie 6ti.wt cks sous-['Wés, LlLl8 SLlrCxl'loit6s, 'tundis qL10 lu
surpiW8s/S0us-pay6s est élevé dC1XlS h;s contres cCèpitalistos .. Or l'EtD.t
c2-pitaliste qui cLit voilIer li la reproduction glL,bale ~~u systèr,lC,
se
lllEUlifesto sous un,; form0 d":,ut·-~nt plus lib6ré.lo quo le ro.tlo ,)st plu::.;
slovè et vice vorsa. Lo t;rrcrism; cl'J~té1t ct 1'1. d-,~E1GCratio bourC8cisc
sent clcne di:o.loctic;ueïI1,;nt liés. La f3trt'..té(;'ie (lu curpcJ.ioment et du sou-s-
ù l'intérieur de cC) cœlre c,)cb;:,l quo l'en peut discerner dos f~:ctcurs
clûtor1i)iné~.i.1.t 1'1. surl'zploi t::,ti en.
B. L::: dGterminaticIl éconul1iquo
Do.n13 10 wecle do ~)1'ocluction cc,-pit.::l1if1t(), une d6tcrrlinatiun
ûst
économique par 8xcullüncG si aIL) a un ,,:Cfot sur l'üxpluit
ion de
li1 furcl; dû tra,vi1il. P,::.:,i s neus ScriU,j8S int 61'0886 ici l'nI' lIn phÔlhmenc
rùcins global, CCJlui Je: L~ Surc)xlloitn,tion. Nuus ,J,llens fCJl'CtuL;r l,!.
sur8xploi taticn 1>.1I' une 6qu,::.ticn simple qui neus l)crnlCttrl. do cC;.1pr.:l1drc
Le C:J.i:ü tal surüxplci té 12. l'Grcc)· ,i-, travail glCJblüomont
IGrsqu'il réalise un prGfi t
superi':;ur à colui qu'il i1urc1i t rC,cüisé si
Le" f()rcG de trCtv,:ül 6t2.i t Pél.;y,;o cl.e r,lani,:;r8 à SI:; roproduiro norLl',h.m,;nt.
Soit PLo la 1i1:",ssu dL; l'rofit offuctivamont r6CtlisuQ
; "vIa
masse d ·"'-
nuce ssairG c;t "vIe 10 s,üair(~ pay6 pcti' 10 cn.pi t D,l 0
Si nous désignons pélr PLs la lTlélSSC de l ' él6mont dc:....surcxl?l~:.tio!];,
nousetvons :

'1
.le!""795
,~
P,::',ge 16
PLs = FLe - wo 11
= wo -
we Jj
l~cmplo
si PLo == 150
1010
100
we ==
50
on aura PLs == 5°
, ,
inCg::üe du SCl..l.-:ll.re
le c2.pi t : ü s i clIc, lui
}:'crmut cl:.; j)c.ycr un s:-~lQirG Licy:..;n inf6ricur à ceLü qu'il ,:>.ur,:;.it Imy6 si
L::. rérartiti()n av,:üt l,;té plus l:rucho des l>r,~c.:.uctivités. Il iii1pcrtc; 00nc
(,'exar.Jiner les fa.cteurs qui Clziss'.::;nt sur C8ttC rup:œtition hibr'U'cLi(~uc
'inégrü-J 0
Qu'ost-CG qui, d:ws 10 système c:~rjit::ùistc::, pcrm:.:;t la
qu'est-CG qui porrilet lTIo.lgrû tout L::. survie d03 suroxplrités ? ne-ur;
û,-v.c:nçons l'hypc.thèso sol(,n l:JIUcllc, ello est lCssibL.l en r:Jiscn 1e1)
cle l':;,11cngclJlcont ~lu bis:]sd;_)_~~::Ül hors marche cC}lÜt31istc. 2(')clo
l'illusion de l'indépcncl:::iJ1clJ que Crê8li_1. pu:'pri8té juridique d'LUlc
c'ètcgcric do lœclèt,Jire s sui' leurs L1cyùns c:'ü lTLclucticn cc leurs rda.r-
ch-..ndiscs, illusicn qui El, reur offet d,--: :l':Lir;:.:l.ccci.rtor l'c.llün,_,ü dL:< t:::mps
do -cr:w:ùl JiléU'ch:UFLisc, lorsque, lu l,ollveir ,d'-"ch:'.i t;nd à SG clCt(;ri:,r2ro
1. L1 surex;,)lvi ~ti un F:X l "~ll (;n~;,~m.2.nt.9-y._~()n22!!!-cl.;J t r2Y~il.liors llnrchô
C::'I!i tol iste.
1. L' int égrc,ti on de lé, : œoclucti cn Il,-,rs mi1rché clarw l' cèn'-..lyse
L'une des hyrdhèsGs GsentL:llcG du "C[1.j;itcü~! ost que

R/2795
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....
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1/
gr:.ce a
a pO'~l 0 Clrcu éè l Gn-',
h; s ~L'.Ii ê achète GUI' le mQIché ~:è;,.:Jitc.-
tl'w':'.il,
,--"u s,ns vU :iQIX la d(';finit : r-:;pruc1uctiL;n non SClÜCL1Urlt du
tr:èvil.illeur, [',cie aussi de SéèS rGrJ1pl;;,ç:,wts. Cutte h,y;:)(;ht8so CGt Gn VUi0
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(.llotre lovee-.
i1.) Ll, f~:li1i1l8 ccntinu0 d'êtrc hl lié)U :1'ivijLégié OU s':-,ccornrlit l'cntr()-
tien dv la. forcc d0 triWilil S,.'.l18
L1(;
d, s rG-lllcrts cuntrl,ctLluh~ ,-il J.ié;.nt
f:1'ce de trav::iil s 'accor:îIJli t
SMS émcune contribution du C''-l'i t;1 vo..ri'1.-
lllc. Ce tr:3,v,-ü l c1ümestiquG reut être u.CCUlîlrli dl peJ.rtie pc:.r les tr::l-
v··üll::;urs des clGux sexes r:n.is de ni:ll1ic,ro [;unérr~le ct jusqu'à r'lL:.inten.c:nt,
c~ s'}nt GS8ontiel10!;h;nt 108 L:rillTIGS Clos travailleurs qui f'"nt los frl.is
de cette situation.
En quc;lque 801'to cette ,;-,ris0 cn cUlSid.ôr::tiun du tr::wail
'lcmo3tiquc est l,) (LO;,L'..lrl8 cS3c:ntiol du 1:'. r0}',r',;c3.ucticn hors S',Lüre,
Cl.:'lllS
1,.;s villos, 1l.-l':3qllc l'è prcclucticn nen
":".ricolo ,>st assuréo }<U' le
;r'..!lc capital lui-m.:)me.
Le prcblô[J(; de 1.-:0 ccntributic'D clu tr-,v~.il dCr.1ustiquG à
l'., :,Y'cc1ücticn dus v'tlours ;,;t d" Lè iJlus-vé~1uc: d,:.tls l;,; CèI,i i;:::.lisLlc
ll; l)cint do iti3.l1.ièr0 cl:ür8 sur l~ quosticn. Ils cnt tcus Ctl; :;:mJlios
cl-;IlS
le New l'eft RoVicw~~ ITOUi3 p:::.rtircns d'eux.
--,.-.
-
JI Au sc~in du procès d' en3efllbl" de; 1-; circulJ.ti on, nous pCouvcns di stin-
guer la gr::wdo ot la Pçti tG circu1::.ti on. LCl pr·~r.liere Gmbr,:J.ssG t cute lu.
(riccie d8puis le ldüment (oÙ 1., cc-:.pi t,tl sbrt :,du procès do l)rcduction
jucqu'a.u moment où il ;/ rctcurnc. L't seconde (,st cGntinue,Gt 00 d~rculc:
un ,Dôme temps que le prccès (1c; jTciducticn ; ;:elle l)crtc [ml' ICI. Y:J,rtio
~"y0u at éch:1.nG'ée contre la fcrce de t r wCl.il. j"ilrX, l'omL me nt s dG L_
criticIu8 de l".:conumie pclitiquc, t . 2., p.188.
:?/ P. Ph. Rey: coluniéÙisme, c:'_pit:üisr;le, néc-colonialisme
C• .r'.JeillassGux : Femmes, greniers ct c'-:Cii t;::,ux
SocombG ~lally, the heusewifa :md her 12bour undcr ccllJi tc:.lism New-loft
1'uview, N° 83
C,)ulson li. Md othors : the: Housowife i1•.nd her labour u11.c18r cc,pi talisr,l,
:J.
comm8nt. NLR,
TTO 89
pj Secombe ~l. o.c.
Coulson, M. o.c.
G:xdiner JCM ECUSc'iiifc 11.bwr ? NLR,
jd,n/fcv 1975, :'oTO 89

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-PJ€8
18
H. SGcombe .3, f:ü t
un 8XpCS8 S;y:stél:,:1tique sur la (jUGS-
tien du tr:wail dom.;sticéu8 (,n ce,nsid(;rwt que d~ns le.s pO,ys du c~ntr;~,
il y ,"1 clGux sortes d'unités cù s'c;.père le prec_.ssus dG 1:", :r(~c~ucti()n
',J;;.luur : l ' équi v,:',l,mt du salùre consacré ~'" li ,entretien dG la f"ume.
Jo G-::.rdiner et l'le Cmlscn ont f:'.èi t
1:1 cri tique do c,;tte théori,:;. Ils
cnt concentré le fcu du l-~ cri ti'--j,ue sur l,,.; ;r'_blème ::k 1::; v;üeur c'.,U
tr'~v·'.il c1o[nostique. Cculson rèl'l'cllu qu'2 nC8llY'ü du dévcloPPoffi;J[;t du
c:1i tûisme on GL~ndo Brek;{s'ne bic:: cles i'unUilGS dciv::nt à In, fois vendra
lLs unites cle pruductie'D cbèiss'.nt clucunc [; ,LS L.is, cst qU'':; los
>"v:leur. I~11e insi ste sur l' insk~bilit (; de L: LUlli 11 ~ do l' ép"quG
b(.url;u:~is~ par rn,PPcTt à l'cipcquG ;mtéricuro.
( l ,
.:.
::icccmbe, il im~1crt(; d,; veir cu que c.;s ,l,utcurs t,nt é1~pDrté dG
pU'>i tif .:lU d6bl,t
IJ 'exp,:s6 do Gill'dincr
0
0 st
le rlLlS syst.-::;,:"tiquc du point
d.; vue d, co qui ncus prccccLlpO.
G:lrdincr s'interroge sur 1,:t 1'-èi30n du m:.ünth;D du :L'ins-
"E,_cLl1is"ti0n"
continue,
C.:
c;:ui 3.ccroitréQt S~ I,rcductivitli. Il reolJond
(;U 'a
c,"l"
il y L1 des :lr;;ur,,,-,nts ideolcgiqu''':S,l);:;ychclcgiquos 8t iJCCnC-
i;;icp.o s. Il s' G.rr~t8 lc,nguu;ü..:;nt sur l' CU1::tlyS(~ do cc; s r."i sens ÔC onumi qllU s.
i~11c~" s:::r:ü,:;nt au ncmbrelL truis ~ 18 niv,<èu glub:1.1 des s:l'Ùrcs: l,t
di:3;cnibilité d'un,' fCTC0 cL tr:,w:lilèc.:':c[u:r~(; à Ll feis sur 10 pLm
'ILl.li t ,';1t if ct \\=lur le pLm (luD.n.ti t·;.ti f,
l'expansion d,.; s r"arch(;s rieUr 10 s
;XU'cil:lndis8 S C:1ri ta1:i.stos. T!eus ne SC.:.1I.l0S intGr0ss6 ici quo paI' l'offct
dû. tr~v:ül dOln8Stiquo sur los nivc,l.ux d08 s,,,LÙres.

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p.~.i.ge
19
Après Cl.vois insisté qLlr lu Lüt que L:u'X1. Lüt l'hypo-
thèse que .le tréw~'.il dCl;l.JStiquu n':wcüt PCtiJ d'offot sur L, plus-v,:üuo,
"1acccntributiun dLl tr,J,vlil clCiiK;Stiquo i.-: Ll plus-v:üUG CUlwü,te à u:in-
tonir 10 trJ,v,'lil nsccssc:.iro à un niVCé~U infériGur :w nivc;:tu de cubsifj-
t ':J1CG réol do 1':1 C1-;,880 ouvrière", i l llcur::mit p:x l 'oxomplu ;3uiv:,ènt
i l
CGt cc,rtanom· nt l;]uinf3 coûteux "CUI' le) c:qü t:~l de; I)é',yor à url Luvrior
LUI 8 :,1.:1ire lui porme;tt.:tnt cl' entret;;nir un l'a.rtio l~U moins, unu f\\;mmt) 4'1Ü
lui :c)rôp:1.ro so S rlpas que de lui versor un sé"Lüru qui lui pcn,j(·ctr'ü t
ë~e :t-1r,;ndre reeulièrement ses repCl.s éLU rustaur~:,nto
L'c,utcur l.jcuto be:....u-
ecu) do nua.rIces à spn r ü sonnc:mcnt l'CUI' tonir CC'r:1pt::; du f:ü t
qU0 dé1l1S
:!.cs cccntres c.::}lit11istcs, i l y ,1. un,) scci,J,is:::,ticn l''1.rtiullo du trav·....i l
d'untrc:;ticn et cL; ro.:;prcducticn de lel fcrco cle tra,vül. Par oxemr;lc,
le
cLGvclcpPcl1iGnt dGS jtU'cJins cl'onLmts,
les rust:wr:",nts cl'usinus cu de
sll~,cr r:;('1rch6s, etc o L'CI)tiquc du GiJ.TcJincr n',;st
::w fëriiinistc,
c'cst-È:-
êire qu 1il no tr,ü te T)as du prublèiJ1c c.lcs f,-,r:unes ~Icœs du rnoc], , d.c l;roûuc-
tiGn cCtpit'l,liste. Sa.n,s 10 nommer, i l trsitc ên f~it du lJ116nclrlèno d:... la
DurcJCI.'lc,it'2.tion d:lllS los lllc·jJ10nts C~0 stngnatiün (;u cL oriso, surt,ut
lc.rsquo,
ccrnrTIe dans:1Cl. crise '1Ctuc,lla, i l y Cl. st~,€fl:1ti,mo
D'1fiS cc c:,_s
1-:, fOITlli1c du l ' cuvriar dei t
triw2..illcr plus p0ur oss:1yer do l;)aint;:)]l.ir la.
nivo'w do vic do la péricc10 :1nt6riourc il J,,', crise. Il dunnu l'ox0mplc
ClüvJ.nt : cn 1971, ::l.l1n6o (L chê;'l~~\\J très 610'18 8t du l'accélér,~tic;n do
li1 h:cussu
dos prL'C":limcr:t:circs
los v..::ntGs d'alir;]unts concli ticnnés sent
l
t:...mbècs do 51{ ct col18s dCS'éli"lcnts périssi:\\,blos ont au:"':nc.lnt6 de 4>00
1,:;:;.1 ;1'6 cct (; x::.~()s6 c:...nv:ünc:-~nt,
Ga.rèlincr tombe c12:L".s l' eth-
nocé.:ntrisme our('l,uon l;our rie lé;,' dire; n,ngLùs : i l n'onvisage qu'un
c "s, celui où tGuto lél. productiGn est devenue r.l:'Tclv1l1do, à l 'oxcoption
du tr:l.vCl.il demustiquc dos f'lc[m:i(,s. Aucuno c,llusion i-1 une producticn hers
Ll:J'ché qui nu soit P,1S dCl:l0stiquc,
ni au IJI1(nomèno de l'üii,ügr.J,':"icn.

n/2795
P'.g'G
20
Coulson sur cc i,üint est sU}lcrioLITo 2. G::-,rcli.aor o :::;110
l'~~1_j)811o q:u'on no sQur2.it cinsiclér0r le mcndü fCminin du cGntrG comL18
1: principe~8 résorvo cl,o ferc,:.; de tr.1Vilil,"'.,uj-~urd'hui cetto r'-)80rVO
comprend le mondo pr(;lot"'ris~ ou on voie rle: ITcL.;t:èrisltion clo L, ~)éri­
l)[lL-rie qui alimenta déjà l'Europe d,,-,puis L, fin de.; 1'1, ckuxieric gu,;rr"
LlrJncÜcÜO.
J'l:.is en no l;cmt diru qu'elle IJcs-:,- 1,_ ITcblèLlc ;; l'e.;ch·:llo de
1:1 >Lmèto.
Quciqu'ill;n soit, i l r;;ssort nctt<:Jin(;nt do ces toxtos,
qu'unoxpusè sur la roprcducticn cL 11 fe,rco do trQv~il doit lT--,nèLre
,)r ccnsit:1.cr~1tion h; tr:wail donj()stiquo, da,ns 12" L,:.;sur8 pTecisGmont où
d'ms bien dos PJ,Ys c2.pi t;-üistos,
les fcrnü\\(;s s':lariCs dcivent ,wSGi
;'.,cccrilplir des tr:w:l,ux clenIe; stiquos dont 10 voluule tund à oroîtro on
p6riodu do r6ce.;ssion o
Hùs i l n0: fJ,ut ras c.ublic,r quo teute une IJ.rtio de 1'1
l'orco do tr2-vcul qU'U:x'i:·loito lu c:1pit'ü vit cl:ms LWO situation de
c:t-tgnaticn du s'Ù2"iro réel et F':.rfois d,,; r(Jcul. IL suffit lcur s'en
ccnvl,incro de ::rendre cn ccnsic1Grati en le fait qLL biun d(~s ;~'ay3 ~:;ous­
cLv-:'lcppés GU U!l tout C:.8 clos r8gicns,
CL.illl'::.issent doc Flir::1Clos sans
L:;ndcI:Jiün,
solen l'exl,r2srJÏcn d;;; ;:>.Amin. L1 t()ncl:cnco ci L::. st~'n,--tion à
1::. peripherie du SYStèLG Lüt on serte qUG les fC'rl1E!eG des trav:ilL;urs
:3UI'L:xrloités doivent é'..ccC!fnplir toujcurs l,lus de trJ,va,il dcrnesticCuG o Ccci
:.;[;r~ d "_lut::mt plus vrai qlle 1..; l~rocussus d'allzrn,;nt:;,tion 0.(; lQ rroclucti()n
,::1 trQv,ril doncstiquo, icposé ,1,U C''',l~i t=tl
:lU c:;n-cre:, a la feis lm' la
nécessité cl'.JL'U'gir 18s débouchés intcrn;;;s et piJ.T l~L pénurie c12 1,'1,
LTC-';
d,..; t ravC1il 2n puriod<J de i'c,rtc expéUlsicn n l ,=tffu~te pas 10 tr:,v:,il
d_c;.;csticluc dos m"l payés do let. p(::riphèric:,
cm:'ri:üson do 1:), mécliccri té
(LLl niVüélli des scüairos.
b) La rLnlité hist(TiqL18 r:.',ntrc W'~ :Ll'trc Lüt très Llportc1J1t que
cr;rt ,"':-ins 2-utcurs cnt int égre cLUts l' 'illiÜ.'lS 0, ii sJ,vcir l,"" lJI'uclucti en,
0
elémme pY'cducticn de subsipt:ènc(;. De'1ns 0[; cas, f,U li()u do travc,il rlurncs-
tique, C. iloilLwscux :i.nrlc du tr,-'.,v.~il de li], i'CclI'JJlun2-uté dorl1cstiquc1!.
Cul'e-ci r'l'oduit l'ossonti<:;l de.: S2. subsistcnce. L.::: c'..pitl,l pout l'ex-
::i.'_,iter du deux E':l.nièros :
1° extraire cert.-;ins de: S-cS mombres =-lOur

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page 21
les cbligar à prcdllire P'AU llü d.:.; la plllS-V'Ùllü, tcui Gn Liss,'..nt lu
ruste du li]. comlilllnémté subvenir à sus prollrus "bGf3c~ins ; 1<.: ciJ.pi tal ne
];.::.ye alors d'_; sn.l'1.lre: que )Cllr la r8produotion cl 'un travailleur si.ty;u-
lier. Ainsi i l pcutJ.ccroître 10 volllr::e de le. l,lllS-V:üuu CI,?-i, i\\ lé.è
limita,
pellt englober tout le produit, étmt les b'3soins à.,r,un homme seul"
sont rédllits. C'est 10 C'l.S en particlllior où une f'l.l1lillo ost n.riicu16o.
,
l
' t
.
l
.
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1
sur .1::. rrocluction cc~pit·.·, iflte ci.
rl.Vl;rS
GS
rÙlgr'J.lons OSCli. 02r,;s ....
triw:ùl entro prodllction J'cllr sa repr::dllction ut prodllction pOllr 10
ca.jütaliste. C'ost 10 Cè1S cks prcdllctc, llr E3 déronc::,nts Oll n10m8 éaL'U'iés
clL; Lüt. C'cst le CC1.S 10 r1llS fréqllent on ":'cenoLJi<::; dl; tré":.itu,
là uù 18
:::; ùU'iat do jllré jülle lln rCl\\) très rGdlli t.
les·wmt;.gcs ;,latcri01s qlle retire le capitâl des migra-
tic:ns (,scilL:.toiros sont très importants~ !~J:l p.:trticlllier le CTi-hl
v,riable ongagé pOllt Ctro trÈJs rl:clllit. Cortos (:cms l':Lbsolll e~;ci I.Jst llne
tend·..;nt point è. diminuer :m c(.ntrür·~, la st.:1.,::n~ttion d.:.:s 2.ctivi tés
0conomiqllos dW1S 10 s ville s ct le eix'..ctère lil;i té dll c~pit,:.li SffiO
1'';8 villes, lln Iilollvulaout d,.:; d0:cêlér:lticn sc ::~rcdllit néc'.~sscÙrCl!k'nt. Les
:,v'.ntil6os d'u,n tcl systêm0 cnt dé si bi"n compris en AfriqllLJ du Slld
CiU'ils cntdcnne licll à L, l;c,litiqllC ùes }3Q.[ltollstans,
Oll resorV8S cle
;,'.in d' GOllvrO.
Inutilo du r.:1.ppüler C:llC l ' ,111 one:';ITJcnt du. tT'1v::il dcmcs-
cL; sllbsistwce ne sont p:.èS exclllsifs et 1;l.llV8nt cl.ll ccntr::J.iro su cllmlller,
CrGélnt llne si tll.:1.tion drél1Tn.ti~'Ue pOllr 10 S tré1V.~illcllrs.
liCe phénomène des wigr:J.1;lCn,S rllrÙos iL é.té ûtudé'da.ns le c:lc~rc d3S
nlié,T2.ticns des l"Ws sa.W''..CCf;S cêticr, vors 11. C:':te on Afriqlle c1<, l 'CLlcst
ni:\\.VotélJ18S dll l;a.li vers le Sén(;g;û, :1:( ssi do Hallt" Vel tél vors le c;h~"l1a
"t la Cêtu-d'Ivcir8, etc.

H/2795
Page: 22
2. Cvns~quoncos
Nous allens tir;.)r cl", c~ c[ui prccèclo d,.;llX ccns,;qllcncos
88So;ltibllcs. PrcL1ièrc;"cnt,
é'
~;""té d'un cGnc,:'t n::rxisto de Il v;~lcur
rlGlxv_1L:iii,,:nt crecc:cu ccurs d 1 ul1<è ~éri"c','; c1(;:;'Lrn,inûo, duit être ccnsid6ré
U~l 'lutre conct;pt qui l'int6gre, i.! s:w(;ir cc_lui c\\:; iTor;_uit nouv,',u cu
1)l~vJ_uit nouvull'-'i,j'-'i'lt crée. Alcrs C;:UO 10,rx nu l:rcnd cn c(,nsic~,--r;ti(A" la
vécL:ur cl'uS,l,!2'C qu':"u Iilcmtènt du, l:rccès cL l:rcducticn irnlT10diat cL',ns
..
du c"l>it~l au niv(;::w du 8<ystè~,j(;, dès lers que neUS voulcms :"nc;J.ys',ér L,s
D3uxièilKELnt,
L..; ccnt·)nu du cc'nc'_l-;t :lCmc de fcrc" de
trJ.vül doit ttrer0\\lu. D'cüllGur:è:, ('DS l'esI:ri-t de i\\j,,'U'x,
la force
cl", tr-cvail n';3 st p~-.,s U,Il:; fcrco sing'ulicr0, lWÙS une ['_·rcc, CC,,,)\\- l '''l'tiu
cl' un tcut
structuré i'le:::,..; en dœhers du j)rGcès cle.: lT rlucti:::;n iFiTiCrli-;,t do
l:è :lus-valuo.
r'.:ü",nt devenus universels,
cunsidèru qu", 1'" v'1leur nCllvclle:ment cr(:ée
GGt égale à 1,,:1. v:üeur d,-,s bi",ns s~Lürcs, Pc'~SS ',nt ~"T lé), l'cti te circu-
l,ti,.m, [' L~quclle
s',".,jcutc celle de la plus-v:J.luc,
sei t
T = V + PL
T Gtmt l'l vil.ll/ur nouvelle; V 10 sÜ::1.irc débcurs0 par 10 cè"pi til.l ct
équi v;;L;nt ':lU ceri!; ù v.-,riélbloJ; PL,
l è- l'lus-v=:-luc. li. cu ni vc'-"'.u l ' enj:m
l.·,';
Il, lUttb pour 18 l':'trt:'1{,;'L,: du ~)r(jluit n,.::uvcau, c'est Lt v~Lur Jkuv,;llco
Il ,y ,ml' ai t icknti té entre v.ücur ncuvcllGJi]cnt crê6e,
,;;ci t
rr ct le
;-Tcc1ui t
ncuv,-:.,u sei t
P, la l'ré c1ucti on nen !,nrch'-cnck étant nulle.
c; qui c st le: CetS 2;'0nér"'.l à L" r~riphéri'-.; ? Dans CG C'.s, i l est :i':'t.ni-
fcs-to quo 11, v:::.l:ur ncuv.;llc n'cst çu'uno p:u-ti8 du ]!roduit noUV';.:1U o

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page 23
va,lu8 en vue do leur ruprcduction.
L:'. forraule do la v."18ur nouv~lloE1(;nt créée cLvient par
exemple P
U + V + PL où
P représente cottu vcü0ur ncuvGllamunt crùée
U 10 t".:mps q.e tr:W':1i l
115co ss:üro qui S 0
si tuo 0n dohors
de la j)cti tl:: circul·"ti on
V le; s·~,LÜro (i 1 passe :v'..r la p'Jti te circuL:',ti on)
PL la plus value.
La conséquence la plus ifap()rtante du c'Jt-te fcrJ1ul.~1tion
est qu'elle met bion Gn lurlii8re le fr::.it que la rlus-vaIlle est affectée
pax la. procluctien non m:U'chande ° }ill effot, elle met on lUfJ:ière 10 fait
essentiel que la marchandisG n'ost pas tout lu prcdui t
soci:ü f30US le
capL;l.lismo ...::t qu'en :':)1rticu.lior, i l [:-,u.t c:istinguor,
s:::,ns los péparer,
le tU;1pS do travail né60ssaire a la r0prGduction et à l'entretien ·de la
forcD de travail, clu s;J,lcüre cemme Gquivd,le;nt du carJi tal v::',rÜl,ble °
Voyons co~mont cotto distinction permet de peser le
problème de l'effet du. tr:w:til hors du mirché sur la surüxplci t:."tiün.
Si V rc;prosunte 18 c::.pi t'ü vCU'itLblo,
i l }J2rm::;t.l 'cntroiiion
et lC1- rJproduction de Il. force do trav:l.il, 2., tr:wers l ' nchd do S biuns
et s,';rvices à 1), cléi,sse cd,pi J,;3-list.;jo Mais hors de co mar'ché, le produo-
tour acquiort d'2utres bions, soit U.
L8 procluct(;ur consomme Q = U + Vo En clynQIniquG cemment
cotte masse de valours d'usages l'out-olle varior ? Beus r,)tion<1r<..Jlls
trois cas où Q =ma,SS8 do bions ot services consunmés
V
10 c3-pi tal v:U'iable
U
l'autoconsommation 1/
i
-:1I~--::P:-o-ur simplifier nous appelons aut 00onscrnrnati on t l~US los bions lit
services, !Ilaxchands ou non, qui ne sont pas achetés ','l.ll Ci1pit;ùiste.0

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Page 24
1° cas
U + V reste ccnstant
L--1 ceJl1st1J1CC: ne signifie: l)"'~~ cIllc Q est ide;nti01lC cl' une
.
.
:;Joricde L l'wtro. Au S2n8 le plus profonds, il devrait signifier ';:u'il
Si Q ,~st ccnst?Dt, cc 1:, signifio cu bien
~- '.
-...,.
que: 1-'::8 cL:ux partics restent ccnsto,ntes
qUG
l ' èmG des parties augLli...:ntG do 10. m008 grC:illdcur
La t,;nr1211Ce hif~tcrique ost à llé1ccrc·issuilcnt ile; V, on tur-
mo r8cl,.·~ux dGpcns dG U. . .éois plus V augnicnte, plus il ost n8c8ss,:üre
de t!'ansforlaor uno pnrt crcissC'\\,nte dé; 10, v:ücur il(uv~lll; ~,n sc:.ll,ire.
C'est pourquoi U ne tond l'oint sponté"ncnJont vors z(;rc. Au contr"iro, à
c'.::rt'1ins niorùonts, lu ci,lJ;i t2,l fê1vcrisc l'extcmJion de 1'1 r;c~rtiL, U
(trwül dGmcstiquo cbs fCriU;1(;S, encouragement elc la r,rcducticn coute;-
ccnscmméo,
m(~mo '1VOC ècho,ng'ü, ù1'1is h0rs "pcti te circul:'1-ticnll ).
U + Vs' <31 ève
DMS C8 C,:18 en genérü,
le tUillr'S ëLe tl'éWéü l dimLme il la
suite do lllIltrodûcticn [10 Hr:(,ycns cL; tr.'Ov:ül c::'umo2tic~uGI1::rui 211gmcntc.:nt
10 prcductivité clu tr ..wül. Si on mCmo temps,
1; sü:üre 1'(;(:1 VmgrK;ntci
il y .'1, effcctiv0lilont é10v2,tic·n du
niveau dû (CcnsornrLation Clcb'"èlc <los
tr ~v71illeurs.
Lus travailleurs industriûls on b0néfici·~nt bi'c;nw::-~nt cCU.x de 1 ':csri-
cultLlTe. Le l'oint ,-,ss;nti(~l ,.st -:;u,_, J1lE;tcTlc[ll<).,.~:lt
he r:"~T(rt U/V 2-
tond(1,nc'3 2l diminuer
E, où lu C'Llit-:l ost 'J.yna.uiqu.:::. l,',is do'1ns Il,
majorité e:1es pays SGus-d:'v21up:;)ési il n'cn est lié1.S é'lnSl o·
Q"U>V diminlle
(1, GUrcXl;loi to'1ti Gn)
U ,-,st c(.'llsi::'.nt ot V ciiminue
U diminue 8t V rest", ccnst",nt

H/2795
p'Jge 25
a1) L'"èutDCCJnsorU:l;~ticn \\t'esto ccnstnnte, téilldis que 10
sü:üre réel diminue. La prcductivi té du trav:ül cl3,ns l,; S.)cti.,ur hors
m:::.rché cal'it:J.liste ost 3uffisantc i)cur compe;ns0r la porto du 2oL'ïrc,
cu
bL;n :un '111ong'--'f!Jl,nt du tl;!dpr; c~\\c) tl'éw~ül ~il)rS marche s' imposo.
Les exulnples histcriquos cnt n;cntrô 'qu':m début de 10..
cclcnisation; d·J,ns curt,:.'Lins C(lS, los CClOl18 ont dû payor des s:'~l,~"ircs
:lS,38Z élevGs pour attiraI' L, fcrc,; cle tr:w;:.il.1/ li.c:.is ensuite lorsque lc;s
ccncliticns le purmc:ttc:nt, ils réduisent C,-,8 s"lÜrcc. ;30uv.::;nt pour y
::.rriver, ils fixontl.dïninistrativ'-.'mc:nt los sc\\'L-üros r,nxima COUliK; Cb,dS
L)8 iiünos d'or sucl-:.fricüne8 on 1911. D:ws c-.: Gas, l'iülongor.1Gnt du t'-'D1pS
J.:; trC1\\lQ,il nécl;ssaire peur m"Üntenir U cc,nstallt ost une; nécessité.
réoo,s où L; salairo reste ccnst;i.l1t t,l.ndis que l' ,ute-
c:cnscfi',m'J.tiûndiminuc. Lct (~iminuticn (~C l':..,utcccnsomm~ti(_n
résulte ,'11\\1'fJ
d'una très Lùblc pr()ductivit~ du travEril dans 10 sectour ci':l.UtoccnBom-
r.1::J.tic·n. Les possibilites d'alll;ng0m<Jnt clu tcmps de trcWQ.il y cicnt
·.;puisées.
Min de no F:'s élevor 1,--, l'appert S~ü;ür0/Aut()-cCnSOr;h'1;1.­
tion qui grève la plus-v,c;.luu, lü c?vpi té'..l est c(lntrc:.int de creer 10s
ccndi tiens dG l'2,ugmontn,tion do 1::;, llrocluctirité du trél.vélil d"lDs le soc-
a3) Au bcut d'un certG.in t,~mp,,; loe s,1:ür8s rools bCl.issc;nt,
tandis que les conditic.ns de ~lrccluction autonccnsomm6e sc c~.déri0rc;nt..
Dos descriptions de plus on plus n0mbruusas lTIuntr0nt que (l,ws bi~n des
C'.,cst en [,üt unc: c1iiüinuticn simultn.nrjo de U et d\\.; V.
:en conclusion,. c'est le r:ll'i,ort Plus-v:::.lue/S:üaire qui
int2resse le c1.pi t ü . Cupcn(L,nt i l no j~cmt (1)(;1'01' SiJJ1S tenir cc:mpte du
r:lL-crt Salaire/Autu-GonSUL1lD tion. Plus
o
Cl-
clernier r''1.ppurt est luble,
l,lus le prdl1ier pout ôtrealà'\\1-é àllechelle socLüo.
\\
-,
J] Arrighi : Etudes de resorve El de m'lin-cl' oouvre d:ms une perspoctive
histcrique, Etude dG la prolétarisation cle lQ. pa,ysilllDcrie ·,,l'ricaine: en
Rhodcsie,
IDb~ Janv. 1971.

n/2795
P'l.ge 26
On compr0nd pcurqLlci, lcrsque le G ccndi tians 10 lui p2r-
,,,(>tt8nt, il a rUC0urs V, e'.cs tr::w.~ilLmrs (lent le r('..ppcrt Sal"irCJ/Auto-
ounsommation est f éÜ bl,o. Là sc trc'Uvo r6sum6e la logique dos raic;r:-,ticns
CGcill;o.toiros soit (~
l'intcrieur cl'UIL fvrLntion cé1pit;üiste,
s~.it 0Ilt!'8
cc;s f,-,rnntions, C'ost que, Cé..'mmo 1'.-· oxrliqu6 C. deillé:,ssc,wc, lè~nr3 ce
n0C0ssair8s à la rCI)roducticn r:'..;:; 1'-" fe·rcc de tr·-;vail. lû1i[J il ne f:~ut pas
,-ublü;r que le ph6nümèno Lligr _toire; n';:;st LIu'un aspoct du problC.;me do
L-::. surexpl oi t L,ti on.
Ec'QS ;1renons ici "f~l;)ille" au &:DS 1.:",rcc dL) liou OÙ
s'accomplit le tr.:::,v,ül ,l'cntruti·cn"t de rü)roducticn (le:, la fcro,.; do
:l.t clpitaliste, 18 trn.vÙl sc sCCÏiÜiS8. La tr:~v::ülleur
sinc:ulior nE)
:Lvi",nt plus qu'un éJléni nt l~Ll tr::.vùllour c(~llüctif. ,';,-::.is fJ;->j"X l;cns:ü t
L'intégr:-'..tü.n du tr:Wé1.il hors i.~::'.,rch(c dms l'anal,rf:JG p8r-
m0t cl;.. cGnsid(;rGr un0 autrc ClilJ1()nsicn clu rr.cblGmo : 10 trav:-.,il non
r,l'1rcha"dise ,::.ccunpli ra:r les cr::wailü,llrs CJU los mCILlhrcs cle lours
f:c;"il10s j)(,ur lui ~)8r,J1ettre cL v:~L.riser la oapi t::,l est L'..n travnil
lT L:uctif. Cel"tes le c<,;Jitl,l ne r'.cCG!1I1'1it quo l i im"iviciu qUi.'l.3Sü le
c ontr2.t .:wec lui
; cie; st ncrw.ü 0 il'ü s cc f:ü t
no elei t
j)ilS
Caclk;l' L'..no
cc;lui do la comme;nsul'Cèbili té dll trilvül cl (; 1::- fcrcc de tr~,vail non
lllU'chancle.
30
k
Iœcblème (1.0 la LiU sur'.
(~.c 1:::, T)rl'ducti un nen CL'U'-
...
------_..•
ITcllS -'.VGns vu que; celon Scccmbc; H. le tr,wail clcnestique
f8minin proclui t
dos v-,L~llrs. Elle .'..ssirilile cn effet lOf; fc;rnn1Us,ux
l;cti ts pruclucteurs ÜL'1l'ch::-:.nds e;t 10 S Ll,U'is -'1ll:C z'..cl1.oteurs éLO l,;urs . r ;-
duits. Pour 011r2, 1('.. rnosurc cle cotto v~lcur, c'est l'uC;:LÙv'èl,-,nt U1
s.l:riro. Garcliner ot Ccu.l s <..m .:nt f;ci lOHK) nt cl6trui t
l ' ,·'l'guf!1..;ntcn

R/2795
Pngo 27
éwançant l'r!.I':::~uffi\\..'nt sulon L;quol, cl::ns 12., théurie m2.l'xist,-"
U:l,,, p'cê.uc-
tien n'a du v,'"üe:ur que si ",11u ost vcmduo sur lu lilarch6 ot si L1 C(,l'lcur-
i:'snce permet G.e pr:.rle:r c1>- tr'w-::,il :tbstrait (:, sen ègJ.I'cl. nn f'cit,
C'8st
là une ccAnpréhonsicn st ~rile de la thô;Jric de H-:.rx. Lr-" théorie du c::,~;i-
qU2ntité cl.; tr2.v:.il, il e:3t 1,cssiblo de l'ajy,Jliquur à une jrc'-lllcticn
ncn ffiéU'ch2.ndo sans lJVrt;,;r 2.ttcinte Ù I I thé,crie cle l,CL VÜGur de Ko LU'x.
Il suffit (le consich;rûr que L3, IJrGcluctic,n marche:.ndc domine, suf:~;~;ilL~;nt
raison avec lc;s prix Ces lJi'cc~uits ,;·',rchélnds substi tU(l.blus puis::,o :,voir
un sons. Ainsi l'heure dG tr:w:ril dmncstiquc (~.'unc cu'rriero l'·JUt êHr,)
c()nsidérée CUil1mo 6qui vé1L.;nt Oc c()lui cl' une :1.Utru f0mWi.J 8xcrçant l,) nGr.;:.:
travail,
mais r6wunor8o CC],1JjJO s"L-:œico.
Ccnclusicm :
,-ruus pensons qu8 12., ch "tincti en 8ntru le tcrlpS (~...: -crrw:ül
nUccss3.iru ,c., l'entretien ct t. 1:1, r:.:pruductiun do 13. ferc0 de tr:lvi:til
in6gi1ux en v,lour, perfilct ,l1tèd31)cir 10 processus ciu 1.:', clivi::ü,;H ('_,_S
tr:wailleurs sur cles basas int",rn"s QU ElllUv'vElcnt CcU cr,)i t:ü,
L: clé1sSU
~o~,' i l \\
;
r
c,:i:rtlisto peut r\\.)duire le c'Ti t:1,l vœiablc,
C'2st-à-dire' Gcnsist':l.nt
."Iers i
::ülungcr le tÜfJlPS cl'(;ntretion \\)t de rcprc)c1ucticin hors ;'l.:',rchù.
II
L 'offet clG la forme clc sGULüsshn du trav,ül_au_~JitiJl
DQJlS los fC:l'ld:oticns sccÎ(ùus cèpi taliutes ut surt,ut à
l~ ]uriphèriü du c3ystèEXO', 1::1 cJ.crninrlticn dos jli(l1cp,~lus ot la S\\..U",lGSlCn
t:..:ncbnciullo dE; 1 'Lnsemblo clu Sypti>l;C pruductif et des r::l.I:I'orts :3lCi:.WX
ccr.r;::)"-gne pas unifcrlTlclTlcJllt d,l,une; prclCt:lrisJ.ti en "'~Ll sens cl'1.ssique
li A. Cai 116. Sur 1<:1. théorie c:te le:. vr;,lcur. O. Bri.:-un, Ln v:',lUG IœicG-S;-~
pr;)Qucti on iU1.d CirClll:1ti on.

R/2795
Pile\\] 28
(,.:.os ;dcyens du llr"clucti CJ1l 2t éLvs r.-lc:';~ùn2 de subf3istcncc :;r,r l,:, classG
ciT,i-:,ùiste • .l'v1 contr':irc, L\\ LÙ l'--.,cculTILtL"ti,-,n clLl c'Lpit,--,l n'est pttS
)l.utr:;illent clit, h, clum::ünc dG LI. prcrluqticn comme vc:,lcris,::.ti(,n du c1pit::1l
s'ctond au clclà d,s unités Ql;; ~!l',-ducti(n classiquement cunsi'léréos
13 1;ubli Cé1ti en du Chél.:i;i tro i,.c.(li t
clu cq:i t2,l !"1 8uscit E5
Jos r,;chorchEls iL!, crt"ntus à l"=lrtir (lu lC_1 distincticn cp6r6e dG ;,i"'J'lièrc
très nette pé),r Ihrx (Jntre sOLlmissù;n rvclle ct scumissicn fcrm(;lle du
tr:1vJ,il au c~-çit:ü. l'L'-"is en général, los recherches (,nt ètC crümt~es
V3rfJ
l,j socteur où 1'-1 llY'clétlrl8xciLn (Le tyr'.j imlustrüù é1 -,ris c'_u
r.;t.xd, après :-cv'-ir lite (;n ,J,V3JlC,--, élLl dcbut (il" C,lTit,,,lisfl18, h savoir
1 ;
l'~'lDS 1 'cc[:;riculture).1 D,lJlf3 cl'tte cric;l1t·:l.tic.n, C. W'lur0 à fn,it une
S;:lrlthèse tcut à fs-it PLLl Ikint à ~:',rtir Lh;s rcchcrchos f:ur l'·xticnL::tir.n
'!urg..:-]üulos s'inscrit CL1i1S l,:'. l.:ême liCno. ~ill Afrique; clos r;,;chorchc;s do
infcruellù d::ws l ' ét?;riculturo, en Ii:-xticulior cbns lus z'~n8S c~. l '~CGn:fj1i0
éLe tr:~i to. Ji
Cq,euclant, le!, (listincticn cpGr00 :;lC':èr LéU'X Il0rld·..Jt de f:.r-
::llllcr une propcsitiGn g':dôr,,,lo,
3ur lus fGr:""s cru ;:I[Orche:; de 1[0 fcrc') (0
tr:'.J'Ùl. l~n 0ffct, él'.lns lus l'n;y-s ,lu c,~it:üism8 I,GrirJh(;riquc, 1,';8 :;r;F.8
mcn'l,cJ1GS !lU so seumott8nt 1:<1S 8,)ll1\\j!i1Cn-~
1'0 tr;:w!"1il:1..",Ticc18, mc,ié, ',ussi
:hvursos f0rmes de "tr:;.v:::.il J.,rtis-::,n~l.l" r":lllS l:;s :,;iliuU)[ urbélibs. D"ns lél
neus intérvsso plus loin,. Ici, n~U3 ::üluns tr,:'.it_r cLos fermes c;0'-',;(;8 (~U
;;-::,rché cL: la. fcrce -'_de tr::w::ül ,)t J._; l~,urs effets sur 10 phGncmèlk ,-1·; L:
uno 1),.,rt88 gCnér:llo. Par conséquc;nt, nl.ur; ,:1110112. dl.v.-:;lcfp0r lC:3 c~,,;ux
cints sUiV;'::';itS :
,,,ur 1 ,t sur0xpl oi t é1-Ci cü.
-~-_.~------------------------...,..-'----
- - _ . - -<- - - , - -
1/ s. l:l.lnin, Le C2.pit.:èlisme ot 1,:: l'lmte f("ncièro
1:/ ID~P l' Agriculturc il.fri cèim; :~t 1:) C:~l)i tc~li mile: J';Cl.d:;ni - (iLVS3-11.:'.Cl.-
iie-dag,l.scar.

R/2795
est très peu dévulcpreo.
CC1;'lIik; un nnrché qui ':1r)pé1r~l,ît,.,u ni<r,;,:"ll d\\~ l' Cch'".ngu CUL%1l; un l:r:::l,rché (lu
tr:w'ül. C'ost cu qui~, l'Grrl1is 2 l'(C',llCDio l',,,,litiquo bCu.rg8ciso
tr,',rül Gt tr:\\'v:.il o Le :,rGblèiT1C C[U.O ncus pC8uns ici est le SU.i\\T ~nt
~,Gut-il <'1-rriver ',IUE:: (10 ~nCm(; qu.o le L1'::œch5 cl<: tr:w:ùl cache celui do le;.
Ne,us "SCu.t8:l0n::l ici l~ peint cl..: vue seIcH 10'-:lucl, u.n
,'2.-- travail. Peur 8t-.,blir ce: r,;su.l t:1t, thUS n" pcuv;:ns 1)':8 j),J,rtir du
:';:,,1'ch 6, puisc;uc ncus n'y VCJTOnS qu.'un 1'.<:1.rC;ll;:; du 1;-, furc,; cL tr::C',j"ll
cu U.l1 rilèrché dL- [,rochüto l'jé,us l,cnscns qu'il L'tut partir de: 1:1. rr,-clu.c-
:Ti"J,uctcur' dos v:,leurs vt un nen ~,ru:Luctuur duS v,èlL-urs \\'lst uu nun,
un
r'l>[J0r't qu' bn peut qUé":,lifi'~'r' c:,; c~~piV~listc.
S'il en (; st ,:ün::;i, :".-1 crs,
10 lToductcur v(;nd nen le, ;'1' ceLui t de fJC,n tr~w:i l, L1éli 3 8~', f cr co '1 '.
l..1,.' .....
treèv:ül elle 171êmc. Ce Lü::;'.nt ncus rGn::.«;ns~.insi r(;hétbili tur 10 nivl;'"H
c:1Iütali ste.
Il s';1gir,::'., l~onc (:"J l'J1cntror que les r:'tPI,crts de ;-T. clu.cticn
ct los fGrccs prcdu.ctiv(;s sent CL;8 dctcriJin:mts du ffi,'1.Tch6 de ln fGrce
cr
trrwül o Pour d6v01cPIK;r ché;,cun Œc O(:[) d(;ux~spects, r::P118Lns
<:~ ':,-1:-..rd en qu.ci consiste: le ccnc:_,rt nnrxistc de l,rGcÈJs d,..; l,ruclucticn o
;
1
.~ ~ ,1
j ! •

travLül. Celui-ci 88 dCrulllc un SGci ét Cc comUh3 procès de d<"i)Cnsc.; de 1:-'
fcrc\\.; de travélil en vue rl'unrosult":,t. LGrSC1U(; cc l·rl'cès dG tr 'wcti l ost
un precès de r:rocLtctic,n, L: rLsul t·:t cn est un l'rcc1ui t . I~ prrcl;s de
tr:-èv'lil est toujours un r'''i-,p,rt cLclCèl, sCèuf ~'"ns 1(; mond8 ü •.:::{;itl":,ir:)
r:rue'cuctien on VU8 d'un rrccluit. Cutto cornbinüson est toUjC.LTS :ü:.ml-
i:rCsonts cu ropr0sont6s (L~ns 10 1;1'(088. Lé" rroducti .. n sc f'li t t uju.u's
',1
glob::üe du 1,:1, fcrrtl'1ti,Jn sccialc.
K. i<U'x a insist-:' :'v':;C r.,is(;n sur lu füt quü lCG
r:l,TL:rts do pruclu(;tiLn~ ut Cl r--,,:ticLcl::'e;r 188 r''1:;:;;;(;rts :le IJr"l,rL::-'vli
(.èU .38ns C:cc'numiquG~ (~u(;: mus verr:ns l,lus lo±n) ccnc1itiünnc;nt ll~,cti_
vitC de; production el1G-oj:;ômo. En cfLt, 1- prcpridé d8S produit::; cst
les "F'c,ndornents de ln. Critiqu_
do l'j:;ccl1omic Fclitique", l:;rE'.qu'il
tr:ütG des "Permes Anterieures,~ 12. Producticn C''Titc:01istG''.
Là, c.::ttü uni té cst '~ssur0G lP..r 10 c"m;)(;rt;';EKont e,u prc-
:luct..;ur iiîlLHSdLtt vis ;;;, vic cl.Js lHG,yc;ns ck ;'rüducti·;n (Jt des l;I'c/lui ts :
"L2. y;rupriétb ne signL:'ic.: donc rion c.rigincller.;"nt ê. reutre
çue; le .?omportemènt,Q,o l 'homme
vis à vis è.c.:s cc.ndi tians nc;.tur",llcs dE)
1--" rrücluctiün cumme lui~lpa.rt"n.1.nt,
ccmmü siennes,
cunInc.O cLmWl;S Gn
S2- propre
existenCe). 0 ••
cL-uble
1° san.:'exist2IlcU de "'-'InbI',, de la cunmune i dunc l'existence

R/2795
P:\\,;'C
31
cL; c1c;tte COlT4l,une qui ost cl' ''.,b,rd L, tri bu plus ()U lJ1(.ins transfl~rm6e
2° dG r2.ppcJrt à Id terre,
S:1 lTclJ1~iCt6 ~n.r l'intermt,diairo dG 1:::.
COllllTIUnc: ••••
"L2. :rc1JriGtû signifie cLnc'}.jjpc..rü:nc:.nco à une tribu
(cu cUillllune) ct c'est :W:.Jir'
~jl
\\...11
0110 uno 8xistence subjecti v,;-cbjocti VG
Co que )';,:.1.rx cmtcncl jJ:J.r ccmrcrtement est'lppclc o.illGurs
:èUS[Ü
J.i?prl'pri~di~~ .... BiLlibr:.r fn.it romo.rqu"r c[c'"ns "Liro le C"'l'ikÜ"
1L18
:t,:tI'X omplcio
le tonne i1l'lrq;ri,.ticn tillt0t peur clôsignor 10 r;'TlIJCrt
lu I;roductiJur él.UX cejnCli tic,ns l,bj\\JctivCl[;; do 1", IToductiun,
CCnll'ilO ~L;rocèâ
,le jcrcè.uction clGs v,üeurs cl 'us':.gc ~ ct t-lIltêt CUilme r:j,f,pcrt de I;rccluctcur
"Du lJuint cl,; vue; t}L', riquc,: les fcrees IJrCc1uctives
slnt ollos 'l.ussi uno r·:;l',tiL:.n (l'un a.rt:Ün t;V1K: à l'int(;rieur Clu ;nuè.e
de lrûduction, o.utrciilont (lit, elles scnt'mssi un r.:"ppcrt c:c; ;ircô.uc-
tivn". gl
Bali bar n' :':,'-"8 t crt (;:"ns 18 principe:. CcpencL,llt, du
;),int (le vue do l '.'..u2.1yse, i l ost :16c·Js:Jair(; c1..<,; f:ùrG la. (Ustinction
8;Jtro Ii: LIIJcrt de Prcduc'ci<.n/R"'llpl;rt cle PrcI)ri(;t é rI' un", P,'..T't, force; s
'rcàu.cti va s cl' "'..utro p'U't,
quit t" il ITi(·ntr-.;r pa.r lë~ sui tG ccmnknt il L:ut
conccv.:..ir leur uni tu. C(;ttc l::istinction ust nl:c ;ss·cire si en 'Jout
~.n:.::.lysor la ~rGducticn lÎo 12. rlus-v~lue c:::.pi t·ùist;~: on gonéral.
a) !t,;\\J+:JCrt d8 pr<:Jclucticn c-;r;i>L1istc cumm", clétorlJ1in,:;.nt du f.lJ2.rcho do IG.
Ncus s:wcms quo 10 L,n,rché (le la furcu cl\\;;) triw'ùl (; xi sto
-,':.rcc Clue 10 pr,~ductcur L'st clcubL;nJ8nt "libre", un un l'romior S;,1'1S
a.rcc qu'il 0St privô des mcyons de :JY'0clucti en et c: i'..11SllUIl douxioiDO
ClUos. LorsquG IIarx dit qu" cela sUI'l'cSO que le vendour do sa f,)rcG clG
llK. Îi1:'1rx. Les fondements, t. 1, p. 454.
1/ E. B'J.lib,r, lire le.: Cél.pitd, P.E. t.2 p. 126.

n./2795
tr:wül ost éJ,lcrs priv.:.: dos moyens de; ITcluctiGn, il l'Gnt,-_ncl :"u ClcublG
sL:ns économique etjuridiquG. Dr dos tr:w'~ux rcccnts sunt V',;flUS ;.lcntT"'T
que la clistincticn (-:8t jh;CCSS,üre l'cUI' f.enclor un ccnccpt CUJ11"lc:xo,
r:l":.is fé;concl du ïlle)r1e do ~rcluctii.n c1rit,listo. Cette; clistinctiul1 va
en ',bcuti t
au rl.-sLllte,t quo L~ l)ri V "ti·,.n (; ccnc.t;üquG de s iiKYCl1S cIL. rœc.-
:.:uction du prGCluctGur dos v-',lours i:Uj csc; le j,"1rchè cli..- 1:1 f(rc;~ '.1.8
.~~ \\::
tT~,v~il, 11';Ü S n(·n l::~ ferme qu~. cc:lui-ci (loi t I-JTunclre : 1;1'l,rch,_ (10 tr'1.-
V'l,il cu mû.rché de l,rGduits simpl,)s.
Peu dG' tr·w:1.ux rCc,nis cnt GG c; fiu. tG sur 1..:: r.p: crt de
pru:;)riGté CZ1.1;i t l1iste (;n bnt C;,'UG t81 •.11 C"liond''.1'1t lus l1ifficul tés quo
ronc0ntre la rl.:"lisC1ticn du scciél.lisrne c1:'J1S 1..:; mec:", cuntul1i}'crZ1.in cnt
:"mene llG s cherch:.:;urs mCJ'xi stes i.. :':1'.1", fnnclir 1:) c nC"';I)t c!.c; r 'l)pert cle
~)ruluctic:n clpit:üistc, c'cst-à-dirècll c1e:rnièrc '1.l1alyse cc;lui :lu
r:èJ.'pcrt de prUIJricGtü. Cc;s':'..I,:rcf(:ndissoJilents sent trss utiles lcur
l'unité ,:u systéil1e c,pij~:~listG idClLli:-:.l. Ils ccnsist8nt foncl.1I:1ent:,L:r:i(;nt
20 ;üc;ttre l' \\ccunt sur le., clistinctien i::. ['vire entra h: r-1:'~'(;rt da pr;-
i)riCté 6concmiquc Qt 188 J,utrGs. fu t~LlS CUS tT:W:~UX rGosert 12.. ll"turo
3.1) Lé'" complùxité du l'll;iri..-rt clc,El;lTiété c'ri-~Üiste.
(R1lJpurt jurillic:."l18 ct r'l,PI·crt GcencfIliqu\\;) do I:rq.·rl 'ctc
Copi tali ste)
Ch. Bottclü",im i', insi st ~ sur 1't CUn1lilLJd t li du r-'oll:crt
l'.C:
iJrcpri(;t6 un g9.néral. Sen but d
.it de jj](...ntr-::r que: t~us Ies:êSi'ccts
...
p.""l8
Cil
rilUlilO
t",mps lorsqu'un rlcu'Fir Irclèt:J.ri'3n s'installe.
=11 L. Altlmsur d b't. fu:libar. Lire 10 Ci1.[)it'C..l, :b2.
Bottelhoim, fermas do IJrCrridcs et CC1.1cul CcCnGmiqu0.
A. Br;l11.'i,chnhlJu ~ Intrc;ducti ()n & l ' (ccnLmie Poli ti que (c ours)

n/2795
P"go 33
Dans l'o..n.:üyse du EPC spôcifiquc: qJéré 1)ê'J' K.c ',l'X,
liJ,
est qllC d:'.J1s C8ttl.; formé d-..: J.PC, i l Y", co~ncicLnc8 entre t(Jus les
n.spccts d,; L:~ cumi';lexitë chlI'::':'l)crt-c,s:)Oct (;OCnCl,iiqwJ,"..sPlJct l'(;li-
tiqllO,
;:lS1x,ct ich;dcgiquc aB';,)oct jllri(:;'iquo •.1/ En Clffot los 1.S;, (;Ct8
pcli tiqw;s ct idéuL,;:,'icju,,; s sent t (lljcurs présults l'~ur consclj lkr ct
cliquG (écI'i t
cu ncn). ainsi,
/ '
r,,,ppcrt [:, l',,8cl:lVC ou ,::ux serfs -,;n Cl: S(;llS qu'il peut cl1eisir sCin
8x,L,itcur, cc, qui ost l',,,fUS2:tUX 'deux promiors.
Le cystème (~() (~rcit cL: l;rcpri8t6 C'''lüt;,lista fc,nctiunnc
ccurno lln drGit du !lIode do 1,r(Jlucticrl ;,:.rohaJlll ,:;imple. 11 no cC~'1;"ît
quu ûes porsGnn"s ot dos ch,~,scs. Il cl.l'-i,crto un drc:it du r.ropri;t8 des
ontr.,) 1'ersunnos. L) droit cll.: tr,'wül c,u droit ru,s'Llnt los rrlFlicrts
juridiques entrG "CiJ11.1cyésl! ut i\\:::lTI1,loyeu:J1S" relève de cette dcuxièL1U
c-~t6gGrio do droit.
17 "Le:. ;:Tcprièté GemIne "pcllvcir"sur les
.li
IJrcducticn ust clenc,
.:1ussi, Ull r:':PI·crt iclcclogiqu,; 0.0.'
"Dans 18s sociétés di'vis(;cs L:n cl'1,8s8S, 1:1 clur,JÏnlticn de l'icléc,lcÔ,u
no suffit 1);'8 à assur8r le ~)Cuvoir d,
lé'., clf:'.sse (lomin3Jlti?, ,!.las 1'.:11'-
l,crts idGclc,giq:uus dLiv,:nt clcnc êtro clvublüs do rn,ppcrts I)cli tiques ••
•••• La ljrGpriCté ost ô,~;'ÙOfl(;nt Ull r"ppcrt juric~ieruo". Ch. Bottelheim,
Calcul éC(;h'~l:liqLlc Gt fr>rmcs cb l-rUIœiétés l). 6é-61.

Hl2795
f:"'.gu 34
::"bstr;:1i t a scL1hai t
~ursc,nnos Imm:ünCls 2.UX chvses (dl cl;:; CI; qLÜ ost rcputé l-,ersûillw èi ce
qui ost r0 1JUté chc,se)j L r:,",;crt cL c~ntr,t s'ctablit exelLleiver,;cnt
entre persunnes. De mé\\1C qLl'il n's '.0, ,_.n è-rcit,
,1.LlCLlnO lliv(;r~Jit6 clos
rcrs:.nncs,
qLli sont OLl ~0Uv,;nt ôtre tClLltUS .iTurri'.'türes cU cc;ntr·-::,c-
t'wts, dl; !.ICmG il n'y -, ;"LlCLlno clivd'sit6 d,èS chosos,
qLli sont CU lh.::uvcnt
ttr:; tOLltoS rr(1)ri6t6s, qLl tulles S,:iC11t jj}cycn cL tr,J,v',il '-'U c~e C,nSGfil-
1 (
mc,tL;n, st qLlclquG scit l'LlS'60 CILlC; c",ttc: l~rülri(tG rooouvrc".-1
lTubli';mu, 10 ph6ncmène ,ll) l'oxp1:it'lticn c"..I'·it:i1isto, cemme 18 LlUntrc
"La I)r~:ni0r,; cUl:=-iti'n ost l':Jxliticn dLl systœ,)c, 'JGc1'.t-
v-::.-:;iste ej; dLl sc;rvago. 1:1 fcreu (le trav'ül \\riV:uJ.to est llru[,ri ôt,J.ire
l',;11o-Ti1~m8 ot dislYCSC cl-::.ns l'0ch,w~;e cl.) SGS l'rcpros fGrc·ls. D:.::s
l;crsunnes sc funt face. Fvrmclle;mcnt, lem' r::t:ppcrt ost libre ct Cc';"lj
C'_.I;:i~l::; CC1Lli cL tOLlt échc.:,ni.~·i sto. Il .::: ':c..vère qLle c'est là Llno illLlsien ;Jt
_Llnc mystific'tti Gn : un lu C(nst~1te dès qu'on qui ttc: la sl;hèro strict...:-
El0nt 6conGmiqLle . . . . . * Il (l'cuvJ.'ior) venll son 'wtivitû po.rticulièrc ù
un c,l.l'it,'lliste p~ticLllior,:',uqLlul il f'èi t
face CCrrli,lC indivic'..Ll indépcG-
d::;.nt,
mi'tis il ust c1.':ür CjUU tel n '::ost ras SU1 vcri t .....bL" r'Lj:!'~Tt ,",vce le
ccIJit-::.l l:>rupr;munt élit, C'uGt-il.-cürc :"vcc 1'1. cL:wsc des C'~1)ii'üistu8".-2./
Le système dü dr·;it Cl,I'i;;;~,li8te iGncrE: 1>J.r clêfiniticn
cottcJ dernièro c,,-GéE:'crie do r:-,r'I-crt IJLlisqLl'Llno c1:18so ne l)CLlt ~trc
SLljut (le ln. lJroprièté 2,U S011S où jLlriéliquuli10nt l'inch villLl 'é::st ,';Llje t de
~ propri6tt5, !li l!C1rtcni1ire "i1LltrLli" d'un cuntr·ot".1!
,
Sl./ K. Ihrx I1rLlndisse t1 p. 428.
JI ,.'.J Balib~r : LirG 18 c:~lJiti:tl
0
Pli'] T2 1).
123.
-lé
C'est-à-dire, 1:-:, sphurG I:'C circLll,ticn lil~Ich.:m(le.

R/2795
Pa,..ze 35
Il no s 'ensuit l"s ClU 'il n'y Q, péèS cle diffcroncrJ uaire
l';:;sclavgc ct l ' cuvri8r ot ~~cnc CiU0 1-,. diffôr'Jnco cl:1IlS leurs c,_,nili tions
juridiqu0s ost s'ws I)Crtéo r(;011e. Au ccntr.-ürc, i l ost ét:"1bli qu,_
G'i,ns
prd..;taire juricliquumont libro, 10 lTlcdl; do prcductiün cc"pi trJ1isto no
l'out s'ut:).blir de nlfJ..niêre Ùuré'..ble. Los r,c>pcrts mr1rch-~mls imr:liquont
nécl;;3s:ür81Tlont uno~(;géèlité juridique. L,.üs les {ccnclilistos qui. s'en
tic,nnont à cc nivuéJ,u no :,ouvuIlt :-tcct.,c1or i:~ l'essentmel, :,u rJ.H-ort
,i'cx:ilGit::rticn du C:1i',it.-ü i:V lé.; tr:,.v,lil (lui lui ost un r""I,p,--rj; (,cGne,-
.
1 1
liUqUO •
..J.j
Ces uccncmisios ignûrcnt Li. distinction fGnc1n,;nontcüe
qu..; clrGi t
(L:: ccnsümlYl-,ti, n cn gCnur:ü. Gr,
s "ns c,:ttc:: c:~i stincti cn n JUS
ne l.(.uve;us rns pesor ccrroctcinent le rrcblèm8 de 1'1 I,l'(.:pri8tC CèllitQ-
listu en ,~énGr,).l, distincte cL s'os fcr"lcs j,JOJ'ticulières, C:11' les clif-
férc;nces cnt ljcur b;,se le d"-,c:,,l'1gc untra 1(; L-~pi:'crt ûCl'nomiquu rIo }''1'C-
l:,rioté et 10 rl1Pl',:."rt juridic;:uc. Vcycns dcnc on quci consiste 10 rlIllJl.rt
de; prcJl,;riété éconciiliquc 011,i~:'..liste (en glnéral).
Au sein cl! un :nv'..,,; do ~Jl'uèLucti(;n qui sur'1i t
SUl],lumont
-,,;rS'A1Il8 n'ust 1;riv6 cll; l'une.: cu de; l':lutro. Qllr:.nd on ost d,èns un iTIodc
d.rc,it do pr,_'pric3tù, ni sur les Llo_j'Cns cL i'1'cduciien qu'il ':)mplcic, ni
sur les pr,-:luits de.: SGn IJr(jcès (le l"r\\~(luctiun {croe nc.us ost cl' .. üler
rlllS loin CGmmo l';'. Lei t
l',;,:l.I'X, r';lœis cct systG{Jntisé récemmont j,)éU'
E. :!3alib:l.r. ]'.l",.is c .. (lui dei t n<;U8 inciter ,encore rl-~v,~nt03.ge à éèllor
Il La sphère de.: ciroul'1tiun des L'jc;rchandisos cù s' l1ccu.1plisscnt lQ,
venta 0t l'J.chl1t de lè1 fcrccc de tri"..vül, 0st on r6:;,lité un vc.rit.-;,ble::
c.:; D ~~ N dos (lrcits nn,turl.ls du
l'lHA,J:nc ut du cit:_'Y02n. CG qui rëGn0, C'8St
Liberté, r:;gZ'..lité, lï'r"türnit6. flr:.rx,
l,,; C~l!it-'1 L1 T1 p. 178.

R; 2795
P,':ge
36
où une [,artic de l[l, ill-,upu.l'èticn" ost jurh~iquclikjnt I:roprift,üro, Ll':is cle.;
liiQ,nièro plut8t GssuntÜ:;llo. Il ülpGrtc'l.lcrs de ducouvrir (lorrièro
l"~PI!ur(;ncü dL) la pr,_priE.:té juriLlique, 1:::. rè:üi té ck le"'.. nGn jJrc}"œiCté
ëccfi,miqUC. Ce qui c:'..istinzue foncb.:ncntûlom..:nt 10 r::J~·,crt do :i.œcI:ri6té
0ccnGi1üquc du rE"Pl'c.:rt (le prcpriétû juridiqu8, C'(;st que 18 l-œ;.r;;ior Q,
pc·ur effet do distribuer los ::1.gl.;nts êccncli1iqucs on Cl'"'..3S'-.;S 80cLÜes
t,':nclis que l~; dcuxi0mo no distingué que Ù0S chcses ct des SUjLtso
Le r'1p}."crt (le Irq·ride juricliquc C;',liit"l.liste è.st inc.:l.-
l)"lblo clu romlro CCiilpt8 d'un phénz.mèno fundament a.l,
c,-,lui dos cL:.sscs
8;~ci,l.les ct clos luttes cles CL:'3SGS :"'..1.1 nivcé'..u cl(,; 1'1, structure uccnui,iquc.
Un0 th6crie cle 1:1 ITGpriété 0c,nu;;ique C:'IJi t'"lliste clGi t'.bsoluuont r..:nclre
c-,:;:ü;;,'..liste cst fcrm~e 1;3.1' 1 'cn3.,r..blc dos prci)rid,':ircs juricliqu.:.:s cles
mCY0J;ls do l~r(;clucticn ct dos rn(YG!1s dG subsist,"l..ncC ne eL; cri t
que 10 b("10
cle producti en oQ.pillal:ieVe ,"dmdustrial spécifique c,ù l ' <JxprL1,ridiün juri-
dique des prr,cluGtGurs ost a.chcvC:e o Lorsqu'il n'on est l,:"'..s"l.insi, cette
cléfiniticm G.e l2~ cL:lsse p:-~ r6fèroncG il la. prc.·rri6té juridique \\Jst in.?-
'CCfuate. Un ccncopt ccœr,~ct du rrt;Ji'crt :lc rrepri Gté 6ccnuniquc ne: sc;
réfèr8 donc lias ,:lUX rappc.rts juridicrues on premier liou.
Aussi au lieu cl'.) sc; dd",n,11(~er qui (Cst prcrriét'üru, co qui
ri SqU0 de, rLJnvcyor cl i:;,b,rd é1.UX l;rcpri ét::.iros jurirUques, il fc''..ut cl' j) ':Jrcl
.:",·.lr'.l1cl8r : c(Jnancnt est-cn rrcrrict'üre ?
"S'ccgiSS:JJ1t cle 1," r;L,ticn de IJrupri8t0 (ks fncYGns de
: r~é'lllcti cn, il inrt=)c.rte meins do s.:wcir gui est IJl'clJri 0taire des r.1cyens
(lo jTÜe:Luctien que (lu s:'1voir corrunent en ust l'l',-,pric;ta,ire dos Llcycns de
l'recluits c 'ost-.?:..-diro CGmmont -m affecte les DJLyens elo l>rCtlucti;n ct
c.~cmmCl1t on chslJose ut en affecte le l'l'Gduit". li
B::ùi bé'.r a. bion cl,~v(; lC1'l".'6 CG I:uint, en w,ntrMt Cju 'une
li Il.. Bl~NA.CR:tJOU, introcluctic.n i'. 267.

R/2795
Page 37
ra:l,port économiquo do rrcpriété une; définitien otrcite, qui est é1.Xée
f:,ncl.'"Ullùntalemont sur la llTq;ri8t6 dos mcyens de rrüclucticn, n6g1igc2.!lt
10 i)roblème de la pru:;::œi (;t ê du prcdui t.
"Le rapI)crt 0ccn,_miqu(; de prüducti on apPè1Taît clonc comme
un r"PPGrt entre trois termes définis füncticnnollornerrt
i clr~sse
pr ,;pri6taire/muyens clo prucluctiGn/classG dus IlT(ductours explci tas •••
Lü r::>lpcrt s ccüü qui dGtermine la rt';parti ti on dos [{Jcyens do prcducti cn
so trcuve donc instituté cemme rtlr;licrt n8Cf';SSrure entre chaque inùiviclu
cl i uni;; classe Gt l ' Gns8mblo de l:}, classe bppos8e" .. 11
.Ainsi donc, dès qu' 2,pp!U'ai t
la. propriété non sucide
(lU communautaire, GU tri balo), le r,pI:crt de propriété économique \\.Ost
f'cnc1'-lJ!Iontr:lement un ra,PlJort des classes en luttos. B,'11ibéU' n l ,,- pas lœis
en comvte 10 s(:cond élûmont imr,crtont do la clCterminaticn du rr:pport
(ie prq)riét é ûconomique 0
P,~..r contre Ch. Bettolheim Yllintècrc, mélis ln. fcrmul::1.-
tion di] A. Bent::chnou ncus p;J,I';èi t plus ,-,xplici te. Selün co clernier, la
th6crio du rélPl)Urt 6conc)miquG de l-orupricté él pour cbjet cle r'-lontror
l'cemment on chspcSG et en t1ffoctu les moyens do prcduction, cemment on
cli sI OSE) et on ::1.ffecte 10 prcxlui t Il
l/
0
Autrelilent clit, c'ostlecClilmont cle l'-:Lffoct::lticn des
mcycns de productiun qui fendo les 'classQs socÎ<':,les r:u nivsan 8ccJl1Gmi-
que QU modo do production o
Eh "d,:'iil1tre-s tGrmes, la classe sociale u st un l)rOCLUi t du
prucès de Iœoducti,~n. EIIG 8St l_,rcdui te; 1'!U' la Llanière d l:Lffectür le s
;îJ(~yons cio l:œcduction ct los l:rudlli ts ..
l!BALIBAR, Lire 10 C'"'lJi t .....l P. j',:. t. 2. p. 1230
2:./ Quru1t à lé1l;!'opriété (en t,!J1t quo r'1.pport ,,;ccnumique), 011:;;, (:st cons-
tituée r,::tI' le l-::cuvc'ir d'::Lffeçter los objets sur lesquels ello 'crto, at
tout pn,rticulièr0ment les mc,yons de IJroducticn, è:, des utilisations
dcnn8G s et dispcser dos produits obtonus.-Jt 11 rtide des rnoYGns ~~
cluctionii~ Ch. Bottelheim Cétlcul êcün0iT,ique et formes de prcpric:tL;1 p.se.
l/ A. Bennchnuu id. po 167.

n/2795
P,J,ge 38
Ainsi,
jusqu'2' nes jGurs, ln ptche cl-ws cc;rt,-ùns vilLcges
de la, cttc s6n6gnlnise 0St une ~ctivité 6cemcmiquo c,lloctivee C'est li1
cunmunaut ES qui d,icido du moment do 12. l~ôche et affecto le s ferme s 111'0-
(:uctives. 10 r6sult::l.t de lél, peche (le l-)rGduit) ,-,st réparti Till" la commu-
nauté ellc-meme, lél, ccnSV'lm:"tit;n (tc_nt individuelle cu rùutôt fn,mili'1,lo.
DCW1S co cQ,s, nous pouve,ns clirû quo los mc'yens do pr()ducti (,n et le lJro-
dui t
sunt é1ffectés ele m::ulièro à s;,tisf:lire les boscins do 1:1, cummunéllltê.
En füt, nous pouvcns dire quo c'est cotto fJ1<wière cli,:'.f~
f,:;ctor les pirogues, les filets ct les llcissons qui Lù t
que los cliVC4c~OS
sc,ci ,'lUX sont pe u app'U'lcmt s, m;::lgré l'impact vi si ble du cèl.pi t é:.li smo
(.:l-Gvoloppomünt de rapI)urts marchi1l1ds).
Dans 10 CeS dGcri t, n'-Ll.S rcuvens dire que l2:.J2.rcrriété
",st scci"lo
dems 1<1 mesure où los pûcheurs sent yr()pri6tur<.;;s dos
[<Ioyans de lJI'cèlucti cn qu' i Is utilisent.
et négatif. Si (;.:~,ns une fûr:,Lticn socL-"lu, la l'1'cpriété 8St rée1is6e
p,J,r los non producteurs, li1 propri(ôtô est di te priv88. DnJ1s co s,ms, la
:;.-<rcpriété cl:;ütnliste est nécesr:::1irC,jlcnt privée.
D:uJ.s 10 iiPe I!lpécifique,
on s:.it que le productcur n'est
Ilr{..i;Jrieti1ir.; dos mLyi.;;ns dG l)r[;ductiün, ni cm nivo",u juridique, niJ.u
nive':,u ~:c()n<.-miqu8. Si peur un:: rèison quclce,nquo 10 G.rcit ost ee r.:ti1rcl
sur l'evclution cccncmiqu2, i l no tarde pi1S à la rattraper. llinsi la
"~..rci-:; do tr:wi1il'1 pu st: duv\\.;lcpper comme br c1l1.chc: è.u dr(~i t
rles ublig:1,-
tiens bien après que lus r:::l'lJCœts d'cXJ.:l,it:1tiun c:'iJitüistes so sciGnt
d:::blis. Au nivo(lu (lu lIlCG.(; do f:,rulucticn cê1pit.:l1iste spécifique, news
l"}cUVGns clvnc négligor 8ms inccnv<inionts grwQs le r"":PI'crt ju.:ricliquü
d.os r;,cyons de l'ruducticn, "nccro que Ch. B0tt''.11hoüi insi ste sur la
néoessi té de les l'rondru en compte, miJmo rl-ms CG C:7..S. Les rn-Plcrts do
j>rc.c.luction du (Ipe unissent lus tr.e,vaill~;urs on t:-mt quo cl'1sse, 8- 13.
cl2,sse capit:tlisto qui les "YI,lcito cu exte-r'{ue la rlus-v,".,lllG • .d.ucuno

R/27~5
PAge 39
De l'ièl1:11yse que ncus venons ,~o f:üro, en di stint';uilnt
r:èIJl~Lrt de propriete Gconcr:1iqu8 et,drl'it <le propriété d'une Pll't, nl,],nière
d' :lffcctor losmcyens de prcr1uction ot prcdui t d'antre pe..rt, ncus pouvuns
tirer los deux implic"tiuns suiv:'..l1tes :
1° - Un môme système juridique peut recouvrir d:.;s rualit6s
fGncllmont.èles très différentos clu )cint de: VU0 cles classes scciales
c',~st-à-clire finalemunt d.l1 l.Lint clu vue des lTicdos de productione Ainsi
12 $yst~me jurid.ique C:11Ji tt1liste fGncticnno CCl1âllü si le îJPC 0tÜ t un
mcllc d,; production mO-rchand simple.
2° - Au sein d'un même mGdu du prLduction, un rn~mu
r[1i.'pcrt éconolliiquo fondtment2.1 pout su mê:lJÙfostur juridiquement scus cle s
l:lG(Lllités cHfférontes.A:lnsi, un prolét:üro du C2'1)ital peut IJrocluire
cL l,'!, plus-v"üue pour un cèpi tüiste, ccpencbnt qu' dU niveau juridique
tuus les cIeux app::œ:tissent cemme dos prcpriGtairesdes mcyons de produc-
tion ct des produitse
C'ost cotte dernière implic'ètion quo ncus allons rl0v,;10I'-
1,0r y.ur pouvoir d~finir cc que ncus entclndcJIls l'ar rilPl~,ort de ler'l'ridé
6ccncmique capitaliste en gén"rn,l. Peur colà nous allons tontor (~C v0ir
cn qU0i ccnsisto L ... vente ct l J,1ch:1t de 10" furGe; de travili l chns le
Ce qu'il faut retenir, c'est que,
CGrrur18 l'a sculi(;n<d
Ch. Bottelheim, il n'Gst rns possible d", dGterminor le ra,Pl)crt~lc
:.,rul~riété complètemont Si1!lS f.ure intervùnir los nivo'1ux idéc,lc,;iqu:.;s,
r~litiquos ct juridiquos. Î~"Üs cc; ch)rnior nivo:w n'interviont qu'ecu
]jKmont où nous anall1scns les rncd:ùités d'0xistence d'un med0 de :.;re-
clu.ction. Il n" sccur::,i t Gtr0 quGstion de f~r0 intorvunir 10 nivvUJ juri-
dique pétr (;xemplo cléèDS' ln cléfinitiondu r':".,PI'cri; d'::,pprcpriatiun c'~pit:'J­
liste Gn général, puisque le c1roi t
d,,; prGpridû n: ocbuil1a.;paa,:;avuo,--le"
rl,p~:.cri; de :)r cIri ét é Cc on umi que •

R./2795
Px;e 4c
Ainsi, L\\, rroI,csi tion de E. Balibnr selon l,"-quelle
"l'ensemble de let structure Cconcmique du mode de ~)rc,duction o'èpi til. iste,
clU~iUis le llrocès de:: l,roducticn immécliat jusqu'à 1:1. circula.tion du pro-
luit social SUP,OS8 l'oxistenco d'un système juridiquo",J/ ne pout
st Cl.;:}Jliquer qu'à condition do n8 1-'2.8 cc)nsichror ce système: C()f:lII1C idon-
tic[ue d'un8 forille; cl;;; CC\\'l:ital ~' uns ~\\'utrc. D"ns là. ca,s contra,ire, cette
prGI:osi tion rcviondréli t
tout simplement à (lire que 10 cJ.pi taliSiilO ne
i'8Ll.t fonctionner s'~ns système juridique:. Or, c'est un IJoint acqui~
cJ.Gl,uis lcngtemps qtW 18 tGut socii',l, cOffil}ort0 dos niveaux différunts
(lent Cl,ucun n'est superfluo 1;n Ldt, nous s,wons cl'c"l"pr8S le c;ontcxtc que
CG
que vise Ba,lib:1I', c'est le c:'lütJ.lislilG imlustriel spC:;cifique; que
l'ion ne nous 1;8rmet d' 3.ssi!t,iler é1U C,:tl,i té1.1isme en gCnéral. En offet, le:
système juridique C'11)it~üiste1 2,bstr1.i t~;m(Jnt conçu dait ttre distinguo
(le ses modalités d'insertion c:2..J.'1S;'une: forElo particulière du cG,pit,·'.lisme.
Peur illustcr cc l,oint, calJi t,lI, prenons un exemple: 1;1 distinctiun
juriclique entrG le ll1i:1rch6 cl·' 10, force du trav:1il et le m2..rché cles
::1.Utre S r;r:œch:tlllli se s.
0,3 - La significJ.tien de l:::......vunte et du l'achat de la fcrcc do trélvéÜL.
Pour un certain ncmbre de cherchûurs marxistes '.u niveau
(le;,
modo dG prcclucticn du C,'1l:>it21isto, il n'y aurait qu'uno sûul(~ fe,rmû
Ci nccptu(;lle
et histcriciue do rh(l,rchc de 18, furce de trJ;v,ül,oella qui
30
lJrêsente imméc1i~,to:m8nt comme mi1rché de trélva,il où se nOLJe un contrnt
do travül.
Le Ch,èpitrc VI du "C2.pité11" intitulé "Acho..t et v,Jnte do
li'è force; d.c travail~( clonnor-.:i t l,], thCc)rie complete èLU mo,rchC c'1pi to.liste
dG 10. forcG cl,; t rav2.i 1. Cn tr uuvera, rq:rodui t
ut nclcpt G S2J1S a::;profc:n-
clisseffient le rassa.ge: tyriquo suivant
"La tr cUlsfurl;ntion de l' o,rgcnt en c:'-pi té11 exige clijnc que
lGpossesseur de l 'ffi'gont trouve sur J..,) marché le trnvail10ur libre, ct
li bre à un clouble; peint cle vue. PromièrL:lllent, le tro.vailluur (luit ~trc
une personne libre, dispos~t à son Gro de Ga force cle travail conW18
1/ Balibar, liro le C:lpit.11 1. 119.
~/ K. l'larx, le Capital, t 4 1 1). 172.

R/2795
Page 41
de sa marchandise à lui; s(~conè..\\jwont, il dGi t n'avoir pas d 'lUtre
marchandise à v,,;ndrQ i Gtre, )ûllrains~. dire, libre du tout, e'Jmiilèto-
ment dépcurvu d,cs choses nécc3s,J,irus à la r6alisatitm tL; ;,,1, l!uiss",nce
de trav:ü 1".
Il faut r(;marquor que :·tout au 10f1(:;' de.: C,_, chc'l)i.trû le
ré1l)port juridique est toujGurs placé en prGlùi8r lieu. La conc:iticn de
l'égalité juridique du capitcü et du travail, condition essentielle des
rapports march.~ds durables entre les deux parties, viunt av~t le
rr"PI'ortd'inégalité. La rl6mé1rche pédago,!;ique de Harx rejutte aux livres
II et III, l'analyse de 1,::"rOIJrGduction d'ensemble. Got ordre dG pré-
sentati on ne rGflèto évic1cnuaent ~;as le mouvement hi st ori que rUGI. EtE.
effet, l'accumu1:"tion .primitivo du .C1.1Jital,c'est-à-clire l'exprnl)ri'a-
tion des trc::lé1illeurs fut lé1 condition nécùssaire (le l'égalité juridique.
Li-législation a suivi les rapports d 'oxploi tation. Tant que les' paysans
ét.iont par eX8mple petits prvpridaires ou serfs, l ' égalité juridique
n'existait pas.
Gapendant, IGrsque l'exprcpriatioL a déjà prcdui t sos
effets, c'est-à-dire a mis de 1:1 forc(; dG travail à 1 ..... 'disposition du
cé1piti1l, et que l'.ig,alité juridique est proclamée, l'orè.re d'exposition
est indiff8ront a l ' ordre hi stcriquG. l!ilarx lui-m€me
l'a dit plusieurs
fois.
Pour notre propos, 10 point essontiol réside dans ceci que
d;'1.ns le mod8 de production car·i 1:':1liste industriel spécifique dont !i~U'X
se préoccupe da.,ns œtte section du IGapitCl.l", l'égalité juridique n'est
pas SGulement une egCl.lité entre pers0nnes quelconquos, mais entre CCl.pit~
liste.;ét lJrolét~,ire, entre achGt,mr et v3'ndaur de la fvrco de t réwoil,
qui S8 re:ncontrGnt sur un lTI::œchê spécial, le marche de tréwcil".
Le contrat qui lie les deux parties est un contrat de
travo,il. Pour qu'il en scit 'linsi, le c:,pitaliste doit être seul pre-
priétaire des moyens de producticn oid()p moyens de subsistance. En
effet,
si cotte sGparaticn n'Gst p~s CCQplètG, la fo~me, m,~'ché de
trv;vail -
contrat de travGil n' ,cst pas adéquate. Bn particulier,
si,

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42
cli que change.
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~~,'\\r ,jxdllJ;'Jlc h) FrcdL1ct-.; ur Il l ". p'lS ]'urJu 1:l. 12.!,Dpr0t é
.jurid.i~ dos fJcyc.;nD cL.: rreJucticn c;,lcrs qu'il on ;é, Icrck 'le c(;ntrê18
éccIlcmiquG,
le ric'-',rcl1G c~c Li fe,rc,. cL tr.:l\\C ül 80 } r.,suntu il'--G:,,:ss",iroment
SO'l1S
ferme dG !l1C\\,rchê des ma,l'chOJ1cj.ises crclin,:üres.
li plusieurs r'-.:irisosy ct en i''.'èrticuli ...,r d1,tls lus G'run-
drisse, Yhrx évcque l,-,rgümcnt une,tGllc.; ~:Jitu;:èCiLn, ou un H Il', '"r chCè.."ld Il ,
roussit à f ....iro d~:i:j(;ndre un ccrtcun nccbr2 dt:: tr,i.v,üll(;Lll's
\\u:':'J'~w,:1.J1t
ind0penc1'.'.Ilts d8S r:O.l-icr-t,:; marcho.nds 3.V,;C lui, c10 serte qlie "10ur
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e.- '.<':'"c"
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~ .. 1;,._1/
_
11
arrive un mür.18nt,
où, malgré l 'cccbsoncG ù'un cüntr,,,t cl.", tr,l.vclil le 1'ru-
ductour vend sn. fGrc·v cL:.' trétv.:1.il m(tlgre l'a:i,'l'U'cncc.
"Tout d' c.,bcrcl,
10 marchnnc~ n' 2, Lü t
cru 1,:J,chetcr leur
trélv::ü1 en ach0tClJlt l..::;ur l'reLuit, mi:ùs :ütêt qu'ils limit,~l:t kur
l.rcrlucti on à une 8c;uL~ v ..L.,ur (1' êchü.nge ""t ~lLivGnt dune :rcC.uiro diroc-
tement des v,~h)urs l'(cl'lélJl2'O ct lché1.Il3",r tcut h'Ur tr,'.';,\\rail centre
l'argont pour ~Luv(;ir SllbsistGr , ils t umbcnt SlUS w; 1'6rulo - ,~t e 'on
ost fi.r:i dG l ' app "'œen e,; m8m.:; cL la"vent8 du prc,c1.ui t. 10 nJ,u'c}E,nd. achèto
colle de l'instrument,
Cll
'JÜ;n il leur 1",i8s8 la :œ:...pridê é':,.FP2rcnte
::l.fÜl de Clirainuer se s eeût s de
"
~T(;dllction.
chose que 1,:'" ~:.r0pridé juridique. L'autour indique très elùroITlont que
le fait que le produetour est prcpri6t:üre juridic!"uG d",s LlC;yrons de pro-
,luetion opacifie un L'.it écon0mique fcml.'.lllontul : Il. vent,:;; dO'-la forcé
de tr'1v:ül à l J. pb,ce de la vonte cla f'r(;c~ui t.
11 Fiondement s t .1 , po 475.

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Certes Marx appelle le capital en question, CE-'q)i tal
marchand, mais si on y regarde de plus près, on s' aperçoi t que la forme
a changé. Au cours de la. première étape, le "marchand fait travailler
pour lui", sans que le producteur tombe sous sa férule. A co stade,
le capital est marchand. }~s lorsque ce capital s'est subordonnG le
producteur au point qu'on peut dire quo celui-ci vend non son prcclui t,
mais sa. force de travail, cn ne peut plus dire qu'il s'agit du cnpital
marchand. C'est un capital "industriel" lIdans la mesure où c'est lui
qui désormais tend effectivement à affecter les mcyens de producti0n et
le produit.
Il appar~t donc que dans ce cas, le capitaliste a 111,
propriété économique, tandis que le travailleur a la propriété juridiquo.
C'est évidemment une situation instable, quoiqu'il en soit, nous sommes
a.;rrivé à:une -oonclusion importante, la forcodl3 travail peut devGnir une
marchandise SallS marché apparent.-
En conclusion, si l'affectation des moyens de production
ot du prod,.utest faite de telle manière que le producteur en e st exclu,
alors cfItI1' nous sOIl!Tles amenés à dire qu'il vend sa. force de travc:d.l.
Ainsi, ce n'est pas l'absonce de la propriété juridique sur les moyens
de production et des produits qui le fonde comme prolétaire et comme
vendeur de la force de travail. Si l'exclusion de la propriété éconc!miCi'UE'
se double d'une exclusion au sens juridique (user et abuser), alors,
la vente de la force de travail prend la forme d'une vente de travail
et le salaire apparaft comme le prix du travail.'
j) "Il ne reste plus qu'un pas à franchir pour atteindre la forme su-
pr~me du capital, commercial, celle où le marchand distribue directem;nt
aux "koustaris" la matière première qu'ils
ont à transformer pour un
sa.laire déterminé. A co sta.de, l'artisan devient de fo..i t un ouvrior
salarié travaillant à domicile pour uncapitalistej le capital commer-
cial se transforme en capital industriel".
Lenine, le Capitalisme en Rusm, ~uvres" tome 3, p. 387-388.

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On ne peut donc pas faire entrer la forme du marché de
la furce de travail dans la définition du mode de production capitéùisto
en général. Il suffit que la force de travail s'achète et se venda. PéU'
contre, on doit se référer à la forme que prend le surtravail. Ainsi
nous pouvons dire qu'il y a rapport de propriété capitaliste au sons
économique dès lors que l'affectation des moyens de. production
est f~te
en vue de la. production des valeurs ct que l'affectation de cos valcmrs
est faite de telle sorte que de periode en période les vn.leurs augmen-
tent en passant à trn.vers le procès de production, La propriété
au sens
juridique intervient pour préci ser la forme que prend le marché de la
force de travail.
b) Rapport technigues comme déterminant du marché de la forcQ de tré~ail
Au niveau théorique, la question à résoudre est ln. sui4-
vante : peut-on, en analysant ln. manière dent se combinent les forces
productives, déduire que la force de travail qui y opère est un vendour
de sa force de travail ? Nous supposons évidemment que le marché do la
force de t~avail n'est pas toujours visible, mais que la productiGn est
production do valeurs.
On sGit que les forces productives constituent avec les
·rapl'orts sociaux de production les deux composantes d'un mode de l're-
duction. fohis contrairement à l'apparence leur nature n'est pas si
évidente qu'on a tendance à le croire. Toutes les écolos des Sciencos
Sociales reconnaissent que la propriété est un rapport social, m~me si
certaines n'en retiennent que l'aspeot juridique institutionnel. Il
n'en est pas de m€me
des forcGs productives. Une certaine interprétatiun
consiste à les présenter comme des choses qui peuvent se développer de
manière autonome et qu'on peut appréhender hors des rapports de produc-
tion. Les forces productives rr~ttraient en rapport les hommes entre eux,
à l' occasi on de l' appropri 2.t i on de la nnture. Cet aspe ct a fait l' cb j et

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de critiques nombreuses qui montrent que le:;t.ohai~, a 'est pas neutre.
~Jais i l yeu a un d8uxième : da.ns la tradition m&le marxiste, l'aliéna-
tion da.n.s le travail est analysée essentiellement dans le cadre de la
grande production, où. ~ la machine domine la. ferce de travail •. l'T0US dlJvens
aussi faire la cri tique de cette vue partielle pour arriver au C0nC,jl)t
du mode de prcduction ca~italiste en général, c'est-à-dire à la force
de travail marchandise en général. Commençons par le problème de r'-->'Pl'crt
entre l'échelle do la coopération et l'aliénation.
b1) Foroo productive ct échelle dl::: la. coopération
La théorie tra.di tionnelle dGS forces productives d.u capi-
tal repose sur une hypothèse fondamentale, ~ savoir que le prl.Jductuur
n'a ~me pas la propriété juridique des moyens de production dt élu
produit. Or ncus i1.V0nS vu que cette hypothèse n'est pas nécessaire, Gn
dernière instance ~ la vente et à l'achat de la force de travail. ~lle
n'est pas nécessaire non plus à la soumission du travailleur au capital,
dans le procès de production.
Considérer la coopération à ~lnde échel~ CC~Tne néces-
saire pvur fonder la production capitaliste, Hmi te en fait le chNllp
d'applic:1tion des forces productives du capitn.l au cas où le producteur
est dôpGurvu de tout droit sur la moyen de production. ~bis c'est laisser
en dcihors du champ, un phénomène contemporn.in, à savoir la dominati on
du mede dt~ prGductiun ëapitaliste sur les autres, et la soumission de
ceux-ci à sa. propre l agi que. Certes, CElci è' observe surt out dons l ' ag'ri-
culture. ~mcis avens-nouslè droit, plus d'un siècle après la pùblica-
tion de D1iSKAPITAL, de produire un concept de capital, qui tionne ce
phénomène horf;> de son champ? Dans la mesure où toute product"icn SUP:i:lOse
coopération, la coopération est nécessaire à la production capitaliste,
mais doi t-el1e: se dérouler nécessairement sur une grande échelle ? Co CJ."'Ui
est important, c'est que le capital, squs sa forme abstraite doit être
grand et permettre l'accumulation.
La coopération a grande échelle doit tenir compte de
deux aspects: au nivea.u économique, un m~me directeur peut, surtùut

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,.",. ,
dans l' a,;ricultùre, diriger des prudllctüurs qui, apparemment no coqJ(;-
rent pas effectivement dans la production. En fait, il faut CtrG plllS
nllancé. Pë?r exemple, en cé1pitalismû de traite, la direction de la prc,-
duction s'exerce effectivement sur le travail des producteurs, à travers
lln certain nombre de liens plus ou moins visib10s. Il s'agit par uxemple
de "l'encadrelllont tachnique" qui,
juridiquement intervient seulement sur
les exploitations individuelles, mais en réalité, opère sur des zones
cmtières.
En effet pour que 10 capital puisse effectivement diriger
le procès de prcdllction, il n!est pas nécessaire qu 'il soit pl'cpriGt-dre
juridique de tous 18s moyens de prodllction. Avec le développem~nt dû la
science et do la technique, il pOllt imposer les méthocM s de trav"i l,
imposer des moyens de production. Il a la possibilité de surveiller
("d'assister techniquemunt")des petits producteurs apparemment inJo})en-
dants. En m€me
temps il pellt s'octroyer le monopole de l'achat cles prc-
dui ta. Il en e st ainsi parce q:ue le développement de la grande j_ildustrie,
caractérisée surtvut par l'incorporaticJn dos resllltats de la scienco
dans le moyon dû travail et le capital fixe en général, a ell dos rc.;10r-
cussions dans les autres sectuurs. Lo capital, après avoir soumis
cortains sectuurs à tr~vers la dcmination marchande en est Vvnll, 2 ~0n~~
trer la pruductiun elle-IOOIOO; sans avoir pu provoquer une nClllTlulation
primitivo achevée du capital.
b2) Node de production et forces productives.
Une c8rtaine interprétation tente, à un niveall g'i..,nér'1l,
do ooneidércr le dévulcppement des forces productives comme synun;YTt18 de
l'accrGissement dll mieux~tre social. Le meilleur système sociéÙ scrüt
aussi CCllli qui pourr"ù t
développer les forces matérielles le plus ra~'i­
dement et le plus massivement.
Ainsi on présente le procès do prodllction capitaliste
comme le procès de prodllction de valeurs d'usage, des valeurs ct de 1.:1
plus-value. Il ne faut jamais oublier qu'il s'agit là d'un simple ordre

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de presE:mtation pédagogique, puisque le but ultime de la production
capitaliste, c'est le profit, c'est-à-dire en définitive la. plus-value.
L'ordro réel de la. découverte est comme ici rigoureusement inverse do
celui de l'exposé. Ce point àst très important pour comprendre le rêlo
du capita.l dans 10 contrCle du procès de prcducti on en général.
On sait que Marx eX1'(;se Itl. pruiucti cn ca.pi taliste c'L~s
l'ordre suivant:
1. Effet de la va.lour d'usage sur 10 procès de producti vn
2. Brfot de la. va18ur d'échange sur le procès de
production ;
3. Unité de procès de travAil et du procès de valori-
sation. 11
Malgré les avertissements nombreux de Narx, mnlgré
les critiques approfondies faites aux économistes qui s'arrêtent au
premier niveau de l'analyse, bien dos auteurs continuent il. considêrer
queu1es forces productives peuvent atre définies en dehors des modes de
production. Cortes K. J;j,,;i.I'X lui-m~rne insiste sur l'utilisntion de concopts
généraux, tol que .trc:vcl.l, :;>roè.uction etc •••• Mais il s ':empresse dG
ra.ppeler qu'on la matière, les dûterminations spécifiques aux modes àe
production sont sGules,à prendre en considération dans toute émalyse
historiquement si tuée. Or, le mode de production est le moule g(~néra.l
de l ' hi st aire.
Eng~néral, l'économie politique vonvontionnelle contem-
poraine s'arrê'te à l' ü&1yae do la production capitaliste, cemme pruduc-
tion de Vél.leurs d'usage, d'où des grands discours sur la nécossi té de
l'organisation et de la hiérarchie en général. Un des grands théoriciens
de l ' "Organisationll écrit à cet effet :
il K. ~~, un chap. inédit du Capital, p. 117-151.

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"Dupuint de vue de l'économiste, la direction est un Lecteur do
l'!'0duciiion a tneme titrG quo lé.', terro, 10 tr,:wuil ct 10 CL'.pito..l • .i~U
fur et à mesure que le degré d'industrialisation d'une natiGl1 S i,::.ccrort,
le besoin de direction se fait de plus en plus sentir, du f::ù t qu'olle
prend le pas surlIe capital et le travail".
Et l'autour d'ajouter: "il est de fait que toute crga.nisaticn
possède une hiérarchie et que beaucoup d'entre elles utilisent dos
"descriptions do tlichc" qui définissent la responsabilité de chacwl" •.1.1
E. Balioar rappelle, utilisant le concept d'appropriation rUGl~ü
comment Marx a montré que los rapports '1!t s'installèrent entre l:Js
éléments du système des forcos productives aux différents stades du
dévololJpomont du capital industriel spécifique. Larx a montré un uffi:]t
que jusqu'à la révolution industriolle, c'ost-à-dire jusqu'à L'1 '~~~;min'1­
tian du machinisme (grande industrie), c'est la force de trL~J[ùl 4Ui
étai t l'élém<;nt dderminant du système dos fcrcQs productives Gn CG qui
ccnc8rne la prcducticn des valeurs d'usage. Le rythme de trav:ùl 6t,.::i t
determiné en fonctiGn de l'organisme hwnain ; c'est la force de tr:1ViUl
.
.
~
qui donnait forme aux produits.
Avec l'avènement du machinisme et encore plus de l'autcl~Jiltic,n, 10
travai110ur deviont un simple rouage d'un système qui l ' écraso. Sc!' IÜC1CG
est préd8terminf~ par les constructions de machines qui applic~ont les
résultats dos ccnna.ï.BBar10eS scientifiques ~)our accrottre la puissance
du trav:d.l.
On nü sél.urai t dune suutenir que ·les forces pruductives no sent -,,18
une déterminante du modo de production au m~me titre que les r::~I)GrtG
de production. l'üeux, il y a une hiérarchie nu contre des deux d0tdrmin~nts
des forces productives. L'expérience prouve et la théorie confirme quo l'1
direction du procès de travail agit de manière dirocte sur la fc,rme de la
cocpération elle-~me. Au niveau du capitalisme par exemple, 1:1 L~ir~,c-
tian ne saurait &treplaCée sur le m€me
plan que ,l~ cGopératicn. Si cbns
il J.L. ~t.ssie : M6thodes actuelles de la Direction des Entrupris~Le~
Ed. de l'Organisation, 1967, p. 19.

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certù.i.ns modes de production, la Direction pout ~tre plus ou moins
spontanée, dans le mode de production capitaliste, il n'y a pas de
véritable cocpératicn. hors des directives du capital qui introduit la.
science comme forces productives. en lui imposant ce qu'olle doit f:cire.
Marx insiste QUr l'aspect nécessairement despotique de ln direc-
tion capitaliste. P(;ur la raison simple que la production dtJs valeurs
d'usage e st complètement subordonnée à colle de la. plus-véùue. ,Autro-
ment dit, l~ordre réel des détermina.tions, des forces productives est
rigoureuserr~nt inverse ici à l'ordre de l'exposé théorique. ïfuxx l'a
dit, mais souvant on ltoublie. Il montre que le contenu - la Direction
pour la production des vt:lleurs d 'US~ ~ Gst subordonné. dans"la. r62,li-
té. à la forme qui est Direction du procès de valorisa.tion.
"Si donc, écrit-il. la. direction capi talisto, quant à son CGntonu
a une double fa.ce. parce que l ' objot mflie qu'il st élf:;i t de dirigor est
d'un ceté procès de production coopératif. et. dtun~utre ceté. procès
d'extraction do la plus-value - la forme de cette direction devient
nécessairement despotique - les formes particulières de ce despotisme
'sê développent à ihesure que sc développe la coopération" •.11
En fait. le despotisme en question est un concept général. Il ne
se rapporte pas à une modalité particulière de technique d 'extorsi on
de la plus-value. Une direction "douce", c'est-à-dire oxplc-i tant teutes
les ressources fournies par les sciences humaines est tout aussi d()spc-
tique qu'une direction non éclairée. Le despotisme est ccntenu d~ns l~
production capitaliste de la plus-value. Les idéolog1i.es dus rolaticns
hwùaines. de la particip~tion des pr~ductGurs à la direction des entre-
prises etc. savent parfaitement. que les sciencos dites hWllaines s(,nt
tout à fait au service du capital.
D'ailleurs, il ne faut pas vublier que c'est pour résoudre des
problèmes liés à cette baisse de productivité CI)le les "scienoes de
comportement ont ccmmencé v6ri tablement à se développer". Elles sont
venues dt ailleurs compléter le taylorisme et non 10 remplacer. ninsi
-j)"-l'P"'"!!"K...........
Ma-.rx-.~Le~-C~a-p~i--t-al..,.....--~L-.-1-.~T-.~2-.-p-. ~24~.-----------'-----

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que le ruccnnai t
l'un des thécriciens des bionfai ts de la maniplllati on
sociu-psyéhologique dos producteurs
"La qualité düs rëla1;ions qlli existent entre los membres d'lUle
entroprise peut avoir une incidence très sensible sur la prodllctivit6
dll travcül et l'esprit d'inncvaticn et p':U' conséquünt Sllr 13. rontctbilitô
et l'efficacité". 11
Ces techniques de lllL1Jlipulation, érig€-.es
en "sciences", so cGuvr:'nt
SOllS le filL1Jltoau hypocrite de l'hllméll'lisation des techniques. J. Elllll les
dénonoe comme simples idéolcg~es, qui prétendent parler de l'hcn~ü, tCllt
i
en traitant autre chose :
"On s'est aperçu depuis quelqlles ù.nnêes qlle la 'technique ne v:1.tlt
rien si elle n'est pas assollplie par l 'homme".Y
lISelllement il:! a un malentendu à éviter. L'on parle be~tllc;)Up
d 'hllmani sme à cette occasion. Or l 'humamisme ost all promier chef
l'action peur l'homme, mnis (lcti on commandGe péU' llno ccrt'J.Ïne CCnC81)ti on
de l'homme. On est bien obligé de constater alcrs qu'une étonnante
cc~ception do l'homme nOllS est r~velée ici: mépris de sa vie intCriollre
au profit de sa vie sociologique •••• " Ji
Cc qlli Gst important pGur
mtre propos, c'est qlle la gestion lltili-
se non sOlllement les résllltats des sciences naturelles pour accrottre
la productivité, mais aussi ceux des rocherches en sciences sociales.
Mais Sllpposons qlle l'incorpor3.tiun des sciences natllrollcs, on particu-
lier sous forme do capital foxe n'est pas un élément détürmin3l1t, 10
prodllcteur des valours pellt-il nén.n.rnoins fonctionner comme vûndc,ur de
la force de travail? Oui, car pOUl' qu'il fonctionne comme simple l'ullage
d'un système strllcturé, il peut suffire qu'il soit soumis
aux techniquof
de maniplllation. Dans ce C3,S, l'aCCUInlllation dll capital et part:mt la
il S.W. Gellerman : Les relations humaineS=dans la vie de l'entreprise
les éd. de l'organisaticjn - Paris 1967 - p.13.
Y J. EIJLUL. La Technique:,'11 l'Enjeu du siècle p. 304
n
n
n
p. 306
li
"

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productivité du travail peuvent ~tre médiocres, mais cela n'omp~chordt
pas que ncus soyons en présence d'un procès do travail dont 10 proclucteur
vend sa. forcQ de tra.vail, ~me si apparemment il vend des murchrw.'1l~ises
simples.
b'videnunont cette si tua.tion e at nouvelle. Elle n ' était pas c,nc~v2,­
b1e, m&1e avant la deuxième guerre mondiale. Jusque là, c' étai t surtz.·ut
l'accwllu1ation du capital représenté réollement par les machines et
les automates, qui transformait la force de travail salarié eh simple
rouage. Autrement di t, l '-aliéna.tion touchait surtout les prcductc:urs
des usines. Le producteur de valeurs ne tombait réellement scus la
direction d'un capitD.liste, qu'en vondant sa force de travail sur un
marché de travéÙ1. Autrement, les rapports devaient rester "externes"
le producteur organisant lui-mtie son trav::.il. "Dans le cas par eX'.Jmp1e
de tisserands dispersés, mais qui vendent tout leuiP produit àun sell!
ca.pi b.liste, il y a seulement association de travail on soi, d:1l1S la
mesure où ils travaillent pour le n~me capital ... Leur associ:::l.tion puur
le capita.1 est donc formelle et n'rofecte que le produit du tro.w'.i1, nun
le travai 1 lui-~me". j}
En Afrique, des exemples abondent da.nsce qu'en appo1lo"1'6ccncmie"
de traite. w producteur organise lui-m~me le procès de producti un, le
cas échéant à l'échelle d'une famille et ensui te le vend à un Ulonopclo
capi taliste
maison de traite ou offic8 de commercialisati on.
Mais si ces situations d'une "association pour le m~me cé:1.pit:-J."
persiste, l'encadrement des producteurs est de plus en plus systématique.
Ainsi, un productellr du coton du projc1; de Ghésira, au Soudan, p:::.r
exemple, est manipulé dans la production d'après les techniques qui
relèvent de l'industrie. De ~me, un producteur d'arachide au Sénégal
par exemple, se voit plus OU moins imposé la culture att oléo. Durant
Bon travail, il est "encadré" par des agents du gouvernement cu des
sociêtéa d'intervention etc •• L'animation rurale ost là pour l'inciter
Jj K. fi"Jarx, Les Fondementa, t2 P. 85

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~ la cons0lTlmati on marchande. Foncti onnMt comme un rouClge dn.ns un s,ystèl-
me mis sur pied par lu capitaliste, CG producteur des valeurs est en
fai t un v,;ndGur de sa force de trav,ül.
Résumé ct conclusion ; Salariat dG fait et secteur informel.
.
.
..
..
L'anâ~'Be des fGrbcs prpductives, c'ost-à-dire èn d6finitive
du procès de prl.,ducticn peut permetijre da inottre à jour dGS rapports
de pruduction de plus-v:üue là où l'on ne considérait qu'un "surplus"
non si tué dans le mGde de producti on : ce surplus qui prend la forme
de la plus-value du fait de la soumissi on du travailleur au capi tll,
soi t à trn.vers les rapI~Grts de production, soit' à travers les fC're,:;;s
prcductives fende le travailleur corrunevGndeur de' la forcu do tl~:wé1,ilo
Notre précccupation dl étendre le chainp d'application du ccnc(;jJt du
marché de b. force dG travail était déjà celle de I::nxx qui di stingu'f)' t~
à l'int6t'ieur d'une production capit-~liste en général, consistant on la
contrainte à la production du surtravail, un mGde "dévolvpp6" et un
mvde "moins d6v(:lloppé". 1IPolir faire la distinction entre cos doux InLdcs,
,Iv
i l s' appu~""'ess~nticllement sur le degré de dé'v01oppëment des fcreos
productives. Or s'il est vrai que lorsque le marché ~e la furee de
trav:ül est caché par 1Rn marché de produits, c'ost que les forces TJr';....
ductives sont peu développ€-es,
les deux notions ne se recoupant j)aso
Plus precisément, il faut considérer que le mode moins d6vul0ppé clai t
"
contenir les cas où le prûductcur peut n'€tre
pas juridiquement sGp~ré
des moyens do producti on.
La nvticn do s,üariat infvrmel ne doit pns être confondue i'l.vec
celle do I·suctour' infvrmel" GU "nvn structuré". Pour nous, le s J.::.rirl.t
informel est defini par les critères suive..n.ts ; 1° le productc.:ur l'rochüt
de la plus-value clans un c.ldre où il n'ost pas considéré juricliq1l8tn;,mt
cOlTIne ;lvoncbnt sn force de·'.travail au gr;.êJlcl capital. Tcute ln fcrco de
travail 0 st familiale -
2° ce producteur ùo plus-value peut lui-ll10'me
il K. ~lrx : théories de la plus-value, T.1. - Ed. Sociales, p. 456
-"la productivité do cnpital consiste d'abord, m~e sil'(..?n noccnoiclère
que la subsomption formelle du travail sous le capital, en la ccntrainte
au trav dl, au travail qui ùépasse la nécessité immédiate •• mCme on no
censidérant que co rappvrt formel - la fGrme générn.le de la l)rcclucti en
capi t.:l1iste, COImlUne à son mode le plus düvoloppé et à son mode 18
moins dcvclcppé" ••••

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~tre un "patron" du l'vint de vue juridique. alors que "ses" s,.t1ariés
produisen-t de la plus-value essentiellement pour le grand capi ta.! ct
l'Etat.
C'est une forme d' eJCist0nce du ca.pi talisme et non un "scctour" à
ceté du capitalisme lui-marne. En dynamique. une minorité de oes "patroç.s"
deviennent des capitalistes si leurs relations avec le pouvoir le leur
permettent ~ Aussi lorsque nous employons l'expression Ilsecteur informal"
c'est par référence au type de rapports de production immédiats et nlon
pas à une partie autonome qui aurait sa propre cohérence. Le sectour
informel est d' Cl.bord cului des bas salaires et de l 'instabili té de
l'emploi.
,
~
~
Lorsque nous parlons du sa.l~ de fait. en général nous n'y
comprenons pas le petit "capitaliste", rlk"'lis "ses" salariés immédiCl.ts,
quo nous considérons en prumier lieu comme salariés de fait du grand
capital et éventuellement de l'Etat.
On peut admettre qu'au sein du capitalisme contümporain la })rocluc-
tien marchande s'cpèreau niveau r.d.cro-éoonomiquo, dans trois types
d'unités de producti on : la grande producti on - la moyenne prüducti on et
enfin
la production dans le cadre de la soumission informelle. Lü Lut
est dominé par le grand capital monopoliste ot l'Etat. les autres llQI'col-
les de capital sont subordonnées. F-ùllte d'avoir compris cotte logique
profonde, les auteurs de la pluspart des études et des onqu~tes faites
danslle oadre du programme m0nèial de l'emplei lancé par le B.I.T.
accwnulent des faits. mais passent souvont à c8té dû l'essentiel.
Pour éviter toute ambiguité, il faut sc garder de considérer qu'au
sein de la soumission informelle les rapports de dépendance et do Llcmina-
tion sont absents. Dans une exploitation agricole OÙ le chef est ccnsi-
déré comme "sUarié" de fait, dans un <'.tolier d'ortisans où le c.lpi tal
scwnet l'ensemble du travail à la lo[,-"ique de la plus-vülue, suivéUlt la
loi do la minimisation du c:l.pi ta! variable ùngagé, le. réparti tian du
revenu est in6gale. Plusieurs considér~ti0ns pcuv~nt accentuer cette
inégalité: les ra.pports de parenté. l'âgo. les a!'nés, et c:1dets etc ••
en général les étra.ngors tl par rappcrt à la famille proche sent dos
avantagès.

R/2795
Pe.ge 54
Le point do vue que nous soutenons ost quo cos r<'\\liPorts inGt}'1ux
sent déterminés IIde l'extérieur" par les lois do la production c,"pi t,'..-
liste. D'après ce point dû vue, le principcù exploi tour de, la fercGt,
do tri1.vail n'est pas le patron immédiat. Les ccntri:1.dictions à cc:; nivc;;.u
doivont âtre hiér"lXchiséos soigncusoment pour no pas rotomber di\\ns la
problémn.tique do la vieille anthropG1ügie ccloniale et dG la sociclo{;ie
superficielle. C'est en géneral le capital et l'Etat, plus que 1I1'ex_
ploi tour" immédiat, crganisatour de la prcùuction, qui sent les princi-
paux bénéficiaires de la misère des producteurs pauvres.
2) Surexplcitat~_on du sal.).riat de féÙ t par l'allongement du torrrus
de trav;1il marchandise.
D8,ns ce qui prùcèdo, nous avens mentré comment la suroxplui t:~ti"m
pout s' opéror par dos l:Jc:difico..tions intervenant dans la partie du tra,....
vail acc(Jmpli hcrs marché, scit dans le c;'..clro du travail domestique,
soit dans celui de la prcduction non miU'chande. Maintenant i l s '2.gi t cie
montrer COIlUIlont à travers le salariat dû L;i t, 10 cari tal peut aussi '-l€ir
directement sur le temps do travail dd la production des valeurs. On
sait que peur augmonter 10 taux d'exploitaticm, trois solutions sent
possibles:
1. accroître la prcductivité
sociale du 'travail et acc'1p.'1rer l'OGs\\l1tiol
des gains de prcductivi t~ par prc;ductivité socialo on entGnd prcduc-
'tivité dans tcus les sect0urs et notrunmont cL:.ns celui prucluisilJ1t des
biens salaires, c'est l ' accroi ssornent de ln plus-value relative. ]~
général il s'accompagne d'une int,.:::nsificatiun du rythme do travail.
2. Allcnger le temps du surtra.vail SéUlS ['.Ugmenter d'autant cl,lui do
tra.vail néc~ssaire. C 'Qst l'accroissement do la plus-valu.e absclue.
3. Importer à bon marché, soit dos matières prordières, seit dos biens
so..lariauxce qui agit sur la prpduction comine un accrGiSSemBnt dG la
productivité.

R/2795
Page 55
On peut analyser l'effet de chacune de ces modalités sur le
ni veau de la reproducti on de la force de travail. Dans le ca.d.il'e de la
soumission informelle en général, c'est la deuxième modalité qui est
pratiquée, notamnent à travers ce qu'on appelle souvent la "déteriora.-
tion des termes de l'échange au producteur". C'est ce phénomène que nous
allons tenter d'analyser non sans avoir élucider certains aspects theori-
ques.
Le salariat d.e fait est caractérisé par le fait qu'il vend dirGc-
tement non sa force de travail, mais une marchandise. Dès lors la CiUe'3-l;ion
se pose de savoir comment s'opère le processus de transfert du surtravail
de la plus value vers le capital et comment on peut le mesurer. cl notre
.
1
connaissance, il n'existe pas une étude globale sur cette question, si
on excepte la formulation de S. Arnin de l'üchange inégal qui prend en
considération l'existence d'un salariat de fait.lI'La plup~t des études
onttété faites dans le cadre du rapport entre la petite exploitation
agricoleet1 1 industrie. Cependant,certc:dnes de ces formulations peuvent
avoir un caractère général. Nous tenterons de discuter la question dans
le cadre général du marché infOrmel de la force de travail, sans di s-
tinction entre "paysans parcellaires"et'~'.artisans", sownis. au capita,l.
Quatre points serQtit abordés : a) mesure du transfert de la plus-value;
b) proce ssus du transfert ; c) la noti on de double marché des biens-
salaires; d) surexploitation globale et hiérarchie des revenus d~lS le
cadre de la sounnssion informelle.
a) Pour mesurer conceptuellement le volume de surtravail genéré par le
producteur dans le cadre de la soumission informelle, il faut résoudre
l~ problème du ''vrai prix de production" des marchandises. Deux cas se
présentent; la marchandise est revendue en l'état. A la manipulation
politique près, un prix reflétant les conditions de la productivite du
travail peut se former. nais qu' advient-il lorsque, pour des raisons d.u
développement du capital t l'Etat intervient de manière systématique pour
il S. Amin: "L'échange inégal" n'implique pas nécessairement que les
deux modes de production intégrés par l'échange dans le système capita-
liste mondial soient eux~mes capi talistes" - in La fin d'un debat.

R/2195'
Page 56
_qu' i l se produi se une di st orsi on prix-valeur ? G' e st le cas pour deux
catégories essentielles de mar.chandises : les biens de conso1l1llation de
masse, ou bien-salaires et les matières premières minérales ou agricoles.
La di l?t orsi on Prix de producti on-valeur n'a pas alors un caract ère tomp()ooo
raire, mais permanent. Force est donc de tenter de saisir, non la plus-
value générée dans la production des matières premières pu d'~s celles
des biens-salaires, mais la plus-value globale.
Si nous considérons le domaine agricole et le domaine industriel
ensemble, la difficulté théorique majeure de la mesure réside dans le
caractère relativement hétérogène du travail agricole et du travail
industriel. Pour surmonter cette difficulté, il faut s~pporter une in-
tégration verticale entre l'industrie et l'agriculture.
On doit rœoncor à chorcher los productivités individu.elles,
du moins au niveau de la théorie. La raison essentielle est que les force}
productives constituent un véritable sysième. Le recours à la notion de
plus-value collective devient nécessaire." Gd le-oi e st la plus-value
globale dégagée conj ointemerrt par le salari é de fait et le salari 6 de
juré CJli transforme le produit acheté par le capitaliste. Autrement dit,
il faut considérer salarié de fait et salarié classique, comme des
partie s d 'un ~me travailleur collectif.
L'hypothèse de l'intégration verticale de la matière première au
produit fini permet de surmonter l'obstacle de l'hétérogénéfté des qua-
l ités de travai 1. Nous supposons qu atm .grand monopole capitaliste orga-
nise la production de la paysannerie, ainsi que son conditionnement et
,kl
les transformations'W't c'est nécessaire. Ainsi, nous mettrons l'accent
sur la valeur a~outée par l'ensemble du processus et non èur les valeurs
aj outées partielles impossibles à conna!tre •.1/
b) I.€
deuxième problème à résoudre est celui du processus du transfert
.
.
'
.
. .
de surplus du salarié de fait vers le capital.' Deux approches sont cn
présence: l'une s'appuie sur les ter~s de l'échange et l'autre sur la
théorie de la distribution de l'ensemble des valeurs nouvellement créées.
Ji Las développomants récents sur 1'absorption de l t agriculture pm' l'in
dustrie vont dons ce sena.

R/2795
Page 57
• L'approche par les termes de ~'échange considère que des "prix do
production" se forment au se~n des branches et que les transferts de
surplus ou de plus-value qui en découlent proviennent des écarts do
productivité représontés par des écarts do coltlposi tion organique du
capital. Ainsi, pour les produits cotonniers par exemple, il y aura.i t
un prix de production de coton et un prix de production des fils dQ coton.
Pour les oléagineux, il y aurait lm prix de production pour les matières
premières (graines d'arachides par exemple) et un prix de production dos
huiles. En somme, un système prix de production'~xisterait pour les
matières premières, indépendant de celui des produits finis qui on
découlent. C'est là une vue extr~mement tronquée de la réalité.
lu réalité économique exige que les prix, des matières premières
et de l t énergie, d'origine agricole et végétale soient bon marché, c.fin
de permettre des taux de croissance élev~!. Il n 'y a pas de place pOUT
une forrr;ation des prix "spontanés" des matières premières. Les Etl.ts
Capi talistes contaux interviennent toujours pour obtenir que les prix
des matières premières soient très au-dessous des prix de production
effectifs.
Il en est de ~rna des biens dG consommution de masse et surtout
des produits alimentaires. Le pouvoir politique doit intorvenir pour
évi ter que les prix des produits alimentaiires s' élevent au point de
gréver les coats des entreprises. Certes, il y a là une contradiction
avec la loi de la nécessaire réalisation des marchandises, en offet les
bas salaires rétrécissent le marché. rIais il faut raisonner à l'échelle
du système capitaliste ét non d'un seul pays.
Dans ces conditions, une approche par los termes de l'éch.:mg8
ne peut pas nous éclairer correctement sur l'extraction de la plus-value
et son transfert. Elle repose sur l!idée que dans le mode de production
.
.
capitaliste, les prix des marchandises tendent effectivement à s'aligner
sur leur valeur. C'est pourquoi P;réobrajenski, qui peut~tre considéré
comme l'un des plus grands représentants de cette tendance, a commence
son exposé sur la théorie de l'accumulation socialiste, en déclarant quo
il Les développëffients récents sur l'absoprtion de l'agriculturè par
l'industrie vont dans ce sens.

R/2795
Page 58
dans le mode de production capitaliste, les prix tendent à s'aligner
sur les valeurs.lI De ce fait, si les capitalistes agraires réalisènt
de s surplus] i l devrait on ~trede m€ine
dos petit s p~sa.cœ. La seule
manière de drainer ce surplus vers l'Etat est de fixer les prix de
marché des· denrées agricoles au-dessous du prix de production.
Cette affirmation de Préobrajenski selon laquelle les prix de
marché tendent à s'aligner sur le prix de production, est contraire à
l'expérience du capitalisme. Au 19ème siècle, l\\iarx avait déjà rGl~larqué
que
"Pour que le paysan parcellaire puisse cultiver sa proproterre
ou en acheter, il n'est pas nécessaire comme c'est le cas dans les con-
ditions normales de la production capitaliste, que le prix de marché
monte suffisamment pour~lui apporter le prix moyen ni, à fortiori un
excédent sous forme de rente, sur le profit moyen", et d'ajouter que
les paysans travaillant dans les oond1ttœs les plus défavorables cèdent
"gratuitüment" une partie du surtravail à la société" • .#'
C'est cette idée de l'alignement du revenu du petit producteur
sur le salaire qui est reprise par K. Vergopoulos. '1t
Ici, i l faut remarquer que " Parti san"
aussi peut €tre
con-
i
traint do vendre sa production pour n'obtenir en contre partie que l'équi-
valent du salaire.
Paradoxalement, même CL Faure, qui pourtant a été le plus loin
..
dans l'analyse de la soumission informelle de l'ag-riculturû fra.nCiüse,
semble rester prisonnier de "l'espace prix/valeur", tout en soutunCUlt
avec force que le petit paysan est contraint au surtravail. Après avoir
critiqué Kautsky, Lanine, Servolin, pour avoir considéré quo soumisGion
réelle et soumisai on informelle:~ppartiennent à deuX modes de production
qui entrent en contact par le marché, Cl Faure écrit en effet de
manière inattGndue :
il E.Préobrajenski, L'équilibre économique danslle système de l'URSS, in
"sur la loi de la valeur"
l'Jaspera, "Critiques de l'économie poli tique"
1972 p. 125.
-Y",A.~*pbêIl'à-::'}Yi'·ceT:=15·.~ •
,~ K. Vergopoulos : la question paysanne et le capitalisme p. 186-187.

R/2195
Page 58 bis
"L'espace prix est donc le lieu où--;se jouent, S'C)X,-lI'Cnnt et
se manife stcnt les conditions de la reproduction du mode do domina,ti on
spécifique du capital sur le travail dans la sphère de la production
agricole. Il y a donc toujours dans le cadrc de la soumission, une lutte
une dualité entre les deux modes d'extorsion du surtravail que connai t
le capital,. l'un fondé sur la soumission l'celle, l'autre sur la. souLission
forme,lle
1/
Il
(informelle selon notre tùrminologie).
l".n f ait, cette manière de poser le problème revient à nier
l'existence de la valeur absolue des marchandises, de la valeur aV~lt
réalisation sur le marché. En effet, cette théorie prétend que l'on no
peut prendre au productour sans lui vendre. Dès lors, la distincti on
entre temps de travail nécessaire et temps dû surtravail deviont impos-
sible. On retombe dane la problématique de Tchayanoff pour qui les
catégories économiqucB du capitalisme ne sauraient s'appliquer à l'analyse
de l'économie" familiale, paysanne et artisanale". Car, "du fait de
l'inexistance du phénomène social salairû, on ne pûut retrouver le 1'116no-
mène social profit net, ct le calcul capitaliote devient inutilisab18".-~/
le point de vue de Tchayanoff n'est défendable que si préci:::;é-
ment, la cellule productrice en question n'est pas transformûc par 10
capital en snLlriat de fait. Si on considère que la valeur produite 'Jet
partagée par le capitalisto entre lui-m€me
et le producteur, cotte repar-
ti tion peut so fairo dans une situation où la part du product(~ur n'est
autro chose qu'un salaire.
L'approche par la distribution dos valciurs par la claGs8 c::Lpita-
liste permot de résoudre deux problèmes essentiels, celui de la distinc-
tion entre travail nécessaire et surtravail et celui de la "catégorie
salaire", clef d'accès aux autres catégories do concepts de l'économie:
politique selon 'fchayanoff. Cette approche saisit la plus-valun glob<'lle
elle met l'accent sur la distribution
de l'ensemble du produit 0ntre 10
capi tal et les travailleurs d'une 'part, ct de la masso salariale :;ntre
~iJ~'=C:'"l-.~F=-a-u-r-e-,~t':'"h"::"è-se-d':""e~3~o:-c-y-c".:"'1-e·-,
-p-.~2~7~1---::2~7~2------------'---­
gj A. Tchayanoff. Pour une théorie des systèmes économiques non c~\\pita-
listes; in Analyse et prévision; Janv. 1972, N° 1, p. 24.

R/2195
Page 59
les différentes catégories d'autre part. A Itopposition ontre par (~::u)L:ple
secteur a8'ric ole et s 8cteur industriel se substitue l t opposi ti on d.o cl~~G­
ses, qui subordonne la première opposition. On prund ainsi on 'cons:i.cl~r­
tion l'hypothèse fono.amentale de l,!arx selon lû.quelle les méU'ch':I..mlisoc
s'échan.:.,'""6nt à leur valour, à condition d'ajouter qUe la vento ê~l; :.:;'01'0('
de travc.il peut se mnnifestor COlilme un lilélXché de vante de produit, c, ,u;;;
Préobroycnski n' avai t pas envisagé et encore moins Tchayu.noff.
c) Les dév010ppoments précédents supposent que pour le moins, le: l~roc.l'c­
té;ur vend sa production à un capitaliste, de manière institutionn:;U;.;:o
;:rais i l peut arriver qu'il n'en soit pas ainsi. Il se pout quo III i :~;'tL:k'...'1.!I
ou lepaystI.nd vende son produit. aux productours direct s de· la plL1.::;....'J:üuc.
Pour qll 'L1.ne tollo structure soit favorable à l'àccroissoment dll volu;·),; (:lc:
là plus.....value, il faut absolument quo les produits ct les survic88 l'.'nd.u.G
le soient te de s prix inférieurs à ceux pratiqués pür le grand c:o.,pit:ü. Il
s'instaure ainsi un double marche des biüns-sal~iros.
Si 108 saI ari és dll Brand capi tal Si él.ppr ovi si onncmt che z cc ~j
petits productours, il pourra pa.yor dos saLliros plus bas et ainsi aUG-
menter le volume do la plus-value. F..n Afrique du Sud, l'obligation fa.ite
n.ux arti sans africains (dans le b~tim(;~t) ècü ne trava.iller que pour
d'autres Africxins procède de la prise en considération de l'eîfGt dG
l'existoncG d'un double marché.
Dire qu 1 il Y a double marché, c 'e st dire que le s mêmo s bic ilS ou
services eu lours substituts servant à la consommn.tion de masu'~, sent
vendus à des prix différents
do manière non accidentelle dans un ;)'':;['1\\''
espace économique. Ainsi par exomple, la réparation d'une voiture dans un
garage Rc)nault il Dakar ccmte nettement plus cher que chez un mécanicien
"artisan".

R./2795
Page 60
L_~S DEBOlTCIE3 II; L.• P ODUCnON DU S,'CT ~UR 11E::ORJLL
il. KHiiR'I'OUIiI PAR li.C'I'IVIT.8 :~COHCrnQUE
---
Total
Préparations
Construe-
Cuirs et
Articles
Bois et
Poteries
Censtruc-
Réparation
l1écanique
alimentaires
tiens
peaux:
chaussants
meubles
tian et ré- de matériel auto
et boissons
pnratian
électrique
moto vélo

de matériel
mat alli que
Pa1'ttailliens et
4.950
500
200
?:DO
1.050
450
350
500
1.600
-
ménageê
Autres petites
entreprises
300
-
-
50
jO
-
-
-
50
',.15°
Autres grandes
entrelèrises
50
-
-
-
-
-
-
-
-
50
Ag~nccs gouverne-
1
montG,1es
-
-
-
-
-
-
-
-
-
- ,
fDivers
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
l•
(Source
ILojUNDP A comprehensive stré"~tegie) for Sudan, Vol II. tp 13 p 10
Les chiffres indiquent le nc.;mbre d "'entreprises".

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Page 61

De môroo la coupe chez un petit tnillour ost meilleur n1è".rc1113
quûchiJz un capitaliste.
La. pratique du double, mnrché 3xplique que le "secteur infur-
mel" dans les villes .:4ri~inCD o:Jt cssantiolloncnt orienté vers ln
production de biens ct s·.:rvices pour la sa.tisfé1ctiol1 des "menagos ll ,
los
rClpports directs avec 111!.'tat et avec le grand capitCll étant réduits.
L'exemple cLe Klurtüum que nous citons ci-dessous n'est pas singulior Cl
cot effet mais roprésentatif. Lü tabl·,;c1u montre on effet que ln. produ.ction
du "socteur informul" ost ycndue de méUlière essentiolle aux particuliors,
les é~chats directs des entreprises étant réduits, co qui n'empCcho P:êS
l'existence d'autres liens au niveau de l'approvisionnement par exemple.
Il ressort de ce tableau qllO le gOllvernemcnt sOlldéUlais ne pn.ssai t
pr:di-
quement pas do mo3.I'ché avec cc secteur; d'où la recomma.nda-bion do la
J.lission dll B.I.T. que l 'l~at dovrci t
lui réserver llne partie de son
marché pllblic.
L'enqll~te menée à Dakar par Ch. Gerry aboutit à la mômo conclusion:
l'essentiel de la proclllction dll secteur informel est dostiné à la con:30Ll-
mation individuelle directe. A propos des menuisiers, i l écrit : 79,5;:,
vendent leur prodllction presqlle exclusivement aux Africains, appartt~:lill1t
à lellr propre strate social, soit à la classe moyenne et d2.1ls llno moindre
ffiGSllre aux éléments de la population internationale.1/
:NIa1heureuscment cette ventilsntion (très difficile i l ost vrai) ,.:ntrc
les différentos catégories do ces achetellrs individllC1G, on fonction etc
lctœ position dans le système de la reproduction sociale n'a pas été
fcüte de InéUlière très précise. Cependant l'existence de doux marchéB
apparatt clairemont i l'un à prix élevés, l'alltro à bas prix. Sllr lc
marché â bas prix sont vondlls les produits prov8nant de l 'artisanat lücc~l,
sur le marché à prix élevé sont VendllGS les marchandises provenéwt dos
unités de production capitalistes formelles.
17 Chris Gerry. PottY produccrs and-;U:-ban economy. An studyofDaknr.--·
ID1~ et ILO Dak~ 1974, p. 48.

A propos dos meubles, Gerry écrit quo "la popul:üion intor;1a-
tion:ùe peut achot,)r d,::~ns les g:c:-illds nagasins, des meubles que ceux-ci
ont acheté aux monuisiers "indèpondr:.nts" cllo paiora à un prix intùI'-
Llédio.iro entre cc.lui fixé par le product_;ur et celui dus meubles impor-
tés. Jj
Le point 0 w;enticl 2. rcleve:r 1 peur notre propos G st que 19.5/S
des menuisiers vènd0nt leur production ·èlirûctm,]unt aux cOnS01nm2.tours
au prix inférieur à celui dos grands lfloJ.gasins. (;()tte proportion 0St
'lU
moins de 507~ pour les travnilleurs dQ cuir à Grand Dakar et de 16~~
à Pikine, etc.
it'videmment l'existonce du double r.m.rché s'explique pa.!' la très
grènd8 disparité des revc'nus. Cc;rtainülJ c::.tégorico de "nnl.::lriôs" pouvent
dchetor des produits "importés" Cll f::,briqués sur place, mais. à des prix
:1SDGZ
élevGs. Au contruro, IGS bénéficiaires do très bétS rovonus con-
tr-:-.ignent les pctit,-;s unites do production è offrir loUl's prodllits à
b'"ts pDix; ccci no va paG ELns contr;:1cliction Gt il arrivE.: que 10 créUld
c::,pi tal demand.e à l'}'1t,-1t dG mottre fin à ln "cüncurrùnce déloyale" de
la production dll sLJctcur informel. Lais cü:.ns l'unsemble, los avantagos
1.'11
sont plus importrillts .dll point de vuo de l 'extr'-j,ction ,lie la pllls-
v,.Ùlle CIlle 188 "inconvénionts". C'est en Afrique du Sud, commo dc-,ns
d'autres domaines, quo cotte lol~iqu0 dll double marohé est portée à son
comble. En effet,
on sait quù dans ln. petite pl' oduct i en, il est interdit
d,.:; t:c ..:w:liller pour los colons. D.... cette ljlûJlièrû, 1'1 concurrünco \\Jntra
Africains se développe et maintient bas les prix de produits ot 8i3rvicc s
essentiels achetés par les procluctours dirùcts d0 la pllls-v.:.luo.
d) Gomment 113 grand capi t3.1 et l'Et.1.t utili sent-ils CG système complexe
pOllr divisar les productours de la pllls-valuo ? nous LÙlons développ,3r
ici cinq points port2.J1t 1° sur l'importanco du "sectour informe:l ll Q::;.l1S
les économies africainosi 2° 1"1 t:::ndûJlcG à la détériorntion plus r3.pido
clu s:l1oriat informel quo du s alnria..t formol
c~'unG tolle tendance i 4° los réactions des travailleurs; 5° la
r:;production.
-:-7 ~- _. -~-_.
--_.- ----~- - -- - - ---~~~
JI C. Gerry, id.

R/2795
Page 63
d 1) ·10 sectour inforlilolestde'pius on plus pris en oompte
dans de nombreuses enqu~tes f.Jites en Afr:i.que, noti'.Il1fOOnt p.:tr 1::: BwC[uo
1.Iondicùe ot le BoloT. l\\1alh8urousomcnt, los' définitions sont genér:-,lemc:nt
très différ,::;ntes et p3.8 il.ssez précisüs. l:n particulior, 10 sect ur (le
la production agricolü non marchande y ü st inclus. Néunmoins, on pout
rUlil3.I'quor quo tant en emploi qu'en vù.lour o.joutéc, le. pru.'t du Cu ,;,;ct'JLlr
informül pout ûtro très importante.
En Côte-d'Ivoire,
scIon los ostirnaticns du Linistèro du PIJ.!l.
pour l'ensemble du pays, la. v.:1!sur ajoutée au coftt dos'facieura .. dcvait
roprésenter' on 1970, pour les activités socondaiNB et tertia.ires du:
socteurnon structuré (tra,di t±onnol), 28% s-3ulement (47.806 millL.rds dEi
F C1"A) du ciüffrc correspondant (169, 331 Llillinrdsdo I~ C1"A) pour l-:;s
mt!mes activités dans le sûctour structuré (moderne) 1
Lorsqu'on s'intérüsso n l'emploi, on remarque cru 'on Cêtc-
. :
d'Ivoire,
la crCiSG,UlCe des d0rniGrs 25 ans a permis un développüDlcnt très
important du salariat do Ll-i t
: '183.000 emplois dans le secteur non Gt:!:~uc­
turé, 200.160 dans le secteur structuré, y compris la' fonction publique.
"63% des trrl.véUlleurs industriels (industries de trL".'.i18fû:i.~m(J,­
tion, artisanat, énergie) étcÙünt occupés d~s le scct~ur non structur~
en 1965 ct 67~ on 1970. Dans le bâtiment d
les travaUX publics, la pro-
portion des travailleurs employés dans 10 soctuur non structuré ost pn.SSÔG
de 56~(, on 1965 à 60'/0 en 1970. Danslles services publics, elle était do 415~
en 1965 et de 4~) on 1970". 11
DQns certaines branchos eSGontiel1es,
la croissance' de
l'emploi 2. ét6 nettement plus ,forte Ciue dans 10 S0CtCur dit str!-lctur(S.
Au Soudan, l'emploi d311s CG socteur crort au taux D..ill1usl
de 5 à 7~:o 10 socteurînforracl urbain fourhit de 25 à 30% do l 'o!J;plüi
b
·
.1.1
ur a.J.n.
11 B.I.T.
--7'7'""----------------------·--
Abidjê~, o.c. p.e;
El B.I.I'. Soudan, A comprehensive strategy for Soudan.

R/2795
page 64
Au Kenya, l'er'1ploi dans 10 secteur non drllturé r(;l;r;.:;s'-'n-t~it
en 1969 d\\;; 25 à 30% de l'üGlploi dnns los grande13 villu8 et de 2eà 337('
de l'emploi dos africains.
"Si' nous prenons on considéré\\'i;ion les P';}"ti ts 1,1éticn~'neL
agricGlos GX0rCÔS à la cllf;lpagno cori~mo' füsant partie du sectour non
,
,
structuré, l'..::mploi d:.;'1.ns CG süctcur'reprèsente 37 à :39% do l'ç;r,lploi dos
_1/
adultes africcins dans los omplois non' agricoles".
,d2. l ' obi'lorv.1.tion dG la croiss.:J'lCG économique de n'iupcrtü ,"uGl
";' " . ~'-<-,
" ,
--,.
-
.
pays élfricain rév~,leu.ne baisse de la pe.rt rolative de l' agricul-Cure (l:;.l1s
le produit intçriGur brut tous los CUlS, alors quo la populati on rurüo
croi"t ct que 'ln :prC?ductivité so~ialo d,\\l traviJ.il stngne. En fait, C;UGt qUL
t
la divisivn soci:üo du travail so r",it au détrimont dV,El pre;duct0ur:3, .1,.é~ri­
colos. Prancns quelques oxemples cléèJlG los Pi\\;rs où la soumission in:."\\)rr.hJ1Lc
dans l ',:..\\;;ricuituro ost particulieroment evic1onto :
Peur los p,,,-ys do l'Union monét:.ire OUl~ st Africaine Ille ~Jl'ix
réel d' '.chat" 1.1au producteur, étdt on 1970-71 de 121<, infériuur 4 c..Jlui
dG 1963/64. T.::n 1969/70, il avait été do 2170 inférieur à l tnnnéc d(; ::'i'L~
ronce. Encore Si i~it-il do moyennes contunéUlt los producteurs rvL',tiv, :cnt
privilégiés dù la zone; forostière. D'uno f(~çon genér3J.ü, pou:r C Spi";)",
si on prond pour bi.:.se 1963/64, 10 prix réel cl' ach::1.t est rosté Q,ll-d;..;:,,;cu,;
do 90 de) 1965/6Ci à 1970/71. Et la sitllation r1~ s'ost guère x{jéli(,T'8C~
depuis. li
,
Proncn3 le C3.S du prix au producteur du Cil.cao ct êcoUt0l''.S :~l>i.::
témo~gn,::;gos dos oxperts dû lamnJCED, en cc qui conce:rne le Nigeri.,,-, .iC,
Ghnna, ln. CÔt8-d' Ivoire et le Co.murüun.
"Au Iügoria, les prix à la producticn on valeur cour:wtc,
unt
accllsé une temè.éU1CG genérale à la baisse du 1960 à 1968 ct ils c.nt cn-
suite fortement illlgmonté rüjcignCl.l1t prosque 10 nivoall élevé att.;i.::lt 0Iè
1/ B l TKenya.n p.- 269
li RarJport indic.:; de s prix dl ê.chat des producti ons i.1gricolc.s pur T':~l)p,;rt
à l~indicG dos prix à l[l consommation.
1/ CEAO, Hc.pport a.nnllol, 1971.

R/2795
Pc~ 65
1960. Toutofois, en rüson d..J l ' augmentati on do l'indice du colît cL lé!,
vie, notl1IiTlent à p;~rtir de 1964/65, les prix à ln production en -v ,LuI'
constante ne représentaient entre 1969 et 1971 que 6or~ ünviron du chiffre
de 1960". 11
"Au Ghana, les prix à la production en valé;ur courante sont
restés assez stables entre 1960 et 1963, ils ont diminué de 1964 à 196e
et ont augffienté de 1969 à 1971, dépassant los nivünux do 1960 à 1963.
Toutefois, on raison dü l'augmentation du coût de la vio, les prix
exprimés en v,,"1.l8ur constante depuis 1964 ont été nottement infériours
aux' nivoaux de 1960/63.-1/
En C8tü-d' Ivoire et au Cameroun, los prix à. la production un
valour courante ont été entre 1961 et 1971
rottoment inférieurs aux
nivoû-l.lX de 1960 et 1961, et le recul est encore plus marqué si on 10 S
exprime en prix constants au moyen des indices dos corrts de la vic.
Depuis, les prix à la production en valeur couré1..Uto ont nottorncnt dÔpC1.8Sé
leurs nivoaux de 1962 à 1968 mais leur QIllélior3.tion est beaucoup moins
sensible si on les compare aux prix constants.
Au Sénégal, "depuis 1952, malgré lCl. stabiLisation du prix
mondial des arnchides, leur vaLmI' réelle s'est dépréciée suite aux
dévaluations. Par ailleurs, les prix dos produits importés, subis~]o.nt
l'influonce d'.:; l'inflation française,n'ont cessé de s'élever, de Sûrte
qu'après una périOde de grande prospérité qui a duré jusqu'en 1957/58,
les termes de l'echange sa sent dégradés. L'indépendance a accéléré la
hausse des bions de conson~ation sans r01ever pour autant les cours du
l'iU'Cl.chide a.u producteur (compte t(;nu du b6néficc do la risto~ cuopü-
re.tive qui, toutefois, dé1..US les meilleures conditions, 11. la jruna.i.s d;ip!.1ss0
4,5% des prix d'achat officiels). A partir de 1968, l'ajustoment ClU cours
mondial des prix de vente do l'ara.chide sénégalaise Cl. accéléré de 25~
environ la dégradati on des termes do l'échange, qui se rotrouvent ck 00
2/
..
fait à leur niveau d'avé1l1t guerre." !i;/
il CNUCED,ipo.c. p.27
_. -~- - - -
gjVanhaeverbeke, Remuneration du tri.wail et COillinorce o?,---tèriour. p. '159

-
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Page 66
Prenons maintonant que l qUG S eX81~lplos d:::.ns 18 sectl;ur infcrm"l
urbLl.in. D'après quelques onquGtos plus ou moinS précisas qui sont f,ütcs
on AfriquiJ, los saL::.iros moyens du SIJctCllr informel y compris les r,;\\T"rlUS
dcs lIpatrons" sont voisins du minimum lé~Ll.l •. Prüncns lu cas do lJn.T'tourl
et Abidjan. A Khartoum, 10 géÙn mE.Jnsuijl d(;8 trav.:illours du scct,;ur
infçrmel, soit de plus de 2570 des salariés est do l'ordre de 20 livros
soudanaises, soit quelquG peu supériour au minimum lêgal. L8 salaire
mensuel moyen do l'ensemblo du sectour structuré ét::rit dü 300 livros
soudû.Iluiscs onviron. l'in fé1i t, les écaxts P,U' r;).pport au minimum lôgnl
sont tout à L:it couréUlts. Ainsi èL1l1s la cha.ussure, lu saléliro n'ust 'rue
de 8 livres par mcis.
A Abidj,,:,,n, i l sor,lblo quE: la vo.,L.::ur nj out ée par tri1.Vai Heur
dc;ns 10 s"ctüur non structuré soi t
supéri,:ur,; on moyünne au s. tlairo
minimum légal. lUGrS qlle le tabloau suivant montre que cl.ws l'ünsoiiibL.
cette v:ûuur ajoutée (,st supérieure à 150.000 francs pi.1T' M, on r,,,i,j':rqu,,
que le ::::".laire minimum dos manoeuvres et d"s ouvriers de 10. catôgorie
lil plusbélssC;'ét_l.it élll mÔiTlo r,lOment dG 121,236 F C}i'A p'.l.r M, pour los
omployés do la CJ.tégorie
inférieure, i l attuign"lit 157.512 F CFA ut
168.000 F pour le p0rsonnol admirtistr,';tif t,;mporoiro le moins rémun(r(i',..11
Avoc la croissancû économique, ln. situation dos trCl.vcilkL1Tc
se 'détériore plus r<1pi dc;mo nt , diUlsJle socteur informel quo cl.ws 10 s .. ct',;ur
capit,:::.liste classique.
Pronons lil C~to-d'Ivoire à nOUVCilU. !ùürs qu'en 1965, le
S'3Ct,,;ur du Sillo.riat informel offr,:1.i t 83% de l'emploi ngricole ct :fournis-
sait .34'%. do la v:1.lüur aj outée en 1970, los chiffrüs etaient re:spoctiv:o-
ment de 80% et de 28%. A une diminution de) ln pnrt relative dans l',:);nploi
dG .3% corrospond une bélissc dans 10 revenu de 6%.
Dans l'indllstrie ct la. construotion, 10. revonu baiBsn d,~ns 10
sectour do 0,101':. Bans los tr:w.spûrts ct les services, il y eut plutôt
un accl'oissom(mt de" 2, 3~(,.
11 B.I.T.Abidjan,urk.:nis"tion ct ümploi en C8te-d'Ivoire, Genève 1976,
p. 60.

R/2795
pa.ge 67
COTE-D'IVOIP..E
VALGUR MGUTill DŒ~LWiULLJJUR DANS qU.'::Lqu:';S
BR.ll\\TCHES 12U "SEC'l'j;UR EJJï'0Rlj::~L" on 12.70 (lHl
. milliors do Ji' en..)
Br~ches d'activités
Eml'loi
valeur njLutCo
par traviülleur
Toxtile s üt hü.billomont
4.000
122,1
Bcis
1.900
78,8
Clnstructil,ns et rqnration
2.300
199,7
de n,atéri01 do transport
Brltiruunts ct trav<.1ux
publics
116,9
2.)00
250, 1
Conun8rCG
16.500
1139,5
Suurce
BIT -Abidjan - Urbanis'1.ticn ut amplci en C:"tü-
d'Ivoire,
1976, p. 56 et 59 7

R/2795
P2.gG
613
d3. ,On pout mllitipÏier l(js exemples ct on pcmt d' ,iUUUN
8n trouver qlli vont d2.nslG Sd18 cGntr':tiro. Cu 'lui ii,';portc c',"s-t dû
montr·:::r un c::'..dro thGc,riquo qui r;mdu 10 mouv'Jm,)nt intolligiblu.
Si VI Gst le; s,ü,rire dos trCl.vüllüur,; dil SCC-CULl.!' forr,]Gl, ut V2
cdlui du suctc;ur informol, ot si I;, ost lé:;. v<ÙGur glob,J.lü des l1ktI'cil3l1di83S,
C lu c:cipit:::.l CGnstMt 8oc'iéü ct PL 13 plus-va,lue, nous pouvcns ocri1'o
lli == C + V1 + V2 + PL.
! :
La ll1'iXimis'l.tion de PL = :M •• C -'C1
V2, passe curtus pT la
minilTlis;),tion d,~ C, V1 ot V2,. si Ll. 3ituaticn 1.0 pormet , cu qui est 18 cas
d,ms lo,capitJ.lisme périphérique. ,'iais plus sp6ciéÙemunt, pour lOG rc,isons
quo ncus"vons cxpuséos, V2 pûut diminuor dG fllcillièro à. cùmpromûttro le.
roproc'i.ucti on des prGductours cie la plus-value.
d4. L,1. ropliquGossüntielle comùsto o.lors, n.u griUlcl profit
du gr,cmrï cc..pi tL1.1 Gt de l'Et:-..t à .?ugnlonte:r b, qU:J.l1ti te dG travail of:forte
sur 10 nlarch6 et évontuollcm,;nt à "accumulor".
Lé', réaction qui consista à "inv.Jstir" constitue cn Lü t, une
climinuticn du t,;mps do travail n8cossciro éL la roproduction norIMJ.lo"
L'éll~putation dos salair0s rùpose sur la nécossité d'invüstir ("t
dû r(}ncuvuler le ltl3.t8riol. En günêral, CG seht los "poii ts Célpit:üistvj"
qui s0nt c'J.p:),blos cl·:) procéder à ces invostissC:ffiunts. Mais pour c01'1, il
fr:ut mClint,mir bas 18s rénuJTH~.:r;~ltions des dcpondants et "séüa.riés" dG
jure qui sont sous leur C()lIl111t1ndc~ment direct. Le roccurG au crédit, fj,u:"nd
CIO st possible nG permet gênéraJ.Gli1ünt ÙG franchir lu sc; uil d0 1'1 sécuri t,:,
qu'à un pütit nGmbre, liJ,ÜS cele.. suffit pour entrc:tonir l'illusic'n du
l'enrichissGiiLmt 1'088i blo choz b;JO,;uc\\ up. Iill 66n6r"ù, une é\\..rneli orc::ti un <;;n
équipement nL: GC tracluit Pù.S p.:::.r un é1.ccroisser;lént l'êül du revonu p(jur L",,~:
travaillüurs on r~~ison do l iintonsific:üion 0-C do l ' allonguD..ènt du t,J:pc
do tr:wé1il qui c,n résultent. liJl üffe:t la. r'2nt:lbilité du liîaté~riol ,-,xig(]
alors qu'il tourn.j 10 plus longtomps possibL: en 24 heures. nn a;r,riouHuJ'e:
plus d i::ngrai s oxigont plus do biné1.&'Q s, ütc. Pour pé.1..)'or lc:~ trni t:::, il
faut fair"
S0rror 1", "ceint ure" aux:::"dGpond,mt s".

R/2795
page 69
Alors que dGS cstime.,tions existent pc.rfois sur l'invGstissù-
ment dnns le secteur informel, l ' :ülongüment cllltcmps d0 trLlvo.il mo.rchcJl-
dise n'a fci t
l'objet d 'enqu~tos systé17ntiques nulle po.rt à notre conn:üs-
snnce. Ci tons nén.nmuins le rilpport .du B.I.T. sur le Konya.
'iilnviron,
151~ d'entre: eux soulamcnt décléU'nient tréwiJ.ilL,r
moins de 40 heures par S(,mi~'ne f;t près de 307j incliquaiont quo leur s8mc::inG
de travail dépassait 6c heures. L'idôe génér,::lemont admise que la wéün
d'oeuvre dG Ncirobi est constituée outre des travailleurs au chemo.gü,
d'une forte proportion de personnes travaillent do f:Lçan irrégulière :Jt
rest3J1t oisives involontair'~:m\\3nt une bon.ne prrtiedc leur tomps ne corrcs-
pond pas à la réalit 6. Les actifs inclii.'~ents on général accomrlh3sèi1t rle
longuos houres dG travail pour düs rénumérations f:übles. En moyonne,
leur horaire do trc.vail est plus long que c,..;lui des per~:Jonnos qui g'il.gncnt
plus de 200 shillings pnr racis". 11
Th:: manière génér.l.le, la durée dG triwcil e st plus longue dans
les petites unités de producticm où pourtant los productours gagnant
relativeE,)nt peu, que: d:..ns les grandos unités de production. Ji
En grande p:1rtio, ln production à l'intérieur du snlariat de
fai t e s t dcnc cm meme temps reprcducti en daiS la me sure où le s effort s
pour en sortir sc,nt pratiquomont snns offot sur le s:rstème d 'onsûmblo.
Ce1Lü-ci foncti Gnne do t,:lle lIitUlière que 10 r ll.pport Jntre sl'.larint de
fai t et s3.1CU'iat de jure ne sd t PélS t out à. Lü t renversé on faveur du
sl.1ariat formel. D:~s co système, le grand capi téll impcGG des scus-
salaires à l'ensomble des trnvaillours do la périphérie'. Lais à l'inté-
rieur du système d '8nson:ble le s travaillours du "socteur infcrmol" sont
".3/ B.I.T. Kenya, p. 15.
.*
/
.,g Prenons un exemplo en Frnnco, ou les stélti~ique~ s....mt disponibles:
do 1958 à 1968, périodo de grande concentr"tion l'L{~ ltÛ1'~c du travail s'ust
ra.ccourcie d~"ns'.los gri.Ulds ét<::.bli Ssüfilont s, fJ1iUS s'est allongée dnns lCG
puti t s.
Et ("bl i ssame nt s do 11 à 2C salc~iés
+ 1,4 haure
do 21 à 50
"
: + 0,6 heure
"
de 51 à 100
"
+ 0,5 heure
"
plus de 100
"
0,5 heure
"
* Trcüté d 1 éconùfdie mèU'xi ste t t. 1t p. 346

R/2795
p~::.ge 70
les plus vulnérablG s. Comme l' accunllll'1ticm sc f:1i t à un rythr:le oxtr~mù­
ment lent, la surpopulation relative qui :'l.liEl(;nte k
3il.lP.riat inf(~rmGl
no Lü t
qu' augmentel'.
En resu,mé, 10 travcil n.cccmpli dws 10 cadre ,du s1.la.ric":it
informel JOUG un rôle extr~mom(;nt important on l\\friquG. Lé, p~t du SlèC-
tcmr dit informol dzl.C1s 10 l' ,wenu n'1ti cn'll diminuo r~_,gulièr(;mont. Gotte
év( lution signifie en f e.i t
surexploi t"ti (ln des travaillours du s"ct(;ur,
surexploitation plus f0rte que: ·chns le 88ctc:ur f(~rmel, ét;tnt entendu qu'à
tr:lVors l' (jChMge inègcl.1, l'ensemble des product0urs de plus-v"tluc: de la
pGriphérie sont surexploités. lb sint érossés réagissent d,ws un S ,jns qui,
en défini tive, ne permet pas de rompre 10 cercle.
C. Cri ti que. de l' aJ2pI'üchG née-class~o de l'analy·se do 1"
hiérarchie des revonus et d,~s salaires.
Nous avons dégagé d·c:J1s le s doux sections précédentes le s
concepts essentiels CGllCCrnant le phénomène de l:J.surozploit,tiun. nous
n'wons pas illors discuté de manière systématique du r,'lpport entro le.
pr9ductivitè du travnil at la rémunér~ticn.
On sait que l~ ccncüption
génér;"le de l ' écolG néc-classiqu.,j en Ti\\é\\tièro cle r.,ppurt antre la v·ü0ur
et l~ rép.'11'titicn est complètement t<lutülugique : la pruductivité détermine
la rénumération du f:1ctour ct do l'dûmont du fc-cct, ur. En rn6n1e t"mps, on
ne peut ëonnaîtrG ln. p~,-:ductivité, s). ccntributiGn à la production. DJ
L~1 sort""
les ecarts ûntr8 productivités ot s;.léürl>s no p(,urraiûnt prove-
nir en d-:;rnière :lnCllyse quu du ce:.ractère imp~f,Lit du îiléU'ché.
EvidGmm(:Jnt la productivité s'élèv8 a,v(;c ln qualific:"1ticn do lé1
fcrce do t r::wai 1. On obsorve cüpendant ddJW la pratiqua c:lpi t.:.listc, que
les l'énumérations obéissent à d'autres considérCl.ti ons. En pn.rticulier,
une cc:rréléition très fortcmontpOsitive8xistu eritre les:L!airo (t'uno
part, lCl. durée ot 10 coût dos 6tudos d'autr0 part. Ainsi, l'uc.U't dos
s·aLùres ost présenté ccmme un phénomène r-t:::lovant dus diffôronc'Js de la
durée et <los ccûts d6s études. D3 la sorte, coût et longueur dl;s ütudüs
peuvent être;, considérés comme des substituts ou dos équivalents do ln.
productivité.

R/2795
Pngo 71
L"l,riùn é", rcswné l'objet dos dêbnts dG l t éconcmie politiC):uo
convonti ünnellG en 1:1. mrttièro.
"Les discussicns sur IGS dispuri tés dos salcürüs tourJlont
autour dos thèmescentraux.Il y 2. d'l,bcœd lus 6carts dtîs nux conditions
do tr.,vail ; les conditions dues â lit compGns,ticn du clpital investi
dans l'acquisitiün d'une formC1,tion spécifique; enfin, les écu.rts prove-
nant d", la limi k:.ti on do la concurrence",1/c 'e st-à;"dire d' LL'1ü divi si un
structurol1c dos tr"wml1eurs en qualifiés ct non qualifiés.
Cot te absoncû de ccncurrence: g\\m6ra.li sée gène la fc.rmuL ,ti on
thécriquG e:t on pnrticul1cr la fcrlnuL,tion ma.rg'inaliste qui € t;;,;;li t
l'égalité entre b. productivité m:1rginalc ct le S;'.1,,-Ül'ü. Si la ccnCLl.1'renCG
est blcquC'G, a10rs on peut se trouver en présence dE: plus d'un mêU'chê
de la forcc: de travail dans uno même fürrnil.ticn socia.le ct encore plus à
l"échc.llo du système. Dès lc1'8 que 1-, tondél.!'lco à l'alignement
dus to,ux
de sC,l=:.iros sur les productivités ne: joue plus, on n'é'. plus clffaire qu'&
l'arbitrdire,s.::ws que 1'6%1 en aperçoive l'origine. D3 ['lCmÛ, la th60rie
smi thi.:mne du s..-:.1I1ir0 componsatour, n' :.1. point do va.lidi té on 'dohors du
chi:unp idéologiquo de la ooncurr",ncu pure etparf..-ü te.
Q'est pourquoi, le d0uxiemo thème, colui de l'effot de l'édu-
c~tion sur l'inégalité dos sal~ircs a connu unu très gr3ndc vogue dGpuis
l':1près Guorro, on rapport avec 1:1. rationa.lis:1tion du calcul des cdHs
ot aV'1ltugesdes projots on g8nér~1 ot des prej8ts publics en partioulier.
1,' eccle di tG de Chi c2..iZ' 0,
1:'1. plus r02.ction.nmre peut~trü dos ccoll2s
bcurg8Giseo y à inventé le terme ch:; capi t0..1 hLimainet él pretendu pouvoir
on !!16surer les avantages internes. Ji
ilLe capit,'.l hUlllain s,;r:dt un ensemblo d'aptitudüs, du ocnnt'Ùs-
sances et do qualificltions possédées par 1ln individu'&!Il est ubtenu pc:;.r
il G. I-b.rion, Les théories de la répartition hiérarchiquo des revenus
d'A. Smith à nes jours
1/ Dorlando L0L:lier Les tcêhniquès écorÏod.qÙos ne sont pas neutres f~
Monde Diplumatique, cct. 1.~76
.
] ) Vaizey, L'Zconomie de l'éducation, p. 45-46
1/ iii.
Riboud, Etudo de l' accurm.1.1ati on du capitrù humain en France Rov.
écon. mars,
1975, N° 2.

R/2795
Page 72
dos dcp8ns8s en écluc3.tion qui sent à 1,:1 f0is dos dépcns,-,s du consorm:,:,tion
cour~tnte ut d'épargne investie •.1/ Les sp8cialistes du capit,lI humain
discutent ùntre eUX pour GC:tvoir si effectiv"mûnt il ost p(.Jssible ll'ü3Ulcr
l'élément "ccnsommLl.ticn" do cc.;lui do l'investiss8mc.:nt,'lfin de pouvoir
m0GUrOr le rond()m~'lnt du cc: d8rnior éléir;cnt. Pour Ph. HUg'on, il n'y a pas
de doute
:
llC,;nine les investissements on wlchines, L1 formQ,tion des
hOffilllOS '~,r0sente un certain coat et déturminü un certain rondéiment ;le
coût de; li], fcrînation dopond dos traitomonts, d"s enseignLU1ts; clos depon-
sos en f
. t
l
.
t ,
b"'t·
, t
' t
ourn~ ures scc alros e
en
a ~ll1on s, '-' c
1/
••••
Coux qui tont des roservos finismJnt plus GU nioins p;:1.T ~"dmettre
la substitution dG la notion du rGnclufJ10nt des depenses d'uduc:ction à
colle de la comparaison entre les prc.ductivités du saloiro. Copeüd.'mt lus
calculs Lü t3 sur, la basa do c os notions ::nns con::Jistancü, pormettoJll.t
de; donnGr des arzumunts empirique s pour ttClycr le, th6ürie solon Llquellc
des d(;ux fcnctions que.: joue le système 8coLüro et univorsit.!ùre, C:111 sein
du J'.I P C, ÈL s ..wGir tr:Jnsmcttrc de s compétGncGs ct f:uru ClŒ'lettre dos
idéologies du cL1.pitalisme, la première n'ost cortcùnomont pé~S la plus
importwtû. C'est pourc~uoi nous allons nous nttardor sur cürtains resultats
eElIJiriques intcT'-cssEillts quoique fro.gment.\\iro::::;. AUp8.I'Clvant il n'est pas
inutile cL) râppolar 1:1 pr6G~;ntation rr.,dhêmCltique •
L:1 thèürio du capital humain pese que los gcins potùntiel~
(~j(Jnet'~ires GU non) du CtLquo individu. à chaque p6ricclo
do sa vic, pCllvont
s'expliquer par 10 stock dE.: c-'.pi t':11 humain quo celui-ci possèda e:t clcnc
Suivr',nt 10 trav:ril de G. E,;ckar et J. !lincer, cités par
.
. N.Ribclld? nCllS pcuvcns écrire 10 Illcdèle do lit. fi..;.çon suivante
z=t
Eft = Eoi +
ç
Ri
Cïl:.
-t;;'~1
17J. Vaizey, L'6conümio do l'educ~tion, p. 47
~/ P. Hugon, LleasBi~ement'enjeudu la compétition sociale à U~agascar
Rev. Tiurs Eonde,
juil. dec 1974

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Page 13
EH est 10 gain potentiel ou brut de 1 'indivi du i dur::UJ.t la
péri vde t. Eoi e [~t le g.::li n qui serait Gbtcnu pc-x cet in<lividu, ûn l' absonce
do toute acquisition de capital humain durant sr:, via. Ci
lJIosuru 10 cctltt
de l'invostissement effectué duro.nt la périudo c '. Hi(est ,le' taux de
rcndewont de l'invé.:stissomûnt offectué durant LL pèriodc "'7 'Par l'indivi-
'--
;Becker intrcdui t· onccre une variable suppléJLj(~ntélire en :pronant
en compte les "investissements" aCèomplis dur<J.!lt la pGriGde prcfassiun-
nelle. I~üs le schéma n 'e st pas al t{;ré.
A pn.rtir de là~ des mc,dèles plus cpérationnels ut p.:ll'tant
plus compliqués, de car<:l,ctère économétrique, peuvant âtre intrcclui ts.
Il faut en particuli(;r, t onir compte du nombre d' anIlL'CS d' (~tudüs, de
l'expérionce prc'fossionn.::;llü, 10 nombre d'années peut etre remplacé pê"r
l 'Sge.
Les 1:'csultats auxquels il arrive après des etfcrta impürt~1l1ts
nG font quo raffiner cu que l ' cn Sél.vai t déjà : 10 dégré d' cclucati on ne
peut cxpliCiticr 1 'osscnti,;l de la r,jparti ticn des r ",venus. S' agissi-wt de
la :F'rance par exemple, l.l. rüboud écrit: "les investisscnJcmts sculaires
expliqu,üent 20~}J de la dispersion dus salairos on France (Cn 1964; en y
ajcutant l'effet des investissur.Jents profossicnnols, cn arrive à 31 ,4~;.
Et l'aut8ur elle-m~me annonce la critique "les éva.luations
montrent d'une part que le système scolaire n 'e st qu'en
pa.rtl() l'€apcn-
sable de l'in6galité des saLüres et qun d'autro p"rt, 18. vie prcfcssiun-
nelle tond à l ' d.ccontuur".Y
Cc qui est crucÎétl, c'est que malgré tout,
l'éduc:~ti0n inter-
vient pour moins de 40'/" dans l'explication dus dispnri tés. CIr rion ne
permet d'affirmer que la dispersion pour co.use de différences dû prcduc-
tivit6 a.tteigne CG pourcentage de 31,4%.
J1 E. Riboud, p. 226
11 id. p. 239

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Page 74
Par ailleurs, les enquGtes montrent que 10 taux de reœ::'8ment
de l'investissement humain n'augInonte pas avec le nombre des a.nnees
d'études. Les rGsultats ccmfirmcnt cependant un point: l'enseignement
supérieur et l'enseignement primaire constituant los deux clefs de
voCHe du système : colui où l'en apprend vbri tablement quelque chcse
de nouveau. Ainsi le s tau:..:: du rendement y fiont plus 6levés, ®e dMS 10
..
secondaire. Aux :ë:tats Unis "le rendement, d' /.1près J. S. Becker, est au-
Il
dessus de 100/v.1I œ son cêté, lüncer établit entre 9 i 71~ et 18,3% le r0nde-
ment sur le capital inve sti dans la f0rm:-:.ti on d8,-, apprenti s Il.11
e;, France JI. Ribaud écrit: "Si une distinction est frtite ulltre
les différ,-,nts cycles d·études,
nuus tpc'uvons pour les études socondaire~,
un taux de rondement mOY8n de 9,4ro ct pGur les etudes supérieures 10;8%.
Quant aUX études primaires, leur rondement apparéÛt Gtre plus élevéi il
se situe èntre 12;'u et 1470 (i l s' é1gi t
ici du taux de rendement [,vU'ginal do
. 2 1
la dernière annéo effectuée dMS le cycle d' études ll E

Le rele essentiel du supérieur et du primaire apparai t
nette-
ment dws l ' étudo faite par P. Hugun à ~:ad.'",zasc2.r)1Tonnnt compte de la
durée de ln. vie e.ctive, de L:. probabilité d'ubtenir un emplci au sertir
d'un cycle, il trouve los résultats suivants:
il f'laxion, o.c. p.391
2J Riboud, c.e. p. 234
li Hugen, c.c. p. 59-60

R/2795
Page 75
Traitement
Esp8rnnoe ÙO
Taux (le rant a-
total sur la
gain Stlpp16Il1<..J!l-
bilité (7;)
vie aotive
taire (1)
entière
.'
,
a) S3J1S fcrm;:ttion
1.000.000
1.000.000
b) niveau CEPE (fin)
11.250.000
2. œo.ooo
5,8iS
..
"
. ~'-.'~ ~
-,
0) niv2au B:i:PC (fin)
16.800.000
1.000.000
1,8%
d) nivoau BAC (fin) ,
24. 000. oco
800.000
3,75%
e) niveau sUI,(rieur
60.000.000
36.000.000
(fin)
(1) L'esp6raœe de gain supplémentaire est ûgal à
l ' aooroi s soment de rovenu multipli é IJëlr 13-
pc.ssi bili tè c:" avoir un omploi.

R/2795
Page 76
Il 2..ppar,üt donc clairemont qu'alors Que les taux sont très
proc.:hes d:ins le sllpéri8lll' et 18 prinl3.iro à ;hdDgascar, i l est trÉJs frible
d:.ns lu second.ure, 6,3% ; 5,85S ; et 3,75'76 (Bé1ccalaurêé1t),
1, 85S (BEPC).
Si cepend(JJlt, il ost clair qu'une rûlû.tion ctrüit0 existe
entre le s:l.lû.ire et le nivoall clos etudes, ::.ucuno étllde n'o. été f:ù te
peur montror qU'il y a"une proportionnalité entre le nombro cl' é:J1Ilées
d'dlldes et lil productivité du travail. Or,
SéUlS cette rolation,
"n HG
peut dire que 1.:1 durée des études légitime, les forts écarts dG taux que
l'on observe. D'après 1~6tùde de Hugon, un dip18mê d'onseignemont 8llp0-
riülll',
3.vec 35 :1l1S de vie active gtJgne soix'xl te:, füi S plllS qu'un "s'ms
forlll:::l.ticn fl en 50 ans c~ü vie active ct un bachelier 24 fois en 45'UlS ,le
vie active.
En somme,
los notions do capi t:ti 11llmain et du r'3ndemcnt
pellvont conduire à des onquètes intéressantes comme celles de ;iLl.~ün.
filais,
10 )
lour defallt essentiel ost d€;
r\\Jjoter le concupt de fcrc(;
. :.:'.
de tr:::.vail, de 10 donfiner à la force do tra.v::..il 8,").11S fGrr,]!},tion qui, dnns
",t"A".. - -',"
les seci ètes africaines '~. lus travaillellrs provenant de Lt 8llrpc]'uL1.-
tion relative latente des villes ct des camp~~nes, est un concept id6cle-
gique. Il s' agi t
de faire
.J.dmettre qu'unu forCE: de travé1il nun pré2.la-
blement forrn8e spécialement pour la production de 1::1. plus-v<J. ue d:::.ns 18
cadre dos r élpv;rts de prodllction capi t:ùistes do jllre est sans qUêllific'~"­
tien,
ce qlli vst faux. Un prodllctGUr inapte pour le travail en usin'J
peut-être le .. fils d'ulU'peysan. ou d'un artisan qui connait un môtier cpù
ne pCllt plus le nOllrrir. Pour l'Afrique,
il ne s':J.git pas d'lln phëùcmèDu
marginal. liCe n'est donc pas essentiellement parce que les product-èu.rc des
societes traditionnelles sor,uent on moyenne moins qualifiés qlle ccw~
de la 8Gciété c''1pitaliste qu'ils n'acquièrent pas leur formo.tion dons
les ecoles, mais sur le tas. C'ost parce que la division du travé1il rl_~né:
los soci6tés prècapitalistes est moins aV:1Jlcée qu'olle ne l'est dansL..;s
sociétés CC1.pi tq,listes". 11
11 S. Amin, L'impérialisme et le d6vûloppoment inégal, p. 172

R/2795
Page 77
Si donc la fcncti on de: formati on tochni que 8 st subjugu0u p,],r
celle d'une forr;iation idéologiquo, tendant à perpétuer l'explcit:~"i;ic,n,
on no s",urai t chercher dans"il' éducrdion une détorr,unante fcnd:llnunt.:le;
des écu.rts on0rmos des salaires au .sein du système capit:.-J.istü ïik'~](h"ï,l.
Le rôle do l ' éduca.ti on e st on grando, partie de fairo adlDottro, w,n ,,,c ule-
ment la hiérarchie, partie intégr::mte do ln. loil1de la véÙcmr-trcw:ül, fü:lis
aussi le ph6numèno de surexploitation. C'ust ce qui fait dire pari'uis qlk
l'Eccle so ruprccluit sur clle-même, ce qui est relativoment 0 XCtct à
condi~ien de ne pas oublier qu'il n'en est ainsi parce qu'elle ost
nécossaire à la pérennité du capitaltiDa.
2 0 ) Par ai lleurs, cette manière de procéder ne permet P-""'s cle
peser 10 problème à l'échelle du système. Certes la forco do travdil
est ir.lfficbile à l'échelle internationale. lirais la. circulation de li, ::::lllf.;-
value peut 6tre à l'origine du processus cur:mlatif du dûcali:1t~e ontr..:
les gains de "l'investissemc.::nt humain". Ainsi le: caractere extr.lv(;rti cl8s
économies périphériquûs les uxpose à la dévalcriso.tion do leur " crcr i t:ü
humain". Cette dév:.1lurisation sc traduit notamment par le frit qu'àj.i'
niveau do formation comparable, un travailleur coate d'autant plu:::: ch.,r
au capital qu'il est intégré d:1lls le système • Finalement, la théorL~'.l
c~pital humain est incapable d'oxpliquer des grands écarts entre les
salairûs qui ne peuvL:nt s'expliquer par les écarts dans les d0pensGs
d'éducation.
Conclusion: le processus do la "hiérarchisation dos s'èLoir0s"
d:ms le système capitaliste ne peut ~tre compris SCU1s:1e contexto glcbaL
Touto prob101i1atique qui tente do li18ttrü en r8pport direct sal::üro ",t
productivi té court 1<..: risqua dt; retomber dans le cercle vicieux s~.iithiê:;il
de 1:1 fortJu.ticn de la vc<.1eUI' p3X la somme dos revünus, et de justifier
la statu quo. La démarche que nuus avons adoptéo situe le processus de
la hiérarchisation dos salaires dans un contexte global où les lutta s
de classes do déroulent autour de la répartition du produit socLll. PCllr
cela, nous ,Nons été é1IJ1ené à introduiro deux ccncopts ; colui do l ' '.1l0ngo-
ment du tUI11pS do t r:wail hors marché et l'élllongcrncnt ùu tomps clo tr~~'v,',il
marchandi se. Nous avens montré qu'afin de prendre en compte l ' onsÜ~';J10 clc
la plus-value, y compris celle produite dans 10 cadra de la soUJJ1iG.:.i~·n
informelle au capita.l, i l f:lut, au niveau de l~ coJ'.UilŒptio.n marxicte de
la valeLU' ot dG l 'exploi tation, partir plut8t de l~ di stri blltion du
produit que do son échange.

R/2795
Page 78
CONCLUSION
Nous aVons tenté d 'explici tar 18 concept do surcxplci tCèticn
cé\\pit,J,liste, fondamcntalcmEmt à partir de la prcblèmatique do le::, hiGr"lJ.~­
chie dos salaires. La. raison do c"tte d6marche r0pcsCl sur l'idée quo
la suroxplùi tatio11 n'est pas un phénomène global. Sa rcproductiul è' :Jcse
sur une stré1tégie c:tpi tCl.liste fondanlüntCtle, à savoir la di vi Gion do:::
scùariés 811 seus-payôs at surpn,yés. Pour poser 10 problème dans tcuto
son ampleur, ncus avonS prÏ)s un c()nsidér~'1tion non seulement 10 s"d--;,riG.t
.
aU sens classique, mais aussi celui qui n'est; pas régi par le "contrat
social", mais vend tout de m€me
sa ferce du travail, quoique de ;.1,~üèrc
plus ou moins médiatisée. La possibilité de lé:. surexploik'.tion E;;:~scivu
des travailleurs à la: périphérie ropose sur la capacité où sc trcuv()nt
le grand capit:ü et l'L'tat, do contraindre à l'allongement du t'jérJI1S (,0
travail, p0ur suppléor au manque de l ' elévatiÏlon de la. productivit 6 scci;:,lc
du travail : cct allongç;rœnt peut porter soit sur le temps dG triw~,ll
non marchand, soit sur le surtravail mEl.rchand ou sur les doux EL L:. fois.
Nuus avons vérifié l'hypothèse selon laquelle la suexplui tEt-
tion des salariés du "secteur inform81" doit ~tre plus forte que collo
du secteur lIformel".

R/2795
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CHAPITRE I I
LE SURSALluRE , Er LA SUREXPLOITATION
EN AFRIQUE DU SUD Er AU LESOTHO

R/2795
Pg,ge 83
INTRODUCTION
L'unité des dQUX textes qui suivent réside d'abord dans
la géographie. Le Lesotho est non seulement en Afrique australo et
dans la mOUVance de l'Afrique du Sud, oomme lQ Botswana ou la Namibie,
mais c'est une enclave à l'intérieur du bastion do l'apartheid. A 08
titre déjà, sa~dépendance à l'égard de l'Afrique du Sud Gst très forte
dès l t occupation du pays aU 199G.le siècle. li cette dépendanc~ g~ographi­
que s'ajoute une dépeodance économique qui apparente le Lesotho à un-
Bantustan-par Sa fonction de fournisseur de force de travail surexploi-
tée qui contribue au financement de l'accumulation du capital en
Afrique du Sud et dans d'autres pays impérialistes. L'ugité des d8ux
textes-réside donc dans oolle de l'objet : on ne peut comprendre 10-
Lesotho sans ses rapports avec l'Afrique du Sud. De même,. le Lesotho
contribue de manièro nOn négligeable à l'industrialisation de l'Afrique
du Sud. Enfin, la méthode que nous avons mise en oeuvre est la même
pour 18s deux textes. Elle consiste à mettre l!accent ~ur le phénomène
de la réparti tian hiérarchique des salaires. lious pe~sons en effet,
que le capitalisme est régi par une loi de répartition inégale de la
masse des salaires entre les-travailleurs et que l'ampleur de l'iné-
galité a des effets très importants sur la superstructure politique.
Elle se manifeste cependant de manière différente suivant lQS condi-
tions-historiques. En particulier, On-a observé· que le papport ontre
le groupe d8s surpayés et celui des souspayés joue un-rôle-très
important sur la forme que prend la dictature de la bourgeoisie. En
Afrique du Sud, la tendance est au terrorisme d'Etat pour ceS raisons
générales, mais aussi à cause du caractère colonial de sitUation.

R/2795
page 84
En-définitive, cos textes sont les-résultats pratiques ~
d'une réflexion théorique port~nt sur le phénomène de l'exploitation
inégale-ou de la surexploitation. En r~ison du caraotère carioatural de
oe phénomène en Afrique australe, il nous a paru intéressant de COGL1GnOer
par là. Le premier texte sur l'~frique du Sud tente de répondre à la
question cle savoir si l'implantation cl'une social démooratie basée sur
une division d'JS travailleurs d' après "la qualifioation" et non;' ::-.près
l'ethnie ou la raoe est-possible. En d'autres termes, le oapitalisme ~
est-il à même, de par son développemont, de mettre fin au doub10 p~6no8ène
cle la surexploitation oolleotive-des Afrioains et de leur oppression par
le terrorisme d'Etat? Nous pensons avoir. montré qu'il est utopique
d' onvisager·une-aristoo.l'atie ouvrière pluriraciale, sans laquellG un8
telle évolution est impossible.
Lo cleuxième texte montre que la surexploitation du Losotho,
dans le oadra de~l'impérailisme britannique, sud~afrioain et our0PGen,
oréé los conclitions d' une répartition inégale oroissante, _dans un cadro
de stabilité politique, asaurée hier par l'ancienne aristooratie politiqu@,
consolidée par le pouvoir colonial et aujourd' hui par une buroaucriltie
oomplètement dépendante.

R/2795
Page 85.
A
SutŒROFIT, SURSALAIRE, SUR~CPLOITATION COLONIALE
ET T~RRIRISME D'ETAT EN A~~IQUE DU SUD.
L'objet~principal~de
cette étude est de contribuer à l'expli-
Oation du oomportement du prolétariat blanc à l ' éga:t"d idu souticn qu'il
apporte au grand capital en Afrique du Sud, tant en CG qui concern8
18 sous-salaire systématique que le terrorisme d'Etat à l'égard do
l'ensemble des Africains.
Nous~soutonons en effet qut;il s'agit là d'un ph0rlOmèno
structurel et nOn paS acoidentel qui doit être intégré dans~la strat&-
gi€:
'I.e lutta de libération comme tel. En d'autres termes, nous ne
croyons pas que le prolétariat blanc est~susceptible d'aoquérir une
oonscience de olasse prol~tarionne, et do~c de rdnoncer l ~es privi-
lèges et pratiquement à son intégration politique et idéologique~par
le~capita.1. Le concept de base ost celui de l'élément de suroxploita-
tion et sOn partage ontre les salairiés blancs et le capital.
Nous dovelopporons les ~guments en 4 points 1
1.
Caraetère marginal de la participation de la forCD de
travail d'origine ooloniale (blanche) à la production dG la )lus vdue.
~ ... -.
2.
Sous-salaire, sur-salaires et suprofits.
3.
Place de l'Afrique du Sud dans le système capitaliste
et terrOrisme d'Etat.
4.
Perspectives.

R/2795
Page 86
l
Carn.ctère marginal de-la participation de 101- forcG do
travail d'origine coloniale dans la production do la
J21us valuo globale,
La fol'mation sooiale comporte- deux: grandes catégories de force de
travail, colons~et colonisés (Africains, Métis, A1ri:a.1tiiqU9S:f.d' après la
classification officielle).
~a comparaison de la structure de la population active montre 1
1°) - que de 1946 à 1970, la population active des~colonisés est
passée de 4 271 468 à 6 489 000, soit un accroissement global de 51 %et
un taux annuel moyen de 2 %alors ~ue celle des colons passait de 888 181
à 1 497 000 BOit un n.ccl'cissem~mt global de 68~%, donc un taux annual~moy
de près de 3 %. Cette forte croissance de la force de travail dos colons
est~due en grande partie~à~une politi~ue de recrutament systémati~ue de
colons venant d'autres colonies, ou même des pays occidentaux directoment
Cette J20litique a 6UJdes effets, "positifs" du point de vue du
VUe du capital.
a - L'immigration nette des colons a ét é supérieuro à 25.000 porSOI
nes par an do 1948 à 1970, sauf entre 1960 et 1962.
b - La proportion de la force de travail d'origine coloniale n'a
diminué ~ue de 2 % entre 1960 et 1970 (11 % tn 1946 ; 20 %on 1960 ;
18··% en 1970). Cependant, o·ette··proportion est 'do"plus en"plusfaible danr
.le prooès de production de la plus value.

R/2195
Page 87
2° ).--AÙ tlivGau du travaii 'de p'roduction cles valeurs proprement
dit, la proportion des colonisés a augmenté de rilanière spectaculaire,
entre ;1946 (1t 1970 : agriculture 1 93 %.à 96 % ; mines et carrières :
89~% à 92 %; industries manufacturières 64 %à 73 %( +.9 %),construc-
tian : - 68 à 79-%; électricité et gaz : 58 %à 72 % ( + 14 %); transports,
entrepôts e·t oommunications : 40 à 52 %- ( + 12 'fa) ... même dans le cor:l:tercc
et -lQS finances, la force de travail dl origine coloniale a diminué on
proportion :pass3.nt de 53 % en 1946 à 46 % cn 1970. Y
._----..-------------
1/ Sourco : BLESCHEUVEL, Black Industrial Labour in South Afrioay
SASE Sept. 1914.

R/2795
Page 88
T.A.BLEAU N° 1
Preportioa d'africains, métis et "asiatiques" dans la
population active, suivant les branches d'activité
Colons
Taux de '- 1
Colonisés
·1 Colons
IColonis3s
variationl
1
1
1
1
1
1
l
1
1960
1970
l
1960
1970
1 1946
1 "19"+6
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1
1
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1 . 26 % 21 %:- 5
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1
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1
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1
1
t
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1
J
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.
.
Source . of annexe nO 1.: :BiesheuV~l, :Black Industrial Labour in 3r)Uth
Africa, South Afrioan .Journal 'of Eoonomies (SA.JE) - Sept. '1974.

R/2795
Page 89
Si nous'pren0n.s 1.3. popula.tiol1,act.ive.. sa~~iée~qui reflète
pGJut-Ê)tre mieux la structure capitaliste, nous constatons que les
coloni.sés constituaient,. en 1970, 85, - 7 %de l'ensemble; Gil 89 ~~ dos
salari.és de la production. Dans la produ.ction~ lDs colons nG COl":lpt::üe
Que pbur t1%.de.la foroe de travail. C'est une participation margina
TABLEAU N°
2
Population salariée en Afrique du Sud, mai 1910
1
1
1
Colotls
~1étis
,A-Siatittue! Afribains l
TOT"',L
1
1
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1
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1
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1
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Personnel
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1
de
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1
1
1
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1
l'administration
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37700
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t ~ 929~0
9850 30
et dos bl)r811ux
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1
1
1
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1
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t
1
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1.
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t 805750 1 640980
1
142300
1 5412160
1 7uU 1'i ge
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1
1
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1
1
1
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1-
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1
1
1
1
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1
10 36 éS:>
180000
TOTAL
~
1
1
1

1497460
560 5140
79862éS:>
.
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1
1

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1
1
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r
1
1
14,3 % 1
r 85,7 %
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
Source
1
Department of statistics.
Notre source
1'T.F.J. Steenkamp.
SAJE Dec. 1973 p. 445.

R/2795
Page 90
Une conclusion s'impos~,-au coura du développemGnt~du­
oapital en Afrique du_Sud, les colonisés ont pris une part toujours
croissante dans la productio~.~Malgré l'effort systématique d'enoou-
rager la natalité ohez les colons et l'immigration, rien ne 13isSG
penser que la tendance actuelle va se regVerser~ En fait, aVoc le~
temps, les colons travaillent de plus on plus hors de la productio~
proprement dite (c:r.-annexe ~~. Les 11 %des colons de la productior
produisent-ils beaucoup plus du fait de la "qualification" ?
En ce qui concerne la qualification,l'extrapolation dos
tendances actuelles montre que les colonisQs tiG~dront de plus en
plus de place dans l'organisation de la production.
.
' .
~
En 191,0, 10 %des 1~ariés exerçant un cOm~andGment ét~iGnt
des colons. D'après SteenkamV pour garder cette proportion on l'~~
2000, il faudrait que les 2,8 millions~de salariés colons dl alorâ,
exercent un commandement ; hypothèse tout à fait absurde, dit-il.
Pour lui il est défini tivoment acquis que lesc01onisés, cm particu-
lier les Africains-qui sont-les~plus nombreux, doivent recevoi~' uno
formation professionnolle pour oocuper non seulement des or.lplois
spécialis~s (semi-qualifiés), mais aus~i des emplois de comll1andc~]ent,
.
2/
r
tout au moins au bas de l'échelle. _
- En fait une certaine oonfusion règne autour de oe problème.
Nous allons donner quelques orientations de discussion.
PQur juger de la nécessité ou non de l'entrée des afrioains
dans la hiérarchio de l' organisa.tion du travail~tl Afrique du Sud il
importe de se rappeler' quatre points essentiels 1
- - - - - -
-----_.._--
y STEEmeAMP. O.C.
2/
Les bl9.ncs qui formaient en 1969, 24,2 %de-la force de trav2.il
-
qualifiée dans l'industrie, ne devraient en constituer quo 12,7
€_
1990. La proportion q.6s~Africains noirs devrait passer de 53,'1·
à 70,5 %. Bref, la proportion des colonisés devraient passer d0
75,8 %ce qui~Gst déjà très important; à 87,3 %. -
Biesheuvel aboutit à la même conclusion. Il faut ouvrir les v3,n:ws,
assouplir l'aparthied en permettant statutairement aux Africains
nt~r"f".é:t~aT' ;
(",\\(")7'+..,,';Y\\0
T\\f"'\\C!!+DoC!l
tin
,...f"'\\m.-n .... ylll'~l"':\\mI"'\\V'I ....
rt,.....,
"' .... rrrr_
..!:. ..... l,.... ....... "
, .....~l~,...........

Rj2795
Page 91
Le développement du oa];iitalisme est parfai tomcmt cOC:-:JC,-
tible avec une masse de ~a population très ignorante. Pex conséquont
l'accès des APricQins aU travail qualifié peut se f~ire de I!l~nière
très limitée et progressive.
La rentabilité du capital n'est pas liée au nive~u de qua
y
lification.
. ,.
L'accès au travail~qualifié n~est pas synonyme d'accès
aU pouvoir économique et encore moins politique.
- ~. Dans" 11 agrioultuxe, le oolonisé peut ooouper, - et ocoupa
des eoplois qualifiés - or, il s'agit d'un secteur employant près
d'un million d'africains sur les fermes ooloniales.
1) Harry B~averman montre qu'à mesure du-développemont du
oapitalisme, la connaissanoe scientifique du prooès de travail perm-
à une poignée deydirigeants de planifier le travail. Insistant sur :
fait que le taylorisme, loin d'être abandonné est aU contraire porfe
tionné, il en rappelle avec foroe les trois prinoipes essentiüls :
a~-
Dépossession des travaillours de leur savoir ct 30n
approprilatioo par le capital. IILes dirigeants assurent 13-- oharge de
rassembler toutes los oonnaissanoos traditionnelles que Poss~daiGnt
lQS travailleurs dans lè passé, de les classer, les réduire à düs
lois et des formules".
-b
Séparation de la oonception de 11 oxécution, oette
y
formulation étant dl ctprès lui, plus réellE!' que ceVe qui consiste
à distinguer entre travail manuel et travail intelleotuel.
UtiliSation du monopole de oonnaissanoepour contrôlor
. -
1/
chaque étape du :prooès de travail ot de son exécution. _
~
~
-
~
- - - - - - - - - _ . _ - - - - - - - - - - - - -
11 -- Harry Braverman, Labor and monopoly capital, the degrallation of
-
work in tje twentieth century. Monthly review, .July-August. 1974,
Special issue P. 37 à 44.

R/2795
Page 92
La conclusion-do l'autour est très nettolaveo le capit.~isDo
.

?
monopoliste, l!ac~uisition de ccnDai8sanceS individuolles os~ Jo plus
en plus réservée aUX dirigeants, alors qu'au début du ca~:)italisuo7 il
n'en était paS encore ainsi.
Pour sc développer, économiquemont, 10 capitalisme n'a PaS
besoin d'une force de travail instl'uite. L'expérience historique montre
qu'il lui suffit d'une faible propo+tion~o personnoshautement quali-
fi~eî/et de ~ra..v:ailletq'$ quail.ifiÛLpOur~1!rI'Jg'a.n:d.s.er..~ffioàC4lmeht la· prod.uo-
tio~ Par exemDle, au Canada, en 1974,_108 scientifiques, techniciens,
membres des professions libérales ne formaient que 13,7 ri" de i a :popula~
tiono,ctive. DirectC3urs-et cadres administratifs supérieurs en formaient
les 5,4 %. Ces proportions étaient reapecti~ement de 4,9 %ct de 2;2 %
au Japop en 1960 ; en lSrique du Sud, elles étaient de 4~1 Gt 1,0 %on
. 2/
1970.-
En Afrique du Sud, le capital a U;le raison suppl émentaire
de ne pas laisser los Africains~accéder à la direction do l'organisation
du travail-·: cetto raison ost poli tique. En "ffet sous le oa,pi tcllisme-
la for~ation professionnelle est dispensée pour l'essentiel, p~ lléco-
10.
- ------------------~~---~----------------~-------------------------------
1/ Ce qui precède Bontre ~le caractère tout à fait - oapit~üiste du systèmo
-
dos migrations oscillatoires, qui n ':::st ~pas le monopole do l'Afrique
du sua. Aujourd' hui 9 cinq pays de l'Europe dccidontale COIr,ptent six
million~ de travailleUrs temporaires qui, non seulement sont analpha-
bètes; mais en plus ne comprennent même pas la languo do le~s omploY8urs;
ils font la navette ontre les usines lespïus modernes et leurs campa-
gnes misérables de Turquie, d'.Afrique ·du XFlrd, du Sahel africain et
clemain d' Egypte •••
. 2/!l.nnua.ire des statistiques du travail, 1910-.

R/2195
Page 93
E,n Afri(lue du Sud, le capital a une raison supplémentaire
de~ne pas laisser les Africains accéder à la dir~ction de l'organisa-
tien du travail ~ cett.e raü;on est poli tiClue, En effet sous le capi ta-
lisme la fOrmation profes;3i::>nnelle est dispensée pour If ensemble, par
11 école. Y
'.'
.
Les GalOns savent très bien Clue l'éCOle capitaliste est un
appareil idéologi(lue d'Etat, QOnt l!un dG~ rÔles 'ess8dti01sést de
contribuer à Li pérennité dé il~xploitationet Clui~ contraireuient-awc
aPPareils represl'lifs cOmmQ l r armée, tend- à avoir une certaine autono-
mie,
sOurce de cOniestation sinon de révolution. Le pouvoir s~d afri-
cain, ne pouvant contrôler le développement de cet appareil pour le
mettre au service exclusif (lu régime colonial, prend dG", rÛ(",sures pour
'en'limiter l'accès à ceux Clue-cette école-peut rendl?e contestataires.
Cela n' est pas- en contradiction avec une organisation scientifiClue du
traVail plus poussée, aU sens 01:< Ho Brayerman la dépeint.
Il d.écoule de cela Clue la "pénurie" réelle des travailleurs
exerçant un GOmmand.ement en AfriClue du Sud,
ne doit pas êtredrarnatisée.
L'introduction significative des Africains n r est ~)éLS une n écessi té in-
terne au capital~ L'accumulation prend. appui sur-le volume de la valeur
à accumuler et n~n sur la (lualification. Le pouvoir dispose de~marges
de manOeuvres importantes,
qal il a lui-même énumérées =1) importer de
la force de travail colOniale. Au cOurs de la denüère décennie y L,s
résultats ont été "satisfaisants"-pour lui. Mais on peut penser ClU' aveo
11 indépendance poli tiClu8 y cette source risque de tarir.
2) Orienter
davantage dQS colons vGrs des activités productives et aoélioror les
moyens~de leurformation-. 3) Int égre"I' mieUX:~ les métis -et los asiatiClues.
4) Recourir à la main-d'oouvre féminino coloniale,
----------
1/ Althusser (L.). Los appareils idGologiClues de lr~tat in Positions,
Masp éro,
1915.

R/ 2795
Page 94
La formation professionnelle dGS africains n'est envisagée
que pour les "Réserves et le8 industries des "frontières". J/
Dire qu'il n'y a pas une nécessité économique interne d'une
promotion significative à l'ûxercice du commandement dans dos entrGpri-
Bes industrielles ne signifie nullement qu'il ne faut pas lutter contro
la pratique de la discrimination en la matière. Mais alors, il faut
l'insorire dans la stratégie globale de la lutte pour l'indépendance et
le sociaJ.isme • .-
2)
La qualification n'a d!intérêt pour le capital que pour aU-
tant qu'elle est source do l'accroissement de la productivité du travail.
Or, il n'est intéressé par la productivité en valeur~d'ueage quo dans
la mesure où cGlle-ci permet une plus..value plua 1mportaute qu'eo abaono,
de qualifioation. Ainsi,~les grands monopoles capitalistes distribuent
leurs unités de production, non on fonction de la productivité por so,
mais plutôt en fonction de la plus-value qui en rGsuïte. Bioscheuvel
cite l'exemple d'un grand trust mondial, lQ Van Leer Group qui a deux
usines en Afrique du Sud et une autre en Hollande. Ce trust fabrique
exactement les mêmes produits, des tuyaux pour l'industrie pétrolière.
A Mobeni (Afrique du Sud), la production par homme/hQlLre est
de 6,3 unités J à Pernis (près d!Amsterdam), elle est de 17,1 soit un
rapport de 2,5 en faveur de la Hollande.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
11 ~La conolusion ae la fameuse Tomlinson cO\\llr.1ission de 1950, reconi'1anda,
- pour réduire encore plus les frais de produëtion d'installer des
industries à la limite des Réserves, la recommandation a eu un daout
d'exécution.

R/2795
Page 95
Mais le rapport des salaires de Pernis par rapport à ceUX
de Nobeni est de 4,5.
Selon Biecheuvol cette différence de productivité ne provient
pas· dl une différence ele qualification, mais de la demande; 'qui impose
un rythme de travail plus élevé à Pernis qu'à Mobeni.
3)
L'accès dos -africains au travail qualifié ne signifierait
nullement. l'accès au pouvoir économique. On sait-en effet que colui-ci
est détenu par une classe complexe, comprenant-notamment les monopoles
dQ~ centres capita11atea et une bureaucratie Boer, qui, détenant le pou-
voir gouvernemental dopuis }O ans, s'en sert pour constituer un soctour
capitaliste national, tout en servant les intérêts de l'ensemble do la
olasso.}..1
-Imaginons que tous les contro-maîtres soient dos colonis6s y
africains ou asiatiques. La réalité coloniale serait Qncoro là. En fait,
aUX mains du capital, la politique de l'intégration goutte-à gouttQ dos
africains dans la catégorie~de "travailleurs qualifiés lt , porte à long
terme des risques de divisions et-sc heurte d'ailleurs à d0s limitas
structurelles précises. Mais, à court terme, ce sera le terrain privilé-
gié de la division entre africains. d'une part, métis et asiatiques,
d! autre part. La réalité~coloniale est à la fois politique et éconooique.
Toute revendication économique non située dans-le contexte g6néral do la
lutte de libération nationale peut être. intériorisée par le ca,pi tal.
--_._--_._---------
- - - - - - - - - - - - -
1/ Nous sommes d'accord avec Y. Tandon qui démontre que lê pouvoir
-
d'Etat Sud africain a une certaine autonomie (voir bibliographie).

R/2795
Page 96
II.
Sous-salaires, sur-salaires et surprofits.
En étudiant la structure de la force de travail nous 3,vans
vu que pour l'essentiel, la production est réalisée par los oolonisés
et spécialement par les afriaains. Il s' agit maintenant do voir OOYlent
se fait~la répartition du produit et en premier lieu ontre 18 OQ~ital,
les colonisés et les travailleurs colons. L' idéal- serait ôvideur,lont
d'examiner un tel phénomène à l'échelle sociale toute entièro. Si c80i
est relativement aisé en ce qui concerne les salaires, - il n'on
st })3,S
do même pour los profits, puisque la comptabilité nationale ne perDot
pas d'isoler los profits des-grands monopoles. Néanmoins~ Q0S études
sectorielles ont permis de donner une idée do l'ampleur do cos ~rofits.
1 -
Les profite
Evidem~ent, il Gst très difficile, comme nous l'avons-Qit,
do~ connaître le volume réel de la plus-value capitaliste. La iJ011opolisa-
tion et "l'échange inégal" des éconorJios- capitalistes empochent li 1 'woir
une mesure empirique du prix de production.
Néanmoins, on peut constater que le taux do oroi88:"'1/0 ClOS
"profits des sociétés" est très élevés 1 607 millions de Rands-en
et 247§ millions de Rands en 1913. Les profits cumulés do coS entrer'l'i-
ses, compt~ non tenu de la reproduction élargie (réinvesti8Gemont ~u
surplus), ont été de 10 833 millions do Rands, et le taux c:u OrOÜJ8:,êllCO
')j
annuel moyen de presque 7 %, taux double de celui de l' inflétti('\\l1.~
---------------------------------------------------------------------------
1/ 1 Rand ... 0,62. (Anglaises)
-
... 1,46 ..
(U...S.A.)
= 6,05 F
(Frallce)
....
2/ U.N. yearbook of N~ional Acoounts Statistics 1974. Vol II (O~~tiDuod).
Dans le-système de comptabilité dês Nations Unies (SCIr, -la éLéno::1in3-
tion "Société" est resorvée aUX sosicétés anonymes ou fonotionJ:)."},i1t
commo telles~ Les profits ainsi caloulés approchent donc DG3,UCOU~ do
coux dos monopoles.

T/Jj~L.~;ru lJ-'::'
:FRUFI'I'S illI j-ü"RI JJC .DU ',:"iJD t
TAÜZ
l
Etats-Unis-1/- Rendement moyen des investisserJel1ts d.irects a l ' étranger 1960 -- A ..... !": Q
,>vO
( en %)
1960
1;,61
1S62
1963
1°6.1
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, .
1965
1966
1967
1968
1969
1970
Afri ~ue dt'. Sud
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_épart8~ent (lu Go~·m8rce des Etats-U~is : Survey of ourrent business
Otm : Indu8tri~lisation~ c2pitaux étrangers et apartheid, p. S1.
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Joyaume Uni_ ~.)ca.rd of Trs.cie Juurn.::.l·; 2') Janvier 1S·:C8.
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indu'.: tri alisa' ion, cari taux étran;ers et ,11::rt;i3id r. 51.
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Rj 2195
Page 98
Même en CG- qui concerne les taux de p::r;ofi ts au sons COLlU":;;TCl:J1.
coUt'fl.t1t (très en dessous des profits Glffectifs compte tenu du o8,r,~ctèrG
• monopolistique du .capitalisme oontemporain), i l n' y a pas ,1'inforcLtions
exhaustives, sauf peut-être"pn ce qui concerne le secteur nunior.
"1'on ne dispose pas pour l'instant de chiffres incliqwmt l~i
divers taux de rendements par secteur dans l'industrie s~d-africGine!~.-
Néanmoins, i l est établi "que les rendements clos inv3stisse-
ments dans le secteur des industries cxtractiv~s et-dans- colui ::':)8
industries matlufacturières en Afrique du Sud sont sacIJ dGlute nettornoo't-suÇlé·
rieurs à 1:1 moyenne". ~
- En effet, comme le montre le tabl~au ei-dgB~US, los taux de
profits sont particulièrement élevés et surtout d'une grande stabilité.
1/ -Sean Gervasi ; iodustrialisàtion" oapitaux étrangers ct tr,wail
forcé en Afrique du Sud, Nations Unies, 1970, p. 68.
2/
Id. p. 68.

R/2795
page 99
Mais peut-être plus que_le volume et les taux do profits,
les flux des investissements des m.onopoles révèlent mieux, la cLynaüquo
do la plus-value. Pratiquement, tous les grands pays capitalistes inves-
tissent de plus en plus en Afrique du Sud. Alors que jusque vors les
années 60, c'était-la chasse gardée du grand capital britanniquo et un
peu américain, auj~urd'hui, tous les p~ys de l'O.C.D.E. y investissent.
En 1970, Gervasi écriv:ait déjà-I "le montant des investissements étran-
gers en Afrique du Sud est-aUjourt?ui ~upérieur à 5.000 Dillions de
Rands (7.000 milliOns de dollars)7
Le mouvement est extrêmement puis-
sant dePUÎ:squ' en 1961, la bureaucratie montra sa grande cCll!aci té
cl' assurer la "paix sociale", en massaorant les manifestants do Sharpe-
ville. "L! investissement étranger a augmenté au rytbJne de 5 p.
10J
t Q...v __d\\::'ii._:r..)
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i' ;.1 t i "
·0 ': '.:'
environl de l ' investissementintériéur dans bien des pays qui imrostis-
..t.}::
s.ent en Afrique du Sud.
---------------------~----
1/
En 1966, les participations des trois rrincipaux investisseurs
-
européens; (non compris le Royaume Uni),~se chiffraient au-total à
460 millions da Rand~. (?40 mill~0tls de do)lars.environ ••.• Pol,lI'tant
dès 1968, l'Afrique du Sud indiquait que le montant de ses-dettes
vis à vis de l'Europe Occiaentale se cniffrEüt à 864 millions de
Rands (1.210 millions de dollars) ~ il. tous points de vue, cooi E',
cr>nsti:tué un accroissement surprenant -
Sean Gervasi, o. c. 15 ~ 6;~,

ft/a".
Page 100
On-pourrait allonger la liste des indicateurs de surprofit
'ils iraient tous dans le même sens; ces profits sont très élev6s en
volume et en taux.
Les surprofits existent én fait, avec des sursalaires payéG
aux oolons,; ils contiennent un élément de surexploitation.
2.
Soua-salaires et sur-salaires.
Rapp~lons Clue la "t1orme" des salaires est donnée par le
niveau de développement des forces productives, mais Clue le nivenu
effectif des salaires est établi à travers le processus de la lutte
des classes. Y
La comparaison entre sous-salaires et-sursalaires, peut se
faire sur une basQ monétaire, mais une, comparaison en valeur d'usage,
en termes de consommation est plus suggestive.
L .~.
a - En revenu monétaire
Ni la population des colons ni celle des colonisés-n'ost
formée seulement de salariés. Une oomparaison globale entre Noirs et
Blancs par exemple ignore ce fait. Néanmoins,-elle est aSsez révél~
trioe d'une situation-oaractérisée grosso modo par une struoture dua-
liste de la répartition des revenus à tous les niveaux.
a 1 Par habitant
En 4970, le reVQnu par habitant de la population afrioaino
_... _.. ,.-
. _.
..
~,,- ..~
-
- _.
. " . . . , .
.
..-..".
. ,.
~
était de 146 dollars-environ. Certes, oe ~evenwétait de 83 dollars on
1960, oeClu1 peut ta.iJ:'Et c:t'o::\\I'.~ à,iUne.,a,~el!Jta:t.~ollliensib~e,.M·ais
'f..l'infi
tion al1éduit la valeurrêelle et l'augmentation ne représente pour
la période Clue 25 p. 100 en ce Clui cOncerne les olasses pauvres,
_ _ _ _ _ _ _. . .
H ._ _ ,
- - - . . , . _ _ - .........- - - - - - - -
~
1/ S. Amin, 101 de lA. Vl'üour ét éo1ianRO inégal 1 là fin dt un débat
-
Ap'\\hropo et 1974.
f

R/2195
Page 101
cependant qu'une fraction importante de la population n'en a,absolumont
pas profité". Y
Par contre, "l'augmentation du .revenu par colon entre 1960
et ,1970 semble avoir été supérieure à 33 p. lO u ,. cOmme l'indiquent les
chiffres suivants J
dollars
1960
1375
1966
1964
1969
2351
1910
25482/
Il no saurait être qUestion d'accorder à ces moyeunes une
s~gnification qui éffacerait les différences internes. néanmoins? olles
fontvapparaitre nettement un dualisme J les afvicains qui constituent
la fovee de travail prineipaledans le. pays n'ont qu'une maigre po..rt
du produit social.
---------------
. 1
. .
.
j. J. Friedman, la R.S.A. et la politique~d'apartheid. Faits de c&se.
Nations-Unies, groupe de l'apartheid. Notes Dodcuments 5/72 Février.
1972.

"!y2795
p~ 102·
- Pour s'apercevoir du caractère exorbitant de CG revonu
des èolons, il-:eaut. 'le ..comparer avec le reVenu o.Qxo;L.ti' feutres
pays ; p~ exèmPle, au Japon et en France, il n'était QUO de
S 1950 et $ 2550. !!
Cette différence fant~stique de revenus se t:raduii P3X
des éCaJ1ts parfoisvinfinis e12tre les niveaux: de conso:TJn,ti::m 1
comme nous le verrons plus loin.
a2
Les salaires nominaux: 1-
En !i..frique du Sud il existe, une "norme" de ~3al,ür8 Glini-
t'laI, .calculée Pa.;r:' des teohniciens, mais ce 12' est pas du tout un
salaire minimUIll garanti co~nme on peut en tl'ouver ailleurs. 110
salaire minimum garanti n'existe paS. La norme m~nima1e c~lculée
parles statistioiens, est le Poverty Datum Line, CP .D.L-.) •
2/
Potgieterr qui a organisé l'enquête nationale, le 16fi-
nit lui même ainsi 1
Le PDL est~une technique pour déorire le-minim~~ vital
théorique, qui comporte l'ensemble des éléments courants OSG8n-
tiels pour maintenir un ménage en santé.
------------------v---'
1/ Nations Unies, Annuaire de statistiques de comptabilité na-
tionale 1973.
2/ Potgieter, op. oit., p. 161.

R/2795
Page 103
Le-PDL est au mieux une estimation, prenant en compte unisue-
ment des considérations de très court terme. En effet, les postes esse~
tie1s sont J nO'l..U'riture 1 (58,69'-%) J habill.ement (14,38 %), logement
11,63 %-J traosports 1 6,5 %; combusti~les 1 3,2 %.soit 94,5 /~ pour
les besoins tout-à fait animaux. L'éducation entre pour 0,55 %et les
faits médicaux pour °,'77. Y
Or, une~enquête ,Publiée en mars 1972 par The .. PrDductivi ty and
Wages Association de Johannesbourg, montre "qu'environ 80 p. - 100 des
travailleursvafricains .. ~Y.é1~~:r:~ode6 salaires inférieurs aux Poverty
Datum Line soit 16,15 Rand ($ 21,48) par semaine. '-'31,6 %de ceux-ci"
gagnaient moios de 10 R( 13. 30) par semaine. Ils sont Gl10lus dos !al-lo-
cations du chômage et d'autres avaotages. 3 à 7,5 p. 100 de travail-
leurs africains ont des salaires compatibles aveo un niveau de vie
2/
o .
°
décent". _
v
~~_."------"---------------"-------
1/ PQur la ville du Cap 1
- "Le revenu minimum vital pour une famille de six personnes ne permet
de disposer que de biens indispensables à la sub~istapce. Le budget
mensuel d'une famille disposant de ce revenu se décompose comue suit 1
Rands
- Rands
- alimentation
52,57
impôts -
0,44
... hâbillement
12,91
éducation
0,49
logement
10,47
néttoyage
2,97
combustible et éclairage
3,04
frais médicaux
0,69
transport
5,86
C
b d
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t
l
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.

. t .
.
' t ·
~9î14 h
e
u ge
ne perme
aUoun
o~s~r,
aucune ac ~v~ e reorea ~vey n~
ac é
d'aucun bien durable, et exclu~ de nombreux articles que les Blancs
d'Afrique du Sud considèrent comme ludiepensables. Afin de permettre
ol'achatVdecertains de ces "extras" on a. fIxé le minimum vital décent
à une fois et demi le Poverty datum Line soit 134, 16 Rands par mois.
Enquête d'etudiants de l'Université du Cap, rapporte in. Nations-Unies 1
Ln. mairHl'oeuvre africaine enVAfriquo du'Sud, le groupe de l'aparthoid,
Notes et Documents N° 25/74 Août 1974.
v
3/ Nations Unies, Groupe de l'apartheid, Notes et Documents If0 14/73
Juin 1973 p. 6.

R/2795
Page 104
Sur 13 branches économiques distinguées par une enquête natio-
tlale, deux seulement (banques et assurances, où le nombre des Africains
eat infime) paient aUX Africains des salaires mensuels supérieurs à
70 R, soit 71 et 77 respectivement.
Les salaires urbains les plus~bas se rencontrent d~ns les mi-
nes (21 Rand~) ,dans les administrations~rovinciales(42 Rands) ; et
dans le commerce de détail (46 Rands). 2
Dnnc, le PDL, n'est absolument pas considéré par le capital
comme un minimum.
A l'OPPosé, les travailleurs colons touchent des salaires très
élevés qui, à n!en p~s douter, o~ntiennent ~es~léments de plus-value.
Sur ce point, nous sommes d'accord avec Davie~ qui lui aussi analyse
le phénomène de surs~lairG~en ~frique du Sud). La pr6conco do
l'élément de surexploitation contenu dans les salaires des Blancs est
.ien rendu par le graphique ci.:.contre. Il montre,~qu'au cours de la.
dernière décennie, alors que le salairevannuelvm.yen du colon passait
de ~90U Rands à 4QQO Rand~celui du colmnisé noir Passait de 400 Rands
à moins de 700 Rands.
----,-------
1/ Sechaba,~Juin 1975, d'après l'enquête de D. Harner du South African
-
Institute of Race Relations.
2/ -R. Davies. The vlliite Wor~ing class in South Africa, New Left Review,
- Nov. IDée. 1973.

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_,.2Jdi""""*."""'-'''''-
(.1 .~
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.
.
•.1.. .~..., ;'.-1. L.- .~;
(j, 0
"1
lotes .~t

R/2f)5
Page 106
Cet écart grandissant n'est nullement da à uneaugment ...tion
supérieure de la produotivité du travail chez les colons, au contr~ire.
Dans les mines, par exemple, alors que la pro~:!:lctivité moyenr:e. du
travail passait de '10U à 157 %entre 1920 et 1965, celle des- travail-
leurs afrioains passait de ~UO à 188 %. Or, en 1965, le ratio du sa1ai-
·re du mineur colon par rapport au mineur -afrioain était de 17,7/1 en
1965, au li eu de 11, 7/1 en 1911. 2/
f
Cet éoart se retrouve dans la consommation des valours d'usage.
b)
Sous-salaire et sursalaire au niveau de la oonso'mmation.·
l'
Radio
1 Blancs
98 %
Africains 1
29 (.,,'1]
RéfrigQrateur
1 Blanos
92
,
Africains 1
1,6
Téléphone
Blancs
69,8
Africains 1
0,1
Machine à laver
1 Blancs
62,9
Africains 1
0,02
,--------------_---,
....
-..;..-------~-----:-----
'1/ R. Davies, ~lhite Workers in South Afrioa.
2/
Souroe 1 Nationa-Unies 1 Objective Justioe 4 (3), Sept. 1972.

R/2795
P~e 107
De même, en ce qui concerne les soins médicaux~
En 1958, 43 %vdes lits d'hôpitaux étaient réservés aux oolons.
"D'après une est.illlation ultérièure", dana les "zones blanches" on comp-
tait en 1972, 10 lits d'b,6pitaux par millier d!habitants~poux les
b~ancs et 5,7vpour les non blancs. Dans les r~omelands, où pourtant
~~s besoi~s so~1 plus impérieux, ce chiffre n'était que de 3,48
POuD millo habitants.
"Il est généralement admis écrivent les experts de 1'01.13, Que
l'un des meilleurs indicateurs du niveau de santé est le taux do mor-
taUté infaJ?,til(3e 0:r, erl:.1:971, ?~~..:.!~~ était de 21 pe. 1000 chez les
colons; de 122 pp 10°° chez les métis et de 36 p. 1000 'chez les
AsiatiQues'~. Le gouvernement sud africain ne publie pas ds stati13ti-
quos conce~nant la mortalité infantile chez lés Africains. l,lais une
étude faite a....' Transke1 en~1968-69 révelait un 'taux de 216 p. 1000,
soit 10 fois celui des colons.
"Tous les él éments dont on-dispose prouvont Qu t il existo une
gr~nde différence entre la situation sanitairo des blancs et colle des
noç blancs, la moins favorisée étant~la population africaine indigène
et les deux prinoipales causes de mauvaise santéot de décès étant
los carences nutritionnelles et les malades transmissibles". ~/
-~-------------'----
1/
Les faits sont tir~s du document N° 5/75 Mars 1975 du Group,) de
l'apartheid des Nations Unies, et qui a pour titre les ConséQuonces
de l'a-partheidsur' laaanté en ·Afrique.du Sud.

R/2795
Page 109
On peut émunérer d'autres éléments. Envce qui COncerne les
logements dans les villesJ'prenons l'exemple de Sowato, la grande ville
dortoit près da JohannesbotU'g. Lesvtravailleurs: y sont plus libres
qU~,dans les oompou~dsdes mine~1 où à. peu près cinq cent mille Afri-
cains,(99 %célibataires)viven~. cependant, les conditionsvrnoyennes
de vie à Soweto sont tout à fa! t. misérables. Outre la monotonie acca-
blante (petits logements de 4 _pi~ces à perte de vue), lescbnditions
dlune vie~urbaine n'y sont absolument pas réuniG •• Des dix mille mai-
sons de Soweto qui se ressemblQnt, très peu ont de l'électrioitévet
des sanitaires. Les magasins sont très rares, l'administration colo-
niale "enoourageant" les A:fi'rica.:Lns. à faire leurs emplettes à
JehannesboUI"g. Les revanus~y sont utrêmement bas 1 alors que "l'As-
sociation of Chambers of Commerce of S.A... Il a évalué à 70 Ranis par
mois le minimum nécessaire, ;le salaire moyenydes travailleurs de
Soweto est de 50 Rands. Il n'est dona pas.,.étonnaut que les femmes se
livrent à toute sorte d'aotivités, consid~rées ~omme illégales. 31
1/ Ces travailleur's logent'dans des conipounds poUr célibataires dont
-
certains hébergent jU'ilqu'à 7000 occupants, le nombre de personnes-
par chambre variant de 12 à. 90. Les compounds les plus anciens (cons-
truits avant l~ deuxième guerre mondiale)-n'ont pas de lits. Dans
CeS compounds, les·travailleurs doivent fournir leur propre lit ou
dormir sur des oas-flancs en cimen~. mn 1969, 71 p. 100 de la
ma!n-d'oeuvre logeaient dans des oompoundsaonmens ~ Nations-Unies,
groupe de l'apartheid, N° D 25/74 Août 1974 p. 7.
-
2/
Entre autres descriptions, voir celle de Juin Hoagland, South
- Africa, civilisations in confliàt
George Allen and Unwin P. 83 et
suiVe

R/2795
Page 109
~ucun doute n'est permis, nous sommes en présence_de la pau-
périsation -de -la majorité des travailleurs africains. Encore nI Q.VOl1S-
nous eXaminé qu'un aspect. Il faudrait normalement intégrer ces chif-
fres dans le bontexte réel : celui d~ système de travailleurs migxants
qui condamne une partie de la force -de travail,o::-lo qui est- r3sté8 ~ /
dans les réserves, à travailler,-,toujours plus pour-le grand;oapi tal-:'
Qu'il suffise de remarquer tot.-jqus-'dé1jà._ ~D~?~50,. Tomlinson, cJ::1arg§
-
.
de faire une enquête~exhaustive et dQ proposer des solutions pour une
meilleure organisat~on de la surexploitation des africains, faisait
le constat suivant 1
ilLe revenu effectif produit dans les Réserves est demeuré à
pe. près le même depuis 1936 (à part quelques fluctuations causées
par des faoteurs/climatiques), tandis que-le revenu par tête d'habitant
2
.
est même tonbé l ,"=,IIl\\1a1gré des allOCations considérables de c::tpitaux (sic)
èt d~s investissements de la part ùe l'Etat pour le développement des
régions Bantoues (~
90,UOO en 1945 ;-~ 1.385. 000 en 1952), la produo-
tion agricole de ces régions est en constant déc1in".
Il est très important d'insister ici sur la paupéris5l.tion.
Dans-un amalgame confus, les idéologilea.)de-l' apartheid s'opposent à
la comparaison des salaires et des conditions do vie africains avec
GOUX des colons.
Ils prétendcmt 1°) que les3~fférences de salairos
~eflètent les différenceS de qualification~ Quelques suffisent à
1/ Cf. la Partie sur la surexploitation des paysans Basutos par 10
-
capital_industriel.
2/ Version~française de l'abrégé du rapport Tomlinson préparé par le
-
State Information Office, Bantustans P. 64.
3/ G.A. FENSKE and T.R.N., I~~IN
LabOur and the Cold mines (Review noU •
-
in~, Sept. 1973.

R/2795
Page 11'
!{illLEt.U N° 4
Ro.nds
,
""-SC
-
Professions
AfricainG
Colons
- ~ - ~
Professeur (diplemé do l 'UniversitG)
75,00
250 ,00
-
- _.
.. ---..:.
Instituteur
44,50
220,00
--
Infirmier
43,33
13°,00
~ ~ ~ ~ ~ ~ - ~ ~ -
~-~-~
~_._.
-
~
Chauffeur cl' autobus
3°,00
155,°0 J
~ ~ ~
-~__~~-1'"",,",_"'.~-<-.=.~~~- -
Chauffeur de crunions
47t 66
110,00
1
-
~--~
-
Clerc d'avoué (apprenti
-_.-
~ ~ ~ ~ . ~ .
Agent do polico
..
~
r~édecin (interne)
Source : BIT. 5è rapport spécial p. 42.
Ce tableau détruit totalement l'argement solon loquel, 12, diff6rence
des salaires serait plus ou moins basée sur les diff6r~1ccs de quali-
fications.

R/2795
page 111
1/
réfuter oet argumen~ - 2°) que oomparativement à oeux des AfriDains
d'autres pays africains, les salaires sont plus élevés en Afriqu9 du~
Sud. Mais cet argument Qst erroné aussi, oar dans chaque ff)rmaticn 8 0 9i81
c'est le degré de développement des forces productives qui doit per-
mettre de juger du niveau des salaires, en premier lieu. La comparai-
son avec oe qui se passer ailleurs vient seulQment en seoond lieu.
Or,l'Afrique~du Sud est de loin le pays du continent les f.rces
produotives sont le plus développées.
D'ailleurs-le tableau ci-oontre m(lntre nettemont'.qu'l ~
égal, il n'y a absolument paS d'égalité de salaire. Nous assistons à
des écarts de 1 à 5 (instituteurs) ; de ~ à 3 (professeurs diplômés
de l'université, lyoée~ ohauffeurs d'autobus) 1 à 2 (médecins).
1/ V~ioi quelques exemples, qui montrent-les pouroentages des salaires
- des travailleurs non qualifiés pra rapport aUX travailleurs qualifiéa
en 1938 •
Afrique du Sud
'. 16,7
Nouvelle Zélando
1
81,3
Canada
1 52,9
Grande Bretagne
'. 56,0
Australie
• 75,4
Allemagne
t
19,0
Suède
1 82,0
(Boaad of Trade and Industries, 1945
oité in SAJE, Sept. 1973 p. 224)

R/2795
Page 112
-Il n'y a pas de doute, la paupérisation~des africains n'a-que
peu à voir avec les différenoes de "qualifications"",_ La réparti tian du
.
.
.
produi t socÏ;û est b-as·ée essentiellement sur un rapPd-~ do force, un
rapport de forces politiques. Le capital, Ein-payant des sursalaiI'es
aax travailleUrs colons les a intégrés-idéologiquement, de manière
qu'ils mènent une activité effective contre les travail~eurs africains.
.
. 11
Dans un article remarquable à cet effet, John GAETSEWE; rappelle oom-
ment, -depuis 1922 aU moins, la mti.jorité des leaders syndicalistes 00-
lons-ont constamment appuyé la politique du sursalaire, sur-profit
et sous-salaire. 1°) Ils brisent les grèves des africains dès que le
capital le leur demande - c'est ce qui-est arrivé par exemple eD 1946
,
à Durban. 2°) Ils appuient la répression des ayndioats afrioains
aJ.ors Clue jusqu' en 1966, des' syndicats à direotion- uniq,,1,J.ement l'olanche"
pouvaient comporter des membres-africains, cette possibilité est (levenue
:
.
.
"
illégale dès 1966 'Jjec le concqurs actif de la seule oentrale auj~urd'hui
3/
.
reconnue :yla TUCSK • •1.1 rivale, qui qe-veut multiraciale n'a pas telle-
ment d'éch~s auprès des travailleurs colons.
La reproduotion de la foroe de-travail ne peut donc paS se réa-
liser seulement pli.r le~ ,dépenses des Sous-salaires. Il faut faire inter-
venir l'intégration des oampagnes aUX usines.
- - - - - - - - - - - - - -

1/
John GAETSEHE, Wh"i te Trade Unions in South Africa, in SECHAB;_.
- 7 (Oct. - Déo. 1973).
2/
Trade Union Congress of South Africa.
3/ SACTU: So.th A~ican Congreas of Trade Unions.

R/2195
Page 113

~On sait que,la pratique de cette intégration à travers les
migrations oscillatoires,
est très couramment appliquée dans les ~
grands pays capitalistes aujourd' hui. Il repose sur la constatation
que ce système permet au capital de ne subvenir que très partielle~8nt
à la reproduction de la force de trg,vail 1 une partie- importante du --
temps de travail néoessaire à la reproduction~est accomplie al~rs, non
par le travailleur singulier qui a passé un contrat de travail (rle ("our-
te durée) ·avec le· capi ta1, mais par les femmes, les enfants ou L,s
"inaptes" à la production industrielle. Ce pri-ncipe est mis sy.stémati-
quem~nt en pratique en Afrique du Sud. F. Wilson estime que l~ propor-
tion d 1/travailleurs migrants dépasse aujourd'hui 50 %~dans certaines
villes-;- y compris bien sûr les migrants internes. Il montre Que C0 sys-
tème, lancé pÇl.I' l:a capital minier, s'est étendu à l'ensemble éLe l' éco-
nomie sud-africaine.~Les chemins de fer et les po~ts, ainsi que l'in-
dustrie secondaire sent tributaires d'6 la main-d'oeuvre. migrante dite
contractuelle. Dans la construction, les travailleurs-sont ~ecrutés lans
le cadre de ce système que l'on ét.endégalElfll:érit à l 'hêt'ellèrie à
Johannesbourg,
eto.
Le capital considè~e donc que le a&laire qu'il pai~ n'Bst qu'un
complément. Mais i l faut voir qu'évidemment les réserves (internos ou
non) se détériorent, de telle sorte que de plus en plus, le /alaire de
2
famine doit permettre d'entretenir l'ensemble de la familleT En co Qui
conc(;JJrne le Ciskei, l'une des réserves les plus fertiles,
33 5: da foyers
ne possèdent a...:tcune tlii.œre arable et 8,1 %du 3jvenu monétaire de l' en-
semble des ménages provient de l'agriculturer-
--------_.._-------------.-':"-------------------------..----
1/
- F. {[il~('rn, Migrant Labour in South,Af:-ica, Joha~,"nesburg, 1912.
2/ Voir notre étude sur le cas du Lesotho.
3/
- F~ Ï'Tilso.n\\, o.c., rapporté in Nations Unies, Groupe de l'apartheid,
Document 14/73, Juin 1913.

H/2795
page 114
Remarque.
N.us venons~de rappeler qu'empiriquem~ntJ les phénomènes de
sursalaires et de sous-salaires sont bien liés structurelle~ent en
Afrique du Sud, Quelle est la nature de l'élément de- sursalaire. Il
est clair Clue:c'8st une pa1<'tie~de la valeur 7 à la production de la-
quelle--les-producteurs colons ent participé, "Ce qui est i'.;lportant

c'est de const~ter qu'ils touchent une sorte de rente.raciale. En
effet,. au mêmè ti tr"e que "la 'classe capitaliste subordonnlc' lA~gronda~.
propriété en lui concédant une L'enté foncière, elle P0ut conc~der une
i
partie de la~plus-value à un greupe de travailleurs pour pouvoir les
intégrer idéologiquement.

C'est une erreur~de considérer oe sursalaire comme la plus-
value elle même, le rapport d'exploitation capitaliste par excellenoe.
LG sursalaire ne peut exister Sans surprofi t, alors que celui-ci est
concevable Sans le stll'salaire. R. Davies n.' a pas insisté sur cet aspect
dans son a:rtidle,; si.iiri88 travaiiÜ~~s· Bran~s "en 'AfriClue du Sud.
3
Taux de surexploitation
L!élément de surexploitation est la différence ~ntre la plus-
value (profit) c~rrespondant à un salaire norm~l ~t la ~lus-value cor-
respondant à un salaire ne permettant paS la reprQd~~tion. nODmale d~ la
,.
.~
force de travail. C~ est ava"nt tout un concept de la répartition. Nous
avnns vu que dans le cas-de l'Afrique du Sud, cet élément est partagé
par le ca.pi taJ. en deux portiolOs : celle qui lui revient (élément SUL'ex-
ploitation contenu dans le profit) et celle qui va aux salariés colons
(élément de surexploitation oontelOu dans les salaires des tr~vailleurs
Blanos). Empiriquement, pouvons-nous le .. calculer_dans Sa totalité?
POUV1lns-nous en mesurer séparément les deux compÇ)sant~s ? En tout état
de cause, on ne pourrait procéder que par addition, tout-en n'oubliant
pas qu'au ·niveau fondamenta1
l' ~lémentde surexploi tatiop:n '·est pas
7
une somme, mais un tout qui Peut se diviser-en parties. Commençons par
le calcul de l'élément de surexploitationcontenu dans les .. salaires.
\\.
\\

R/2195 '
Page 115
a) taux de sursalaires
..
L'~lément ds surexploitation contenu dans les salaires
des oolons, tout en étant un,oonoept précis est diffiOi;i à calculer
en raison de l'absenoe des normes de repères. R. DavieS-a tenté de l
oalculer à partir Qe la notion de "valeur sans plus-value". C'est le
salaire qui cerresponclrai t à 11ne situation .ù toute-la valeur nouvel·
lement créée (au, sens marxiste, V .j.- vs..)...3/.d l'âeoad.rclt en1ièromcnt
en: salaire. Il considère que la différence entre oette grandeur ?t
le salaire effectivement perfu-pÇl.I' le travailleur Blanc constitue
&
_.
l~élément de aurexploitatien contenu dans son salaire. Sans être
convainou du oaractère réaliste de ce choix~ nous allons rappeler leI
résultats de l'auteur.
R. Davies ~ fait un travail consid€rable,
dans la tentative
de la mesure de l'élément de surex:plni tation qui entre dans le S1ll'-
(""
salaire. n ~ J.rfCl6nbnt_dùJ::1ov.nmmct dnnll=troio brm-
ches très importantes de l'industrie Sud-africains : l2s minas, l' itl.-
dustrie manufacturière et la construction. Il justifie de manière tOl
à fait satisfaisante le chl"\\ix de cos b1!an'9hes. - Eh piJ-rticulier, il
insister sur un point: C'Gst dans l'industrie manufacturière que lef
africains ont les salaires les plus élevés. L33 conclusions ,déduites
..,
dG, co secteur, quant à la pa:dicipation des travailleurs colons d'ex-
ploi tationdes africains seront à "priori" vraies pour l 0 rl,ste do
l' éoonomie.
Il calcule le taux d'exploitation (en fait de surexploitatior
d$s travailleurs afrioains. Iloalcule le taux de sursalûroGn prOOE
dant de la manière suivante
1
il oalcule la valeur moyenne crêée
par le travailleur colleotif. 2
Il calcule ensuite la diffôro':1ce er
le-salaire effectif des colons et oette valeur. 3 - La différence
(positive nécessairemont) entre le deuxième élémQnt et le premiGr,
oonstitue le sursalaire. 4 - 10 taux ast 1 G rat:Jport (mtre cetto diff(
ronce et le salaire des Africains.
1/ R. Davies, vfuite Workers in South Africa, New Loft Roview N° 82.
Nov. - néc. 1913.
2/
V; Capital variable
Pl
Plus-value.

R!2795
Page 116
Il arrive .:lUX résultats su.ivants
linos
1911
1920
19.30 "
1940
1961
1970
1972
". J31):~.:
2.32~:,
.365/)
240)10
.316~;"
415~;
Indu.stri8s et constructions
196CJ
1965
1968
1969
' . .'1
241j~
213(i~,
171 ):;
1957~
Le tableau. fait apparo.ître: W1 accroiss8:,i::;nt trc,s net et signi--
ficatif du. taux de su.rsalaire dûlS les mines. Dans l'indu.stl'ie et la con8-
i .
tru.ction 10 mouvement n'a pé18 connu. u.ne evolution très preoise ,il1 cours
de la derniere d,;ccnrüe, qu.oiqu' on pu.isse clire qu.'en 1969, il é,tit
i~férieur à celu.i de 1960. Peu.t-ê'tre ~e su.t'le sens de l'êvolutiçm
fau.t-il insister d'abord su.r l'existence du. -caux do sursalaire lui-môme.
Même dans l'indu.strie et L"1 construction, i l a varié entre 141/~ et 241~0 au
cou.rs de la décennie, encore qué peut-être ces t~\\UX Gont-ils un peu
exagérés, en raison du contol1L1, que donne Davies ù la notion dG sursD,laire.
En effet, son concept principal "celui <le 1:.'1. valeu.1' s.:ws plu;s-vahlel~,
correspomlant 2. une si tlléLti on où toute la valeur reviont élU tr,w::ülleur
colloO,1;if, ne permet pas de cr;IIP,ler le t.:lUX de surprofi t, notion ))lu.s
importante du. point d;.) vu.e de la dynar,üqu.e du systêlJ:e, que: c8110 cle
sursalaire. C'est de cc t:1,u:z: C~L10 nous 2110ns donner une idée waintcllant.
Happelons que 10 su.rprofit
corrc:spond,',Q,Q profit que ;rGalise
le capital du. f2.it qu.'il SOu.s-.c;aic les tr:wailleu.rs ù,fricnins. Si nons
sommes dému.nis pou.r avoir un·:; estüiéltion sta.tistique en cc qui concenne
le salaire normal d'un productcmr maye, nous disposons au moins du
Poverty Datwn Line pour los Africains,
qlle nous <1110n8 considGror comma
su.ffisant È:. la roproduction de leur force do tr:w~il.

R/2795
Page 117
r
...•
--~~~~.
".~
iCompte c1.'exploitation
Compte d'exploitation
avec sous salaires
avec salaire nécessaire
(en millions de rands)
(en millions de Rands)
PDL
1
~-~,~~-~"-~
. . .
~~~~.,~.---~-~~-~-,-
:
1961
i
1972

1961
.
1972
'-~..~.-~=-~._~~-i-~,~~.~. ~-~-,~~.~ ~~-~~.=-~~-...-~~L.~.,~.·~=·_~
Valeur nouvelle dont
!
442
i
874
442
874
Masse den salaip8S dont
182
326
331,3
739
a) Sous-salaires
59,7
95
b) Salaire correspondant au PDL
203
508
c) Sursalaires des colons conte-;
nant une part de l'élément de!
sur e:l.-pl oitation
i
122,3
231
122,3
231
Prof'its réalisés dOnt
260
548
élément de stu'prof'it
149,3
413
Taux de surprof'it
250
434,75
1
•.
_.
'.a.:o~_ _ -4-'~_.'"
_ ~ . = - ~ .
_ ~ ~ . ~ -
. L - , - * -
-~_
~~
Sources : Nations Unies CEA : Economie suryey of' Arriea 1966
Frere Ginwala African Workers Strike against ~pDrtheid.
Nations Unies groupe de 1 t aportheid. Notes et documents
14/73 June 1973.
-,.\\

R/2795
Page 118
L'idéal serait-do procéder au calcul du surprofit sur Uen-
sembJ.e des branches~économiques. Malh<i:1ureusement-ce n'Jst pas possi-
ble puisque nous avons vu que'cesiuformations sont très fragmentai-
res, même en ce qui concerne los profits comptablos. C'est seulement
dans les~mines d'or que ceG informations-sont-assez accessibl?s. C'est
par rapport à cette branche que QOUS ilIons donner une idée de la mesu-
re de l'élément de surexploitation. 1esr€sultats
seront tout de même

significatifs, étant donné le rôle que l'or a joué et continue de
"
.:
• '
jouer-dans l' extraotion de la plus valhe des travailleurs afrioains
4
au pr4n t du- système oapitaliste dans son ensemble, et étant donné que
l'accumulatien ducapit.l oon.inue d'être finanoée pour une très grande
partie par le travail des minuers .Aussi en '3L'feot.uant les calouls à partir
de ce secteurs'tmmes nous sûr de ne pas les
'.
... "
" faire sur un
..
,
'
s3cteur mar-
ginal, mais au oontrq.ire sur un seoteur vi taJ.. 2/
'.
,~
P(!J(;J-ns salaire nécessaire = PDL. Nous avons donc d'une part
les profits effeotivement réalisés et d'autre part ceux qui auraient
été réalisés, si les travailleurs afrioains avaient un salaire moyen
égal au PDL.'
-Le taux de surexploitation est le rapport entre l'élément
surexplciltation oontenu dans les profits et les salaires effeotivement
payés aux africains ou sous-salaires.
Nous aVons pu réunir dos données pour deux années 1961 et 1972,
...
...
,
que nous avons groupées dans le tableau ci-contre. Dans la partie gauqhe
.
,:
sont regroupées les données Gonoernant l'histoire effeotive. Dans la
2ème oolonne, n.6Bul.-t-at sont c('\\'U:lt qui,.cc:rrospondratarrt ~au. .Povor-ty
DatunrLine.
---------.,;..--
1/ Gerhard de Kock.Gold and the S.A. economy, sorne reoent devGlopments,
S.A.J.E. sept. 1974 ; F. Hilson, LabOur in the S.A. Gold mines;
Gervasi,South West Afrioa.

R/2795
Page 119
1e tableau montre que le taux augmente de manière fant~eti­
;que entre 1961 et 1972, passant-de 2'1 %à 435 %.~Encor0 une fois
o'est la tendance à l'aggravation de l'exploitation qui l'emporte.
Remarque 1
Il ost olair que ce que nous avons appelé élément de
surexploitation s~ résoud au moins en partie en-capital, au niveaU de
l' accumulation ~ ~ù se rêalise cette accumulation n' r2St_paS le problè-
me essentiel à ,:00 niveau. Il suffit d'attirer l'attEmti-on sur le fait
que c'est un.. pa.rtie du salaire nécessaire~qui est ainsi affEfot ée à
l'accumulation ou éventuell~ment à la cons.mmati~n caPïtaliste. Dans
un caS comme~dans l'autre,~.p peut parler de financement réel de
l'accurnulati••n (ou de la~c"psommation capitaliste);" par le salair.e.
1(,) mythe de l'accum)J.l.ation capi talistepar une plus-value normale
d~,it être revu. Ce qui se passe dans ce pays n'est pas un _as particu.-
.. .
lier.
li l'échelle d.u système capitaliste, une ma.sse impressionnante
de paysans, d'artisa~s, d'ouvriers, sont surexploités au profit de la
classe oapitaliste pour l'accumulation ou la consommation et d'une
r.linorité de "salariés", fussent-ils eux mêmes producteurs de plus-
value.
L'idée prinoipale qui se dégage de cette partie, c'est le oarao-
tère indissolublement lié des surprofit, sursalaire et s-us-salaire.
La répaRtition inégale dés salaires intéresse le capitaliste dans la
mesure 4tù elle lui permet de réaliser des profits plus élevés qu'en
.
-
" . . .
~
caS d'uner répartition plus égalitaire. Ce phénomène, inhérent aU oapi-
tal, prend un oaractère extrêmement accentuê lorsque l'on analyse le
0'a,pitaIisÎlù3 a l'échelle du système. En Afrique du Sud, le caraotère
imbriqué, sur un même territoire d'un quasi centre et d'une périphérie
interne, rond oette inégalité particulièrement difficile à supporter.
Le- calcul ,)mpirique do l'élément do suroxploitation pose encore dGS
problèm0s non~résolus, maiz nous pensons en avoir donné UDQ idée. La
sure1~loitation produit des offets politiques que nous allons mainte-
nant examiner.

R/2795
page 120
III
Place de l'Afrique du Sud dans le s;y"stème caEi taliste
et' terrorisme dt Etat.
Politilê!uement, l'Afrique du Sud se pr~sente~comme une forma-
tion sociale, où, les Bhwcs,~en fait les colons, jouissentAle iioGr-
t~s poli~iques do type bourgeois européen alors que les' colonisés
sont victim~s du terrorisme o~ganisé d'Etat. Mieux, le terrorisme
s'üst développé avec le développement du capital clans CG pays .::,'1is
ce qui ést le plusvimportant, c'est que le prolétariat Blanc soutient
activement· le terrorisme d!Etat à l'égard dGls colonisés et qu~ 10 "
prolétariat Africaig est poussé vers la Révolte" sinon la !lGvolu"tion.
S'agit il d'un phénomène tout à fait singulie~ ou bien pouvons-nous
le relier à-des catégories plus générales ? Nous nous proposons de
situer d'abord le problème dans un contexte général. Ensuito 'nou.s
j
étudierons le cas de ItAfrique du Sud. En effet, nous no dovons pas
partir directement de "l'apartheid"; du racisme.
1.
Division internation....le du travail, transfert des valeUrs et
forme, de dictature bourgeoise.
Le mode de production,capitaliste~étantun mode de proQuction
Où règg,ont d,~~" contradictions de Classe,
on peut-dire qù' en gI'OS~ la
bourgeoisie y jouit effectiveml<lnt des libürtés politiques proclamées,
alors que le prolétariat ost politiquement ppprimé. C'est-cela 10 oon-
tenu ~ssentiol de la dictature du capital, aU niveau du mode cio pro-
duction. La- forme qu t ello prcm\\l, dana chaquo-foriaat1.on' socialo riéI)und
,Lde son histoire et d!.autres conditions. AujourrJ,t hui , abstractiC'n /
1
faite des teng.ancos oppressives largement analysées ot g.énoncées-g.arls
les centres, on peut dire qu'en général, il existe un contraste notoiro
entre leurs régimes politiques (social demooraties) et ceux de la
périphérie.
1/ Nous pensons aUX travaux de l' :2::co1e de Francfort et en l),J,l'ticulicr
à ceux de H. Marcuse.

R/2795
Page 121
Au centre, le domaine d'application des libertés politiques
et idéologiques n r ost pas en fait, résÇtrvé à la bourgeoisie at à SGS
alliés directs, mais s'étend à l' aristocratie salariale.
Au contraire, à la périphérie du système, 0' est le règne QG
V arbi trairG, depuis la période coloniale. Cêt arbitraire, commü t r d t
dominant, ne signifie pas absence totale des libertés poli tiqu8s ct
idéologiques. Il signifie quo c' est unecouch.e~très mince, celle c'cont
les intérêts sont plus ou moins liés aUX monopoles, qui peut jouir do
ces libertés. Ce~qui est~remarquable, c'est qu'en général, IG g::"2,ncl
capital s'en accomode, comme d'un mal nécessaire à l'extorsion do
la plus-value.
En même temps, tout se passe cOr.J,ne si à la périphérie du systè-
me, la masse était idèologiquement moins intégTée qu! au centre cè:~pit;:l­
liste, ce qui se manifeste par d,-,s tendances aux réval tes ct aux r'3vo-
lutions;d ' aill~ursrécupérables par la-bourgeoisie. Une hypothèse Ih3r-
met de décrire CEl oontraste : Les rapports poli tiques~entre 1,2. bour-
geoisie et 10 prolétariat, sont déterminés, toutes choses égaloG par
ailleurs, p~ le rapport entre les salariés bénéficiaires d'un surSa-
lairQ (aristocratie salariale) et la masse dos surexploités. De ce
rapport dépend la tendance à la "paix sociale" dont-le capital. a bosoin
pour s'accumuler, ou au contraire à l'instabilité sociale.
Nous disons que dans les centres oapitalistes, ce rapport tend
à être suÎfisant pour permettre l'encadrement de la masse dos tr~vail­
leurs par l'aristocratie salariale., tant au niveau politiqu8- propremont
dit qu'au niveau siTIdical. G'Gst cet e~cadrement qui conditio~ne la
. stabili té politique, c' ;st-à.-dire la non remise en oaUse du mode do
production capitaliste, autrement que de manière in~ffonsive pour le
ca,pi tale

R/2795
Page 122
A la périphérie au contraire,ce rapport ne tend pas à Gtro.
significatif. La !Jpa,ix-sociale" est~menacée. L'insuffisé1.nce du rapport
oblige alors la bourgeoisie à l'imposer directement par los app~1reils
politiques de répression. C'ost donc 10 caractère limité d.) l' ~'"risto­
cratie ouvrière qui est l'un des fondements essentiols de la tend~no8
à l'arbitraire à la périphérie du système oapitalis~e. Certes la con-
dition n'~st pas suffisante. L'aspoct politique ost très important.
Dans la formation. sociale, même si le rapport est ari thmétiqueelCnt
"suffisant" une aristocratie ouvrière coloniale n'a pas le poids moral
n~cessaire pour cmca,drer,-,pacifiQuementdes surexploités colonisés. Do
mêRle, par exemple, le prolétarié1.t du centre ne peut encadrer la m.Ün-
d'oeuvre immigrée que dans certaines conditions assez limitées.
En résumé, le système capitaliste repose sur la sur-exploitatior.
du grand nombre et le surpaiement d'une minorité de travailL:nirs. IJ~~
classe~capitaliste exploite de manière inégale l~s travailleurs (abs-
traction faite de la productivité)-: en sur-exploité1.nt la majorité,
elle prélève un élément de surexploitation qui lui permet de surpayer
une minorité de. travailleurs. CI est cette fraction surpayée qui sert
de relais idéologique pour l'intégration de la masse des. surexploités.
Dans ces conditions la bourgeoisie ~rrive -à intégrer idéologiquoment
la fraction surpayée des travailleurs et à s'en servir pour encadrer
la masse. La discipline idéologique, la non remise en cause~fondamon­
tale du système, permet à la démooratie de fonctionnor. Là ou cette
intégration (des travailleurs urbains et ruraux y compris los potits
paysans) n'est pas réalisé1.ble, les travailleurs menacent constam.ment
de changer non pas les dirigeants mais le systèmo social. Le respoct
effectif' des Dro·its de l' Homme condl.lirait assez- rapidoment~à. la prise
du pouvoir par les travaillQurs là où ils sont organisés, ou au moins
à-une grande instabilité, non favorabJ.e à l' exploitation, là où, la-.
conscie~ce de classe est moins élevée. Il reste à.expliquer pourquoi
le rapport "aristocratie salariale/masse des exploités, tend à6tro
"suffisant" à un pôle et médiocre, ":insuffisant!', à 11 autre. LI expli-
cation se trouve dans la structure et le fonctionnement du système

R/2195
Page 123
capitaliste. La division internationale ihégale du travail et le
transfert dos valeurs vers les centres, diminuent considérablement
les possibilités d'aooumulation du oapital à la périphérie. Do oe
fait, la oouohe dos travailleurs susoeptibles do profiter de l'élé'i1'.mt
dE; sursalaire ne s'élargit pas. Au 0 ntraire, aVlilo la oroi883.:rloe d,~~
mo graphiQue , la maSl':e des surexploités èt dee chômeurs s'aoéroit, et
tend à mettre en oause le système globablement, c'est-à-dire politi-
Quement. Lorsque la minorité privilégiée se trouve de suroroit oons-
tituée de oolons, les possibilités d'intégration sont Quasi-nullos c
Mais en AfriQue du Sud il y a pire, puisqu'en plus de l'exploitation
oapitaliste et du oOlonialisme, la discrimination raoiale est doctri-
ne etpratiquo offioielle.
2.
Le oaS Sud-Africain
L'image que nous aVons de la forme politique en vigueur en
Afrique du Sud peut -'êtr~ faussée car nous avons los yeux fixés sur
un seul aspeot, le terrorisme appliqué à l'égard des Africains.
1/
-Les colons Sud-Afrioains jouissent effeotivement d'un régime
de Démocratie bourgeoise. Pour analyser un r6gimo politiQue, il~
faut en examiner l'aspeot formel, le préambule de la constitution et
li;7;s institutions d'une p3.rt,.la pratique d'autre part. Ce dernier-
point s'ex:::Lmine surtout-du point de~vue de la garn.ntie des oonditions
de la presse et de la compétition politique.
a) Au plan formel le pays a connu deux constitutions-diffaren-
tes Z oelle do 1909, oonsidère comï~le le résultat d'un "oompromisll ontre
le grand oapital minier et la masse des oolons et celle de 1961.
1/ -Il est maintenant bien éiabli que l'Afriquè du Sud est une oolonie et
-
non pas seulement un pays où le terrorisme poli tique à base r:::Loiale
est porté à-son~plus haut point. Voir à 00 sujet SUrOHS (R.L),
'Teohniques of domlnation - South Afrioan oolonialism in South West
Africa, Travesty of Trust.

R/2795
Page 124
La IJremière fixait la place de l'Afrique du Sud dans l'bmpire
Britannique. C'était un Dominion ce qui signifiait que les colons ava,ient
autant de droits que les Canadiens ou le s Australiens? La ConstitLl ti on de
1961 ne comporte pas de duclaration des droits de l'homme. Pour Ch •
. Cadoux,l/daJ1.s son livre sur l'orga.nisation d~ pouvoir étatique en Af2icue
du Sud
"La raison en est évidente".
a) Pour instaurer le terrorisme d'Etat à l'égard d'une par-l;ie
de la population et ce sur une base raciale, la Déclaration des Droi t~i
de l' Homme n'a 'pas de place. 1'lai s éett"a~bt ne doit pas cacher le Lrei:oier
à savoir qu'implicitement le système fonctionne corrnne s'il y ava.i tune
Declaration de l'Eon~e Blanc.
b) Au plan des luttés effectives, la proclamation des Droits
de l'Homme n'est en réalité qu'un cadre par rapport à la pratique politique
réelle, La question à poser est la suivante. Les Blancs jouissent-ils
effectivement des droits que reconnait la Démocratie Bourgeoise en ~urope
et en Amérique du Nord? ];~g-Q~t....;rtéWd*gR:l,.~t ] il pg~QQliilQ est, ouj,.
La garantie de la compétition politique pour le contrôle du
pouvoir d'~tat entré diverses fractions de la bourgeoisie existe :
!ISans doute peut-on soutenir que la pratique est presque
celle du parti unique, mai s ce serait méconnaître l'existence du libre jeu
des partis politiques (s'ils sont blancs)1Iet aussi la pr8sence d'une ~resse
d'opposition toujours active en dépit d'efforts récents destinés à l'af-
faiblir")/
17 Ch. CADOUX, l'Afrique du Sud, Librairie Générale La Jurisprudence,
Paris,
1966.
li Il ne faut pas oublier que c'est par suite d'élections que le Pm~ti
Uni au pouvoir depuis 1934 avait été écarté du pouvoir en 1948.
li Ch. Cadoux, CCL. P. 128.

n/2795
Page 125
Si l'oppositioa Gst faible au parlement, c'est surteut (:;,l
raison de l'intégration idéologique de l' csacmtiel-de la. Connun:wtô
Blanche qui a fini par accept'.:Jr l'apartheid. L' opposition aU soin cL;
la bourgecisie a pris fin parce quo ce~que visait le grand capit~~,
une~société basée~sur la domination économique Sans état rac~3t0, a
échoué aVoc la proclamation de -la République en 1961.
Par ailleurs, la cohésio~~politiquo des colons est toujour.·~
une nécessité, car toute d1esentio n peut être explQitéepa~,des c0--
nisés et les surexploités.
LQin dù nous l'idée que le Blanc d'Afrique du Sud est aussi
libre politiquement que celui d'Europe 1 dos lors que,-pour ;;les rai-
,
sons historiques, la défense,-,du système de la-surexploitation s'ost
donné le racisme comme ic1éc:logie, la lirni tation des lib9rtéri des.
colons s'imposait, COm'''l0 condition nécessaire.
En particulier, l'Etat lutte contre la formation d'une cons-
cience de classQ dans le prolétariat Blauc.Il s'est donné comrlle arno
1<:1 lutte anti-comClUniste. On s<:1it qu'en Afrique du Sud, le cOmmunisr,1e
est défini de mat;,.ière suffisamment large pour interdire pratiquemont
toute organisation môme-Blanche, qui tenterait d'ignorer les lois 8n
matière do discrimination raciale. D'aillou.rs, los lois represLiives
s! énoncent le-plus souvent sous uno forme universcùle, en sorteq,uo
colons et colonisés sont on principo visés au même degré. Mieux, la
r13g1ementation tatillenne est présente dans 1:1 vie.quotidienne-iles
colons aussi. Cotie atr:J.osphere générale dG la~viG quotidienne en
1/
Afrique du Sud est bion rohdu par Ignacio Ramonet lorsqu'il écrit
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
1/ La fureur classificatoire in the Monde Diplomatique, Féb. 1976.

R/2795
Page 126
- ~Le régime épingle .définitivement aUX corps la d8scri~tion
anthropométriq,ue dG tous 1<.:,s spécimens humains, il constitue do l i
sorto un aberrant fichier d.igne do l'imagination d.;8 sav3.nts fous
de cinéma fantaztiquo".
L!apartheid r~gle maniaquomont le parcours dos corps et des
.
j ::•.,:~.I,
regards pour éviter les oro1semGl~ts, los interférences ; c' c:.,st-t1ti1
système fasciné par les parallèles, les feuilletés, lOG hiérarchL)s,
i l a la phobio du composite ••• "
Pt·H.l.t-on dire qu'une fraction importante du prolétariat l'31ccnc
souffre consciorlJnent de- ceS restrictions de l ibert és ? Il ne s:Cc,blc;
pa902./;
i l ost très important de considérer que l'acceptation ete
cette démocratie limitée par los travailleurs ne découle pas SC;üo!]ont
de la répression politique et de la propagande idéologique, mais qu'olle
repose sur des bases matérielles solides, à savoir, les sursalaires.
. .
,
.
3
Sous-salaire et terrorisme d'Etat.
Il n'est pas nécessaire de faire de grandsdév~loppeoGnts sur
le te:t'rorisme d'Etat en Afriquo du Sud. Même les il1onopoles C.m r<ilc()l:mo.1s-,
sent officiellernent_l'existencG et donnent l'impression do.s'y OI)l!OSer}:.!
Par contre nous allons insist0r sur la correlation ontre mouvooent do
l'accmnulation ot dévoloppemont du terrorismè d'Etat.
Il existe un parallèle-en Afrique du Sud entre 10 déveloP:poclGnt
du capitalisme ét,la répression à l'égard des Africains.
C! 2St !17,-:;C
l'industrialisation que l'apartheid SI ;Jst développé. Par;a.doxo ? nen
pas. La r~ison en est ~ue le-finanGGment de l'accumulatio~ ropOS0 os-
sentiellement sur la surexploitation dos àfricains. La prolétarisction,
au lieu d.' ..être~accompagnée
d'un relèvement du niveau de vie a i.:mtru,;ln:J
la paupérisation.
----------_._-------
1/
On sait que môme avant son interd.iction, le Parti communiste, c~i:ciC2
-
par 18s Blancs,
était peuirnplante, parmi los travailleurs Bln.nes,
préciaé@ent 0~ raison de §es options anti-rac!stes.
2/ Beaucoup d'organismes donnent des informations à co· sujet. La souroe
-
la plus accessible, est colle dos-Nations Unies -
(groupe de l'apartheid
du conseil de sécurité) cf. bibliographie.

R/2195
Page 127
A cette raison_s'ajoute un fait politique, lu situation coloui~lo,
CepOntl.iltlt, on~obs0rve un certain- décalage ontre l !organisation ùe 1:3-
surexploitation ot colla dù terrorisme-d'Etat. Alors qUG jusqu'à;"l&.
deu:x:iè:rre guerre mondiale, la l égisl ation· étili t~ à prédominance écono-
miquo, depuis les annéos 1~50, la répression politique il pris un
caraatèro lilonst17UW:X: dt êl.ccompagne désormais IGS textes tendEwt à
. r\\~nfè·rcer la surexploitation.·
La constitution de 1909 (South Africa Act of 1909), Lr::l0
cortes, l'accès du Parlement aux Africains, mais n'interdit p'):; L)8
pqrtis politiques et les syndicats Africains. Au niveau écono~Jiquc,
la surexploitation Gst à l f oeuvre dès le début do la coloniu:;,tioll ::lU
16ème siecle,' mais Cl Gst à partir de 1950 quo l' arbi traire' ot L~.
répression sont systématisés. Jusqu!à cette date,
c'est surtout ;Jar
la législation dans le (lomaine économique que le- ba~ital 3.ccontuo lé\\,
suroxploi tation des Africains.Le J3antu~Act de 1911 0blige l""s ~;;:":;1.vail­
leurs il~fricains à acceptl<lr W'J omploi aOils peine da poursuites
pénales ; Le: Minos and ~i9rk.s· Amandment de 1927 inte:udi t la d,;li v:ran-
ce do Certificats d'aptitude aUX Africains et aUX Asiatiques. Llappren-
ticeship Act de 1944, refuse aUX Africains et~à coux qui-ne sont PaS
Blancs la possibilité de recevoir une formation profossionnollo.
Dans l f onsemble, durant cett.iOl période pré-industrielle~ 1:,
législation repressive, les procès politiques contre les Afri~uin8
sont rel~tivGment limités.
Au contraire depuis 1950, le terrorisme dl Etat é1 pris d.)u
proportions gigantesques. Parmi d8S m.illiers do lois adopté~s ut ;.;].8u:;
en oeuvre, ci tons The Native Lé100ur (Settlement of Disputes _,~et 'r:J
48 de~ 1953, qui interdit allU Africains do Se syndiquer et 101'-1.' rofuso
113 droit de grève •••• r'lGntionnOnG cieux textes essentielf311
rrZlü ::);..1.::)-
pression. of Communism Act lJO 44 de 1950, qui cOnsidère : 1Cl '11..18 .1:
lutte pour lesocialismo est un délit criminel;
20 ) que tout", op;JoGi-
tion élU terrorisme dl Etat et à la sureLploitation peut être al?sl;;lJ.lé:()

R/2795
Page 128
à une lutte pour le socialisme. C!3St eu vertu de cette loi que tous
los partis politiques Africains sont interdits et que des procès et
pendaisons ont lieu périodiquement depuis plus de vingt ans. 2
The
Terrorism Act N° 83 lio HJ67 or5é l'infraction de. "terrorisme", définie
de telle sorte quo le~ "gouvernement a virtuell8ment toute latitude
pour poursuivre qui b.n lui-somble ; cette loi restreint la droit /
1
d'habeas oerpus, l'un dos fon~oments essentie~s de la démooratie -
"ct élimitJ.e pratiquement la po ssib71it é d'invoquer la règlo bon bis
in idem comrùe moyen <l<3 défense". ~
Cenclusion.
Nous sOfîllnes parti de l' hypothèse que la surexploitation massive
i~terdit en général l'application des règles formelles de l~ démocratie
bourgeoise. La répression terrorisme dovient la-règle. Elle prend des
proportions monstrueuses lorsqu!aux contradictions de classes, s'ajou-
tent~dos oontrs.dictions entre colons et colonisés. En ISrique du Sud,
le sous-salaire-généralisé des Africains est l'une d3s causes 3ssen-
tielles du terrorisme d'Etat, qui évid8mment~etJ. a d'autres. Mais nous
pensons que la surexploitation est une cause fondamentale, celle qui
ne disparaitrait point en cas de l'instauration de l'indépendance nomi-
nale. "A propos du Brésil indépendant, qui a connu un véritable "miracle
do croissanoe" dep·uis 1930, 11un .des.. traits les 'plus saillantB du rée;i.me
n'Gst-il pas l'extension de l'appareil de répression at Sa pénétration
dans tous les rouages de la société civile" ? ] /
2/
Ainsi, Jos Airiccüns peuvent ~~ jugôs plusiGurn fois pour
le même délit.
1/ Friedman (J.R.) La Rep. Sud Africaine at la politique d'apartheid.
f~its de base, p. 28.
3/ Julia Juruna, Br5sil, le despotisme tropical, in Le Monde Diplomati-
que. Juin 1976.

R/2795
Page 129
IV - Ferspective~
A notre avis, au niveau économique, les questions fondamentales
concr2rnant le devenir de l ' AfriqLlG du Sud sont au nombre de deux : la
..
sUI'exploi tation et le chôn":1{;e plu.s ou moins ouvert. Ce' dernier l'I'oblême
O
ne peut ê'tre résolu par l'industrialis::1tion. Une reforme i1grai re s'impose.
Les dcQ.'C problèmes fondamentétûx ,c:;ont très intimement liés. CC'P"W!.:wt,
nous n':J.11ons pas aborder ici le problème du chômél{,:re. C'est sur celui de
la surexploitation que nous allons nous concentrer. Disons seulement que
le ch$mage massif est un de;~ déterminants essentiels de l'apartheid? qu:P.
se présente sous cet aspect,
comme un moyen de gestion politique du
chômage, ,dont le niveau a depassé celui qLl 'un régime colonial d.irect peut
supporter. Si le s conditions
oli tique s (neo-colonialisme :Jé1I' exernple)
avaient été réalisées à temps, une l'd'orme agraire aurait pu co.n-tribuèr à
la solution "pacifique" du probleme. Mais si une telle soll.l:tion? rdlGoritre
l ~ assentiment du grand Capital, l'expérience montre que le s colons sont
contre. Le cas de l'Algérie est édifiant à cet égard. :·;,'J.Îs revenons au
pro,\\:>lème de la surexploitation lui-même, tout en nous rappc121lt qu'il est
l i é au problème du chômage rilélRsif et à ln detéri or,::,ti on de s conditions
d'existence dans les rl'serves ("Bantust?J1S'1)o
" Le problème essentiel est le suivclnt : la surexploitation ira-
.
,
~l1.-o· ~s ·nttcnuant· Ott bien on s' a.ggr:&vant ? plus pr6c1D~~, le sqr-
salùire, auj.ourd'hui apana.ge des travailleurs ~l31ancs est-il susc~;r,tible
de franchir les frontières r :ciale s, de illanière c. permettre la, consti tu-
tion d'une aristocréitie ullvrière pluriracj_ale, intégrée ideoloG'iqucmcnt
l
' t -
d
. l
'
d'
t
l
. l
d'
,.
1/
par
(; capl al,
ans
e C3,Qre
u.ne sor e CG SOCla -
emocra'tle ~
.j) Nous ne posons petS le problème de l'élimination de la surexploitation
puisque c'est un phénomène inhérent ~tU systeme capi t2liste contempor:ün.

R/2795
Page 130
Selon que l'on onvisage la question-à un niveau fondamental.
ou à un niveau apparent - (Cluoique. réel), on peut aboutir à d.os réponses
opposées. Une analyse cOfJplète doit -prendre en compte- !.O:ë: oxi,e,:ences
essentielles du processus de l'accumulation dans un oontexte où l~
capitalisme fonotionn8 comme systèmo, A notr8 :::.vis~ partir des pro-
..
blèmes des débouohés, c! est se ::::ondamneT à fairo des con;jcctur08 ("t
..
à fournir une réponse tout aU plus aUX mouvt2ments du oyle du oapi taJ.
en Afrique du Sud, mais nOn ~u mouvement profond qui anime le système.
Nous allons explioiter ce point en deux tomps :
l'impossibilité de la for~ation d'unG aristocratie ouvrière
pluriraciale
oritique de la thèse contraire.
1.
L'impossibilité de la formation d'une arist0cratie ouvrière pluri-
raciale.
La formation dlune telle aristocratie supposerait QU8 le
oapital se trouve dans l'obligation d'augmenter les salai~3s des Afri-
cains. Effectivement, quelques ::1méliorations plus ou moins dur3,bles
• peuvent SQ produire, mais dans Il ensemble, la plaoe que 1·,:, capital .. sud
africain occupe dans le système impérialiste (c'est un relais et non
un capitalisme central acheVé:)
est un facteur puissant en fav'.:ur du
dualisme des salaires.
a)
La place de l'AfriQue du Sud dans le système impérialiste acoentue
la surexploitation des Africains.
La position de l'Afrique du Sud dans l~ système capitaliste
fait qu'en réalité, l' él ément do- suro:h.-ploi tation ne va pas seulement'
au capital et 2,UX 1;ravailleurs colons, mais Gst approprié en partie
par des agents situés dans l~s pays capitalistes Gontrauxo C'üst à la
fois un liou do Gentralisation et do redistribution des résultats de
la surexploitati~n.

R/?795
rage 131
a 1 La centralisation cIe l'élément de-- surexploi tatiol1 s'opère
sous trois formes :
h
il travers 18s tronstortu rJon6tü.irB!!'f 2. à
travers la re-production de la force de travail en IJartie hors de
l'Afrique du Sud même, 3. à travers l' échange inégal.
Les informations··ne SORt pas suffi'Jantes pour mesurer séparé-
ment Ges transferts •. J\\fous aVons déjZ;, tr,lite la 2ème forme à propos
,les sous salaireg. Voyflns le~J deux autres, IJ' échange inéC111 est présumé
dans la prop.:ftion même du commoree quo:; 0 hacun clGS Etat s accomplit aveo
l'Afrique du Sud. Ainsi le Lesothovcst membre de l'Union DOuanière de
l'Afrique Australe ;; 90 0;, lie son commerce se fait avec l'A.frique du
Sud. Pour le Swaziland] 8nl972,
90 If. d3s importations lJrovenaient
do l'Afrique du Sud, La Namibie fait partie de la zone Rand et est
traitée politiquement (apartheid) et économiquement comme l'Afr~que du
Sud.
Ces pays exportent seu18r~ent cles proclui ts de base ;; ils~sont
poli tiquement domi1'léG far l' ,\\frique .du Sud qui de CB fait impose ses
. prix. Nous ne disposonfJ~IJar des termes de l'échange pour quantifier
ce transfert. Mais il doit être important.
En ce qui concerne la centralisation du profit, il faut se rap-
peler que c'est en _,'\\.frio_u8 du Sui Q.ue se t:!'ouvent le8 nua:rtiors géné-
raUX d'un nombre très importa,nt 'le grands monopol es -op ,;rQnt clans teute
l.!AfriquG Australe ;; en particulier, le8 grands monopoles des l'ii:in.es,
comme De Boers (diamant) Ou l'Anglo.,-American Corporation daDs les mines
d'or. La production lDinière de l'Angola, de la Zar:1bie,
du :3'\\Iazi13l1d et
m8me du Zaïre, est cOntrôlée à travers des~rel@i3 sud-africains. On
sai t pa,rvexemple que la- Soci ,§té De .. B'3ers cOl:ltrôle au moins 85v7 du
marché mondial du di3lllant.
Cet ~e so-c-i ét é~ fondée par CeGil Rhocles est"
à oapi ta1 sm-afrioain. Savsociété COl;}lneI'ciale, la Ihamond Coorpora,tion
a acquis pratiquement 18 rnonopolQ de la commercialisation ,iudiamant
dans le monde. La )0 Beers contrôle la prod.uctilltn du diamantvdans
toute l'Afrique Australe. C'est elle en particulier Qui c:::xploi te le
. Jiamant de l'Angola et de la Namibie.

R/2795
Page 132
Il n'est pas étonn~nt ~onc qu'en ce qui concerne 10s profits
un transfl0rt important se fait de l 1 Afrique Australe, dans sou ensem-
ble vers l'Afrique du Sud. Prenons l' e;~emple de la Namibie, pour
laquelle malheureusement, l'Afrique du Sud refuse de donner do:" sta-
tistiques séparées depuis 1957.
"De 1951 à 1962, - au moins 33 %du PIB du Sud-Oues~/AfrL~2,in
(Nai"Tiibie) allaient aux_non résidents" écrit Sean Gervasi.- En réalité,
ces non-r6sidents ne sont autres clue. les monopoles dont une grando
partie du capital est sud-africain, ou impérialiste, ayant son siègo
en Afrique du Sud.
Il en va de même poux-le Lesotho, le Swaziland et 10 JotEHTana,
qui sont intégrés dans, l'économie sud-africaine comme dGS :provincos
"pauvres" pratiquement au même titre que les réserves intériGuroG.
D'ailleurs, jusqu'en 1965, l'Afriqu~ du Sud n'établissait pas do
statistiques extérieures séparées pmur oes pays.
La centralisation de la plus-value se fait sentir aussi p~r
d'autres moyen.s. Au lieu de faire produire la plus-value et ()d;:;L~ite
de le), contraliser~ l'il capita,1: intp.gre les' familles paysannes (le
pays "étrangers" aux usines, minas ou fermes sud-africaines. Ce -point
-
-
,
- . , . '
.
;
( \\ ....
'-
aét'é étùdié àpI'opos'de's sous-salaires.
a.2. Redistribution de l'élément de surexploitation à l'échelle du systèlllO.
- a. 21. Ihlgré le dévelo'PP~ment très rapid€l
du capi ta! (L' j~;ti'.,t
surtout depuis 1948, les monopoles étré1ng~rs jouent un 1....ô13 C':I)i tal
dans l' é0onomie sud-africains so'i t
sous forme d' investissemGnts di-
rects, soit sous forme de prêts, y compris à. l'Etat. Jusqu'à 1:.1 c: ;1.Lüème
guerre mondiale, il s'agissait essentiellement .des investissc,_lcm-t~ô
britanniques cle.ns l'extra.ction minière. "Avec l'industrialisation •• ,.
pratiquemant tous les gTands pays c3.pi t3.1istûs inVestissent on At'riquo
du Sud. Au début de la décennie 70, 1;8 capitaux étrangers contrôL,_i'3nt
22 %de la oapa.aité manufacturière de l'Afrique du Sud". Evicl.i:;cl-ent
1/
Sean Gervasi, Industria1isatien 0.0, P. 63 à 95.

R/2795
Page 133
la proportion ost encore plus forte dans les mines. En 1968, le
montant des investissements étrangers était de 65 %supérieur à celui
de 1956, le taux de croiss3,nce annuel étant de 5 ~::) dans 1GB é1nruoS
1960.
Dans une étude faite par l' JNU, il ressort netterli,mt c,:'le
tous le8 grands pays occidentaux y ont des intérêts~/
liA la fin do 1969, la valeur totale dos invostissements
étrangers en Afri~ue du Sud sléleva~j à 6 milliaxds 980
millions do dollaxa des Etats-Unis'''";' Les plus grands l:lonopolos
bri tanniques ont en général inv8sti : UParrni les 38 sooi éti:is
britanniques 183/Plus importantes, 27 ont ile gTos il1t€rôts on
Afrique du Sud'~ En ~972, solon l'American Committee on
Africa plus de 375·sociétés améric,aines avaient investi 'b"ns
los sGcteUI's clefs d;;: l' économie4-'''Bn analysant le p;l,:inouènù
dos profits, nous avons rappelé déjà comment les pays de 1IOC~E
cOntrôlent une part très importante du capital en Afrique du Sud.
Dans ces conditions, il n'est paS ~tonnant ~ue 10 poste paie-
ment à titre dl investissements étrangers soi t Particulièr(:~8ont élevé
dans la b:ü",ncê des paiementë ~;J)e' 1960 .à' 1968, ",re montaJlt cu'Tu1€
fut
de près do 30U millions de rands (396. 2 millions de dollars), soit
l'équivalent de la va18ur des machines
~lElotriquee ot nOn électriques
importée
en 1968.2f
_ _
_ _
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_ _
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...
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_ _
. . _W _ _
_ _ _ _
_ ~
. _ ' ~ ~
~
~ . ~ ~ ~
' ~ _ · _ '
1/ Nations Unies, Gr~upe de l'apartheid.
2/ Nations Unias, Groupe clo l' apartheid. l~otos et Documents Jél,l,vier
1972, .P. 5.
3 / "
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11
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l/._!;':;'é .9:§..)~e.~;L.Qsry;g.~~~c~.. _.
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R/2795
Page
13:4
Autrement dit, une part de l'élément dG surexploitation cen-
tralisé en Afri~ue du Sud est transférée à d'autres formations soci~­
les centrales, en tant ~ue dividendes, etc.
a.
22. Mais les g:I'a,nds monopoles réussiss~nt aussi à procécler
à des transforts occultes par la sous-estimation d~ la~valeur dos
produits qui circulent à l'intérieur des résoaux monopolisti~ues. Là
est probablement l'une des raiSons .du déficitcommoroial .sud-afl':i:co.,in
il ne faut pas oublier ~ue.jusqu'à maintenant les exportations portebt
essentiellam~nt sur des produits primaires, alors ~ue los importations
portent surtout~sur du matériel dl é~uipement. Par exemple, en 1973 ot
1974, (en millions de rands) nous avons les chiffres suivants:
TABLEAU N° 6
Structure du COmmerce Extérieure en 1.97~ et 1914
1
1
1973
1974
...:.l
-
~_ _~__.;._ _-
,... --
1
Importations lpxportations
Im]2ortations
1
1
:Aliments
197
:
601
288
lProduits
1
tminéraux
38
1
218
98
295
~M~ohines~et équi-
:
tpement pour le trans-
t
,port
1.579
1
139
2.113
174
1
1
l--",.
...,,_,-......,s..:.I-------.,u,......:-------:.....-----~
Source 1 Quarterly Eoonomic Review, 0.0. p. 21.

R/2795
Page 135
, ~-
Nous pouvons donner uoo idée de la ,30us-évaluation_d vs
produits de 1:Îase;~à partir du phénomène do l'or. En J:'aison du rôle
stratégique que joue la parité dGS monnaios par rapport à l'or? Igs
grands états capitalistes ont un intérêt vital à sa sous-évaluation.
Cette sous-évaluation généralement mise en évidence à l'occasion lG
la dévaluation dos grandes monnaies, pout se manifester par e:Œmple
par ut! afflux de capitaux cOU1me ce fut 1,3 CelS en 1949 Q..près la dôvQ..-
luation do la livre sterling.
"Quand la' livre st'erlitlg (et dl autres monnaies courcü1toS)
fut dévaluée on, 1949, le prix d", 1"'01' en Afrique du Sud augmonta do
plus da 30'-10. San offet fut encore plus important 'lu.) colui d.os années
1'930. Pour sIon rendre compte, il suffit du constater que le flux
d'investissemen~fut encore plus fort et que la production dG l'or
augmenta prodigieusGruent" •
Grâce à l'afflux des invostissemGnts (cf tabloau), la
production-de..1'01' finpas8a de 11,6 millions d'oncoson 1950-51 à
27,4 milliOns d'onces en 1963~/
De
"
mOl11G,
après la dévaluation du dollar etl 197~, les
profits effectifs et les perspGctivGs de gros profits ontgonflè
de manière spoctaculaire.
1/
o:mJ, Economie SU.rvGY, id., p. 180.

R/2795
Page 136
Evolution ùcs investissements dans ~~S ,mines d'or
jusSJ,.u'on 1260 (en millions de dol,lars)
Capital nouv8J,~,'
avant 1909.Cl.OO ••• o •••• : •••••••••• o~."o. 3b1
1910-1932 •...•.•..• ~ •••.•.•••••••.••• ~ •• 1U1
1933-1 939 •.... 0 ••••••••••••• '" • «) •••• 0 ••• 0
1'76
1940-1945 ••.
~
14
0
0

l)
0
0

• • • • • •
D
• • • • • •
0
0





1946-rni+-196U •.•
.1u_~6
Q
• • • •
0
• • • • •
0
• • • •
CIO
0
0
G CI
0
0
RéirrvGstissement des profits •••••••••••• 658
TC 'l'lU, • ••••• , ••i 2366
SOurce
O}IThCEA, Economie Survoy of A~riea, New-York~
"IGu 1970, le produit net· dG l'or en Afriqueclu. ~)ud .C:t,lit
837 millions de rands. En 1973,11 êtai t
à 1.770 !ililliOnJ ,~...;
rands. -En 1974 il devait être do 2.500 millions de i'.:1Dds si le
prix moyon était de $ 150 l'once. Si ce prix se fixaH à;j 150
l'once, il sor ,ü t
de j,.O,u.o millions de rands, un l'l'i:; .10;/On do
.
1;
~p 20u donnerait un produit not d,} 3.30U millions". _
- - - . - - - - - - - - - - - - - - i - - - - - - _ - - - - - - -
-
1/ Gorhard do Kock : Gald :and the South Afriean eeonomy. 30:;10 ::L'c;Oc:1t
dovolopments. SA~JE, S'ep·b. 1974.

R/2795
Page 131
Autrement dit,~Gntre 1970 et 1973,la~valeur de l'or Sud AfricQin ~
pratiquement.dÇ)1,lblé et a augmenté encore dopuis. Cet llccroissorlEmt
de valeur ost~dû à la~dévaluation des principales monnaios capi t~üis­
tes. Par rapport à l'or, la surévaluation,~forcée de ces monnaies ~
se traduisa.,it Pa1l Ui prix llmondial" de l'or, très aU dossousiu son
, . 1
prix de productiou. Ladifféronce entre los prix do l'or en 1970 ot
1974, estèn quelque sorte le révélateur du degr8 do trllJ:1sfert dos
valeurs aurifères vers les oetltres capi talistes. Evider~1U.\\0nt, ICI.
dévàluation dos 'pr1néipàlesmonnaies a pour effet d0 grossir lQS
profits du capi ta1 minier. Mais il no s' ensuit pas que le phénomène
de transfert des valeurs est arr/3té. En réalité, fait que Le, c,,-pi-
tal Qinier est en grande partie étranger~permet leur redistribution
à l!échelle du système impéri~liste et non leur utiliSation sur plQce,
à moins que les perspectives de profits n'y incit3nt.
D'ailleurs, globablement, la présence de l'élé~ent do
sur~xploitation à l'échelle sociale permet un transfert Global trGG
important des valeurs de l t A.S. vers les centres capitalistes. Clost
'ce qu'atteste la détérioration des terines de l'échange entre 1963 d
1972 •.
Termes de l'échange
(1963
100 )
[
t
197°
1971
1912
1
1
5
e
1
t
1
Non compris llor
98
91
1
86
1
1
1
1
y. compris 11 or
96
95
97
1
1
l.
1
--------------------------._--~-------------
1/
La base théorique de ce phénomène se trouve délns:la théorie de
l'échange inégal.

R/2795
Page 138
TABLEAU no 7
T---
-
1
r~'- ,~- -'---'-,~'
1
r:Iarchandises :FDB
1
1.441
1.556
t
2.21B
1
f
1
1
1
-----

..-..,-.
-~_'.;""'--
t
Or
1
837
922
1
1 .161
1
1
1
1
1
-
,---",_.,-"-'-_.-,,,--
1
1
1
1
1
Autres recettes
1
559
640
1
73u
1
.L
1
1
_ _ 1
-""....._----~
1
1
1
1
TO':PAJ~
:~.837
3.118
4.1 CJ 9
1
1
1
1
Source
Quarterly Economie ReviL:w.
Southern Africéè~ iü:nu:ù
Supplemont,
1975, p. 21.
Finalement, apparaît ~ünsi, 18 contOï1U de Ci) (:ulon :peut
appeler le relais de II impérialisme:
c'ast un lieu dl, Cc;:ItI'.:::,li-
s3,tiQn d'3 l'élér:18nt de sur'explai tation, m,cds aussi de-) rue ',istri-
butio}h Autrement dit, i l n'y a qu'une partie de cot C,lél1cmt qui
S8 l'esout
effectivement en cé1pité1l à l'intérieur de l'i;.L:'ique clu
Sud uGme. Ainsi s' e:x:pliquG~que malgré les taux (l~ surpI'ofit,xtr3-
memetlt élevés, malgré la volonté d3 l'Etat de procéder à l r éJ,COUDU-
lationaccétér~e, le taux dl investissement ài t ét~ final\\ijL;ont plu-
tôt moyon au cours de la de:rnière phase d' exparision on compar::.isol1
de ce qui s'est passé dans les contres capitalistes. ~':~r ,,=c'J.(~lD,
do 1960 à 1972, alors quo le taux brut d'invostissementlOYCll
éto.i t de 22, 5 'f~' par an, il était de 23 1~ en Fro.nce (26 i
;n 1964
1 1
et 1971) et 32,7 %au Japon (avec 35 %en 1969 et 1970).
/
----------------_.._ - - - - -
1/
Co taux de 22,5 76 est néanmoins plus élevé et, plus stable =lue ().)lui
-
clos P3.yc de la périphérie : malgré uno craissa,nco ro,pido du?TB (LL:jr~::ül,
ce taux n'a atteint 18 '!~ que 2 fois ontre 1960 et 1968 9 tandüi (~UC 13
taux m:).ximufü pour l'Inde était de 17 C;~ on 1965.
OlnJ, Annuaire de statistiques de comptabilités nationalos9
3.

a/2795
Page 139
Nous o.rrivans à la conclusion Que la- surmc?loi t-,ti0n èb
la ci2,,jori tiiJ dds tr,J,vaillo\\U's africains ost une condition c::.o l,', CI'ois-
sance économiQue .. La raison est Que premièrGlment, l'AfriQue clu ~3ucl
ne vit pas en économie fermée. Elle peut é<;:oul'iœ des m::1rch:1r:.dLl,)i;; et
importer du <;:api tal ; mais cette iElportation pousse à la suroxrloi tf'r
tian en rais~n de la dépendance vis à vis des centres impérialistes~
D'autres argUmonts peuvent être développés. ~ar ,;=~,yplc la
radicalisation do la lutte contra 10 système d'apartheid,
C0l1CL1;:mG
l'Etat à effoctuer dos dépons0s militaires croissantes; c211G8-ci
sont passées,cle 40 millions do rands en 1959-60 à 335 millions ds r~nds
en 1972-73. y
CommGnt~financer CGS d<§penses, sinon par 1 6 poursuite
la
surox}"-,loi tation ? Pour avoir uno ind1.-'strie farta et un'J ar[:J,'3G forto,
le- capital ost condamné à investir-de plus en plus clans l ' inl~.l':ê~trie/
productrice Q.QS moyens do prO,ïuction et dans l ' 3.chat ~t l~ f c ,ric'1-tion
des armes. POtIT ce faire, i l doit il>lporter davantage et donc c'~Qorter
à des prix compétitifs en réalité sous évalués.
En définitive, l'aggravation de la surexploitation clos
Africains s'inscrit dans la logiQue du système impérialiste. Ls posi-
tion de relais de~lrimpérialism~, se supporpose aux rapports c~loniaui:~
rendant l'évolution vers la démocratie 3.bsolument impossible.
----"="-----~--"..------_
.."--------------------,
1/ Congrès nation3.1 africain (AfriQuo du Sud). L'Apartheid et la
-
France 1958-1973. p.
î3.

R/2795
Page 140
b)
Le sous-salaire ne pout l;as augmenter de manière significativo.
Ce qui précède ne signifie pas qu'une augmentation ûos
soua-salaires n'est pas une nécessité, au contraire. Mais cette-
augmentation (,:st le résultat de la lutte. de classes et non 11.1,00086....-
quencG d'une loi quelconque du progrès humain, ou do la nGcessi té '~, -
de trouver des-débouchés ... D'ailteurs, en c" o.oElcmt, bien que le torro-
risme, d'Etat .considèl'e toute organisation ou action collective de la
part~des africains comme un délit, des grèves se multiplient. Ainsi,
en moins d'un an, de Juillet 1972 à Avril 1973, F. Gin Walla cl pu
dénombrer 42 grèves. liA la fin de 1972', une vague de grèves com,:enç2,
dans le Natal et~dans les semaines suivantes, elle se répandit à toute
la province. A son paroxisme, près de 100.000 travailleurs do secteurs
divers cessèrent l01!ravail, dans 10 but de faire augmenter lours--
salaires d~ famine'~ Depuis, il y a périodiquement des grèves inpnrt::m-
tes. "Au cours d'une-période de 18 mois, allant jusqu'en Juin 1974~
il n'yen a pas eu moins de 300. Depuis lors, les grèves des travail-
leurs africains dans les usineS-et les industries extr~ctives (dans
ce dernier. cas, elles -ne sont soldées par' un grand nombre de morts
tragiques), se sont poursuivios". 3!
------------------------------------------------------------
1/
F. Gin Wàlla, African Workers Strike against APa~theid, Nations
-
Unies, Grou~e de l'apartheid, Notos et DocQ~ents N° 14/73, p. 1.
~/ Susan G. Rogors, L'Apartneid et le travailluur africain, porspoc-
tives de changement, }htionsUnies~ GroupG d.o l'apartheid, Notos
et DOCUlilèn.ts; N° 16/75, Mai 1975. p. 8. '

R/2795
Page 141
Ce sont ces grèves et non_uno prétendue_nécessité de) rolo-
ver les salaires pour trouver des débouchés à la production qui sont
à la-base d0s aU~ùe~tations-qui ont eu lieu récemment. Mais ces s~coès
ne doivent-pas faire illusion. Ils montront seulemont Clue la marge
de surexploitation est si élevéo et los salairesafric2ins si b~s
Clu'un doublGl:1cnt de ceux-ci ne mett];,o'i t fin ni aux sursalaires cLos
colons, ni aux-surprofits. Ils no sont nullomGnt le signe d'un~llgDG­
ment do l'accroissement cles sous-salaires sur c,:üui d8~ la productivi t !~~
du travail et ancora moins do la formation d'une aristocratie ouvrièro
pluriraciale.
TIans la sitUation Sud-Africains, les luttes économiques l~G
travaill eurs rcmcontrent vite des limi tes- structurelles, dans-la mesure
où 10 capital recourt dipcctemont au terrorisme d'Etat et renonce à
faire-la distinctionsacro sai~te entre la société civ~le et l'~tat.
La violence physique est à lt"oauvre.~C'cst dire que 1'1 lutte politi'luo,
essentielle, ne~peut Sa fixer COl;JmO objectif stratégique que le l'onv;r-
sement des rapports sociaux actuels. Tel n'est évidemment pas l'avis
des partisans de la philosophie du "Progpès humain" et de l' écono~liw18,
Clui représente c8tte philosophie en économie politique.
2.
Critique de la thèse contraire.
1/
Les tenantS-de cette thèse partent d'un postulat : J."lfri~u(
du Sud est condamnée à L, erois~>ance économique pour survivre.ff.::;n::"!)i tel
les arguments tournent autour dG la nécessité do briser les 2Pulots
détranglement ~~i seraient au nombre de doux 1
La crois::-;ance économique exigera quo de-:plua'~n plus,
du t»avail qualifié soit confié à des non-colons et
spéci~lement à dûs africains; la surexploitation uevré:1
...
baissor de ce fait.
,-----_._--
1/ Léonard N. THONœSVN, Politics in the Republic of South Afric~, 30stQt
Little Brô'wn, 1966 ; P .L. Van den Borgho, South Africa: A Study in ..'~
conflict, Midd.leto~X1, iitoa:èy University P.rass, 1965 ; _Ra.lph_Horlili t1ua
The Poli tical e9ono~ Qf Sou~h"Af;r,~ca"
~gnQ-on,J~i,.deBfeld & I:TL:ol '.;on,
1 9 6 7 . ' .- 1, ,>
. • • . - ,.
J . l4 . .
'4 __.1
.~ "
du
-'." _>_.~~. J
. •
2/ Steekamp, labour in the 70's.

La croissance exigera l'élargissement du m~rché interne
i l faudra donc Delever les salair~s das afric2ins et
plus spécialement de oeux Qui seront Qualifiés.
N;us avons déjà montré ailleurs que la qualification
égale n'entraîne nullement l'égalité des salaires. Nous allons lonc
faire ioi la critique de la prétendue loi~de la néoessi té d·:; l' C~'"rc;iEl­
sGihent du marohé interne par l ' l1ugtn8ntation des salaires.
10 )
S' i l est vrai quo los salaires- sont une sourco (le 111
demande, i l ne faut pas oublier que 1:1 produotion s'adapte à 1'1 str'..lOturo
.~;
de It1 réIJarti tion at non 10 cOr.ltr3,ire. En fait l' hi stoire écol1oeic;ue
sud afrioaine est une refutt1tion do oette thèse. L'éoonomi~ s'ùst adap-
tée jusqu'ioi à une structure de répartition dos 'revenus et Cos s~l~ires
tr~s inégale. ,>D!.une part, la. suroxploi tation est allée d8~pO-~r '[Nee la
oroissanoe économique) d'autre part, les sous sala.iros n'ont cmtI\\üné
aucune orisu de surproduction. 1/
Tout 00 que lIon peut dire o'ost qu'une distribution plus
égalitaire des revenus a.UI'ait induit une struoture différente 18 la
production des biens de consommation.
20 ) 1a thèse éoonomiste ùü t
abstraction du c:-:,r"ctère '
mondial du éilo.rché c;::,,,pi taliste actuel. Il est clair que la pl'ocluotioD
Qui n'est point ver.lduo sur le lrlarohé interne, peut l'être sur 1'0 :,~.:'..I'ch:;
mondial, à-oondition que los coûts do produotion SOient plus D~S ~uo
oeux des conourrents. Or, les~s2,l::üros des ü,frioé1ins sont un (C,l:5mont
essentiel du prix de production.
Dans C8~ contoxte" 1 G sous-sa.laire, aU lieu c.l! 0tro un froin,
est une nécessité pour 13, oroissanoe. 10 motGUl' de la crois,C'"tl,.:lü y nl_;st
pas le débouché, mais la capacité d ':>.ccumulation qui dépond, )our une
forma.tion oapi ta.liste, do SD. place dans 10 système et d'a 12, O:1I):"cii; 0
-------,..-.......o,.,...-~-----
G
J ~ -. .J..
• ~ •
'1/
Oxford History of South Africa ; Nlilson. Labour in the South _'c.frioan
Gold mines; Davios : vlliite Workers in S.A.

R/2795
Page 143
politique dvs travailleurs d'imposer un certain
Or~ nOus 3 vons vu Que la place du crèpi tal sud-",fric~in
o
811
fait un rl:üais d0 l'impérialiscle,
CG
qui permet,
cert8s~ ·L, T>nnc:tioc;',,)r
paysanneries et pays voisins ~ trCYers l' offet do d8perl(~,:1tlCC, ::~:,i8 de
subir aussi uno fuite dû plus-value on raison do Sa propre iilJ8,",lc:,nce.
Comme L1 capacité poli tique des victimes lie l'exploitation est enccro
faible,
rien ne perIDot dono do postuler qu'une aristocratio ouvriore
pluriraoiale est pour J.emain en Afrique du Sud., , '

R/2795
Page 144
CONCLUSION GENERALE
Dans CG toxte, nous n'avons pas fait référonces aUX strLl:L\\sios
etpratiques de luttes que m~nGnt::lcs n.fricains pour so libérer cl.u
terrorisme étatique. Cevn'était pas l'objet direct do notrQ 6tUÛC.
Mais il Gst clair Clue nous nI aurions jamais traité de ln. "sociét6"
blanche si ce n'était pour éclairer le combat dur des Africains, et
S\\U' le terrain qui ~ous est le plus familier,
celui dos rapports éco-
nomiques. Nous pensonsvavoir réussi à montrer les rapports dialocti-
ques qui, aU nive~u éoonomique soustendont le~terroris.me d'Etat ot -
10s raisons qui poussent les travailleurs oolons à soutenir ce terro-
risme.
-Nous pensons- aussi avoir montré comment los intérêts du oél}Ji tn.l
dans son onsGmblo sont servis par le système actuel. Il nli sert à ri,:o:n
en effet de dénoncer le "go uvernement!.' COmùle st il était formé d' Gtros
plus ou moins ro..cistos--par nn.ture, alors qu'ils ne pratiquetlt ce 1'0.,-
cisme, Cg fait le terrorisme d'Etat, qu'avec la participation dos
,
BTanda monopoles, qui utilisent en partie l'élément de surexploit~tion
pour payer les sursalaires, sur place et aillours.
La limitû--de la surexploitation se trouve dans la capacite.
d'organisation politique des Afrioains. Eta effet, la logique éoonor:lillUG
du système pousse plutât,7'€l,"
El.ccentuer le Sous-salaire. !VIais dos doux
int érêt s diamétralemetlt oppo sés en présence~celui des a.fricains fi nir("",
par l'emporter. Los conditions d'accQs du rlozarnbique ct do l'Angol'l" à
l'indépendance sont des éléments favorables aU courant révolutiomuird
en Afrique, qui cher~he à éli~iner l'élément do~surexploito..tion, ce
qui suppose une victoire simultanée sur les colons et le grand capit~l,
c!est-à-dire en définitive, une victoire inscrite dans la perspective
socia.liste.

R/2195
Page 145
B) LI.. SUREXPLOI'l~~.TIO~S T~I;VLJ1LE~S Ilf;§UTOvS PLR LS CLPJ;.T!d;.
II~Ij'.LISTE •
Dons cette étude, il s • agit de montrer COmlllGllt la. soummission
formelle au capitéèl permet la oure.xploit::"1.tion des P2;YSonS dûlls un
potit P2YS à forte densité de population, situé au coeur de l'IJri~uo
du Sud. En fait cet~c soumission formelle se présente sous dC1B(
aspects différents :
.A une forte surexploitation basée essentiellement sm' le
mouvement oscillatoire clestravailleurs entre les usiner:> et SUl~tout
les mines sud africaines d'une part, la campagne Lesotho d'autro pé~t,
so superpose une 211.cionne économie de traite. Ces deux GSpects de
soumission ont façonné la formation socialo Lesotho actuelle. Toute
perspectivo de Ch211gemcmt d.it partir de cette réalitc~. Nous éülons
étudier successivement les points suivants :
La formation de r6servo
La oownmission informelle de traite
Le développem~;nt de 13 sOtUlJÏlieeton informelle migro.toir()
La surexploitation de migrants Lesotho à la veille do
l'indépendonco
Effets de la sourr~ission informelle de résel~e sur la
reproduction des travailleurs
- Les perspectives

H/2795
Page 146
...
Le Lesotho est une enclave en Afrique .du Sud, do 3e.OOO km2 •
Il a 1me frontière, comrrrlUlO avec le Natal à l'Est, avec lL~ Province ÙU
Cap au Sud, avec l'Etat libre d'Or2l1go au Nord et 2. l'Ouest. Il 8St
situé entre les latitudes Sud 28°)5' et )0°40' et les 10ngitu~23 ~st
27° et 29° )0' •
Deux cours d' ean importants l'Orange et le CaloùQn ~1U1Sl quo
leurs nombreux affluents en font le "chftteau cl' eau de l ' Lfriquo du
Sud".
Le PyyS reçoit ème moyenne de 712 mm d'Cwl, d'Octobro à ~vril
principé~lement, sous forme de lourdesavorses COnVOllé1llt au cycle iüs
c&réalcs ous sous forme de trombes emportant les sols.
Los tempér3.tures lI!0y.ermes varient de 90°F en été cl 20°F cn
hiver.
La population était d'environ un million en 1970. Lo capitalo
Maseru, ost la soule ville importante. Le taux de croiss~ce énuucl
de Ip~ population ost de 2,5%. Près de 200.000 Basuto sont cm :J:'ri,cuc
du Sud.
Le Le.sotho présente 5 régions naturelles QUX car2.ctôro8 é.,U::>J~
spécifiques :
1°) L l'Est, 60 1; du territoire Lesotho est form6 do montc~V1CS
élevées, où ~ivent 3a~ do la population.
Les cul turos se font <:1,U Sud, sur des versnnts monti"\\'Çlcll."'C
abrupts, aux sols appauvris. Un grand plateau au Nord acceuillc"
~l1
été seulement, le gros bétc1il et los moutons.

R/2795
Page 147
2°) La vallée de POrange qui s'incruste au Sud (1. 0 la r:,<;i"l.
mont cgneuse , supporte un peuplement assez dense. Sur dce sols dG
fQiblc altitude, NaiS érodés ct peu arrosés se cultivent le mais, le
sorgho et un peu de blé d'été.
, ,
3°) Le Piedmont à l'altitude moyenne de 2000 m occupe 16 ;ù ,lu
territoire. Les so~s y sont très fertiles et bien arrosés malS les
cultures intonsivcs épuisent progressivement les sols.
4°) L l'Ouest lus Terres Basses (entre 1500 et 2000 m) qui no
représentent que 11 %du territoire, accueillent pl~s de lé1 moitie do
ln population totalo et l'essentiel des terres cultivo.bloG. L,i~ô ct
sorgho sont les cultures principales.
5°) Sur la borc'..ure Sud-OUest moins fertile, moins L1Tros(ü, 10
blé occ'J.pe ln plus gronde partic des oxploitations iJ{~TicoleG c;ui y
sont plus importnntes que dnus le reste du territoire.

1
j
j
j
j
j
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j
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j
j
j
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j
j
j

R/2795
Page 149
1818
Unification du royaume par Noshosho.
1825
1\\xrivêe des premiers trekkers dans la vallée do
l'Orange.
1848
L'ilngleterre déclare sa souveraineté sur le P3JS
compris entre l'Orange et le Vaal.
Ligne Wnrden. 1ère amputation du pays.
1854
L~ Grande Bretagne reconnai t l'indépendance do
l'Orange.
1868
Annexion du Basutoland par la Grande Bretagne.
188~1884
G\\l.erre des fusils. Pnr le Cap Peace Preservation Let
l'!mgleterre.avait voulu désarmer les Basuto. 1~r88
4 ms de résistance, les Basuto obtiennent le clroit
de gardor leurs nrmes mais paient des taxas.
1908
RoflL'3 du Basutoland d'ontrer dans la féclérdion do
l'f~riquo du Sud.
1966
Indépendance. Le Basutoland devient 10 Lesotho.
1970
Leabua Jon2-than, 1er Ministre renverse 10 roi l'Ioshcsho
II
qui s'exile en Hollémdc. Son parti au pouvoir, 10
Basuto National Parti mène une politique de bon voisi-
nage avec l ' Mrique du Sud.

Rl2795
Page 150
La formation de la réserve a consisté fondé1Illentalcment en deux
processus
- l ' 31llputatidn du t orritoire et le refoulement de lé', pepule.-
tien QdUS les régions montagneuses.
-
le méiinticm de l'accès libre dos paysans à la terce, ffiD,J.[;
à travers uno buroaucrati0 do chefferies.
1 - Le rofoulement'dans los régions montagl1eu,ses. Lorsque l'on f'it do
l 'histoire, le nez fixé sur los événements, Ëlur"los 6to,pos <l" l ' (;,ppli-
c",tion d'une stratégie, cri ne peut comprendre celle-ci. Cotte
est p2..rticulièrem811t d;:ngereu::w lorsqu'il s ' agit do l'inp8rü'li::;me
et des conqu~tes coloniales. Lu niveau des évP.l1.oments
18 refoulc.:llh)nt
J
des Lesotho est p.::œfo,itement connu et daté, cél.!'tographié.
- En gênérc,l, los événèm:;nts ,sont relatés de 10, mimière suiv~J1.te:.1I
en 1833, l ' Lngleterro abolit l'esclavago au Cap et rend les con(~itions
d'accès à la terre plus difficiles 2,1L,{ colons c"ru'autrefois. Do là lu
Trek Boer (l' émigrc."tion à la recherche de l ' ind épendru1.cc et des torres
nouvelles). Ce faisélllt. ils se soustraiünt à l'autorité Britalll1.ÎoTO.
Ils sc heurtcnt q,ux royaumes Lfricainf3 contre lesquels ile co bé'ttent.
C'est en 1842 qu'ils outrent 8n rapport avec los Sotho. Hoshoshc, qui
à partir do 1823 mait f8.i t l 'unité des BaËlutos, accord.e Cè1:t-X :Bocr~3 des
droits d' insiallé1tion à l'Ouest du Caledon, suivent 10, coutumc::1u pc;ys
los Boors n'ont q'u,'un droit d'usage sur les terras nli lour Bont conc~cl0üS
Ceux-ci interpretent ~utr8ment ; pour eux, c'est un droit ùe proprié-
té q:u'ilsont acquis. "Après quelques ill111ées,l~ méèlenltcndu ont::Ol1èrc:
inévitabler,lent des conflits" il
"";7
,
"~~'
'~'_n'··
.
, . " . ·'3
_'~'~~_~_~'~'~~~.~".~'~."n""'_"_"
J/L. Thompson, thü subjoction of chiofdoms 1070-1898 in Oxford Eictory
of South !.frica t2 ; c.n. Perrot, les Sotho ot léS miss:i,onndr:;s ;:;uro-
péens au 19émo sièclc, ~~les do l'Université d'Jiliidj,~ 19ïO,sériG F
t2 fascicule 1.
YH. Porrot, los Sotho ét les missionnaires européens, p. 54.

R/2795
Page 151
Pour mettre fin à ces conflits, le Gouverneur du CCèP procl"JTIc,
le 2 Février 1848, la souver~ineté de Itf~gleterre sur le P~V8 situ6
entre l'Or3l1go et le Waill, incluent tous ses h:-,bit2J1ts, Noirs ot IJL'TlcS
"rIosheshe (1 donni? S011 [,ccord SéUlS comprendre de quoi il G t ':.è.gü:,~; i t")./
Il impose la paix aux Boers ct aux Basuto, en avnntélgec'nt L'ls Doors,
comme 10 montre ln. "Ligne wnrdCll",Ypar rapport au P<w's (le 1843$
Mais, Mosheshe conteste betté "Ligne". L'Etat de g1.wrrc
persiste donc et lllle,guerrc ouverte est déclenchée en 1851, CGtrc 10
Cap et Thaba...Bossil~et se solclc pnr une victoire milit:-iro :J-::~;l1tO,
m~me si l' c'Jl1semblc du territoire do 1843 n'ost p,'1S récup6r(. l' ;..11[;10-
terre roconna!t implicitement l'ennulé:.tion de la dèclr::xatiOl'l :10 184P ..
En m~me temps, l'l'l'lglcterroreconna!t l'ind6pcndance de l':t'tc:t libre
d'Orange, Etat BOèr. Par conséquent le:, guerre de 1858, déclencJ.'l5\\; p.e.r
les Boers cont:r:-e le Lesotho est jurdiquomont une guorre ont!',-, I;t.-~ts
souvertiins à l'ég2.I'd de l ' lmglcterre. Le Lesotho remporte; clof] victoires
jus~~'en 1865 et ffilsuite des défaites. Moshesho demémde le Prrt0ctorc~
j',ngl.::üs'tout on faisunt la guerre. L'f.ngletcrre "nccopto" ot 1:) trdté
est signé 10 12 M~s 1868. Le Lesotho perd son ind6pœ1danco ct ne
retrouve m~mo pas la "Ligne Wardbn" •
Ainsi présentée, l'histoire du refoulement cles Basuto 8(;1':1blo
s'~trè déroulôe essentiellement entre ces derniers ct les Bocrc,
l'lngloterre n'intervenant que ponctuellememt. De môme, l'exodu 3,;;[-;
Boers (Treks) serait dÜ tout', simplement à des mesuras c!.dministr:::tivc
Libération des esclaves ei règlementation plus rigourow:;;=: (:_, :"CC(;8 à l:-l
terre. fufin, on no comprend paf:: pourquoi l ' Lngleterre roi'use L; protcc-
tor~t quo MoshcGhe uv~it demandé on 1845 et l'accorde on 1868, soit
20 ans après. Pow.' réponc'tro à ces questipnb essentiellos, il f ,ut
roplQCor l'impéri~lisme britannique à sa pInce, la première.'
JI li.Perrot p 55.
~ Voir la carte.
JI LQ c3pitalo du Lesotho à l'époque.

R/2195
Page 152
Il:8st cl~ir quo l~ décisi~1 du gouvernement du Cnp do limiter
les conditions d'accès à ln tcrre1lautour de la région du Cap est
prise d21ls l'intention de déc1ench~rile développoment ·deJ1'U~v.ngo
pour la laine Mérinos. En offet, dès 1810, dos recherches ont montré
quO les conditions écologiques flont fé.',vorablcs ilOn no peut P~)$
procéder à un tel élevage sans bousculor les lJricains ; sans intro-
duire le droit de propri5té capite~iste, c'est-à-dire sans exproprier
los 1:.fricains. Dans 112 forme où il s'est développé, le 'l'rekest :W?Il-
togcux pour l ' impérialismo britannique à deux points do vue
l'émigration versl'i11tériour n'ost pas organisée pnr l'Etat, celui-ci
n'est p2.S tenu de faire des dépenses c.i'fércntcs (civiles et milita.ires).
Les émigrants pratiquent nécessairement .delf81ey~et no pouvent
vendre la laine qu':'..u grand capital. au cap.37]h 1842, le Cap oxporte
1 million de livres de laine dont 3/5 viennent dos frontières. C'cst
la spéculation à fond sur les terres : une forme de 2.400 morgcns
vendue. 63 en 1848est vendue il 3000 en 1861 'Iainsi le s b~soin8
de l'industrie textile du capit12lisme centrQl pouvGiont ~tre satis-
fui ts à moind.re co~t ~ Il faut sc rappelor que los Trekkcrs viv:'icnt
de mmlière extr~memcnt rudimentaire , m:1is devaient tout de mêr.y~ 2cho-
ter des produits llldustriels au C12p.
l'...:insi, si l' interv:::ntion l'.nglaiso dans le conflit entre !1 '3tat
libre d'Orange" et le royaume Lesotho ost limitêe,en réalité lu.
présence de l'imp6riu.lismc britannique est effective. L chariuo fois
le conflit est tranché d2Ils ses intêr~ts. 1.1lmt 1 f 2l1l1c~:ion de Lesotho
ce qui intéressait l'impérialisme britannique, c'ost ~G los colons
Boers disposent dG plus.de torres possiblES.
11 En 1813'--a ifûu 1;" Sir~Johri Cr~ockfs Roform~~~el~"ï;4Ücl18,1~-~
superficie mr:.ximum de '12. propriété est fixéo à 3GOOmorgens et la 1'O:-lto
mmuelle à verser à l'Etat à 250. rixe 1 rix = 1s, 6d en 1825, in OEi:L,
Tome II p 106.)
.
g.J OHSA, t.. II p 101.
::J llL'impact économique du marché internationGI étrdt porté à l'inté-
rieur du p~s, non dans les chariots des trekkers mais sur le dOn doo
moutons mérinos. In Oxford History of South Jlfric~, t. II p. 4.

R/2795
Page 153
Th. 1850. 10 Journq.l des Missions EvLlIJ.géliques tcri t
: "Tout
Européen en possession 0. 'une ou plusieurt~ fermas, los reçoit ;'11 don
clu gouvernement britonniQllel1J!ct en 1865 : il fGut ~1. chn.c:lUO hc!-bitC'lè.t
bl211c une forma q1.èÏ ,:'.,it plusieurs kilomètres do circonfrSl'onco.,g!Cdto
étendue de t~~~~_.E:l4(j"'y()uyr:~_.?-e.b~t(":'E~~à 1?-~E-i2. Cjui enrichissent un
colon presque SMS trctvail, ct font regorger ses coffres Cl.' cspècGS
sOl1l1.DJ1i;os que trop souvent il soustr",i t
[}.Vec soin de Id circuL,tioll
" 3/ .
Quant à.l'é1gricu,lturo, olle est en seconde ligne.~TIn c:JOmmo, jusqu'en
1870 ,environ, cc cyui intéresse 10 gI'2I1cl cnpitnlbritannic::uc, c'est l~~
procluction do 10 laine. C'ost en fonction do celn qu'il intervient C,,"nE
les conflits. Ilt le:, bê,sC c10 cette production faite pë.r les Boers, C'8s1
ln f(JjJ1i11e. Donc la constitution des r6s8 T'ves ne s'impose prèS. C'.:)st
dire que si ~aoshcshe nccuGille avec sympatho lé'c proclCUlmtion do 18413,
c' 0ft qu'il n.o cOrL'1.ait pc:,8 aneoro bien l ' impériC11iE::mc.y'Lé:-- situation
chémgo à partir do 1867, c' est~irc lorsque la présence ,10 riche;:;
gisemonts miniers (Kimberley) est signalée. Deux problèines œscntids
sc posol1t :
1) 1c problèmü dG la protection des gisements miniers vis-,s,-vis
d2s C1utrcs puisSC:11cCG impérialistes (fui pourr2-icnt bé:néficÎ(:r de l ' ine::,
curit6 dans la région pour intervenir. 12, rccol1l12,iss::::nce (1.08 Etcotc
Boers en 1854 recelait peu do risc::ues dl intervention étrcmgèl";'; ~1.-:"'3i
longtemps que lus mines c"l',; diGmillits ct cl' orn' Gtaiont péè8 o::ploi 'L~):: 0
E1 1868, l'Et~t Lesotho ost i',ffaibli, mais non désintégré.
JI Journal dès ~lissions SvéU1géliques, p. 327. Cité pé1.r N. Perrot.
Ji JME, p. 43.
;,j Jl'lE, p. 54.
!li Encore quo 10 réc_1isffi8 ::mro.,it pu éLussi conduire à 1é1. m'eme dti-tuc~c 4

n/2795
Page 154
Le capital onglo.is 0i1 instnurant Sé1 protection fait cl. '"L'no piorr'~ cloux
coups : Ck"'1.11QXer au ,moindre cont d'administration ; éviter 12 ~)r()lon­
g:->.,tion dc l'EtC1td'insécurit6, susceptible de faire passor le:.::::: Ticl-;':Js-
sos minièros à d'Qutres intér~ts que ceux do le" Groncle Brct~ètSn,:;. C'o~;t
ce qu'exprime 10 Secrétairo au Foreign Office dans une d(~ptkhc c:l'.'il
onvoie au Haut; Commissairo au Cap, nfin d'expliquer leG r:·~iGOllr,~.L1.
protectorat britannique:
ilLe but de cet .2J.~rangement Cà savoir la protection dos :r'.l"':"Ut(3)
est d'obtonir sens qu'il on conte rien au gouvcrnclnont irnp(::'i~·Jl, l'6tn--
blissom8nt de lE'., po.ix le long des frontières des colonies éL J Lfricu:J
du. Sucl et de mettre fin aux luttos incessantes entre l'Etr,t libre
d'Orange et le Bo.suto" ~
2) Le problème de la disposition d'une force de travo.il so.lnriée
LU sens classique se poso. L'ère de la pénurie de la force
do "c:r'2vnil
ef)t ouvert 0 • C'ost à notre avis, la raison essentielle pour lacuelle,
l'"illgloterre a "accepté" la proposition de Protectorat fo.ito peer
Noshesh, devant les victoires militaires des Boers. Il ne fout p2.S
dôtruire cette réserve potentielle de force de travail à surexploiter
dons los mines. Do fait, à pn.rtir do cette période, 1'émigration vors
los miL'los do diamonts puis los mines cl' or Vl1 se développor. l".lors
li
qu'en 1849, l t ill1gleterre reconnaissait la souveraineté du Lesotho sur
une grande partie de ln vallée de Caledon, le traitû do 1868 imposC1it
2.vec 38,2% les terres û.l'e,bes concentrées sur 11% du territoire, lé"
Réserve la plus proche des mines SUd-l~ricain8s.~
Le refoulement allait mettre les Ilasutos dans une si tuo.tion
d t:autont plus dépendante du capitnl pour leur subsistélllco, que 10
système économique antérieur 6tcit basé sur l" agriculture proprement
dito et l'élevago de m2llière complémontC1iro.
JI Bo.sutoland 1960, op. c.p. 117
~ L. Thompson in OIlS"". - t2 p. 271.

R/2795
Page 155
Cop:mdol1t,
jusqu'on 1880, c'est une sorto d'économio de
tro..itc,bnséc sur 10., production du blé qui émorge. Le blé est l'u.'1
des produits essentiels introduits par les ~fissionno..iros nu Losotho
c1epuis 1833, en m-emo temps quo ln 6hurrue. Dans l'om::omblo, l,:', ,-:;cou-
verte c1es minos donne liou à une très errundo demando do proc~uitf:: Llo
consommation, à 10 fois à cause dos treovaux d' infrMtructtu'o ,k
tr.:insport et de la croissanco ,urbaine dans los régions minièrc;:: I_TC-
premont dites.JI"Il fc!'ut de l'argent pour PEWer l'imp'Ot, pOtli' 7C~'8or
le cas échéont, la contribution à l'Egliso et acheter dos v~t;:JC:ltr.
cle noce, pour acquérir dos objets cmviés qui cmcombront loc_: bon-ci'fi.:L22
dos mrxchrunds Anglais, au risque de ruiner les artisans loc~~
(jo:1.1liers et potiors)~ Or, le blé est pro.tiquemcnt 10 seml p:..~c"~dt
crue les Lesotho peuvent vendre à CGlPC qui ont cet argent 011. 83:i.)èco,
los colons. "La production du bIG s'élève considérablement : 1'8
BQsutos consomment peu le blé et vendent presque tout ce c~l'ils culti-
vent, conseI'V2.nt pour leur nourriturc le mnS:s et le SOr[)lO qui sc 38mont
plus tc:.rd.,J!
Mais à pnrtir de 1884, les choses chongont : d'uno p~rt, il
y 2, uno crise: l'invasion du m2rch6 Sud Africain pill' du b16 Lm6ricé1in
très bonmnrché ; d'autre pc:.rt, la guerre dite des fusils oppose
Jmglais et Basutos et perturbo production et cxportntion ; mais S~
tout l ' éc.onomie Sud l'.fricain va réclamer de plus on plus de forco do
tr1:W,Ül , "uss i bien cl:-ns l ' agriculturc que d211S los mines (cliU].;:; l ' in-
du"trie <,près 1933.)
D'après Elisé Reclus,!/en 1891, 37000 Lesotho émigrant vore
l'l~rique du Sud. Une ôconomie de traite ,basée stœ IG production du
blé ne péU'élit pas très compatible avec l'exigence d'une m,:dn d'oouvre
bon marché poxce cfue sownisG au mouvemont oscillatoire entrc le: C,':'J,1pagne
JI F. lvilson. OHS1\\, vol. II, chap. III, 2.
~ H. Perrot. p. 126.
:JI P. 128.
!JI Citô par H. Porrot. p. 126.

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Page 156
ot les mines. En cffet, 10. culture du blé dem2nde pM mo..l e1.o trav:.iL
Le produit de trêcito va chr:nge:r:. Le blé, tout en 6t811t venà.u, dcvLnt
culture vivrière. C'est vors l'élevage pour ID. production cle 12. 1<'.ine
et du MohD.ir que
los Bé~sutos s'orientent. L' D.Vélllt2.ge en ost 6vicLC'l1t
pour le cQ,pital ; on peut confier ID. gurde du troupco,u D.UX cnf:-nis ct
Q11er commc migrent an Lfrique du Sud.
Ainsi se trouve r6alisée l'intégration de 1'économie de trd te
dons l'économie. de rÛsQrve. Elle garde une forme très primitive jus-
qu'à 1 'indépendnnoe. C'est seulement maintonMtque 12. structuration
ost en trc:,in de chnngcr, puisque l'Etat tonte d' 6t.':'..tisor los acho.ts
au producteur.
Ce phénomène de refoulement et d'obligation de cultures du blé
provoque dos migrations très importantes vors les régions montagneusEJ:::;'
"La culturo des céré<:lles presqu'alors limitée aux v211ées onvGhit los
régions montagneuses et l~cstreint les superficies consacrées aux p~tu­
raies';JIOÙ le labour dos chmnps de blé so fait de plus en plus à l~è
charrue, destructrice des terres, s'il n'y n pas d'ellgTnis. Peu à
peu, la jachère est supprimee. Nous assistons déjà à une baisse do
rondement à la fin du 196 siècle, sans qu,'on puisSG avnncor dos chiffres.
"
.
Mais on sait qu'on 1883, un témoin écrit: i l y n cinquonte MS, cœ
ravins étaient fort raroG, presqu'inconnus ; maintcrwnt ils si11OlmC:'.1t
112/
Dt déchirent 10 pa;ys.-tl est clair que dmlS cos conditions, on ne I-,çjut
supprimer 10 libre accès dos populations à la terro, SmlS en meme temps
pE,lrmettre une émigrc:,tion définitive. La faim de la terre au Lesotho
n'est pas un phénomène récent. Elle a été systûr:latiqucmont mise cn
place par l'impéTiQ1isme Britnnnique depuis le milieu du 196 siècle.
Pour la gérer, il mit sur pied une bureaucrntie de chefs.
-""":""------~---------~---~~~=~~~~-~.~~~.~.
~~.~.~.~~,
jJCité par Perrot P. 128
YGeorge Henry in Stevens, Lesotho p. 108.

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Page 157
Dons le Lesotho précolonitù, ct est ln. comnn.n1i:1'ut6 qui cst proprié-
tcoiro de la terre. L' é1Ctivi té princip21e est l ' Olu'"JTiculture ct l' 6lcvélgo
de menièrc complémentaire. Apr~s chnquo récolte, les droits du culti-
vr:tcur sont suspond,us en félveur do la corrnnunnuté qui fait PatiN-
son troupoau sur 10, paillee Le principe du p2,rtage ost quo chn.quc
famille doit recevoir o,ssoZ de torres pour subvenir à ses besoins.
On sait qu'il s'ngit d'une pratique très cour0l1te cm Lfrique.
Ce qui ost souvent origind, cc sont les modi:lli tés concrètes dl o,Piùi-
cations. Duns le c~s du LeGotho, l'organe compétant, pour procéder
2.UX redistributions c~es terres, ost 10 Pits~ assemblée du villaB'e
qui jouait un l'ale social multidimensionnel.
iL cette strudura plut~t Démocratique, qui bion s1:lr c.ompplhtài:t
des SOurces d'inégalit6s, les Anglais vont substituer Ulla Bureélucr2.tic
de chofferies. L2. distr.ibution des terres va devenir une fonction
r(mumérée des chefs. C'est encore le principe de lte~~loitation au
moind.re col1t quo pratique l ' iropériillisme britamliquc ici. D'après 1o,
loi "Lerotholi" nO 9, 1922 "L'Octroi de terres est sujet é~U clovoir (~e
fid61i t6 et de soumission à son chef. Ces terres pouvant ~trü perdues
soit dans le CL~ où celui qui les a reçues ne les cultive pas, soit
dans le cas où celui-ci se montrerait déloyal vis à vis ~e son chef"~
A celQ s'ajoute le fait quo les chefs s'attribuent les moil-
leures terres ; c"'..c plus les chefs sont devenus en quolquo sarto des
rentiers puisque "celui elui reçoit dos terres est redcv2.ble ,~u chef ,:'e
paiements en espèces et en matière, et d'un certain travail qu'il est
tenu d'exécuter pour le chefll~
Ji Au moment dû prcm1.re 'lIDe décision importento, 10 NorcnR (chef ou
roi) ôtait
tenu ÙC réwlir ses sujets on une assemblée nationalc,
un pitso où ch2.Cun pouvi:1it donner librement sone..vis. H Perrot p 17«
gj George Henry, in Stevens, p. 107.
JI G. Henry 0 C. o. oit, p. 108.

R/2795
Pago 158
Finalement, lé1. (lictribution dGS terres est devenue non seule-
ment très inégale, mais l'appropriation de fo..iii par les cilef::; ct lour
famille est devenue la réo..liiié. Bien des Basutos sont ÙGV~1UG doc
sans terre QU bien micI'ofondiaires.
On pGut ccpendçnt so poser la question de s2.voir pourr[u.oi, a
l'instar de ce qui s'est passé au Swazilnnd par o::wmplc, le gTé'llcl
.:t ,.'
c~pital n'a pas purement ct simplement d6pos~cs paysans. LC!è:otho.
Ceriiains voient [lMS 10 soi clisél2lt maintien d'un système pr,stuY'/umont
tr.::.d.îtionnel, la raison essQntielle de la s:t.agnÇltion sinon de 1::
réigrossion des conditions d' exist811.ce clos trnvo..illotlX's Lesotho. '"'.
G. H811.ry r(5SUffiC co point de vue lorsqu' il écrit : "L'administration
brit~?l1niqlle pn.r son recours au système - économique pour ello - de
gouvernement indirect, a appu,yé ces institutions :inhi.bitricoD Ile: crois-
sance. Leurpo~oir supr~me et lour autorité ont donc contribué à
maintenir l'agriculture Basuto dnns un Etat ,arriéré etsous-:l,jVelOPPé"J.(
Pour l'auteur, une politique systématique cl 'enclosures .l'libè-roré::-it
66 000 jeunes gardions de bétail qui ne peuvent aller à l ' (;colo", los
pr.opriéto..ires pourraient f~ire des investis8e~cnt ote ••• Il s'~cit là
...•:..
d'une vue extrtlmemûllt p2.t'tiolle d.u prob;LèmG, qui nG veut p.:w pronël~'o
en c6n~idé~é1.tion.deux. aspects fondamentaux: d'abord le syctèmo foncier
actuel est tout à f[1,i t profitable au capital puisquo l.:~ force '. 0 tr::W:è.il
sc reproduit partiollem(mt dans la réservG m~mc. Corrunent p=ut-on on
marne temps instaurer lu, propri6té priVée de la terre et en i'1ême tCI;rpu
organiser des migrations oscillatoires. La privntisation o,bsoluc (::,c
la terre est fonctionnelle seulement dans un système où los mi&;r: tiolls
(vers l'étr811gor ou vors les villes) tendent à 'etre d6finitivus. L'accès
relativement libro est uilc conditian essentielle dos mig-.c~ètions oscil-
latoires, si rentables ;).u capital. Or, il est exclu que lm:: Lo,>otho
JI Stevens, Lesotho p. 109.

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Page 159
6rnigront d.éfinitivemcnt on Afrique du Sucl, do m~me cru 'iL::: ne lxmvont
espérer trouver du tro..vi:,il on ville au Lesotho. Eh effet, ~;t c' CGt le
deuxième aspect, la sté'{,"nation économiquo du Lesotho ost toIle qUe]
l'expropriation complète cl 'une p2rtie importante des p:'Y2;:ns p088rQ~t
rIes problèmes de chOmê..g'o import:mts. C'est co qu'ont const::,té los
experts de ln Bnnque Mondialo dans lour rapport en. 1954; ils Gont
obligrSs do reconnaitre l'utilité pour 10 capital (PUll systèm,::;-~uCJ los
id6010gues qui voulont nssimiler capi talismo ot progrès, pr",scmtont
JI
comme 2rchnIque.
Eh conclusion, l'impéricüisme Imglais a crôé pour ses jJJ:'oprco
besoins la Réserve du Lesotho. Nous avons minimisé les contr('rlictions
secondairos entra lui ct les Boors. Du moins, nous 2.vons fc'..i t ",bs--
trnction de 12. perception idéologique cles différents r"ppo}'ts. Il
ost clc:.ir que les Basutos ont agi comme si la contré1Cliction antre
intértts britDmliquos et Boers était aussi importMte (.0-"'.;nt1'c los
leurs et ceux des Boers. De m~me bien des BOers étaient pcrGuac1és cu'on
cuittnnt 10 Cap, ils allaient échapper à la "tyr2Jll1io" clo l' imp{~ri~
lismo brit3J1nique ; ils ne s'apercevaient pas que ce g1.lÎ, à cette
8IlOr{ue int éressait
los Anglais c' étni t let laine. Du point do vue poli-
tique, l'nnalyse fine de cos séries de rapports s'impose; au niveau
dos rapports économiques, le fait de considérer comne moteur à long
terme les intér~ts do l'impérialisme suffisent amplement. La Lesotho
fonctionne comme véritc:.ble r.jscrve à titre principal depuis 10- tLécou-
verto des mines d'or. L~ constitution de la réserve ost f~itQ à le
fin de cotte période (1866-1999) que F. Wilson a appelé celle de
Y
l'impact des mines sur l ' ngriculture Sud Africaine.
Ji Vernon Sheddick, 1954. Lnnd Tenure in BasutolLmcle LondrcG, JI.IiI.
8tationery office.
y F. Wilson, Farming, in OHSA t2.

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Page 160
II. 1.él. sotynissiop. informelle d.Q traite
Jusqu'à l'in(1épcndrnce, toute la production Lesotho s'accomplit
d21ls le cÇl.è.re .dc 10. soumissio!,! informelle de traite au capital Op6rMt
à partir de l'Afrique du Sud. :Eh fait, toute la production ma.rcli2llC~O
vient de cette soumission informelle.
L'esaonticl dû cette production est exportée. Aussi, en 1965,
alors que d' aprèo les comptables nationaux,los vcnte:s clos "mén2gos"
ruraux africains s' élevaient à 6.850.000 Rands, la m'&1e année, les
exportations s'élevaient à 4.690.000.1Idont 626.000 pour los clia~2nts~
Donc, près do 2/3 do lû. production agricole me.rchnncle étaient ccportés.
Evidemment comme ailleurs, cette forme de rapports capitalistos se:
traduit par une très faible productivité du travail, on sorto que le,
production globale stagne. S. i.Jn.in a énoncé les conclitians do cl6vdop-
pement d'une économie de traite: lIDO cortsino densité démographique,
une ~ertaine hiérarchisation social0.YCes deux canditions sont
rémios au Losotho, puisqu' aujourd 'hui la densité moyenne est de
53 hab. ,au lan2 (156 sur leG terres basses contro 30 hab. dans los
zones d'économio do trQitc do l'Afriquo Occidentale.)
L'administration coloninle a. transformé 10 roi ct les chefs do
la. période antérioure en 6lémcnts d'une bureaucratie fortoment hi(;I'ro~­
chisée.
Mais l'économie do traite au Lesotho présente la spécificitC
de porter à titre principal sur l'élevage. Linsi, à la veille du 12l1.ce-
mont du premier plan quinquonû.l de 1970, los exportntions sc compc.... i
saient de lé], m:mière 8uivru:1to :
11 .Annual StatisticL\\l Bl..ùletin 1965, p. 14 ct liichel vlarcl. Economie
Independence for Lesotho.
sJ Amin, Sous-développement et dôpendnnces en L.frique noire. Los ori-
gines historiques et les formes cŒltemporaines. Pref. in Barry,
Le Royaume du Wnla. 26-21.

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Page 161
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Section C.T.C.T.
Produits
Valeur en rnnc1s
Produits alimentaires
Eoeufs
410.000
-1.
ct animaux vivŒnts
Moutons
70.000
Autr cs animaux viVémt s
10.000
Blé
725.000
Pois ct hnricots
145~000
Autres
15_000
'~ot l
1.375.000
Matières premièros
Laine
1.762.000
r.rohair
817.000
Cuirs ct poaux
75.000
Diamants
625.000
Autres
_ _
~
1 ~ · ~ · · · ~ ·
~ _
TOTAL
Autres exportations
25. 000
TOTfiL ùes exportations
4.689.000
Source : f~ual Statistical Bullotin 1965, p. 14.

R/2795
Page 162
Le tableau montre :
1°) que le dinmant, l~ soule exportation non agricole, entro pour
une part tre~ limitée, dans cette oxportation (15,3 %).
20 ) qu' 2U niveau de 1[', production animale et végétc:ùc, Ll IlTomi8rc
tient de loin lq place la plus importante; le blé, 1e8 petits pois
ct les hûricots ontrent sau1emont pour 18,5 %.
30 ) qu'environ 70 %des exportations produites dans les conditions
.
do 1.'"1 soumission informe11o sont con~tituées do produits c1c l'61cvccge,
qui sont soit dos produits alimentaires, soit des lU.L',:tièrcs prolneres.
'.\\
En fait, l' élov",,€o
et la production agricole no 8.on 1; pm; s Opm'8S
puisquo le principe du p2rtago des terras ost quo chnquo f~millc
clispose de troispnrcollcs ct qu'après les rôcoltos chacun peut fa.iro
pa!trc; son troupoav. là où i l ;route
En principe, il ost intordit légalement aux f,Tanc1.es sociét,3s
minièros .d'organiser le procès de production du diamm1t SlIT un mOQe
spécifiquemont capitaliste. Cc sont des individus de n~tion~lité
Lesotho qui, seuls, ont 10 droit de cherchor le rlinlnant clt1ns le prlYi:~o
Jusqu'à llinclépcnè..o..."1cO, la production du di~"l1ant, faito ossen-
tiel1ement par des Licenciés individ~cls. Lesotho, à l'excl~sion QOS
sociét6s minières, est très limitée f
2.472 carats en 1963
13.000 en 1966
5.110
"
en 1964
7.377
"
en 1965
17.000 en 197,1
'~~.
~--_._-
...... -
Source • 1mnual Statistic Bulletin 1965 et 1971.


R/2795
Page 163
Le grand monopole; DE Boors,se contente d'intercepter 1:" rJrO(~UC­
tion et do l'8couler sur le marché mondial par sa filiale de distri-
bution, la Dirunond Corporation. Il n'est malheureusement P["S possible
d'avoir:' une idée cIe la surexploitation des producteurs dill1.8 un tcl
cns. L'çxploitation se fait à ciel ouvert, dm1s les zones montagneuses,
par 200 à 300 mineurs Basuto aj}'ant obtenu lIDe licence.
Mais depuis 1955, les grands monopoles intervienncnt'cl2ns la
prospection., Le gouvernement britannique confie l'exploitation à la
General 1·üning and' Finru:lce Co de Johannesburg. :Eh 1960, une commission
parlementaire découvre que cette société se contente de rêQlisor clos
profits grtlce au contrat gouvernemental ct ne procède ,à élucune prospec-
tion d'env.ergure. D'autres sociétés ont pris la place: Rio Tinto,
Lonrho, 1'1mglo-1lInerican. Apparemment, elles ne trouvent pac ae c1i2ITlant.
Mé1is peut~tre derrière la prospection se cache en réalité 1.:110 ezploi..·
tation minière. Gahrièlo Winai strom considère que 12, suestion doit eire
.JI
posee.
1'éluvngo ct la production du blé sc ,font dDns un cé'm'c '~~c sou"Ji::3-
sion formolle do type classique. Jusqu'à l ' indépond211ce, il s'agit
encore d'une forme asseZ primairo : l'Etat' n' interviontp2B :~J;''1.S 10
circuit de commcrcialiso..tion, m~me pas pour la "stabilis.:.tion clos cenrs" 0
La productivité du travail est très médiocre ct stagnante.
En ce qui concerne la commercialisation ct l ' approvisiomlCITlent :
la communication do Gabrièle Triinai Strom, au colloqua orgill1.isê pc,r 1: rDJi;p
Erl.
1974 sur les Sociétés .Mu1tinationa1cs en Afrique, contic..."1t rle2 infor-
mations esssntiellos. Il ressort de cette communication que :
l
'
JI Gabrièle viinai Stroma L'influence des sociétés mu!tinatioDalcs sur
la politique éConomique du Lesotho.

R/2795
Page 164
1°) les op(~ations commerciales de traite sant très monopoliséos.
AU momcp.t de J. 'ind6pondn.nco, ' '"'Lesectour commor-
cial était un champ libro pour les roprésontémts des maisons commer-
ciales et institutions financières d'Afrique du Sud, Y ,compris les
banques commercialos o~ .les sociétés, los compagnies d'assurances et
sociétés immobilièrosl
Souvent en fait, il s'agit plut~t de monopoles britrulli.iquos
opérant à pm'tir de l ' Af'rique du Sud.
Par exempie, "le plus gros commerce de détail qui a aussi le
monopolo du commerco de gros, est aux mains do la société multinatio-
iJ.alc britannique Alex Fra..ser et fils. Lord HughFr.nser ost.un député
conservateur britannique et 10 porto-parble de "l' aicle britannique"
au Lesotho".Y
Ce sont cos monopoles qui, en réalité, réalis,ont l'essentiel
dos "Profits bruts des sociétés privées au Lesotho : 513.000 Rands
et 590.000 Rands respectivemcnts en 196~5 et 196~6~.JI
2°) Les points de traite sont tenus non pnr dos national.1X, mais
par des Sud-Africains. Les Basutos ne pouvaient obtenir quos patentœ
très spécialisées. C'cst pourquoi, malgré la présence de quelques
Basutos comme intcrmt)d.iaires, pour l'essentiel, ce sont los Sud-
ld'ricains qui constituent co groupe d'entrepreneurs individuels qui
ont réalisé des profits bruts de l'ordre de 500.000 Rands et 784.000
Rands respectivement en 1964-65 et 1965-66.
':,.:..,!".
~-_.....,..
.
_ _~
.........,.-.-.-
.~
. . . .
_m'ri_ .~..,ej
~~"7~-'
';:W'-~ ---=-=-~-,..
~ . '
JI TH1JIllJE (T.T.) CorilrJcnt, 'Prob:lcmtl of bèing:~land";lockecl : Lesotho
nn Island Country, p.,4, Oslo, Sept. 1972, Cité pm' G.:Winai, p.8,
~ Gabrièlo Winni Stroffi, op. c •
.JI Michel Wnrd, Economie Indcpcndcnco for Lesotho.

R/Z795
Page 165
En f d t, nous dcvonsrogarder au-delà cles ~"\\.SpGets institution-
nels et retenir surtout qu'il y a une chaine d'exploitation qûi:réiio
l'éleveur, l ' agTicdt9!lr ou le cherchour de diélCllant Basuto au grr:n:l
capital. Co que veut celui-ci, co sont des matières premières ou dos
biens-s2.12,irest bon morch6.
Nous verrons IllUE) loin, que les producteurs sont surexploit6s
au pro~it des colons d'Afrique du Sud (capitalistes et sal4riés) et
aussi du capital at d'uno frc..ction des travailleurs dons d' [1,utres
PEJ;Ys centraux. Par eXGmplo, si le blé ct la viande exportés du LO:3otho,
sont pour l'essentiel, consommés en P~riquc du Sud, par contro, la
laine et 10 Mohair, exportations principalest sont réexportés par
1'Afrique du Sud. Ainsi, 10 capital frmlçiÜS par oxomp1c, p~U'ticipo
h l ' exploitation des proclucteuI's clo lai,'1o Basuto, puiscru' ii "Port-
Elisabeth qui ost le principal ccmtro commercial Ininier OÙ est inGtal-
lée la "Wool Commission", existent notamment do,puissMts intér~ts
fr8l1.çais" •.1/ Le de[,J"!'é d.c ln surexploitation ost'-~ifficile à connctitl'e.
Mais nous pouvons on avoir une idée, cn constati~t o~'il suffit d'une
association do producteurs, allmlt vcndre directomen;:t, aux courtiers
à Port-Elisabeth pour obtenir un prix net 60 %plus 81cvé quo celui
qui est pratiqué au Lcsotho.~
Fn co qui concerne les conséquonces du sous pi1.iomcmt sur 12,
reproduction de 1~1 force lle trO-vail, nous verrons plus loin. Pow'
l'instant, discutons du problème de laproductivitê du tr~v~il.
lh partis2ll convaincu clo la perpétuation de 1<1 surexploite.tion
du Lesotho, Michel Tr1arc1:J dresse en quelques lignoo le bilrn d'un
i
i .
i
""li
, " '
.JI D6eumcmtntion' fronçaiea ; Notee et Etudes. docilUncntairesno 3539. h
L'Econ0mtc Sud,..fdricaine' p. 23.
' :
7
2:/ First Five Yeé:'X Dovpt. Plan. p. 88.
~ Michel Ward, op. cité.

R/2795
Page 166
siècle do colonisation britannique au Lesotho :
ilLe volume du 'Lv'~J"T­
p8ffient qui 2. eu lieu au LGsotho au cOurs du siècle passé, OGt "r';~i­
quement négligeé;lble et l'existence d'un sûrvice sociiÙ très ru:üm",n;;":)·
tnire ost souvent considéré comme une accusation contre le reCn:;
colonic..l bri t,l.nnique d2.t1s le pa,ys. Le premier dovoir assignL à ~, ~'::,LJi­
nistration coloniale jusqu'aux années 1950, était dü"maintGnir l f .retro
public ut non dd procodcr i1U dcveloppümont ". L'auteur aur<;i 'c 'Lû
aj outer qUG cotte stc.gnation 0 st ,,111ée de peür avec un8 Gur,zr1it::l-
tion dus paysans Basutos et celé" au moindre co1h, SMS invü :3ti;~s()lnonts
producÜfs. EiéUJC, ilaar'lit dû insister sur le fait qu'il y .~ (;ll
régression,' destruction dGS conditions do la reproduction ..
Quel que soit le produit do traite oonsidere, nou~ô C>Jnf3tJ.-
tons qu'il y a uno surchLœgG de pi1turage. On a calculé "lers é,u! il
faudrüt environ 250.000 unités de e:ros bét<ril pour un bon r;,;nc.L,r,Lnt,
il y en 2.v.:,i t 420.000 en '1970. PoUr' 10 petit bétail, 1:1 sitll"iun (;st
encore pire. Alurs que les 580.000 chèvres ut moutons ontbo :::win
de 2, 3 millions d'ha pour se d6velopper normalement, il n ',y un' ,v:,i t
qU'1 JjJillion do disponibles.1/Il s'agit, bien:ffitr, de calcule ·.,.G~èOZ
grossiors, liFÜS ils montrent il. quel point la productivite du tr:.v ,il
(10 r,-,nclGh10nt dos p5turnges en viande ou en laine, mohair, etc)., a
plut8t régressé qu'augmenté <lU cours dn: siècle.
Le rusultat au nivoau dos flux est que 13. balanc(' COùJrJerciùo
du Lesotho:"pp'"rart comme l:cne absurdit6.' Poùr un 'volume d'expcrt('"tion
do 4.690.000 Rands, le pays impcrtaitpour 17.525.000 TI,,~dG. La
situation ne s'est point élmélioroo dopuis l'ind6pendancc.
(on ri1l1ds)
.1222
.12§2.
.111.4
Exportation
4.690.000
4.891.000
9.734.000
Importations
17.525.000
23.907.000
840702.000
]fFirst ·:t<'ive Ye,:.r 'Pla, pCJgC 84-87. pour convertir les M't('s do bdl.il,
en unités, on a utilisé les coefficients suiVéUlt:;;.: 'boeuf: 0,6 ;
mouton et chèvres: 0,2.

R/2795
Page 161
III 0 LE) d~vel'?l2E.ement_ de la sownission info...!'melle c\\~}".15;~_c~~k2
d 'ml Q.ç01?:?!.l1i~ de réserves de _.!!l.~ .d !..o~e.
Le développement des migrations Lesotho ni est pas un mouvemont
élutonome. Il dépend strictement do la demonde d:u capit2,l en .i...friquG
du Sud et ceci, pour deuu~ raisons essentielles :
1°) c'est l~bB..s qu'opère le cé'.pital sous S2, forme cl..irecte,
aussi bien en ce qui concerne les fermes, les usines que les mines
2°) le système de recrutement est organisé de tello sorte ~-fUO
1['., forco de travail ne pout pas émigrer à son gré vers l ' .Afrique (lU
Sud.
Ltintégration de PM'rique du Sud dans le système cc~piti1listu
a connu deux phases depuis le 19ème siècle : avont 1930, le CC;.l'Jiti'.l
st investit dons IGS mines 8t dans l ' agriculture, mais surto-~,t cl~ns les
mines. Après 1930, c'est la révolution industrielle que se dCvoloppe.
Au sein de la première phase, i l y a des cycles : boom minier
de 1884 à 1900 ; une période de perturbation de 1900.à 1910, duo ù la
guerre .linglo Boer et ses suites. L2. grande période d'expClllsion s'6tond
de 1911 à 1918. Ensuito, c'est une période d'instabilité. Cetto der-
nière période est ppxticulièrement importante puisque c'est la période
de la mise en place des structures d'int4gration matérielle ct idéolo-
gique de la classe ouvrière blClllcho, gr1ree au partage entre olle ct le
capital, de l'êl6mont d'exploitation prélevé sur les travailleurs
africains cle toutes nationn.litôs en Afrique du Sud.
A pariir des années 1930, l'-émigr-aiion -Basuto vers l'Afrique du
Sud devient cxtr&1emont forte:. Son histoire n'est malheureusement pn.s
écrii e. Mais l'évolution du nombre des Basut os présent s c1é:JW leur paye p
permet d'avoir une bonne idée du mouvement.

R/2'795
Page 168
Tab1e~ XII} 'population préson~c au. ~otho
de 1891 à 1966
. • II' _- ••' -M
.
..
..-..-...~,.7
....~-~
._-~-~-
Rea.eo-
Hommes
Taux do
Femmes
Taux: de
Taux do
i t a l
sement:
(liii.11irs) croissance
Hilliers) ~oissance
(
Hiers)
croissê11.co .
mIDue1
annuel
û.tUme1
.....
..
1891
106
113
219
,
".\\
1904
164
185
"
349
4,24
1911,
184
220
4°5
2,29
,
~, ,
1921
224
275
499
2,32
1
1
1936
240
322
562
0,84
; .
",.
1946
248
316
564
0,°35
i
..-"
1956
272
3'70
642
1,38
1966
373
487
859
8 J
3,3
E..-....... _ _ .'......
~
~
_
~
~
--~~.~--&..-'
-~~~. ~
Source : Annual Stntistical bulletin, 1965, p. 4, Masoru.
Il appora!t très '31e..ircmont qU'âlors quo do 1891 à 1936, la
population Bc..suto r(siclant dons le PélYs, éwait augmemt6 rogu.lièrernent,
un ralentissement très net s'accomplit entre 1936 et 1946.
Les fonctiolID2-ires du Foreign Office éorivent prudemment, "Il
est généralement oclmis qUe cette petite croissance ontre 1936 8t 1946
est clue, non à cles erreurs teclmiques cle dènombrcmont, mé"is à cort,::.ins.
fnctours économiques ct à l ' e.ttrait de l t industrie on Uliion Sucl-
Africaine"..1/. Cot "attrait" en fait s'exerce depuis longtemps, du fait
m~mC' do l'inexistence cl' aucune actiVité industrielle au Lesotho.
JI Basutolancl, 1960, London, Rer :filajosty's St.::.tioncry Office, p. 32.

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Page 169
D'n.illeurs, cet "nttr2.it" s'exerce sous l'effet d'une "poussee"
très forte. Non seulûment, la stngnation 6conomiquû ongendro une IJres-
sion dÔmogr3phic!:uo, m2.is surtout le &9.E.Ye~.9...ll1enjïubritannjq.ue, (instnncc
politique donc), se charge de stimuler l'émigration. La Commission
PH!, . envoyée pq:ur C+1qu1Her sur
les. causes de nOn p2.iemont Lles ilrit)'Ots
ut do l' insuffisé'llco dos c~'nc1idats volonte,ires à l' (:jmigri'1tion, conclut
en effet, quo l'~lministrntion locale ne joue pas officacement son
raIe ùruns ce domr~ino. Une réorganisation s'ensuit, consistant fonc1élffion-
talement à vidor encor0 plus 10 fêlTleux U1Llirects Rule do son contenu
"10 nombre de chefs fut réduit de 1300 à 122 ot IG contrela par les
.~ 1"
fonctionnaires rU1gIais renforcé.L~
Dès lors, deux orgwnes allaient fonctionner ùe mm1ières p2rfaite
"Tho nativo Recruting Corporntion" représontant la Chombre Lloc Nines
(1.0
Johnnnesbourg et "The f,gency for the High Commission territoiies".
Cotte agence permanente qui fonctionnait depuis 1933 a pOUI' fonction
essontiollc c1e 10v8r los imp8ts sur les migronts au lieu mnmo du .:~:. v il
trD~ail.
21
Son siègo est à JOhrurrnesbourg.
The Native Rccruting Corpor3tion crôôo en 1912, org2l1ise une
ciJlJ1pagne systémc.tiquo 0..'1 vuo de f",voriser l ' émigrrd;ion. Dt ail l CUI' E:,
los Basutos sont l~s seuls étrangers i'1utorisés à tr~vailler non soulo-
ment dans les mines ot sur les fermes, mais aussi drms l'industrie ct
les services. Cos CŒlùitions expliquent donc une forta émigration du
JI Gr:.brièle Winci strom, Socio-economio structure '.:.nc~ authoritics in
LGsotho, Southcrn .Afl'ic2_, *0 appear in !'..frican clcvelopmont ;
manuscrit p. 10.
d Baeutolnnd., 0.0.• p. 38.

R/2795
Page 1:jiO
Lesotho à partir des années 1930. Malheureusement, si on dispose du
chiffre -des émigrants temporaires pour 1936' (101.273) et pour 1950
(154.000) t on rie dispose pas de chiffres pour 1946. Il est probable
qu'il était supérieur à celui de 1956. La raison en est CLY'), n"~miGTe
pas vers l'Afrique du Sud qui veut. Le rythme est réglé, contr~lé
sévèrement surtout depuis 1950. D'ailleurs, le recensement Q8 1966
signale seulement 117.000 absents du Lesotho. Alors cJue l'accroissement
économique se fait régulièrement et de manière autonomGj' l'6mi3T2ction
est strictement contr~lée.
Quoiqu'il en soit, alors que le capital s'accumule en Afrique
du S~ à un rythme ~céléré depuis~les années 1930, au Lesotho c'est
la st agn a;j; ion , sinon la régres,sion dans l'économie. En 1960, on peut
lire dans lm rapport officiel : "Il n 'y a pas d' industrie2. au Basuto-
land, à l'exception de petites briqueteries et d'entreprises de pein-
ture en b~timent de la Société Evangélique de ltIissions de Paris et
de l'Eglise Catholique romaine qui emplQient une centaine Qe Basutos ll .1/

Or, de son c~té,la production vivrière ne cesse de baisser, en
rendement, traduiswt le désintér~t que porte le capital à son amélio-
ration. En 1972, l'ensemble du pqys n'utilisait pas plus de 5.000 tonnes
de fertilisants. Le premier plan 197(}..1975 avait l'intension de porter
cette quantité à 35.000 tonnes ~
.1/ Basutoland, 1960, p. 36.
Y K. T. J. Rakhetla, factors limiting agricultural development in
Lesotho and policies of the Ministry of Agriculture to stinm.late
development, in National Seminar for ruraldevelopment,
1972, p.

R/2795
Page 171
Tableau. XIV RendeIl1Emt::?_moXEmSuLl'~él
de~~ui ts
~icolesessentiels_LJ.92~19.lQ!.
Produit
1950
1960
1970
Na!s
11,9
5, 1
Sorgho
8,7
6,9
Blé
10, 1
5,4
Pois
9.8
3,7
Haricots
3,4
2,3
(Source : ~OT~cultura1 Census for 1950, 1960 and 1970.)
Notre source : Elise Noody, Growth Centres in. Lesotho, p .. 4.
. ~
Donc, la production vivrière, c'est-à-dire du mats, du so~ghof
etc ••• n'a pas connu un accroissement de productivité, tant soit peu
important au cours du siècle. On peut m~me penser ~ril y a ou régros-
sion. Il est symptomatique qu'au cours d'un séminaire, tonu som:: les
auspices de la FAO et du Danish Co-opérative programme, rien Tl' a ,;té
dit, ou presque, sur le problème de la production vivrière propremont
dite ,j}
JI National Seminar on Education é'nd Training for rural d<'wclopmen'r,
in Lesotho, August 1972, Ministry of Agriculture.

R/2795
Page 172
IV. La sur~_~l.~j._tation des migrqnts
Basllt9_.j._l a:-~.~.:IJ.~e~e.1 'Ïl'!..~~en~~ce
Nous rappelons qu'une économie 'à réserve rurale de force de
travail bon marché, SUT une longue période est celle OÙ 10 salaire
PEliYé par le capital au travailleur qu'il engDge comme s:üarié ne couvre
pas une partie des frais nécessaires à la reproduction de la force
do travail. La reproduction se fait en partie par l ' au-lioconsommi:c"don
~e le reste de la famille produit pour elle m~me ou 11' échange q11 t iwec
d' Dutres consommateuré.~, S31lS passer par le capitali'ste comme inter-
médiaire.
Le Lesotho so trouve dans cettj;Partie de l'Afrique que }rr. S.
1
Amin a appelé Afrique des Réserves.
Il énonce les conditions de
son apparition: l'existence d'une colonisation agricole d'origine
européenne ou de ressources minières importantes à prOduire. QU211d
de surcroit cette réserve est dominée par l'Afrique du Sud, il faut
ajouter un troisième élément qui a joué comme·accélérateur, à sGvoir
l'accumulation du capital sous sa forme industrielle.
DElZlS
une économio de réserve, les migrations ne sont pas défini-
tives, mais oscillatoiros.g! Ce qui est très importèmt, c'est de voir
que dan:: un tel phénomène, les PEliYsans sont intégrés aux usines, è'cc
telle sorte que les procès de production QgTicole et le procès de
production minière' ou industrielle, sont devenus tout ~t fait comp:' é-
mentétires, en cc quo le sàlaire' industriel payé par le· capitaliste
est calculé pour qu'il ne suffise pas à la reproduction de l'ensemble
de la force de travail.
JI Pref. de Samu Amin in B. Barry Le Royaume du Halo, Paris, I:Iaspero,
1972, p. 25.
Y Sur une analysc~ exl1austive des formes de migrations, cf. S. l,min,
Migrations in Ouest Africa~

R/2795
Page 17.3
De manière générnle, cette 'intégration permet de dégager un
élément de surexploitation, qui, suivant les cas, est confisqué pur
le capital ou partag6 pax lui avec une fraction de classe dont le
so.utien lui est nécessair~. Dans le cas pr~sûnt, nous verrons qu'il
s' agi t à la fois des travailleurs Colons· en .Afrique du Sud et de 12,
bureaucratie en voie de constitution au Lesotho m~me.
Le nombre exc.et des migrants Lesotho en J:frique du Sud n'est
pas connu. Mnis on pense qu'il y a environ 200.000 Lesotho en Afrique
du Sud en permanence.
Selon John Williams, en 1966, les 164.000 Bnsutos en Afrique du
Sud représentaient 33 %de la main dt Oeuvre africaine "ôtr<mgère"
(grossièrement 2,2 millions).J1
Le recrutement est fnit de telle sorte quo la reproduction soit
effectivement accomplie GLU' place. Ainsi, il y a en permunence dn..'1s
l'agriculture au LesQtho, 48 %de la population m~lc Multo et 45 ~!;
en Afrique du Sucl. ct est ce qui ressort du premier Plan Quinquennal.Y
JI John C. Williams : Lesotho: Economie Implic2.tions of migr;mt Lc,bour,
in S.A. JE (39) na 2 1972 p. 1953.
21 "Sur la ba.se des projections des statistiques du recensemcmt de
1966 et d'autres informations, la force de trnvéèil pour l' ;;nnéc
1969 était évaluée à 430.000 personnes. La force de travail m~le
était évaluée à 270.000. Près de 45% des hommes, soit approxim~
tivemcnt 120.000 étaient absents, c' es-à..-d.ire, trave.illaient cm
Afrique du Sud. Dans la m~me an."lée, la force c1.o travail féminine
migrante ôtait estimée à 20.000 personnes".
Findement, la répc.rti tion de' 18, force de travail' m~le éti.1.it lee
suivante:
- Ehlploi non salerié dans 1 t agriculture au Lesotho
48 %
Salariés au Lesotho
7 %
- Salariés en Afrique du Sud
45 %
1ôô%
First five yeax Dcvelopment Plan 1970/71 -
1974/75. Nasoru
Dcc. 1970.

R/2795
Page 174
Quel est le degré de surexploitation qu'exerc~; ce c:.J.})it~;l GUI'
les trave.illours Lesotho ? Telle nous parait la question osscm'cidlc,
Co n'est me~heureusement pas possible de la mesurer f~cilcmcnt.
Rappelons que l'élément de surexploitation consiste on cott-:
pc.rtie de la plus-value qui est prélevée sur le salairec'..ll tr:wé'.:i.llcUI'
de telle sorto quO sa force de travail no se reproduit pr:w nO!TliÜCL;Cë.lt,
de sorte qu'il y a sous pé'.iement ou sous l'énumération Guivt'l'lt le C'C'-éj"
"'-
Dnns l'enscmblo, les Basutos.en Afrique du Sud sont r.nll<)UI'u: mame
s'il y on a qui sont a4mis dans d'2.utres activités industrielles.
l:..insi à 12. veille de l'indépendance, les nouvE.:llos recrues sc réipc:x-
tissent ",insi :
EmJ?loi des ~.&'E~j;_s~]aSu~o~en Afri~e du Sud
,~ a:'2-1e 13,11 ri
1958
1959
=~~~~~~ ...,
- Mines d'or
)8.440
40.737
-
Chexbonnagcs
15.125
~1;1b8
- Diamants
1.542
1.060
-
Autres
2.295
2.214
TOTAL mines
57.402
~ 55:f19 .,---
~~ ~iculture
5.447
4.409
"
- D1vers
6.0)0
6.235
'
~-~ _~ ~
-~~-~~--'~,-~-,-~-,
..~=.~-~- -<••
. . . .
• • • _ . _ . , - - )
'l'OT:~L
68.879
65 ~~~... .... _s~J
_ _ _
. . .
~ . . a . . . ; . . . . &
~ ~ - - . - . . . . . . . . . , - - . . . ~ . . - . . - ~ ~ ~ ~
Source: Basutoland 1960 p. )7.
Dans l'ensemble donc, les Basutos travaillent dms lOG villes.
Aussi les estimotionc correspondant au Poverty Datum lino u.rbs,in en
Afriquo du Sud s. o..ppliquent à eux. J!h 1958-59, 10 sal,üre mO;lon des
mineurs e..fricëlins en Afrique du Sud était de 21 i!ands,
- '~:;<; r·;

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Page 175
soit 252 ronds pnr en. Or. le Povcrty datum line étnit 8vr~,lué cette
nnnée-là à 400 r211ds pa.r 211. Le taux do suroxploit2.tion moyen ôt,}it
donc do 148/252. ou 601~. :Eh volume, c'était l'équivdc~t 9,5 millions
de runds.
Nous <Nans montré q'tille toIle suroxploi tation permet 2. l , :t'ciE:
à l'Etctt d'entretenir son npparGil et au capital de p'='Ycr c.cr:' fJUY'Séè-
l.:lircs aUx travnillours blancs en Afriquo du Sud.
Eh ce qui concerne l'entretien de l'appnreild'Etc"t ~·;u Lesotho,
on 1958-59, les dépenses budgétaires 6t2.ient de l ' orctre ,r}.:: 2 Dillions.
Sur ces deux millions. 345'.000 rands provenaient directomon t :lu I~::rtu
TJ.X. c' est-à--dire à.' impets prélevés en Afrique du Sud p2X' un: r,\\::1108
coloni3lo britmmique ; 65.~tO rands provenaient de 1:, t:u:c I,~ 'J:cp0:'-'-
t2..tion sm 10. lCl.ine ct 10 mohair, c' est-àJ-dire directement du trèw,il
pElystm. C' est gr~e à co travail d2l1s lem chillnps 2,U Lesotho ct (~::::n;:
los mines en .lJ.frique du Sud que les to..x.es douanières étaient 011 gr"llclo
portie p1wées.
Il est normn! qu'une
suroxploi tCl.tion des travailleurs migrc'nts
de· cette ampleur puisse rendre l'administration coloniale "gén5rcu8o" •
. I!h effet, les 174.000 r211ds de subvention budgété1ire du Cor;JjlOn-
wea~th Development qnd Welfnre étaiont peu de chosos en reg~TJ dos
~( millions d'ê léments de sureJ~loitation et m~mo des impetc (410 0 000
rands) visibles pElyé,s par les travailleurs africiJ.ins.

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Page 176
Y..!-;Ef~~ts .~. L;; sOUITlmission informello de réserve
-
~
,
, -
~oc;'~..,....-..-~.~~~
so/ laJ<:JllrOcluct~ondcstrQ..vqilleurs.
Avant tout, i l fL1.ut sc rappeler que 95 ~t do la populQtion du'
Lesotho est rUI'21e. Selon J. H. Cobbe, de 1 'UnivorGité nationale du
Lesotho, on 1975 sur una population de jure de 1,2 mi1li.ons d'hé"bi-
tnnts, environ 200.000 sont en Afrique du Sud à un moment dOllilé ;
environ 60.000 y vivent do mMière permanente, l6gO-lemcnt ou non.
Au Lesotho memo, on compte 50.000 personnos qui trav~illcnt hors
d() l'agriculture dont 2.)00 artisC'ns.1'osscntiel d9 l~ populiltion
nctivo, soit 350.000 personnes, ost engagée dans l ' C'griculture. Le
Chiffre réel est en fc.it' plus <ilevé pour ce dernier posto en rc.ü:on
(lu trO-vail des cnfDnts et des vieillards.
1'émigrdion Lesotho est 2.vant tout une émigTation pnysrumo.
L'Qn~lyse des conditions de la reproduction de la force do tr2vc.il
doit se concontrcr sur 12. diclectique de la rcproductiQn des conditions
do l' 6migrntion.
Du point do vuo mGth9dologiquo, i l est absurde d' 6tudier 1", repro-
duction do ces tr",v::dllcurs à "l'intérieur" du Lesotho. Une opération
sur l ' onalyse do 1::':. répCU'"ti tion du revenu par exemplo doit pr€'ndrc
en compto, non seulement les conditions de vie des Bnsutos résident
au p~s, m2.is simultanément les conditions de vic des migrants.
D'autre part il feut comparer les conditions de vie dans les
mines sud africaines avec les conditions générales do vic en LfriciUo
du Sud m~mo pour cc qui concerne les travailleurs urbr.ins.

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Page 177
)!~S 1!'avons f:::.it dc.ris 11'6tudQ précédonto ~.a1Nous avona \\;
mis en lumière le phénomène do sous-pnicment, de sous-sale.ire dos
t~(wnillours nfric2:i.ns. Ln. détérioration des conditions dos migrant;;
s'accomplit sirrnütcnémcnt avec cel18 de la pè':l~tie de 1:;, force de
travail qui roste au Lesotho.
Nous avons vu que la produ6tivi té du travail bdsse ot que los
producteurs de traite sont surexploités.
Selon une enc:u~te do 1973-74, le revenu net tiré pc.r un mCn:Lgo
Beauto de l ' agr i culturo et de l'élevage était de 130- r2I1ds (1R
(1R '" 11,15). 5 7~ soulemcntdes m6nagûs arrivaient à obtenir à pé1.rtir
!
de leurs activités, un revonu supérieur ou égal à 150 ronds. Or
d'après les statisticiens du Lesotho, il faut un minimum de 150 rc-'llC;S
pour vivre décemmont •. Nous sommes conscient du f2~t qu'il ne faut pas
confondre revenu et bien ttre. Il peut o.rriver qu'un pnys:m dispose
d'un rcvonu assez élevé Sé\\llS pour autant disposer des "commodités
do la vie moderne", 'rui sont concentrées on ville.
Lo plus ~mportŒnt est de voir co qui se passe à l'autre bout
de 1o, chatI1c :
Por rapport à 1936 indice 100, le saloire réel dos mineurs
J.ct'ricains on Afrique du Sud était de 99 on 1969 •.1/
Ainsi alors quo le rnpport des salaires reversés par les migrants
," au Lesotho (saldres différés et versements aux fnmilles) était de
17 %on 1954-1955, il étnit passé à 18 %en 1965-1966 et à 29 %on
1974.
JI Tho government mining enginecr t s '.Annual roport (1911-1961), end ;,
the depnrtment of mines, mining statistics (1966)
Notre source i Scclmba ~8), Juin 1974, p. 9.

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Page 178
Tabloau XX : Aff~9tl~t i.~.-eteE .sal d~ell...J:~_s21~...!E.
(en milliers de ré'Jldp,)
-~
-~-~- ,.....,..-~~ ~-~~. -~.
1954-55
1962-63
1963-6
~~..-............~.~
~~~-
~.'r~~6~~~~1:9j:~~i:~ 1
Salé'..ires-eol1ts pour
17.445
36.200
37.80o
43.067. 60.000 ,
le ca'pital
~~~
.--+--~.
-...........~.~
~-J.-...."<~-{
So..laires-eotlts
2
8.0361 17.50U i
envolés au L~sothÇl
3.129
6.340
6.74
,
-
.
~
-- ._.~"--~
....~ ....~-'1" <... •. '.'- <.-
2j1en%
._.•.. ....
..
~
_.......................... . _.. -...................-.. ..
' .
. ,
. ,
17
17
7
1
18,
29
_......"'--.
~
._~-~~".- ~~
~ ..~ .•...1
--
~..
Sources : J. C. Williams et E. Moody, o.c.
Dé'ns une ()nqu~to de budgets des ménages ruraux clons mL) ri:cion::::
des terres basses et du piedmont, on a trouvé qu'en mOYC11l1c 20 /~,
seuloment des revenus proviennent du travail de 10. fermo, ilors quo
59 %en moyonnepro'J'iennent du travail des migr21lts.Ji
Co fait ne doit pas ~tie interprété comma une diminution du
temps de tr2.vail ,dos "enfnnts et des .femmes qui rostont 2,1.1 villL'tgc. Lu
contr ,'J,ir °, ils doivent traveiller dl aut<mt plus que 12, destruction
des conùitions naturelles do la reproduction et la dépe~dition des
connaisséIDces techniques entra!nent la baisse de la productivitu '.!.u
travail.
Les condi tionc naturelles do la reproduction se sont bor,ucoup
dét 6rior;Jes au Lesotho depuis quo co pnys. est devenu une réserve de
forcc do traveil pour le grrncl cnpital. L'érosion fait dos ravo.gC3.
"On estime que si le processus d'érosion n'ost pas arr~té po.r clar'
mesures de consorvation dos sols, et s'il continuo à la m~mc~lluro
.:JI J. H. Cobbe, Sorne employment problems in Lesotho, ID8-ILG-IDEP
Semino.r on strategies for iiù::reasing p'roductivo ompioyrncnt in AfricW1
Countries. IDEP, Sénégal, Décembre 1975.

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Page 179
qu'e.ctuollem(;nt (1970), il n'y aure. plus de terres E'.r",bos éJ,U Lesotho
(lons d(;UJ~ ou trois gén6réJ:l;ions".JI C'est 10 capital aui est :l.'::Jfc\\pOn-
so.,ble de cette situation, aveug·lë qu'il est po..r son :i.nt6r-et imm:":dic:t.
B1 co qui concerna 10., d~perdi tion des conn[1,iss nces cons f:c\\..ltiV"')~J
au mouvoment des migrn.tions oscillatoires, Pierre Philippe Rq; éè bien
donné 10 concept du ph~omène à l'artir d'une étudc aux 10 tor,oo.,in
dmls 10, Nord du Togo. E'-abJliis$~t.
une distinct~on entre 1· forc')
do tri1vail et los connaisséUlces techniques, i l montre quo les mi{!,T:11tc
pordent o,ssez vite leurs connaissénces techniques on mê,ti;,~l") '·~G
tr,.:,vaux ruraux. Deux: générations de migrants suffisent· pouy· Pl'Ovo,:uor
des effots importonts ùons 12. structuration sociGlo et uns perte
totc~le de certaincs t'oohniquos.y'
Ce phénomène. est tout à fait obsorv8.ble au Le:::otho puisqu,)
"1 t2tnéllyse de 12. pror'tuctivit6 des troupeaux, do, la Iain') ot :J.u mohc:ùr,
d.émontre
quo les obstc..clos majeurs à l,' n.ccroissemont de L,. v·~lcur dG
ces procluits cl 'élevage réside dnns le mmlque de tochniques cl t7.1 ovélgcu
appropriC'Cs et spécialoment dans le mëll1quo de surveillanco ,10 l ' tlovi:1go
et cl' attention dmw l t aliment nt ion des b~tos.'.JI
En 1970, 22 %des chafs do famille d'éleveurs 6t~iGnt on Afriquo
du Sud.
Les effets do la d6possossion technologique sont accentu6s C'..1'J.8
le C2.S du Lesotho pnr 1(' cê..ractèro systomatique du rocrutomcni, 31..1!~.
Africain : les candidats cloivent subir un double OX2Jl18l1 : l run~,u
nivoé1u des agences localos, l'autre en Afrique du Sud m~mo. Lee
inaptes sont refoulés.
JI E. Moody, o.e., p. 5.
21 P. P. Rey in Agriculture Africaine et capitalisme.
~ J. C. Williams,o.c., p. 162.'

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Page 180
Jusqu 1 à m3.intcncw:l"!:; l ' ômigrntion touche ossen'cioll()tnont dos
PD,}TS:IDS illettrés .. Le recensemont de 1966 il r6v6Li quo 93,5 }S clos
migrnnts hommes o..vo..iont un nivo3u d'instructionillf:5ri·-,uy· il colui
do ln fin d'étudoG primo..ircs.
D;ms une cortéüno mosUI'e on peut cliro quo le C8X~èctèrG limité
des études peut 2.voir ompaché 12. détérioration des conditions de ln
reproduction. En effet,
jusqu'à maintenant, l'enseienement ost l'ap~
ne.go cles Eglis8s, protestantes et catholir-ues.J/
Néanmoins, no travr\\illc':!l.t pas assez longtemps. ::,vec 1(: père,
l'onf2nt finit pLU' perdre certaines techniques. Qu'on;:;oibacr~t-il
à son fils qu211d il sora lui-m~mo père ?
L'absence (l' invo;:;tissoment d3l1s l ' [',griculture, l ' 0'omion, 'la
dôforestdion, . lé" Emrchnrgc des p~'ttur'3.g'C'3, 10. déperdition def; conné1is-
SMCOS, etcu., concourünt à l' abnissement do 1::., prod..uctivit6 d.u
travail. Si donc les fcrr.mes ct. loc enfémts veulol'ltmaintcnir 10. m~mc
nivoCLu qu'autrefOis, il fé1.ut qU'il travé1.illcnt plus longtetnl,soPnr
ailleurs, il faudrc,i t prendro on compte le phénomèno de L:. détériora-
tion des termos de l ' l;chcnge, tr2.ditionnol cm 6conomio de tr2.i te.
Néanmoins, pour le capital, cette eut ocons omnGti on (on fait
autofourni turo) permot struC'G1.U',cllemont 1<:.. suroxploit2-tiono
D~s ces conCitions on comprond la logiquo,c,yniquc ûu Bystèmè
~l' immigration en ftSric010 du Sud : emp~chor les immigrants Cl' 81nenGr
lour famille un iU'riquc élu Suçl, co n'ost P<':S seulom nt f3.irG des
économies stU' 10;;; s:'l"iroG-'tJ1'turt obliger une -ptrtio do la.. torCG
de travail à so ruproduiro à tré1.vors l ' D.utoconsommc.tion 0
JI No..tional Sominnr on Fi:luci1tion ond Training for Rurrtl Dovc:lopment
in t 1Gsotho.

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Page 181
Légalemont 8ll effot, los onfnnts au dessous d'un certain ~c ne
doivent pas travailler Qm1S des unités de production capit~listes.
Nais si on les fait tréèv2,iller dens le cadre d'autoconsomI:1ation, la
morale est sauve. De m~mo une femme on villo, dans un P8YS où le
taux de chemagc réel ost tres élevé, est moins proQuctive pour le
capital que celle qui reste au village.
Nous assiston à un phénomène de sous-salairo massif. Il Y a
une convergence de la détérioration des conditions do la reproduction
l10 la force de trav2,il ['xoc deux boüts,
on, .Afrique du Sud et au
Lesotho.
Une telle o::ploitn,tion a éltteint des limites:; los miGr8!lts sont
de plus en plus eombatiifso Par exemple, en 1974, 10.000 à 15.000
mineurs Basutos-3/ furent rapatriés par le capit2,l, SOU8 prétexte qu~
q'uils avaient p2rticipé à une mcmifestation contre les condi tians
d
.. cl
l
l
~.p'

2/
eV10
ans
es compomlCS L~r1ea1ns.~
Deux possibilités, au niveau do la politique:dos salaires
s'offrent au capital. Ou bien élever les salaires on Afrique du Sud,
ou bien aceroitre la productivité du travail d<ms les earnpe,gnes du
Lesotho. La première solution suppose la diminution de l~élémont de
·surexploitation.
En fait, los sal::J-ires actuelloment P8Yés en Afrique du Sud aux
Africainfi sont' tels qu'ils peuvent doubler SiIDS entraver substwtiel-
loment l'élément de suroxploitation. D'ailleurs depuis 1973, à la
suite des f.1E11l'ifostations dos trav2"illeurs il y a eu dec a1...'.gmentations.
_~~~~._~',",,;"'-:.J_.~~~_.~-_.a..L~"~~"~""'~.~~""~~.
-~.-::'~..:::..&c~""".-~~-''''''"""""---_,,,_ ~
JI'ëobbè, sorne employmont problems in Lesothoo o.e., po 2
g/ Compounds = 10gemontB réservés aux célibataires d[~8 108 mincB
Sud .Africaines. Gél1éralomont les cond.i tions de vie 'J' sont invi-
vables.

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Page 182
Pm- o..illeu.ro depuis quelques aJ:UlÔ8S, le gouvcrn,::mont du Losotho
mèno un~ politique cVo..ccroissomcllt do ln. :productivité <.lu trcvé,il
agricole, lé'.rgomont soutonue par le grémèt cé'.pitéÙ intorl1[~tion(~l c;-t
le gouvernement Sud M:c:i,.c~-in. NOUG y revionè...rons. Go qu'il f2-ut
remarquer ici, c'est qu'effectivemont,on, entre dons tlf nutrc cycl'~,
en cc qui concerne ln modû.lité de 1[1, surexploitation dos t.r,waillours
BËBUtoS.

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Page 183
Nous devons éviter de poser la problème des perspectives on
termes 6conomicistos. Les porspectives réelles ct non imé.:.gilFtireG
sont données po;r les luttns ele classes réelles. Dn..'18 le C,18 du
Lesotho" nous devons évitOI' dos questions à réponses t2..utologiquos
de type • 10 pf)jys a.-.t-il ""Ssez de ressources n8"turellcs ? Lo p~rc
~t-il accès à lé1. mer ? Quels sont les aVéU1tnges ct los inconv(nionts
d '1ll1O surexploitation des travailleurs à travers les migrati.ons ()t
l'économie do traite?
Cc qu'il f","ut oxaminer, c'est la pratique en cours ct sos offots
sur les classes en pr6sence.
Lo Lesotho est uno formation sociale où les classes soci2..1os
no sont pas encore très nettement dessinées. La grnndo macce, éoU
moins 80 %de 18, population est exploitée pc...r le gI'2nct CO,pité'"l i,
travers los migrations oscillatoires et l'économie de traite. ~u
niveau fondament8,l, l'opyosition irréductible ost entre l~ masse et
ce ccopital. }IdE: le grond capital n des nlliés objectifs r:;UJ' ,~)lCèc'
los 61(monts do la ho.nte bure;;:mcratio adminitrativc qui sont snrllo;yés,
<.dnsi que les chefs <lont cert2.ins touchent à ,la fois une :lolde, une
rente et vendent dec produits. Certes pour l'essentiol, l~ terre ost
encore inc:Ùiérmble, mc:-..is on sait c:-..ussi que les ho:uts fonctionn,'üros
at chefs nrrivent à sc tailler dos bonnes terres. TIn sorte ÇU'W18
onalyse différentielle montre qu'en gros; los migrenta so recrutai~nt
jusqu'à maintcn211t n011 seuloment parmi les illettrés mcis '-"usd ];c-rmi
les pOYSé!llS n' ;;wont pas c:-..ssez de terres.
Donc en simplifin.."1t à l' oxtr~mo. ?:l0us pouvons dira quo deux
"classes" sont en présence élU Lesotho: les surc.xploiiés et l(~ e;r:ncl
capitn,l qui, pour assurer cette suroxploitntion, est pr~t ,~, p'w:cr
dos sursalr:,ires (subventions budgétniros) à une minoritù susceptible

R/2795
Pa.ge 184
d'assurer les cOlld:l.tions da sécurit6 116cessn.ire il, la, surexploitation
Nous ne prétendons pas prx là quo d'autres grouPOSt les cOlTu:lOrçants
,
~
' 0
par exemple ou des peysons mOdèles, n 'oxistent pas • Hais à notre
avis leur inf'luonce est f'aible en comparaison de ceÜe des chefe et"
des hauts f'onctionnE'..ires de l'Etat, sauf qU21lcl ils sont l'un et
l'autre à la f'ois.
Quels sont les intér~ts de classes en présence, vis à vis d'un
d€veloppoment
autocontréct sons surexploitation des tr~vaillours ?
Ici, il f'aut f'~ire des distinctions plus fines au niveau dos intér~ts
du capital. En offet, la f'raction qui exploite à tr2~ors l'économio
de traite n'est pas tout à f'ait la m~mü que celle qui mqJ1oito à
travers l'économie de réserve.
a) C~it al dl ilf'riciE2 du SUd.31
". Dons l t ensemble 10 caEital. industrJel. :il:l~~allé on Afris..uoAl;lu~.]fl
a intér~t à une ûconomie de réserve rénovée et ü u!w économio de tr
traite ,orientée vers IG production do biens alimentaires à exporter
vers 11 Afrique du Sud. Ainsi, il pelit f'inoncer 10 dév61oppoment de
l'61evagedu gros bétail au dDtrimont du petit, çui constituo lE'..
base do 1'économio de tl'ë'..ite, 21lcionne m?nièrc. Il ost prtlt à aider
10 f'inancement clen projets allant dnns co sons, mcds produits danfJ
le cadre de lléconomie do trfite. En ef'fct les prix des tiens-salaires
produits dnns co cndre sont tout à f'ait bon marché, po.r rapport à ceux
qui sont procluitG dons le cndre capitalisto, mômo sud-a.:fricain.
JI L~ di:ff'éronci~tion ontra capital européon et capital ù'!~rique
du Sud n'est pl:i.S bo-sÉie sur 10 critère de propriété mnis SUJ.~ cdui
de liou derosiaêncQ.Un capital européen pout opérer (et opère)
off'ectivement en Afriquo du Sud. Néanmoins 12. distinctio1} des
lieux de. r~sidGncG n'o~t pas sans intér~t.
'

Rj2795
Page 185
PC1.I' ailleurs nous avons montré que l'int6rtH du cc-pi tal [l'Iinior
dt Mriqu.edu Sucl est que 'ln production vivrière nu Lesotho ne br:.ü::38
pélS trop. Cct intér~t cons,iste en ce quo la roproduction on c1cllOr,,; do l
eirculation pormette' au capital de réaliser des tc,ux de plus-value
plus élevés. Cependcnt. il, faut replacer 10 problèmo d21l:J un contoxtc)
plus lurge. Si le Lesotho était la seule réGerve de force de trrw:~il,
le capital industriol a\\œait effoctivement int6r~t à encourager le.
production vivri3r,e .:cu Lesotho. Hais cc nI est pas le cns. D' c:utrcs
réserves existent: d'abord les réserves internes (Ciskoi, 1T2nskoi,
etc ••• ) et los ré:::erves potentielles dMs d 1 E'..utres p.?<J'D do la région,
où le développement économique stagne ou régresse. De plus, un LL~ve­
loppemcntde le, production vivrière E',U Lesotho, nu lieu (l.a rm1dra
Ids travailleurs moins exigeants, pourrCl.i t au contre,ire les plac::;r
en meilleure position pour négocier avec le capital leurs conditions
de tr::w[',il ct (le sé:laires, ce qui n'est pas le co.s 'lorsq:ue 1(; nivcc.u
clo If autoconsommation ost devenu extr~moment bas.
L'environnement au Lesotho est telloment d(§grad6 que pour obtenir
un accroissemont de In production sur une longue période, il faudrait
faire des invosiissomentr; massifs. Cf est une rnison eTe plus pour ne
pas attendre duc2,pitnl industriel sud africain un ongagement impor-
tant d8ns l~ voie d8 développement dos culturos vivrières pour ln
consomm2.tion interne nu LGsotho.
b) C9:l?it ~l Eur0.E..éon
Le capitnl européen 11. intértH à voir se développer au Lesotho
une économio de traite produisant des bions p2~ très pondô~cux, on
,
r~ison de l'enclavement du pqys. Do CG point do vue, selon certaine,
l t économie de trC',ite tracli tionnelle basée sur l ' 61cvE'.ge du petit
bétail scr;::,i t une vocation pour le Lesotho. Ce pqys sc sp éc ii:L1is or ,:-ci t
dans la production de ICI. laine du mùhn:ir, dos cuirs, etc ••• , qui bion
s~ ne continueraient pas forcément- à etre.exportés sous L'è forme tout
à fo.it brute, comme auparavrmt. Néé:lllmoins la surœ:ploit3.tion conti~,,:­
nuerait.

R/2795
Pnge 186
Dnns cc cndre, quelquos actions de modernisation de l ' 61ov i {';0
P0uv,mt 'e!tro effectivement finc:ncées et encouragées. ~.bis juc:qu' où ?
L'Economio de trnite n'étâht rentablo pour 10 capital quo pour nutûnt
quo les invostissemonts sont roln.tivomcnt faibles, a.fin ([üe L,::..:; j:rix
de reproduction no contiennC'nt p::lS l'élément capi-Gal fixa.
Or pour r6novor réollement l'économie de tre"-Ï.te au LOf:oocho, il
faut des moyens très importwnts (pour renouveler lOB pt'ttwq::c;, (-:tc ••• )
Actuellement i l y 0. DtU'chnrge ct dégrndation dos conditiolls ,J.(, l' nc-
vngc. Il faut encourager et finë,ucer dos: opérations do forri1".~;ion ,",cr;
élevours, de sélection c1eH moillours o8pèces d' nrlimemx (rl6vul()~»cr
le mérinos par exemple) ; mais' là aussi, un accroissoment 3ui.:;ot,ontiol
de productivite n 'cd pas compatible avec la surexploitdion ,:Los
Nous ne devons pas considérer comme rigides lOB distinctions
. que nous avons établios entre cé1pital cwent intér~tà l'6conomio Qe
traite ct celui "\\Yant intért!t à l ' \\Sconomie do réerve. Cotte diutinc-
tion reste cepondant importGnte lorsque nous ana~sons los int6r~t8
de) cnpité'.! à 10nB' terne. A un niveau plus concret, il fi'1ut f:ürc
entrer en ligne de COr.lpto deux ôléments ; (a) ln présence den;3 1-::'-1
gr'élncls po.ys cnpitalistes maintenant d'organismes plus ou moin[; l'hil::lu-
thropiques de "l'aid.e au Tiers Monde", (b) la concortntion Œltrc
iffé-
rbnts int6rets capit ..:Ùi8tos dons une si tU2.tion clonnéc.
Les organismos non gouvernementaux do "l' niùe nu Tiers HO:l:-~C"
peuvent envisD..g'er des actions économiques à ln baso, do mwièrc cn
principe inc16pondqntü du grand ca.pitnl. Par exempl.e, là où la c::pitd
VGut développe!' l ' uconomio, de tréti te de forma an ci onn 0 ;
un, grol'.p:;
d'aides pout proposer une C'..ctivité pour lé). culture vivrièro.

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Page 187
Donc une observation SUl' "le terrain" tend. à infirmOl~ le: ])oint
de vue solon lequel les intértHs seraiont tout à fait clidincts.
M<ds notre conviction est que 10 grélIld c2.pité.l tenL~ à rée1J.l)'~::CGl' LèS
n.ctions"'indépcnc1.c.ritos". Il s'agit cl'une contracliction oyron l'L" IJCut
exploiter que dDlls le cad.re cl 'WlC str2.tügio do dévoloppemont (;cono-
miquo conçue et exécutée de IDDllièro Qutonome.
Les contrcnictions que nous avons signalées ontro le cçpit~l
suroxploitant pé'.!' 12. réserve, et celui exploitunt par la trrcitc,
cloivent ttre nuoncâcs n,uGsi piJJ.~ la prise en consiélérn.tion clos pocsi-
bilités de concertation. Duns 10 dom,aine qui nous intcros:Jc}, 1 r orG:Clle
essentiel est 12. Bonquc Nondialo. Ccllo·~i pout finc'nccr'èusc;i 1 •
Illon
les opérations tondant à lél soumission do trélito c[u'à cellü;c 1:..
soumission de réservo. Mais il f,!.Ut .::tjouter aussi los org':'nü'mc;[: des
}Ja.tions TJnios comme la FAO, 10 l'HUD, l'UNICEF, etc •••
A notro ,-,vis voilà conuncnt Sü présente le sl)(~ctre clos intér~ts
foml<lmont:e,ûX en prôsenc,'; : cl 'une part 18 grancl capitcü ot ses I~iv;:;r""
ses fr=~ctions et cl' 1:'oUtre l)ürt 1::1. 'gronde majorité (~U peuple Bn.suto.
I!htrc les dOID~, il y [\\ ln bureaucratie.
D:ms ce contoxte, quo pout fo.ire le gouvornoment commo rcprôscn-
t2Jlt clos tlprivilègiés" Bo.:Jutos ?
Oe qui co..rc.ctérisG 10 mioux 10 gToupo privilègié, c'est LJ
svrsc.L:irc ct 0,utros r6wull6rations clont i l bén,jficio ,ot qui lui
permot de consommer be~lcoup de produits importés. C'est lui qui Jst
responsable en grando pilTtie du déficit croissant do ln. baléillco com-
r.1Crcialc. Nous conste,tons on effot que les oxportations Bont }Jo.GGées
de 4,S'ffiillions Qo rl'11ds on 1960 à 9,7 millions en 1974 t,'.ndi:s cu,~,
l~s importations sont pnsséescle 23,9 millions de Té"nc1.s à 84 7 millions.

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Qui a bénéfici,: de ces importations ? Cortes, on peut remorr:,ue:i'"
que dans le m~me temps, le rovorsomont des salaires desmigrémts ct
10 salaire différé sont passés de 8 millions de rands en 1973 à
17 millions en 1975. Donc los familles de migrants ont d'a cQntribu::r
à l'accroisse ment de la demande globale. De m~mc, 10, valüur def~ expor-
tations dos produits do traite a augmenté aussi .puisque lavaluur des
exportations a doublé ontra 1969 et 1974. Mais los producteurs n'on
ont reçu qu'une pert. L08 machines qnfin, n'ont p~s constitué W1e
part importante.
Il en résulte que l'essentiel de cette demande c.l'importdion ost
f,1.Î te petr une couche \\1SseZ mince de la population. C'est là un indi-
cateur indirect,mais ~i permet de saisir qu'une petite minorité
seulement de surpC'y6s ou de Duronumérés (môdecins por oxemple), cons-
1/
:
titue
l ' essontiol du pouvoir cl' achat •.2/
Cette couche supériuure on voie de formation (limitéù i l C)st
vrai) ,peut-elle d6finir une politiquu économique ~112ntdéills L, cons
c~'une moindre surexploitation des p2ysons-ouvrier:::J BasutospcQ' le
grand capital ? Telle ost à notre avis 10, question essentielle.
Il est SÜ1111iste (le clire crU 'une bureaucr2.tie y est Cl.vec.lc
gI'mld co,pit::l ou on contro,clietion (socondnir,;) avc:: lui i la b()nnc
méthode consisto à an~\\lyGor 12, pratique effectivü pour. en tirer 1(;['
.Y Il ost symptomdique quo co fut au cours d'un e::qlosG s.ur le:;. pc:rti-
cipation [lu cé\\pH;2,l intornntionnl au d,[;veloppcmcnt ruré.~l du Lesotho
quo lé:'., quostion suivônto fut cl'e'battuc lors du s6min;->,ire (sominar
on Education :mcl tréüning, :.Q.c.) '.: Est-il normal qll.0 clans un ]JC',YS
si pauvre, certains o..iant d.os sal~iros si élavés ?
.
.
y Nous prenons ici bureaucratio au sens de hnute rulministré:'.,tion.

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Au nivoo..u économiqUG, que fait cotto bureaucra:tio ? La poli tique
économique menée 2.C~uollomcnt au Losotho pout se définir ~insi cn
termes. descriptifs: développer 10 tourismc,sp6cialcmcnt à l'k'1Sorull
dGns 10 but do ~r6er dos emplois et d'attirer des devi8o~ pour limiter
le défiait de la k"lnnco dos p2.Yemonts ; n.ccro'ltro 10.. cruo.lit 6 d.o le"
production agricole ct la proc1uctivité du traycil ClmlS l ' P..gricult1..1ro
ct l' élevago ; trdtcr au moins on partie cortcd....>'lG procluits ,-,~icolos
D.ven.t de los exporter (industrialisation). D'une t~llc politiquo on
attend. la limitation du mouvement migratoire vors l'Afrique du Surl.
Tel est le résumé ùu Premier Plml, en tormos strat8gi~10S.
Nous allons tonter ùo d6gagor le contenu clos n.ctions OGscmtiol-
10a qui sont en couxs pour montrer quels int6r~ts clIcs tondent à
servir finalement, à titre principal.
Ell~ consiste principalement cn traitement do produits do
traite cn VllO do l'Q)~ortGtion. AVŒnt, on exportait los produits
à
à l'ôtat brut. C'était la situation du Sénégal ~wcnt la deuxième
guorro monc1ialü, où mtme; les arachides ôtaient eXl;ort6es on COqU08
pour un0 grnnèe portio. Au Lesotho. la laine. le mohair. los poaUJ~
sont exportés à l'état brut. Lo programme cl'industrinlisation consiste
à .installer déJl1.S le Pé1YrJ quelques usines pour le traitement c.vnnt
l'exportation.
Pour cclc., tout ml coclQ dos investissoments extr8momont g,5n6rcUJ:
pour le capitc.l a été (".(lOPté •.1I Une société d'EtQ.t Q. étG créée à 1",
fois pour prunctJ::ü dos pcrticipoJlt.ons et. pour cré0..r les conditions
nécessc.ires à l'lllst~llation dos industries. Il s'~it du Lesotho
Nc.tional Developmont Corporc.tion (L.N.D.C.) •
.11 Lesotho, First Fivc Y02.:r Dûvelopmont Plcm, p. 118-119•
.'--.~' ,.

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Les ré8ultnts nCqont PM ancore spéctaculair8s. Lo. Lèl1W ct
10 mohair continuent d'8tro exportées brutes. La soule innovéètion
ost quo 10 monopole do l ' û.chnt do la lnino et clu mohtèir oci; (L01m,,) é1
un grand trust. suisso, vloll Finanz, qui opère sur 10 pl~'.ll locd pm'
deux ,,:aciotés : la Livostock Marketing Corporo.tion ot The LOSO(,~lO
lhtional Development Corporation.YAinsi cc ne seront plus (les
courtiers Sud .llùicCl.ins qui vendront aux achat urs européens; HL..is
i l faudrait voir quels sont les inclivic1us qui dirigcm.t a:ffoctiv,:;mdrt
les doux sociétés. Pour le traitoment :L'1.él.ustriel cles pc:,ux, i l n ';:'T
c, qu'une réalisation notCl.blu : Le Losotho Sheepskin PrO(~_ucts F'-'~ctOl"'/
qui fabriquo dGe cles3U8 do sièges en peau pour l ' Al 1 omn{J'!lo F6d6rc~10
ct pour lG Grnnùe Brot~o, pour près d'un million do l'wade.
Donc, pour ainsi dire, il n 'y a pns cl v industt-irJ.is t1t ion ,:;n
cours. Snns celle-ci, le mouv0mont migr""toiro va s'accélérc-;r ct C1VC
lui à 1[1, fois ltè suroxploi k-..tion dos traVédl18u.I's ct 1re clCS'G2'ucti0l1
d.e l ' anvironnomcnt au LCrlothQ. C:::l.I' s2llsindustriclirmtiol1, COL1InCUl't
lutter officacof,h.nt contro l'érosion ?
Det.ns une ôconomie où presquo tout le revonu proviont du tr~vr:,il dos
pcysnnB ou des émigI'c:nts, il ost vitiJ. pour 10 gouvcTnCl\\lCEt ,l,
chercher à accro!tro 10.. production agricole. Colilmo il s' t'{Sit clc) 1;:,
sotUJission informello ~u capital, les familles jx"~rsnnnos sont ,,".:mf'
l' incnp8.ci té d' é·ssurer cl' cllos-mêmcs, un, cortain nombro de fonctioll.
vitales ; sê proclU~or dos inputs iproc6ù()r par oxemple i~ l' irri-
gation i v::mclro l(;s ;-'l'oc.luits; so former. Lü concours de l ' :Eté~t sut
n6cosso,ire ct la. tont2.tion (;st [,"I:'nnde dt ailleurs do f.:::,irc': une f;Cl"k
dOQ8pitalisme c~'!'itLlt ,::tgr'c1ire, c'ost-à-dire d'assurer 1 'oI'gnnL::'r
tion systématique ('1.;-: le. pé'.iYssnneric, on particulier, cm mctt2nt

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sur piell. un systeme de Cri~(Ut rnutl~ol ct cl' endettol'lEmt des ]Y:,YSl'lîS,
1<.:,s contraigné'llts ninsi à finonccr l ' acquisi tion clos rl1oyons cle
production par prC,J.èvemont sur leurs s~c"laires• .A travers cot ':;nc2....
drcr:~()nt dG 12v poysGllllorio, cc que veut on génGr'nl 10 gr,:ncl c:::ü t'lI,
ct le gouverncEK:nt, c'est créer à la campagne une différencie.cion
JYu~rai los Pi\\ysMs.D,"1ls le cas du Lesotho lGS "progressive farmer::::" 80
r,crutent surtout Q2nS 188 fnmilles ct rGl~tions de chefs.
En fe,i t, le gouvGrncmcnt il' ost nullememt maître dos .lt';cisions
fonc1mncmt2.1cs on :11,~tière C' oriontation ,le J.' r1.Ctivi t,: Q{;ricolo.
Prenons r.1ClL":: exemple,s icelui lle la lutte contrG 1 t~~l'osionc,t 19
dégradédion do l ' cnvironn..:)m;;nt at celui d.e l 'orientati.on dos cul-
turGs.
L' Gnvironncml;nt du Lesotho so dégrLUie dongerc:uGomcnt cl:;puiG
l'introcluction (lo 1-161ov.:tge marinas et dos chèvres rlctmcnt le LioIE'.ir"
Les cris cl' éùnrmo retentissent (1 ..,; tous les etH és. i~ais bOL'ucoup do
c~s veulent incrimÜl.er le, système d'nccès libre 2.U pi1tur",,&o, ils
suggèrent é~illSi ck fa-iro des cl~tures. lI2.is ë:"PPLll'onr·](,nt, :nc:rsoYLl1o
ne vont prencl.re clas (-;J~cisiolî8 sur lID problème e.u08i vit~,l ~;(1'LU" le;
LCfJotho. Lu lieu (~(, concentrer l'action sur !ID tel fI Ôé'.U ,
on L,l8SC
1:.;:. ct:l,np''lb'llc devonir ·10 chLi.lTIp Cl 'intervemtion libre t~,~, toutes ,:;artos
, ,
.
li.
CL
orgOl118me8.JI ,
Il c~8tcl2.ir quo LJ- c16grwlation dÇis sols qui continuo, tondre.
à poùsElcr l',o rllns en plus hOI's;le: chez eux les B"ê.fJUtOl1fJ. TCc~t-Cl'
co quo souhaite le: G'TonC' capital, qui certos, finance c'ks m,tions
ponctudlos, suscoptiblos Cl' él.ccI"O~tre la proLluctiviteS ,l"ns l' L1o.",:ri-
culture, mOois 8MS impliquaI' un processus d'industrinlisation ?
'lb C'.utro exemplo concerno 1"" politiqlle di te do ILl. clivcrsific:è-
tion cleo cul turos. Qui rlide cette politique ? L~, buroaucrrctio ou
,\\.,:,
10 gTé'l1d cari kT ?
Y~D. PhororO;-Dr. 1l.cijoi"nt'(ï;s:SC;vi;c:; Vét{,ri.iî'"i:'irOS,-~s;:rro~'_n_­
Seminar oc. p. 36.

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Page 192
J"1J:'ic~iquGTc1 nt, l'é1Ccès à la torre ost libre È\\ tou-t Br~suto. Si
cotto loi 6t2,it rC::;'Gct6El, le Gouvernement no )lOlU'l';,it ;)QS 'jntrc-
prc;nc~re (ks l)rojots ;:_, envoreure. En fait ct en v;;rtulu LG',J'lcl IIns-
brT..()ry Lilvf, il l'ont o..ffoctcr les terres m-..x cultures. Do cette;
me.nièro, srns nr,tionG.liscr los to.rrefj, il s() réserve L~" l~'Ofjuibilitt
("orgoniscr l'~',,(~riGLLltl1r,; suiv8.llt les bu[;oins. 1-:\\:i8, jusqulici_ ..
cotte loi n, IJOrlîù.s surtout à dos institutions intcrm"tionalcs COE1L1C;
10 Pl'JUD, le SIDA SUQltois ;:;tc. do faire lJUS oxp.,riclYlcos (1:1n8 les
zones è.6ternlin6os d,) :L'éWG.
En effot, le gouvornomont on place n'est pas il fJltEle cl'imrJriElor
une orientation autonome nu'év~loppemGnt cL~ l'''-t,OTicultlU'c du
Lc;sotho. Pé1.I' exemple, il est quostion ck J'emplaccr le filaïs, qui .~;Bt
un proùJü t do bi'ès'-è c::montiel, pcœ 10 tournusol, dont 1; seul ch;büu-
ché est l ' Lfriql:C (~u Sud.
"Lo Lüsotho a r'Jussi a n8b'0ciGr un accord G,VGC th.) Oil Seecls
Control of South l''.fricQ, lyour l ' achat c1\\.~ tout le tournesol que 10
LCGotho pourrp"i t rrocluire, il ccndi tion que los gréèincs soient
bonncs. "l\\iOUf:l Cf3lJ,:ron:J qllL; le tournesol COLTIna [,ro('uctio;l sUl'p12ntora
(~v(.mtucll()mcnt le tnt'..ïs lct 10 sorgho".JI
L'C'"utcur sc r(Sjouit 2,ussi :l" cc que le Lesotho pourra t'..ppro-
visionner l ' Lfri'Iuo (lu Sul en s(;m~:nc(;s l~O pommen r:c; tcrre.
Le LOi"otho G,uro. tl'i.jours dos éch::ngos .:woc l ' Lfric:ruu cl,: Sud.
C'ost tUl f"i t. 11i3 c' ust un fait ,\\u8si qne 1n. r" li titFw t'..ctuellE:.: de
,}ive1"oifica!i>n ;1 'te P,l:::: pour ùffot,dc d6vüloppcr l 'il1.l~~I'cn(·Lance
n:'..tionnlo.Au conirt1.ü'(), 0110 t'.md à fé.~irc (1,. pClHù.'e Cl_, 1 'oxt6riuur
pour le Ç'd'_"bouc.hé" Lle 18.. force (le trc.v::lil ct pour 1.:'.. j)}'o,luction
rl,)Î:::; cc qui OLit Gl'o.vc:, c' Gst que meins il :/ [';1ll'C', clu mats ct
du sorgho, plus i l f,'=',ullra nllcr sc fnirc exploiter jJ3..l' le ci']:i tal

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Page 193
Fuw.lumcnt, ln poli tiqua économique an cours no met absohi.Ecnt
pas fin au phénomène L~i) l' <:'.ppnuvriss~)mcnt (1.08 conc~itians natUl'cllofJ.
Los r(sul t(--:.ts cu rlivcr1:u. ~.;oli tique péuvont ~trG très ~sr(J.VCG, ou 1',i'-11
10 l'ouple s' orgc;.1Ïscr2, e11 conjonction cvcc cl' iJ,L'trcs [IOUVc:Jilcnts
do lib6r:ltion en fifrique Asutre-..1c ct r6ussira a ü!lpOro;~)I'lU1C strn,-
:;ü oit 2"tion t ou bien, les conditions oml'iri.'nt t ln, bL'.I'08.:ucré"tie aura
cle plus en plus pour fonction 'li expulser los JJ2ButCS
v(;rs les
mines Su-dA:fric<:'.inos c:.fin C,' ,~vi ter 10s révol toc. r;:inon 1::1- rGvo-
lution. IJI l:st-il pels inquiété.J1t que 10 gouv(]rnC/11ül'lt t';rroristo
cl' Afrique du Sud prête ::m gouvernement non s·:'tÙeLicnt dos " C 0118(;il··
ers eConom1quec
m2,1S nuss],. QOS SpüC12. lS cs ( 0
n
.?J!
l
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r
r01'ros610n .'
JT"U;;'ëZ)rt=;il1 ;o;b;;.,
:li1~ f";cti;n~~;:rr~s-[~~7r~t?'sï)~
cl(]
l ' JI...friqu'-,:; du Sud 2U couvcrnoQcnt du LC[lotho, pc.nai lusquels 10
chof de lé\\. justicc, le l'l'ocureur Général et le pr6sY.:mt des élec-
tians! ••• Anton Rupert, milliardaire û.frik2.ncLOr est 10 conseiller
économique du Le~wtho". Don :Iortow, 'l'nni Eul tm2U, Recel Kr2ner.
L' 6volution rlu le, [Ji tuation en Lfriquo Australe. I:ul tig.rr"phi6, l'Lars
1975.

B/2795
Pap 193 JI

Struoturt: Cli t ....-~ri'!j<.:8
.,-
,.------------------------------------
" ..
-~•..-~ ,.,'----------------------------------------
..
::'-,j':ricul turo
--colons -.
181.409
145642:~
115.9°0
··-<;clonis4.
1. 596.418
1.363.218
1.796.20U
TOTAL
1.508.642
1.912.100
~-,inG:':;
--colons' .
49·939
56.959
6(1~ 200
·-colonisés
393. '126
453.132
54'1. 800
_._--------------------------------------
- ,.., .-~_ ...
·<,olous
131. 598
256.84.8
:20. OU:'
,...·colonisés .
...1.78.481-
5'lO.711
-9,;;6~ :;0(;
l'OTAI.
310.085
1 •..~16. 300
, ...._-_._----------------- ---------_._-------
-celons
3~)S. )C/1
496 •. 309
. --824.60(,
-cQlonisr:'1s .,-
720.005'
· ..·10101 ..80·1··· _
~.
1.:1'37 ~OU'.;
--(:01 ons
715.2l4
955.540
1."i20.700
.""colonisés
.2.888.036·· ..
3.. 434.922
5. 13/~.90G
1,.555. :seo
. 1/ Saure."; .3'Zi:.L:Nl,JU.",p. -Laoour :PGlioics for growth during th" s~v",nti8~.
In SAI. ·vol. 39 n02,
Jula.· 197i.

~ 1 •
R/~95
.'age 19.3 JI
li'Ur(CE DE IJ'RAVA11:
Structurü
ct ';~io;V~nlent .par ~~"ces·.Ji 19'36'-::;. '1961 ~ an %
-,.,.._..._----------------------------------
. 1936 .
_ _·_c
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P.gri oul ture
e:'··'
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-colonisés
.TOT;'J.., .
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1'00 ' "
.. .--.,. '100 .....
..-..... ".~--_.----~---------------------.._--------
b. Minos
- colons
...10;7
.
1,1 t2
.- .... 9,9
- oolonisés
89,3
88,8
89',1
TOTAL
100
100
100
•.:" ;}.,. '~~jnda.i:re
-colYt).~
. _ ...... '.
35~3.
.......... 29·,1- ..
",cülonisés
66,5
70,3
100
100
100
._...__._----------~-----------------------
-ûolon3
33,0
32,1
-colonisés
67,0
67,9
TUI'AI.
... 100 ...... " '" ...
....100
100
'.l'our; ::;octcurs
. -eol'ons .. .,.
'19',8·
21,1
21,2 ...
-ooloni8és
80,2
.78,9
78,8
100 .
.
100
"'100
.
-:::::::::::-·::,i'"·=::=:;~==~=~== • .._.:.::=====:I==':!:====:r:'::':!l=======z==.a=====s~===:::r=======:::I===.==a=p==:-:.::::r':::J===
.l' ''':;oU.,·CO.. SIJ'B;i~NKAi:lP - Lallour Policies îor growth durinr;; th.:3 svv3nties in SAJ:!:
Vol. 39, nO 2
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R/2195
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Page 193 JI
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TABLEAU N° 10
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Réparti 'tion ù'as cruplois indus trielsen tra tro,is groupas ethtÜg,u.Gs, 1959 ( en milliers)
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Asiitiques
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dec1aqua_ groU..J.l.o.l ethniQ.ùa~);
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Artisans/Appr~ntis
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Opératours'
65
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252
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Page 20.3
L'économie du Sénégal est toujours une économie de traite
dominée par l'huilerie et l ' cconomie françû.ise
Pourtant les recherches
0
minière s tres û.ctive8 depuis une vingtaine cl' année s commenCé)nt à donner:;
dos resultats signific:1-cifs. Une étude n.pprofondie Gur l'èconorllic de traite
au Sénégal Eloi t
donc prendre en compte l ' (;mergenc(; cl' une ëconomie minière.
L'économie minière et l'economie de traite ont ccci de
cOLmmn, que L~ surexploi tati on tend à remettre en C,lUSG les condi tians
"naturGllos"
cle la reproduction. D'un côté,
c'est l'épui8ernent du sol,
de l'é1utre c lest l'épuisement du sous-solo Si 128 conditions cle la repro-
duction de l'économie de tr,li tG sont larcement compromises après une
longue pêriode de suroxploitittion des hommes ot de la nature, il n'en
est pa,s encore d.e r11êrne de l'exploitn.tion rniniere qui emerge. Pourtant,
nous avons l'impression que l'extraction minière ne profite pas plus au
Sénégal ct 2.UX sénégalais que la rœoduction i1rachidière.
Ce sont C()3 ri'.isons qui expliquent que nous
wons jLlgé
intéressant d':1djoindre à un texto sur l'économie de tr:ùte prorument dite,
une é:tude Lüte pour le cOi-npte du B .1. T. ; qui pbrto sur l'impact de
l'exploit2.tion i11inière sur l'emploi et le revenu au Sénégal.
En résumé, 1<1. tendance a l'üxploi tation, Sans l'accumulation
v.'cri tablemont elnrgie qui C,;xo,ctérise à la fois l'économie minièrG et
l'économie de -traite, constituG le lien essentiel Gntre les deux textes.

A
ARTICULA'i'ION DU S::.:aL:;ŒAL SUT-( LA FRANCE
Ef SON EXPLOITATION ne 1880 à 1960

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. .. ",
L'objet principal de cette étude est de ddntrer d'LIne part
cormnent la paysannerie scnégalaise (en fait l'économie du Senéga-).) a été articu-
lée sur l'économie française dans le cadre général de la domination de la
pèriphlToe. I l est d'autre part de montrer comment au sèin de cette int ég-rcJ,ti on
.
la politique de la minimisation (lll capital accumulé s'est accom})lieo CJtte LlrÜ-
mis0,tion a porté, on le s"üt, à la fois sur le capital constant-'et ~Jln le capitè11
v,U'ia'21c,
ce qui s'est traduit donc pax des taux de profits très éle';Gs pour =.8
capital. NOLlS mettrons donc l'accent SLlr l'exploitation.
Ainsi conçLle, cette étLlde est à la fois Llne introdLlction et
un cOL,.pl.êment à celles qui l'ont précédée et dont les principales sont c(~ll;:3 de
Barbier, Diarassouba, Vanhaeverbeke, Je.nine BlaL
oC'est une introduccion
ge.l1erCl.le, car elle tente de replacer le l'roce SSLlS de la croi suance bé"sée ::;ur
l':u:",chide dans un cCldre e:énéral, colui des besoins de la li'rance,
spccialern;nt
en bienf3 sllaires bon marché et en besoin de plein emploi des L:cteurs de
production. Barbàe!'a èviclerrm1Emt efflellré le problème, mais i l ne 1'2 pas v·;jri-
tablernent analysé dans Llne perspectibe historique~ nn uême t·;;mps, nous tâchons
de mettr,,; au premier plan les intér~Hs des fractions du c:1pital engé1{'(:es clffeeti-
V8lnC.J.lt
dans' l 'exploi tati on des payséUls et des ouvriers sénégalai s de 11 a.rachide
et de llb.ülerü)' E:n nlettant l'accent SLlr l'exploitation, nous compl tons en
particulier l'étude d'A. Vanhaerverbeke qui a mi s l'.:..cccnt sur la mi, ii:1isati on
du s,l1cüre de fait des paysans, LJais Sans si tuer son étude d,:iJ"1s le cadre de la
production de la plus-value. De ces d:,ux aspects essentiels, articula"cion et
exploitation, découleront dGS développon~ents touchant aux forces prO(hlctives et
au.x r~~pports de product,ion o
Les limites de létLlde sont do deux ordres~ Premièr:lJnt,
nous devons choisi de poser le problème de l'articulation et de l'explcita.tion
de la. .l=.c~ysannerie, Pfincipalememt à travers la production de l'arachicle. IJon
pa,s que ;J.' arachide soit en termes absolLls une monoculture aLl Sénégal, comme
'. ',"
nçms le verrons (à notre sens, il y a "dualiculture") i mais parce que c'ost la
cLllture, porteuse de plus .va.lue, ,.pelle à la1uelle so sont subordonnées d'autres
Gul ::'ur(;;'-~f' si utiles soient-elles. J''lême en tormes geographiques le ba:3sin arachi...
chûr ,j st le bassin d' Gttracti on,
le lieu d 'i mmigrat i on de·s paysans qUJ. ne

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prati quent .pas la cult ure do l ' xcachide. lTotre etude ne portera donc pas sur
l'ensemble de l'agriculture sénégalaise comrne celle de 'Diarrasouba par exemple,
copondJ.Ilt elle tiendra compte d'autres productions liées à la production
aro..c:üclière. On sait qu 'en êconor:~i(3 de trai te, l' oxploi tati on de la rél.ysannc:cie
profite fondamentalement à la bourgeoisie métropolitaine et à sa nati on. L'Etat
colonial prélève aussi de:;s ilDp8ts importants pour les besoins de l'ad':i1În.istra-
tien l()c~le. La collecte de la re,colte est assurée par des petits Coë.:icrçants
(tr~l.it:-,urs) qui la.revendent soit à des grosses "maisons de COrlE,;:3rC(] d1irq:.C':'"t-
export"l
soit à des organismes para-publics, de type l'iarketing Boards doc
colo[~ics anglaises, soit enfin ail profit d'entreprises industriolles::ngagu:s
dans la tr'wsformation du produit. Los "Mai130na de conllilerce" ct le s 0_1trcprise s
inciu:3triolles collectent diroctom811t une partiE; de la rêcoltepar l'j'termêdiaire
do lcurs agents. La trai te ect très connue à ce niveau. Ce· qui l'est J1oins, c 'côst
12. hiéra.l'chie dans l'ordre de; la detcrmination. A notre avis, i l faut rr;ottrc au
premier rang j l'intérêt de la "iletropole", l'intérêt de la bourg-eoi2:Le et celui
do l'Etat colonial, à travers son adrünistril,tion. Notro analyse sc vc,u_lant
introd.uctive sera globalisante. Nous tâcherol1f:3 donc de montrer l:~ j(;U do l'ex-
ploiL::rtion et celui de l'échange inèg:O.l,
sans entrer véritablement diiJ':~ le
p2rt~\\g8 de la plus-value. Une fois que ce noeud est bien élucidé, bien dos
étucles a.:.rtérieures, plus ou moins parcelli sées, péJUvont ttre valorisé-(~s.
ûetLo(-.ologique m8!It, la. difficulté majeure r0side dans la mesure du volume dC3
vaLmrs produites par les paysans. li notre avis,
le prix de l'arachicll~ ne peut
roi'lôter la valcur de l'arachide du fait du principe de l'êcLwlt?,'e in(;gal et du
contrtlo illonopolistique du circuit. Une partie de cette valour est tr~nsférée
d~ns l'huile d'arachide m~me. Or, l'huile d'arachide est "produite" pi::r d'autres
tl'1V~:illcurs que les paysans. Afin de mettre; l'accent sur le phénomène essul1-
tiul, nOUG avons considéré:,
un travailleur collectif comprûnant 188 produe-
tours dG la cr. ai ne arachide-huile d'arachides. Nous espérons par ce bLüs ru.adre
CODlptC de l'ensemble dé la plus value pr81evée. Ensuite, i l a fallu tenir
compte de la réparti tian de la ~;jaS8e salariale entre paysans ct ouvri·;rs, mns
dans l'optique des avantages qu'en tire la France. Ce féusant, un cortain décou-
page s'est inlposé évidemment, car il Llllt comparer le revenu du paysam~sénaga­
lais cc c';lui du paysan français et de l'ouvrier sénégalais de l'huilc:cie à
CE:lui de l'industrie alimentaire 811 France.

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POLlr résLlmer, le travail porte SLlr plus-value ct salaires
dans L
cadre de la division int(~rnation2.1e inégale dLl trav,,,il et de l'êchcw.ge
inégal. Il met l'accent sur le processus de sLlrexploitation du la majerité
de l=~ j:li.-:,ysannerie"
1"U'gurnentation a rite développée do la manière SLliv:t.rlto
Pn:ll,iGro partie: le contclxtE: glob31. Cotte première partie est en C{Ll .. lque
.3 orto
lu cadre de la causalité struct Llrelle.
Dewci~m9_ partie : La minimis,:~tion du capital variable
conditions sociales ct
processus historiCJ.-ue.
1'roisième pa.:di:::. : La minimi sation des dépenses d 'invE: sti ssements ot Des
cOflsequencos.
Dans le cadre de la di vi si on int,:.rnc.ti onale inég~üc c'u
tr~Jail, le Sénégal est spéci~lisé d~lS la production arachidière depuis le
rni}.icLl dLl 19èmc siècle. Le rythme d 'exransion a de tracé par A. Va..'1.haeverboko.
Cc; rythme a été en liloyenne dL 5,27. pal' an de 1880 à 1965. Ce qui nous intéresse
ici, c'est d-.: mettre cette exparlSion en rapport avec cortains détermil1.'Ults
ci:.~:::.;ntL;ls qLlC,? nOLlS considérons ~trG les intér€ts
généraux de la FrDJWej l'inté-
r€t
dLl cc:pital engagé da.ns l'huilorie. Nous 3JVüyserons les intèr€ts
do la
li'rance SOLlS d(êLlX aspects: la r(~chorche d'un(~ Bource; d'approvisionncilK.:üt Gi1
bi 8ns salaire s b on marché i le:) b',} soin du ploin omploi on PrancG. L8 C3,lÙ t:ü e1i;~
spécü"lem0nt le capital engagé dans 1:'1 circu1cüi on et la transforrnati on de) s
3,r~;,chido G a évid·"rnraent pOLlr objectif la maximati on de ;Là plus-valLle? Cutte partie
COLlpl'-..:ndra donc trois secti ons :
1. Les besoins génêraux de la l'ranCe en hLliles .--,liiiFJntaires
bon marohé.
2~ La valorisc.tion de l'ar"whidG d3.ns 10 c:ldro d:.l :Jacte:
3. La plLl::i-V<:ÙLl8 déga;.$'êe.

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SECTION l
Les besoins géné~ de l~ lTance en huiles alimentaires bon
marché.
Avec la révolution èconomique capitaliste, la dom:û"èdc en
corps ,:];ra,s alin-,cntaires augment"l, trè~> rapidemi.jnt. C'estsurtorilt ~, p,J'tir du
St~Ld.C impériali ste que cette d0E1ande prend de très fortes proporti OlTi"; par-ticu-
lièr"'lunt en ce qui conc'",rne les oléi1gineux tropicaux. La technologie Vil
perLKêttrc de produire deR substi tl1tS au beurre bM lliM'e~. L'L fab:cic,·tion de 10.,
m::.rg::LTine à partir des graisses animales (boeuf en pn.rtioulier) pCrL,2ttrë< 2,
l '::;u:'opü Occidentale de sc proourer, penà.ill1t un certain temps les hLülc,s
concTètos dont elle a besoin. Y;ai s avec la prolétari s,').ti on et l 'llrbJüsation
la demande augmente. Pour y faire face,
le moyen le plus êconomiC[ue consi;3tü
à ü;portur do la périphêrie où. 1c, coût en ,,jain d'oeuvre () st particuL ;,reL!Cnt
Lüà10. La demande en huiles fluid.es tropicales sera satisfaite
l'huile d'arachide et li l'huile de coprah. L:c FHANCE a reLit une option pour
l'huile d'arachide.
Alors qu'à la v::ille do la Revulution de 1789, l , ~,r1...'1ce
ét:ü t
:1utosuffi sante en grünes oléagineuses, elle importait 989" dOL r,l'.1ino s
en 1938. 1,'.J. lliarkovi teh, retrace les prinoipalos étapes de cutte évolution.
L:li:ll'uportion des graines importées(dans los graines utilisées) à v:;'l'ié de
Ll, fdiwiôre :3uivante : 1825
1834
4,3%
1855
1864
24%
:F'in 19é s.
80%
1938
98%
Pendant la deuxiè;;l(~ guerre mondiale,
cette proportion a été
modifiée po:tr la force des chos0s, mais c.}.:';.!1[3 l iGnsemblc, i l n~y Cl. p:,,C cu un
r0nvCrSemeGt quelconque de 1"" si tuati on. "L8 rnOUVL;Ülent seré1 en SOmLi(
lrreverBi-
blc,
comme cc fut le Cas de li industric3 lainière
Lême le s huiles cl? ülivo s
0
clcüt l,', production (ii b:::,sG de ,JJcltière première indigène) av:ü t
co."tinuê son
mouvement (l'ascension jusqu'en 1864-14 (production moyenno de 26.00C tonnes)
n ')cInpp()nt pas à ce mpuvcmcnt général, et lour fabricCl.tion en 1935- ~9 38, nE;
d0p"-ssü t
pas 4.800 tonnes" 1~ ED en 1938, la production d'huiles à base de
m::1tièrCJ première étrangère atteignait 470.000 tom'les.
1/ J. Markovitch. c~~icrs de l'ISEA af (6) p. 12

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Rarallélorncnt à ce trend déclinant de la prodllction interne
des iJ.,:,~tières premières oléagincllses se d(~veloppait un Ctlltro, ascondnt cellli-là
à s,lvair l'exportation des hllilos • .Alors qu'en 1825-34, la France ii.portai t
L. ti.'.;;rs de sa consommation d 'huiles, et avai t une balance déficitaire à ce
poste, 0n1910, les exportations totalisüent 108.000 tonnes alors c;ue les
J,
irnport -.tions ne dépassaient pas 460000 t. et la prorlllction domostiqu.J 25CJ. '00 -c,
L-
bal:lnce était donc devenue largement excédentaire. Finalement, i1l.orsyo
.1.'
1" F'r··..nco consommait 185.000 tormes d 'hlliles d' arClchides en 1914, e="1.e on
conSOlilliJ(J 296.000 t en 1961.Y
En somme, all niveall dG 120 division internationale dll triwetil
dans cotte bri:l.rJ.che, la posi ti on dG la France avü t changé de manière radic:lo.
Cc f ü t essentiel devra être gardé on mé:l1oire lorsque; nous discuterOtlf3 d':'8
basos p8rmanentes du pacte colonial.
Markovitch a mis allssi en évidence ll118 alltrc caracteristique
de 0:';-;;-;;.' évollltion : la consomrn~~tion alimentaire des hlliles a pris d.e plllG en
pJU:3 le pas Sllr les utilisJ.tions indllstrielles ; de moins de la ma:"· .~é de la
COnGC141Fttion totale à la fin de l'anciGn régime, ~·llc ",st passée alD: d',ux
tior:.:; c::::ns lea années 60.
L'une dC3s caractùristic~lles
essentielles de l 'huil:' d'ar.3,-
chido on France en 1960, est clone qu'elle n'est pas ~n produit d,., .Lxe, 2 la
difi';Tc;noe de 1 'hllile d'olive par exelllple. C'est ll11 bien sû.laire de 'jrando
ij"Jo:ctancG. Son prix joue un rôle essentiol dans 1:1 dêterminati on d(~s t3.UX de s
"En France le problème de prix de 1 'l111ile revêt un caJ:',:Lotère
d'a,ntc"llt plu,s aigu que l'hllile d'arachide fiGure en bonne place all ;wmbrc
d,--,~~ 2E ou 179 articles dont aUX termes des lois des 1[).7.52 et 27.6057, le
COLlr;3
sert à établir l'indice des prix à la consommation familiale ,;t l'indioo
spéoi"ü calclllé d'après les dépenses dos manoeuvres, indices dont l'a.ugmenta-
tion ',eJtratne alltomatiquement l'allgmontation .du salaire minimllm intcrprofes-
i3i onl'h;l garanti".lI
Le gOllv8rnomont fr~lçais est donc obligé d'intervenir pour
8\\:itcr lme hallsse des prix dos hlliles alimentaires végétales. AllX d~pens ou
1/ Markovitch id p. 14
g/ LJaI':1chide, Notes et li.'tlldes doclJITIontaores N° 3112 p. 32
JI Barbier. P. 62

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au proù t
de quels groupes sociaux ? Nous V8rrons que ce sont le s productcllrs
aLcic.':;,Ù1S qui en font les fr=Us.
L'évolution séclllaire n' ri pas été linéaire. 5310n \\. Chevalier
8n
1:362, on cultivait en France : 201.000 hêl dc" colza
40.000 ha de navette
47 •000 ho, de j av ot
,:;t clus '5tehduesrooins grande:s d'ooil1c:tB, del.'cameline et de sinapiSe
'. En 1882, écri t-il, Il on cllltivai t oncor.] en PrOVGnc
ct cL1lls
les Provinces voisines 1250000 ha d'oliviers. Alltrement dit, :w;::.nt l'ère du
Q,',pi taÜameimpGrialiste, la substitution se faisait à unrhtyme trè:3 lent 0 Le
rythmü 'fa s'accélérer, avec le développement de l 'impériali sroe, qui f8ra
rrodLlire de plus en plus d'oléagineux à l:.1periphérie.
Dans le caS do la France, le. rythme de substi tU';icr est très éle-
vé ;jetre les deux guerres. La prod.llcti on d 'huile d'olive lccale, pal' tri turé1-
tic;
d'olives a évolué de la:nanière suivanto dE: 1923 à 1934 (en miLLiurs de
tOD.L3S J,'C:triques) :
TABLE~AU N° 1
Hui le d' olive pl' odui te à JLartir de mati ère s
.E.E.cmieres fr~s:aises .LÙ. ct ,-:E2oriation de
l'huile d' clive (n)
--,---
J..2.g§
19,28
*:L2:~~}
1924
.1212
J2g1
~ 1930 12l1. ,1932 12)3 1934
l
14
8,1
7
8
8,6
7,8
5
5,7
8,5
7,2
4,8
0
,II
6
6,3
4,5
5,3
8;4
8,6
6,5
12,5
10,9
10
9,9
9,2
-_._..._--------~.
Giraud Tableau N° XIX.
Durant cette période de l'entre deux guerres,
la P::'éillce produit
cupc;';Ch.lt plus d'huile d'olive qu'elle n'en conSOlnrneo En effet, en vC'rtu dll
PtCet0 colorlia.l, olle importe dus clives des pays du Hél.ghreb et d'autres pays
ll1eû-i terrélnéens pour la fél.bricationd 'huile de telle sorte que çcrt c ùl1es él,.l:ln(;(J s,
lef) exportations dépassent largement la production issue de la matière
')Te:~;l8re locale.

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Page 2-tO
Cependant, aL1. cours de le, deuxième gL1.erre mondiale, une
tunt~tive de rel1VerSel'lont de la tendance va. se fé1ire, fllé'.-i s sans g1'onds succès.
furant b, deuxième guerre mondiale,
la Franco est Goupée de
se S ;o:;c'1'cos d 'approvisionnement en a1'achidusJ..l ors que les Allemand:3 opèrent
dc~': prJlèvements ir.1portants sur les corps grél,s. Uno politique de production
n.:ti~n"le des oléagineux est donc lancée.
Alors quo le ravitaillement Gst compromis, l'Alle;r~ne
Y"lcblf~ à des prélèvdments très importants à la fois sur 18 beurre 8t sur les
h~ül.!s, Le t::tblûau ci-dessous en donne la mesure. Il S8 produit effc)ctivement
LIL.; ccr~:1ine carence en matières grasses du moins au niveau des classes
saci7~es pauvres.
TABLEAU no 2
Prélèvürnent s alleü3..nds de beurre
(en miniers de tonnes)
1940-41
1941-42
1943-44-
111..,3. 19:.:4
'rarAL
12
13
19
31
88
TABllilllJ N° 3
Prélèvemontsa.llomands des corps gras
(en milliers de tonnes)
1940
.12.4.1
... 1942
' . 1943
.1244
TOT_oU,
r'Lrgarine
2,'
O.f
. 0,6
0~3
0,4
4,4
S'.cifs
. 0, 1
2, 1
2,4
1, 6
1,2
7,4
fhiles
0, 1
~.1hl.
0,4
.:1..L
~
25
16,3'
2,3
4,7
51,2
Source
CEPEDE un
Agriculture et 'llimuntati on ùn FriJ.nCC:
'-"l':Ult
L::c
deuxième guerre mondiale. Pn,ris - Genin 1961.
En somlHO, pend':.nt 4 :.:.ns, les allemands prélèvent ·n mGy(mne
Gt ~),lr ::n, 370500 tonnes d'huilt3 de corps gras et 10.000 tonn8S d'hL.iles
ou :lcr!~icr chiffre corre spond au doublé:' du contingent en franchi sedmi s 0'1
fi':r:mcu d':1près l'accord dû 1938.

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Pour faire fnce à lJ, si tu:.tion , l[~ culturc des oléc'1gineux
_,st l'J_'àue obligatoire, tn.nt en F'riJJlcS qu'en ilfrique du Nord. Pour ('rlCOUré~ger
la p:coc~uction d~s oléé-..gineux, ln gouvernement français, après avoir s'Uccc:si-
V-J(:JŒcimposé ~a contr:ünte, accordé dos priraos ct des pcu~ts réscrv:j;oiros,
~.)r,NL' les règles suiv~'.I1tG9 : culture obligcctoire d'oléagincllJc, cheix du
ccl zo ce;;une ,graine de base. Inst8.ur:,ti on du corpora.ti sme, pc-tT la crfnti on d'un
Gr(;uTJJL,unt Nationnl d'achat des prûduits olô[LginoLUC (GNAPO) et d'un grouperiiont
i:!t,rp~'()füssionnel des oléagineux métropolitains (GIOfiI)r disposant diun :~,er­
son.L'1c;l nombroux et de L:œg8s crôdi t s ) /
lI:n Algérie, un syndic;J,t obligatoiro des prodLlctoLü'S do gr,J,ines
ül~::.gLK;uses est formé dès fin 1941. Une IJrop::lgDndo systematiquemünt est Lu te
cn ClVWlr du lin, du tournesol, du ricin ot du soja,.
Au IircJ:{'oc, un plClll annuel de production d'oléagineux ,;wt
impcE,é des 1942 et oblig:J,ti on 'Jst f'ü te à tous 10 s productouTs-de r,servür
un cert_un porucentage (10%> de 19~2 à 1944, 51'0 à partir du 16 deC~!l're 1944)
d"l GL'l'faces cultivées aUX oléaginGLlX.
Ln cultre de l'érachide il été tent·oo.Y
Certe s ce s :Y1'2 8uro sn' ont pas peri"ü s un approvi si Cllil0 me nt
.:;uffiswt des friJJlçéüs on corps gras •.:~lj'.'L\\.is dans l'ens0Llble, 13. cc-:,p::,cité do
))}"ocl'~ction des oléélgineLUC on Frânce et en Afrique du Nord, .:wai t au ,'mentè
de ri!:llJl Gre notable pondant la guerre
p:U' rapport à 1939, la production
f::':~__ ç::,ise av;üt augmenté de 20007, en 19451 h3S superficies consacrGGS à ln.
cuLture dGS gréùnes oléagineuses ét'lient passees de 36.540ha un 1942 à 22; • 340ha
en 1943.1/., CG sont des supcœficies comp'-"rables à cc,lles de 1862. Cc quiJot
i:(l:,ortnt pour notre propos, c 1 üst que le gouvernement 3. pris des ü;t;;Juros
pour ;w,intenir la ccpacité de trituI'~tion de l 'huilorio française ei: 1,'RN'C: >.
L:è répr2ti tion administréttibe d8s gr:ünes pcrj!lottr:ü t
de rondre opér::tionnelle
c(,tiu opti on o
JjTT:i:~gc, Les oléagineux d:JJls l 'I~JHpirc français, REV. EconomiqLlo e- 30ci~le.
J],nvier 1946.
LtL () (;8. id.
D' ;",p:L~ès CEFEDE 0.0. la rc~tion d8 lil,-"tièros gré1.sscs'1,près avoir O)l,~:,-nent8
i·~nd-~nt la promière période du réLtionnGl;;cnt, de 100g par semaine jusqu'à,
,)50,;' par mois on Août 1941, est nllée diminuant,
fixée générrLle;;)ünt à 430
Ol!
350g jusqu'en Nov 1942, 0110 é'l êté ab::dss6e à 310g en Décembro 1942.
_:laIe ost doublc8 à 150g et 200g jusqu'à la fin do l'occupation.
!lI

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Page 213
VU:'LUUG
aotte consomrrl1tion 8. varié aussi très rapidcn1ünt, au dëtrimcnt de
11 i:l ci lu d ' olive.
En effet alors que dur<-Ult la décunnio cinqua.ntG, la consOlt.n;"tion
d,'huiles,l'::U'.:1chidos p~èI' hc.bitont passG do 3,10 à 6,4 kg en Fré~,ncc, colle de
l "llÜ,L:; d'olive décline de 0,58 kg à 0,33 kg.
Dans co proce soos de substitution de l ' cœachido aux huiles "üimcn-
t,"ir'JE;,ocales, l'Afrique et surtout le 82ncigal ont joué un 'r~ne de premiorplt:lJ
I:~!l {;C'f,t, le Sénégü a été lé:t reste 10 prin,cipal producteur d'oléag:i,10UX de la
zonc <-l'influonCG directe de la Franco. Cette contribution du Sénégal au ravi-
oo,ill,;;i;;3nt do la France a ét6 f:üte s.Jlüefdont seus forme de gr",ines J'arilchides
,JL1;'hj.cc'i', la, deuxième guerre mondi:Üo. r:nsuite
une partie de
l'expor-""tion s'ost
::>:~=-te',)U8 forme d'huile. Dans ce processus, uno coupuro se situe Cl', 1933 o C:J1.
",l'fc':;;
,jusqu'à lu crises uno concurronce vive existait ûntre le proC;,l1ctc3Ur
Indien cl\\? CoromMdc;l et le prollucteurSén6gn.,lais. Les procluctJurs indiens,
cl(~'\\r~L C. se content(;)r cl' un prix plus b",s que le productuur sE::négaLù s, une gréUlde
"l'iio (J,u ravitaillement de la France Pl'OVOl1é1Î t
dG l'Inde.

R/2795
TABLEAQ..lY
Page 214
COl'."'SÜJ.<Ü'IATION D'1IUlj..fS EN_l"~NQ!l_ Ell~_J~Üg~JI fJ:LC~'I )fctt .;ILI:~lE-J25.~~ET_1.9jO
'_~r=--------~ u ~ 1~i~~~~~L~~1!5~=~'I~?! •__-~ I-~>1T9?~~'1~95~~I' 195?o~I~i5!-~_I=_195!I~1-9~~>'I~}~~-I196;~'-- .
,
Population
(Mi llions) 1 41,7
J 42,1
1 42,~
42,7
1
43, .
1 43,3
1
43,6
1 44,1
1
44,6
45,1
1
1
55,5
Consommation par hab:
- d'huile d'arachidd
3,70
4,0
3,9
4.3
4,8
5,3
5,7
1
6,1
6,1
1
1
6,0
1
6,4
De Tc,ble
1 0,70
1,24
0,75
0,68
0,28
0,42
0,64 1
0,45 1
0,43
1
°,53 1
0,48
d'olive
1 °,58
0,18
0,23
0,23
0,39
°,41
0,26 1
0.31 1
0,34
1
0,45 1
0,33
- Total arrondi
J
5,°
5,4
4,9
5,2
5,5
6,1
. .
- ~ ~ ~
~~6_~1~~_~'~rJ.~2:~~ !
7,3
_ <_ _
Source:
Annuaire stctistique de la France 1961 p. 54.

'l'uh~~'">l1 '\\ ,
B./'Z195
Nae 215
t:ment de J'industrie ,ü·an~~ab.: cn y;r,aillcs d'arndlHTcs
-----.-.-_._._-...,----..,.-.,'-""'~"""-' ...,..,.....,....,....,.,...,.,--,,...,...,..---
1'12/.
! 1<j')'; I~ 'J"'. 1 19'"
11'126 Ir 1ns l' 1930 ! 1~31
19:12
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111
L'
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j '."
",1
:\\00
"":~'~'-'I-:'~~:

R/2795
Page 216
C'e st ce que met en relief le table~1u N° IV qui montre 1n) que
jUSqu'U:1
1933, le ravitaillement de l'industrie fr3.nçnise on gruna:::: d'ara-
cLidéc';éj ,-l, été fond'.li1entc,lcmorrt le f:üt do l'Inde. 20 )
qu'W1C) rupture GC produit
Èi p2,l'tir de
19.34. Pour la. promière fois, l'3,pport des colonies dépar;se 50~~
en éqllivëtlent d'huile d'arachides, da..Yls les usines françaises. Cos :l'c,chide::::
proviennent uniquement du S6nég,':!1, car ce n'est prGcisdmcnt qu'à partir des
C1[!!1Ù~[, 1933
que la France, dans 10 cadre de la politique protoctionn.iste
1
il~)(;rLüc va étendre l'arachide: au l'J2,li (Soudan d'abord), 2.U Niger et dans
rli::<,:.:t:"'.J colonies. En :~ffet, à
la f:wcllr d,; 12. Crise ct dos politiques dû
l":plis :i. mpéri aux, les arachides des LtLltres pa.ys peuvent ~tre substituées a
c\\jl1e~, de l'Inde, particulièrement bon marché, surtout :],près la guerre.
TiillLCAU N° 6
EXPOIITA'i'I..Q!Lm;:; L' ARACEIDE DE L' AOF (1.000 t)
._--
.~_.'
1909-1913
.mi.
..12)8
..1251
~~
1
144
196
374
276
3~()
1
ï
de l'AOF
149
197
436
357
405
!1_.
-
-
Notes et études documentcires 7 Aorl:t 1964 p. 15
La production comrnercialiBC>e du Sénégal augmente dd r;l~ièro suos-
t.~:;ti211.e quoique très irrégulière, comme en témognent 18s rilcyennes décennales
ch:: L: 1. :;:'oducti on commerciali sée (en [li lliers de tonne s) •
TABLEAU N° 7
PRODUCTION D'ARACIUœS AU SLiJEG.lU, DE 1930 à 1960
moyennes décennales (1.000 t)
1931/32 - 1940/41
1941/42 - 1950/51
1951/S? - 1 60 61
1_~~.::J
décennale
457
320
620
_.
-

B/2'195
Page' 2t7
TABLl!;AU VIII
P1l0JlJCTION D·.~.HACHIœS COl!.ltŒ~HCIALlSEES
1
,
000 ronnCb
1 000 l(Jnne~
1000tonnr:
;1 nOOtonrn!~ ~
ar~chtdes
Cd-rnVi.tg·tH~S
':HtlChj(jjJg
CJmpaQriPs
ari-Jçbide';)
,-;(;:] (~h1des.
(Iri
r url (;OQ.u0
COQIH;
en coque
1:,
G(JlqI..H;?-
\\
i'
~,_ .. ",
i1:
1~:~~·~~-~-.l-~·:;---1:-~~-52, ~~-.-~~ .-::-'. '1961-62.
901
1
,
1
3,91'
1942,·43. . . • • . . 1
113
1952: 53. . . • • . ,
449
1962-63•. , . . . "
767
i
!
512
1943-44•• l •••• 1
281
'\\ %3+.>4. .. .. . • . .
551
1%3-64. ,
1
198
liS? ".

i
364
1944-45
i
232
1854-55. . . . .. . •
;390
1964-65•.
870
194&-46•••.••. j
~
3~4
195G·W. • • .. . . •
539
196&-66• . • . • • . 1
on
1
606
1946-47 . . • • . . . 1
364
19!J6-57. , . • • . . 1
713
1966··67 ..•
786
! '
i
484
1947-~...•... : 462
1957·58
1.' 831
1967-68•.•
834
1
1
434
1968-69. • . . • • ,
1
1969·70• . . . . . . ,
_~~~. ~~~~~~.1~~~. :.'! 3;;~._ ~~6~~_~: "~:~_:_~
"~:_:,:.j_::J:~
__ •.
' ..
B:w__
1970-71.
.__~~~j:~y._~~_en_n~'._~ .. L_ 3.20\\ ,~~~'. dé~~~::~:j_~~_ Moy. décen,~ele"1

764
1
,embüurs!,mp.ms de d.eH"" icümrn,"ç,:liIC,a:uon (,amont_j,
-- ·_·····- .. ···-~-~;I;·ffltJ ;·:·c~;;:::;·,1
~ ~ -'-"-'-"'-""""''''-~''''''_J
......
..,-,.•- -
'_'''!I'''';;'"'''_ ......~..""..::=:'!=,~.,......_._••_-..,.='
"__,,_ _J
·-""l;._·.<-I-~
'.j'.",
formations et Ertatif~tiél'ueJ:1
~ 185 Juin 1971.

GAL • PRODUCTION D'ARACHIDES COMMERCI AUSEfS"*
----,_
'---------'1
. ,)t-,
_-
..
l'.
,;:ldriennale centrée
hl'
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.,.l!--'"~\\
........--I..J........-...........................""'-"-..l-.J.-.J.l...........................
...........................
..J.-.............
..l-oJ..-"'-.......--\\.\\.l u~
1940
1950
1960
1970
1941
1951
1961
19'11

R/2795
Page 21'
Finalement, à la. vei 110 de son indépendance, le Sénégal ravit ai 11ai t
le marché français en araohides èt huile d'ara.chides dans une forte proportion.
En 1957, la France importait 405.000 t d'arachides décortiquées dont 276.000 t
soit 68%, auxquelles il faut ajouter 115.000 t d'huile d'arachides. Les
276.000 t de gri1ins correspond<,:nt à 135.000 t d'huiles environ, si bien que
250.000 t d'huile d'arachides consollunée s en FrMco provenaient plus ou moins
dir3cl;elllent du Sénégal. Or, en 1961, la l'Tance consommait 296.000 tonnes
ct 'lmilG d'arachides; ce qui donne un pourcentage de 841~.
L'analyse de l'articulation du paysannat sénégalais sur l 'Cconomie
française n'est donc pas un problème marginal, mais un problème dû grande
ÏI:lportClllce ~ Avant de passer à l 'oxplication du phénomène de substi tuti on
ainsi (,bservé, nOus allons faire une remarque.
, RJ:;;IîARQlJE
Cette substitution qui a profité essentiellement à l'arachide et à
l'hQil~ d'arachides dans le cas de la France n'est pas une exception. L'huile
d'ar:;,chide s'est imposée comme huilcde table partout,en Europe Occidentale,
au moins jusqu'~n 1938. Dans le monde, l'exportation de
l'arachide de la
p6riph~rie;versle centre a'pris des proportions fantastiques de 1900 à la
veille de le.. deuxième guerre lilondiale.
TABIEAU N° 9
(en mil1:icms de tonnes)
1203-1913
J.2g2
'425;9
1412,8
C'est la grande période des exportations mondiales de graines d' ara-
chides. Ensuite,
du fait
de la 2è guerre mondiale, les ciroonsta.nces per-
lWJttent de rèmettre partiellemont 'en ca.use le pactë' colonial. La tri tur:,~tion
à Lt l',.;riphérie se développe,
surtout en Inde, Chine, et Sénégal (p2.rti811emcnt)
Il faut donc d.istinguer deux périodes; une periode où lapciriphéI'ie
n'ex})orte pré:1.tiquement que do la matière première brute (jusqu'à la deuxiè!ie
guorre mondia.le) et la période d'après-guerre, c.J.I'actérisée par l'extonsion

R/2795
Pe.ge 220
do lei, trituration des grünes à la périph6riG qui sc; hourte à la difficulté
d')xportor l'huile vers l'cccidu!lt. LQ,g-raphiquGTund compta de ce:::~ deux
n:o:l~üit8S de la d:lvision int·;rn.1,tionale iIlt;galo du trewail.
TAilLEAU HO 10
IMPORTATION DES GRHNES D'lmACHIDES
(en milliors de tonnes)
- " ' - - " ' - - ~
"'------"-
19aJ/13
1923
1938
1957
1961
1962
1
"- .-
--
ll.~
ne"~
r.:·-~~'l J .G
: coques
211
242
388
12
6
8
l''F'
l __.._~
d6cortiQUces
200
265
459
405
48.2-_ _J61
i
.....
.
AlJL"'~: S.':'é:iE . coques
1
9
4
8
1
- décortiquées
71
37
_304
33
75
i BAS
PA7S-
· coques
26
4
5
·
1
décortiquée s
42
+ 53
151
35
41
56
:tUE · coques
,25
1
17
38
15
·
1
décortiquée s
71
49
~ -_'0'.'.
-
-_.-
, Re,Y/iD~·~:..:'-UNI · coques
78
6
5
·
décorti quée s
79
325
227
116
212
!_.-
-.-J
EXPORTNI'IONS D'AllACliiDES DECOR'rIQUF..ES
D~ LA P;~IP1ŒHI}i1.jcn milliors do tonnes)
--_.
1909-1913
1923
1938
1957
1962
.~
INDB
195
271
912
2
35
S:L:;.~EGAL
144
196
374
276
300
'l'G'l'u'' DE L'EX AOF
149
197
436
351
415
·
..
,
1.I:i"RIA
5
183
307
540
- .
TOTAL
344
473
1531
660
980

R/2795
Page 221
C1316 se manifeste essentiellement pur l'extension géographique
ccntinue des aires de production et surtOllt d'exporta.tion des grnines. Ainsi,
l'Incl) et la Chine ayant développé la tri tur:J.tion intérieure durant la deuxième
,guerre L,ondiale, l'impérialisme a développé rapidement la production de l'ar..a-
chido en Afrique et plus spécialemont en Afrique Occidentnle, plutêt que
dl~chet8r l'huile à l'Inde.
En somme, nous avons assisté i, deux mouvements ;
:l) '..:ntI'U la périphérie et le centre, il Y a, eu substitu:tion des oléo.;~ineux
v6gét],LlX de la péripherie à ceux du contre, avec, au sein de la péripherie, le
centre cll gravi té de l ' approvi sionnamr::nt de l'Europe Occid\\;ntale qui s' c st
dëplacô::; de l'Asie vers l'Afrique Occidentale j ce qui s'explique par la
possi:Jilité de minimiser los. coûts do production.
b) La triturntion s'est développée à la périphérie, fdais contre la vllonté du
Nous allons reprendre ces deux points en restreignant l'cbs.;rvation
;J,U
0'.8
[~e la France tIlt du Sénégal.

R/2795
P8f:,f€
222
TABLEAU
12
PRODv.,~TION.TOJALJ!: D~~HU~~ D'ARACHID1ELl'!lR. Cj\\lflPAGNE
~ li L'HUILE :\\:mUTE. ET ~()N Ei~~I
(on tonnes)
~ ~
~.~,.~~c~~_~·=_.
1954-55
- 195.5-56
1956-57
1957-58
1958-59
1959-60
1960.-61
1961-62
1962-63
. . : z =
~ _ ~ _ ~ " " , - , - - : : · ~ ~ · " " " - " , - ·
.•--=- __~"",_.,,-=~~.•• ~.•_-=-~~,,",,".~·.~,~·.c,,, ••".""----0><".-,,-,"""'-""'_
~~~,.. __~_~
...•; .._.......""""P~~.....,~_~.'_""="""_~"'=_~,.,,.-''''''''"~___=_'_~.~
._-~- .~-~~._"~--.~'~~~""'----''''.'-~.~ ..~_.~~
..~
Exp~ations vers la. ~Tê~ce
83763
89028
90090
94480
100492
103190
109380
115545
125652
••.
..
_,-~~
~~_~~._.~.~. _.~._~=
_
~
~~~. _··~=s.
~.~~~.~.~~~. ~'. __. ~ ~ _
~_
•.~. ~~,., .. ,
~~~~_~__
Afrique du Nord
3755
13317
106293
11Q23
9666
12672
1547i'r5
5551
.-.~~.~
...~ ~ ~ ~ .
.
~"~~ ~-~~~~~
~~~~~.~
-~..~'~.-.~ ~~~.~.~=~~~~
..~.~-~..• _.~~~._~
Union Française
920
1374
2652
2931
3269
3416
2678
1711
1027
...
,~~,-~~---~~~.
._~~~._-~~.~~-~. -~.~.~~~-~.~.~-=_.,-~~. "~'"
_~
--.-~".~~.
~._.~
=Iors z. F.
nééillt
néant
néant
400
nénnt
né.Elnt
00,606
0,408
-~~
..~
~~~..'~'-'.=~ ••~.~~~~_.~.
__
-""'-,~_"""-"""'--'''''-_-:r .. -.''_-=,'''.''''''"''"~~_>_~._-~~'''~~r.,.
~~~,-,-"c:-_.,..."...,-_.'''--''''''''-~.-,",""",",~-"--C-",",",-0-2""""-...".....=.~."_~,~_,""""~~~~"""O--,"~~·_"".o""'_"""-"""",,-",_--:r.-''''',,,~'''''·_·~''·~
..~~.__,
....
Ventes locales
18253
17420
20713
23685
24326
27012
~~607
33238
32162
_ _ _~_~~_~~~~._~~_
~
=
..
.. ._~.~.~~.~. o~~
. •_ ~
_.·.~O.'.-
~.~
~~co~c~~~
-1
'l'C'ID\\L (é1pproché )
106692
121 139
124086
136130
137153
146297
156141
156053
1,58842
,
~~~c_
~. ~.~ •
~
=.~
~'~='~~~~
.. ~.c~~ ~~~.~.·~·c~ ~_ _, ~
..
~ ~ ._.~.~•.~.~~. ~.=
__~...~~~ ..=~~$~ ....~.=
.•~_...~_..~
. .~~~~•.~.~~
Source:
Ivlinistère du commerce de 1 t Industrie et de 1'Artisa.nat
-
DAKAR fèvrier 1964.

R/2195
Page 2.2)'
SECTION II
--•._._-
Valorisation du l'èl.rachide dans le <::,d.re du pactc~(;lonicl
Aujourd'hui, toute la production sénégalaise d'arQ,chides Cf;t triturée
sur place. A la veille de- l'indépcndunce,
la moitié pratiquement dû 1.:1 prGccuc-
tian ét:ü t déjà triturée dans des usines situées â Dakar, Kaolack, :Jiourbel t
Ziguinchor. L'huilerie étcu t et rc ste b. première industrie du Sén6,'·Jl. Selon
los calcule de la Direction de 1.:1 st::,tistique, en 1964 l'huilerie rcnréscrrt:·,it
42;0 du chiffre d'Ilffaires de l'ensemble de l'industrie sénêgalJ-Îse. C'est L,:;:'
seule industrie importante qui
soit assise sur des matières [œü;6.c're:!
loc"èlüs _t
qui n'importe pour ainsi dire pas des produits intermédic·"ires. lb
plus Gon marché local et régional so développe. VIais cc qui la carac~8riso
encore le mieux à la veille de 1960, c'ost cru'elle produit poux le r.a.rché
JI
françcis, tout au moins en ce qui concerne l'huile.
IVlalgré cette oxtravcr-·
sion, 13. tentation est gr,')J1de de dire que d:Uls le cas de la trituration do
l':;"r'1chide le pacte colonial n'a pas joué. C'est une errour, il a j(lUé et
c'est bien malgré olle que la France :l pormis la pratique do la trituration
'-=îu Sén,jgal, et ce pour le ravitrüllement de Gon propre marché. On considère
gén~~r;llement que le pacte colonial est le refus d'industrialis::1tion
d,:J1s 18s
colonies qui doiv8nt se contenter de fournir des patières premières et dos
biens l:G consommation bon marché. )!;n f'lit il s'agit d'une modalité de la divi-
s.i,on internationale du trav:.:il entre contre et périphérie, celle-ci ct,'"nt pr~ti­
quoment dépendante au sens juridiL[ue. Il y a pacte colonial lorsque la contrain-
te c.drninistrative intervient pour enpôcher des activités industrieEes non
indispensables â la production pour l i8xportation.
Quelle est la cause de ce p.:1cte ? ~Yille est Cl ssentiellement poli ti~ueJ
c'est-à-·dire qu'olle s'explique par la lutte de classes drillS les C,Jcitres
capitalistes. K. Marx a montré théoriquement - et l'expérience histonique
a prouvé -
que le cé1pi talisme créa sponté1nément le chômage et la sOLls-utilisa-
tion des équipements. Or, le ch8mage est probablement le phénomène qui menace
le plus les bases du capitalisme.Y
1/ LGS Gxport:ttibns des tourteaux sont plus diversifiées.
Pour apprécier l 'ampleur de ce phénomène, ilfi1.ut se riJ.ppeler que le ca,pi-
1:./ talisme .aujourd'hui ne se limiti} piJ.S au centre. A l' écheIle su système le
chemage va grandissant.

R/2195 ','
Page 2M'>
le pacte colonial,
ou plus gêt:lG'alement, le refus del'indu8trialis~"
tion dr: la périphérie, a pour fonction essentielle, d'i1,ssurer le plüin C'i1;pli.;i
des fc"cteurs ou du moins d'atténuer le taux de sous-eMploi dans les l)ccnomies
centrües. C?tte opposition n'est donG PC1S un fcit conjoncturel,
ou '-ln f,ùt
E1PP'1rt':-;~1ant au passé; elle persiste encore de nos jours et d\\Jmeure un fait
'
, · t , 1 /
d' n,c"tLl:11;t. e •..l/
Cela veut dire que l'Eté"t joue un 1'810 essentiel d<:<ns l'établissement
Gr 1"> p<Jrpétuation du pacte colonial • .Du point de vue lmercantile"t(~lÜ Gst 18
puint du vue des parcolles du capi tlÙ, surtout au stnde du co..pi tiüis:.lû conclU'-
rencie1,
les faibles rémunérations des producteurs de ,la périphérie, sont une
inei t,_tion à l ' accumu1ntion, mai s d'un autre côté, l'Etat, en tant (ue garant
des intirêts génér'"1ux de ln. ndion ct do ln bourgeoisie, doit prati r uer la
poJi ti~uo du pacte colonial. I l doit souv()n~ rappeler ces principes :tUX par-
c,,,} les du capi t c.tl, qui n'ont on vUe que la cruati on d' Ulll; plus-vlÙue et non
les intérêts à long terme de la classe, c'est-à-dire du mode do pro0'lCtion
c:li'it:"liste. L'histoire de 1 'huilerie sGnég:üaiee est une illustro;tion qué1si-
parf,i te de cotte thèse.
Durant la période du ca,pitali smo concurrentiel, des c'apita1iste s
fr;,nçais s'intéressent à la ftbrication de l'huile d',é!.I'Q,chidG au Sencigéil (au
moins qllC1tre demandes ont fait l'objet de décisions uinistérie11es 8ntr8
18.34-
ot1862). Hais à chaque demande 10 gouvernement français oppose 18 rcfus, de
Du point de vue de la plus-value, la trituration sur place üst très
r<::nt;Lil8. En 1862, un capitaliste, 10 rhrc,,'tüs de Rays qui réussit à implanter
uac luine à Daketr .Jcrit
au r,.~inistre de la Marine "los r(~suJtats sorn ~nci{;nifi­
cru\\.:.c-J: l'huile d' .:.rachide fabriquée au SénégC11 est infiniment 'sup6rLmre à
l'J:-mil
fabriquée en Fr3l1CG ••• de plus 10, matière première c,,'Ui ne coûte a.u
SCèicC:l que 28 à 30 frClllcs les 100 .kgSj r..;vicnt sur les marches français à
4C =~~lCS en moyenne i en outre la proportion du fret des huiles ost de 45%
}/Kj;~,)pOS aG'la pé:r:iodo dite dficcLÜ'nulalio.h'prir.ùtive du GJ.pital, Vergopou1os
ucrit cette phrase qui mérite d'~t,re méditée: "Jusqu'à maïnt(;nan,t, il est
i;dmlS
(~Ll'i1 Y out trois siècles d'~l.Ccur[lulation primitiv8 én Europe. Or, les
dOCl;r'Ü1U8 socialistes apparaissent dès le 14e siècle ! La mise au t:':lVail
deE1 prc.létaires, des paysans dêchus, ne fut pas la résultat d'une t:volutiun
écün(;.i,)ue nécessaire. Ln ru,ison en fut politique, le capital dût Ell:ttre
]1 :w.'IT:êc::
de rcscrve au tré1vai1 l2.ar , cra.:i2te. dC....E.évcl te s soci:Üe s". K. \\Tergopoulos
Le c::.rit:Ü difforme. S. Amin et K.V. la question paysanne et le co.pitalismo,
.&.'1thropos
IDEP,
1914, p. 10.

R/2795
Page 22';
inf6ri~c.œe ,s,u fret des arachides'~ Il ajoute même que cette différence de prix
de revient pourrait abaisser le prix d.e l 'huile au consommateur, en France.
Apparemment donc" la question sc trouve parfai temont résolllc pour 1;J8 illier'J'ts
de la, colonie et de s fabrica..'1ts françai s qui voudraient y établir de s usine s
au lieu de fabriquer en !"rance ". Or cette usine à di Sp3.I'U, sans doute pour
des rcisons "politiques". Le marquis oublü1it 1°) que Napoléon III (tait
l'cr;lperC)Qr des paysans et 2°) quo co n'était pas le moment do desorganiser
l ' :'..ldu3trie frs,nçaise des huiles.
En CG qui concerne le premier point, il est clair que poli tiquef;]Unt,
i l ne fJ.llait pn,s substituer l'arachide à l'olive de mo.nière trop r~pide. La
rœül:;t~ris::1tion do 1", paysannerie dov:üt 13tre plus ou moins contrôl;';c. C'est
pourquoi la rôponse donnée en 1~ CtLl Sieur J:Ionteil1et rLui voul:-.J. t fabriquer
de l 'huile au Sénégal et l'exporter en H'rance pour concurrencc;r l 'hu,ile
d'o~_ivüj fut négative; alors que cot industriel demandait pour l'~~',li1ission
dü l'huile d'::œachides en .Franco un régime semblable à celui des huiles
concrètos (non alimenteLires, cemme l 'huile de palmE;, )10 ministre r~rondit :
"Cette clisposi tion est jugée inconciliable avec l'intérêt cle nos cl'.3kœt0ffiünts
m6ridiGnaux en rc:J.ison de la propriété que possède l'huile d'~rachide de
rer:JpL~0or l 'huile d'clive comme substance alimentaire ou dé.U18 certaines
fD,bTications industriolles".Y Cette prise en compte des réactions ci" L~
1,ays~:U1n8rie devant la ilconcurrence" des pa,ysQl1s d'Outro-:Mor est un
:léwom
Ülll:c:"tG../'lt de la politique capit,),liste à l'égard de la périphérie. Ccpenda,nt,
nOLt8 avons vu que l ' :J,rachidc a bien fini par supplanter l' olivo, en r:.:Ü son
do .!. 1 cchange inegal. Mai s ce que le cl,pi tal, en t-mt que classe, vou:lai t
:réaliGElr ce n'étzdt 1":\\'S le remplacoment de l 'huile d'olive intérieu:re p3.I'
lY:lUiJ..e d'ar:1Chide importée, mais seulement la substitution de la rn:}tière
prcr1iè:c"
arachidière à la ffia,tière promière olive. C'est le douxième point quo
notrn :ïla.rquis n'2,ve.it pas compris. Il ne voyait paS quo sur le problome do
l'iJ1':~u~.;trio..lisation, la classe capitaliste par l'intermédiaire de co'm :E:tn.t
17 li" Prevaudant cité par S. Sow j in Histoire d.e l'llUilerie au Sén6";,a1. IDEP.
nov. 1971, p. 9.
YA. Pr~vaudant, cité par S. Sow, p.4.

R/219":J
.
Page
226'·· ...
d(~v:èi t tout faire pour accroNre lav3.1eur aj out ée en Métropole afi!_ de
rt;c1uire autilllt que possiblo le niveau du sous emploi. Or,
sur le pl:~n indus-
triel, la France de 1862 est très inférieure à sa riv~le directe, l'Angleterre.
Lc~ preuve éclatante en est donnée p':1r la renonciation 'quelqul;)s:umâcs plllS
tcœd::'L1 'ITcité de libre échange de 1861. D'ailleurs les t(J)ntatives è'3 tri tu-
r,ticll sur place,
ou môme de dcccrticage, n'existeront plus (jurant 1:1 grêUlde
Ilh:,S8
.~scendcJ1lte de l'inlpérialisme qui Ve-'o des ann60s 1870-80 il 1914. C'est à:
I l ' ' l<;'lr de
la guerre de 1914-1918 que le dcScortic::tge d.::s arc1chirles se
dev:"le;:"pe un peu au Sénégal. Scn extension sera interroupue avec lu fin dûs
ho~~ti,:U.tés. fur~W1t 12- grande phasç d'expansion, arC1chidière qui s'ét"nd de 1923
2. 193C, en gros, des initiatives se.multiplicnt, [.lais serent contraintes par
l,Cl ,F'r,:;bcc de limiter leur production 2,U minimum. Ce n'est quo pend ,nt la
dG !.J,xi èFlO guerre que 13. tri tur:.l.ti on prendra pied défini tive~ent et nuus verrons
CIue l~l J"rance a voulu revc:nir nu PélCtc colonial archai'que ."l.près 12. r:uerre ~
Ce que voulait la Frilllce c'ét:.:.it importer des matières pre,.ières et
8Xfc:t',cer des hailes. Et elle y réussit puisque "dès le début du 20è siècle, la
Fr::,.ncCJ ,--Lssure non seulement sa propre COllsor,llniltion en huiles vligét:ücs, mcris
ûllc~ ~:)arvient à augmenter ses livr:üsons d 'huiles françaises à l' Gt=-angor,
c1éWS
Lme
proportion telle qu'ello est d 2VGnUe un pays exportateur nc.t" 0.11
"Au lendomain de la gUGrro los possibilités d'oxport::;,tion cio l'3.I'a-
chide sc sont trouvées réduites du f~it de la pénurie des tr~sports. Et
co~~c l'arQchide est une manière pondéreuse, les export~teurs décideront pour
rêduiro la coli:t de transport, de décortiquer leurs graines da:r.lll!l les principaux
I)Qiuts de traite, petrticulièrc):1ent à KD.olack. "Y
De 1920 à 1931, des petites usines se construisont a ln L,,,-eur d08
hautr3cours cY.::J l'arachide et donc de l'huiled'iU'élchide o Fabriqu';)r in colonie;
8st~ülJ.t aussi r8ntable qu'au tsmps du I:hrquis de Rays et de tbpuléon IlIa L:-,
pl'Gc~uction pour ln consornrnati~J.l1 100,:110 (3.000 tonnes environ) cst -Lc.l·-:':rt.c' ;
i1j~m8 une petite exportation sur le liL::u,Jhreb (4.000 t) ne soulève pa: d' objoo.-
..
,~.
..
'.
.
,ticn,ussi longtemps que j"iarseillecontinu.e de r<è:èevoir'des graine:: d'éirichi-
des très bon marché de l'Inde o riais l~ cl'ise de "'1929 oblige à opérur le repU
Ü:1I',;riJ.l et à proteger les gr:Ünes coloniales sur le marché français. C(;tte
j} T.Y. Karkovitch , ISEA AF (6) 1966, po 1825
El s. Sow, p. 10

R/2795
Page 221
protection assurée par la loi dll 6 a,oGt 1933. aur~ü t da
permettre à la tri-
turaticJn de se développer n.ll Sénégal, car elle rendait les graines de Cora-
mcwdel beallcoup plus onéreuse que les grcunessénegalaises.
En effet, "la perspoctive de vendre l 'huilo à un prix 3,'VéL!It,;.gCUX
:par 811ite du protoctionisme doun.nier, incite les huiliers "afric:èÏLs" à
-'..U6'-
mentor leur production. ws capitaux affluent si bien quo les huil, :~'ies so
modur:',is<:wt,
quo leur non.bre augmente et que les installntions do r'"ffinsge
app:'J"Lissent. La mi se en pInce d'un i;i!flvrtant potentiel industriel Jntr:ttno
10 r.l~passement de possibilités d'nbsorption du marché local ot l'oc;:port:<,tion
tl(;s excédents vers l'Algérie")/ Après ,'Woir stagné entre 1931 ot 1934, les
eXlJGri:~tions passen~ de 2071 t en. 1936 à 5302 t en 1937 ct 5669 t en 1938.
Entre 1936 et 1938, le Sënègal produit moins de 10.000 t d'huile dent 3.700 t
i".,ur Ll c ons orillnc,ti on interne. Or la moyenne do :).a production d' dré1chidc;s a
dC>X.LSSC 400.000 t entre 1933 et 1938. En 1937, l,a proC.uction comrnercialisée
a atteint 600.000 t
soit environ 2000000 t en êqlliv.lent huile. La prodllCtion
de 10. uOO t n' ::lurai t donc constitué qu'à peine 510 de cette producti on. Jl1vant
la trituration de moins de 5% de la production sur place, "1 'indus~rie
fr::cnçaise s'émeut L1.ussi t8t
mettant en avant les excQllentos conditions de
10, r~,l'cduction de 1 'huile aux colonies, elle réclame des droits du sortio
oxi ;3tl.nt
sur le s hui le s d' AOF" .Y
"L'émotion" secoue effectiv<Jrnent non seulement les monopcl;-"s de
l 'huiL;rie qui craignent de perdre leur plus-value au prcfit
de s C.I)i taux
lcc:.ux
mnis surtout l'industriü française, la bourgeoisie, qui
1
V:'c
faire appol
ii sen '11;p:-.œeil d 'L"tat pour mettre un frein au procoss-us du d8velopr,,~,;1()nt~ éio la
triturJtion sur pl3.co. C'est co que confirm", nettemc:mt la "f:llleUSe" ConfGroncij
l~ccncmique colonia18 de 1935" qui S8 tient à Tlarseillc dur:-il1t plusi;mrs J'lois.
Il n'cst pas cxagérC de dire que l'objectif majeur étcùt de rappclé::r les
principes essentiels du pacte colonial sous 113 vocable obscur de "1 'hnrmcni-
s".tion de la politique économique entre les diverses p'J.I'tics de l'Ehlpirc".
llBAqo, l'~uilerie au Sénégal, .p. 8
,g/ Olcctgineux1 N° 1, sept. 1946

':" .~., '.',
R/2795
Page 2~8
En effet , à l'issue
.
de la Confdtence, 10 IiIinistre des Colonies adresse au
G'cuvcrneur GénérCl.l de l ' AOF, line lettre dJJ1.s laquolle i l insiste ::mr la.
n6cGssité de freiner les initiatives industrielles, c'est-à-dire des parcel-
les do capital, qui voudraient prcfi ter de la main d'oeuvre à bon ::1arché pour
s'installer.
"La conf6rence,
écrit le ministro, a L:it ressortir des inconv6nicnts
CIue no manqueraient pas de ca,user, d:!XlS le s di ....Terse s pertie s de nc-'.;re Er"riro,
ln, ci~c~ation avènturëe ou le d6v01ui>pememt d6sordonnê de certaines incJustrics
f",c;wux déséquilibre dans les productions, cincurrences déruglées, ongcrge-
ment des marchés". Il annonce eil même temps la créati,on d'un "Comité des
industries deI 'Er:lpire" dont les d8cisions "permettront QUX administré1tions
publique s et aux insti tu,ti ons fi ua,ll ci ère s d'accorder ou de refuser en con-
n:Ü3SiUlce de c,];use des oncour,;l,gements p~d,tiquos aux affaires particulières
vcu161t s'établir ou s'étendre e'n un territoire quelconque, de même qu'elles
stimuleront oufroinoront a,utomn,tiqucmont les ini tintives indiviéLuclles" •.1I
les 'initiative s à freiner ici sont celles qui tendent de créer de3 industrie s
d.:.; tl":,nsfôrmation, susceptibles de faire conCllrrence à la production inclus-
triolle de la Franco. Par contre, les dûcisioq.s de ce Comité " cün-cribucront
not"mment à l tinstallation au voisi.rw,g,: du lieu de prcduction d 'Lldustries
pc)rmettant de valoriser les mdières l'remi~res act,lOlloment inuti~il3ablGs
pa..rcc; que leur tr':tJlsport à l'etat brut ost trop onùreux ou::'perce (lU 'elle s
no pouvent être ccnsormnées que locüement après transformation sur' pL::,c'-ô".
Co dernier point est Sl.llS portée Cill' on 1935, aucun territoire de :l.' AOF'
n' s,v,:;it
un marché suffisant pour dCovolopper une industrie non principalL1]lcnt
()j:portatrice. La lettre précise que le Comité pourr3- ducider du 1. i ,1,bnndon
cl8 "projets de création VOUt;S à l'éc11oc"o
Ce qui ressort très claireme.qt de la Cünf<ârence J~conomiqu:~ c()loni ~lc
do 1935 en gonérù.l et de la lettre du Lini stre en pn:rticulier, Ci est que
l 'r;t:~t français a pris des mesures pour 8mpêcher 10 d6voloI.pelllcnt de l 'indus-
tri'"lis.:?ticn en Afrique occidi.::ntale. k
tri tur'l.tion dû l ',U'achide 'tu S",m:G'C11
ét éli t part i c uli è~ment vi s ée •
il lJ(JllS remercions ici 1<IBayc,Conservatour des Archives nationales du S:S.n,Jg.J,l,
ainsi que sOs collaboratours::rui ont bien voulu mettre à notre clici1;ositic.n
les c:.ossiers non encore véri té1blement classés de la Conference c,16ni',,1-;.
La lettre ost du 13 décembre 1935.

R/2795
I;age 229
Des dispositions pr~tiques furent prises pour empêch&r le dévelop-
pement de la tri turEltion sur place en recourant à la fois à la té, h.ri.ïque
(du L~ taxation) dos droits de douanes et à celle d'un contingentolll()l1t strict
en effet 1°) "le gouvernement majora les droits de "'3ortie sur l'huile c1'AOF•
. Ces clroi'tspassèrcnt de 9,75 à 14 frMcs
puis à18f le quintü" JI: 1i1:,üs
j
C8ttO taxation ne pouvait pas corÎlpenser la différence des snlaires)ntro
l'ouvrier sénégalais dG l 'huilerie et son homologue français. Il f:è.llut clunc
recourir au oont1tlgontement. 2°) te décret du 8 avril 1938
lif,1i. te lu ccntin-
1
gontoment sénégalais en franchise en li'rance à 5.800 tonnes. li llèpquü
le
j
Sénég'l1 produis~üt des ::œachidcs pour l'êquivn.lent de
200.000tonncs (~rhuile
environ. Le rr:arch6 intcrieur do dépass:rit pas 4.000 tonnes. Le Senigal no
pouv:ü t, en vertu de ce decret, triturer que ,&103 de son arachide. 3°) Si
malgré ces restrictions, la trituration tondait à se dévolopper, il f~ut7
rœùci:::lo le décret, recoLlrir au tarif douanier. liCe décrut fut d ',J,utant l,lus
sévère,
écrit S. Sow, ~l'il ne résorva la répartition du contingent qul~QX
antêriaritaires,c'est-à-elire a ceux qui aV2.ient déjà exporté aVCill-G 1938
ceci ,;quivalait pratiquement à interdire touta création nouvelle")/
Durant la deuxième guerre mondiale, la trituration et l'czportéition
connc~issent des taùx de croiss:::.nce spectaculaires.
Années
Export2tio~
Production
( () n tanne s)
1939
5.107
11.000
1940
13.105
20.800
1941
23.867
40.000
1942
11.018
27.000
1943
19.412
20.000
1944
27.820
30.100
1945
30.722
32.000
Süurce
BCAO,
l'huilerie au Sénégal, p. 8.
il ct 1/ s. Sow, o.c., p. 30-31

Rj 2795
Pagè 230
S'agit-il d'une remise en qlIestion dlI pacte colonial sous sa forme
2-Tch:'.ique ? non. Cotte progr(;ssion de la proilIction do l 'huile au Sénégal est
c,msid(.œée par la }<':ra.rlCc comIile une parünthèse. J-'.Jn effet, l'applic:üion dlI
d.écret dlI 4 avril 1938 "n'est suspendlIe que pour la durée des host; lités".
D'2illG~s le texte do 1939 n'autorise qu'WlO oXklortation de 12..000 tonnes
vc,rs l'Algérie. Pendant la gllerre, deux évènements impGrti.l11ts vont obliger
1:: ]i'rc..t1Ce à autoriser et m~me Èc encolIrager l'extension de) la Cé1,p:l.oité de
tT'j tllrdion des urachides nu Sénégal.
10 ) Les allemands qui: occupi::::nt la
i:['é'.J1C3 interdis'i3l1t tOlItes sorties dos hlIilesde la j'lètropole et prélevent
25}; dos graines,.importées. "La tri tur'1tion à Dù.kar et lC1. vente en .AfriqlIe du
Horé!. (le contingents importants d'huile pormettaient do soustraire è leur
erar-.',rise d'importante s qlIanti tés_: d' cl GiJ,gineux" .1/
2°) La l imi te de la o'cpaci té de prodlIction do l'huilerie française
ost c:;tteinte. Après le bombardement des usines Lesieur à Dunkerque en 1941,
le gCllvornemcnt de Vichy propose r'.UX monopole s de s'installer au Sénêgal
d-ù.rantla périotie des hostilités. Lot société 1Gsieur saisit l'occ~èsiGn :~,Gur
s'installer à Dakar. "Elle s'engag8éÙt à construire Wl8 usine à Dn.k:"r,
sous
la résorve acceptée par le gouvGrnement, que 18.000 t lui seraient affectèos
SLŒ llj contingent global des Gxport:ètions do 45.000,,'y1,
soit 4a,1~. "ilI ;-,16me
Lomont? de petites usines s'étuent montées en Côte-d'Ivoire, all Soudan
(il:üi;, au Niger.
Finalemont en 1945 10 pacte colonial apparait corrme moins ~rchaïquc.
Sur une production corrJüercialis0e de 233.000 tonnes, basG coque, 10 Sénogcù
étGit ~lItorisé àtritlIrer 132.820 tonnes? soit pllIS de 50% contre 5% autoris~~
p::œ 18 décret de 1938.
Après la glIorre,
la TirodlIeticn croît à un point tel qu '01". 1959-60,
J8 S\\3!lf~s3.1 3.v:Üt produit 146.000 t
d' équivüent en hui le brute et C1.vai t
Gx;:crt6 pllIS do 100.000 tonnes vors la Francs. L'exportation de gr;'îines était
d8V,~~jlUO tout à fait Dlarginalc. Cela ne sigrlifie nullcmc~t que d:ms Où d()T;l~inü
précis l'abandon de la forra8 antêrieure.du -pacte colonial, basù -[-ml' lIno
Livision du travail entre la métropole et la colonie, l'avait éto all fioe
"
Il
l:.'iJl' ~:rob'Tès de civilisatic1n. C'était là un rüsultat acquis à travors des
l'lites 'débouchant sur une forme plus "évoluée" de<. la dépendnnce vis-à-vis de la
1<'r211C8.
1/ P. Chaleur, 1'.1arseille ct Ü:l problèmo des oléagineux, in I/larchos colcniaux,
7 mars 1953, p. 737
2/ id.

R/2795
Page 231
1) Th:: la fin de la guerre â 1955, corÉ;sultat va être remis en Ci1USO
p,'I
la Iiranco et pèU' les monopoles auxquels le gouvürnoment français· 2"vai t
dès 1941 refusé le droit de s'installer en AÜF. A la fin de la l~orre en
effet, le problème de plein emploi sc pese en 1'r;1J1cc; avec acui ~é. La
'trituration des oléagineux dans les colonies équivaut Ilour cort,'Ùns à. un
véritable pacte colonial à rebours: c'ost ce qu/exprime sans ambi[~ité
l'Union syndicale de l'huilerie, le syndicat ratronal de brancha,
Lcrit
"Si le pacte colonial concevait les colonies courmo dc,vant être
GXI·loit~)es uniquement du point de vue de la métropole,. DO il 0st rcœ::dox.:ù
,le vouloir 10 remplacer par une sorte d 'explai ta'~i on de la mctropüle au
profit des int.irêts coloniauxll •.1ID'aïJrès lui, en effet,
1°) la }l'rmcc; doit
maintünant s',::<,drOi:3ser à l'êtrnngor qui lui fournit, non plus dos l;rdières
prc,lières mais des produits fabriquéJ/ l'autrement dit, le Sénégàl, partie
de l '~pire est œvenu "ûtranger" parce qu'il peut tri tt.i.rer partiellement
Bon arachide. 2°) Le sous emploi do la capacité de production françaiso
entratne une perte des effets directs
ot des effets induits qui sont
trJ,nsférés à l'ètrnnger o Alors qu'avant guerre l'huilerie tournait à 7070,
elle ne tourne plus qu' à 307~. "Or a. c8té de l"'huilerie ll so trouva toute
une ;:-:tasso de travailleurs et d'industries qui en vivent : savonneries,
clocl:crs, trQ!lsporteurs, oamionnours, portefiUx, fournisseurs do n'J;:;,tcriel,
eta •• " ,
(
Après ~ela le, pat~:o.n11at. françai paj o,tl;te,: "Nous n'avons nullement la
pretention de dire qu'il faut faire table rase de tout ce qui a été f~it'~:
Peur le capital privé de France,
le pacto colonial sous sa forme '"1rchaïqué
doit être maintenu, il récl~~e
pratiquement le retour au statut antérieur
aV0C
bien sûr quelques aménagements. De sont c8té 10 c'"1pital colonial
rov',;n'::,ique son droit, de profiter d' u.no forc"
de tr~vail bon marchô pour f::1ire
tOl.lTner sos installations à pleine cl.paci té. D'un côté comme de l "mtre,
irnl..sro le ton 'J,ssez violent de lé:. polemique,
los arguments le plus souv()nt
::l,1':wc,,,s sont des arguments technique s. L'Union synè.ic:lle QG l 'huilerie pousse
1(; ridicule jusqu'à tenter de prouvaI' que le prix de revient de l'huile
d' (U'J.chide produite Ctu. Sénégal est plu.s élevé à la consor;llîlati on en France
.1/ ot il L'Union syndicale do l 'hu.ilorie française. lVIarchés coloniaux,
14 sept. 1946, PO 945-46.
3/ id"
-,

Rj27Q.t; "
Page 232"
que celui' de l 'huile fabriquée en métropole. Les autres demontrent le
contra,ire. Lorsque le Patronat français avance l'argument essentiel que nous
3.Vons ci té, c'est au Iiiilieu d'une mul ti tude de considérations tendant à
égarer en montrant que "personne ne veut la forme archal'que du pacte cola-
nia,l".
Dans ce débat, le. gouvernewent français, tout en partageant les
arg'lkents non seulement parce que la Societé Lesieur le plus grande monopole
~~'~'cmçais est à la fois métropolitain et colonial, mais élUssi :parco que faire
table rase et revenir à la forme archaïque est impossible. L'après guerre ost
la p'~riode des premières grandes revendications des pays coloniau.x et so,ni-
c':loniau.x d'Asie et d'Afrique, qui, sous la. direction de bourgeoisies de
formes diverses ou du prolétariat allié à la paysannerie, revendiquent un
nouvel ordre politique international~ En Afrique dite française, c'est la
pèriode de la naissance et du développement des mouvements nationalistes. Par
ailleurs la prèssion américaine est très précise en vue d'unGl ouv'rture
cdoni3.lecomme l'atteste le point IV du discours de Truman. FinêJ.lement la
flTanc8 et le capital ont'dû accepter un développement limité de la transfor-
ma:tion des arachides dans le cadre de la dépendance.
2) Trituration dans le cadre de la dépendance financière,
t~:::Gr...nologique et commerciale. Entre 1947 et 1955, une grande mutation se
produit danslle sens de l'absorption du' capital colonial par, las monopoles.
" L.j schéma de la concentration avec Lesicur comme leader,
se trouve en annexe.
_L
.
Rem::rquons seulement que le nombre des huileries est passé de dix en 1947 à
5 cn 1960. Cette concentra,tion permet les "ententes COl1lrùerciales ll avec les
,)]Ono1)oles : les principaux,. huiliers du Sénégal vont "s'associer pour 13.
cCi.Jürcialisation de leurs produits avec des entreprises métropolitaines.
C'cs~J d,éjà le cas de .Lesieur Afrique, de la SODDEO, de la SEIC et de la
30DEC dont les actionnaires possèdent des réseaux corrunerciau.x en France,
C "-è ~""
0galemcnt le cas de HSOA qui passe des accords av(~c la 80ci êt é
R,:-'..b,::,tau à lfJarseille et des E,'tabli ssements Paterson qui rachètent à cette
époque les huileries réunies." Prenons à CGt effet l'exemple de Losieur et
Péterscn. Les résultats de l'intégration sont connus "du fait d,c: lour très
[r,:è''''!:nde intégration, les sociétés vendent une pa:rtie;i.r.cportante de leur

RI279,5
Page 2~)
.,
.
production à des entruprisos associëes (maisons mères ou filiales) qui (;()
trouvent principalement en narice. Ce s; ;;j'iat'i'ons n'obéi ssent pas t ouj ours
aux lois du marché,
les bénéfices enregistrés au Sénégal ne correspondent
pas forcément à la rentabilité réelle des exportations et peuvent se trouver
soi t minorées soit majorées par rapport b, ceux que dégage une société
1
totalement independ[lJlte".1
Donc la concurrence est ainsi limitée. Un décret du 15 Novembre
1954 trace le cadre do la oonOtU'1'êtlOe, il créé le SIOFA, Société interpro-
fessionnelle des oléagineux fluides éiLimentaires, ayant pour misSion d'é,s-
su,rer, sur instruction du gouvernement les intorvontions nécessaires à la
rêgula~ion des marches. Quelques années plus tard un autre decret, oelui
du 17 janvier 1957, organise le contingontement des arachides ontro usinos
do lé: métropole et celles de l'AOF (340.000 tonnes coques). Cette JlUile
pout être écoulée entièrement en France. ~:Iais ce qui est très important
o'est que si le Sénégal peut ainsi écouler vers la ~rancc plus de 10C.OUO
t
d'blile, i l s'agit
d'huile brute. La Frdnce no pout importer que 10.000 t
d 'huile raffinée du Sénégal. C'est dire que la raffinerie de l'huile séné-
,.zi11aise doit se faire en France. C'est la déEendance technologique lég:llisee.
~ltrem8nt dit, le débouché n'est gar[lJlti qu'à (la condition que la ~rance
11' iElporte
pas dos colonies, ,des ' produits industriels prèts à la consomma-
tion. Le capital de l 'huilerie maint~'nant a cessé d' avoir un caractère
oolonial "luttant contre la métropole".
En réalité c'est, soulement à partir des années 1950 que 18
l)rincipe
du pass3ge dG la forme koharque du pacte oolonial àsa forme
de domination technologique est reconnu officiellement dans certain3 cas.
r:n 1953, à 7 ans de l'indépendance des pays africains, le problème était
oncore largement débattu. A propos de "l'abandon" de certaine s activi t(~S
relcyant de la valorisation des matières premières on peut lire encore "il
s'c'J,git là d'Wl aspect particulier et
nouveau de l'intégration Métropole-
Outre-mer. Le problème ne se pose guère que pour les textiles et les
Ji! BCAO. L'huilerie au Sénégal, ad non publiée, p. 26

R/2195
Page ,,234
Ol;j~Z'incux" •.1I Cet abandon doit ~tre avantageux pour la filôlropole car il doit
~t:re "compensé" dans celle-ci J:ar un accroissement correlatif'
éL ',ctivi tés,
soit des industries de transformations qui utilisent les
LJ3;tières premières désormais élabores au premier stade dans les territoire s
dl C:üre-lèIer,
soit pour le développemont des indllstrie s d' équipemont corre: s-
PC)é1él.:wt à cette industriali 8:::.ti on prül<),ire Il.Y
Et l'auteur de cus lignes de citer l'ex~mple de l'Angleterre
qui ,_ abandonné la production de l'aluminium au Canada et fournit celui-ci
on équipement nécessaire. En somme, c'est ce principe que la France a fini
par IIdécouvrir" par la force de s chose s à propos de l'hui lerie au Sénég'al.
Pratiquement, elle l'a condamné à laproduction d'huiles brutes, dont au
;)rodui t
semi-fini ; en même temps évidemment, elle a fourni l'équipement
nécessaire.
3°) La dépendance comnerciale. Au moment de l'indépendance,
at encore maintonant, la producti on d' ar chi de s dans le s colonies française s
C01;1Tl:8 anglaises, n'avaient qu'un seul débouché principal : l'huile d' ara-
chido. La trituration après avoir été pratiquée exclusivement en métropble
.'1
fini par se faire aussi sur place, conl1ne nous l'avons vu. Iv'L:..îi s l'abandon
pcœtiel du pacte colonial archai'que n'a. pas du tout signifié une l'omise on
Ci:i,LlSe de la destination des arachides,
(servir de matières premières è. la
production des biens salariaux pour la ~étropole).Eviden~ent, les coques
d 1.:tri1chides sont utilisées COf/une matière première pour la production do
l'énergie électrique, au point que la SEIB et la SZIC fournissent respec-
tivement les villes de Diourbel et de Zig:inchor en éloctricivé. il:ds on
poui; dire que dans cette utilisèüion la coque est tU1 ··produit fata.l ll • L'al-
tcrn::,ti ve étant de la jeter ou de la brmer !luti 18meht Il.
Finalement donc en. 1960, l ' a.rachid~ du Sénégal no sert qu'à
la production de l'huile d'ara.chide et a.cccssoirQn~nt à colle des tourtea.ux
en vue de l'exportation. Sur les 126.000 tonnes d'huile d'arachide produitos
C ·..,
.
i '
1960, 100.00ot sont dirigées sur la France. Jusqu'a l'Indép8nd,-~cc,
-17 R. Pré,Prési.d,J~nt de Ja. Commission de liIodernisatione"t d'équipement,
Etalement do certaines industries Métr op ole-Outro-Her, Ind. et 'rrav.
d'O.M. Janvier 1954.
2/ id.
_1

R/2'95
Page 23)
l ',;ctivité des hllileries est très spécialisées. Il ya eu une évolution
par 101. suite. En général, elles exercent des activités qui neccontribuent en
rien à la diversification des débouchés de l'arachide dans le sens d'une
m:::::.lleure intégration de l'économie na.tionale. Ainsi, les EtablisfJcments
Fé.tersen s'adonnent au triage de la gomme arabique, traitent les amandes
cie Ivüme. Nais surtout, ils ont des activités de représentation commerciales
impr;:'tantes : ils reprfsentent FIAT, DU1TLOP, le matériel électrom(~nager
LDDSrr; ils importent des produits vivriers.
En 1960, la Société électrique et industrielle du Be,ol,
instllée à Diourbel, ne se contente pas de produire de
l'électricité pour
1
v~ 11e mais se lance aussi d2.Ilsla fabrication du vinaigre et plus tard de
l ' "W de Javel (1967) i de la parfumerie (1968) et de la margarine ~'1970)
2V')C
l'appui technique du groupe Unilever i de la glace (1965). Elle fabrique
~u8si des boissons sous licence et s'est aussi lancée dans la contrGercialisa-
tie,n des boissons importées.
Les activités annexes de Lesieur sont par contre très limitées
il s'agit principalement dc vente sur le marché local de sav~ns (marque
Pc:r' t3'1V on) et d'huile d'olive (marque Bol Canto) achetés à la maison mère.
IL:j_ S ''11 1969, elle a créé la Société africaine de détergents qui f,::l.brique
des poudres sous le nom de REK. Elle y possède 53% des actions, contre 11%
à Petersen et 5% à SEIB.
Finalement la diversification des activités, lorsqu'elle S8
I)ruciuit, ne va point dans le sens de la moindre dépendance vis à vis de
J.' c.:xterieur. L'orientation de b.:lse, produire de l 'huile bon march,_ pour la
Fr.wcCe reste prépontièrçi1lte. Pourtant les expériences étrangères et les
Tcch(,rches des vétérinaires et des nutritionnistes montrent que si l'on
pr'-'llCi comme donnée 10 fait que l 'histoire coloniale a imposé à une partie
i;rpo:C'tante du territoire sénégalais la "vocation
"
E1rachidière, la. liaison
3J:''èchide - huile d'arachide - exportati on, n'est pas impossible à infléchir.

a/2795
Page· 236
A la veille de l'Indépendance, le Sénégal est encore un gr~nd
impcrtateur de savons (60 ilJillions de F CI,lA en 1958), alors que sa position
de gr,::..nd producteur d'arachides lui permettrait de suffire à S0S Lcsoins
et évüntuellement d'enexporter. On invoque à ce sujet "qu'en ce CIQi
concorne les savonneries, la production est g€nee
par l'absence qur place
do soude ou de potasse, produits chimiques indispensables pour la saponi-
fic:1tion': 11Cet argument n'a de signification que dans la logique cl 'une
économie extravertie. Les autours d'un tel argument ne peuvent répondre à
la question suivante
l'huile nGcessaire à la saponification en France
vient-elle de France. Bn fait la saponification est retardée pour des
raisons tenant au pacte colonial.
L'arachide peut être un bien salaire important. La proporti on
d0s l rachides "non conmiercialis6es" il augmenté considérablement depuis le
d0but lu siècle. D'après le rapport Portères, la quantité d'arachides non
ccnmcrcialisées, c'est-à-dire non vendue dJ.ns le cadre des opérations de
traite est passée de 16.000 tonnes à 150.000 tonnes par an, entrei90~19Î4
et 1950-1951. Dans cette autoconsommEl,tion i l faut intégrer la trituration
cl",nde;3tine. En effet, il la suite de la très mauvaise récolte de 1931, le
pouvoir colonial avait interdit la trituration artisanale au profit de la
production pour le ravitaillement de la ITanco en biens salariaux bon @arché.
L'autoconsommation est donc un ~hé~omèna qui se développe en dehors de
l'intervention du célpital privé ou étatique. Or depuis ILl deuxième guerre
mondia.le au moins, on sait que l' 3.I'::l.chide peut devenir un bien s<:,1;,ire 0 En
effet, en 1947 J • .Adam 1l'faisait le point sur la question et écriv:üt:
llDiverses études ont montré que la farine d'arachide est non seuleiDant très
nouris0ante, mais c'est elle encore dans la plupart des C&s qui foo~nit Qno
nourriture au meilleur compte. " A propos du beurre d' arachide sou,~ cette
domination est désigné un produit qui
n'est pas exclusivement une ,üière
grasse, mais est formé par l'amande entière, il a une haute teneur alirncn-·
taire
D'une part, son taux de matières grasses (45 à 51'1~) et des éiubstenccs
0
azot éus (20 à 26% contre 14 à 16% pour le blé) est élevé, d'autre part i l
contient les trois acides animés essentiels ~n la nutrition animal.: 1
il Corl1ité d'Etudes économiques du SénégaL Résumé dos activités péU'-b-;Eu~ëhGS
profc;ssionnelles. 1ère partie. Industries de trQ.!1sformation. Paris. p.3.
11' J. Adam. LI arachide (1947), p. 200 et suivantes

GRgHlQUE 2 :
R/2795
REPRODUCTION W,1A.E2RCiJ. D.E TRlcVAIL
AUJ'OCONSOl'dMATIg-J
Page 237
PRODUCTION
Jl,ITSSIOH R. PORTERES
MILLIERS
Uars-Avril 1952
TONNES
, " " '"T
Fae...
10 p. 86 bis
l
LE JEU, DE_L' AUTOC ONSOMNAT ION D'ARACHIDE ..AU SEI'JEGAL
i
~
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75
l
i
600 l1l
1_--4
550 j L'auto consommation comprend les semences,
,
1
j les graines ct l 'huile ramenées à la base
r-
f'
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! arachide/coque.
l
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500 1 Le chiffre porté au sommet de chaque roctangle.
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19~4 t 1909 , '~191~ l 1919
1914
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1934
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j
1944 i 1949_ -1.
1951
1

RI2195
.{':.
Page2i6
la lysine (la plus abondante), le tryptophane et la cystine. Ces subs~~
sont facilement digerees_ct lEi, ssimilées et peuvent favorablement cC'I1:plèter
les protéines des céréales'}'.
Et J. Adam de poursuivre "comme l'arachide contient cn outre,
la vit JlIline BI dont l'insuffisance provoque le béri-béri,maladie fréquente
d.1ns~lGs pays à alimentation trop oxclusi verne nt à base de riz, ello peut
6tre considérée comme un élément essentiel d'une nourri turc équilibrée d' lm
gréilld nombre à.o pays tropicaux". li
Des recherches ont prouvé aussi que l'arachide peut servir de
matière première à l'industrie,
ou du moins do manièra auxiliaire, comme
lubrifiant. Mérat 11 montre quo les tourtGaux d'ar;1Chides peuvent avoir d:::!s
uSdgesindtistriel?
Bn effet, je s protéines d'arachides· ont des propri,-,~és
q;ui per:liettent de les employer de manière compétitive dans la roliurG, la
L:;.bricatiandes colles, de papier granulé, de fibres artificielles, etc. I l
pr0cise qu'au niveau du raffinage, d'autres sous-produits sont sêparés, les
l {)ci thinos qu.' on peut ll.tiliser dws dus industri:..s alimentairos Ol'. non,
requérant la stabilisation d'uno émulsion. Da.rw la i;iême optique qU0 l'a.rticlo
do;.i~n,t l' lillIo li publL:l.itune btude en 1960, dans laquolle il mot l'accent
sur le point suivant: "l'acide oléique d'o.rachide ou do ses d8rivGs peut
sorvir à fabriquer des lu.brifiants spécio.ux, dos plastiques ••• " • Cependant,
malgré 1·' intérêt que présentent des deux dernièrGs études, leur c1dre do
réflexion ost très étrai t. Pour les auteurs, la scquencü-ar<1.chide-huilo
d '-::crachide-approvisi onnement de la Fro.nce e st une donnée. Au contraire
l'optique de J.Adam est plus large lorsqu'il pose le problème dos utilisa-
tions de l'arachide. Précédemment nous :wons vus qu' il partait de la graina.
et non de l'huile. J.iIainteno.nt nous allons 10 revoir, partant de l' :œachido
plante.
La culturc do l'arachide pout en effet être envi s:~ce dJ.nslla
perspective de l'associ~tion agriculture-élevage.
j} En 1961, le doctcmr H. llipin, rfJpr()nd sans grande modification i;~-grandes
lignes de ce passage du livre do J. Adam dans "Etude des conditions d'utilisa-
tion de la!farine d'arachides dans l'alimentation fa~iliale ou des colloc-
tivi tés au Sénégal, ORANA, Dakar, 1961.
1/ Nérat, Valeur et Utilis~tion des sous-produits de l'huilerie"in 016agi-
noux, Juillet 1950, p. 7
li lllHO Lettre 19.12.60; possibilitGs d'utilisation nouvelle d'huiles
d ' QI' achi de •

R/2795
-'i
Page â'YJ
TABLEAU
XIII
-
-
RECI-IES..ê..llJl~_}:21!!Qs~g~" D~ARlCHIDF:§
EN PRIlJ9J-W NUTRI~
~htièros
bhtières
I~tière séche
Protèiene
hydrocarbonèes
grasse
%
%
%
'--- ,. __
~_-_,~~-,~~~~~~o~ _~~_=~~~'_~_ F~--~~-~o~---~~--~~
~.
~,"--~
!œachide-fouin
(sans gousse s)
17,75
46,95
1,84
-_. ~-~-_._=---+----~~=.-
~.~~.~~--~.~.
__ .-= ~..-~-=~,~ -~'~-"-"~
!
iîrachide plante entière
13,48
36,28
15,06
1----
---~ -------i------ ----.+------.~-+_-----~-~
1 r.tTefle-fouin
12,84
48 J 31
2,11
~_u_'
~._'~
,~_ _ ---.:.~ _ .
+-
-~~
1
1 0é1infouin-fouin
7,17
52 ,94
1 ,97
r'
~'-~~~~~~. ~----
~'.~ ...~.~.~--~ ..~-~ -----.;
4:~::::~~fOUin _.-----~~~-1~~~.-----"-~'- ._-----

R/2795
Page me
L'allteur envisage successivement l'utilisation de la paille d 1 tré1.chido
et de la plante entière. Sur le premier, point, aprè savoir cCL;:"3.ré le s
tiges d'arachides garnies de leurs feuilles, mais dèbarassées C:cO leurs
gCJusses, aux autres fourrages, il conclut" laproportion des 8Joments
nutri tifs place la pai lle d' i.U'achide dans un très bon rang par..li le s
fourrage s pailleux. Elle ost plus nutritive que le bon fouin dJS pres.
Elle constitue une précieuse ressource fourragère pour nos colonies de
l'Afrique occidentale. Les chevaux en particulier sont fréquerru,Jont"nourris
avec cette paille et ils s'en trouvent fort bien". 11
Un autre al tornative consi ste à cultiver l'éU'achide uniquement
comme plante fourragère. Aux Etats-Unis, rapporte J. Adcun, en 1947,
on cultive l'arcèchide pour la consomll1c,tion des porcs et dos vaches. al
gCnéral, les vaches mangent les ;fouilles de la plante et les porcs
déterrent les gousses. C'es cc qui sc pratique en Géorgie et d"ns les
;};tats du Golfe du :Mexique. Cettel:Jéthode presente un aViilltage pCdologique
important. L'azote amassée dans lGS re.cinés,;de l'arachide roste dans 10
sol qu'il enrichit. NèÜS surtout, "on peut ainsi nourrir des bovins 8t
faire l'élevage de porcs dans d'excellentes conditions de prix de revient."
Il suggère une adaptation a certaines regions de l'Afrique.
Iautile de dire qu'aucune sugeostion de J. Adam n'a c~é essayCe
au Sénégal où pourtant agronomes et responsables politiques ne cessent
de clamer que l'association agriculturo-élevage est une conditi()n
essentielle à lCl croissance de la productivité. Mais une orient,1.tion
co~~e celle prëconisée par J. Ad~ù, s'inscrivant dans une perspective
de moindre dépendance à l'ég~rd des débouchée de l'nrachide, se heurtait
aux intérôts du capital de l'huilorie et do la poli tique impiJri:üo ~1XlO
sur l'approvisionnern"nt de la .t<'rélllce en n:.:1tières premières.
1/ J. Adam, o.e. p. 214

R/2795
Page ·241
Conclusion sur la v'1.1oris""îtion di:Uls"le cadre du pacte
colonial.
De 1857 à 1960, nous pouvons distinguor 3 phases Jans la
division du travail ontra la France et le S6négal.
- Jusqu là la veille de lé'\\, deuxième g-uerre :.,ond.i::Llo, la
FrGJlce SI opposo systéfilO-tiquoraont à la trituration dos O-rachides au
S:..:n6g''..l. lIais au cours de la pruldièrc: guerre 'Jondiale, (On ri~üson dos
difficultés de trO-nsport ces opérations d8' dccorticagc sont:mtorisées.
Entre les deux Guerres, un capital colonial fürLj(~ à partir de la traito
des arachides se lance clans la production do l 'huile et roussi 1; à obtenir
l '\\pprovisionnoiD'.Jrrt du hlCU'ché local et l;lême à exporter jusqu'à 5.000
tc,nne s vers l'Afrique du Nord. CcpendiUlt durant toute cette p2cfi1ière
p0riode, la majeure partie de 1:;, production de l ' 3.Tachide e st triturée
Cl;
France.
-
DuriU'lt la guerre et l'après guorre,
jusqu'aux unvirons
de 1955, la trituration sur placo se dévoloppe, mélis pour ainsi dire,
contre la volonté do la France. L'impliU'ltation de Lesieur a Dal:nr joue
un rîHe essentiel dGJls ce processus.
- A partir de 1955. le principe de la valorisation de
l'J.!'::Lchide sur placo est acquis. Lais, los limites à cette industrialisél-
tion sont Gtroites : elle 88 félit d:1ns le caliro do la dépondMco ConlEJer-
ci,üe, fin::Lncière et technologique.

R/2795
Page 242
SECTION" III : bt PLUS VPLUE DEGAub'E :
Nous cherchons ici à déE,"ager cc que l'on peut a,ppeler le
surplus effectif au sons de Beran.J!
On connait les difficultés de la mesure pratique de cette
plusooIl/alue. Nous tenterons c1' 8.i1 donner une idée de l ' orclro de grc:ndeur
. plutt1t que de la mesurer de manière précise. Dans un premier point nous
allons exposer la méthode. Ensuite, nOus dégagerons la gr311deur de la
plus-value on volume ot en taux.
1) La méthode de calcul
Traditionnellement, m'l3me dans le cas d l'lIDe absorption de
l'agriculture par l'industrie dans le cadre del'agro-indu8tric, an
reconnait volontiers qU'on n8 peut calculer qu'une valeur ajoutée
globale. Mais si les producteurs de matières prcmièros ~~~icoles sont
soumis au capital opér211t dans l'industrie et dans la circul<"tion de
ces matieres première~t alors deux questions se posent, quant à la
mesure de la pluswvalue.
1°) Quel est le vrai produit du travail vivéU'lt paysan :
est-ce l ' arachiclo s8tÙemont ou bien se prolonge-t-il dans les dérivés
de l'arachide. Dans ce cas, quel est le vrai prix (la vraie valeur-
travail) de ce produit ? 2°) si le paysan participe non seulement à
la production de l'arachide, mais aussi à celle de ces dérivés, comment
peut-on additionner son travail aVec celui des tra'l,('ailleurs dec huile-
ries pour pouvoir éventuellement dégager un tCLUX d' oxploitation collec-
tif ?
a) :Le .1?roblème du vrai produit du .trav&:i,l .l!9Ysan ~t. de la
s.tructure é!.~ son_J~F.L.x..'!.
Quel est 10 vrai prix de l'arachide? telle ost la principale
(Ul\\!stion à laquelle i l faut l'épandre anm.t de tenter do moouren le taux
Ji Paul Baran. Economie politique de la croissance.

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Page 24J
d 'exploi tation. 1,J. mlOthodu classique d:ws co clom:rino consisi::;, première-
ment à prendra pour procli.ü t princip:.Ü l'::r'èchido, ~Ll k:::.:oin jU8Lll1' au
st"de des grl,ines ct dG consid6rc,"r qU'8nsuitc L, plus-'T:_lu0 rC3ultant
de la trituréltion de l' 2.I't1.chido résulte du travail effectLlG d,cns les
Llsines. D3Jls cotte optique, le vr,'èÏ prix, c'est le prix 20B üLl éventuel-
lement le prix CAF solon les ::mtours, [I1ùis toujours clesJ.r0.chil~es. lJous
verrons CJ.lle cette manière d'cnvis:1ger la question peut ,,::voir CLl une
significn,tion pend,cnt une p8riod0 déturr,ünée dans le pf1.ssé. I~'!rus la
presence m'èssive r dur capitàl hLlilier lui-inême sur le il1arché de l ':œt1chide
à partir de la deuxième gLlerro mondiale,
nOLlS oblige à considérer qLl'une
part ie importante de la valo'llI' dLl travail vivant paysan entre dans la
prodLlction de l thLlile d' e.rachide.' L'arachide n'entre pas dctns lCl- fabri-
cation des dérivés soulûment COli'Une capital constant; mCl-is figa.lument
COf11ffiO
capital v?..riablc. Dès lors, 1", distinction entro la v::tloLlr ajoutée
à l'usine et celle ajoutée L"Û champ dGvi0nt très délic_~te. I l f::tut
considérer la production do l t ar 3.chide et des dérivés COl!1me un complexe
dominé par le capital invûsti d~s l'huilerie lequel doit c6dcr Llno
pé1.rt do la v::.leur créée a l '}';t3"t (adrninistrdion coloniLÙa surtout) et
11
à L:'.. "société frMçaise à travers la prntiqLle des prix bloqués ct dos
taxes à la consommation. Dès lors, i l faudréli t remonter jusqu'aux prix
de détail des d8rivés dos ~~achides s6n6galaises (huiles et tourteaux)
(Jt y int~grer la v::tlour dG l 'bn0rgie fOLlrme aLlX huileries par la coque
cl' a.I'achiùe. liDans lé" pI' Ltique, no~s nous contenterons de la rt~f6rünce
au prix de !l'huila d1c'..I'::.chidc. Nous
tvons Gll effet 1::'.. chance de nOLlS
troLlver en prùsonco d'ul:i,,-, struciLlro agro-industriellc simplo, la trans-
formation consistant on production d'Lln prodLlii princip~l par uxtraction.
b) PILls-valLlo collective
Evidemment, bien'des questions sont alors soulevéos : comment
cc'11culor la p0l't do lLl. v,::t1uur nouvellement ajoutée l'aVenant alors aux
productoLlrs dos usines? Il n' y a pas dG formules &t,,,blissant l ' équi-
valence entre 10 travnil p'3-ysan et le tr?,vCLil, oLlvrier. Dire que 13.
";-
,"
il Le pOLlvoir cCLlorifique do la coque d'Cl-Té1chide ost de 3.500 calories,
selon J. Adwnn

H/2795
Page 244
diffër'3nce de rèmunérati on reposa sur la differoncc de qualificati on est
une proposition tautologique en gunéral et erronnée dans 10 CF,S présent,
la paysan ayant une grande qllalificiltion pour son travail. Cette consta-
te,ti on générale se trouve particulièrorn,"nt confirmée dans le C:1S du
Sénégal où, dans un premier temps, la rénumérati on du trav;J"il paysan
'l,
et6 comparable à oellé du manoeuvre ot n'Cl. évelué d6favorablemont qu'à
t ·
d
l
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d l ' "
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-
19' 1/ O'Cl
p::,r lr
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a
ln
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a perlO e
eùlergence, a savolr apres
jlJ.-
JJl1
réalité, la diversité du ~ra'Cail paysan, la marge d'initiative, qui lui
ost laiss6e dans le t·r-ava:i.l;~ en font un producteur élllssi qualifié, sinon
pllls pellt-~tre qlle cellli des llsines.
Il est faux de considérer qlle la pllls gr3!lde prodllcti vi tG dll
travai l dans le s llsine s démontre qll8 le trav:ri l :l l) st pllls pl' u<1llctif .J/
En effot, les f~rces prodllctives constitllont all niveau du
capitali;sme lln système complexe où l'~nalyse micro-sociale n'", d'intérGt
~le replacée dans le contexte global qui la détermine.
~bis il n'en roste pas moins qlle le problème de la compara-
tivité des deux sortes de travail, travail agricole direct, travail de
transformation des prodlli ts, se pose. POllr Sllrlllonter cet obsk,cle métho-
dologique, nOllS calculerons 10 profit global.qui aurait Gté dGgngé,
si les prodllcteurs d'arachides et d'hlliles d'arachides avaient formé
,118 s coopérative s de pr~lllction int ~gr3!lt producti on d' ar~chid~:...s et
prod"'.letion d 'hlliles, tOlltes choses égalos par aillellrs. DQIls llno telle
L,ypothèse,lcs saLJ.ri(;s de féÙit et les s:üariés de jure fonctionneriuent
cOillme faisant pCU'tie d'un môme complexe prodllisant arélchides ot d(;rivés.
~,'viderrunent, nous Sllpposons llne cooporative qlli allrai t ell à l' ,;gard de s
1/ COllmba Ndoffene ct autres: La quostiori dos sdaires all Sér;0gal.
~/ L. Fourastié. La prodllctiyité.

l)I'oduetûurs, les mêmes politiques dG rénuméra,tion quo celles qui ont dé
pratiquées pendant la colonis,;.tion; en d'autres termes, nous :~lpposons
q~e la rèpartitition ::),ur,üt suivi Li. môme structure,<IU:e celle éfu'ellc a
connua effectivement.
Dans la pratiqua, il s'agira, lorsque nous disposerons du
~rix de l'huile, soit au stade du prix de gros, soit à cel ui du prix
~l) détail, de remonter à l'8auiva.lünt do son prit: au producteur. l',n
~c~ditionn:':l.nt à, ce prix au producteur' la ronuméré'.,tion des travilleurs
. d' l1.sinüs, nous obtiendrons en quelque sorte le capital v:lriabL, d\\.;p6nsé
pJ.r unité du produit ::œ:,chidier. Ce~a~daJ;l.t nous négligerons à cu st:1.de
le salaire des travailleurs d'usines, qui ne représentant n.u Scnéga.l
que 6% du chiffre d'affairas des huileries, lorsque toute la IrOQucti on
:'st triturée sur place. Nous nCgligerons les EI.fJ1ortissements. Cotte prise
dG position sc justifie par la f,üt que le matàiel de trituri.'-!;ion se
}>(:mouvelle à int:Jrvalles très longs. La p,U't du cd.pi tal qui p,~:3S8 d'ws
}..; produj,t peut '3tre
cons'idtSrée comme négligoable : l'amortis;:;ement
f'inJl1cier,
très supérieur à Lo v:L1cur r0ello de remplacement:'. été do 2~o
a~,
,.',1'
par rapport au chiffre cl' cûf,"ùres en 1965 et 1971.1/
En négligo::wt les s:.1airos dos ouvriers et los amortissements
è!-~,ns le prix do l'huile,
nOl1S ne f:ùsons pns une estir,lation V~!' d~L1Ut
Lws L: mesure où nous ëlvons::1ussi négligé les tourtuaux ct les coql1es
cl1~œachidos. Or ceux-ci constituent pa.rfois plus do 5~: du prix au
'Jroduct..;ur (cf letable;_lu).
D9 1920 à 1938, le prix d8s tourtGl:Ux nttoint 3û7~ :0 colu.i des
:J"'lchides en coques avec dos maxira2. dépass::tllt 45~o certnines ,~'" n!:GGs. C' ost
une proportion importiJ.nte,
qui en g'~nGrill n'est p3.S prise en compte
lursque l'on etudie le prix des 3Ia.chidL:s. Cette proportion :::proche
4G~ on moyenne iJ.U cours de la dGconnie précéd,~t l'indépendwlcc.
~1/ CEAO
L'huilerie au Sénégal p. 25 et 27.

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Page 246
Fi né-ÜC Iliont , nous proc8d8rons comme si la production dos
Q,J'3,chides et des dériv6s (huile cl' arachide au niveau dus calculs) ét ü t
ii-lt égrée verticalement, nous négligerons do tenir compte, à C() st:::Ld'-è
du moins, des amortissements et dos salaires du l'industrie huiJ_ièru.
C_:tte omission étant légitimée p,,,r le fait que nous j1'avons p-~G tenu
compte du la plus-value résultant de l'utilisation desprodu:i;s
sc;condaires : coques et tourteaux.

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Page 247
PRODUCTEUE f1JI1 Cl'lLUI D3S l\\jUItTJ;;':\\.UX DE 1920 A 1938
Prix enFFA g
Volume au 100 Kg
---
-."
Prix d'achnt au
Frix CAF du tourteau
. -
1
productour de
d8rivé de 100 Kg
T::J:Le x(2)(1
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,
d'nrachides en coqyes
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Nous ',..vons appliqué le co,)fficicmt suivant g la valeur d'un Kg
GOU:ct,j~UX égale = 2,14 Kg d'-:.r,:èchides cm coques.
30Ul'C
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ADMI,
l'arnchide.

Hi 2795
P2~;'Ci 248
".t'·FonT E1lTIŒ LE FRIXAUFEO DUC'T'l!,uH D8S ATL\\CHIDES EN
COQUES ET Ln PRIX DES TOlJIH',~A1JX D.GRIVES D2 1952 A 1958
Prix cies tourte::l.ux CAF en Fr CiUC "
Prix des arachides en coques en CFA et FFA
~.-
- - - - + - - - ._.- .••- -
Yrix
'achat moyen
prix CAF des tourteaux-j
i
',lU
pc::' )~lucteur
dorivés de 100 Kg
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i
,l'.r: chi des en coques
d'arnchidos en coques
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1
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il\\:
Gf. T~.cle-,u précédent

R/2795
Page 249

TABLEAU :DE CCd'JVj~;lSI(;NS DES AE.ilClTIDES DE<X:;RTIQUES (C)
EN g DEOORTIQUIIlS (D) ;!T..T1UJ (H)
j
Er TOURTEAUX ('r)
EH MILL1J::FU3 D;~ TClTiJ:0S :D~; 1914 A 1960
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1922
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1923
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1924
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105
149
1925
146
312
147
210
1926
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227
1927
406
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191
1928
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1929
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191
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1931
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1932
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1934- )
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1937-193El
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1933-19~9
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1939--; 94C
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392
185
203
1940-1941
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293
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1941-1942
199
139
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1942-194.',
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1943- 1 944
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234
164
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110
194')-1946
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-1946-19L~ 7
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120
172
1947-1948
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316
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212
1948-1949
434
304
143
204
1949-1932
429
300
142
202
1932-1951
342
239
113
161
19j1-1952
443
310
146
203
1952-1953
427
299
141
269
1953-1954
552
][36
182
259,4
1954-1955
389
272
128
183
1955-1956
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377
178
253
1956-19)7
677
474
223
318
1957-1958
;t\\8
566
267
378
1952-1959
,')71
470
221
315
1959-1960
817
572
270
384

R/2795
page 251
TABL:E;AU XVII
TAUX DE PLUS-VALUE PLEt RAPPORT AU PRIX CAF DES
ARACHIDES EN CDQUES EN- FRANCE DE 1910 A 1938
.' , :. 1"
! "~'
1914
39,9
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1938
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"

R/2~95
Page 2~
::; - Taux et volume de la plus-v& ue
Nous venons de montrer qu'il est possible, moyorunnt
certaines hypothèses significatives do calculer le taux et le volume de
la plus-value prélevée sur les product8urs d' orachides. Nous allons
mnint.enanr proèéder à ces calculs et en commenter l ' allure ~ Prcfilièrcmollt,
nous allons procéder au c'11cul des t3,UX de plus-value,
étape p-œ ét:.11lG,
Douxièmemeht, nous allons ex::ùninor l'alÙl.ure gcnérale do l'évoL.tion ct
le système des taux d'exploi tl,tion. Troisièmement, nous exéllilin.rons :~.é
volume de la plus-value dégagée.
a1 - Ta~ ci~s~v"..lue ~'U' ro.pport i1UX arachides on cOques. /I~! 0
Dans 10 cas 10 plus simple, on cunsidère que le llroiuctuur
cl'''J'L1chides n'a contribué qu'à la production dus arLtchides en cuques.
Aucun travail viviJ.llt du product-Jur n'entre 1,111S le ~écortiGagc. L I 6fJoque
Où cette vision pouvait sembler avoir 10 plus de vulidité, et où les
statistiques des prix sont le s plus nombreuses se termine à la veille do
la première guerro mondicüe. Après la 2e guerre mondiale,
on ne dispoSG
plu.s de statistiques dos prix CAF d(;s ,J,r:whides en coques et er., gr':èLloS
présentées séparément. C'ost pour cette période que nous avons calculé
leG taux de plus-v',lue. 10 prix CAF dos arLtchides en coq'.lOS es·t consicl8ré.. '
ici comme reflétant la v.üeur do 1:1. production arachidière.
Ce qui frappe en premier lieu, c tust une très gr:.nde f~uc­
tucction des taux. Dans llensemblG, ils sont très élevés pend,J,n-:. la
gUGrre, 0 n rai son de la penurie. Ïlai s 11 obsürVl.ti on la plus imp~jrt:)Jlt.J
8St que durLUlt los puriodes do grande oxpansion (1924-1928 i 1S34-1938),
les taux de profits sont be,,;ucoup plus faibles que durant los } jriode s
du moindre expansion. Ainsi en ost-il de la période imm6diato ,près la
prGmière guerre mondiùle (1920-1924) et durant la crise de 193.3-34, c'est
seulemont en 1934 qu'il Y
eu non soulement effondrement, mais perte de

R/2795
Page 253
par tonne; c'est évic'kr'lffiont uno porte fictive, car le célpi tlistü
t:..8
J:evend pas l'arachide en l'étl1t o Or~· sur l'huilG, il n'y n.. r:-s cu. da
:)(:r'te, comme nous le: verrons. La, forale du trunc1 s' itpplique par Ino viVG
cC'Jcurrence au niveau du c:tpi tal commercial, favorisé pé1T le dè.Teloppo-
Fl"_l'G des moyens de tx\\.:.nsport par 10 chemin do for ei la route,
'-',boLltiGs:lJlt
"
se)on, Belime, à une véri ta,ble saturation qui dovai t rapidomont ongendrar
un,: ccncurrence' effreinée qui s'est iradui te par la multipliCi\\ti CHat la
ciisseminaiiOil des points de traiie"..1/ n
on résulta un accroiss-,uortt
0-1' prix au producteur susceptiblo dG réduire les télUX de profit" Ce
r.lévloppemGnt du r6soau cLes cCLlmunications nmenara le pouvoir colonial
à ~:iglementer la trai te à pi'1.I'tir do 1933,11 mai s le c ~~Ilmo ree de l' é1Ta-
s;l~.'le en coque sur':\\- de moins en moins rontable. fu ·plus on plus, le
déc0rtic~e va se multipliaI' et la lutte pour la trituration sur place
rrcnc1r::t de l'ampleur.
TAJ3~AU XVI..1I
TAUX DE PLUS-VALUE PAIl R.;F:E.Q.R1. AUX AIi.AQHmES D~CORTIQUEES
~~1~1935 à 1959-1960
Année
Taux
1935 à 1939
54,15
1940 à 1945
213,40
,
1946 à 1950
70,55
1951 à 1955
7fJ,80
1955 à 1960
68,60
(. ll19ye nne a-ri.thrncitique-." \\~
H<.:miU'que
: Les taux ~e plus-value sent en rè.':Ùité plus élcvés r
,-
YlCa5
YlGUS
situoDs dans l'année. Eh fait 10 capit~l ne débourse le CQpital
v-.:.riable que pour une p~riodc courte: de l'o.nn6e : 3 mois au mnx:.li1liITI.
Dès lors, pour n.vGir une idGo do la plus véll.ue, comp:1rnble avec ,l' i'o.utrJS
br'~ilchos, il fCl-Udréli t multiplier par qU:1tro.
li Happort Belime p. 44
~I cf. Fouquot, la trnito d2s arnohides.
·t

R/2795
Page 254"
a 2 -. Evolution du taux de .la.J2.1us::y.~~lJ:.~._12..2r_~~3jJY~E.~~aux
arachides ..~n ,..b"Tainj3E.-d..<'LJ2l.2.."':.3ç à J352-60.
Le tableau ci-d~ssus permet de montrer quo co -Céf'LLX se tient
entreJO et 70% pour les périodes qu.inqu81males "normlos". Cop,:mda.'1t
les taux semblent .plussoutenus après guerro
qu'avant. Il s'agit là
probablement de l J effet d '1IDe série de mesures Cxlictécs paJ.~ l'Etat à
partir de 19.3.3 pour limitOI' la concurrence entre ë-chetmu's.
Une mention spéciale doit ~tre faite POill' la période de
laguerre. La pénurie des oléagineux en France perl7lot au..'{ capitaux
privés de réaliser des taux de prélovements spéculatifs. En effet la
fiscalité sur l'arachide tout on étant assez lourde n 1 a pas E~teint
les proportions c~'el13 atteindra après la guerre. Il est évident que
la baisse ou la stagnation du taux de profit pousse inexorablement à
l'expansion arachidière afin de compenser le taux rcla~civement faible
du prélèvement par un accroissement de volume. Cette tencl.3.l1CC à la
sta,gnation expliquo mieux l'expansion, que la construction des réseaux
de transport qui n'ost C[u.'un moyen de procurer des "éconOl'lies externes"
au capital. Cette stE{';llatiQn du taux de profit, confirme le jugement
de S. Amin selon lecruel, l'étatisation du circuii corrunorcial de l'ara--
chidû s' e~t faite au moment OÙ les opérations comniercialcs sur l'ara-
chide n'étaient pas très rontables •.1I
Après la crise, le mouvomo'nt de décorticé1{;ü se d6veloppo
très rapidement. A c~té des usines sont installés de plus en plus des
ateliers de décortico,ge. Pour calculer la plus-vél.lue ici, nous consi-
dérons que l'essentiel du trCtva,il cont6nu <1:::n8 l ' nrc:.chide
décortiquée est fourni par les producteurs cl' arachides. La comparaison
des taux d.e plus-véÙuo montre qu'en 19.35 et 19.38, ils sont très supé-
rieurs à ceux dG l' nrrtchicle en coques (60% contre 50}; environ) • :Mais
c'est SID'tOUt aveo la courbe defS t3.UX par rapport à l'huile qu'il
faudra comparer.
j} S 0 ÀMIN. LI AfriquG do l'Ouest bloquée.

R/2795
P,q,go 255
Au cours do 1::;, période; suivanto,
los taux ont eté stables
(sauf duréU1t lél guerre:) ct en légère h\\usso jusqu'en 1955 • .chSLli h"
une
toncl'::ncc à 1::, b:ü sse s 'cst dossinée j on p:-œticulior,
si nous comp",lrons
1948-1953 à 1953-1960, nous voyons que 10 doclin du t3,UX est très net,
m':11gré L:: stélgn:1ti on du scücl-iro de f:li t .
Si nous ch)vions utiliser notre méthode jusqu'au bout, il
f:1Udrdi t
annlysor ici en clQUX étapo s, l ' 6tLlpO du prix de g:c os ot l ' (;tnpe
du lJrix do d6t,'ül on (!J'n Franco. Les st::Ltistiques disponibles licliteront
notre entrcpri se. Néanmoins, 10 s données que nous avons recueillie s
permettent effectivement de tirer des conclusions pertinentes.
:n1.is aV311t cl ':\\n::lysor les résultats, i l importe do se
pronuncer sur L:1 validité du citlcul. Pouvons-nous cunsidérer que l'essen-
ticl en travail incorpcré dans l'huile d'arachidos proviont du travctil des
paysans ? 1 'hypothèse e st correcte peur deux r::üsons :
10 1:1 piTt du
salaire de jure dcms L't v.üour de l'huile est très f],iblo en général (67'6
du prix au Sénégé~l en 1962, y ccmpris les "s::<.laires" des c,~pi tCllistes
dirigeants des entreprises) et pJur l'ensemble de 1:1 production du secteur
2°,_L'ihu:hle n'est p3.S 10 seul dcrivé de l'u.ré1chide en coques, il y :::: ::::ussi
les tourte::::ux et les coques,
source d'onergie. 1a valeur dé cos deux
: sous-proClLli ts n'étant pas comptabilisée dans colle de l'huile, il y Cl.
compansatiun comme nCLlS l"vons montré déjà. Il ya un contr:"tsto frnppant
entre la péricde d'av,::nt J'S'uerre, et li:: péricde d'n,près. Autant los taux:
6t::Ù8nt irrfguliers et sommes tcutes modostes (moins de 5BJ~) autant
ils vont se stabiliser à des nivoaux très élovès après la deuxième guerre
1;1GndL:tlE;l, ,(superieurs 5. 100;;' jusqu'en 1955). Cette diff6r8nce est clue
sans dout.e ::::u frtit quo,
jUGqu'Ot;l 1931, le prix des arachides importées de
l'Inde était extrêmemont bas par rapport à coux QU Senégal. A partir de
1955, un déclin net sa dessina. Co decclin peutoxpliquGr, en partie, la
résignation du capi t2.1 huilier fr:1nçctis à accepter la trituration do
l'ossontiel dos arachides du Scnég::::l sur place.

RI 2795
P.,e 256
TfuTjLE/iU XIX
TAUX DE PLUS V"l.U,j'E P,ill RlPPORT
AU PRIX D~~ GROS m::L'.AHACmœ EN FR.\\NCE
do 19 10 à 1934
Années
Taux par tonne
1910-1914
5010
1915-1919
236%
1920-1924-
42,8%
1925-1929
21 ;25%
1930
'46,70%
1930-1934
52,60%
T ABhlil AU XX
TAUX DE PLUS V;\\Lm:.: PlU? RAPPORT AU PRIX
DE GROS :pEê-~ILE.§.R~ ARACHIDES :eN Ii'HANCE
Années
rr,1.UX par tonne
1946-19.~0
15515û
, /S,
1951-1955
110, 30)::
1956-1960
90, 157~
~- La plus-v::1lue p,,:,ù' r:l.p29rt au I;Ei.X des huilos.X:ll22.1lido
au prix détail à Paris de 1930-1960e
Ici notre hypothèse à snvoir quo le travéÙl fourni l),:1,r ]0 S
lF1;)'SanS
est l'ossentiel du tr,'l,voil incorporé d'l!ls 1:1. mLU'ch'l!ll~Ù>;
hu.ilu
(l':ré1chide,~, est plus fr'-li;ilo; il 8 st certün nlianmoins que 10 S J.i~fè­
rellces :lussi 6normes entr8 le s salrüros de Lü t et los prix na penvont
P';s s'expliquer en premier lieu pax la productivi t6 du tr,w.:ril industriol
üt commercinl. Nous summes cGnscient que des rocherches npprofc1clies sont

R/2795
Page 257
n6cossaires encore peur affiner l'analyse.,.,
Avant 6J'\\lrro f . le s taux ét ,dont superieurs à 2~. L, p,~'1uri"
;.<.ld:1nt la guerre le s fai t monter en fl'èche (moyenna qtLl.drienrv~le do
3V.). Les taux sont soutenus jusqu'on1950~ A rnrtir de 1951, :;Io.st L
ù~clin. Li'" concurrence des huiles de soja, surtout d'orL,;ine :::',;ric-'ine
cGriimence à se f'lire sentir s~ri8ueement•.:i:n même temps, lCi. Fr,'J;}e s'"Qvre
peu à peu et les liens au s.;ind(' l'empire sc distanc1ent.
T,ABLEAU XXI
PLUS V.tlLDE PAR R;;FPORT AUX HUIŒS D' ;\\RACHIDES AU
PRIX DE DETAIL EN FR!J.NCE
Années
T:1ux de plus value par tonne
1938-1939
213~o
1940-1943
360.3OJo
1945-1950
255 .9OY~
1951-1955
176%
1956-1960
122- .40%
;8) L' ALLURE GEN1~R.t1LE D;~ L'EVOLUTION ET L:~ RYTHlTII: DES TAUX D'EXPLOITAl'ION
1.
Nous avons réuni en un soul t3.ble'1U synoptique 1'-'8 diffé-
re.créS taux.
01 - Si nous prenons les é1D.chides d'une v~t et les huilGS d'c..r~chic::'(,s
d'utre pctrt, nous const,ltons qu'en gros jusqu'en 1930, les t"llY pu.r
'"
'~'.'
l' -'"l)Ort
l1UX arachide s 6t,:;,ient plus élevés que le s t:1UX p::).r rapè urt C1,UX
l1L-ciles. Au contraire, à p:\\rtir de 1935, 10 rncuvclilcnt est compl(:;-r;emcnt
illversé. Les taux sur l'ara,chide deviennent de plus en plus f",l'ts par
rapport à ceux des Cl.ré1chides et ce,
jusqu'en 1955 environ.

R/2795
Pù.g ,', 258
Cette évolutiun s'explique par deux r'usons essectielles.
-
~}1,l.nt 1:& crise de 1930, il n'y .:lv:rit p.:lS une forte intCgraticn du
C:dmerce do l'3rachide et de la production d'huile. Les prix dCd ara-
chides :ro'f16t.:1ient la position dominante des intermédLüres cOi.;;norci.J,ux.
LGS lTI.:1I'ges de l'industrie huilière été1.ient reltivement fiÙblec. C'est
l,,, belle époque des "maisons de commerce", félce aux ihdustries 'lt Cl.UX
r~L.ysa.ns.En pu.rticulier, les grtndlès conlpLgnies :>.nglaises f:üs~i8nt ln..
l i . sur le m3rché à un momont où' les eml'ires coloni[l,ux n'étaierct pC'.s
',r·core ferwés sur lus mutropolGs. A propos de lél commbrci:llisation des
~Y2chidos do l'Inde, B91ime écrit
"L'ossature cOfllmèrcLüo 0 st constituée
r,i' quelques puissantes 1112,isons britanniques: Rolli Brothers, Brest & Co
:lUissélmment üutillés, l)OssCd,::nt (bns les lienes de navigntions qu'exploi-
tent les lignes du golfe de Bong.:lle, dos intérêts souvent prùPOndérél.i1ts".l/
SL:'::' lél ctte Ouest africa:i,.ne,
10 cClpital colonial s '~st d'.:lbord aussi
",nve sti dans la circul:di on do la proclucti on et contrôle de cc fü t
l ',ffre des u.rélchides, d'où des r.nrges faibles pour l'industrie propr&mont
[li te.
-
A pa,rtir de 1933, deux avènements importants mu.rq1J.ent
.,l'c.::conomie aI'élchidière au Sénégal. Le développement de L, tritul'aticn
sur place, la fermeture de le'!. Fri,U1ce sur son empire. La protecti on iml:6-
ri~le favorise la consornm:l,tion de l'huile dl Q,r.:lchide en FrtU1Ce, Peu à T'eu
t
'
.
18 capital de l'huilerie s'installe dlls le circuit do cornrnerci,üisaCll'n
et se trouve en mesure de peser lourdoment sur le prix CAF des
,~{'l,ctid()s
,~n coque ct ensuite sur le prix à lél production.
L'ouverturè de 18. France sur l'extérieur et la murltée J,cs
c:urps gras susceptible s de remplQcer le s arachide s vont j ouer L,~ rCIe
dGcclérQteur, sur le mouvement des t:1UX de profit. Cette substiiutiün t'lit
c~(;')enclre le taux de prcfi t d~U1S l'aréwhidE: de CE:UX qui se r0ali 3Emt c1!,ns
l ' ,;nsemble de la branche dus corps gr1,s. En partic:.rlier l'nracl-üdo [,cu.ffre
do l'utilis1tion accrue cL,s huiles v~g6tales concrè:bes dans l':"iment:J.-
ti,n.Y
1/ B8lime
Rélpport sur 1'1 procluction dGTic·tI'élchidE: .Jll Sônég,Ü, g'wvur-
neur général de l'AOF, Dak:1I' 1931.
1/ OECE : Les oléagineux p. 32

R/2795
Page 259
. 'J'i\\[)~LE~.?~~
r:'1
'r~ DIEXPLOITA'l'ION COMPA.RE
SUIVA~T LE STP~E DE LA PRODUCTION.
.
Jluilcsd' J.rm.chides
1
1
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t
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f arachides
arachides
I~. huiles d'arachides:.
huiles dl éU'aci,idos
: en coques
décortiquées
(prix de gros)
~
(prix è~ü d5tail)
!~.1~~;9~~;; .. ~-~..... ].u-~6%~~·~ ··.1_~·.~.~ .': '~.,~~_"'~'~'
: 19':5-'0-<:919(1)
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15 - 1917, en réalité pour les huiles
,~ : pour les arachides en coques et 193&-39 pour les huiles au prix détail
C~1 iTac

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R/2795
Page 262
Dans cert~ins pays con~e l'Inde, ld baisse des prix s'annonce plŒs-t~t :
à péU'tir de 1950, le prix de gros des arachides dùcortiqŒ2es ( Bombcw'sllbit
une chute rogŒ1ière • .11
A cette pression des bas prix indiens et dus subs!ituts
i l
1
fallt ajoute.r les rcvonclicaticns des paysCUls. Celles-ci fllrent exprimées
de manière très nette à la Conférence Economiqll8 de. Saïnt-Lollis temile en
..
mars 1949.
La conference fllt une confrontatimn entre les représentants de
l'hllilerie appuyés par le Gouverneur et les commerçants s8n~~alais qui
identifiaient leurs intcrêts à ceux des pays:ws. Ces cQrnmcrçél.llts soute-
J:laient, chiffres à l'nppui quo l'~uil8rie tcuchnit dos prufits trqJ élevés,
en rüsop do son cé1,I'actère très i.ntégrü. il l'époque, 10 prix do l'C1.I'nchide
en cc.CJ.ues étm t
fixé pnr l ':etat (yJrincipe du yrix unique adcpté durant
ln guerre). Un oretellr estima qu'en débGursant 43.5 F pour ach8ter 3kg
.
2/
d'arachides, l'huilerie rcvGndait les dérivés peur 103F
prix Da..kar •.=t
t
L'interdiCtion de la, tri turatiùn des étrachides pnr les scnugaL:.is <sim t
stigmatisée de manière vigouro Ll se • "fus gen's simples nbur: ont l~it, au
ccurs et en dehers do cette c(;mr:Jission, que le culti v3.teur s'J.i t, qu'on
tritur3.nt 100kg d'éU'3.chides il aura 26 litros d'huiles; Celé1- pme
dav;antage que 100kg cl' arachides à 14.5Of et ce même cultivat(mr aura
des tcurteaux plus riches on huile propre à sa ce,nsommn.ti on; ••••• On
a parle dl; gCl.spillage do m:J.tiêres premières pour n.rrivc:r à une mesure
abusive quiompêche le cultivé1teur de triturer SQ rficcltc, donn:.nt le
mGnvpcle de cette fabricdion de l 'huile aux usines. O. Jo no cCï,~pronds
pas que VOllS interdisiez aux cllltivateurs s6négalais do triturer leurz
arachides, alors qu'on l~~co on n'oblige pas le paysan à vendre son
rilisin à Y cu Z et qu'il Gst libre de gerer son bion l1 .l/Tlutes ces
rev8ndic:1.tions vont abùutir à la g:U'Mtie des prix de 1954, juste au
mcment où préci sément la FrencQ va s' cuvrir sur le re ste du monde.
il
.
O:O::CB
Les olùagineux p • 109
Y Conférence économique de St Louis 1949 p. 103
li Ccnf0rence 6c oncmi que de St Louis 1949 - Intervontion de Assene DIOP
p. 111.

n/2795
Page 26.3
b2 -.t'lu niv82Jl du rythme d'exIJél.nsion dos t,aux (0 p'''fit,
l' cbservati en e ssonti elle C) sei:;
qu'une
corre Ldi on négati vc ;,' '..;t'bli -t entre
le rythme d'expù!lsion dus :J,rnchides et celui des prd'i ts. R;1,Ijpohms que
les rythmes d'expansion des a.rachides sent les suivants
: 1885-19.30,
7,5~0 - 19.35-1965 : 2,9~o.il l'intéricLU' dG la püiode d'emoT;;enco, les
rythmes sont très forts entre 1885 et 1914 (8.81S) et déclinent à p-U'tir
do-1918-1940 (2,77Q~.
D'après nos donnecs, les t'lUX do IJrofi t
sent moins ,~luv(;s :1V:1nt
19.30 (phase de Ilfimpérialisme lib'~ral) qu'après 19.30 (pkl.sc du l'intervun-
tionisme). N.üs,
surtout,à l'intCrieur do cho,quG gr:J1lcle Ihcricr1o,
los
~'CCl~rtes phases d'expansion de la production sent -,cccmp::.gn,Ses dote_LUX de
profit LubIes, au contLüro durant les phases de dépressiun,
los t::.ux
sont élevés. Compa.rc;r pa.r exemple 192/),-1929 et 19.35-.39, à 1920-1924 et
1924-1934 sur le graphique.
Ceci s'explique par L:. structure dûS r;:;'PI'orts do cJrcduction
pour accrc·ître 'la prlduction, i l f'lut nécuss::ür0mont :augme'ntèr los
salaire s de fni. t, ne sorièi t-ce que du matiière nGminalc. Donc, durant
l'expansion, salairé s et prix Gvoluent dJJ1s le même sens et l'e.tcc:i:lOisse-
ment du taux des salaires do fait tend à dépasser celui d~s prix. Une
feis un cort,.1in volurn8 de la prcclucticn atteint, les s'J.L,iros (10 t'lit
n'augmentent plus, ils peLl.vunt même diminuer. E~s(;n €le
l'iftflat~;",n-­
12 pa.rt du· prcfi t
augmente.

n/2795
PiJ.ge 264
D.;UXIEfI'jE PARTIE
rUNILISATION ID C.iPITAL VJU1I.àBLE. COlillITIONS
SOCIiUGES ET PROCESSUS HISTORIQUE.
NOllS s~,vons qllG 10 prudllcteur d 1 ~i1Chide s prodlli t
sir,lllltiJnO-
lilent des arachides et des prudlli ts~\\n1dtchu.ndso CellX-ci doivemt ttre
intégrés dans la prodllctiun.
Dans qtlollemosure la p:wsannerie s6nc5galaiso a-t-elle été
sllrüxploitée ? Avant de r()pündre à cütte qllostion, il f:>,llt d'1bord se
prononcer sur lln point ililportant, celui des rapports do prodllcti on clu.ns
J. '~achidd-culture.
Et soulement après nous pOllrrons discutor Je sa
rênumérati un, on comparant en p1,rticlllier los renllm6rations ct s",laire s
du Sénégal à ceux de la li'rance. Cotte piirtio comprcmc"lxa donc deux
scJctions.
1. Le s rn,pport s SGci auX do producti on
2. Le ravi taillolTiont do 1::1 Fra.nco en biüns solaircs bon
m~ché.

R/2795
Page 265
S:<:CTION l
LES RtlPPORTS SOCIAUX DE PRODUCTION
Aujourd'hui G~core les rapports suciaux de prcducti0n sent
très comploxes dansla'c~pagnG senégalaisc. Les fcr~es de la pêriodc
rro-c?pi t1l.listes'si:Jnt enc0repr&scnt-es, qucique'-'Viclées de leur contenu
i.~i.I' ln dominntion du co.pital. Il est donc nucoss~ire d'6tudicr les
- r.:.pperts de prcduction à la veillo de l'cxp:msion arachidière, qui
ccrnmence clans les 3.nnôes 1860-.- Ensuite il f:::.,udra examiner cOmJi,(;nt
l'économie do traite a façonné los conditicms d'accès à l'utilis'1.ticn
c1'..'s sols •...Ncus ccnstateronsà cct offet l'.1.ppari tion d'uno IIf ,imll ::icJ la
teorre. Ensuite i l f::;,udra oxaminer los r:1pports des product8ur;~ avec 10
c:c,pi tal 8t l'Etat Cclcnio.l. }J. cette oGcasion nousw rrons que 1(1 i;njcri té
cl8S
producteurs S8 trcuve en si tuatiün de soumissicJn infürmollü. Lc,j s
Llne'l.utro cêltégcrie do paysans entretient les rapports spéciaux :J.vec
C~GS autcri tés religieuses, en pè:.rticulier che z les l"Iuuridos. :,"mlle est
1.::1 nature do ces rappc.rts. Enfin, nous dovr0ns aussi discuter' du problème
cl::: la kulnkisation; nr..,t::l1nmont à tr:J.vers l'Ctudo do liJ. main-d'iA.JUvre
riligrante GU le lncuvu[;lent du navetdlk'.,t.
1) Problématique des rappcrts de prcduction dans l'a.-;riculturo èÛnégalai:3o
à la veille de l'exvmsiGn arachidière.
Au mGment où ccmrnence l ' oxp ,Jl1 si on 'Jrachidière à partir de Di.-:l1ldour
i.,,-,ur s'étendre ensuite d-?IlS le Cayor, le Sino-Salcurn etc •• les rap:,(;rts
C,)
classes sociales à l'oeuvre clans l ' iV6ricul ture sont 10 r8sul t~d de
. ';' cOJ1bin<üson d,;s classas ct grcLlpes qui ont d118rgé d8puis plusi,~urs
8_oclos. EIalhoureusomcnt le. cunnaissance de cette p6ricdo pr,:c.)leniaI0
t
t
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l Di
1 /
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t . t
0S'
encore
res lnsulSW • J.
en~ é1 lnSls e a JUs e
1
re sur ce
" int. L'uno dos difficult6s Gssentiellüs r0side dêlns la sitn tion très
:lElbigüe' où nous semmes, qui consiste à ûtudior une formc1.ti0n séJOiale
EL p[i.I'tir dG concepts furgus sur l 'histoire d'autres formations socÏiü\\)s.
L- tentation intol1ectLlùisto ost de toujcurs rûduire les cèt8,;urios
.1/ ü. Dieng : Classes sccialcs ct mGde do production 8sclav3{iiste.Gondy
FéodiJ.lisme in J.~rica.

R/2795
Page 266
particulières à dës catégories générales. Ce souci n'est legitime que si
c]tte entreprise est opérée à partir de la compréhension interne de la
formation sociale que l'on veut comprendre. Nous serons donc wnenés ici
à user des termes locaux plutet qUe 1,1,~quivaJ.€nten fT~~çais;l/
Malgré le s difficultés et parfoi:;; les divergences dc, point
sur l'interprétation de la période, deux point s semblent acqui s :
1 0 -
Au milieu du 1ge siècle,
les formations sociales en place étaient
des formations divisées par des antagonismes ,de classe.
2° - Ces classes résultaient d'unehistoire longue de plusieurs siècles.
i<~n général <?n admet l'ordre de Sllcce ssi on suiv.nte : p~riode lamanale,
période monarchique, période de la traite négrière. La période larnanale
est considérée comme une période sans "classes antagonistes", ce qui ne
signifie
point qu'avant cette période il nt y ait pas eu des formations
avec -classes.
Le rappel hi storique n'a point un caractère historiciste. Notre
objectif est de i!1ontit"ll1r comment s'agençaient les rapports sociaux de
IJroduction dans la période coloniale, afin de pouvoir par la suite faire
. 1.a, comparaison avec ce qu'a changé la période coloniale et de situer
~orrectement certains types d'alliances de classes. Dès lors, il n'est
pa,s ~utile de prendre en compte toutes les régions aujourd 'hq.i oouvertes
.pgr la production arachidière. I l suffira de prendre les deux plus
significatives: les ethnies oulof et $èrer.
aILe surplus durant la période lamanale
Pendant la péri ode lamanale, la place lai s sée au surplus ét ai t
maginale
La
0
formati on sociale comportait cleux groupe s do pel'sonm,s : le s
lamanes et les Badolos. Les lamanes contrôlaient l'accès à la terre, au
.rom d'un pQuvoir mugi que , qu'ils auraient obtunus en défrich2,nt au feu
l 'uspace vill~geois. Parmi les Badolos, on distingue deux categories,
coux qui sont pour ainsi dire lamano, mais n'ont pas plus do ~erro que
leur fwnille ne peut exploitGr, ils ont les terres gormones. Les autres
j./ S. Amin
"Rien n'est plus délibat que la reconstitution è; passé
précolonial" YvI
:
Bo Sine
ImpérialisfflG et théories sociologiques du dévelo:ppemont.
Prl;scntati on p. 44.

R/2795
Page 267
":~ mprunt ,lient" de s terre s aux l amane s à qui ils fourni s saient en l'et our
[l's prestations ct redevances en natll_re. Le prestataire (borom ngadio)
Oll lJ1i.1i tre de hache), devait offrir au lamane (premier défriche'lr ou son
d_scendant), un "cadeau" annuel (sd,bélr) et participer aux sacrifices
i'luéraires organlsés à l'occélsioh dé sondécès)JLe Lllnane se dit aussi
borom daj ou maitre de feu)~
1,;)
sabar matérialisait-il un rapport d'exploitation?
D'après tous le s témoienages son montant était enCO)"'3 symboli-
qU:J, m~me après que la colonisation ait cherché a.'introdul.f'è le d-Ï'b'it
ro;;ain. Dans les années 1930, le Sabar équivalait à 30 ou 40 ke:s de riz.Y
Niang et Leroy le considérant comme un "cadeau" symbolique, obligatoire,
Sl)f;cial allX cultures du mil, lignager gérontocratique et destiClé à
aotualiser une alliance .1/
Sur la nature du' sabar, nOQS pouvons faire 10 s doux ohserva-
tions que voici : la r8production du rl1pport repose sur un rapport
ü3010giquo, la force du système de "sabar" l'oside dans le fait que le
,)(rom ngadio (comme le laraane peut-âtre), croit en l'existence d'l.'l.De
Doree supra-naturolle, force fécondante que détient le lignage des
,11",miers défricheurs. lli effet, on ne peut établir la véracité hisi'O%jque
ô..:;
l
'origine historique du s ,-1,bar par le premier défrichage. Pe!~ importe
cl'1illeurs. L'essentiel est que le producteur doit payer un trj,but, ct
qu.G son existGnce ffiéri te une explication ou plutôt une justific:1tiofl. Ici
1'idéologie joue à plein son r81e. Il apparai t plutôt COlilITle un woyon
èJrgani sel' l'accès à la terre que conune une véritable r8devaIlc;; o[;n
effet, à cette époque, son montJllt n'ést pas très élevé. Ie t(;~18 sorte
qu'il n'y a pas de paysansolibrcs S'),11S torre. I,iais surtoLlt, 10 lama.nc
ne peut pas di sposér de la terre à sa convenanco. Il Gst oblig'~ de ceùor
Lé.
partie du daj que son lignage ne peut pas cul tivel'. lIicux, il ne peut
oxproprier un paysan à qui il a accordé un droit d'usilge, m~me)our
l'Sfecter à un membre do son ligniJge, si le dit borom ngadio s'ilequitte
17 NiéU'lg et Leroy, éléments p. 20
11 Gcisman, Recueil des coutwmes p. 156
JI ],.i. Niang et E. LeroyElerncnts ••• p. 46

>t/2795
P,J-g'e
268
rl
-',
,
..
".,' e
de G83 rcdeVé1I1ces. Cormne de plus le larnano était lui-m&mo un p2,Y.3'll, no
(Ü spo:J:wt d' aucW10 force
poli tique ou mi1i téÙre pour soumettre 1" ,:; pays;"Lls,
on pc;iÜ difficilcmunt parlor d'exploitation d(JS paysans par les lWl-:::.ncs? Ù
cettc; époque lointaine cIIÜ precûde la forfiléltion des royaumes.
b) Production ot é'l.ppropriation du surplus pendant la periodo mon}~chiqu(;
et Ll irai te négrière.
Nous dVO S vu que le larnanat a etéi dominant jusqu'au milieu
dl.<-
130 siècle environ. Cette période ost suiviG do ln consti tutioL àGe
rO.Y"1l1flles. Les royaumes d'abord unifiés sous l'autorité do l'Empire du
Djolof, fondé précisement vers le milieu du 13G siècle. s'en séparent les
uns ,.1près los autres. On peut parler des royaumes ouolofs et de ~J;yaumos
S"T,'>C de cotto époquo jusqu'à lC1 conquôte fTél.nçaise. Il (Jst prém2,turé
d' c'xLlyscr cetto périodù ,,,vuc dos concepts COHUnG deux de" modos d,,, produc-
tion ;,t formation sociale. Nous preferons pr\\..;ndre COIJ1FlO concept diroct;;ur
cuLü de la production du surplus en nous li'di tant ~t la base êCOnOlJliqu8.
Dos rapports sociél~x nouvoaux sc manifesten~ les uns relèvent
d'un modo de production tributaire de "type féod:ü" 1(:;8 autros relèvent de
1:'1, l)Toblêmatique de l'esclavc::gc. Nous allons los tra,iccr sèparéffi8r:t.
b 1) 10 surplus ordinaire
Ce qui frappe c'est la rnultiplicité dos formos du '.lrplu,s,
tr ,Quisant par la m~mc, 13, cToiss.c;..flcC oxtr2,ordirEüre dos classes uel CTOlLI)<2:J
qui 'rivent du t rcwc!.il productif dos autras"
La noblesse était formée d.'illS des féUl1illes aYélJ1t deé.- r'îpports
ètroits avec IGS dynasties. Chez les ouolofs, les garmi fourniss,l,i nt 188
cO\\lrtisans ct fonctionnaires royaux ainsi 'que lus chafs 10c,ulX.
Solon G. 1rlosley Johnson, cavaliors tieddos,
qu'.oique ùêsic.sneo
eux :1Llssi du torme di arn , qui signifie 0 scl3,vC SI doiv"nt Él'tr8 clas;~ü:;; d,:.ns
1-, noblesse, cn r.cison d\\l raIe qu'ils jouaient. Au moment de la conqu~tc:
fr;,l1(?élisEi,
les tieddos ét:üont considérés comme des vr:.ris aristocT1.tes
p:~ h:::aucoup de sènégaLüs.1/ Quo l'institution sc soit ,ütérêe ,"wcc l,~
tr:ü ',J négrière? i l n'y il pas d,; dout0? nais a.vant la traita, les tiedclos
d,:-v'oi ..;nt Jjouer un raIe important, tant les guerres étüont nornbrou30s"
----------_._--"---'-~._'--'-------~--
1 / :}.
_/
The cmergcncû ••• p. 3

n/2795
Page 269
A cotte noblesso pour :1insi dire "traditionnelle", il f~ut
:ljCt:..ior la couche de plus on plus importante des marabouts dMS ~~)s
rC~Y2vUmGS wolofs. Ceux-ci vivent des subsiciés dLl roi, ou des rE:JdCfanCCs
r'cli~::ieuses payées par le s paysans. En offot, les conditions de l' "ppro-
prLltion du surplus ne sont pas idcntiqLlGs. A c8tê d0s clolill1ines (L~:S lal1kèl1cs;
il :/1 mairitenan1t des terres lews et des terres sara.ck.
Lu formation Ci,.;s rOYilUmes donne lieu à dos f.ormes üC èlVc.: IL: 2
dl,"
~-rélèvem8nt de surplLls. Parmi coux-ci, les plus importéUlts sont les
iidroits soigneuriauxil et le z3.kc:,t, au profit des marabouts.
Le:s rois'distribuont à dl;s nob18s, dos tE&rres prises soit sur
d.;,.'. torr3.inc encore inoccupés, soit taillés sur les tcrros lamanas o lûs pay-
sélJls qüi tr:w,üllont SLLr C'-':S terres paiünt de s droits scignelU'iau:x:. D3
I)lus les lTI=:;rc-,bouts obtiennent des rois des terres sur
.bsquelles ~os
p:,ws',ns r<ü-.;nt une sortej ,l'iJ;;pôt cor'Ulique, équiv:.lent cm princiIJ..) ,'),u
10èmc do la récolte, c'est l'assaka.
Il s'agit là du prélèvements auxquels étaœ~nt Bcumis les
P'\\YT;:ns Badolos. Ceux-ci dov:ient biün ;:mr payer aussi dc;s Lrrp8t[ pOlIT
Il:;l:tr8tien do l ' appcœeil cuntr:-'<1.
En définitive,
le ri1pport entre le l·:unane et 10 boroL! ng:/ho
est
'.ssymètrique. Y aVilit-il à,i:).Utrcs couches siGnificatives dane Los
f,or;,'"tions socia18s ouolofs ut scrur::; ? l:ln particulior y -1,v,üt-il des
r,J,:,cl'ts do servitude ? Ln t(:ut cas, des classes soci::tles do plus 'èn plus
dirctinctes vont se dêv!,;lopp8r a po,l'tir de la f'orl.iai:ion des mOnù.l'Cliiesi
b2) 10 ~oblème (1;; l'escL::,vi:1f}2 productif de surplus.
10 r,:ël.pport ide 30rvitudc ét::tnt très limité chez les sc;rcr~t
LcuT'ülons nous reférer princip::1lcDcnt aux royallW)S cuolofs. Lü;:; 10
'rübJ,:nle de l'esclavé1go 8St suffisamment clèlic2,t pour qUi3 nous r.J,)pûlions
dl :::.bccd la Eidhodc' d' ::tpprocho avant d,," tr,:1Ï tc:r 10 c:~s spécifique C,) s

R/2195
Page 210
Autéwt il est facile de définir un esclave juridiquement,
~1Ut,"nt il est difficile dl: definir l'esclavage en gênéréÙ. En ei'fut, comme
l ' écri t
S.' Amin, le mode de.; production e sclavagi ste n'est pas et ne recou+
vre,UCLillG réalité historique, l'esclavage ne pouvant définir un modo do
prodLlctio~ Or, si l'on veut procéder à uno 8.nalyse d'une;; forma,ti on socia-
le, i l faut d'abord repérer les cl8.sses fond$ùentales par r8.pport à la
proGLLction et à l'apprcpriation du surplus économique. Si l'on procède de
cotto' manière,
on doit faire uno dir3tinetion cssontielle aLl soinies
8scL~vos : C-Jux qui produisent du surplus pour leur mai tre et ceux q1.Ù'
p:::.rticipcnt à l a consommr1.tion diJ ce surplus: domestiques, milita,ires,
otc. D8 m~me on doit s'interesscr élU mode principal de rc;production d'abord
à l' r;cholle de la, formati on socialo considérée et en secortdlieu sClulamont
cUl niveau de la roproduction individuello. Notre point de we est qu'iJ.U
niveau èJ.. 'Lille formation avec esclaves, _la distinction dai t porter en~prE:lmÜ:lr
lieu sur la moà.ali té de reproduction: ost-elle interne Oll non?
EnSLü"tc i l faut se d-'::fil3J1der si les oscl.:WE:S font l'objet d'lIn comrnerce.
Les Gffets genêT' eUX ck' tous œs prOCGSSlIS doiv~nt ê'tr8 é1!lalysés à pa.rtir
de L, Cluestion SUiV'èl1t" ;la forme de l'escl.:wCl.ge prédominant dans 1'1,
sociét é ct son (lév~lo~:;':3mcnt tendent-ils à retr<.;cir ou au contraL'8 à
i"1,ULffi8nt8r le volume rola,tif des procllIctCJll.I'S do surpllIs par rélpport aLlX non
produc"Cc,urs ? Ce point. 0 st important, car une reponse correcte à :,.1 qucsti on
pêrml;t de comprondre 18. dymCl.l1ique d'3S rilpports entre les pays'1lls libres ,::t
leG classes qui emploient des esclaves.
Les rcn3cignon~nts sur les rapports esclavagistes da~B les
rO'y"1Ul:1es olIolofs sont tnès fra.gm<.;ntürcs. Pratiquemont? 16s ostiriv
i.OWJ
du nOiT:bre dos marns en général ne sent pas anteriOlIres à la fin du 18è
sHelc, c 'e st-à-clire déjà à la fin do la griUlde période de trai te,tl2.nti-
que.
A cette épogue, les estimations donnent 1/3 à 2/3 de la popul,-,tion
comn,,; servile. llais qu ',est-ce qu'un escLwe dar,s les royaUInes ouo1;fo ?
A. Diong signCl.le l'impossibilité do v:œv0nir à lillO compréhension d,; cc
pha;oliléne en se contondé1!lt de catégories très gênéril.les. Nous allens ici
nous contenter d'une analyse qualiti.1.tive.
Ji s. A.MIN ~ Impérialisme et théories sociologiques du Sous-dévcloppcm,mt
Pre3ent",tion p. 50.

n/2795
Page 271
Sc basn't sur des témoignages du milieu du 18e sicèlo,J.u
moment donc do liapogée do le:, trQ,itc atlantique, H. wschwnps écrit
"L',-"scla,vage Q,U Sénégal ét~:-:,it alimenté I!ffi' les f J.ffii ne s, les dett,_s, lus
crimes, mais surtout par los guerres entre rOY'J.umûs, des rc1.zzia5 <:lxécut6cs
p::u: Jcs rois en C,è-S d'insoumission ou simplcmont de besoins ct ~, tr;ü te
ini-crieure prov8ni:ult du Soudé1n nig~rion".l/I!:n L;,it, l'importance C1;] c,t~e
tr',ito:woc le Soudan dev,:üt-~trG 3.ssez limi tee, les royaumes wo~ofs ,110
disrosêU1t pas de produits füso.nt l'objet d'un commerce GxtérieLH' üLl com-
ri1CrCc; lointain à l'époque
or, f'usils,
chev:l,ux. 0 Ct qu t écha.llgcait~_ ~~
Maghrebins.;-. OU c~"pité'.listes de l'atlo.ntique contre les cscliwes. (~spcr"a:nt
le s éU'ist ocrates aVilicnt de plus (; il plus be soin de. produit s oit:r ::"L~CI':3
Ch\\_V1UX, fusils,
pacotilles •• C'Gst pourquoi,
on no peut conclur, du
f~ible nombre d'esclavos livrés p,],r les royaul!Jcs ouolofs que l'offet de
L~ tr~ü-te atlo.nti{jUe ét üt in rginal sur lil, forn;'"ti on soci;üe. Ur, c ~ '-'st
S:.1DS
doute ce que suggère certains 'J.utlJurs. "Gorée COl1llÎlerce avec 10. poti to,
cSte. P8ti t
trafic, aux ~nvirons do 300 captifs :Wé;C, on 1755, un mo.ximum
de 6COII .Y* C'est oubliol' qu~ les méthodes de r'3production dos esc:l::\\,vos
dL1Hs 18 Ccè-yor impos.üt una très forte dépense en travi l pour S'CE prc-
curer.
La conséquenco lCi. plL1S importante dl> C0S doux exigcnc,-,s
ét,,;,it que L:. proportion du b, popuLltion non productive devoit tendre à
grossir relativement ln popu12:tion productive. En ,-"ffat,
l:~ ClilS:':) nUX
escl:'N~s exigeé1.it le m:rintL::n d'UI1C ~rmée nombr"us:,j sinon forte. ,Il pouvait
en l' ',; s 111ter une tendance à l'é18vation du taux (lu surplus sur 10[: prod.uc-
teLlrc (esclaves ou non),
cr8:.nt uno tension à lé\\. révolte. Pour r'..primcJr
colle-ci i l fallnit grossir l'armé,", au besoin (;n donn3Jit une plao; de
cheix aux "esclavos" de lé:' couronne (les Di2lllbour). D' OÙ 13. possi'oili té le
rô'Lliro en esclnve des "rebelles" internes.
17 ";. Th:: sch:11l1ps
g/ II. fuschamps p. 102 o.c.
~
Gülistel Calvin pJrti1.go c'.:tte opinion, puisqu'elle éc.dt "le Gnyor
ni éi],i t pas un parten3.irc cor([[lcrci:l1 direct cl 'Ül{lOrtancc au 18e ct 190
siècle, 50 à 300 esclaves p,j.l' an, Ctu liGU dG 200 à 3.000 SLlr la côte
s'.ènégcimbionno". An. Gal1istol C,lvin ; Ibyor and its r(;l.],tions with St-
Louis du Senegal 1763-18610 }1:.culty of Pùli ticcü Science Columbia 1972
p. 102, ci té p'1l' A. Dîcng Clil,sSOS Sociales ct modo d~ production " GcLw:1-
gistc en Afriqu'..: (Icciclcntale. o.c.

R/2795
Page 272
Sous cet anGle, il est peu probable que los esclaves
producteurs de surplus :üont jan;;.,is:ttteint 5a;b de la popll.l-::t:ion dans
les roy::wrt\\os ouolofs, rnêmo ,:lU miliou du 190 sièclG, En uffut
les esclaves
i
productifs tr:waill.:üont: "cinq j ours pour leur i~:ai tre du lever à deux
houres • .f~n dchor's do cz, temps, ils clisposüont dd d,.;ux jours d",ns le,
"',
semaine pOLlr leurs proprc.;s ch::rnps". Nous nous serions trouvé on prusence
d'un véritable mede de pJ;1oduotion esclavagiste 1 puisque los estimations
dos explorateurs ouropéens do la fin du 18~ siècle, proposent 50% à 75%
cOlItrne proportion "d 'Gsclaves" au Sénégal.
En Lüt du point do vu"
socL:.l global, la division de
cJ,.assc passèü t entre L) 8 lI~ocla.v,-,s", au poiat qu'A. Dicng :'.. pu:Scriro
}'Los esclé1v0s de la ccuronne n'êt::1icnt escLwos que de
"
"
~~
noi11
c,::;r ils:~"'..Ü::nt guerriers (Tieddo) ct bénôficüüellt de privilèges:
exc8rtions Cl. 'impôts, droit au pillo.,gc 8lU' }(;s paY8:1llS (b::,c:lolos) c h a r g e s i
ad:;linistr:1,tivesll~.1IIlQ.joutc qu'ils pouv:.üent âtre chef d'armee, ch::œgés
dE; survoiller d'autros esclaves o • o • Lc, grossissement de cette lili'.S~30
d'improGuctifs et dus nii trc8 couches de ln, "nob18ssc" Inïqu8 o-t ;:;:',~r3bouti­
que étcut de nature à créer dos révoltes choz les puys~ns, csolnvGs et
badolos, en;r~üson d8 12. nécessité d':lCcroîtro 10 taux dLl surplus,L~fL!'insê­
curité avdt des cÎf8ts négatifs sur b. productivité du tr:1Va:il.B~ckèrr
et I;1eu'tin 'lttiront l'attention sur cc point. Ils montrent d'une pCLrt que
l'importance do 12, traite négrière 8n Sénégambie a trop souvent '.:té sûus-
..
.
y
.
estimée sinon,délibérèmment oubliée,
et qU8 d',1.utre part, la tr:üto ,1-
affecté de maùièro no'Cab18 le1. via économiqu0 dèS royc,Lll.j(;S. Ils ilttribuent
la fréquonc'J des féuninès au 130 siGclo à l 'cxistuncc, do' la traite atla.nti-
quo. "L'irrégularité do Lé'.. production du mil ,1. éte occ:ŒiœméG ol1;grande
p::xtiE: p::1r lU;3 guerres et les pill~os qui ddournaiünt des cultures 3;ussi
bien los attaqUi::iJlts que les é1ttaqués."lI
11 A. Dieng o.c. p. 36
Y Ch. B-:-clcor et V. ;iartin (publié et commenté par), ITéw0iro inG(l.it de
DoumGt (17:59) Le Cayq;r et IdS pays voisins au ccurs do la d.euxièmo
moitié clu 180 sièclG."Pub. cll,,; l'n'AN,
série B. Sc. IIumain<3s tome XXXVI
N° 1 Janvier 1974. p. 68.
li Ch. Beckûr et V. Ladin. Kél.yor ct Baül i royaume s sen6gaLüs et tr'tite des
esclcwos au XVIIe siecle. In Hev. D'hist. D'outro-mer LXII }Jo 226-227,
1972 p. 292.

R/2795
Page 273
En conclllsion, all IJ10ment de l':,lbolition d8 Lt trn.ite é1.tlan-
tiqlle, la prodllction du sllrpllls do.ns les ragions qui alL'..icnt ccmnaiire _
l'cxp::U1sion éU'é::.chidière ét:,it 10 fait d'une ;:,aSS0 de pays,:;.ns "libres", les
B2..dolos et "serviles" los dL::.ms des champs. L'accès à 1:1 terre était
certes différ0nciée, m'..Îs, môme les "lèsclaves" ::w'llcnt hJllr champs. 10
surplus global était pc:rtngé:::ntre l'éU'istocratie "libre" et "sc;rvile"
d'une p3.rt, et d' 3.lltre fi art , le capi tJ,l rcpréscnt ci sur place pi::œ le s
négriers.
Le processus de l'üxtraversion étcü t
largement eni:sa.ge,
ne s2rait-ce qu'a trav-Jrs le modèle de consQfnIT1r"tiondcs c:~ristocr<:ties ainsi
que 12 d,::,'struction de l 'prtisanat J.oc:11 , à tr"vers 1" concurrcnc,- (bs
produi t s üuropêens. La réorientQ.tion de l ' econornie vors le procc;cG-::i on d'un
surplus é1.llssi importo.nt sinon pllls qllU celui qLli été1.it g4aôrô par la t~nite
négrière, allait pos,-,r des problèmos, i1U nivu::m dos a,lliÇUlc,.:;s entre le s
appropriat8llrs. L:üs dms l' cm.k;i;;blü, les prolluctc;llrs cl'hier'Ülci<:mt le
demourer, dans le céld.re d.e rapport s socL-,ux qui é'l.lLüünt S'-' tr'.nsfùrmer
do mo.nière à permettre au c.è-opi tzü cle mieux contrêlor le s;ystèmu do
producti on:'.
2) Lfettet de 1::1. coloni sation de triÜ te sur 1"'8 condi tians dto.ccès à la
ter<~e lapparition de ~Jaim<!e la terre.
Avec la penétrati on du cClpi tal à li1. c 1.rnpagn) r 10 S c ondi- -
·tionE:d'accès à la terrù sc 30nt transformees. I}w.s certains oas, léG
·~i: ,
structure s de l'économie dG tr~üte, ba.sées sur 1:1. mini mi sn.ti on du c~pito..l
ont pu provoqller un accruissement démogrc_~phique~11
En effet, cc; type d'oxploitr:.tion sans inv8stisscnunts
pousse les familles paysannos à i1.ugmenter le volume de la. fcrce clu
trav~il disponible. Lais il arrive n.lors un mOlnent où, m~üGré l ':;,ccèG
rel:~ètiv,;mcnt automati'.Tlle à L~ terre, un vêriti~b18 proletariat s::.ns terre
appa.rait.Ce phénoraene est E,ggravé lorsque certaines régions, dèjà intégréGs
dClns le systèmo cnpi tali ste,
sont abandonnéos GU bout ri 'un ccrt,ün t UlilpS.
y John HERZOG.

R/2795
P;:gc 274
I l rsulte de; CGS prGssions un8~.1ltéréLtion des règles antéricurGf3 à l':wcès
à laterr8.,:n cff8t, la proportion do migr2.!lts s'n.ccroit, ct pClrfois
lùon\\(),
la migr'1tion définitive s'impose. "1 CG8 phénomènes rosultClnt d'un
dcv,.;loppemcnt interne de l ' économio de trai to, il L,ut aj outer d,cs migril,-
tiomJ d8clunchées dans les rcgions-rcscrv8s pour c1.\\;s ra,isons "oxt;Jrieur8s"
l,'~" l~(jccssité de payer l'impCt Gn p:'vrticulior.
Ces conditions ont eté reunies dans le cadre du Sénégal. A
L'ouest du bassin ,J,rJ,chidior, le" "prossion démographique"
s'est conju,,;ucc
,~'.vcc 1.1 tendance à la dégrad:"tion des sols. En [IlÔl;10 tûmps, la vcülée du
fL;uve, très monétarisée dur:lnt 13, pûriüdu du 10, traite négrière,
s'ust
~rüUvée délaissée et deveno,it dG CG fait un foyer de migrations. Les
torritoires limitrophes du Sénégal, IiIa,li ct Guinée, ta,rdivcrncnt l1ÙS on
vè:,lour avaient besoin d'anvoyor des trav.illeurs au Sénégal pour trouver
du numéraire afin de payer los imp8ts.
L'étude de Saliou Baldè sur 12, région du Fauta 8~jt très
intorcssante à co point de vue. I l montre que cette région do Guinée était
très monetaris'38 jusqu'à 12, d"uxième guerre lilondialo. En 1931 "on ne
compt::,i t
d,:~ns toute la region du Fouta que 6 plantations" dont la "mcin
d'couvre" so compos:üt exclusiv'Jmemt de gens do L:\\, guinée forestière (Kesi,
GUGrzé, 'renia) ct d'unciens C;s~l;~wes"•.11 Jusqu'à cotte époque, leu peuls
pay,',i,Jnt les impôts en v2ndé'"nt des é':Jlimaux. J\\éÙ s à la veille de L~ dc;uxieme
:::u0rr8, les "trcupe,..:,ux ll s'arriGnuis:ü0nt. Hême l':lI'istocriltiü poul, doit,
CL
rüson de l'émancipation dns ,Jsclavc;s,
sc ré;soudre à émigrer pour
trouver do quoi p,",yer les impôts. La d,)scription que donne SOUlU'yT1éUlO
Di::trr~du processus de l'émigr::-,tion dus SLU'ak~olé vers la :F'rQ.l1co, montre
biün comment une popul~üion, à clû SL; résoudre à l'éinigration en r,ison des
structllT'es sccialos, npis aussi dos besoins objectifs créés petr le cilpit,'1-
li srno.
1
s. Balde : Changemr.;nt sociaux et migrations au Poute ....J)jalon po 7(3.
1
~/ Diarra Souleymano.

R/2795
P'ge 275
Allssi en 196G, all Senégi:1.1, llne ô1faim de ln terre oxisto",
dent on no conncri t pas l' 'llIlplellr. En p1.rticlllier\\ il f"mdrai t
cli stin;:'cl';r
"ntre lll'le f::Lin interne all 3fnégal ct cm bassins ::trachidier 8t Ll:'~(-, f:èiill
,3cTte de; rente paysanne, payêe pm' 10 travcÜl Oll Gn nllmèrn.ire, ','C Ü,
discrimin::l.tion à l'accès d,c.:; la terre déjà manifcsiée pehdant l,C:c périodo pr(."-
ccLmiù.le qlli s'est éwccntllee durn.nt la période colonialG.
Cortes la législation coloniale en Ll'ôtièr(; de fr,ncisation
d~s droits sur la terre él CChOllé. l'~~~is il ne s'cJn suit Ras qlle l'axpl,;it,:lJ-
tien cl.pito.liste
n'a pas modifié los règles d'o.ccès. nn effet, les
nCllvulles noto.bilités,
los chefs religioux ct lus ~~ciens chefs, devenus
allxiliaire s de l ' administrl,tion ont la possi bili té de s'emparer ,les
lilcillourcs terres et le font effectiv",rncnt. Là OÙ l'émigration n'il pas
pL; être d6clc;ncllée vers l'Est,
J.e morc\\;lleHk;nt dG la terre s'accuntue à
ch:.:.qlle genêr'l.ti cm.' C'e st le ce.,s d,il1s le pays sérèro, nv:i s'lUssi dans l,,;
ViOllX Caye'!',
m:ügré l'existence dll Betol pmis des terres nellves.
Le phénomène do faim de la te:bre ost attclsté en 1960, peU'
urlG forte proportion de "fl-irc v::::,lcir multiple Il i cc terme vague '-""ügno
les pr~ts de terre aussi bien qlle le s''.1:u'l::'"t.:::tis le pourcont,::-:.ge d8
f:J.ire valoir "mll ltiple" montre claircm8nt que l'accès à la terr,-; n'est
pQsdu tout égalitaire. (cf. tablo:J.u ci-après).
La distribution obéit à 10. règle
à chaq1l8 ll1Ü,\\' c de
prcQLlction selon son rang ct Séi. c:,p::..ci te d", r:lottre (;n clll tllrG. ,'1' ccll,]-ci
devcnd des moyens antérieurs, c'est-à-dire en fin de compte, du r~ng
scci-tl •
Nous V8rron;3 qu'à tr'WGrs le tak:de.riat, los mar:\\oouts 1)1'0-
c6,Lnt on füt à 1.:1 vente dûs droits d'usi1.go des 'terres au takd•.œ
, c;n C8
qui concerne la "colonis~tion" pdr le système dos d.:U'il,s.
TABLI.:AU 23
Eodes de LÜre valoir L.lllt,.te.lcdan8
da,us le b,~ssin o.r~~chidier cn...19.60
Regions
!..9-es superficies
cultivées Gn faire
voloir mlll tiple s
T1i'"IES
37,4%
BAOL
81,6%
SINE-SALOUIVi
84,2%
v. Diarrassouba, oc. p. 134

R/2795
P?Lge 276
Depuis 1945, c' CJ3t le pouvoir colonLt.l qui C1 deci6é de
créer1'des villages dCills les 'l'erres Neuves. Hais l'accès de la tOl're ,y Gst
strictement limité. F...'1 effet t nul no peut pretendre di sposor d 'lL.'1'- c:xplc,i-
tation,
s'il n'a au moinG un surga,
un "aide f~~,i:1ilial". :jn sorrm18
à
l'Ouost, en pays ouolof, commo en p~.;,ys s8ror, l':l,ccès a la terre n'cst
pc,s indifférent
aux rapports llOUVOQUX etablis par le c,l,pitJI ut l'IsL"m
dlns le. Baol, des paysans ont dû acheter pax 10ms de labeur en moyenne
le: droit d'insté:lL,tion au marabout fondateur cl'LUl da.ra. La "col',niS'1.tion
de s rl'c;rre s Neuve 8 c::cnne lieu à le'], même di scrimiw,ti on" 0 :en t out i"t~"t de
G'WSG,
on 'èssistü, d,ns les Terres I~ouvcs, au dèvoloppemunt d'une ,U'isto-
crQ,tie· foncière 1 cl' origine ,;1orc:wtile .ou religiouse .l/En offot "l' ::tttri-
bution des 1;er1"es p::l.rait bion toujourG procéder do stratcgios cl)j]!ploxcs
où interviolli'1ont concurremment 10 s références coutumière s".
En fait l'aooès différencié à la terre, Va crGor deux
c:,tcgorics de producteurs: un prolétari;:),t do fait,
clonc proprict_lire
cL S.:l. terre au nom de son appartencl.1lce à une communaute villngccise ct
une koulakis:.-ltion limitée.
3) Prédominance de la soumission informolle
Dans ln production arachidièro, les r:l.pports capit'.listos
sr,.:cifiques 8t:lient pratiquoIIlcnt inoxist:wts. 'l'out au plus trouv:ü t-on
q:J_GlCiUOS sal.'1riés, dws le, périmètre ùu colond de Boulei et de Séfa on
C~E<:.m;:'Jlce. En C,wamanc\\;:, le colon'1t de la cam s' èt"nclai t sur 20418 ha
8t Il,,, comptait que 684 f:1.milles o lb son c8té, la g-';';:J'iIA (sectour oxp(;ric~r)­
tal clo :"odernis -,tiün'l;ricole) 1 à Boulel, ne compt,~1it pas plus do 2.500
pGrs':,nnes. C1est ('.ire que sur une popuLltion
paysanne de 1,1 lnillion,
ffiPins de qU:J,tre r,ùl18 6t::1ic:nt plus ou moins intégrés <b.ns d8s pùrimètres
non irriguéG, mais dentl 'encadrement r,::,ppelL:; fortornont celui d8s Guézira
Sahune. La masse de la paysannerie prcductr'ioe d'arachides étcüt soul.!ise
do
,Dière différonte. Avant dc) .i'iÜre l '"Ul,cL1yse cl
l'encadrement et
surtout dG son effet sur le St;:êtut économique du producteur, il ililpor1;o
ck donner un aperçu statistiquo de 1.':1. dimension d,:;s 8xploitatiens. Cellù-ci
ost c::.ractérisée p[1r la préidonnnancc: ùe l'" petite exploit:lticn, Lnis d:ws
un c-J,dre global intégré.
17 RochctcaJl. Pionniers I:Iouridcs o ••••• p. 11.

H/2795
p,l.gü
277
DéWS uno::tp;riculturc où os'opero r::'..pidemont un prCC,,~3GUS
cl,; tr:';,nsformo.tions socü'.1os ct tochnologiques grrtcû é1ux~,invûstiss,__;n:0lltE,
tEl
dos critères essGntiüls de diff",r0nci·'1tion ost 1(,] c,'l,pi t",l phJsiqU8 de
l',]xploitation ut 10 prOCGSs\\.J.S cl'::,CCll;11u.L\\tion :'l,nnllClle. j.;,üs cl:ws unG
élC:ciculture caractéris,ie p:J,r l,~, r!linü~L3'::.ti(;n du cJ.pi tal const,:'1lt, ce
critère èt,~nt Ll, lcrco do tr::wcil Gt. l ' climensicn de l'expIai t:Ll,icn, c '",st
La ccnncüsf'!.:,ncc; cles dimensions cl.:os exploitations agricc-los
au Sôncgal est ,'1ssez li.étléolsce. L'onquôtc ~;ricole do 1960, la œulo dispo-
nilJl", à l'echello sociéùo n'a pi:".'s c:té sans soulever dus c:L'itiques, quru1t
a S~ cahéruncoo.1l Dapuis dus e:nquôtos p::œtielles 0nt ou. liou, un p:1rticu-
liur colles de l'cRs1ror'i,
d(ont nuus p,œlerons lüngu,;mont Vl,r Lê [mite.
A partir du premier re'êeneement :::.gricolcdu SënêC'~l, V.
DicD'rù.ssouba 2, f3.i tune cLl,ssific l,ti on on poti te s, moyennes, grundes.
et très grwdes oxplai tati ons dans la C'1I11p.:1gne s0négalai sc. Cett.e; clas-
sific,,·,tion est acceptable.
La superficie moyenne d'Un'" -.:xploitation pour le 3<Jntg:,1
SUT
l,'t r8gion du flouve est do .3,G.3ha. Cotte H!Gyennc ost depassée dans le
D,l,ol (4,54ha et dms le Sine S,üGum, 4, 86h3.) , m;üs dIe n'ost P",:o'1ttointe
,:J.ws l'ancien Cayar ou rc:;i on do 'i.'hios (2, 41H.'1) 0
Lorsque le h!0do d", proc1ucti0n capitaliste exerCl; sa, domi-
JEti,.:n, le cri tèro le plus portinûnt pour l ',c1Dc;,lysc: dos rapports de prc-
ducticn ,est celui de 1:1 pr"sGnce perméU1ünte ou non d'ume main d'üouvro qui
n'Q l),:'"sdo clrGit l~'affoct;'l,l:;iün sur les mOyens di,; production qu'elle met
en C;Cl1vre et SüT le pl'(jclui t
d(~ son trav,ül. Il Lmt evidemmont qlJ.e le
réltic: ).I:1in d' CGuvre étrangèrojllèün d 'oouvre f"JTlilialc soit tlsignificatifll o
::, c,
st.:J.de, on offot, .. nous nous intercsscns à L" prc.duction au Dons
r2 :,>tr0int ct ncn à 1<:1 répcU'ti ti cn du revenu qui en découle.
)7vcos si li DIARRASSOUBA, c • c. p. 11.3 à 141

R/2795
P~~e 278
if ABillAU XXIV
PRopOR'rrON Œ LA PORC;; DE T HA'>!AIL jijTTIiü'Gl-:::RE
DMJS lES EXPLOrrrl\\:1'IONS AGHICOL.8S :SN 1Q60
<
T-:i-::'l':"'l-o-d":"e-----:I!"'-~N~Jb-r-e-t-o-:-t-,è..,..l- --.-Nb-r-e-o.-'.,...,c.~:1C-·-t f-S-~~'..,.Tb-r-e-d(~3'..,e).-t-r-o.n-nl
%C~~,0..,
1.-.
.."rd)81
"p/('(,,~~d~8 '
llexploitation
d',:i.ctifs do
du rr;(na,ge de
gers
< _ . ,
l '~;xploi tc'è-
l 'exploitant
tï.:n (1)
(2)
rar-;rap-
port . pert
à (1
à (1)
134.600
132.000
2.000
98%
2?~,
1üO à 999
844.900
789.000
55.9°0
93%
7%
1000 à 1999 ares
122.000
96io100
25.900
79%
2116
2000 'J.res et
31.400
23.000
8.400
74'1)
261~
plus
_ _ _ _ _ _.....:.._1_._1_3_2~o_3_0_0_~__1_o_0_4_0_.~10_0_-.:..._9_2_._2_00
~,_5'0..l.' 8_~_r--,-
Source : Enquête 1960
D'après CG tablo:LU, 87:' d,:s trnvü ll()urs~t-~ricoh;s étü t
t,n '1960 des "Ltrangers" aux f;-uüIIes dos chefs d'expIoit?ction.
Dans le bassin :1I'ë1chidior, i l est :.urais qtl'unc oxploit'1ti[,n
d i t avoir 3 ,S, ha onvirGn pour pormettre à un "m6nC1{;e" de trnvéùllor
1
;lGri;laloment dur::tnt lc], peri ccL; dos cul turea. l'Tous considérons qL<.O le s
sllpcrficies inférieures à cette ncœmc sont à méttre d::1.DS la c:.:.tfgorie dos
1i1)l::;ti t8S oxplüi t,ctions". Selon l'enquête agricole, les expIai té';tions d(,
qJil1G de 4 h~, representeni 69,2;. dQS 0xplai tations, et no COUVr011t quo
33,1/, d~8 Gupcrfici'-Js
les 0xpJ.oite~tions de 4 a 10 ha ropresontant 24,4~~
I
des Jxploi t~:~;cicns et couvr(;,nt 3D,7/, des superficies, enfin les é;x}.:'l':Ji to.-
tic,DS do 10ha et plus, r'-Jprc.sontunt 6, 4~: des ',xploi tJ.tions et 26,1(i:' e'tes
sup,)rfi cie s 0 ~\\ridemm8nt, Ci, st cL:,ns le Bé',ol et le S,cl oum qn8 l'en trouve
L;i3 plus grw.des exploitations. Cellos-ci ont b8soin d'UIlU ferc\\:, de trL'lI-
v:::.il extr::t-féllililialc, d'êtrangcrs.
j'chis qu'est-cc que ces ëtrangers et quo signifie cette

R/2795
Pi1ge
279
~n Gt."bliss,nt 10 r;~ppcrt entre IGS ,mperficies ct l',_,ü tU."1,tioL
L~trimoni,-lG dû. chef d 'cxploi t:>..tion, Gn r"marquc qu.o pGLlI' la régi en c..'(,UV,:T--
peu' 1 1 ()nlluêteJ.g'ricolc (4/5 des terres cultivéus),
Lê superficie moyuru;.c
.'cT
lln hOlTU:jG mcnug:unme est de 3,ü4ha, de L~,90 h~1 s'il ;:1, 2 fOïillïlCS ct 8,9
~"":,
l
qU"1tro felTIr,leS ot plus.l Aû.trülIlGnt dit un hGfiJrr1'3 rr.::œié à' une femme
lJt ;)èTÜ a"U1,;,:œçcn cie plus dG 14 :::ns dispose en moyenne do 3,511':1. onVircm.
Or, nous ':1'Jens V'-l ,rUé les explci t-~tions dG 4..1.::1 ou plus rupresentunt 7CP;;
d,." l',.:n'3():,lblü. C,;é3 7C~,) c1c;s 2xplcit:1tions n'ont il-bsolClment p'lS besoin d'une
n1':'..in d' oGuv,re perm~..nete étrn.ngèrc È. l,~, f l.wi 110 iavec deux 6pous,,·s et
d;LJ.x gil.rçcns dl au moins 14 éUlS,
lé.'.. . ::l.millu oxploi te prcb.c,blom0nt en
i:lCJycnnG jusqu'à 6hiè. s.'..ns difficulté. ])as cnquête:s mcnogr'1phiquoE mais plus
precises quo celles de l'cnqu~te du 1960 permettcn~ do considérer que
IGrsql18 la :suporficie dol 'êxploi t:l.ti.:,n est inférieure à 10ha, un p,:-WSil..l'1
ilcrnnl, un B:1Qolo, c'ost-il-dire qui n',ost ni r;;ax:1bout ni chef ch.' village
il'::;
Lü t en gën6r.o1 P'"l,S ,o_ppol il uno fcrco dl: t r:wcùl oxtrJ.-f'-'J:li l i ',le,
ctèst-à-dire en dèfinitive sé.1lariée.
Par; oXL.mple p uno enquôte tai te d'11S 10 vilL:~3e du Li ssirah, en plein
B'lCl, montre quo j[':llgré 1" ligr ,nde téiille lf des ;)xplcit,"ticns de l'8ch::1,J1-
tillon,
10,73 ha en l,loyenne dent 3 do J.lus de 14 ha et une de 17 '"1<':1'1 il
il' Y av ..ü t
p:1S eu CE;tte année; là, a.ppol à une r;12.in cl' c.éuvre extra-
'1'
l
2/
n
l ,:;)111
l 3. u •..=I
i:J.l d8ssûus de 1C ln, .. l'acquisition d'un semoir permùt do
f·'·.iro face il la nécessité de S()lilOr l'api dG me nt pendwt 10 s premiers j curâ
dos pluies
L,-:;, bin'lgu peu'c se faire grâce il L, cocpér3.tion villa,gocisc,
0
ou bjcn il C2 prclet:,ri:;èt agricole qui circule à travers 13. c',mpcL,nc, m..-us
sur lOCiU\\Jl con n'::, ;OUCLUlC statiBtique. ~'U::1.nt -J,ILX Gp6r1tions de recclte, les
If'lrr::chcmrs il viennent tO!J.jours en nûmbre suffiséwt, jj~ais i l s'a{~'it de
s'üs(jnnicrs qui tr::w:üllent peur uno très courte periude. C'est donc à
lme trentaine de milliers cl;:; trav;üllEJLlI'B:,uon fa.d1ilialLX permanents qu'il
f,,-',udr(1i t
év:üuGr 1.]. fGrcu de travail extrrl-fn.milialG diU1~:l 10 Bas:Jin 2.1'.'1-
chidier séncg;üais en 1960. L3 reste do 10. fercu de tra.vail est .880n-
ti811(~mént f2Inili::ü,
soit Gnviron 1.100.000.
j7Enqu~t8 agricole 1960 p. 66
i:./ Y. COp3XlS. Emploi de temps 8t 0rgani s<:.tion du travQil3.gricolc dé1.l'J.s un
village Ouolof r:iouride : llussir:Ùl
in m3intcn3XlcO soci'üo ?
j

H/2195
P',ge 280
Encconclusi on, ln, distincticn d,: o;:>,SO;),'l.SS;j pn.!' 1::, Jiffé-
renci::ltion entre los 6,4>~ dus cxpl<.:it,tionsi qui s'.) t:üllont plus du
qll2.rt cle 12. supe:rficie et cort:ünomcmt une: prc})ürtion de la prc(~i.lcticn
oncoro plus grando du Lü t do l ' èlevatian du rilpport : hectarc pv
élotif.
Il impcrto d'c1J'lillysor do m:-wière clistinctG les ro.p~-)crts quo
ces deux cé1tégories de product-,urs, 18s "fruniliaux" ot les "oxtr.l.-
fél:niliaux ll entrotiennont "'voc los cl'1,sSGs,
CLl n·,tiuns r~,ppropriatricc:;s du
::mrtr::wail. Cotte di stiilcti en ne clai t
en C1.ucuncIinnièro at'rG intorpr8t '':;0
cemmo une cxplc~it1ti en des petits p,,-y:::nns par les· gros. Certes, ceux-ci
bC;Yl6ficiont (l'LW c,,:rtain nombre d'i1vC1.nta,gos auprès de l''),d.rninistration
cclcnLtL: c .it"is i l fèut f:üre
l'effc,rt n0ccs8iüre pour saisir que les
rilppcrts d'ox)loi t,tian herizontc1.llx ne: sent p,:'S l 'osse:ntiol à l'int::ricllr
d'J }_">:riculture. En géD,éral,
c'est le c:_-,pitn.l situé on amont c't en nv·:tl
qui pcmt explai tor 18s petits producteurs.Le gros Gxplci ti1J1t pcœticip0
l) l'uxplcitr<-éion de sos prc.prus trn.v:üllours, et r J'ümont à ccLü clüs
vl,isins, le processus d(; L'l fCr!.,,\\cion d'un prix müyun de; cetto Tra(,u,ti~n
agricole est très complexe dans ln. rê:lli té ~ OC1US(: de l'interv,;,üion
pClrmo.nente do l "Gtat et .celle clll tr:msfurt clas v:üours hcrs c',c; .i' ::.griclll--
turc à travers le prccussus cle la forma,tian des prix. Autroment ,'it, le
problème centro.1 à exa.rninor ici est celui de l ':èffeôtation clos t,Jrres.
Lo problème des rapports entre' les pétYs,-ws ct los r;;é1I'o.bouts sor,-l üx:.mi '1(:'
i:, l'occasion do lil pro'bl(;m3.tiquc de L. rGp~tition ck: 10. plUS-V'ÜllC :-;1"].-
chi di ère et non pas ici.
4) Lu cè.!'ê1,ctère prolétarion d; la .;e.utite oxp~icn f:'JllilicÜo
Pour les r:,isc'ns que n"US:lvens devc;loppees dejà,
les U::,ci)lci-
t,tiens L'nt lus cllporficios sont aLl plus egales a 10ha dei vont 3tre
c1Jnsidérées COJU!1U ,1"s potites oxpluit:::t.tions. A titre: du ceLip::xcüsun,
nOllS verrons qu'.:; : ll'-.c-wcü,
les cxpluit2.tions de ïi]0ins do 20hcl sent consi··
dorées comme petites.

R/2795
PClg0 281
P()ltr ,,'ottre ,;n lL:Jière le; Lü -L que la prvéLLlcti un cLc sur-
tr~v'ùl so f.i t fünd,'L~(;ntiücmcnt d ü lS l' intùrôt du c~pi 'l~Ü ut ClG plus en
(1l: in0thodc, en precisant L, 1'1 ',tur,; (lu prccossus~lc I;r';lct~is,:ti,n J.e; .C'è
p:qw,nncrie p::trcoll:ür8 en ,conei;üe de.: trai to j 0nsui te neUG i,;x:,:tJninercl1s
l,cS Gt:.pcs histcriqucs. ~~nfin, nellG f_Tc,ns 1'1. CCLp,'èrcü::,cnntn; l~ druc-
10 pl'Cduct0ur d' ·U"·'.1,chidc: prcdui t
simultanément d",s v:ù"mrs
(";r-,chidcs) ct clos nGn -valeurs (proc1ucticns cL l ':.utosubsi St2J1CCi).' :(ÜS puu
à pou }-'. l)l'cdacticn C.e' l'v'..chidc .:1 ;:,tê i1lil,CSL:C C());1l11C l:~ " clü ture" [>.'1,1'
oxcolL,;nce o 1"" c',xlrc; tuch:üquc do L, prcducticn s'cst s(,;nsiblcmcnt
pr:"tiCfuO des (mgr(::.is ctc o ••
Cunment Îuncticnnent les pr(;c~ucte\\,;,rs cl"ns
r<'~li s~ti cn d.es prcéLLÜ ts de: l' '1.1,:'.chicl.é) ? S ''8:it--il de llpaysn,ns p~c(jl-
1,:Lf'es il ? s'é'Git-il d'"ctcurs (l'unu 8ccnomie p:~yscènnecc,',U".'.ctcris()(j pp"r
, ' , L
int0gr,,,,ticn d'"lls un syst8mc plu::: v:,"sto,
mais rugie nu=nmoinG par
I
·
. t·
?
1/
SeS
propres
018 ln ornes
. -
L'acticn combinée- do l '0nc,'},dr8munt ~1dministr:'.tif, ",-,:;-iss:.nt
C:XLS
li: S0ns dG 1,:\\ défonso dos intcrCts dl; 1::. j,T'wc;:; Qt du gr'1J1cL c::.pi t ü
12s trl,nsformo-t-cllo en pro16t:1iros du f a i t ?
L.lo,rgucm,;nt eSB8;tttel d,;v,;lc)pp6 ici cst l:U'-' c'est court CJU.t
c
trw"rs 10, spccialis'j;icn cLws l'-:.r~chic1c.J C0l1i1I10 sl1ppcrt ,cl:.: surtrw,:cil
7'"
le.; c:'-pi'c;,l tr,lJ13fcrm0 le prccluctLur 0n prclcT,üro; (;D '""ffet ln, pl'lcÜ
'. c~_'::i si vo.
JI K:-ir P03'I'., :::-:r;è~' L, pays,wnuriu d de ln" diff6rGnci:1ticn dc8 CLtSS2S
rurlus en Afriqw.,; cL l'Ou2st o

R/2795
p"ge 282
; 1'i'.,rachide (;st considérée p:u' le commorce et l'Et::t cemme
moyen d" :;:J,ümunt privilégié. Il y Cl un Lùt un troc évolué oùll',;r:ê,chicle
sert pratiqueüunt cl' 6quiv<llent : le cr(;c'.i t
on v~rticulier et les (;"~1gos sent
lib:d18s on équiv.:üent arachides. Brc;f, pour 2.cccSdor é1,UX ,autres r;ltlrch1Yl-
-"LiS(JS,
le pr"ductour a besoin. cl ':1.r~:chicles.
La l;icnni1io qu'il rcçcit b,
l'occ,,~sicn de la vunto clos i:'U'achidos lui sert Vr,'1iFlont uniquom~Gt d'i.G-
turmédiaire d'achats. Aussi lcrsqu'il vend son nrachiclG, pour u!: cert:ün
J:1C:-nt·wt i " do cette S0tnr:10 S(;r0nt rctonuos les aV2.11C0S feti toc po[lcl.'1.nt l'"
si1ison dus pluies. 1,,, somme porçue ost en gôn6ri11 irm"écliatoI:1cnt rccc:nvortio
,
l
.
h
' ,
.
. ,
"
, t '" 1
G.2..'lS
0
1
.ri:lgG-Sln en ,';l.arc é1,l1cnscS elo promlere neceSSl·O .-
Un ex ':mon d.'1llS un c::'ldre concoptu()l in~J.,d6quat met l r ·,cc(;nt
sur l ' etutonGlnio do l 'explüi taticn familitüo (Lws l' .lffcctati en du L"
terre. Cette vuo dei t ~tre cc:rrigôe Iv".,r un examen à p:J..rtir cl 'un p(Ji.r.t
cl" vue global. Dans l'l..m:30mblc,
uno T,artie de lCl t8rre d'un carré,-~I
d'une oxplcit:'ction, cst rô:rnrtio entre; d'une P,:lJ't la prc-cluction ,:1rélchi-
clière et d'autre part une prccll~cti(Jn destinée à l'autcconsommation (mil,
niebo, etc ••• ) 0
Solon cort::ins é1Utc;urs, c'ost uno s()rtc~ de rl,ticm,::üi té
6ccn'~,mique CILÜ cuido lu prulucteur. Celui....oi c'Jlloucr,üt ses terros do
Gl"Wière à en r:.:~tiror ln, plus gra.nde s::Ltisfi1cticn. 'route l'étude de
VanhaGvi1bc)rkc repcsc sur cotto hypcthèse implicite, que le pn,ysetn s8né-
gaLJ.i S 8St un poti t I..~ntrc.!preneur, qui diffère do l' 0ntroproneur c:·)it,~­
liste, cm ce que sos coûts sent plL~s bas, pour l~~ r'üscm quo la l1iÙn-
rl'(~,-'uvr() ne constitue pas un cuût dobCiursé.]ID'après cette Opti<llC, c'est
'le lœix de l ' ;'X:1chide qui ddc'rrClinc le r apport-arilChido'::'mll ptlr ,;xcm:;lc;.
An(;tre avis 10 compc:rtement du pn,ys,tn n'a d'effet sur le volu.mo do la
pr,:,lL:ctiui. ,l,I",chic1ière qu '''..li' second dugré.
Une équ.ipe d8 chcrcheurs de l' ORSTOI.1 a tonté rIe me surer 1:1
rép.1I'tition du temps de trt1vetil entre l'ar,whido ct lu mil d,ans u.n kour.
Il Savonnet : 1a vi llc de; Thic s p. 118.
1.1 Le carré, Keur en ouoloff, TI'ocrid on sGror,. ~1.~;sil]:ne à la fois u.n
onsomble d 'habi tatiùns seus l ' aut (Jri té d'un chef do o:Tro, 10 s pcrs"n-
nes qui y logent.
li V a.nlla.evabeke, o.c. p 121:-127..

H/2795
Page; 283
S'ngiss.'Ult de lr1 zene; (lu 13,'1.(,1,
zonG meurir~8, ils sent
:~Y'Y'iV.8S à des, rGsult.ds fcrt Îl"lt'::Y'eSfnnts o BiOl quiS l'enquôto :üt été
:füte sClulcmcnt i.m 1967, nuus pcuvcns on oxplcitür 1813 r,;sult~Lt3 icio
D:-':"'1f!
cette zl.nc,
lu
temps :1ccordÉ: à. l'"vY\\i,chide est nettolJlcnt sup~riC:Lll'
i;
cului dus ~~LÜtllT0U d'autccenSUmf,L1Cicll : l':èT""1chid.G cccupe 60;. (l.U tU:'çs
Llo tr'w.',il .J.g:cic,;lc c.L l 'lK!;];îlC et [)2'/ cl" cLlui dos femmos (voir clétê.il
:tu tc,blco.,u). Lüs i l va s',ns dir; que nL'US no pcuvcns prétendre (~'.l(; c .... tte
ni l'intr",dllction de l 'n.r:-.:,chide,
ni sen dc;v01q.pcri-.lut n',::. J.cpun~~.l '.;n
pr2lJic..::r
lieu du i1c(;mpcrt8:~1(;nt du P::<i"S'1l". L' .::Lffccti~tiun de L, tdTO SI.;
Lü t d' o.,bcY'cl à U110 ()chc Ho r;lûb:;,1(.], le d(;torT:Jin.'Ult .:; sc::onticl ét'Dt 1::,
'''.'''f'"1::.n(lo do 1::1 Fr,:èl1co en huile d ':~L1chidü bon r.."~rché. cet ta uxic;uncc
s'cst trl.,('.uite sur 1'1ac0 rF~r un,:; s\\.;Y'ic do 'dCSLJ.rCS chscrü:lin:.t,ir.is 0.G.
f:-veur do l f,."1Y"-;.chide qui (,nt ...."bc,uti ,~1lix: rCslllt:~t:::; que neus cenn ,i[,SiJYlS
(ocnstructions des vuiü s di.; tr,ws1'(jrt p'.1l' l,~,:tlJ,t peur ~~ssurGr dos \\]cc:n.c-
mies externe; Sl.U cc'..pi té11, enc-:,clremont fin,:èl1cier ct technique,
CT1,"nt:r
tien cie; L:- r0c1".orcho 'l{:;rc'nClTl:î.qLlG et cll.; l::-~ wlg.::I'i82ticn .. o •• ).
)2.F'lXT :\\.TIOTY DU 'L~"J'S ITi; 'l'HAV1ilL il LA
FTlQllD..CTIŒT jlG:{JC;O~DAH9U,.RAHLANE
II
{pc;giun de Di.curb~11 S'E..-12.21
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CLüturo des lIicbés
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195
1
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53
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• c.,.ùt"rc dos ""ochidos
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~59, 1 99,9
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351
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...... ~ ..... -' . ,-"
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_ .
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~

..L
Scurcc
Ph 0 Ccmty. r~r:ip1 ci du tC;!llpS <;t crg'-Ili sot i,n cLi..l travai l '~'. ù',l'cu
Rolui1[~n8 II, in OR3'l'ŒI. L'~int'3~L~CO s(jci~lc ot clL""U1G,.;rnent ':;CC[1e-
rnique cm Sénugcü T.1 po
112.

R/ZT95
Page 284
b) Phases.'
Le processus de la soumission à IG logique de IG productieû de
la plus value s'est opéré
eli,deux ph~ses : jusqu'en 1930,c'ost la phase
libérale, à partir de 1930, c' est l~phase "interventionniste" de l'Etat
d,ms la production.
Avant 1930, 3 facteurs essentiels jouent simultuném0~t : la
contrainte à l'imp~tt IR construction de l'infrastructure des t~ffilsports,
lep prix. Tous ces f:.'-Gtours concouroot à la "monéturiso:tion" des rapports
.sociaux, do m2.llière ~, lever à terme los contrmntes non économique.
L'impet joue un r~lo essentiel dans la contr~ll!te à la production
de la plus-value. La p2.I't de cet impet dans le budget du Sénégal n'a pas
été négligeable .. 1.1ais son r'ele était plus important du point de vue des
changements structurels et dos mentalités : donner uno conscience de la
présence de l'Etat colonial.
,
,
La construction de l'infrastructure de transpor,ts a joué un
r'the important dans 10 processus de soumission. Comme l ' 0, montré VéJ11haer-
beke, 18 c,,,-pital a réalisé de ce fait d8S économios e::iermes très impor-
tMtes par suite do la réduction du collt de transport. DuriID-G cette
période le Dé'.kilr-Séünt -louis, 16 D2.kar-KélYes et 188 lic:ncs armoxest cemme
LOug~Linguère"
])iourbcl..JI'ouba, sont construits. Le producteur se trou-
vait de plus on plus dmw un système orgcnisé autour do l ' L'.t'CLchide.
Mais les
prix Qussi ont joué un r~le. En cette période d'émer-
gence des prix trop.ban ne 80nt pas do nature ~ inciter 108 producteurs à
sortir du système d'o,uto-eonnommation. Jusqu'en 1930 en offet, les prix
à la production des L'.r2,chideo ne se d0tériorent pas 2,ussi vite c,.me par la
suite. Nous avons vu quo les taux de plus-value sont moins élevés que
durant la période pont~'i8ure.
l>1ais l'organisation économique "spontanée" mise on p\\.:lCC .4urant
la période de l' émergenco, n'était intéressante pour le G8,pitalqu'à e~
ditian, promièrement quo les prix mondiaux restent très 51evés, deuxièmo-
ment que la part revenant au producteur ne r.escendo po..s au dessous du

R/2795
s~u.il, où celu.i-ci Dl, cOllt0ntcr::rl.t du prudu.ir8 pou.r l'ünpCt. Or à p:u·t1r
de
1929, i l Y a u.n~ crise à, CilS duux points cl'-J vue : à trav,,-,rs les pr€ts
u.su.r:üros, les llintorm{;ili:lin,'p;" elltre le Dr:\\nd c:Wit:.:l et lus p,--ys,:.IlS,
rêci.u.i sont de mC1.nière drc-:1.1:'..tiquG 10. p:u't qui r'_JYient a ceux-ci:; 18 s prix
EK~lCliQmc bcüss,;nt :~voc le, crise de.; 1930. Ltècon<-,Llic ('.0 tr-:üte s'GffündrEJ.
1e:, production de 1931\\tt(;int & poine 100.000 teJnnas.
Devant la chu.te brutéÙe des cc-urs, les P~WS:1ll8 r6,·~.giss.:.mt de
ëc0u.z rné111ièrüs, ruluction dG 1:\\ prcducticn :,rachidièru, tri-i;ur],tion n.rtisa.-
n2.10
Lü rnouvumcnt cle rotr:'.,i t ot ses effets sur lC1. t"ndance à la recentra-
0
lisa,ti on de l t 8conorniü sont décrits pé\\I' Laboure.J../qui mon~re cOIT@ont
lIQXtis"nc,t rené1it et leG 6dLè:"j"CS intGriÙUI'G se dévoloppent 1,. :
les cul-
t~lros vivrières mQnioc, L:il, COill1C'.isSiU1t à nCUVC:ill une fori8 croiss2;.'1co,
l t::.l~ti SaHé1t sc l~.év;:;l C)P0 à l'abri cl.:.; Lè cc.ncurrencc Gtr'~Gère otc •••
"nombroux sont 10 s incligÈ:ne s qui ont gr"ssi 10 numore J,l; f:::,oricnnts cl 'huile
d' :œ:.1.chido de telL; 2,crte qJ.U c,-,tto f:'.,bric:.:;,ti on qui rev8'"kü t
jusqutici un
c2:.r~ctère Gxclusivement f2-milLù, mé1llifostc une tonll;::nco m::-crqué8 à Su
tI'wsformer on v0ri t:,ble industrie; ".Y Cette vell éi té de recentr.a1i.saiiGln
lI spcnta.nGo"
del'6colléEJÏe :, paru é:SSCZ d"--l1gercuso à l'i1uilcrie fr:mçnisG
ernorgontc pour cru tollo ('0n1êllll.1Q à l t G.dministro,ticn cl 'intervenir, 10 rapport
pclitique do 1931 pcu.rsuit en effet
~ lICi)t êt.:o.t <le: cheso " soulevé clos
prote st ,'),ti onE; (',C 1:\\ Clvvnbre cle COr;)[d')rC8 (10 Rufisque ut de Da.kc.r qui
comptent des huiliers J.:.ns lOLlr rcsscrt oo •• ". Il ét'Ùt cl::ür qC'.8 10. résc-
lution "sponto.nGG" (1,0 10. crise n8 profi tait point ·".n c,-1pi t d . Lo. tento..-
tien do rcccntr,-;,lis;:ltion contrüro aux c'pjoctifs do 1-\\ colonisa,tien 0t
du cnpi t al (le tr,ü te müntr:üont qu.o l ' int 6{;T:;t,i on du men,le rc st~ùt
prc)c:tire. four 1:: régul.c:.ris"ticl1 do 13.prc,duction, i l f'..ll.:üt i;nci'..drer
d:w2lltage los prcc1.uctours.
A p:"rtir C'.(l 1:-, c!'isc cle; 19301 ct surtcut Z.. ya.rtir (1..:,s :Ul.nGcs
.193-3, 1. 'Et:"t"c.llai t, pJ.r l tintGrv'~l1ticn de 11 Aclministr.ticn pr"mlro
llirectomont 8n linin les IJr0cc~.jf,mS c10 11. soumission dos p:.lys"ns à la logi-
que do 10. production L;arch~iJlc~G et do la producticm du 1-; plllG-V-Ü11.8 ~ 0
11 Lé1hourct o. ~..
0
216---'-
1:/ Rapport Pc.litique 4e rl'rimüstre 1931. Acch. du Sôn6g:ü 2 G 31/2.-

H/2795
P::"'S8 2t36
Li], contr.:ünte à tr:-:vcrs l'imp8t (ic
capi t::l.tion se trouve
n;l1forcec piJ.r un encil,dre:T!ant ,1.dministroètif plus systéi11:ctique cJ;'~[lS 10
c',ill'c de la politiqu8 d 'oxpansiGn clo l,"," rrodLl0tiun l.ré'-ohidièrc o
Los sociétés indigèncs de PrCvoYéU1CO, gorûes dirccto:::(.:nt pilr
l' i~cùj\\inistrati on (le c cmmé1n::l:c.nt ',;0 cercle on 0 st Id r e srcnsJb le lX1T
c,~rc18), se substituent p1.rtielL.:r;K~nt au "conu:\\crco" cbns l'()rga,ni~.::ticn
_~u système c1'unch,tteii1cfrt. L',d'fili:ticll (:t leE, cutü'>i....tionD sent ,_·blig.';'-
t';ircs. LB prillciI10 clo l'e:ndettomclrt cl8E: pays:.1n8 et :L l'extinctiun C10E!
pa,rl'âpport cl'.J,rachid\\:)s ccntinuo. Lieux, li... scoi6té de Pl<vcy.l.noo
8urt à augmenter 10 t"ux 0.0 l'impCt. En "fl'et, l':...ffili"tioll ost
obligatoire
,',C:30rmais, et une cctislticn fcrte; est iLlpos(~;e. ~:ais i l y a de.ux: circLüts
Un circui t
~ tC\\.ux !1ll'c1.6ré (en gener,1 pas EmpCricur il 25~")
ut U:l circLJ.it à taux usuraire (parfois 10Oj~)o Lü circuit à taux LKd0rC
ost celui ::ij l'~::té1-t. Il cc.ncurne l'acquisitioncl'ullo c(;rtcrine qu\\.ctitC
c:~~~ bijl1s ,le fmbsi st:"l1CO clur:wt 13. p0ri L'do ,le scmclure ct cl' ~lUtroJ p,l,rt le 8
l'rêts cl'equircmdit. P:x 2.i1.lüurs tc.utc la pclitiquc écom'mique ,:lc l'céclmi-
r::rticnlier le. pcli tique dU3 801il'':1'1C08 sôlectionnêc G ct clo vunte des
,'::.Ji;)"lrS a cr(~lLit il,urc'" peur off8t, dé.; rcnclrc 10 mil tout à f,:rit illccmpu-
ti tif sur le in ....œch80
Pour A. Ly, 1-., société de PruvoYi1nce 6t o'ù tune c:ccictu ctJ
~.;c,_urs mutuel, uno societé ,Lü cr6di t, une scci6tC cL) pre€;rès
,;cu]1crüquo
,)-[ '3ucial et une; sooi~té de ;;.rU!1uction.J /I!1èis l'.,utour ne; ':,it, rLdl sur la
",nièro dont cotto insti tutiun contr:Ün.t de plus un. plus les pr'~'"_LlC'kurs
8 s·; spLci~;,liser ct denc i:1 clcpcmc.1rù cl:w'U1t:lrZ<:: clu nJ.::rch6 ct è.cnc à iili6ncr
:\\:; '-·lus en plus le surtrC\\.v::Ül seus ferme d'
plus valuo.
En définitive, nCU8 SOllUdes ün:œ8sonce de cl,;llX force 8
gü;sènt en sens contr:-.ircs ; 10 po.yso.n qui V8Ut d'o.bürd '1.SGuror S;J,
:;cLlri té,
le c:lpi t:ü qui vuut 8':, ]üus.....vi),luo. L ':;,dJJinistraticn 2,1'I>,io le
c':;,;itrt1. Les lwpcrts de fcrces sont inGg.:mx. Le p:ws;J,{l s'aclapte donc à
".
17 A. Ly. 1'nk,t ct li], prcduction paysa.nne.au Sénégé>l. Prl;8CnCG j.fric ~inc
1958.

R/2795
P'lgC) 287
Ol.:tta üxigence a
rr:~tiqu'Jr unu lutte de cl.'ls8Q sil'-'llCiuUSG U.l "b;~iG8;:nt lu ec·..;f'fiei()l1t
èr:~chidG/mil ; i,msi dl 8 '''èpurç~()it",n cbG~rv',nt l~ cc,urbu ':G l'u'J'01uti,n
'."
L," prorluetic:n'u':,chie:ièro :rue L:s pL;ri~;~,-?8 rl'exp:;llsicn (nt ccrrusr;,ndu
r,,-'Il:; c vne luru qlle 1:'; e;rèvc., do;,:; uuvri:J rs ,J ut une; 8 vrt io clll e,"-pi -c'~li 81.10, ci. (;
mGr'lo
onm peut cuncluro que: L; r.:r;li provisvirc SLlr la}':I'Gclllcti.,;ncl·:.;
,i; 'XI.;;nunt
ascunrllwt (l(; 1". }Jrcclucti(n n:1lgr6 1:1 c1otlJricr',;tiun UGi:; tL::,'rT!US
'.
_,
l'0clvl,nge â lcng t(;rlllc. JJ'l,ilL;urs ci le c~pit'~l no peut r::,s ::;rriv(;r
c)
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L\\ ::;UU;,lSS1cn infc:,';:\\e:1L:"
t'Jll.~ .IU'cllc est rCé11icic(; cl:~ns
l'-~J:ieultur() 3,;nu::;(lL~i;~() Cl, un e~ractèrG cl,Y'eh:üquG
eLi'I})(';I'0(; ~l,u lI'uC-J:;;-:U8
j
'(.1'
.-~lsf(;rn1:J..tions CIl IT;-'..1lCG n'cu.t p:::=-) ~\\lin~ilIC 1·::1, suuri1i3~ic.t1 infcr!';.,-~~llü
'~Ll
C:~'"r:Ji-i:;-11.
CGll;..:-ci S'0St r-~-r:d.~·;._.;rCt;(; cl. :).'lS c'~;rt(1ins s',~~ct(;uroo ~Tz.;:ill;_.~ i"~'l8,
qU'2n PL'.11CG,'uno c-xpL:cit:'1,ti0.1. Llcycrmc; à Ulh) supcrf.iciG v:'..I'i::;.nt entre 2",
",t 50 hi]. suivant les r"'{)'iùns ct cLuc les productions.
Je lon l ' etuc1.c: cl..:: Cl. l"'~uro, e,;:::; ~:::1ys~:~ns
tiUl
s(Jumissiun inf.:.rrncllo .j/Hc:u,,~ '\\ll~ns r.:.:tracer
l '

n/2795
P."'CG 288
1892, 1" superficie mqyenned,' W1ü 0xIJloi t,':,Gi on ét,',it de 11ha, ol1u et,i t
c:u 14h en 195s1~ fu 1929 à 1942, lé1 uatégorie d'exploitdions du 'lOh:-~
3.vait reculé d,ns tcutos los régionsfr:mçcisos, t<l!1clis que 1:;, c ,tégc;rio
20 à 50 ha progrossc'-it pc::.rtcut o Au centr,ure, entre 1942 et '1955, c'est
c,,,t6gorie do plus de 50 (la, grosso cxplc;it"tion) qui,'], marqué le plus
( .0
lJrcgrés~~ l'cris il y il à pnxtir do 1955, l'inflcchisscr;lunt que w,u::"
,:è,vcms obsorvé
on f ,,'JULU' '.le la meycnne üXIJl(;it:~tion".JiJ.e finn,lci,18nt 1"1
mc,yunne êxplei t ".-ti en fr'1!1ç3.iso soit soumis8 au Ci1pi t:ü qui l'enDerr0 en
bi,]['~ 6tabli. fuux prccosGLw fGnd'..montaux sont 8, l' 08uvre
fu 1955 à 1963 "li'.. Tnrt c:u territoire: Cl.:';Ticolo utilo eccuI'Jé
, ~r 18s c xplci t:1tions Cl", 2cI il 5U hc;,:, augldç,nté i on 1955, cclL.::J-ci
r\\~l)r~s,.;nt:,icnt 16~, du n(;,rI10r8 tctal .Jtexploit~tions et 35?"dcs.,suffaces
C'.,~:riccles utilos i on 1963 01108 r01Jr0scnt'..iont rcsp,--,ctivcr'1ont 23~~ 0t 43~/,
des surfacos 2.:,,;ricolus utilGs" .JI
Houfj Devons que 1<.; l'ruc8ssuS cl;,) ccnccntr:j;ion d,JS c;xlloit..,,-
ti"n:::;:-"'Gricclcs ost on môme tumps un nlCUVCli},,;nt de prolu-t;·,ric..;,iticn,
',lh,C:l,
i l
i l n0 s'i1git peint pLtl_r ncus clc dire quonoLls préf6rons 1::1 concc;,tr.'é~ti,n
dl.l wu'.e
cle r-rGduction c,cpit:llisto dont f·.·nt ~),-,,rtiu los clULlX f()rï,;:,tidl::'~
::lGcL',lüs, tout clév-..:luppor,l,;nt clos furccs pr"cluctiv8S doit Ctre ;,ir,":c';clc
" 1 UIK
cGrtaine c()nccntr':l:~ion ,L; s oxpl oi t,",ti uns.Y Cl:rtc s, lél cuns-::i tuti un
I_:;is il n'y 'l rns œ:n plus pcssibilit6 d'J"lS un mode do prcduction c:1~Jik~-
liste; c:'...; clc..vuLppcr l ' ;l{;Ticulturo S:ulS furril''..ticn d'u..nit8S do IJrvC.ucticns
-:-r-::-------~----'_.--:~------~-
JI L. Porcc.:v.::l
."
o
Avuc 1(,:)8 lyws;lns pour uno ::/~ri.cultLlTc; non c~rJit :listL: 1.'
53.
0
Jj J'Jotos ct Etuèces cl:ocur;l(;;nt:~irGs c.c. r. 10.
Ji Dz.cumentatiun fr:,nçl.ise o l'JC''t0s et:.;tuclcs DUCLllllont:ir08 lTO 3422,
25 Sept. 1967.
M S. A'TIin, Trois oxp8rionc()s r~fric.~m;s.

R/2795
P::tg8
289
le, S oUGIefs o
fi~lèlQ s, On ')lu.rticulicr seus fUrL1" de; rùrl"vC::J1CCS (jn n,:;,turc ct d:'mo on
'U'C;0nt ct f..lllrtvllt fJC,US ferme cle pr,cst(~tiLns gr".-tui tDe dL' trav',il. l~l'us
rl'...:vons ici f·",iro un<:: distinctie,n nl:ttù cntr,:"
1'1 prc:st,".-iion génfrüo 10
tr~vé:il cûnsvntio p~,r tCU[3 1-.:s pl,yu:1ns'":,tt~chÉ;;Li à un m,:,rabout, ut lu
tr:vi,ül ,'l,ccumpli par, les "C~)I!lLlUnQ.utês" ,",u 8l:in lbs claré1s mcuricl,e:s, :':;.1'
16 s t :::.kdurs" 0
",,) 1.0 11'U'2.bcut.J.... 10 t .-J. i b(~ ot le 5éWi t~,l
'jt...:nu Cé.-mme CI,Tl"L'spvn:li.nt ~~. lWC s.rt" c18 "surt..ro.v.".il ~~r lo~'":.~.:.LLI.lt'>
~~n l):riiculiur , c l 'cC si :L~ t:..:clu',iquo mise en oeuvre: })".-r J. COP-ll1S, J. Il chI
Fh C(JUt~ C(;tte m·,nièrG.Lo ITc..cvlc;l' i'·,.i t abstr '~cti cn du Gyst?_,,;,~:!'lcb~l
d .~lS lc;qucl ost inscrit C·' tr:èv.ül. I:;n off,d,
cc tl;Uj S c10 ;:mrtr.v',il

11./2795
F-u.!,8
290
T':tr les "into r'iléùi.:::;,i 1'0 s" syro-li b::l.nai s. Donc, 10 tdJ1pS <J.c..: trcw:dl
effoctif r:-1pproprié pn,r L) D1L1.l':"bout liicuriclo :.)st·infcricur 0,11 t(;,,1ps_:nrc-
~>i,3tré l-'::1X' los anquôtes 8L1piriquos. Il ,~',,::;,it là d'un rrinciIJo z;(;ncr,l
cn,pl:11.
Ainsi, si 10 i''':~ys~ lè cons::cré qu::trc..: hcu:l:'bs ;3ur le ch ,mp du
L:-;l'J,bûut, il su peut qL1(; celui-ci n' cbtiaill1c on fin c'c; COiJ11)tO 'Iue l' '~Clui-
sccic11es du circuit .~L1chidior.
a2~ N2,tur\\) du tr,:;wéÙl él,cc~.;;;l~i;....ol,"-);.;,;"'.;;;r....;;;;lc t :l1ibé or_cl_i_n_:1i:r'~L_ê..l;lr
Il; ch:,mp du nJc,r::,bout.
Le t'libé ptrticipo .'l.ll trav"il ccllcctif crgc1llisé r_'~ns (Les
vi Il C1{!,'o s on. fwc..:ur do s Ch:LDl'S Ju m:.r'Lbout.
ÏÀ)S
un:::!l3't0:~ do plus Ul plus precises purr",'ttcnt :1-.: r,wntrur
que 10 vülUin8 du CG surtlcw;-;.il V~,r t ·,libé n 'cct p:'tS très 61evC : "10
tri butit:n li!~nsucllü p;:.r ~'crs,mno 'r;ctivc: v';,rie (;]1. tr(-.) 0,2 ot 1,~: hüLU"C s,
.
1
cc. qui no f:it qu'au m.-:.xiraurn U:l quctrt de jcurnéu p,,r w"'is".J/Cccrtcs,
i l
sl·~,:,it-là du ruslJ.lt:lt d'LillO -.::nqu6tc fcütc èl.-,llS'..Qf1 villo,go. llc::l.is ,'!:utres
n'ost pas très Clovu,
surtcut ,li un s(; rappola que 10 L;';:rabc.u-c \\):3t
c:ntr:<.int ele llirti1g-Jr C:. t8mps l~U tr:;,v.,il avec lu Cèlüt;-·,list0 (;t .~':.;t-:t.
'Jl;jlqu'en'~soit 18 VClUiilC
10 IJl'cblèlilC SÙ l'use cio s"v:.:ir quelle c:;'c 1:,
1
.l.turc (le cette pr'Jst "tiun. Fc.'lr certains :ccutours
il n'y
1
'.1
,;,ucun é~.( ut,.;,
,L<JS
jdé':X',",bcuts expluitcnt lCG pc:,ys',ns.l:./Gotto thèse cst cc·ntost6 rnciiitGl1C)..'lt
\\T·:-r qu'il ,y '"1 Llrl...; prost'üicn uni 1:'ot 0r,tla
Ils nu sc licSl.:nt ;1 1 zülL.:urs PClS
0
l'cL questicn lL', sc;vLir si le r :..:j~Jlœt ost fcn(l.u.lont~ücmc:nt icl601u[','iquo cu
~culurniqu8, cu l,èS dGUX éi L, fui s. 1,.". llrise 811 ccmpto d CCDS le; r"'PI'crt
Jl cf. Cupo,ns, "mplci du t'Ji.pG ct crgt"nisèti on du tr'l,v'ül 2.r;ricc18 à
'llussir.W ••• p. 171.
]j Lorty ••• lJtuclos sur l 'IGl:,ril :t:'.L Sénégal
H. DWiJUnt.. L' M'ri que: nciro (~st mal partie, PéWL;,::nnorie siu,x -;,bei 30

R/2795
PCtgo 291
L"Jlugiquc ontrc le r;l,:I'~"bout ut son ficlèlo é!.mènc J. 110ch à cUlcluro quo
l ' :cn:üyso (tS 1-:1- pr2ste-l.ticn (lu tr-!.v~il dos t-:1-1i béi8 nG rolèvo pas cle; lé!.
IJTsc du tr,w:ül on miliui] rur,;l révèle: la cœxistoncu de cleux s' ctcurs
i!.ld '~po n:mt s
tiuls ,t,; tr"l.v,il Slll't, L,Totuitcs, cllos se,nt bGnêvolcs, ullos n'LiIlicIUlJnt
lclClEl\\,.':imimliic"n '.lu st"tutl()s
rost_,-t:üresll.1/
i:.:
llts sont cles dirit.,:c:wts ct los t'~1ibcis les j,)ümbrlJs. A l'intC1.~icur de
f3ULl
(L 1'"'1, ccnfréric
,u lJ~ntJicc~ cle lle;l1SCfilblu :1é) l'urganis ;tiCE, :a
T ',olon
ou cL circlllC',:Gil.n uni1:,tCr"L; C1,,;8 richosses éL;f;; t:üib0S, \\'..;1'>3 :L"
;;~,r,:1lJcuts est un ~8~/7 l'lr~;'-mifJ,ti'll éèccc;;'l)lit un reliLirJpc:rt'xlt ,
'''l
pLJ.cc. Cbriun insisto"vL'C r~isun sur le c-:.r:1ctèro très rc;liltif (~c.: 1,,'..
richesse ùes lli'..T ,bcuts,
qlÜ t, utÙdot~nt très ;.,;}ovôo cl.!DS Il: r:iliou
f 5t qu'il n~ ~uut
flux rk
l-{ocn,
cmpI él Qll-t',:~JIJ8-o-tTrg:"nls'-Tî(-:rlCUL Tr:,.;v.-Tr éL1C"ossJ(i:;--OH::"i'Œ7',--
163 (sc,uli;',;'no :'''~J.,r nous FI.rr.)
1/ s. Amin i 1:1 rcnt~ funcièrc, in v0r;~;(,I'culus cal'it~lislllO ct l', qu,;s";i"n
1/* ]). v. Crui SQ OBRn~N, Dc,n divin, c~(;n terre stro.

RI 2795
QUGi qu'il 8" scit, il n',;, lm scutcmir 1" tLèsu de L~ l'h,n
(~xpL.it(~ti on qu'on 'lidcwt 10 r'Pl'c,rt ;t1.:U'~"buut t,.l.li bG r',; SUl ccnt·:.:nU:
i;;(',t6riollo cbns la prest.'1tic'n dll tré1,v;ùl qu.'il il.Ccc-'pte: de 1,)L",iro.
pc:.SSG VlI' le fidèle
sur 1,-, ch,:tmp clll ,;!:,.!'nbcut cst on réalité P<1.rti1.go ontre
colui-ci ct 10 cc:pi té11 et l ':~t:'1t l,ormet de; dira quo l:~ l;r,jst.l,ti'lll ast en
f:1i t
l ' ccc-,sion d.u ::.' :ülianco , . classG ontra 10 c.1.pitù ot lL1 hiérarchie
mu.retb cuti quo • Ici, en n" p(mt s iump~chor d.) f',iro un r,èpprlchemont .__wec
ln ronto f"ncière. C,",llLJ-ci ost fcnd:lJnontaloi;JC;nt la cOl1'.litil!l dG l'n.llian-
CO
cl", cl.:l.s.so entro une cl:~SS( (Lo gr::tuCls propriétaires fonciers ot des
forr,ùcrs Cé1.pi'~aJ.istes.1ID':1Jls CG cas, la plus-vé11uo 0 st :):.U'tc1gÔO pn.r le
ac:.pi taliste en d-.;ux },CU'tic s l1(~1t l'une pour lui-mCmo ot l' ::mtre pour le
grCllld. prcpri cita.ire.
tl'ibut que lu CQpi t:tl ctcc.:'pte C:~U payer élU. )";.",ro.b..iut peur acc6dor au
tr::N-ül è.JS p.--'-WS'lllS cn i,linimis'.1lt los fr"is C::.'onc~d.rOI.K;nt. Le rJl:.r1bout
peut, d,.".J1s unü conjunciure p,"l,ssG.gèro, ;:;rotugcr 10 })él,YS:Ul contre ûl;rt ..üncs
exactions (10 l'administr'~ti~.no
Lais le trlJncl Clst à une :ülianc8 ontre lui
et 10 cnpi tcl peur 8xplui ter le r::l,yso.n. D~s c ..dte chiè,inc ci 'Gxplci tation,
la pr,-,sté'.,ti\\..in sur 10 ch~:Jnp du mo..r3.bcut n'est qu'un G.spoct, lné1is il est
essontiol o
Cette intorl'r6tJ,ticn ne pr6tend p:tS nier la pertin011C0 des
:J.utres o Elle pr0tend les scLtucr dW1S 1,-, ccnte:xte glcbc~l. "Unsi Li these
d0fcrn1éUltc si ello n 'cst p'1S située di;,ns un ccmtuxte tül que l\\..i J,"l':tbi)Ut
n"-;-'PP:!.I'élissc prèS plu:J qu'il n'o:ôt
; un :tlli6 sLlborctu1llô. L:1. thèso du
mythe ci", l 'cxplci t,ti en :c(1)(;SO sur lli10 iutonomiCi ut une colHircl1ce interne
que 10 ffieuridisn18 n'], l.-as. L'initül,tivG du la prcductio!'l "r.'1chidière ne
relève p:J.S c1c oetto iI\\.rGanis;~ticn". C'ost un "sous-systèmo"f qLlÏ ne
fonctiGnne que clans le CèdrO gGnér,L1 de l'exploitation piws·,nn". Lé,
17 P.P. Rey: les alli~os de classe. lt~sper~:

R/2795
P;:,gc 293
ns,",·:;,ticn pn.r Y. Rcch clu ccnt"nu Cccnc;,liquG U(; cc surtr;c,v:ül,
H:pcse ;',ussi
sur cvtte ne,n pris'.; en cum::t,~ die r~1.PIJcrt c:cpi t,~,l-m::.r':iJcut-t,'l.libe ,Jù 1(1,
rrcst,::.ticn jcue un rtlc: trô~3 impcrt:u1t.
[CUS'l.V011S vu. qu'on l'ol,l't-:.nt ~k l'enqû~tc: 'Lg:cicuL; cIo 196ü,
'.'n ',,)(;uvéti t
éV:1luor ii 30.000 ;"crSGnflCS 10 Vclul;;e Cl8 l', :i', TC.) ,',,; tr:::v,il
extra':'féLmilLüe r(;l:"tivc;iIK)n-c periiltLl'lOntG, :~ll fLit,
LU1C p:r-tic sGul"'i;lcnt
C\\:.: c.tte fe,rce <10 tr:.v:-:.il (.+ü t
engagée r1ircctCli10nt ,,1.",110 l , :;l'uclucti un
:,T,',chicLièl'c. 1,(;3 sr~l::l'i(s cL l,,, l'l'gic_n des lii:LYGS et du. ])c;lt,~, (lu. fleuve
cngC'..géc déUlS la i::œcclucticn élr'~Lchidièl"3 :"Ll ccurs cIe la Iùl'icdu c,:,l_nLüo
sc; cLcr:mpcso en cloux gl'c'Upes GS:Jcnticls : les navetéUl8s Gt 10s t::J.kclol's.
Los pl'o:aÏ(;rs ent f_it l'vbjct cl'cnrcgistrellK"ilt ;'.utou,tiquc 'kpuif; lu,
,grLnck 'crise de 1930-31 ct lnt û"tf; inCCTj.Jcr":'s chns clGS ,'Ln~~ljTs8$ glcbC'..les.
:\\.u. c~ntr:ür8 10 rClclles t:1kcLurs est ;ii:-.l ccrmu et Li"'.,lhcurc)usc;rJc"nt ncus
n"wcns pu cbt,nir des infurm::tions chiffrées à 18ur l)rep0s.:I',is la
prGS(;l1c,) cb cc:tto fcrmu ile r·Tl)c.rt du pl'cduction :3Gulève C.~c3 iTcblèmes
thécriqu8s dc:-rit l , l'risG cl" cCl1sciencu peut inciter à L~, r:.:chcrcllO
~l'infûrm"tiGns qUécntit::ctiv8S rTcciscs.
L8 t'Jl<cl;.;r cst gébéralement un jeuno ômigr'lnt, rnrti rlo l ' Ouost
Se.-l1ug:ll CÙ los terres Gcnt uncc.,rc clù3l,cniblcs. S'il est ncuridc ct
inst,,:,J.le cl,:;s
chido,
1::" culture clLl mil n'l!t:cnt p.~S llCCCJ8Enirc p1jlll' L:. r"ison quo los
tc~dcr rlcivunt trcuver lc;u.r ncurriture e:n cLdFrs du cl::v:"ra. L\\.-rsqu0 le
iiiil est cultivé, il ost lC1. l;h:prL;té du li1'U'::-buut ct nun clu pruc:.llctcur.
Lê" prvc1ucti on sc f"i t, Geus L:~ J.ir\\Octi en cl' un. rCI>Tès'.:;nt:ult ,Lu nnr:èbGut,
le jawrin
qui no lJ.issüJ.llcuno ini ti2..tiv8 o..Ll. l)rGcluctGur des ",üeurs.
7
II Le t-:-,kder : littél'·,l0ri10nt , :::.tto..che-ccinture, CLilusi ,:on :;,u. ccinturvn (le
ctJ,ir souvent I)crtf r:--ù' 1-.:;s in'ccrcssGseLe8 tc1.kd.ers sent les m",mbrcs ,:08
C0fillYiUnu,u.t6s lDULl.ridus (dC1;.èT~") qui tl':wc-cillunt v:u.r un nn,r,ocut, OHSTON,
mc:ünt <.;n,JJ1CC) s.:.ci3.1G ot ch,C""ngcL1ent (~c011c;.1iquo
C'..u Scn6gl.l. t
1 p. 263.
0
:s./ Selon l'\\.ènquête de üBHL;jT cl:."J:1S 7 d,:nrQ,s en 1967-69, 1'1 i'I'-Y0nnc c:'ËgG
ôtait ùe 19,5 ms, lQ, tro..nchc C~(; 16 Èl 30:ms ùrw:-:.nt 73~', (Ls off\\;ctifs.

I1/2795
P".-gG
294
L:, mU'c-llcu.t r\\.;p:"-I'tit 12, torro, 011. {~6nér:.ü qLlOlqul<lS ~, 5 ho, 1);:,I' (;,:,,~cr2,
ct füu.rni t
les SOfJOnC;0 s
; l 'OllCr:üs ot .'1u.tr0s Ï!1c-,yons do lœ0c'..uctj.c,(l
néceSSét,î-F'eSpcu.r l ''1cccmplis8uLi'-Ont (lu. t~~wail. DC:J.1S chaqu8 c111c'1r~~, le
-crav:ül ost crgiUlisé :r:;:U' 10 ,ic:.\\Jrin qu.i d:nne 2 ch'~quo t:-"J.ib6 une l)Cr-ticn
Cê.ilCUrr(;ncc; entra da.ara,s:proeh0s, musique Llurant los tr20vaux etc,
pour
,
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J.11.Cl ur a u.n8
cr C jJrL;CLlC l Vl 0 0
Qu()llc e~jt 1"
n',tur0 8c:..nuniqu.c du. r:tr;l)ort de prdlucticn
}jn apparonce
c,~lu.i-ci n8produi t que: (lu. su.rtr:w:'Ül l;llCl~Jlt
Lm·] ,'li zainod i ClilllU2S on ~:;C'y(;11.nc . i G 1:1 :fin élo cette përi ccl~, 10 ;.i~r~bGut
lui "donne:.:" le clrcit c10 s'instüler CU1TllJ10 villageois dans 10 cltT.J, l'J;nt
L" 11.:,turc S8 tr,],nsfcrmo l'lOU 2 l)OU i de t.'Llibé tnJcder il dQvicnt vilL:,-
('(;cis,
il ost ni plus ni t11eins d~ponù:'.l1t ClLl. 11l:U'1,b"ut que los:-:;u.t:ccs
tJ.libés.
C8I),;nclant,
si lu tn.kd.,;r c;'.;viGnt talibû ct 10 cbé.U'"
lfiLLJ,g...;,
1:0 tnJcdariat cl()mOu.r0.-~/Clost un f:-.ctcur ossonti"ll do l',w:uJ.co Vd'S l'';:;st;
?ussi est-il 1lurm::ù: cl;; 8<':': dor;nné~or si los r:l.I'I)C)rts un près\\.;ncG ,.nt un
contenu cccncmiquü cu 11.en.
Fuur 10 s ("ut:,; urs CÜ; 11.lcuntenài'l6e
scci'Llc vt chi1.ni}.~m:)ll"t
êccnullique1lau S"':I1Cgé11" le trC'N::il ccnscnti é1U bônéfico des m,J.J;':~b(,uts n'a
:'.s c.~,; cGntrc-p.1.rtie mé1t êriu ll~, CG que c<.,nte stc Obricn.
Cn C,)l1i1'Ü t
sun pc.int· d,) vuo, }'ciUr lui,
10 rncuridislJ](; ost Llno
erG-~nis ~ti()n dent les él,otivitôs Ijrofi-Lnt 2.LlX i'lcrùbr0fi i 1L; L"it cIIl,,: 10
tJ.kc'.....;l' (,·bticl1nc Lllle; ccntr";-l).l.I'tie m::.t'~riollc é. 8en. tr2.v~il L~i t
qLl ' i l
Y a
êclLèngo. :LJCUG -~vcns cli t à prepose des t:üi bGs qu'un t01 r ~i SCl1l8-
;lIent ne tient p'lS cunpto do lr~ p<.ssibilitlâ d'une oxploité1ti'.n si l'.,~;ülE1llgo
__
.
.
-'_._,_._-"----~---
J]Obrion. Tho IJouricls cf 3unugal
P. Pelissicr, los l,:èYs::,ns c:..u. Sènôgiù.
:?/
3/ p •. Couty : i 11. i~:ù nton1.nc.) 'J,-,ci n.le c;t chiJ.ng0went
--
.tU
;:"L:négal t. 1 i F. 14.

R/2795
Page 295
ost in6g:.1l. A nctre:1.vis, 10 t:-1kcler fuu.rni t clu travcùl g:catui t .o1l1.
f;1~:r:?"bcut. Par dix ans d;.; L1.beu.r, il achète 10 droit d'exploitGr ,lu. sel.
En qu.olquG sorte,
le m::œ:~büUt functicnne alors comme un proprid:üre
foncier qui vend clos drGits d'us%"'€:.
Pcmbnt Sil viG é!.u. s,-,in du. d'-:.:œa, il
duit vivre de la monèlicité : C'ûst un C.:J,S dE; su.rcxplc'itation abscluo, qui
n'appar.",it absurdo qu'à ceux qui ne sont pas familiL1.risés avec les fcrues
,.
.,
que crc:md 12, plu.s-vnlu.o (l,::.I1s le cadre de l'impérialisme.
Ce rQ,ppcrt Enrabuut-t3kder dei t âtre int6gr(; dans l'ensemble
d.:~ système pour 011 cClcprendre l,], n:ltun; capi·:;aliste. En particulier, il
L"..ut so ral;pclor que les v·',leurs produ.ites péU' le tokder no sont pas
cntièrcu;;nt ni même principalement a:vr:ll'cpril:os pé1.r le lr1U'abGut. Une part
irnpcrtantc 2st:cc::u16c vers 10. FrMCO à trQ,vers le ph6ncmène do l"éch;:tngo
inégal et 10 gratic~ C'"èl'JÎ t:ü ccmmercinl et hu.ilier en acc-;,p'U'e aussi une
gr,:mdc partie.
Pûu.t-on mesurer la cc,ntribu.tion dos takder à la pr,,;du.cticn
)J'2.chidière du. Sôn6gnl ? los données font tot~l(;ment èléfau.t. Il ne su.f-
firni t
péCèS de
mesurer d' Qi lle urs l'output en :u'achide, mais il fau.clr;ü t
au.ssi 11rondrc en cumpte les investissements "hu.mélins" faits d::ns les
il(~Îrichnges, do.ns la ccnstruction des pistes, clw.s 10 fcrago clüs l'u.i ts.
iî.UCunO
enqu~te n' oxi ste il co su.jet. Le triwni l de pi onnier 0 st en f::Li t
)lu.s impcrtant quo le volu.mo de la, ppi'cdu.ction pu.isqu'é!.u. bou.t d'LUl
certain tGmps le t~kdor devient villageois. Do.ns 10. r~gion.do Diüu.rbel,
Obrion a pli évaluer à 3, 3~c' (6.1300 t sur 229 .OOOt) la 1-1rüdu.ction :u'1chidière
C:,;s daLlra. Encore u.ne feis,
cuci n'est PélS u.ne mesl1.rO du. rôle (lu. tél.kclnriat
d~~ns la proà.u.ction arachidière.
Le rôle le plu.s important ùu takd:u'iat a etC) et reste elc
rlcsiGu.dre si mu.l to.nément c1,-mx prcblèmes : dNls le ct1,dre d'u.ne a:r,ricu.l tLlre
c~,loniale extrêmement extensive, faire f::1ce à la fois à la prossicn
déülogr:.:.phiqu.c cl:lnsl'Ou.cst élu. pays ct permettre d'expansion nre,chidière
à l'Est et Su.d-:'l:st ek prc:micr bnssin arachidier crgnnisé au.tour du IVwor,
He..o.lc G-C Djolof.Q.lo 18 rnOu.V6went mourido nit 0té "spontané" au. c1êp'U't,
ne cha.nge :pien à cot argu.ment. Spontané, i l l'a pu. l'~tre car ct'U1S les
prumiers danrns,la ~t4-~1fj~~ô était donnGe AU mil,et non à ll..a:r<1chide.

R/2795
freGe
296
DG môme la chomin do fer ne tr:wcrser::-:, ln rGgièn GO rrouba que plllS t:œd
. (1929-30) et 1,'1. ccnstructiun en incomber.." fcnd-unentalüment ClUX ncurides
uux-m~mos. T,lais le trQ,c8 de Thios-K3.yes est d~cidé à un moment oûllo
mcuridisme pour ;:~insi dire n'existe pas, en tant quo mouvem8nt. La
c~"cision est prise en offat en 1906 et le pramior c'c::-:,ara mouride sous
c(Jntrôle de Ibra Fall, no scrélconstrli t
qu'en 1912. Pfeffer1l'montre
bien que le tracé et en pt1I'ticulior sun incursicln vors 10 SUG-IDst à
l):::rtir de Di curbel , était bien choisi en vue do l'exj),l.nsion extensive
d __ l'arc"chide p,lI' l'(migrél.tion, à ppt.I'tie de l'Ouest. On pouvait unvisGgor
:mssi cl' organiser l ' ômigration à p·ê..rtir do certains points surpouplés
si tués à l'oxtcricur du Sénog:ü (li'outé1-Dj ,:11 on) par exemple. Quelles
mccl2.-litês nllaient prendre cette "colonis:ltion n6cosnire" â l ''1I1:Jro-
visiçnnemont do la Fréillcu on ulé:l.(;ineux bon marché? C'ost ici que
l'crgéilliscltion mourido clc!it êtrE. situee, c'0st-à-cliro au nivoau de
l'0X,:.cuticn d'uno stratégie adoptée on deh0l's do lui. Elle a pormis uno
" col onisdion" il moindre coût; il suffit do constater combien il ost
cofti'eux é1ujourd'hui d'orgQ.l1is8r bureaucratiquemont l'8migration sorer
vors les Terres Neuves.~En somme le takdariat, tout on prenant une forme
PV~'''l:!' .t"", .
r'.;ligieuse ost l~i·t d.~lJls 1.~i.~;::.1lio'unc strat0gie glob:tle qui tend à
'Jxploi ter le Fl.Ys ct les producteurs au muindre C0Ût. Le mCU'él.bollt n'ost
qu'un maillon d,ws un système oùiil joue un rele sub."ltorne.
6) Le navetanat
On sait qu'à partir clos années 1933, l ''1c1ministr'::,ticn a
fwcrisé un fort couréUlt migrl.toire vers le b~l.ssin .'U'él.chiclier. Les
tr:w.:illeurs ôt:'..Îcnt a:fJpclôs nav0tnnes, clo navet (s:'.ison pluvieuse en
cuulcf). Les ll,'1V(~t',ncs ont nrJporto une contribution importance il l'üxp.:m-
sion (le l'c1.T:èchic-lu o :Sn fÇi.;n6rnl, on s'ilntéresso seulement à l'civolution des
'...:ffoctifs, ô l:-~ ccntrib:.ltion à 1::1 production et livontuellemont nU]( lioux
l'c'c.rigine, lil'ÜS
pa.s au r::1PPo.~ soë~aJ..
C'est-à-dire que malgré les
,J"'l:::.ronces,l'histoirc: de CG phénomène pourt.:'.Jlt important resta à
Ccrire. Nous voudrions ici preciser 1:1 nû.ture ct Ll foncticJD du ni1vétnn;:ct
:~:-.ns le système d'exploitation d'ensemble dnJ1s le contexte imp0ri:üisto.
17 Pfeffer•••••
1:/ La sociêté dos Terres Neuves n'arrive p::,s à installor dix villages
avec un fort appui de 1." BN'lque l'Icndiale.

Rj J795
P:1ge 297
ILis ,::mp"Llwint nOll8:111ons rnppeler l t 0volution des effectifs.
a) L'évolution d~s effectifs
L'(]nr\\3f;istrcment c:u nombre des no,vetnnes n'a commencé qu'zWrès
1::'. criSE:: do 1931. Nais le phénùmène nV:1i t commencé aVJ.nt C0tt8 c'.rde'wec
10 bcom arélchidier de 1924-1929.
L'é1pcgée cst:lttcint un 1938 é1vec 70.000 n:wétnnüs •..2ILa
p':-riodo de plein epCUlouiss(;ment W1 do 1933 à 1939.' Au cours du cdte
;>-'::cicda, la moyanne annuelle ost cle 56.8000 La. période dG la guorre ost
un: IJ3riodo crouse (22.000 sGulûmen't on 1942)~; do 1943 à 1945, c'cst une
nuxvollo phase d'exp'UlsiGn, puis de ncuvoau, c'est la. chute entre 1946
ut
1948
un relèvement so m",nifeste à nouvuÛ.u jusqu'en 1955, enmüte c'ost
1
10 d·;;clin, puis la disp.:ll'is~"tion (,fficielle (l;';ci'lég en 1963.
Préltiquomont 1 en 1960, se'.J.1ü 11. r6gion dos Terres HeuveS;t nV"Li t
.;ncoro des navet:lllos.
Est-ce a dire que le nen enregistron~nt du phünomèro a partir
do 1963 signifie s~ disparition? on peut en douter.
1/ Barbier. Analyse en détail, l'évolution du né1Vétan~t; P. 98-106.

Evoe",;'"
NŒ1BRF: lYE NAVETANES
SENEGAL
SINE-SALOUM,
PART DU SINE-f;ALüUN
(1)
(2)
<1/1) ~~n ï;,
38.000
29.450
78
59.000
·'t1.618
70,5(\\
64.119
/{l ~ 620
3;;~.685
{. r:
t).)
69.717
57.715
82,80
. 64. L~60
4·6.173
39.32t,
30.950
ï8.70
24.504
18.286
22.625
11.000
48,60
Lô.600
38.483
8.5,50
41.712
36.602
87~60
35.000
28.566
81,60
10.500
87,50
17.000
68,30
2L500
17.207
80,80
51.332
!.!Ü.700
79,30
34.100
26.075
76,50
4ù.000
28.000
70
(~3.115
30·8.52
71,60
27.021
23 .000
85,10
38,781
26.000
67,00
17,850
12..900
72,30
12,260
8.400
68,50
8,461
8. L+61
100 .
oc. p 81
; 1950-1960 : Salilou Baldé
Changements sociaux et
~ons au Fouta-Djalon p. 197.

R/2795
Page 299
TABLEAU XXVII
REPARTITION REGIOlJALE Di:S NAvr-.:..'TAl'JT~S DE 1255 à 1961
<-r<-
~-<
ii
191)1)
191)6
19157
191)8
191)9
1960! 1961
1
Ilbûlack
30.852
23.000
26.000
12.900
13.400
S.461j1î .23
!Ziguinchœ
3.922
-
4.6a)
150
-
- 1 -
, 'l' c,mbn.ccunda
4.1380
3.000
6.380
4.400
3.500
-
-
Thies
1.736
600
412
400
300
-
-
~
DirA1.rbel
1.200
421
747
-
-
-
-
Lùuga
1
126
-
-
-
-
-
-
Linguère
1
97
-
-
-
-
-
"
-
-..... .._.. ..:---
-
~
43.155
27.021
38.781
17.850
12.260
8.461 11.23o
Source
Scliou Baldé : Changements suciil.ux et migr:'.ti,ns du
Fouta-Djalon p. 197.
L'analyse de la r6pcIti tion des navotanes par r0gions montre
qu'il n'y a pas do cCJrrolation entre la répcU'titicn dos gr~JJ1ds dulilain8S
ffi.'"U',-,boutiques et celle dos :bavetanes. L", rüson en est que les n-U'abouts
ni ont pas besoin de cette forme cle main cl' GGuvre,
los tn.lib6s et les t.J.kclcrs
r\\'cccm;JlissJ.Ilt le travail;" Donc, en g6nér::ü ce sont des paySCUls "crdinaircs"
qui sont diatigui et non des marabouts. Le navetnno viont de Guin~G, du
fhli,
du Fleuve Senegal et dos l,l'ornières r6gions œnügalaisos de mise: on
vc:,lour coloniale, le Dinmbour px exemple.
b) l'Jature et fGnction du navctanat dans lt; système d 'eJ9?loi tation_C!:s...miné
par llimp~~alisme.
Le navctane est un productour d'arachides. Iihis à la dif-
f(;rGncG du p:wsan 0rdinrüre, il cloi t
l'il.sscr un contr.J.t avec un "mai tro" le
di'-Ltigui, qui met un champ à sa disl'osition peur une saison ilgric01e (6 à
7 meis). DI après co contrat, il cloi t travailler 5 ffi'1.tinées on moycnnc1/
1/ Il Y a clos vxiû.tions r6gion::Üos. Ainsi Pcrtèros écrit: "Dans le Sine-
Salcum, un navetane est nourri ct logé, ne travaille que trois j<.:urs pn.r
,Jcm:ùne peur son employeur ût 4 journées sur ses propres cultures. l,hssion
Pcrtères, p. 81.

H/2795
Pi~"ge 300
:;wur son "patron", mais aussi l 'cüdor à
quelques travaux domestiques. Sur
scncharnp, i l prcduit exclusivement des C'"rachicles,
sûuvent /Wec (ks ',utils
qU8L.0) diatigui met à S2, dispc,sition. Il bên{jficie d'autres menus avant:.~;cs.
SGt1.vL:ri t.lble s':t1aire n0minal est ccnsti tué piJX' lCl. contrcpnrtie m(,nét~ürc
,le; l'Qr.J.chiclo qu'il vund lui-même E1l.1 cOI:1lTIorçD..nt. D'GJ)rès les cstim,J,tio11S
de V3l1é18verbeke, cette controj.JiU'tio formerci t
8% do la v~:.leur Q.T',chidièro
(prix Cl.U productour) de 1934 à 1940 et r~û 6% clc 1949 à 1958. 1:'.,vidu},1fllunt,
lCl. VU't qui vQ.,u mwctane individuel ~équivalcnt de 1800 kg onvircn)
11..'.0 st . pas
~n crme •
En g6nCri1.1, l'6tude du navetanat n'cst pas située délns
sen ccntuxte global. Certains auteurs, David, Fouquet, insistunt sur l'~spüct
juridique de la rclation. Ils prünnc~nt Ft.lurs le rapport cliatigui-nwct:we
cellliil'..;point du dépnrt alûrsqll8 c'est un pc.'int d'arrivée. D':~1.Utr001 au
ccmtraire, insistent sur l'aspect " scc iclogique" c le st-à-dire ,
sur
"1'~t',lcsphère" des relatiûns entre 18 navutanc et le c1i:l.tigui. CL;st ce
que Lü t
en IJarticulier Roclwtc;[l.u. Enfin une 3.utro cat ~goric clc cJlurchour:'3
sc C1 0iIl.'wcle élussi quelle a 8t8 L~ cuntribution qUiwtitativ,-,mcht. mer:urée cles
n',;vctanes à l'expansion él.I':1chidière. Ici c'est Vanhaeverboke qui '1 pcrté
l fl.nalyso quantitative la l'lus loin. I·ùis à toutes c.os ;l.pprûches E",.nquvnt
1(; contexte global i calui de l'inscril;tion de s novatenes dc"ns 10 c 'ntexte
,-,;6néral de la production de le], l,lus-vl.lue c~1pitûiste ct de l'analyse (l",s
ft ~'cticns non m"surables jc.uées p,:..r le nc1V0tani1t. TIcprenons cc point
dl; manière un pou plus clétaillût;.
b1) -
Sol"n }'ouquot, les navctanes constituent un
"IJrü16i;,'U'iélt'.. 'sric,J1c ll 1

/rhis l'è-,utcur considère que l'emrJ1oyour du prclé-
t,1.Îrc un qU0stion, c'est le di~,-tiGu(;. Cortes i l dôcrit p,:..r él.illeurs le
compc,rton;(;nt cl", l ,]~to.t vis à vis de ces navetanos. Il observe bien que sur
sen chl.lTIp,
le no.vctane ne doit cul ti vor que de l ' 2..rachide et rien (11 CLutre,
,J.fin cIv laisser le chef du l 'OX1-:loi t.,Jcion Cl.ffecter une part importante
du temps ·do travail f<:lll1ilicù à la culturo de produits vivriors ct .l.insi
'1LJ.gIa;,,;nter la production globale d' :U'O,chidcs. Il considère même quo le
il Fouquet oc. p. 135

R/2795
PiJg8 301
diJ.tigué n'e~, tire P:1S
do b8n6fices réels puisqu'il "met à la d:lspositic1n
du n~lvuianG le lug;;;mont, lus rGljas (",q.üvalont de 2.000 F péU' mc·is un
1949)"
lI
pond"l'lt 6 ou 7 mGis, alcrs qu'il ne tr:\\Vû,illü qu'environ 20 jours.
Le
même auteur décrit
aussi de nnnière ddéÙllé8 les efforts dG l' _lcùninis-
trJ.ti8n iJour organiser le s migrr,tiuns 'l-près la crise do 1930. Cvpc,nd:lDt,
é,
.ücnn mOIDent il ne pc,so la qU'.Jstion d,..; s:weil' Cr:.,rmncnt so l':"U'tngUl' le
t,--:~rrJC:: tcti:11 du travail liu ni1VütéUlo untre le clLltigué d'une pnrt, l,'). Ii'r:lnce
(Loclnnge inégal), l':tclministn.tion (impCts),
l(~ C:èIJital (les prufits)
b2) -
D'autres i:1utüurs, pnrteillt aussi d'un point du vue micro-
2'.jCFÜ et y rcstnnt, insistent sur l'inclGpen~ du navetano. C'ost Da.viel..
qui .:, d6veloppê ce peint de vue de lCl méUlière la plus systématique.
Pour lui 1 le cc)ntrat entre le navetanc et le clintigui
n'ost qu'une bClse indispc)fis::1.ble à l'.1.cquisiticn d'une situation cle culti-
v,t';urs inclGIJCnclants, situ"tic:n qui seule, I)rucurera l''U'gcnt liquide.
Donc, pc,ur lui,... i l ne s'agit pns d'un travailleur ,-'{;Ticcl(; s:üsonnior, toI
qu'en un trcuvG 8:., Europe éwec rénumer::,ti on fixe Gn ;1Xgent, S <CUlS chnmp
l:/
rcrscnnél ,.tc ....
Labouret insiste nussi beaucoup sur CGtte id,-,,, d'au-tene-
mie
le navet,::;,ne peut mGiîic ::1.1101' trn.v:üller ,'lillGurs, lursque les travn,ux
fJl);ci"iés Q,:ms 1(; ccntr",t sont 6puisês.
"D'orclinl.irc
il n'a 1.ucuno l'Gine è. s'employer quolquGS
j
i',(;)ji-cin~8 comme manueuvre d:~ns un centre commercial,
sur los chantiers publi.cs
cu. :jrlU'(;S en attünd"'llt 1:1 rl-coltoll)/Cos presentations juridiquos clu l' ",pp urt
L'3J1.""lysc dl; Y. Rochutep.u est "sociologique", CLillS 1'1
rn...;~~:jJ."'C où il s'intéressa s-urtcut ~ux rapvürts subjectifs entra 10 f:~ d...:.:ux
_ ·'y·tie s en prcsonce. Il ecrit: "gr.:'lce à une clG scripti on l'réci se do s cchango s
jJT lJ~lquct o .. c. p. 135
g/ Dwid. Fra.ternité cl 'hivernage. "Lo cCintr;, t de luu::J.ge do scrvic(; s •••
,"';st pour lui quo la bû,sc inclispens,,,ble à l'n.cquisitiun par lui d'W10
,(;i -tuilticn rhe
cuitiv,...teur indLYllond::wt".
li L::.buur~t. PCèyS :,{ll' l.1 Afrique Occiclentale p. 224

n/2795
Page 302
de, tr'wail à l'intêrieur dos concossieJns f~Tiiliales, on sc treUV',i t en
mesure de prouver qu'il n'y avr"it en ro.'11ité :mcune solution do ccntinuit5
"ntre la position,
sur co plé:m 'des fils GU d;os prùcnes p.U'cnts du chef de
fCY8r et celle des tr,:wailleurs ext Crieurs" .1/Nes propre s observ:cti ons
confirment ce point l'le vue 0 Copenel:1.nt il f().Ut aller plus IGin.
b3) -
Lorslluo Surga ot dLttigué sont roplacGs cll.ns Lill
contexto glob::Ü, cotte prestw.tiun d'-l trc.vail S';l.pPéU'cnte plut8t à ~m(;_~o.i:lte
pi1ys.c~nne. Le véritable organisateur du système, qui en tire le rJlt1S gr~ncl
prcfit est hors de l'(tf~riculture. Peur IL: c,·~pitn.l,
cc qui impurte,
ci~,~t lél
;:llls-value globr'..lo proclui te pr:r le diatié,rué et 18 navetane ou plutê'H l<lr
losfa.mil],es du cliatigué et le navetane. C'est pourquoi son chiunp d' organi-
s.l.tiun n'est PQ,s une exploi t,J.tü,n, fJé''..is le B.J,ssin Arachidier Cil t:nt qu'il
(3St intégré à des rCgions l"~riphl;riques qui l'approviSionnent on force'do
tr:-cvn.il nécoss.üro o C'est L\\ute d',vüir compris cotto lcgique que Po G:ènl<::lS
s'indigne qu'entre 1946 et 1955 l'Et:l.t-üt utilisé l'argont du Ii'cnls de
l'arachide (financé gr~cG nu surplus nro.chidier) pour payer IGS voyages
aller ut retour des niJ,VetéU1es ot leur distribuer des vivras et cles tissus.
Il s'imagine que si cos prêts ne SGnt :)as r0[.)bourséè par los indi'Iidus
eux-m:?mes, il y tL perte.l1 GèmtLS no voit pas qu'ici, l'administr""-',Lm il./i:it
clc:J1s le ca.dra de ILl défense des intérêts globi1ux c:o l ' éèoncmie du trtLi tc: et
dei t
t cut mettre en oeuvre pour cmcourJ,gor la producti on, quitte ;' prdldre
on charge directement' une l',.-"rtie cIo 10. subsistance cl88 ni:wet:1nes o
b4) -
Dès leTS, 10 cleclin, puis l:~ disp.-l.T'iticr~ du
n:~voti,ni1t no doit pas CtrG cOl1f3idèré 'commü un effet direct de la I/rri6cr:\\,niS'....~tion"
do la culturo d'tLré1chidos (tu 30n0&::11 ,
11 1i1l;C2.msation"
qui s'accélère cff\\;c-
tivOl<Jcnt à pntir de 1955 comme ncus 10 verrons. Il f'lut au ccntr' :iro
ccnsicl0rer que c'est la perspective ét.e l'l. r,:duction d.raconnienne do l ' .:lfflux
(Ls navetanes et de li1 nècossi tu d'urganisur un cour':l.11t migrètoire portCU1t
vers la France d.l.ns la porspocti ve de lQ, fin de 13, guerre d'Algérie qui cnt
jcu6 le rôlèlû plus impL:rtcl.nt do.ns cette Llécanisatien";
il I1ocheto::wo Pic..nniors l10urides po 44'
11 Po Gcunn,so QuGl ost 10 vr,:ü IJrix de l'arachide?

R/2795
PilgG
303
La perspoctive rie la z'6duction du n'wet::ulu,t (jt'"i t inscrite cbns
l'êvelution politiqua. A mesura dü. clcvelupr·cmont de l ':1Utcmc;nio dûS torri-
tcircs de l'AOF chacun de c(]ux-ci ;i,spircüt d.o plus en IJ1us ,:lU dov..èlq,pcJJlc;nt
cL; i ' économi0 do tru,i te 0 D6jà lu, porœpti cn do l'impêt sur les migrant s
::cv~i t 81 être Cl.ill0nùgée aVéUlt lé1 douxièmo guerre ;;]0nclLlle. On sait que 10 s
co .f.lvcrnements ma1i<."ns ct
gui.p.ûcns ont c16plcyé dos ,~ffcrts très im~)cœt:1J1ts
leu}' cLv210pper ln culturu cl'cJ.r:;,chiCLos d:ws les r6gions d'émigr;tiéAlo
En ce qui concerne la Guinée par eX0mp1e :
"Dès les premières années (~U l'indlcponc:'U1ce est Q,2·;)liqu60 une politique
13_ç) rlfix.:"l.ti en tt de s nl1vet,J,nGs d,:tns l~}. r~gi en de KundCl-Ltra,
qui S.J prôtE: à
IJ, culture do 11.::.r1chido ll .1/1'I<,"...is c'est un 6ch0C ot il f:ülut recourir aux
mCSI,lr0S ::dministr··tivGs pour endiguer le f;JCUVcmont, mais S2.ns pcuv'Jir
l ' (inra'y,,:r vr:iment 0
La llerspecti ve de ln, fin de 13, guerre cl' Alg6rie et ln rGc1.uction
'lu c ur::,nt migr:toire vers L, France, on cotte fin de la d,..;ccmü8
1950 où
1:..; c,lIi tuli srne semble v,oué à un8 long"uc ph:lsÛ cl' expansi oh incite 1>'. FrNlC0
i;, clivc.:rsificr les sGurces d ','llprovisicnnümont CIl forcv d() tr2.,vail bon
1",,1"0116.
Les r0gionr; dû l'Afrique ücciduntnle, déjà pénétrées pélX l'idee
cle l ' 0cuncmie m.:œchande vont entrer d·.ws c0tte stl'at'6gie globale • .llinsi la
V"lLJ du Fleuve Sénégal fournit, il tr:w(;rs Sèn6galai:J, Maliüns ct Guinôûns,
};1 :clus forte
prcporticn dos tr:1Va..illeurs cl' .ifriquc Noirü on Francolf En
un met, la Sénégéll c~yant été 1::1 première colonie frCW1çéli so :1 Ctru );ll sc en
'J·,lcl.l.r en Afrique, il ét;üt flncrmi11" qu'un l:1CUVcment cl~ ffilgr::::ti0n;J se
d cLc1che à p"..rtir des régions cu territoires dent les p.:lys:lnS ne ",uuv::,iGnt
:1' '3 trouver sur [lace cle quoi payer les ifll;:·,(;tS. C'est d;\\l1s 18 céldro quo se
si t':'vnt les migrations s:1isunniorcs dc 12, Guinôc ct du iiali vers 10 Sôn5ga1
(~·r:oo;:t. 1[1, pciriccle coloniale 0 ;,':ÜS 1" questicn se pese tout cle flêmc de.; s.:wcir
;::'_ltrT~ll.i un c:1pi t:üismo ~r:ürc. n' Cl, pa,s pris n:ùSSat1CO sur 10, h"sc de
cet.te
[crc<; de, tr Iva.il migrc:.nte ? La r'üson e sscmtielle dai t etre trouvé drillS
les l'·rix 8xtrCïi1em8nt b.~s de: la r'Tüducticn arachidièro, qui ne la:i:elàe l)as
.:lUX l>~ysJ,ns lC1,,,,ssi bi lit,) cl' unc'lccumuL:ti un. T'Jou,s y roviendrons plus loin
en ,.tLicli3...'1t la, prcè,uctivn, lii'lis ?"ussi la poli tiquü de la minimis'.tiun du
OJ.i:Ji t '~l vari:t.ble.
17 S'l,liüU Bé11dé•••••
7Z;" de Saxakol18 et 13!~ de 'ruuc\\,.<uleur.

HI 2795
P":;'8
304
Ici, il suffit d", l''"1pp01er une diff',Tence importante du rapport va,18ur-'
~rix clos i>:ccciui ts ~tgric()18s en 6conumic du traita forestière ot 8I1 zone
dl; S;V''.J18S, du lî~()ins en iûrique de l'Ouest.
DélllS le c(jntexte Ouc;st-AfricQ,in, rUf;icn ci' cccnGmie d'-00T.'li te
:)éU' uxcell(jnca,
',n s~üt que sc.. sent créées ::ünsi des vêrit,'1bles Y',jgL"ns
cu mCme dos pays sorvmt de r:Cs-Jrvuir dG force dG travail pour' le)'] zcnos
d',}ccncmie dG traite. Eans la zeno sahélienne, L, l1:,;curo des prc.'~uits de
tr:üte, at les ré1.isons clim2.tiques n'unt pas permis l'6mergenc8 ,.lun c:\\pi-
tc,lismü agraire. Auccntr:lirc, dCl,.l'lS IGS zcnos fcrestièr8S ~ :tJrorlucticncle
luxG,les migrations cnt IJorrnis la ccnstitLltion d'un Cé'\\l,:itüismo
~gr'èiro.
'"
En effet, 1(1 zeno sl,h61ienne n'Cl que deux produits pcU'tici;',l,.l'lt
ccn:mu su:)pcrt de b3.s0 d'une économie de traite ; l'arachide et le cct:,l1.
Or, cl'une pnrt, leur :"',rccluctiün exige une qUQ.lltit~ de travail ,:1,PiY',,;ci::ble et
d'autre part et surtOut ceton ct c~é"chide sont dos matières Ih'emicros
ceneri huant à la prcclucti en cL biens. sCLlaire s. Au contr:;"irEJ, le 0:tf6, le
ch(cLlat, le:'.. lXln:me,
ont été lcngtemps des preduits <le luxu et le restent
encc:re. Or,
co sent (:,;8 plantos moins exi[;entes qlLO le cc.tOl1 ct l'arachicl0.
Th.: cu Lü t
1;.J
réèppcrt prix/valeur pcuvai t être plus aVQ,ntngoux clan!" l::~
ZCl1C
fGru stière. Mais il y i), un...:, autre.; r:üson plus irllportante. Ahrs qu '''lU
G11::111.:1 ct en Cête-d' Iveire,
l'économie de tri1i te s'est dévoloppée on rcn-
fcrç'lnt l ' autoritÉ: dos aristccratiae pré-coloili&a.el'S, à la feis sur les
hOLllil()S et
sur les tèrres, il n'en a pas été de même au Sénégal, (ù l";,ris-
tccr:;,tie prcccloniale a ct (; socialement ct poli tiquoment bri8ôe. Certe St
les "k(,ulacks" sont essontiel18ment clL;S chefs d.e vilL:lgcs; c1sGign"s l'Q,r
l ' :l/LlJiinistr'lti cn dans le s ancianne s famille S régnante s, mai 8 l ' CLclr:üni str:1-
ti"n~lirocte étélit une entrava il L~ formation d'un capitcl.ismeagrarre
C(~:"i<U'able à celui du Ghéllla et do la Cête-d'Ivoire. 1Gs lflé!X'"l.bcuts n'ent pas
rUt,lloment pris la place dus Clutc.ri tGs politiques éUltûricmres dms l'alli-
,,,-ncc avec l'impérialisme. D'oùlle carClctère limité dos grélllcls dunn,iŒ,;s on
ckhCJrs de ceux des gr::1.l1ds Dlarabe:uts.

R/2795
Page 305
Cvnclusion
Par rctppcœt à 1,'1, pcrivdG pré-colonin.lo, les rappGrts ,le
prc,ducticns :-N~,L;nt subi ùos trMsfurmn.ti(,ns "circuléÙres" dans l'ctl'3.chi-
culturo st3n".ç!,81aiso. :Malgré l'~,bseJ1ce d'une prolétaris:2.ti ,.n frMche de
la :.,O"ysannerie, lû. SCW,jissiGn à la lüb-"ique (10 la :Tcduction de ln, plus-
value ct de l'ochange inégal s'ost développée inexbr:tblemont, l'adminis-
trt"tiGn 0tant l'ng-ent principé11 de l'oreanisdiun. fus c:;'tégurics éccne-
nÜci!.18S nGuvelle s : takdarié'.-t, l:ügrati on de travail, illlpet de c'l,i tation,
(nt f:ü t
leur appari tiGn. D' :lutre::; ccrrun8 le; s ..cbar, l' ,"ss~a oxistaicmt
::vwt la colGnisaticno mais ne jcucnt plus le môme r~ne
qu':mparavant
t
10 -Cuut est dominé désormais l'ax les intéri'Sts de Le:' Franco e~ cL,s gl'UUpOS
c'1;,italistes qui s'allient les marabouts. D'autres cat(jg'crios <.-nt par
c,_ntre di sparu : les rappcrts do servitude. Ccpond,wt, l'impressicn
,~'lcbale est que les bouleverscments préa1ables à une tr2J1sformation
r",c..lic~üc d,ns la productivité du travail n'ont pas cu lieu, alt-;r8 qu'on
F'-.cMce, de pU'eilles trMsformations ui;:J.ient à l'oouvre.

R/2795
Pagu 306
SECTION II.: Ravi taillolOOnt de la France en biens salaires bon3_" marché
_
L'étude hi st crique a montré que la. substitution de l 'huilu
d'~achide en particulier ct dGS huiles trüpica18s en génér~l aux hui10s
eurcpée.r.ne s a évolué très rapidL:münt avec le clévoloppelïlCnt do l' Ülpé-
rialisme. Il reste maintenant à e:k-pliquGr une t8lle évülut:j.yn.ll'h;nicthèse
essentielle sur laquelle nous allons nous appuyer ici est c0118 (Le
l'éch~~e in6ga.l. L'avantao7C que la France a trouv0 à l'impürt~tion ~es
graines et môme des huiles ensui te, à pClI'tir du la périphérie du système
capi t:lliste, provient de la rénumeraticn différentielle de ln. fc,rcu C~0
trav:ùl, toutes cheses égales par ailleurs,
Cette force de trn.v::..il 0st composite. Jusqu'à ln. deuxiômo
guerre mondiale, il s'agit surtout de la fcrco do travn.il e..gric';lù, la
"valoricaticn" do la m~1tière première sur place étant très lini téo. A
partir du début de la deuxièmû guerre mondiale, sa composante inùustri;Jl1e
émerge. La paysannerie sénôgaléÛse n'est plus intégrée entièremont d
directement à l'économie française; une p'lX'tic de l<:\\. tritur<lticn Cl..8
,
t

'
l ' ,J.:r'achide -, se f;.iÏ t
sur place. Dès lcrs, nous avons un complexe l;(;uv:il1t
€tro
sch.imatisé de la m::lllièrc suivante : la paysaniierilt est en >~,rtic
intéb'Too directement mais de moins on moins û.U système prcduciif fra.n-
çais par l'exportation des graineE'l en partie elle constitue un C'Ti1i:'lc,xc,
uno sc,rte de travo.illcmr ccllectif ~,VGC les ouvriers des huilerio;3 ,lu
Sénégd. li CG titre, l'intégration di•. l'économie françélise est indirocte
ct so féli t à travers le prcicesslls de ravitailloment en bie:ns (l8 ccnSc;r;mli:1-
tian, en huile d'Lxachide.
Comment le capital s'y cst-il pr1s pour minimiser les ccûts
s"üilI'iaux ? pour répondre nous allcns ùvidemment faire la distineticn
entre sn.lmre do ftri t et filalniro de jure : Nous aurons ainsi doux
püints :
!;Jinimi S:ltiGn du sciairû de Lü t et ses contradicti(;Jls
lrininlisa,tion du s\\'..lairo de jure ct 89S' contradictions

n/2795
P,c;ge 307
Selon nous,
le premior problème s'articule Elut (Jur de l,~~ substi-
tution do l ' :1X'~chid() au mil ; le deuxième s' éU'ticule autour (cL celai (le)
la substituticn du riz au mil.
1) llinimisrttiun du salaire de: félit, conditions et contradictions.
a) S~laire du fait en France et au Sénégal
La, comparaiscn dei t
plrter sur los salaires numino'ux ct ncn
Sur los salaires réels, c:.r (lu l'oint ,10 vue dG la lCJgique do l'\\)~~'l"it':i:i,n
oa.pitalill5t~t la comptlXaison int:jrn,ticnale dur: salaires porte ncn sur les
s,llaires rùols mais sur les s~laire8 nominaux, exprimés en d",viscs, ici
en France fr~çais de liannée •
• Au S,-,nogal, 13. clccumontiltion à cot effet a été orcani S~8
systématiquement à la fois pax Ccumba N'Doffune Diouf et autres :;1:; l"';,r
A. Vanhaeverbcko. Ce dernier traite surtout des salnires réels ~., 1)'Xtir
dl)
cüncopt dos tormes de l ' échanGo. Aussi, nous allcns nous a)l.uyer ici
sur l ' ôtuc1c de Diuuf qui présc:nte séparément sillaire ncminal ct w;lüre
ré-'8l.
TABLEAU XXVIII
Vill.:iun DE LA PRODUCrj1ION ANNUELLE CŒIMERCIALISBE
Péricdes quinquennales
(pu;r tGted'habi t::Jlt)
1919-21
262
1922-26
413
192q-31
394
1932-36
189
1937:'41
376
1942-46
492
1947-51
4.512
1952-56
7.136
1957-61
9.39°
1962-64
10.515
Source
Diouf p. 60

R/2795
Page 308
TABLEAU XXIX : SALAIRE DE FAIT DANS LES DIFFERENTES REGIONS
DU BASSm ARACHIDIER :
195'1-1952 (RJlNENU P/Ji
HABITllliT RURAL).
.
(EN FCFA NI' EN FRIllICS (FF llNCIENS)-'
.
: Production par;
Prix dt achat du :
Revenu brut
J
i habitant en kg ~ kg au producteur:
i
i ' ..... n·T··_·~1 FWl. _ FF; <:FA -",' .~.J
!a).~~n~~~a:~ale Sud !
7 4 2 !
19
38
~14.098
28.196
1
1
1 b) ZonetCentrale du
1
Sud de Thiès -
536
t
39
20.9°4
! Diourbel!
t
;
,
.
1
i
! 8' Zone Sud au Sud dei
!
Kaolack
:
390
19,25
38,5 1 7 ·507
15.0 14
1
i
!
1
!
i
1
1
! d) Zone Nord de Lougal
84
18
36
1.512
3.024
!
!
".. !
1
1
!
1
---------'--~-..-~~-~------~~---~~...~~-'
Source : Mission Port ères
..

R/2795
Page 309
\\YI A
La tableau montre qŒ8 le revenŒ brut annŒol par t€te
était
infériuur à 20.000 }l'F Mciens par tête d'-l!l8 la zone ar;:~.chidière à la ve,illG
de l'inrl\\:.,pendance dŒ Sénégal. JusqŒ'à la fin d", la deuxième gŒerre mzn-
dialo, i l nu d;:'passe 400 F qu'à deux occasions (1922-26) et (1942-46).
Encure faŒt.il remarquer que la moyenne de pres de 20.000 à la veille ~0
l'Indépendance cache des grandes disparités, en r,risun dus différencos cb
prvdŒctivité.
Dans le Sine-Salc:um, Œne e~quête menée en 1958 donne les rèsul-
tats sŒivants : pCŒr uno f0nille Q8 hŒit personnes la vente d'Qri1,chides
(2 tünnes) ne r'''''PI'ürte qŒe 80.000 F CFA, suit 10.000 F CFA par tête-1l.
Sur c'.::s 8 personnes, 4 sent productives -payant l'imptt), il s'agit du la
mère, du père, d'Œn fils de plŒs de 14 ans et d'un uavau. Lu taux de
salaire de fait par actif:est donc de l'ordre de 20.000 F CFA.
Dans la zone arachidière nord, celle qui produit le moins do
mil pOŒr son autosŒbsistance, le r.evcnŒ arachiclier était de 8.814 FF
pax personne 3.Œ village de Dia.J!la consid6ré par le s enquêteurs cemma
..
t t· f
l
l
' .
ropresen a 1.
CG
a
al
reg1.cn.-
Dans les régions ne produisant qŒG marginalement de l'arachide,
ces taŒX sent très bas :
TABLEAU XXX
REVENU ARACHIDIER BRUT PlU( HABITANT RURAL lsalaire bruÙ n~ F)JT
en 1961-1962
PrcdŒction
Valeur uni taire
Produit
RrŒt
kg
1961-62
CFA
FF
I. Bassin arachidier
-
Zone s d,-,nsomont " :u',l
peŒplées
sarer
380
20,04
7.615
15.230
- Wolof
690
20,04
13.827
27.654
-
Zone s fai blement
peupl.Ges
Z0ne contrale
-
Wolof
790
20,04
15.831
31.662
- Terres Neuves
1.000
20,04
20.008
40.016
II. ZGne Nvrd ( LGuga)
520
20,04
10.420
20.840
III. Cas::unal1ce
260
20,04
5.210
10.420
Source : Va,haevorbeke. o.c.
1/ C.E.E. t.2 fasc 1. P. 1~8

R/2795
Page 310
Ces d..;ux tableaux appùllent les commentaires suivants :
-
,'lU cours de
l(l d<:;cennie cinquante, lu rovonu annuol brut l'ar ho',)Î tu:t
rural a o.ugmontê dn.ns la région la plus favorisée <:tu taux do 4, 3?S;<),Y' ::.n.
au cours de ln. môme période,
la productivité physique par ho.bit·."nt ruY'L'Ü
a augGenté dièns la ~l'iie zcne; c.:.;llc des Terres Neuves, do l'(}rrLrc; cl::; 3,5;~
par an. Le. gain nominal sur'l.it denc do 0,8% p:,1.r an. l"Nidcmment, il nu
s'Clgit ~:n.s du gain 1"&01, puisque neus faisons abstracticn des rœix
relatifs. Etant intéressé ici par 10 cou~crtümùnt capitaliste, i l est
im:)ortant d'obsürver ce qui s'ost passé en Franco durant CCtt0 f--:riLC\\,
toujours en termes mon6i1airos.
Dvolution dos rCV0nus et s.:üairos <J.gricclos en FrtJ.l1cQ
depuis la preJaièro guerre mondiale jusqu. 'en 1960 :
EIl France
la production et 18 ravenu i1Cricoles ent c,:·nm, un
très griJ..'1d developpemtillt élprès la ,'~'~llXièmCi gtlorre r.1Ondi,üe. La Jeuducti-
vité du tré1v:ül d'élbord: "Si cn Gxprime la productivité du tré.i.vnil ~[œ
le rapport de l'indice do la production en vclume n.vec celui (h riéLlbro
do triwaille:ursn Glle va croître mcins vi te do 1901 à 1912 déU'w " 1. :i'i-
culture quo dans l'ensemblo dos industries et services (1,5io ~:"'J." ':.11
cûntre 2,1%). Dès la p6ric:do 1926-1937, l'él.t;riculture commonce à IrcJ.1clre
ln. ttHe, à amurœr le rattrapCLge (2,3;10 contre 1~,.6%), mms üntrv 195C' ut
1962 la productivilté du trave"1.il en agriculturo double d
continu0 è,
depassor les e,utres secteurs malgré leur rrogrès relatifs (5, 8/,~) :'c7" :~n
contrG 4, 61~)".J/
Certos cc gain dG productivité ne SQ tr:1.Cluit 1':.1S par un :,ccr,.iD-
soment prGpcrtionncl clu revonu ~:gricolc, mCiis cet accrGissement es's t,ut
à fait net. En effet de 1938 à 1958, "Iv reVi.)nu par porsonno G.ur-cit.tC
multiplié p<:œ environ 355: dans l' 3..:.~riculture contre 45r~ dans l' "n :L;,;1:',10
1
de la ,pcpub.ticn et près de 50% pour los non agricultQUrs ll • /
LG tableau suivétIlt montre que par rapport à 1949, alcrs 'uc
l'indice du r()Vunu d'un :'l.ctif o..;ricolo était à 124, celui du p~':,Llit
brut par actif ncn1gricole était à,':'146. Le ruvonu agricole peU' .'1dif
a. stagné: 0,24 par élU de 1949 à 1958.
1/ perccval, Avec les paysans ••• p. 68=69
g/ Etudes et conjonctures, Dec 1959, N° 12, p. 1074

R/2795
Pa.ge 312
Dc..ns' les Tùrres Neuves, région la. plus pros;père dub.'1ssin ::l.r:J1-
chidior, CCl revenu p ..'..sse de l'indice 100 en 1952 à 148 on 1961-62. On
.
. .
.
scrn.it rente dl;) prU'ler d'un taux d'3.ccroisscmont pr'J.tiquoment double: clc
-,
celui de la. Fr"lllço. i,jais 6vic1omment 10 p:::.rtage dG cc revenu ag-ricclu
n'ét,-::.it p'as ég:ll. Les rov,mus ne sont pas de môme nature. Il faur~rüt
distinguer éntrd la ronte, le prGfit, 18s salaires,; los revonus.,clü~:: ..1.iv;r;.:,_s
couches paysànnes. nous sommes i~i intéressé par la 1)8Xt de cO rcv~;;:ll:qui
va à li]. partie de la paysannerie la plus pauvre, celle que PercGv,1.1Ll
110
"petite paYBcmncrie et semi-prc16tnriat ", ,lui forme 68% des eXjJL:it ~"ti U1S.
En 1962, CéS 68% des exploitations ont un revenu brut d 'exploi t''..ü( [1
inf6rieu.r' à 1 million de F'P, soit 500.000 P CFA, la moyenna su si tu:wt &.
" .
1/
~30.000 F,soit 215.000}l' CFA.- Ncus sommes là en pros,mce de l~ c'i;
:riG
des paysans français los plus lXl.uvres qui Usent ncn seulement cl::U1S 1 '~·:cllC,~,~~
pn.cit6 d'investir ot m€tîie
d'entrE:tcnir le capital d'exploitation 8xistaJ:lti.
m.:::.is d'assurer un revenu à la fo.mille du même ordre que celui d'u.!l. nu.n:A.;llyre
do l'industrie et même de boaucoup d'ouvriers agricoles".1/
Comparons ces 430.000 Ffi' par exploitant au revenu ar:.c1-.idic:r
de ln. rêgiçn des Terres Neuves, la r6~ion la plus favorisée,
vu qu'e.::. 1961-62, 10 revenu ar:1Chidier brut par nersonne rur:llo y tSt .oit do
l' c.'l'cIre de 40 .000 FF. Si la fû.lllillû compte 5 personnes, le revenu brut
pax explai tation est alors de 2OQ.000 FF. w rapport ost de48~~. Donc un
9161-62, le revenu brut de l'explüit~tiün d'une famille du bas$in é~~chiQier
,..
équivalai t à peine à 50% du revonu du payscUl françaf'$ le plus p3.uvre. C,Jci
donne une idée de le:>. suroxploi tation et de l'avantage ~oinpartl.tif polir' ilo
capital français.
Si maintenant nous f:.1Ïsons une comparaison inter-Oodépaxteocnt''Ü8,
nous trouvons que dMS 10 dépOU'tement français le plus défavorisé on '1954,
soit la Garonne, le revenu par actif était dû 258.000 FF, alors qUE. ('l',nS
le bassin nrachidier ce revenu était estimé à 82.000 FF. W rapliort ur:.tre
il Perceval o.c; P. 172
1/ idem
P. 173

-
IV"'.
Page 313
TABLEAU XXXII
REVENU PAR PRODUCTEUR AGRICOLE
EN FR.l'.NCE EN 1954 ET AU SEN:cGAL EN 1958-59 EN
FF LI'ICIENS
1
PLYS .Er REGIONS
.Revenu pax pers. 1 Revenu. par unité de :
J
l
jactive agricole
1 travail agricole
1
1
1
- 4 -
~ ~..
r"
!
,--r___ .,
.->._'- '-- .....-~.-
1 I:":F.t'llllCe;par:' Regions;
la
: la/II en %
1
f,
Nord
514 000
589 000
59 6,80
.
Est
406 000
457 000
463
Région Parisienne
447 000
493 000
463
Pourtours Parisien~
354 000
393 000
1
398,20
,
Normandie
380 000
422 000
r
427,5
Bretagne
288 000
320 000
324,20
Val de Loire
300 000
333'000
337,40
Bocage
298 000
331 000
335,40
Centre Nord
296 000
335 000
329,30
Centre Sud
266 000
300 000
3<.J1.
Saone
319 000
358 000
362,70
Haut-Rhone
272 000
307 000
311
Acquitaire
..
276 000
308 000
1
312
Garonne
258 000
291 000
293,90
Bas Languedor
531 000
594 000
601
PProvence
336 000
375 000
380
-~~~-
1
t -
-'~".~.= . ~
II Sénégal
(bassin arachidier)
82 000
98 700
Sources: lUl1iars, Revenl,l de l'agriculture et des agriculteurs 475 ;
Rep. du SENEGIJ."
Etude sur le milieu rural.
t. 2 fase 2 p. 98
France Autoconsorrunation : 15ro
Sén~gal Autoconsorrunation : 44%

R/2195
Page 314
les deux revenus bruts est de l'ordro do 3o%.Et ce p"urcentuge ost
beaucoup plus ilevé,
si nGUS 8.Pl~liquons les coefficients d' iJ.utcccnsC!jlTi1éL-
ti cn (2CfjL en France et 4CYfo dansUe bassin arachidier). Dnns co C:1.S le
rapport clll sé-.laire de f,ù t
2.;U Sénégal au reV0nu du paysan actif moyen du
départemont français où le revenu paysan est le l)lus bas, est de l'ordre
de 111~.
liais les dépenses en capital variable en France ne s'nrretcnt
p8.S ~u revenu direct du paysan. Depuis les ann~~8 1950, il faut y ajouter
des s~laires indirects sous forme d'~lloc~tions ct assuranoes dont une
partie est sllpportée par le capital. "Los non sa1"riés ngrico10s, de
m€me
que les 8r.J:ployeurs et trn.vailleurs indépendants du commerCe et de
l'industrie bénéficient dos mtmes n.lloca.tions familiales que les sUari éSj
par contre, ils ne perçcivûnt V:.8 dhndenmité compensatrice. Tcutofcisa
cette dernière l~restati(,n su substit~ l'allocation dite /lde mèr8 au
fOYVJr",
laqllolle v~..rio sclon le nombre d'enfants; les taux de l' allcc~ti(.ln
do la mère au foyer sent lllus élavés p0îlr les non srllnriés que peur le s
1
1j
omployeurs at tr'l.vailleurs independants du CGmmerce et de llindustric".
Le tableau suivant donne une idée des prestations familiales agricoles
versées de 1956 à 1960. Il montre que le capital variable indirect de fait
auglente de manière rcglllière en France, au niveau de lla.:;riculture.1/
1Gs pestes les plus imf'ürtants éta.nt ceux des allec:1tions fiunilialos.
il Annuaire-statistique de la France 1961. p. 440
Y Nous sommes conscients du ce que tous les "non s,:üariés" ne sont p:;;,s dù s
prolét :lires.

R/2195
Page 315
TABLEAU XXXIII
:M1E5TATIONSFAMILIAlES AGHICOLES VERSEES DE 1956 à 1960
Unité s millien de NIt'-t'
'\\; UI\\r';.;tj,,)\\);
f:u:·Jilîahl.
•...
791,91
:llil,9
~RI1,,,
Rfi~,-t
·110,8
:.03,1
913,9
4./6,2
lH f 'Til 0: i'I ~'.
(·~'11I1'ens.n1 riC{~.
88,8
01,4
!I-l,.j,
Hf},tt
HG,!.)
!}6,7
\\).:oc: !in;'j ,k :-:;dajn~ uni-
~:;
276,1
.;t;I:;I~~: ·l~1·1
2R:i,1
:!R:',l
285,9
28:;,9
279,:1
141,6
1/9,3
li!l,3
1!'il ,7
151.Î
-·r":Dn1alp
...
,,:1,11
27 ~7
2!i,3
:.:J,O
23,0
22,6
45 0
23,9
1
l:11~tkl'ni.1é- .
:1:1,8
17,9
16,2
:l4,l
16,11
li,8
:10,8
15,4
1,4
1,6
1,6
1,8
1,8
1,9
r\\T:'l'é~:,\\
aux
'lf1:/rkJl~ d
i\\',!}J'HH'nt
{·t
i! (1lJ(:nage-
,l
\\J
Swrce : Mutualité Sociale Agrioele - Annuaire statistique d.e la. France 1961
11 Avant 1960 oentaine de millions de franos

Rj2795
Paf,"e 316
b) Conditions économiques de la minimis:1.tion du. salaire de rai. t (le
maintien de la .l?,roduction " autoconsommée ").
Q!.loique l'effort oolonial ait été organisé au Sénégal, autour de
,
,
la production de l'arachide à bCon ll1:lrché pour satisfaire les bescins do
l,). FrancfJ, on ne pout pas parler d'une "monocul ture" sauf si on ont(;ucl l'ar J.
,;L
. là que ' l ' aXQchide était' le support de ;ha plus-va.lue, la producti en vivrièro
ét ant une l)r oduct ion "d' appui" •
Nous entendrons par autoconsommation toute lq. production qui
n'est pas vendue au grand capi talcûmmercial ou ind;ustriel. En (Co sems,
le troc et le commerce local font partie de l'autoconsomnation.
l ' 6tude du rapport entre autoconsûmmatiotl. et production capitÛ1"'"
<,
liste peut €tre
schématisée ici par le rapport arachide-mil, encore que le
mil ne soit pas le seul produit dû l'autooonsorrunation, mais le l:rinci:;-)éü
du point de vue a.limentaire, seul aspect que ncus cirisidérons ici D nUUD
pouvons distinguer trois périodes
b1. Durant la. première période, jusq:u 'en 1930, l'accent est mis
exclusivement sur la culture de l'arachide. Tout est organisé en fenction
de ce la, le s voie s de pénét rati on et le s 1-1 art s d' évacuat ion. ün sai t
qu. 1 à
la veille de la gr~de crise, l'essentiel du réseau ferré ot routier ost
mis en pUce. 1/La producti.on de l'arachide est pratiquement basée sur la
cueillette. Il n'y a pas de recherche scientifique puü>que la stati on do
Bambey ouverte en 1913, ne fonctionnora pas en fait de manière satisfai-
sante avant 1950. En co qui concorn6l' la spécialisation exclusive de: cotte
station dans l'arachide, Auguste Chavalier, qui on Sa qualité d'export ~o
l'Etat français en .':1, conseillé la création, éorit dans son rapport ·:do 1913.
j) Voir Pfeffor, Vanhaeverbeke

R/2795
Page 111
"Ch devra. ne pas perdre de vue que l'étude de l'arachiclu ser", lu
but essentiel de la station. 3MB nier la nécessité des cultures vivrièros,
i l ajoute "il faudra que toutes ces cultures dont nous venons do ;.:œlcr
s'enchaînent et se subordonn0nt on quoIque sorte à la culturu do ~_'U'·;chide.
On ne perdra jamais de vue le r'li t
que le but essentiel que l ' on ~:GL~TJUit
1 /
est l·amélicration de cette légumineuse et l'erlensibn de sa culturc.'I..:./
Il développe à cet effet l'idéologie de la vocation arachidière du Sen6gal
qui sera reprise r<lr 1~1. suite sous' diverses furmulations •. A C(JUX
qui cri tiquont lé1 sL1.bordinatiün à l'arachide, Xavier Giraud répond en
effet : "Quels que fondés que soient ce s reproche s, i l n'en roste r;'LS
moins qu',l.ucune autre culture n'est aussi bien adaptée aux ccnC.itions
locales et qu'aucun rroduit n'était capable de donner à la colonie l'8ssor
qu'olle a prise et la prospérité réelle qu'elle a connue dans les annCes
qui ont rrêcüdé et suivi la crise universolle".Y
Dur.."nt cette période, 'le problème de la soudure ne pr(;occuI;C
as.
D'uno part, les prix réels sont relativoment élevés par rapllort à cu
qu'ils seront par la suito ; d'autre IJart et surtl)Ut, la fertilité Il'1.tL:-
relIe do s sols n'est pas encore tota,loment comr;rornise, même dans li.:,
,3,rtie
nord, de.ns lel région do LOuga..~/ Les ral'I_crts des autorités colonialos
ne mentionnent que sporelcliquomcnt le problème de la soudure. Le 0ilhül
lœ6sente cette particularite du l;oint du vue de 111 recünsti tution cL...; Lè
force d.::.; travelil que la périodo des travilUX des champs.. cprrespGncl i.iVCC
celle oùlles risques de ruptures en dis}1onibilitès alimentairos fiC'flt les
plus élevées. Aussi, si des ruptures imi)ortantcs avment eu liou, l ' Lcdmi-
nistration en aura.ti fait mention.
C'ust ainsi qu'en 1917, la fameuso sta.tiùn de Richard Toll (b,nG 10
fulta .dufleuvo, qui ne pouvci t f,as servir directement à la productic,n
(10
l'éU'achido est liquidée malgré l'oxiotonce d'un équipeinent iml)l,rt~,l'lt
j) A.Chevalier, J'ionographie de l'arachide, p.685
Rappürt au llinistre, in : 1'lonographie de l'arà.chido p. 692
~ Giraud (X) L'c~achide sénégalaise, p. 41
l/ Bugnicourt (J) Illusion et rùalité de la région et du développement
e.Çl .Afri~ci

R/2795
Page 3~
"La stati on de Ri chard Toll n' aV.1.i t
d' i nt ér~t qu'au point de vue
:··:···-d~:ff~'oultur8s irriguées". Or, il n'était point question de faire de l':ll'::1.-
chide en culture irriguée. "La rupture du barrago de la Trouey ayant
fait abandonner le programme établi pour la saison sèche 1916-17 i l'im-
possi bili té f cl.ute do cr6di t, de construire un nouvoéUl barrage ou mêmo do
reparer celui qui avait été construit en 1916 par 1", mission d'irrigdiün,
enfin la pènuriG do personnel qui rendait difficile la direction ct l~
surveillance de l'orphelinat agricole annexé à ;gette station, furent
a.ut:mt de Cl.uses qui devaient amener à l ' nbandonmomentané do la st:l.ticn
de Richard Tùll ".l/On voit que pour entr(]tenir la station on a recours
aux orphelins. C'est sans doute pure charité' •••••••
Jusqu'en 1928-29, il n'y a aucune consigne spéciale pour la
. c'onsti tution de résurves.
b2) - Da 1:1, crise de 1930 à 1950 : Appari tian des contrndictiGns.
b2 ) - Dès 1930, les descriptions des ravages de la culture colc-
1
niale itinérante do l'éU':1chide so font jour. L'augmentation du;-rondomont
moyen à l 'ha est· dû à l'extension vers le. Sud-Est, extension pormise pi'l.r
l'infrastructure ferrGviaire et routière. A la faveur (:e la.crise,
l'effc'nùremont du prix de l'arachide va révéleruue crise structuroll(~1
celle de l'effet conjugué du bas prix de l'nrachideet de la tondance
à la baisse dus rendements du mil. l~ 1952,Portèreè dresse le tableau
de cette évolution.:
"Les mesures prises autrefois cn favléJUr de la production de l' ara-
chide allaiont toutes à l'oncontre de l'augmentation dû la production
vivrière. On n'a pas voulu croire que la politique d'importation massive
de riz d'Indochine en vue de reporter le travail a.>6'ricole plus sur u
l'arac;hide que sur le mil ne youvait ~tre que temporaire. Il
il Service de l' 2l.griculture. Rapport d'ensemble 1917. Arohive s du
Sénégal, 2G 17/1 p. 14-15.

R/2795
Page 3~
TABLEAU XXXIV
EVOLUTION 00 RAPPORT ARACHIDES MIL DE 1932 a 1951
~lilliers de tonnes
l>ülLAraohidè s
Arachides
mil
1939
668
280
1/2,4
1940
542
334
1/1,6
506
210
1941
1/2,4
231
1942
256
1/0,9
405
1943
115
1/2,3
360
328
1944
1/2, 1
~91
250
1&45
1/2
1946
481
241
1/2
598
210
1/2,2
1947
502
1948
303
1/1,6
511
1949
317
1/1,8
491
1950
327
1/1,5
592
218
1951
1/1,2
li~'9
:t/1, 9
1939--~1
499
215
(Source l!!ission portères)
.or en 1950 Gn surface le ré1pport est de 1/1. Comne la popul~tion rur;ele_
du Sénégal estimée à 1.840.000 personnes en 1940 était de 2.246.000 811
1950, à une augmentati on de la pOjulati on rurale de l'ordre de 60.000 têto s
a correspondu une stagnation de la céré,Lle do base. Cette stagnation est
complrable d'ailleurs à celle de l'nr2.chido. C'est le résultat de l'6cone-
mie dû traite m$me. La lyroductivi té du travail stagne aussi bien puur
l'n.rachide Clue ly.:)Ur le mil. Ccpend.cmt, le r11.;lI!Grt mil: c..rachidc 0n tcr,ncs y
S' i:-unéliore
quoique do ï:1anierü irrégulière en faveur du mil en sUP;:'OS~U'lt
les statistiquos de cette période fiables.
:fu plus le milieu paysEl,n semble consommer do plus en ~Jlus [le; riz,
d\\ moins d,è,i1s les regions où l'administration accorde des pr~ts aUX l'élYSWS
pour nourrir les navet:w.es, les "travailleurs saisonniors". Le riz ost
utilisé surtc~t dans les villes, puis par les navetanes originaires dos
zones où le mil à chandelle ne constitue pns le func',s de l 'a1imont.'üI'()~J)t,:ù:r
les aVances de soudure faites par les sociétés de Pruvoyance aux navetanes
sont indicatives : elles sont pour les 8/1Oe effectuées par la Société

R/2795
Page ~e
de Prevoyance du SinC-Saloum".11
On peut penser ainsi qu'en rnison de son b~s prix rül~tif, le ris
d'~dochine s'est substitué en partie nu ~il, encore qu'en 1960, la
paysan du Sine-Saloum ne consacrait pas plus de 2O'fo do son revenu moné-
taire à l ' nchat du riz. Ce rourcentage devait €tre
inférieur avn.nt 1950.
Il 8 st clair qu'une, certaine caren'Oë s'a st manife st ée al cœ s,
affectant nég3.tiv:ement la productivité du travail dans la. productiun éle
l'arachide. Ce qui explique la mise sur pied de la politique des gr'oniers
à mil.
b2 ) La ~ûlitique dos greniers à mil • .Au cours de la p~riodo
2
1930-1950, le gouvernement n'a pas une politique de production du r.:il.
Tout au plus encourage-t-il l'extension des cultures qui ne sont l'QS très
exigentes, ccn~e le niébé, le mars et surtout le manioc. Dès 1917 Gn
effet, le rapport d'ensemble du servi co de l'agriculture mentionne
l'encouragement à l'adoption du ni6bé et du manioc dans le cl;,)rcl(; de
Louga. Mais de manière systématique c'est au cours des années 1930 "ql.l'il
a ét8 décidé d'amener l'indigène à créer des résorves spéciales Jc; Llil
ou de riz destinées à assuraI' lu. soudure de manière à disposer do viv-ros
suffisan,ts à l'époque des s0mailles et ~endant l'hivernage, nlors c;ru'il
faut donner le maximum d'E:fforts physiques".YD'ailleurs le caractere très
autoritaire des instructions ne laisse aucun doute sur la gravité d,_
ln,
si tuaticn. Il est dit que les commanc1ants do cercles devront veiller 2: la
constitution de deux types de greniers dans ch~que village: l'un rOUI' les
semences précieuses, celles des LU'achides, d'autres pour l '8mmngasinago
de graines destinées à l'alimentation. "Les unes et les autres ne l'cur:ccnt
€tre
rerni ses à la disposi ti on des déposants qu là l'époque des sCiilailles" .l/
G~rtes par la suite ce sont les sociétés de Prévoyance qui v' nt
S8
substituer aux villages l)our cette opération. Hais le princi;>e üfTl; 11'1
atténuer les.effets do la poltique de minimisation du prix cle l ',;,r ,chi de ,
non par un développement f1nportant de la prcduètion mais par une sifdrL
l'oliitique do [,'"Cstion de la disette.
'il Mission Portères, o.c.
y Rapport 6cunomique du 4ème trimestre 1931. Archives 2G 31-2 p. 4 ..

R/2795
Page .~:,
b3. Début d'une politique de la production d'autoccnsQ~ation.
b31 -
Après 1950, un accrcissement. de la 'production vivrière se
dessine. Portèj;)üs sonne l'alarme: en équivalent mil, écrit-il, IGS bu::·'ins
. du territcir0 sont actuellement do 500.000 tonnes pour l ' a.:Lirnent:c::ti ,jn
glucidique. La ~:roduction ne dcpasse pas 5000000 tonnes 0 La o",r,)!lCO :üi-
mentaire prend corps dès le mois de mai (début des gros travélUX J,;:~liccle::-;)
et est ccuvurte on pn.rtie i)-:lI' les produits d'importation : sotnGule ut
riz distribués par les con~erces et les sociétés do prüvoyance.J/Sans
quo l'cn puisse parler d'll!l bouleversüm,mt (impossible à l'intl';riour le la.
str.:1.tégie choisie péU' le grand capital) lU1Q cortcino politique d':::.ccr\\is-
somont de le. production des bil;ns salaires est misu en pIacü
c1istri 1".1-
tion des semonces sElIüctionnGes de mil, engri1Ïs composés, de sort;:; "lU 'à 1:,
veille de l'indél,cnclance, l ' n.utoconsommation occupe une place très i:!::,cr-
tante dans 1-'1 cnJnpél(;ne sénégulaise et même c.u sein du bassin n.r:1.chidior 0
~'outes les statistiques mettent ce phénomène en évidence. r:11
pnrticlllior, les produits à toneur élavée 0n calories qui forment lCl. 'oc.sa
de· l'a1imontation dans le Sahel, à savoir le mil, le maïs, le riz ClnSO;:l-
més d~s le milicQ rural sont prodQits essentiellement par 10 pays~1nat
l Qi-mGmo •
En cu qui concernG le lnil; pr0.-ti qllarnûnt t auto lc~ l~rolluctic.n ( ..
(348.000 t) étnit consümm€-e
en milieu rurRl dGnt 100.000 échangb8s en
mi lieu rur,1.! môme.
Sur lea 36.000 tonnus importees,
11.000 étaiont consommées cn
villG ot 1;~.500 ré0xportées vors la r:i'turitanie. Ici SC confirme uno iJêo
impc.rtanto, a séwcir que 10 riz ost dostiné d:ms la Eitratégie du grand.
capital non à so substitQor au mil, mais à ccmbler une lacune, (;0110 de
l 'c::."JprovisionnomlOnt dos ibilieux urbains. Par ex,;mple, dl1ls la rugilm du
Sine, lIno onqlIôte liCl. montr0 que peur une f::wnille type de huit [:ersClln0 S
3.ye..nt son ·J.utonomie él.U soin d'lIn grcwà cc"U'rf de: 30 l,orsennos,
la roccttu
JI Hission Pcrtèros, fasc,
3 p. 304. Par équiv ..Üent mil ou base mil,
l'éluteur ontond tGlIte donrée vivrière r.::lJI1enée en valaur cG.lcrique à cello
dus mils (3500 calories 1;aI' kg)
YComité d'Etudes Economiques, t . II, fas. p. 158 à 165

R/2795
Pé1.ge ~
brute provenant de la vente d "'Xachidc pouvai.t âtre évaluée à 40.000 li',
alors que le troc pG'UVëUt âtre évalué à 18.000 F et l':1utoconsotmnn.ticm c.
26.000 frnncs. Le capital variable représente donc 47% du total.
L'enqu~te CIN.AlI~do 1960, révèle que di1Ils le village wolof de
Diarna, considéré cotmne r(;pr,;;sentntif de ln zone ncrd du bassin crachic1ier
l ' '--ù'achide ne I:rocltro que 3710 des "rc:venus glcbcwx", 10 mil on füur.riiss~-,nt
25%. Evid0mmcnt plus nous nOus éloignons du centre du bassin ~rachidicr,
plus le pourcent<:lg€
de l'LU'a.chide, c'ost-à-dire, en f::üt, du capitnl
variable, baisse dans los recettes du p~san. L'onquête rrrSOES sur los
"budgets familiaux" n révélé ainsi que cûtto part est très faiblo clans ln,
rég·iôn du lî'leuve Sé.çJ.égal qui avait pratiquement cossé de cultiver l'ara-
chide.Y
En 1959, la production de riz paddy a été do 79.200 tonnes dCJ!lt
62.000 dans le cadre do la production familiüle. La. conversion en riz
blanc au taux de 6010 donn8 :
- production familiale
36.700 tonnes
- Cclonats
10.500 tonnes
47.200 t nnes
TGUtEJ la iJroduction "familiale" était auconsormnée.jUr 194.000
disponibles, les ~illes consommaient 66.200 t. Sur los 127.000 tÜllil0S
rovenant à la c:unpagno, 36.000 servaient donc à l'autüconsümmation. En
somme, la population urbaino qui représentait :J.lors 2rtfo de la popultLtiGn
tota.le, s'adjugeait plus du tiers du riz commercialisé.
En 1959, les 27.000 tonnes de maïs produites au Sénégal ét~ient
pratiquement toutes cGnsommées en milieu rurZ1.1. "La consommation de maïs
dans los zones urbaines, notn.mrnc:nt à Dakar est quasiment nulle. Toute la
quantité disponible est consornrnée en nùliou rural à l'excepticn des quan-
tités importées qui sont consommées pax les industries".lI
il CINAM, II - 3 - 1 - 5, ZN
Y IIUSOES. Buc4,rets f3Jlliliaux, p. 49
JI Comptes économiques 1959

R/2795
P2.g8 )2)
b32 -
Ava.nt les années 1960, la structura des revonus Gt d.s
cl6ponsGs dans le milieu rural étcüt très mal Cl;nnue. A l'occasicn de
l'élaboration du premior plan quadriennal,. un certain nombre d'enqu6'tos
1
ont été f~1ite~.t ; alles ont contribué à la confoction des comptes ocene--
miques I)our l'année 1959, publiés en 1962. Co sûnt ces comptes qui nUlS
donnent l'essentiel d8s informations cl' ailleurs t eut à fé1i t
ü.pproximaiiv8 s
à 00 sujet. I l ros.s0rt dGS cliff6rentes enquètos que la part du capi t',l
v:u'iable (la villuur c::xachi è.i ère ) d~s les recottes du monde ruro.l ne
dl:passe pn.s 60%; que donc l ' iJ.ut ocpnsommati on joue un rôle ertrl'mamént
im~'()rtiJ.nt d~"'JlS 1.::1 reproduction cle lü. fc-rce do tr2.vail paysanne y comprio
dans le bassin arachidier, rêgion rur:üe la plus monétarisée.
En 1959, la recette Gffective (non oom;ri:s les semences)
provenant è.G l'C1I'achide ét:lit estimée à 13.300 millions de francs. La
m€me
année l'ensemble des vGntes offectuêes è.ws l':Vxiculture était
esti:r,é à 22.ooC millions. La va18ur de l'c:.rachicle (capital viU'iab~e) no
rorr6sontcl t donc que 60;.; c10s rGvenus monétaires cles pays~1l1s sénÙ(,!:al""ii~~
Le s comptable s nationaux 6valui:l.iont l '~utoo(.nsommation au sens rostrcint
à 14.8b,\\ millions. En Y'ljGutant 8.700 millions de "troc" entre produe-
tours, ~ous arrivons ::rinsi1.u table 3.U suivant
Valeur de l'arachide au prix i,rcducteur
13.312 millions
1wtoccnsomaation :
23.639 millions
dont trooc(8.770 millions)
autoconsommation (14.869)
Tot::ù
36.951 millions
te CINM1 sur lQ zone nr~chidière : sur les budgets en Cas~ancG.
NISOES ;'lOur la régi on '.lu Fleuve; enquête ,::",,:r1cüle INSEE en 1960-

R/2795
PC0;'e 324
.
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.Pr.~.9,i.p~~1:i.X_l)'.cg.:,\\~:tFL .,i,:!1.!!;~ ~~~~GJ;., Y_~,gQta~~,
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Production locale
1 Prix moyen
,V2.J.eur Prod •
Vélleur Prod.
: r.i:otal en million
.

__
' .,.,_~2P.&,J OOO,t . .._~~~~._! prod.
! corn.
non cam.
CFL,
Produits
1
Non corn-
1 commer-
1
mercialisé
i t".ialisé
1
(a)
\\
~~---~&_~''~'',,&~, - ~ ~
t
..
,
l~l et Sorgho
232
53
15
1 :395
3 480
4 815
Paddy
62
18
18
315
1 110
1 425
~].1a!B
19
9
12
112
222
334
Manioc
128
50
10
500
1 280
1 780
Patates
1
23
2
10
20
230
250
Fruits et légumes
99
31
23
1 110
2 060
3 110
J"œachides coques
70
109
11,5
13 225
1 220
14 445
Paille d'arachides
800
3
2 400
2400
10 000
Bovins
1 150 000 (t~t~8)
650
850
1500
300 000 (t~t~s)
690
690
2
Volailles
3~~ 1
-
300
450
150
Total
-----i 18 676
13 900
1
32 518
1
ii
1
..
.
~--
'
~.,
'
~~
.....l
..L_
"""_.
i
_ .• _.' , l
l
,
_
,_
1
(a) La production commercialisée comprend ;~ussi bien l t auto-eons ommat ion proprement dite que l'auto ~
fourniture de semences ,pu ce fourages, qui se monte à 6 354 milliards (y compris la valeur fictive du
bétail destine~ à ~tro transformé sur place en vainde).
Source : Comptes économiques,
1959 - p. 18.

R/2795
Page ~~J
Autre ll1ù nt dit, pour un capital variable de 13.310millicns, les
prcducteurs ccnsomment pour 23.640 millions sans passor par le c[1,pitiüis-
te (le grand capitaliste). Le r~pport v/ullest donc de 56% et la part ÙU
capital variable par rn.l:;port au total v/v +u, est de 36,7%. Avant
d'apprécier l'importance cl 'un tel rapport, il faut prendre cOl1scicÜCG
du fait que la pluaprt des rubriques ontrantdéins l' J.lItoc ünsomrna.tiun ,-m
sons à.iroct svnt tc.ut à fait sous évaluées ct (l'alItres écartées tout
simplement. C'est ainsi que teus les produits sont éViüués au "prix
productour". Or nùus SiNons quo 10 prix all prodlIct0ur de l'U"i'!.chidû no
représente que la part de ce prudui t qui rovient au rœodù.ctour, 10 vrai
prix reflétent plus cu mGinG l:l valeur étnnt le prix mcndiçil.·E..~ 1959
en offet, '1 '6quivalent do 1 kg d'ai'achide coque ut,ut dû 35 fr:incs C:i\\l,
CAF E.êxseille, alcrs qlIe le prix au producteur ét:ùt do 17,5 F C1"1;. Or
en dehGrs du paddy (18F1F~t des légumes et frlIits (2.3F~~Aaucun procllIit
n'1 éwai t un prix attoigant 17,5:JF. Par rapport à la quanti té do tr:wail
contenu, il y a une sous évaluation systématique do l'autoconsümm~tion.
Par ailleurs, la valeur estimée de l 'habit a.ti on est exclue, parce quE; 1:"-
consiruction est plut8t un investissoment qu'une consollll1a:tion., La v:,l"LU'
de celle-ci ètait estimée à 1.500 millions. Le travail domestique uffcctu.c
SI) Gci:n.J,yment l'aI' les fenunes est
6ca.rté par los ccmptables. Les l,vurc".tJ.-
tages que nous avens trouv:és sont donc en fni t des mn.xima, mftie .(:'~ns lu,
zop,e arnchidière.
TABLEAU XXXVI
EVOLUTION DES PRIX AU PRODUCTEUR DES PRODUITS
AGRICOLES DE 1951 à 1922
(Prix moyen du kg en P CFA)
ill1
..1222
1lrachides
19
17,5
1,5
Ni l et Sorgho
14
15
+ 1
H:lXicot et niébos
18
11
1
l'his
15
12
3
Riz paddy
18
18
o
I:Ianioc
9
10
+ 1
Patate
13
10
3
Fonio
15
15
o
Beref
14
14
o
Tubercules divers
13·
1.3
o
Cultures maratchères et frui t s
30
23
1
(Sources : Rapport Portèr'e8 et Comptes nationaux)
JI v ... le sulaire
u = l'~utoconsommation

R/2795
Page ~.
Dans cc domaino, une appr"ciation en v;J1our dui t ~tre kmpnr6e
par une évaluation en v,lleur d'us3.ge. En offet les termes d''-..cL.,nges
potentiels des "prix" des ;ircduits agricules et des pr()duits~ut0­
consor~1TilGs en l.fU'ticulier, par rarport aUX l)rix c;1pi t:l1istes sent trôs
dûfavvrables. C'est ainsi que 1J1é1.1gré l'A.ugmontation du vvlUül0 i~o L:; .
x\\:'1v'1
prvducti on El,zricole entre 1956 et 1960, comme 10 montre le tablCJ:lll,·":L:l.
lJart do l'::tzriculture et encore plus celle de l':tutoc<Jnscmmationv.it
âimi.œ.é de ma.'1ière drastiCj,'uD déUls la production nntionale. "Cn F.mt
noter qll'ontro 1956 et 1960, l'autoconsomrîJation est restée pratiqu8Lic;nt
inchangée on v;ùeur puisqu'elle est pnssée de 14 à 14,87 millLll'cls i
cûmptu tû:lU dGS variations d"s prix à la, production (infl.:1tion rlu :~5?c),
cela corr",sIJC,ndrai t à une diminution de volume sup6rieure à 20>::'. O~l en
d"dui t
que le secteur de subsistnnce a reculé dev::wt le soctCll.l' ,18
Cette prcduction nutoconaommée représente à peine 10fc du P l B ;~nvircn
15% des CCnSOIili11a.tions domestiques (30% des consommations d(Ailestiqucs
rurùes).·\\ En réalité, la part de l'autoconsommation est plus C·luvCe
En effet, les comptables natîonaux insistent eUX~~mês sur la
" s itl;,\\bilitG des trCUlsQ.ctions a::,'ricoles". En ptl.rticulier entre l·;)s clou.x
(b.tes, le prix au ;rcducteur de l ' :J.rachide n' i1.vai t point varié. Cette
tqlll~co à lc1. dév.:llcrisn.tion, à la minimisation du cilpit.:ù v3riablo
ôtait d'autant plus profitable pour le c311itn.l que la production dus biens
do subsi stance ne baissait point en quanti té au c0ntrcire,' comme l'indique
la tableau suivant :
TABLEAU XXXVII
PRODUCTION ITGS BIENS DE SUBSI3T!UJCE
1951
19"1'6
1956/57
1957/58
1953.59
1959/60
Ara.chides
592
603
763
893
757
829
ml
283
306
303
358
325
321
f~ars
13
19
22
33
26
29
Paddy
51
57
55
56
71
63
J'lanioe
60
86
118
146
153
179
Pnpate
32
24
31
23
22
32
(1.000 tonne s)

R/2195
Page 321
~~lgré toutes ce~ restrictions, on s'aperçoit que le salaire
de fait ne constitue que 361lau plus de ce que le producteur doit COnS0Il1r;:8r
p0ur sa r0prcduction. Ce résultat est différent des 30% qu'annonce la
comptabilité nationale car pour nous, le "troc" fa.i t p.:œtie de l ' autoconsom-
mation.
Compte tenu des remarques qui précèdent, nous pouvons affirmer
• 1
que le taux de 36fo'-exprimant le taux de capital variable par rapport à
l'autoconsommation est un maximum. Nou.s.av.OAs"vU•.qu~utour de cette !l1GY8nIlG,
il Y a une dispersion ta.nt au niveau géographique qu'au niveau des pr0cluits
l'autoconsommation très élevée dans les régions déficitaires du nord du
bassin arachidier, diminue à mesure que l'on va vers le sud j par ailleurs,
certains produits font l'objet d'un échange extr~ement limité (produits
de l' élevwge ).
TABLEAU XXXVIII
AUTOCONSOvXJ~ION ALI~Œ}~l~:~ (au sens restreint)
zone arachidière (sérère)
44%
zone toucouleur fleuve (50% sans troc)
58%
MISOES
moyenne Casamance (Ilandingue)
52%
haute C~samance (Poul)
6Zf~
basse Casamance (Nord)
62,5%
- basse Casamance (sud)
19%
On peut ajouter les estimiitions suivante s
Fer10
801~
Sénégal Oriental (Kedougou)
9Of" et plus
Sénégal Oriental (Bounduu)
80%
Source:
Ciman, Rapport sur les perspectives de d\\.Jveloppem(~nt du
Sénégal. 2°, éd. juillet 1960. p. 1 -
2 (4L)
Nous arrivons ainsi à la. conclusion qu'à la veille de l'Indé-
pendance, il n'y a pas de monoculture au Sénéga.l. Il ya un seul produit
agricole .direct~l,;ent.porteur de la plus-value mais ccci ne signifie pas que
l'autoconsommation' et le troc sont devenus des vestiges. Si nous ne craignicDs
pas un néologisme osé, nous dirions qu'il y a eu dualiculture et non monc-
,ulture. PlUS précisément, la paysannerie est organisée par le capital
(à travers l'administration),
de telle manière qu'elle pourvoit elle-môm8
à la plus grande partie des produits dont elle a besoin, sans passer par
" la petite circuLltion".

R/2795
c) Les cuntr2dictions de clnssas et groupes à propos du d0.eréùG Tüvnût:-:'..-
ri sati on :
Un~~Lltour ceri t à juste titre : "p:1.r ln commerciali SitH . n de
l'~2.chiè.o, 10 pays::m de la zcne û.I'Fl.chiclière Ci. acquis uno serte (lo
reflèxe Invnétcire. Ainsi la monnaie existe à teus les nivor.'1.UX tG L,
SGciuté rurê;.lo, dlais à des degrés (livors et iWOC des signific,c:ticn8
(liffcrcntes. Les échanges Elonétaires introduits ECU' 1:: colonis::lticn ct
l'CcGnomie mGdcrne sent ::lOuv".nt interprétés en termes tr!1CliticnllGls ct
servant à rééquilibrer une société un BVJmont (l<Jfailla.nte ll .1I

Ell cffGt,
si on a on méib·Jire le fait que l'cxploitn,ti(;n C;·'.li :;rc-
liste n'imrlliquc P;],S quo tClJ.tc la l'lroduction ost clirectemGn~ llort0uBü
de le. plus-v,:ùue, i l vu. saDS dire que l'argent j)0ut affecter 18s aSI(;cts
dG la vie Sans mG"me la prc.:sence de rnpports de production spécii'iquor.1811t
c.".pitcüistes. îkanmoins, lcrsCJ.u 'une jJû.I'tie de la rœoduction ost ,::,ussi
massivement
v:ücur d'usage ; lcrsque le r2.pport entre ln. jj"r-t (le: lu.
i~rcducticn qui sc:: résoud en ma.rcha.ndise livrées dirücteü:ont CUJ. c ;,pi t ü ct
la vcü()ur cl 'us.::'..t"{e ôVGluent 'J.ussi lentoment, il f·-,ut cil trouver les
explicC1.ticns. No~s les trouvons d~s la cunfrontation des intérêts 0n
présenco. Los Groupes princiv\\ux sont ,:tu nombre de cinq : la FrMcc ;
le cC1pit;:!.l d.o l'huilerie
i 10 ci1.pital prGductcur de donréos cüimoni;-~il'83,
textile s et (luincci llario sur le Dlc.rché sénÛG,'llai s i l e c,:;.pi tn.l· c (,r;iidcrci.(,l
et fina,ncicr i les :rrodllcteurs. Nous alluns voir Qans quol sons
'Ll.S:~C'lt
les intérêts de chaquo ,jTOllpe ct neus verrons que fin.:ùomcnt il y (" cU1G
véri tabl~ lLltte auteur du problème du l '"utcconscflé!lF1.tic)n au 8'.'118 1''01"2('"
C'(;st~-dire incluant le troc et 10 petit 6ch.::mge manot'ure lcc;'!.
-
IIntérets antagonistes et int6rets diverb~nts
jJ l S :::: A nspects du problème vivrier s6négalais, p. 70.
).

Il est évidant qu'il y a une, diverg(.;nce d'intC:r€ts
fondu.mant.le
entro les differents 3roupes capitalistes que ncus nvons identifias ot
cülui dos pruductours. Les premiers sont di accord sur un point GsscntiL:l
mettre le prGductüur scus la d,jpondancG du capital afin do pouvoir
l'ex;>1oi ter. Pvur cela, la " m(méttl.ris.tticn" dus rn.Plicrts ost une exiGünce
f ond.11llent ale , m~me si olle doit âtre précédéo GU accornp,i.gn':':c de lîteSLU':jS
de violenco nàministr,tive. Donc lcrsquo n(>us I)arlcns d'intér€ts
div8r-
gents entre cos groupes il s'n:Jit de divergences sGccnch.ires, non cc-m-
pi\\I'1\\bles Gn nature éUlX ccntradictions qui les opposent aUX rroductours.
C'est dGnc pour la. comn,odité de l'exposé que nous mettons ensciOlble
~roductours, huiliers et Frnnce.
- Les inter€ts
Lwcrables à un cortain équilibre entre la pr(;-
c1uction ,'U'é1chidière ct la lœoc1uction vivrière.
;\\...f.
/.~'.:.''L~
!If",,-.;,,·.:
L'autoconsorllm,dion est une condi tian esscntiellé du taux dû
8ala.ire do f:ri t, loquel G st payé pour l'essentiel V:..r 10 capi t,:ü de
l'huilerio. Cette minimisation du taux entrafne bien sar, uno minimi~3n­
tioü du capital variable global, mais 10 vclumü du profit importe i.1.ut'1nt
quo s.on t;;ux. Le c2.pi tal de l 'huilerie est fnverisé lin..!' l' autcconsOl:lllr',ticn
dr:..'1s la mosure OÙ colle-ci ne comprümet pas l'oxte;lGion de la producticn
d'2I'achid3 en velUfüe. Or cl-ms l'ensemble il en (1, ét<:; ainsi. Tout i;,U l (;n("
dG l'hist0ire contomp0rainc du Sénégal, le Célpi tnl de l 'huilerie: a pu
obtenir des autoritC:8 coloniales qu'elles veillent au !i,:lintien d'un
d'un certn.in niveau "optimum" v.::'.I'iable suivant los r;t;rioc1os entre l "Lute-
consomma,tion et la l'rcduction (le l' :u-a.chide. rtüs rlNls la mesure mômo cu
le salLÙro do f,üt était très f::.iblc, conune nous l ' vc,ns vu, le ~)rüductGur
ne peuv~it p:'.S Br:; if S1l 6cialiscr" dMS la l)rcducti on de l' r.rachidi::. Il
étai t
clone de sGn intér€t
de rr~server une part cl' autant plus importante
IJour lui-l:l~me que le pouvoir cl i é1chat de l' n.rachic1o étui t plus f,~cile.
Pcrtères il fQit à cet égaNl un graphique très 61oqua'1t que neus neus
permettons do rcprcduire ici p0ur la période allant de 1930 à 1950.1/
il 1lission Portères, p. 8~

· !"'",.)
R/2795
Page m
(Th1ra.nt III crise de 1930, par exemple, les producteurs li' :c:r:l.chid.cs
se replièrent spontanément SUI' l ' nutoconsontriatïon, conme le pr(mr~;nt
suff'i sarnment les témoignages; ct l'administration coloni21e tire; L'Ji'
grand aVé1J1tage politique de cette "souplesse" du compoi'temol~t du r'C~~Y:3·'n.
Alors que d' nprès les rapports des administrJ.teurs, on cruicn2.i t UG S
troubles en 1931, il n'en fut rien, presqu'à ln. surprise de Ir: bm.'o.:J,U-
cratie cülcnialell: il n'y eut pas de luttes de classe 0uvertes ~ la.
c2Illpagne. En <l6finitive donc, la logique de la minimisation du saldro
de fait compatible avec l'approvisionnement de l'huilerie et du la
France, joue dans le sens du lùaintien' d'un cürtain équilibre ontre
autoconsoITBnë'.tion et salnire. )
- AutGconsomma.tion et débouchés pour l'industrie ci1.pi·',,:üiste :
Vanhaeverbeke, ôcrit à propos des dépenses rurnles scnég;ll,J,ises
du bassin 6.rachidier : "108 données concordent sur l'importance dos
différents articles dans les dupenses globales des pnya~s, cünsncr~es a
l'achat de s produ1ta importés. Les tissus, y occupent une place =,rcpr)n-
dêrante : 50% du budget; les produits alimentaires y repr6sentont 40%
(20% pour le riz), les divers, en l'occurence le s·won et le I<trclo 1C%
(5% chacun) •.Y
iûnsi environ 50? du S?.lair0 de fai. test c onsé'.cré à l' (~chC1,t
des produits toriiles - nous verrons que dMS l'ordre historiquo, l'i:l-
dustrieteXtile (1 été parmi les premières à s'installer au Sénè:bëü. 1,3,
place du sucre égale celle du riz.
Voyons le processus histGriquo.
S. Amin4( exposé dû nanière préctse que l'un des moyens esson-
tiels pour le cû.pitnl de prolétariser 1GB masses urbaines et pCtYs::.nnes
dans los pays aujourd'hui sous-développées, Cl. consisté en la destruc-
tion de l'artisanat et la désorganis::ttion des circuits d'échango
il Rapport politique, archives 2 G!31-14
.Y Vanhaerverbeke o.c. p. 153
al S. Amin. L'accumulation à l'échelle mondiale.

R/2795
Puge 332:
c.nturieurs. A propos du Sénégal, Ii .B2..rry a Gtuclié cor;lffiünt oc Il'Jrnie:r
processus s'ost clév(;loppé d,ms le c"dre du royaume du vhalo à l'cm:)(,u-
chure du l"lQUVG SénGC'::w' .1/iiu SGn0gal OOf:Jt1C é1illeurs i l y
il GU d 1 cl,bord substitution do
produits c:èvitalistes aux rrocluits 'u'ti-
sa.naux loctux, d'où la prol0ta.risii.ticn (lBs artisMs on pa.rticuli,_,r (~'ill8
le dc·wüne des textiles et des ustensiles ménagers. Ce :,Jr(lCeSSLtG de
clestruction n'o., [>,,",-s enCOI'E) été bien IJÙS on lumière l'iJX' les histcriol1::;.
Il ne f.ut ;<1.13 (.'ublior que la. cGte sén6g,'tla.ise est en rc:.j:::port aVGC
l'Europe depuis le 16ème siècle.
Prenons doux instantanés au milieu du 18ème aioole et en 1930.
li pr':,.pos de l' c-xtisanat dCUls le Ka;)'vr, P,:J,thé Diagne l'cri t
:
"Il concerne 1" f:'.bric,üion des ;U'mes en fer ot on bois. Il ::.ortc) 8lJ.r L-,
confection d'ustensiliis et de rucipients. Les matèriaux qu'il utili'ôlJ 3L; Ylt
divers. Outre le travnil des lil6to..ux comme le for et l'or, comme cclLli /10
la poterie, il excelle chns les,tissages". Il insiste sur le f,c>,ii-;ue les
conditions étc:.ient très f'wcre.bles à l ''1,rtisanat textile à s'1voir "o.,bcn-
dancc de la ld,:ctière première : cct on, indigo, gomme".Y
Après la l'uriodc esclavagiste et 80
ans d' occupation colonil~L,
l ',U'tisanat (iu bassin arachidicr est pr::1tiquemcnt liquidé en 1930. C'est
cc que rCvèle d,..:, m::1nière indirecte La.bouret, lorsqu'analyso..nt les r'_l,ction:3
deo lé), popuLl,ticn lcrs de la crise cle 1931, il obS<Jrve que l ''U'tiSi:111,:1t qui
aV3.it
été ruiné l'arcc: ciue les paystl.ns "achetaient des tissus frMçiùs ·3t
surtout Ctl1g1ai s pour leurs v€temonts,
des Gutils ct ust<)nsiles clivor,')
impcrtus d',iEurc;i)e", s'est à nouvo3,U d0velcppé : "des c;telicrs de f û rg8rc.!:1c
Sc
sont rcccnstituûs ; les ratières n'C1.Y"Jl.t plus gr,'1ncl chose à cr,:.,indre
de le. cüncurrc:ncc de lé\\, faïence et des mo.,rmi tes Ctr:'lngères ont rec0mm'HlC~
a f,J.briquer cles assiettes, dos plats, cles récilüents de oui!éline, enfin les
tisser,mels venus clll Soudan ré:l,pprendre aUX s0n6g.:üais une technique
cr(èlW
depuis de lonL,'Ucs armées cnt inctallé leurs n:0tiers ct roc(lITlmencû à
manoeuvrer la navettù sous 10)s grands ::œbres".Ji,
jJ B. Barry. Le royallme d.u Wa~o~-"
1/ Pathé Di2.gne. Pouv0ir politique trt:di tionnel en Afrique occident 1(;),
p. 96.
.
li Labouret. P,WSMS cl' Afrique Occi~Lmt,.ùe.

R.2795
Page ID;
En somme ln. sp~cialis:,ticn m~me partielle d31ls l'arachide c,v'ü t
déjà porté un coup f:·1.tal à l'artisana.t. Cette tentative de réactivatiun
de l 'Cl.!'tisaJ'lat durant la crise ne fera pas long feu. Dès la. reprise de
l 'er'pansion ar::~chidièr(;;J elle sera arr€t~e. Il est C'Vidcmt que cette
destruction prcfite essentiellement aux groupes de la. quincaillerie et
des tissus. Il faut remarquer qu'entre 1926 et 1940 les dimensions inter-
nes du ffiêlI'chê
et le niveau de prduti":l.risation sont suffisants pour
permettre l'installaticn d'une usine textile. Le textile sera effective-
ment la. deuxième industrie d'import-substitution 11 ~tre implantée au
Sénégal, après les industries alirnente.ires.
L'extension du marché des industries aliroontaires sc heurte
évidemment à la persistance d'un coefficient d'autoconsommation éiev&1~
C'est pourquoi les inter€ts
de l'industrie alimentaire poussent plut6t
à la spécialis~tion surtout après la clùuxièmc guerre ffivndiale. Avant cette
période, la consormnation des produits a.liroontnircs importés étai. t surtout
urbaine. A partir de la deuxième guerre mondiale des industrie s alimen-
taires s'installent à. DOllcar. I l s' :lgit en particulier des Grands houlins
qui écrasent les blés importés pour tout le marché de l' A 0 F. Ils
écrasent aussi d'autres céréales et en particulier le mai's importé dont
les semoulos. sc consonnnent en quanti tés croissantes au Sénégal. Les
farines- fabriquées sont utilisées sur place dn.ns la biscuiterie et
surt bUt d3.l1s la: boulangerie • La con sommat i on du pain s'étend aux Afri c::.ins.
Nais il no s'en suit pas que l'nutoconsommation diminue au point de
dovenir résiduelle, Pour qu'il en soit ainsi, i l faudrédt que les prix
relatifs des produits supports cle la plus-value, suivant un trend .:tscon-
dant pendant une période assez longue, cc: que rien ne permet d'expérer.
C'e st paurquai la thè se de Cl. Adan$!se Ion l .:1.que lIe , on va.
inéxe;rablemcnt vers la "mcnétaris.J.tion" des cultures di tes vivrièro s est
tout à rait simpliste. Cortes, il y a une concurenco effectué entre
l'agriculture française et l'agriculture sénégalaise par l'intermédiaire
j} Nous entendons par coefficient dl aut oconsommü.ti on, le rapport en
valeur do l'autoconsommation .:tu sa.laire COlline co..pi tal variable.
y cl. Adam.

R/2795
Page ll4
des industries a.limentaires qui impc.:rtc leur m~1tièros première s not'1iUJln1üüt
de France. La.sbouliJ.ngcric et la biscui terio en particulier sont :1ssez
active. La ccnscmnliltion (~e 1:1 semence de blé import6 se dGvülüppe. ru
cette manière, les intérêts des [;rou~-)es op6rant d:u1s ces sGcteurs agis3unt
élans le sems c:o le:!. destruction de l'autcconsomm.'1ticn. CQpenct:.nt, le r·,oul
de l '1.utoconsomnmtion se traduit p:lr une tonda.nce à la. l'cvenQicl,tion do s
revenus monet -üre s plus élev6s. Le sint l;rêt s du c:",pi t ,'11 de l ' huilerie, (Lu
la. France ct de l'Etat colonial (adrùinistra,tion en fait) pC3Uvcnt on
souffrir. :Sn résurné, la. rL.duction do l i autoconsommation doit se tr~,duirG
par un relèvement du sQ,lairo nominal de fait, lequel est payé par l 'hui-
lerie ct ncn par les vondeurs de céréales, de sucra bu de tissus. L'intü-
r€t
de l'huilerie est donc d'arriver à un équilibre qui soit compatiblo
avec la poursui te do la prüduction arachidière.
Ce sont finalement ses intér€ts
qui. ont prévalu da..ns la mesure
où. la fcnctiun du SénGgal dn.ns l'Empire était l)rincipalemcnt do fourni±'
la France en prcdui ts bon mo"rché et subsidiairement de servir de dCbou-
chés : ceux-ci s'envis::1gcant à l t Gchelle do l'Empire tvut entier et la
préférence allant aux pays do l'fJrique du Nord.
Le problème dG lC1. fluctuation dos prix au prodLwtour ne ncus
intérosse pas dir0ctcmont dans la mesure où nous sommes surtout CÜnccri1c.;s
pLU' les aspects structurels. Néanmoins nous allons onvrir une paronthèso
ici.
Dans quelle mesure les prix de l' p.r é1C hi do au Sén0gal sont"'ils
pencb.nt la p0riode coloniale, plus ou moins stables p'll' r:1ppcrt aux ~)rix
dos produits agricoles français. Nous avens chc,isi de comp:u'EJr les flux,,-
tions du prix des arachides à celui dos vins du L''Uloc-u.c;d.:..c c1Gnt 10. prccluc-
tion s'ilccomplit Clussi en [STilndo partie clNlS 10 c:',dre de l'cxplüita;ciCin
f::uniliale. l'ialheurousement Dl"US n' i:1.VOnS pu r.cÏ. s)osor dl; ùonn6es querJlGUI'
l'entre cloux guerres. Nous ccmpLU'ons ci-dessous les r·;sultats :
Les deux produits sont comparables en co sens que la producti cn
du vin du Lilllguedoc se faisait dans un cadre assez familial. BIle a subi
l'effet du d0veh~ppement de la, viticul turc en Afrique du 1Jorset plus

R/2795
Page 1~
spécialornent en JUgérie. Le vin ordinail'e e st un produit qui entre il'lns
le c.,lcul clc l ' inclice du colit ùe la vic. Ive pOUV2J1t pas Lur,,) ~k C_:;l~i",­
ro.isons c1;j prcrluctivit~;
nous allcns commenter surtout los iœlicQ8 ~'8
prix :
En 1,mguodcc p.us si, il Y é.l. de s fluctU!l ti ons mai s 10) le s
meillo\\.U'es. Cl..r11l6es sGnt fr2JlChement bonnes. Nous relcvons l1J.'1.. incli.co 21~)
et trois autres sup6rieurs à 150. 2°) les dérre ssions sont rnüinsi~r(jfc.ncles
. qu'au S6nég:ü, puisque alors qu'ici nous rclevons 6 indices infôriEJurs cu
" égaux è. 50 ~u cours de la p6ricè.l3, nous n'en rulevons que cloux en c:; c;ui
concerne lc1::~e;'lledoc. Or le vin est })eut~tre l'un dos produits :1.-./11t
le rJl'LUC èt:ri t le plus instable en :Brance à cotte GpGque.
.......
1° Au Sénegnl, les prix ont été extrêmement fluctuants • l -i.U filG
pend,-nt la période 1923-24 - 1928-29 üÙ les prix nlJminé:1ux ont dé C-..:rl8-
tammont sUr;E3riours à coux do 1919-20, l'indice n'a jW'[;ais attoint
;:.)c.
2° Les fluctuations sont très brusquos et profondes. Lo roluv0-
Inent étant pluttt lent : de l'indice 100 on .1929-30 on tombe à l'in('\\.ic'"-,
44,4 en 1930-31. La d0prossicn dure jusqu'en 1933-34. A la. veillo_~o le,
guerre l'indice 100 n'ost pas atteint. :8nfait, il ne l'attoind.r::t qu'cn
1942.
. ..
En somme les fluctuatiuns des prix du vin ent (;té moins r,nrquuos
entre les deux guorres que celles de l'arQchide.

R/2795;·
Pl'..gG 3.16
TABillAU XXXIX
EVOLUTION cmPAlrc~~ DES li'LUC'l1UXrrONS D.'~S COURS DU qVL,l:~lL
D'AR:b9UD."jS f.. ~OLACK =:T DE L'HECTOLITRE DE VIN DU 11il'TÇ~U~
{Prix producteur) m·JTRÉ LbS illGUX GUERRI:S EN F'F :
i
r
_--.-
-
Année
ARACHIDE:
~
1
_
!
..
....
Prix
1
Indice
Prix
Indico
1
1919-20 = 100
1919-20 = 10J
191-20
90
100
96,6
100
192~21
45
50
62,6
64,3
1921-22
40
44,4
93,8
97,10
1922-23
70
78
58,2
60,30
1923-24
95
105,5
74,2
76,21
1924-25
100
111
54,9
56,C,O
!
1925-26
140
155,5
84,2
f37,60
!
1926-27
140
i
155,5
211
21 :11 , '14
i
1927-28
135
150
171
177
!
1
1928-29
125
139
132,7
137,4
1
!
1929-30
95
100
98,1
101,5
/
193~31
40
44,4
156,2
0"
.-'
,3
1
1931-32
45
50
95
'125,2
1932-33
1
42,5
46,7 0
120,9
91,6
1933-34
40
44,4
88,5
47,10
i
1934-35
70
~8f;2
45,5
i~n
Co"'-)
v(~"
;. l.......
1
1935-36
65
1
1?2
66,6
135, C~
1937-38
70
78
131,2
';5\\ 1
1938-39
82
91
150
1
1
,8
!
1
1
-
Sourcas
Scnegnl: Vanhncvûrbeke -
Arillexe, Sinû-S~10um.
li'rance : Cc,nsoil Economique ct Socinl Revenus ,lu
l'agriculturo ct des ~gricultours.
2) NINIHISATION DU S .LAIR!:; D~~ JURE
a) L'élément do surcxploitJ.tiondu à la diffoT'enco dos taux
des G",l:-;,i:ccs
entre la Fr0!lCG et ..le SGnégal.
Nous savcns quo c'.Jst surtout à partir do la d';uxièmQ~'u0rr()
mondiale que l'huilerie s'ost d0velopp60 au Sên6g,::ü. De mnnièro ,·i\\:mr:ü..:,
c'ost après la guerre que l'inclustrie de l'import substitution :TCn(~ UllO

R/2795
Page 3)?
certaine runpleur. Ainsi un prolétariat industriel proprumont dit viO.:1t
s'ajcutûr à celui de l'infrastructure de l'6conomic de traite (dockürs,
cheminots, camionnours) etc ••• Il nous faudra tenir compte du cette
coupure importance que représente la période 1939-50. Nous nous CCnC0ri.lcr8
l'ons sur l'avant guerre et sur la décennie 1950-60.
Puur pr0c(dcr à une approximatiün du clegré (18 surcxploi tc,ti "11
de l'huilerie installG~ au Sénégal, il faudrGit connaitre la structure d~s
la force d-J trcw.:ri.l ot dos snlaires
en llarticulier, i l faud.r:_u t
par
exemple cOHnartre le sala.ire moyen et la répuxtition des salairos entre
africains et celons. Les c1Gcuments disponibles no pormettent 1"<'s c1'(·btü-
nir cos informations. On est sûr ptU' contre quo pratiquement tous los
contremaîtres ëtGient des françnis. Nous })cuvüns fnire dos approxim::tiulS
en procédant à trois compr1.raisons
a) le ShIG on FraIlce ct au' S6n6g;:-,1.
b) Le $irrG en Fr.::..rlcu et 'lcuvrier qualifi é au Sénégal i c) Le SElO on
Franco et l'ouvrier urdinaire au Sûnégal.
(1) l'élément de suruxpJ.oitation piU' rappcrt,ilu st1.1airo.du Ilk.1Jlccuvre
Avant la deuxième guerre mondiale, l'élément de sure:X:ploitati(>ll
piU' heure éta.i t
très (;levé, tn.nt en valour absolue qu'en taux. I l est
tl
aAd:é en augmentrmt, attüign2.l1t le spcint le T,lus Glevé à la veille do
ln deuxième guerre. 10 SIlIG hGrériro à Paris 5t;:it d'environ 7 fois
sU1Jérieu±l à celui de Dakar.
T.iun":~AU XL
51>11G :,~N FRANCE b~ AU S:::lI'lIDAL DE 1919 à 1939
1919-21
.12.22-26
1927-31
1232-36
1937-32
l!f:...Y..c! rlEG
a) France
1,67
2,47
3,3
3,97
5,9
b) Sénégal
0;33
0,55
0,66
0,78
0,9
c) Ecart
1, .34-
1,92
2,64
3,19
5,0
cl) Taux
406
·349
400
409
555
380
cio en %
.
S~
a) d' nprès Vanhaeverbeke, p • 186

b) CoumbaN'Doffone Diouf p. 21

R/2795
Page 338
Le t,,,ux de surexplç,i tdion tout en ra stant très élevé
(minimum de 349% entre 1922 et 1926) a Ccmnu un mouvement [{Juins rU/,:LÜior.
Dans l'ensemble, il est resté auteur de 40a~ jusqu'en 1936. Ensuite il
a fait un grand bond (55510 en 1937-39). Cotte situn:tion est l'une des
explic~ti()ns essentielles do l' ; opposition du Cfll)i tal huilier "m6trc-
politc.in" à l'émergenco d'un capit,::'.1 huilier colonial à cette 6pcque~
Cepond~ît, l'616ment du surexploitation, s'il est très 61evè en taux est
rcldivoment limité en volume du fait prlJcis6ment de l' obI ig.'1tic n où se
trç,uve la colonio dG livrer en France dos grdnos ct neln de l'huila. fi.
partir dus élIll1l::es 1950, cu volume augmentera de rnanière appréciable.
Nüus avons vu que la 1)l'CC1.uction localo d'huile a :p'is une grt1l1.(0 wnI;l<:.;llr,
qu(;ique e1:1ns des limites Gtroi tes.
En 1952, le coda du travail (iutre huI' Gst a.dopté. La fGrC8 !'e
travail industrielle au S8nége.,1 bénéficie dl 'Ulgment,:ttions de sn.lairé.' S
substantielles. Cel,enclant c'est surtout le Sl.IG qui suivra l t éVGluticn
àe l'indice des prix : "le pouvoir cl' ::1Chat du manoeuvre a tté plus que
sauvagardé par rn.lJI'crt à ce qu'il était on 1946 ; par contre, s'é1{5'iSrnlrt
des salaires hiérarchisés fix8s par voie de néguciation collective, 0n
constate que le pouvcir d'achat c;'G l t 2..ido ouvrier n'a :)2..S oxacter'Jent
suivi J.' ~vclutiem du francs frwçais" •.11
De 1946 à 1962, le SDIG a été multiplié p,~ 6,66 au Sén6gnlo
Le tableau pour la p6rivde de 1952 à 1960 montre quo l'a'1gmen-taticn du
SYIG a ôté moins fcrt<::l on Fr:mco. Il en est ri~sulté un abé1i sscmont subs-
tantiel du taux de surexplci tation du manoeuvre au Sé~égal par rap~'c:rt
à la pôriode d'E"J.v(),nt guerre. Gepündant la muyenne du taux est restu très
élevée (207% en mcyenne au cours de la décennie).
TABLEAU XLI
HOR"URC EN FRANCE ET 1\\.U SBi'JEGAf;. 1952-60
(Francs françqis)
1952-56
1957 -60
Moyenne
il France
170
236
Sénégal ,
56
76
Ecart
114
160
Taux
203,6
210,5
207
.
SI..iurce
a) Vanhaeverboke, p • 186
b) C.N. Diouf p. 21.
.11 Coumba Ndeffone Diouf, La que sti on de s salaires, p. 21

R/2795
Page 339
a2) L'é~ment do aurexpl~itation sur l'ouvrior qualifié
Nous3.vons chcisi d:.;; Comi)arer 10 s,üé1ire horaire d'un cuvri,)r
sénGg'~üais qualifiù de 6ème. c<ltogcœie avec le SiIG en FrcJ.l1ce. ~3ell~n J.é1
classificc,tiGn de la force do travail, l'ouvrier de 6èraû c~t (;gcric \\:~.it
avoir une "formation gênorél.le, une fcrnnticn technique et une :T.:::.L:'LJ
approfondie ll • Par cOfllp3XaisGn, l' ouvri(œ de 5ème ca.t{Jgc'rie dei t l,:JSt;c:ür
un 'mutier et €tro
titulaire du curtiîici1t d',Aptitude Professionn,;Uc
( CAP). Eh bion cet ouvrier hauteinent qualifi e ètait netterilont mcir.s :)iun
pil-y6 que le mùJl0euvre parisien, môme aprôs l'adoption du corlo cL t'xJ:lil
Outrü-f&3r c1c1952.
L'é16m:mt de surexploi til.tion atteint 83 TIF par heur0 :.n '19~7-:
58. Lô. comparé1ison avec un -tril.vail qunlifi6 dG même ni von;u aur,ü-t :L'uô
des tl.UX nettement supérieurs à ln. r;loyenne de 32,5% que ncu~ aven:,' ·L',.uvû>J
pour la ducennio 50.
TABLEAU XLII
S":'.LiJRE HORAIRE DJi: L' OUVRU:R Sg~~';~lUS::J:IAUIJ.'~I';ENT
QUALD'Il:j
(&0 C;~rEG()RIE) JiTI' DU 1:~.'Lt"101mvm~ Ln FRANCi: 1952-60 en FF
1952-56
1957-58
1958-60
a) llTance
170
236
236
b) Sénégal
136
153
197
c) Ecart
34
83
39
d) c/b en %
25
54
20
.32,5
Source:
a) VLuihaeverbeke, p. 186
b) c. N. Di euf , p • 21
a3) L'âlérœnt do sure~;loitation sur l'ouvrier spécialisé
Celui-ci est défini cùmrne ouvrier ne cOl1nClissa.nt cru 'lHlC partie
d'un m6tier. C'est probablemont le.' cn;togorie de travailleurs la pL::::,
rupandue dans l'industrie sén6galClise ct sp6cialemont d:::..ns l 'hllilcri,~.
L'élémont de surexploitatiun ca,lculéparrappcrt àsons,iliÙre a Lme t~·_.:
~
. c
grande signifie :.tion par consqéucnt ici 2..Ussi, pour 0vi ter toutG sL,-,-~~i-·
cion, nous ne cherchons pas à ccmpn;r€lr
10 salairo de l'OS 1 sùn6r;,J.1.i S

R/2795
Pétge 3:1.0
à celui dG l'OS 1 en France. lTellS allons le cumI'ilror avec le S,lG c~
Paris.
N,us vl>Y0ns qu'en Ii'F, l'élér:1Gnt du sllruxploitaticn =~ C!~:ci,_
entre 100 f et 146 f entre 1952 at 1960. Le ti:mx moyen Cl été do 143'/0.
Aprè:s ~trG ;-;E\\.ssé à 140}S on 1952-56, il ost munté à 1627~ on 1957-52,
l 'lus:;mcmtaticn c!'Y:'1nt 6tlS b8allCCllIJ plllS impcrtante en Fra,nco.
TABlliAU XLIII
SlnG EN FRlurCE );'1' SAL1!.IR8 HORAHΠnE L'lAInE OUVRIsrtl!
AU SENEGAL (1952-60) en FR
1952-56
1957-58
..12.22
1960
!..LY9rmo
a) FrCUlce
170
236
236
236
b) Sénegal
70,8
90
99
102
c) Ecart
99,2
146
137
134
d) Taux
140
162
138
131
143,67
Scurce : a) Vanhaeverboke, p. 186
En r (;silJné, les s·~ries statistiquos CIlle nCllS avens 0x=:.rJinées
mentrent qll0 le tnllx (h, sllr8xploitati (,n dll travaillaur do l 'hlliLriG],U
Sénôg,::.l ét'üt sllffiséU'lllilent élové pCllr jllstifior la lutte du cèl.~it:~l
d'origine cCJlcniale. }.ill m€me
temps, i l ùxpliquo l'agressivit6 C:ll C ,~itü
di t
"métro:;Jc1i ktin" et finaloL1unt l'entente Ull l ' absorpticn. :..l'virLc;mli1c:-::.t
pour Tilé,intünir d8S s C llctires ncr.linaux'..llssi bas, il fallni t
cl' "bcrd rCl.llC J.es
prix des denrées de llT,;mièrc nécüssité l,; suic:nt ,',llssi. En l'abs~:ncQ du
dévu1cpp0Incnt (les fcrc1.)s l>TudllCti ve s duns l ' :1(;riclllture s0négû.Lriso, il
fn.llé1.it los Llpcrter d'll11e rêgicn de l'Empire,
où la. rémllnér:~ticn des
pr()étllctcurs c:t 10 c2.i;i t,-ù constant étücnt suffis.:l[,nnent bas jJOllr)OrLl0t-
tre cle tr8s bas jJrix. La scùllti ün fllt trcllvôo d,::.ns l tintégr::dicn
ri zi cul tGllrS induchinci s i;, l ' \\;conGmio de traite sênégalci SO.
il L t aide Gllvrier est la ct::.tégc,rie qlli viont après l t ouvrier SI,ecLLlisu.

R/2795
Page, l4-!
B) Articulation partielle de la riziculture indochinoise comme mo~ de
mi nimi ser le capi tal vari able dans ·le cadre de l'économie de tr ~ite.
On sait que les céréales constituent l'une des bases essentiel-
le s de l' alimentati on hWl1aine. C' e st par exce llence l' ,üiment qui CA1ViiJn.t
à:la reproduction de la force de travail lorsque les s8.Llires sent très
bas. La rcvcluticn u.,;ricole en Occident a été d'abord celle du blé qui
a constituté un .J,liment à. fcrt p0uvoir calorique, dans les d6buts de lE,
révolution industrielle.
"Si l'on se place dans l'hypothèse do satisfaction des boscins
caloric~es (2225 calories par jour par personne) les besoins protéiques
sont assurés da.ns un r~gime à base de céréales; da..'1.S ce cas, le r'l,ppcrt
. calc.;rico-azoté est de 12"/v, cc qui signifie que 265 caleries sont d'oricin8
protidiqueset, une calorie étant équivalente à 4 protides, l'individu
qui satisfaitson bescin cc:üorique dispose de 66 grammes de protides, i l
satisf~t donc aussi un besoin protidique, 58 gr.
Un r6gime à baso de céréales est donc beaucoup plus apte à
sauvegarder l ' équili bre nutri ti onnel et à éviter la malnutri ti on qtBun
qu'un rcgime à base de tubercules)!
Aujourd'hui encore, chaque grand pays capitaliste aune
~olitique des cér(;ales très vigoureu.se.
Les cérG~les entrent pour une part très importante dans la
consommation des travailleurs, i l importe donc que leur prix soit contrt1û
pour lutter contre la tondance à la hausse des sal6.ires qui ne sora.i t
acccmpagnee d'un accroissement de laproductivit0 du travail.
L'Economie de tr3ite basée sur la production de la plus valQ~
principalement di:U1s l'arachide, devait. mener nécessairement à la n'1iss':~cco
d'activitésronon n,gric01t')s dans les villes et las points de traite. Cemmont
résoudre le prcblèmc du ravitaillement de cotte force de travail en
biens salaires? Telle éta.i t la. question de .,base dès le début de k'eXI'il.n-
sion aré'.chidière. Il y avait
alors théoriquement trois solutions:
il Blanc (J) - Nutrition et developpement •••• p. 148

R/2795
Page ~
provoquer une mut~~n techn?logi~ dans la culture
mil de manière il fl,ire du mil la base de l ' alimentnti on urba.ine ct
rurn,le i sans mutaticn technologique sp8cinlis,-,r cortaines rGgions du
Sénégal ou de l'A 0 F dans la culture cl'une céroale d8 base (riz ou liil);
trouver ailleurs di.1!ls le c:Ldre do la poli tic,.rue à l ' cchelle impériale ;un.;
L,ays ou une zona qui füurnirai t
dos cereales très ben muxcho peur le s
substituer au mil local. La première alternative fut Cc·U'ttSe. La èLuxiomo
no connut aucun succès. C'est la troisième qui .:0., pr0valu. Nous alL;l'ls
d'abord Gxaminer 10 contenu de cette troisième soluticn, nous vorrons
ensuite l'~chec dG la seconde.
b1) D6ronct"1.i1CC oxtCrieuE~ du Sénégal en maticre du ~:'yitaille-
ment de la force de travail urbaine en produits alimentaire s et sur-
.c:xJ?l.üi tation des riziculteurs indochi~
On s1.it que l'irnpGrtance w:1ssive de riz à bon marché de
l'Indochine a ct6 LUl des éloments c:6torr:Jinants de l'oxpé1l1sion de l':Lra-
chide.
T.ABLEAU XLIV
ItFOnTj~rrŒJS D~ RIZ "D Sl~NBGII1 EN TONIJES (IIOYE.IrnES_
QUniQUEIITJALES) 1900-1959
1900-04-
14.000
1905-09
16.000
1910-14
26.000
1915-19
5.400
1920-24
15.000
1925-29
48.000
1930-34
35.000
1935-39
75.000
1940-44
18.000
1945-49
23.000
1950-54
55.000
1955-59
95.000
Source: J. Blanc, thèse p. 343

R/2795
PClge M.3:l
r!Uis en général cette articLüation entre doux éconc,mie.s
p6rillhCriqu.Gs pCU' la PlÜSSCl.l1Ce coloniale est pr6sontl:-.e du manièro incer-
recte. L' ocueil le plLls impototant à 'éviter consi ste à prôsontor 10 ri z
comme ,.mbstitut dLl mil dans l'nlimontation paysanne. En effet l)rc::.quo
tOLlS los autours qui ont traité l~ question. tentent cl'établir. ~Ll
clelà d'une simple corrélation, une rolati on de C::luse à effet (;ntre
l'Gxpansion àrachidière et l'importation du riz. C'est ce qLla sucgèrent
aussi biGn FOLlqLlüt que J. 131ailc et clans Llne moindre mslU'ü A. Vi1.l1.haevür-
beke. Certes on pout obsGrvor une ccrrGlation assez 6troite entra IGe
export,::'I;tions en économies de trni te en généraI et les iml:"Jort[l,ticns. Ainsi
pour l'ensemble de l ' li 0 }l', le coefficiont do ccrrélation c:ntru LoG
valeurs dos exportations au prix productülU' était de 0,890, co c.;Ui ost
significatif, mais clans qLlûlle mesure l'out-on en tirer la ccncluF'i'_n que
l ' impürta,ti lin vient remplacer les lprcdLli t s alimentairE) S loc~tUX c,:u,-;
c0nsommemt les paysans?
Le coefficient de corrélation ne ptmt rien
nOLlS. apprendre ,à CG SLljot. Ni.eLlX, les corr~L1tions nveo les ü11iurt-1-
tians sont plLlS fortes avec d,'autres variables ~tru 'avec les ex;crt"ticY'.s
comme 18 montre le table~Ll sLliv~nt :
TABLEAU XLV
rrJillillAU DES COEFFICIENTS DE CORPJ~LATION ENTRE LES nlPOii'11j':;:OlTS
I:."T C}~mT ù.r:nss GRANDEURS SIGNIFICüTIVES EN 1226 DANS L 'l'1tJSK'illLE:
àe l'AOF
Conscmmù.ticn de biens importés et population totale
Conscnnn:1tion de biens importés et valeurs des expor-
tations au~prix producteur
r == 0,890
Consommation des bions import0s et dupenses adminis-
tratives "
r == 0,953
Consomnn,tion dos biens importés ct parc automobile
r == °.9 66
Consomma,tion des biens importes ct popLllation
Llrbaine
r = 0,938
Conso/l1iTlù.tion des biens importGs et ma.sse globale des
snla.ire s
r == 0,975
Source. '
- Compte's économiques de l tAÔF, 1956. RàppiJrt .1.j, p. 29.

R/2795
Pa.ge 344
])j
ce tableQu, il resGcrt nettement qu'on ne séturai t
i', c'Lüre
d'une f;,rte corrélation entre la v::..rL1.tion de l'importê1ticn et ,_le lQ
. ccnscli1-[j,'1tion d'un l)rodui t, 1;1, distribution de celui-ci entre les cl,,3~L::s
sociê11es ut lsrcLlpos cLons un IJa,ys. Le cJ.cul ct1.1e la clir<Jction do l
stètis-
tique a fü t sur le crtS du Sén6gal l;tU' l'utilisation du CL'nC(;pt'~'J
mul tiplicQtt3ur permet cl 'illustrer cette idee. Il montre qu'au WUiunt
de l'indépend'::'1lce uno terme d'arachiùes c:.chet6e QU IJroductour p'iur
25.400 CFù et ro..;cxport6e pour 36.000 F CB'). permet un rcvc:nu glcb:ü (0
76.600 F,
soit truis fois 10 filontant ,'.U rc;vonu au l)rOducto~ Los
bén6ficiaires cles doux autres tiers du ruvenu clGbal engendré IAmv,,,nt
tout 2..usoi bien ct m€me
davculta.ge, dormer néÜSSQJlCe à la dOrdC1.',xlu l'lU riz.
La deuxième remarque attire l'attention sur le fait
quo 18
cœfficiont do corrêlati on le plus ùlevG était alors celui qui lLüt b8
im;Jortatic;lls i1.UX sé'.1iÙres (0,975) contre 0,890 à colui dos export.ations"
Si c~use à offet il y a
il f.wdr:ü t
clunc faire intorvunir la C10lil"l1'0
urbaine et encore plus, la dem'Ulde dos sù.liU'i6s. :w tableau suiv::.nt
monj;re que 10% du riz imIcrt6 étni t
consommé (b.ns los ctl,mpJ,gnes de
l'AOF en 1956.
TABlliAU XLVI
m;p)J1.TITION ::::;STH1EE DE LA COHSOlL~ION m.:s PRODUITS Il'PC[fr:c::S
(Villes et cQ.lTlpagnos. 'fonnClogosen 1.000 tonnos)
Impor.!.n,tions
RGp:'J'ti tian d8S t onn':?;K,e s
Villes
Villes de
C~·U.1i.l,~\\n(J[\\
cetières
l'intérieur
C-::rGnlo s
85
83
2
0
A
98%
Z'/o
cr~
lU
r
Riz
96
73
14
9
(f)'
75%
15~s
1r·ré;:
ra
......' !'
FéU'ines
61
12
3
46
%
2CJ',h
5~~;
75~iJ
Sucr8
82
20
4
58
%
25%
5%
7(',0/)
~..- il..
Source: Comptes écpnomictues de ItAOF, 1956 p. 24.
li rIAS. Diroction de la Sta.tistique. Rtne de l'arachide
.

R/2795
P~ 34~
Cos romarques n'avaient qu'un but : ~ttirer l'~ttontion Sur
le Lü t
quo la (lOlJ1;Ulrlo (:0 riz. m~me parfois qunnti tativemunt imlJ(,rt'lnte
en milieu rur;ü, ost d'abord 10 f~(jt dos cit3.dins. Si en effet, vors J.:1
fin de la ~h~œiodot la. consornmaticn rura10 :w:ü t augmenté clf,;) [lanière
significl.tive, Pürtères,
ccrivai t
dans son ral,port cn 1952, que 10 ris
étai t c ensommG surtout en ville, la C0nSOIl1l11'1tion rur2.1e ~,6nétrant 1,:;üGu-
ment à travers les pr~ts du gouvornement, notar;lrilont d'Uls le Sine S;::l\\'LlLl
pour l'entretien dos sal~iGs s~isonniers (navotancs).
RÉ:p~rtiticn socttœielle du riz ili1pcrto :
En 1959, los disponibilités en riz ûtaiont de 194.000 tem10s,
rCprGsontu.nt W1G semme cl' onviron 7 milliards,
sei t la me,i ti6 de: la v Lldlr
~nchidièro au :i.'rix ~:'roductour. La consc;inrnation peu' têto était (le 63kZ o
La môrJü nnnùe, les industries alimentaires ot los im:ustries textiles ;)t
d(::s cuirs itvaient verS8 2,63 millieu'ds de salcires ot che',rgos. L'onsc,,~bl:::
de la prcducti en ngricule dai t 6v:ùu6 alGrs à 37 il1illinrds, y c(',n~'Y'i s
l'autoccnsommation. Le riz è.isponiblo rc;:)résonte-".it dcnc environ 2C% c=-'-'
ln, production a.gricclo senegalaise en valeur;
Au niveau e3ctoriel on peut faire les remarques SUiv~llltes :
sur les 194.000 tonnes, 6(ï.200 éta,ient consoillffi;:;es en ville. La Cûl1scm-
matiün p<:x habi t,cnt ci tndin Ctetit alors de 94 kg IJ~ an. Les 2.300.0CO
ruraux 110v,,,iont se l':lrtnger 128.000 tonnos, cl'où une conscmmn.tiün do
57 kg par tâte l,éèr an. :B..vi do rmne nt , i l faudrait faire 1.'1 distineti '_,n
entre 10 riz ilTllJcrtG, colui qui l'asse véri tablc:ment pé\\.l' le circuit
capi tit1istc et celL1Ï qui ost:'.utcconsornmé, c'est-à-dire, pr3.tiquomun-c
tcuto la l;r,.-ducticn inturieur EL cc;tte ope'que. DMS co 03.S, nuus
vüns
peur la consorJ1mnticn d'li riz importé
ci tllclin, 9.4 kg ; rur;ü 52 kg.
Au nivo'"u des " ménêlf{cs", l'iml)ertanco du riz peut être siü;,:is
p,u- la place qu'il tient d<:-îJ1s les d0:rensos. l.!;n r,liliou rural, envirc"J 2('
du revonu mon6taire sent consacrés à l'achat du riz contro40~ i1~~
toxtiles. L'enquôte CIHlurr1/donne plusieurs exemples qui confirment cc
point de vue. Ainsi, dans la région de IJdos,
situé en ploin cœur du
~CINAM, 2,1 (3), 5.

R/2795
P~~ .)46
bassin ill"itchidi8r, en 1959, 18 pn.ysan ne Cl'l1SF'..crcd. t que 15/~ (9[)9 :LI' C:,il~)
de sen revenu il l'c,chélt (:0 clenré€s
éÙimonklircs imrcrté~s, d"nt le r:rz
et 18~~ c~e ce illGma revenu aux "(IL,ttes religi"n l)t co,(lu:"ux céutumiers".
Enc(.re f2-ut-il se r~1.l'Pcler qu'en gvn6ral los ;,:rix dos I;rccluita imper·tes
sGnt plus 61evos il la cQlllP'1.I;ne qu'en ville. En 1959 Il 'in peut ,r',dml;lLtre
comme i:rix mc)yen du riz en ville 33,2, francs centra Gnvircn /l.O fr,llCS ,~n
brcusse ll • .1/une telle diffvrence de; prix pelIt Cs'vnfler de ;,.Q.nièro très ::;(;11-
sible 10.. Liart li'l rjz clélns les d(;pons8s rUT:J.les lxtr r"tIlIA.'!'t .1,U lililieu
urb.'liÙ. Unc ccrrccticn on vl.1ourd'uS<1.g0 S'Ü;;'f:;o. En 1959 à KhGmt",lv,
escalu ÜlpGrti1Jlt8 GÙ Insse le che"in d,G fer D'lkiU'-Nigor,
Ïl'cquenc:..: ;'.:.:
2/
L'1 c.nscrrun."tivn cl(;s"üimGnts riJ,i.iIJcrtés à 100 r:JI,as lit ,i t
SUiVrUTta
:_1
TJ.lliLI.:AU XLVll
~"I]'SOMJ'tU.',-11 m,T D;S ALUrr;r1!ê
Riz
-
Nil
Sérèl'(J s rlIraUX
13
81
W01<...fs rUriJ,UX
16
64
Wolofs urbains
35
43
Donc à Khcmbole,
où IGS habi tudws urbélines s:nt déjà 2.v:.ncGUs,
le riz :l'entra que r2.,\\l1S 35~" dos r(r~)éî.s Ch8Z 10 .:;:rc-ure ethnique le 11u8
urbanis0 :vU' ses hc..bi tuùc:s alimentQ.irüs lot au·Lres. Sclcn l' (1.uteur (10
l'enquête en effet,
"les w(;l, fs urbo.ins de lJlcmbcl() s'iüigneut sur Jos
los Cha.i1büi;;onts éL'J1G les h:J.bitlIdes vestir.1I.mtu.ires et l'ach::tt rk bij'llX ot
friandises (merveilles, beiGnets, -bûnbc.ns, pé1.in, cc.nsürvûs) que vors lé1
substi tuti un du riz all mil COIIUI1ü Q.limont rle base ".~I
Par ccntreJ, aU nivoau dE;S villos,
ln CCnSCfi1i11ntic,n du riz ost
un 61Cmoi1t ussc.:ntiel ,les cLpcn:Jos g6nér1.les et (;.0S d,-,penses alimc::nü',ir::.;s.
L'cnqllôte de liersC1dier muntre que l'évcnt~l el'a,près los tré1JlCh8S :10
rovunus, est pluttt fermé :
j)-
. Comptes nccticJnGllx, 1959, p. 135
Y Garine. Rapport sur les habitlIdes •.

R/2795
Puge M:7
TABLI~AU XLVIII
Rev'Jnu mensuel
(fi'
d6penS8-G tutnlüs
76 dupons\\) s alün:üt ,irc~ G
10 -
~ tête
riz
mil
riz
mil
1000-1500
16,8
5,7
20,3
/'
0
0,0
150(}.2000
16,2
4,1
20,5
6,3
2000-2500
17,7
4,3
21,9
3,5
2500-3000
13i4
2,3
19
2,9
300C)-4000
15, 1
1,8
20
2,5
4000-5000
11,4
2,6
15,5
3
5000-7000
11, 1
1,9
15,8
2,6
7000
7,6
1,6
11,8
2,5
Source
Persadicr, Eudgots félI11iliauxafricains, p. 75
b2) Surcxp10itation de l'Indcchine et du riziculteur inJ.c~
nuis d'lllS le cildre de l ' Gconomie de traite ilU Sénégal.
Le riz ccnsuTIrné ai.l Sénégal..; st essentiellement du riz L:,pcrté
d' Indcclline
En 1959, GlU 194.000 tcnnos de riz clccortiqué ccnsommé, .1-7. oca
tc;nnos SGi.lleln(~nt, scit 24,~o 6t-J.icnt produitos à l'intérieur, ('.. cnt
36.700 tonnes (18,65~) pilr des unités cle procluction familiale, s~_m; 8nc,:~­
(lrement ct 10.500 tCill1es (5,4/~) d::.ns 10 c:1dro do lil sownissicn infcrmello
D,Ll
CClI)i ta,l (rcgime (li t
C~G cclcnat).
D(jnc le S6nCgal duv",it importer au moins 75% du riz ccnsümlnc5.
En fait, dMS l ' qtique do 1<1. valcrisation_ du cari tal, la contr.,intc; G st
plus fortei si neus r,:üsc:nnons surè'los quantités comrnercialisC,es. En
offet 9~~ du riz cCD@orcialisé devaient ttre impvrtês. Certes l'annüe 1959
p:mt Ctre ccnsidérée ~omrœ und 8.t1ll00 non représentative en raison do la
v,llüur 61ovëo do la pruduction ar-J,chi cli ère • lIais dans l 'onsemble, la
dépondanco du pays à l'égard de l'extérieur en matière de la roprurluctün
de. la force do triwail était très forte.

R/2795
Page )4.8:
'riJ3illAU XLIX
STHUCTURE DU HI2; C01fSOIJ1JE Al] s:.~NEGAL BIr 1959 (Tonne ~)
(n'a.près Comptes Natic,nè"tux,
1959, Il. 134-135
Cotte d~pei1drl.llCO vis à vis dG l 'cxt0rieur en m.-'.ti0re c10 ln
roprcc1ucticn:lo Ll. furco ~e tr'"'.vail n'est l'as une phôncmène
spontané.
C'est 18 rLsult~t è'unü str0t6gie, collo du Capital frnn~nis•
. ~
L'indbchine (-lt 10 l"iHioulteur incLchincis' surexpltite8s il
travers les iliéc;ulismes de l' cc()nvmio cb traite :
En L';;:nC.r,'.l, los débats sur 18s prix élU SGnocal sont l'--Cs-:;S
en ces termes: le rappcrt du prix do l':'.r.chido à celui clu riz 'Jst-i1
suffi's')""lt uu nu" J'GUI' inciter le prccluctuur à l)rucluire plutôt l '.riJ.CdlfC;)
quo 10 ;~iil. On êtuèlie a.lGrs l'indice du C0 r"~:;;'IJvrt IJùur conclure C[Ll'il y ,::c
eu GU nen d,t"ricr.-:ticn dost0rmes dû l 'Gch3J1zo-revunu ,lu rn.yc"n. Jill
somme, le riz est vu soulement suus l'angle d'un.:., CCfJip,~s.::ulte ciu l'inclicc
des prix. Co f2.isant,
on oublie que le riz est uno marchandiso, s,urco
elle-meme cl 'une pltls-vc-.lue plus ou moins importante. Certes, en n' '"ublic
gcnêr~lemont pas do constater que la riz indochinois est un riz ben
m,'lI'chê mais en G'Gncral los ccncli tiens sucialos qui. rendl:nt co riz
mcillutlr march8 quo los autres ne sent llil.S pr(cisoes. Nous ''l.llons ici
mettre l ' accont sur cos donditions sccio.los et letlrs consequonoes qu:::.nt
au prr;blème crucial du ,tro.nsfüFt des v3.18urs.

R/2795
Pago 349
Pour l'œsscnticl los importations viennent (l.'Inc~c,chin8. Au
cours de la deuxiètno guerr8 f,1Lnclialo, los L"'tRts Unis d"vionnont 10 :)rinci-
pal fcurni sscur. DI autres fcurnissours apPiU'aisscnt spGradiquoment
(Brêsi l, I-Lîclagascar). L' Of fi co du Niger qui, ClcillS l ' e spri t (~ü sc lOi l rcr;JC-
tours, devait rempl~cor l'Indcchino n'a jwnais pu achominer vers le
SGnêg~èl plus e 20.000 tunnes (12.000 on 1959). En f:üt, dès 1948, 10.·
péninsule inclGchinoi so prend la premièro placu comme le mûntre le
tableau suivant ~
! ......

nI."'"
Page ),0:
TABLEAU L
ORIGINE DES IJ\\'IroRT.~l'IONS
DU RIZ AU 8ENillAL, OOUDAH
r':AURITANIE DE 1934 A 1957 (tonnes métrique longues)
:;.' i ,lcipaux pays
1934
1935
1939
1943
1950
1957
inc.., chine
36.371
66.765
61 • 2~ 3
2.526
22.961
87.458
.
,.....~
;')l ~:,l ['1
14.033
i,'c " t :?-Uni El
38.898'
'T'CTAL
72.743
72.142
78.293
43.SD6
53.385
111.864
.,. v
':12.
.~'"
l'Indochine
'YJ
92 755
78,29
5,75
4370 1
78,19
Sources statistiques douanières
Il faut remarquer que l'exportation du riz sur le wa.rché
monùial ost fonc1ament:llement le f ..üt
des pays p';riph~riques de l':extr~mG
Orient. fu 1909 à 1960, son cffre a varié de la maièro suiwmte.

H/2795
,,:;xrc
p:l,g'c
.3.51
HI .),T 10 NS DU RIZ DiliS LEI l IDb l
, I l '
,
~ ~;~tl :.î1
...l..lerS
QO
tonnes m~t~iques)
1
1
1
i
1909-1913
1928
1
1934-1938
1950-1952
1958-1960
--
q,
d
1
le
le-
1
%
%
%
-
Ixt 'ême Orient sans
la
;hine PopulairG
S 000
95,06
6 000
93941
7 900
92,81
3 200
77 985
3 500
54,26
Ixt 'ême Orient y
COrn lTis
la Chine
5 005
95,15
6 205
93,48
7 912
92 995
3 310
81 902
4 900
75,97
rop tlaire
1
1
lut 'es
256
4,85
476
6,52
600
7,05
1 400
29,72
1 5::0
24,03
1
-
TC) TAL
5 261
100
l 7 281 100
8 512
100
4 710
1-)
450
1
1
1
;Jources FAO
the World rice Economic, Vol II - Trends ~nd forcGs, p. 5

R/279.l)
P::tgo 352
TABLc."U L11
VALEURS TRi,r:SFEREES DE L'INDOCHINE VERS LE CAPITAL FRAI~CAIS AU SEriEGAL EN JO ANS DE 1948 A 1957
1948
1949
1950
1951
1952
1953
1954
J955
1956
1957
1
TOTAL
PRIX DE LA TONNE USA
211
167
160
186
194
215
181
150
140
155
1NDOCH 1rI
169
162
121
124
163
184
110
183
171
89
ECARTS
42
5
39
64
31
31
71
- 37
- 31
- 66
IHPORTAT10t:S li~DOCHWE EN 1.
31 890
32 683
22 961
69 592
54 494
25 053
1
52 224
51.322
III 116 1 118 884
VALEUR TRANSFEREE VERS LE
1 1 339 380
1 163 415
1 895 479
14 453 888
11689 314
CAP 1TAL ~RAi'ICA 1S AU SEi)EGAL
t 776 643
13 707 904
Il 898 914 r3 444 596 17 846 674
1
208 772 657
(DOLLARS)
VALEUR EN FRAfJCS
1
!
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1 104 386 348 500
SOURCE : FilO, BULLETI:~ SERI ES THE I/ORLD, VOL. 1 RI CE ECONOfiY, 1962, p. 20 à 27.

R/2795
Page .15),
Lo s r<:wports de fcrco cl.uns 10 ffiende imposaient ahTs an
Gchange inégal brutal. La plu]).:Jxt d8s pays exrlcrtatcmrs étaient cLs
colonies uu cles semi-colonies. C'est pourquoi 10 prix intcrné1tioniü (:U l':!.Z
indochincis ét~;it anormalement b<J.s pn.r rappGrt à celui des p:1Ys CTl i' t:"'ci :t08
centraux eXl)crtatours. Par e xcmplo, le riz en provunê~nce de LL ii'r,"éJ00 ccC-t-ü t
110 Il' CFA C"U~ port de Dakar, .:,üc>rs que le ruste du riz coûtait 2,].,~) l' (>',''...
Peur avoir une iclêe du tri.:.nsfcrt do valeur dent l ' I!'l,~:.. c':i
etait victünu ccrnrûe lGS autres oxpcrtatours de l'L~tr~melOricnt, n, \\.w
allcns cOn1pn.rer los prix du riz i.l);h;ric:ün et indochinois peur UJl(~ l.d'i,'i:c
do 10 ans. F,usant l 'hypothèse que 10 prix cunL:ric.:-rin ruflète la v,I'~ar .,l
la marchandise, neus rusumons los licarts lJar rapport à c8tte nermc. _~
multipliant les éC3.I'ts
par les expertatiuns du riz de lIInclochinoy"~'G;3
aVcJns L" somma cumu16e transféréo.' Ncus i.u~rivens au ré,sul tat suiv,·tl1'G
. "J
1948 à 1958, 10 scus-paiomant (1.U riz indochinois El. lJ0rmis :',ll c\\üt:~l

fr'inçais cl'(,concmiser la somme do 104.386.358.50lJ francs.
En Tait un transfert si mi1.S sif no s' oXIJli que p3.S SLJuh: ii1Un~
par los rOTPorts de forces intcrnil.ticnales, c' () st-à-diro par la rleJ!;Ül1ctiicl1.
des centres capitalistes sur les nati ons du Sud Est i1siatique. Il f:lUt y
voir 3.ussi ct ~)(;ut-ùtre surt 0Ut l'effet du ben march6 do la t'crcu (10
triJ,vail clcubléi de la scumissicn inf~)rmellc du paysan. La llriAluctiL,n (~L:' riz
on Indcchino s'accomplit clans un c,::,dre très l)recho d" celui de l ' -:;Cc'llll:liü
de traita à cutta (~iff\\Jrenco près, li1ais important", quo 1.:1 r6nm,;0r .tti',_n "eut
y être GGCOr8 plus baSSE: on raison de la prüssicn cl0mogr.s.phiquo ut '.-l·i.) l 'cxis-
tonce d'une massü de pays.'.1J1s SAAS terre. F(,rtères ast à notro ccmn.,iOCUlce
10 seul à avoir oxplici t0J',lont fait une rl.:fGr,-ucc lœ6ci f:i€
~ à Lt mi sèTe (Lu
raysan inc1(~chincis en ra}'Ilcrt avoc l'enrichiss~rl1()nt du caj)it;:ü cx:1c.;j.t:."nt
l'i forcu d~'Graviül au S0n0gal. E".rOqUd..nt en 1952 1'1. situation d'n,vi."..,lt
guorro
il Gcriv.J.it : "1'ilI1lJorta.t2:ion IilEtssiv8 du riz cl'Indûchino rUl:;cs.~it
7
üssuntiel18fiF.;nt sur los cours élevés cles o16aginoLlX et la misère <.lu rizi-
culteur indochinois VOJiè.:1l1t 2;. vil prix S3 prcduction (25 piastos le
quintal do r)é1ddy sei t
30F lE, quintal S;:rigCJJ1,
r~o 2")./ Or a ln. p!:':ri Gelo il
I1-r-.::-.---:'---=--:~~~~- -
1
l'li El si en P crt èr8 s 7 t. 3. p. 304

R/2795
Page :~~54
L~ql1elle se réfère Portères, le kilo ,le mil valait rlc G,80 él 1 fr'lle i,
Dakar. C:tt(; si tuaticn est d' :outa.nt plus dr:-:matique C;Tl.e la rril1,L',c:t:5.'v':1.t L
cum.1\\) on llfriciuo, alcrs qu'elle :1,u':~lLIont:1,it en Eurc';'-:8 ot aux Et;,t:.'-T-~i'.
R~imj"';l:;-:;:nT DU RIZ il L'HA DJIJS LE ",[OlmI: E}jTRE '1999
gpJ.9..29.
Moyenne
Jlcyenne
V';:ri [kti en
-"--~_.-=-
19C9-13
.1957-59
Extreme Orient
16,0
15,7
()17
Afrique
17,4
11, 1
St 3
Eurc'pe
35,3
46,3
+ 10
L'ta'is Unis
16 18
46,7
+ 36
Scurce : FAO, The v'lcrld Hice Ijc un crnic ,
1962, v:Jl l, .'Jo 5)
Uno tJvalu,:Ltion du rond,-,rnunt P3X trav:ülleur ::.ur:üt · il (lire Wl0
diffCrcnce enccro plus gran~:üo lhis neus ne dis::h.sons l'3.S do Gté~ti(,,~iC:i,l(;:3
2,
CG
preiJes. "L~ mQc~illis',tiC-i1 s'est ::wcréû n(Jn éoonomique à C:::1,USO ~_L1 b 12
mr\\.Tch6 ",tl8 l ' ,-,bc;ncl:!l1cO cl<.5 la l,ain d' i~()uvrG ct la petite tnillu ,[0;]
eXiJl:::it:.d:i ,ns,::;,insi quo du coût 6il.evé des Lk1.Chinosll •.1I
Feur l 'ossentiel 1'1 pr'.cluction s'accomplit d:U1S 10 c·'J:J:'J!.iu.ne;
sopIilissicn ini'cI'iilclle très s0mblable à celle de l ' üconümi8 de tr:üJo8,~
l'Afriqllc Occi-::'_,nt:.lc, à l'excluni0n de 10. pression cl61JJe;graphicluC ct do
l'nf'prq:ri:;i;icJn pr::vativo cles sels en rn:..,ins. Un c010n d'Inrlcchino 8n::.nne:
13. c1.;scrir;tion : "L,c~ riziculture européonne est l'infime rnincrit(; 8n
Indcchino o •• Vous avcz rlusieurs sortes cl'inc.ligènes : 18 petit qui v,D.l
il y en ~l. (Iui cnt plus cle fortune et qui stockent; unfin,
1/ F A o 'l'he ,';crlel Rico Eocncmy, 1962, vol 2. p. 18

R/2795
Pé1gG 355.
les vfri tables nnrchcwds c.'.o l'é1C:dy de l'int6riccur. Ce sunt eux IGS c1ct-:'H',')UI',j
du paddy,
qui avec les chinois r3Ill3SS0u.rs,
stcckent on Grande qU:1ntit'-..
jusqu'on oct0bre-ncvumbro •.1IA l~rupcs de 1:1 circulatiun du riz, il .."j'TLt;.~
"Pratic;.'UGrliont tout 10 COlmnerco int()riour échappü aux }~llrup0Gns ,ünsi
cl' dilleurs que 10 CCl.,)l~urco avec Hong Ke)ng ut 3incS'''Tcur''. IJvitLnlllcnt l' Ii
. rt-
::~l)(œt vers 1'1'';0.1'°1:'8 at l'Afrique o.st .:1UX mains c"le.; gi'i"1.nCL8S ln,üsons c'.l, ni-
alos, co qui c;st un dos trcits cnract",tistiques dG l'(;cl'~lumi()
cl", tr,~ite ,'.0
car,lctère al'chai'quG, telle qUG l'Afrique ÜccicicntüeF'ri1l1çaise l'a cünnuc
aV~1t l'Independance.
b3) Echec cle la tentativG de la substi tutiun du riz local [',0. riz cl 'Inc:_C~li.:l''';
~---
.._--
De la cl8uxièm8 guerro kcnc:':.ale jusqu'il CG jour, tcutos lus
tent],tives do r,;ê.uire 12, c1cpomL:i.c'1co clu SGnL.:giü vis i, vis do l'oxt";ri.:iœ '.:n
iHatièro do riz ont 8chcuC. tr.llS avejns vu qLl'en 1959, la ::roducticn Le,J." no
satisftlisat't.. i-:ü.s 251~ des bc)scins. Neus 2,11'1'13 voi:r> Iuollcs to1'1t,.tives fUI'()~,t
cepenclcmt f:ü tos ['cllr "'~ccr(;Ître la l',rccluction C0mm,.~rcL.:üis(;() qui n' {t,ü tjLi.:~
do .] ü.5eC teill18S.
Dur:'.1lt la promit '.: periode de 13. wise on V",lcur coluniv.I"l1
si l'indice ci,;s }iI'ix du riz par r;J,I)I.'jrt Ë. 1900-13 0st ÈL 125 en 1930, il
s'agit d'llnc hausse l11uclCrrJo. Lais surtcut apr8S 1930, les
œix (lu r z
s'effunclr:;nt sur le Et3.I'ché munclial, sans que l '0ffro du riz de J. 'Iflel,cJü
bJ.isSG. Au cGntr:-cire, l ' u.I,provi siunnor,knt à bé:n march6 en eÜÔ;l.gin"ux :1l;
ccnccv,üt 1).:18 on termes do sllbfJtitl).ti()l1 ::u riz cl'innc·rtaticn. Eu I)artic1i.li,;r
les projots cl' Jnén"{.;o1ll0nt llll F'lc)Qve cnt ut" ccnçLls 111ns l ' cpticrUG CillWi
oxcl..usivG ,1\\3 la cultur,.;c1u cotcn. ,éÜS l'é.U'achido et le ceton no :)'~uv ü· .•it
r6ussir en môme tumps, a mci1'1s ("le cUlcovüir llDG culture du ceton très
l"!l8cê.1..nisco. rrcutos les études bu·:.:..üent sur co l'robli.::mo ele 1.,,- rentabili te.

R/2795
P:l-ge 3,56
CC1J8ncli--.nt 1;.1.1' sui ta do la (k:uxièmo 2:u.nrre l~!'~ncliéÙc le ::rix ·1.1
riz cOnfLit une h,èUSSO 30ut<.. mw. En m~me temps, lu. situation parc:.rt
incert::ine on Inc1c:chine. FCLœ inporter du riz n.müriccrin, i l fctllai t des
llevises. lIfuv,~~nt la situé'.ticn êÙirnGnt:1iro critiquG du Sênq;al qui coûtüt
chor',u budget de l '.A..O.F., l'u.r1;linistr1.tion colonial chargoél la "·:usrcllcJ:!
ci '11Jn6n~~gCim~:nt
clll
fluuve S6nêgal (l:LAS) de romè(lior à c üttü si tuati en : 1::[
LAS doveti t
2.bandcnner la culture du ceton qui cCl.i t ilevl.'llLlû pou l'ont ,bIc)
pcur s<.; ccnSCècrer l:,jscrnn.is à la cultur(·) du riz, principalem,;nt d:ws 1.3
ful ta ll ).!
'l'AB I.E AU L IV
IN'DICS 'DU FlUX 'D'UNE TOm;E DI; RIZ EXPORTE DJIfS LE nONDE DE
.
1911 à 1961 (Base 100
1911-13)
1911-13
100
1949
207
1924-28
155
1950
175
1930
125
1951
186
1931
80
1952
230
1932
68
1953
251
1933
49
1954
20C
1934
39
1955
165
1935
46
1956
161
1936
46
1957
161
1937
54
1958
169
1938
52
1959
154
1948
232
1960
142
1961
149
Source : F.A.O. The ~Jorld. Rice Eccnüray, vcl II, p. 86
Dans 18 contexte cl 'Wl8 ûconomie extra,vertie, ÙG surcrüi t
coloniale, il Va sans d.ire quo des deux d~terminnnts (dJficit vivrier,
hausse du prix du riz sur le H;archG mondial) le facteur- prix 6tai t
le
plus iLlpcrtant. Autrement dit, il aurait dé nécessaire
que le prix '::.!l
riz d'Inclochino mont:!t suffis Jilfi10nt puur justi;fier cles invostissoments
importants quo reCJ.uerrai t 11 aménngement Ù0S cil,sièrs. 1,J...;is la structure
du mal'che mendial du riz et les rapports de ';rcductiun intornes en
il M. Nk1iga, thèse p. 356

R/2795
Page )5"r:
Inùcchine il' cèlLücnt IV1S perraüttre au prix mondial clo l.JOnter suff:;<;~lj.~l1(;:ct
pour att(;!indre le "coût (1.0 substi tLltion" (le l:rcclucti(Jn du riz s~nl;g ~l-Ü3.
Cc :cc)int li(Jurtant esse:ntiel il lél CCilllJr0hensiun du rc st(; ,
semble 6chélr:T,(~r il l'attenticn clos analystos des rcüsons de l'echec.l /
.,
.Li ce jGur, ilucun prix cle r.Nient effectif du riz du c,~si~)r C.G
Rich':JrLl rr~~ll p~U' exemple n' ~'1 d<S établi, seul prejet qui oODnut,effectiV8-
ment un d':'but cl'ü:::vcution. Co casier n connu rlc:llX rCgime s, du point de Vl18
des rappcrts de pruluctic,n et <1u l'enca.dreraent.
jusqu'on 1956, c'est le capit;üismc classiquG
il partir de 1956, c'est l 'oxpCriment·:ltion cl 'une fcrrnulC:J ','.e lQ suumissien
inform811e,
sur une très l)Gti te ôchelle.
b3
4.. production cl2..!lS le c2,.clre du cél.pi t:llisme cl:.1ssigu~
1
C'est d'cns le cadrce du Casier <:0 RichëU'cl Toll Cille la rœc(luc't;i(.Il
du riz ost envis~lgé sur une GT,,-,mle Cchelle.
Le c<Alt rüL::tivjHk:nt clevé de lé1 fcœcc (~e trJ.vJ.il en CU;ç~tTc:;.-
son avec celle de l ' Indochino, la nécessité de ne l:lus remettre on C:èUSO
l '6ccncmio do traite basGe Sur l'exploitation sans mutation clus f''rcüG
pro(~Llctives, plairl:cient l;uur une riziculture rn6cnnisuc. "Aussi en 19,'f5
Peltier et Delisle élaborent-ils un vaste plan de riziculture m,~cènis~;e
chns le Del ta portnnt' sur une superficie de 50. 000 han .11 est ,ivic1ont (~Ll0
dùJ1s ces conchti<Jns aucuno ontrc;prise privûe ne l)cuv:üt é:;cceptc;r (le
fin'é1nC0r tl_US les al110nagemcmts n6coss;Ùres. rl'out ,~ lJllIS pGuv~_it-cn
envisager lIne sclution du "type soud:'Wlais ll : ~,;-tat
cunstructour et prcrriC-
t~ùre de l'infrastructure, soci I..;t é rœivl;e r;e sti orun,ir8. Le s tr:.wa.llX CClTI-
mancèrent en 1949. lilais sur les 50.000 hé1 prol)osés par Peltier et l):,li slc 1
6.000 ha s(;ulomen-&, êtaicnt::un0nag6s en 1957. Un systèr:Je r::'irrigation ot
de c1raîni1l';u cles Cé1llX .usGosfut mis on place.
Le casier foncticnnait on fcjt CGlllm8 lIne p!.I'tic ,J'un cc:mi_lc.xl:
ùSrc-inclustriol dont la ~}artie industrielle prc:promont dito; c'El~Jr()lEèit
un lüé1{Cl:3in silo de 700 tennes de riz (permett.:mt 10 stœk::lgo1r..: l l'. m:itiC
('8
1=1 r(:'coltc),
une centrale tlKrmiquc qui brtîlrüt l:-i paille c~ü riz, LcD
1
La cl'i-LiC[U8 de HIHSH est trcp "financièro" et ".~;ustic,nn:ürcl' in:
R.D. HIRSlIl.~tucle 6cGnomiquc) du casier:'cgriccle de Rich2.I'cl 'roll.

H/2795
Pa"re
':l~
6
-D~
groupe cliésel dG seccurs, une rizerie cl 'une capélcite de 5 tonnes ::0
,. 'y
à IlhE:ure, un r.a,.zasill cl.G produits blancs ensachés (riz blanc, busine: (::-G
farines), llll quai d l ûmb<:l!'quemol1t fluvié1.1 ct reutier et un ateliGr C.~G r
'~­
r:1tion et cl'entrotion" •.11
Les 6. 000 ha ùu la ri zicul ture c:t;üel1t r0partis en qu.-ctre
centres d,~ cul turcs, sortes de gra.n.des fermes autencme en:t;re elles. Le
calendrier Gtü t le suivant
1953 rllisc: en culture d.u 1er centre
1650 ha
1953 mise: Ul.i. culture du 2eme centre
1520 ha
1956 mise en cultur0 du 3ème contre
1200 ha
1957 mise en culture du 4èl.1G cuntre
1550 ha
Lu. süstic,n du Ci),SC'ür fut û.ssurée IJar l'Btat, par llint8rr,1C-
une entr,-,~rise do tr:waux publics, u.[peloG CJR'l'.'J,.
v~ productiul1est tr8s mé:cn.nisee : los semis se font suiv-:nt
ln. technique rizicc10 amuric.Jine : utiliSé'ttion cles 80l'Jlcirs m6cn.n.iC[lwsi
G'Grr,]iw,ti en aqu'.tique permettant d' évi ter le rCId c'.:,ge; 11 épandngo cle; S
engr:üs, 1<::. lTll.issbn, le batt:J.go, l'unsilu.co ut l'cnsaché1f:8 du riz
s'effectuant à 1" iî1,~chine.Y
ccntrib!ltiùn à' le:. rducticn du déficit en riz i le rcsultat" ôté tres
l~(;c8v3J1tll. La ~œ()(luctien clu i':1.cldy a Cl.ugrnent (; de h;, façon suivLlllte
il N. N_i.ig::l., thèse p. 385
g/ DiaraSSL~b0 p. 81
li En 1972, le casier :). ét,: cünvorti en charilp de c:l.nnos à sucro et
l'usine transfurmée en une rCl.ffineriu de sucre.

rt,è~~Jjll1
Page 3.'J
. TABLEAU.· LV
PRODUC'llION DU PlillDY
Campugne
Superficie
Rendo me nt (Qx:/ha)
PrGClucti;n ~t)
195~54
1336
29,9
3.593
1954~55
2102
24,1
5.05C
1955-56
2112
24,5
501C7
1956-57
4374
32,0
1,,1_. ccx'~
1957-;3
4468
30,1
13.449
1958-59
5331
28,5
15.217
1959-60
5438
28,9
1505/14
A quoi est (~Û cet 6ch8C ? llaigéV il rusumé chns Sil thllse les
argufïlonts prêsentés P,J.,I' Hirsh,
qui malheureusement ne s'intéresse qu' i'L h,
péricde post indôpendante, p0ur ccnclure quo la ffi8ùiGcrité des rl-:sul t~"1ts
de LL sccicy6 est principclem.Jnt due aUX d0fectuosi tGs de le.. gosticm,
é1U
sliutien artificiel dent a 'b0n6ficiC: 10 c:"1.sier tL;ut tU lC'ng cle sail existence
(subvonticnr3, aVilJ1ces de trésorerie, etc). Ces dOUJ{ rlèfectucsités :::.urÜent
eu deux ccnsé~uencos tachiques importantes
insuffisance ou cl<3{Ç'achti en
du pla!1L1ge j mi::.nquo cl'ontTi::~tien c"lu m2,t6riel, etc. Celles-ci aur;üe!1t
entre..îné à leur tcur une stn&;nation cu une r6gression des renclümcnts.
Cotte cri tique appelle deux remarques impurtante s
1) olle est une critiq':l;e iïnplicite du c::lI'actère étn,tique clc la Gesticn, r(;,~ise
en honneur depuis l'ind6pend\\ncc.
2) elle no prend nullement on cGmpte le contexte économique glob,ü r::'ws
lequel se déroule l'expërience" Prenons un aspect, celui du rendGm~nt.
Quelle ,jst 1:'1 lLerme de compe..raison ?
Pour uxpliquer l'échoc de l'ex};)urience lIe RicharL~ Toll,
l'u.rgument clos miluVëüs rc:ncl8ïJ1ents est partiel? Il n'est valable Clue 'si
nous los cump<::Xüns Q Cl;UX ':LcG pe..ys dUVGlolJPÜS, lesquels Gxp(,rtaicnt très
peu vers le SGn6gal. P:'l.r cuntre, si nous comp,'U'ons le s rcnclemcnts ~le
Richnrd 'roll à coux de l 'Ex:tr~me Orient, nous verrens que les rrui:liers
sent plus lilev8s que lc:~s seconds.

Hl ~79'
P:4:;e ~O
TABlE.iD LV-L
Rendement à l 'ha (en qLlint:::.ux)
Richc:trcl 'roll
26,4-
28,7
Extrême Orient
15, 1
15,7
l::urcpe
30,8
36,9
Nous pÛLlvens 8,c:r:1ottre ~wec FJ.rsh qLle si l'Et:::.t ava,i t cenfié
la ;~estion C~Ll cesier 2, lln m<;ncl;clo capi t:'liste cx:[;c_rimenté les rdsllltats
fini':!lciors auraient pu être meill'.:mrs et pellt-être, l''JX' voie do ccns6qLloncc
lé s r(;sLlltlüs 6ccJllelni CiUos. Er.. effet SLlr lu plan fin:J.nci:;r,
le casier a
êté Lln gc,Llffre bi<:::n ·w,1.nt l'Inc~l.Jpen(~J..nco
En premier lieLl,
l'infrastr~/-.,;
ture qui a ccû'1;é 3,5 milliards de francs CFA, scit 500 millicns l'éU' ha--
est c()nsid~rée comme c1Gtaticn do capi tell. lb plLlS, il est demandé û.UX
sc..ciotés gestionnffircs successives tcut simplcJnlunt un cC!i<'ito d'oxpluitC'.-
ti en de 12. partie i1.,riccle clu l,rcjot,
éCiUili br6c s:ms bënCfice. lbs
sLlbventions sont Cl.cc<..;rclèes. lUnsi ét:üt cré6e en 1954 la C;:dsse de
Pèr6quation du riz. La clisse bènéficia d'Llne ddn.ticn bucl?;6taire de
177.rl50.000 F CFA au pr,~;fit du Ci.sier. En même temps dait institué un
oystème dit de "jumelCigo" cbligeant les importatlinrs do riz à rlcnnor 1,].
r;rcuve qu.'ils avaient ccmmand-i unû cGrt"'..ine qu8Jltit,=: soit au c~~iser soit
à l'Office du Niger.
17' linga, 'l'he se l'. 388
11 En 1954, la sitlution sc, l;r,;sente ainsi, on cu qui conC8rnc los ·...utc-
ris tiens :
Brisures d'Indochine
74566,750 tcntlGS
I;Iad,J.[;o.scar
385
Argentine
908
Iran
222
76,333, 750
Livred sons do l' OfficG du Niger
Brisures
7 143,053
Riz 8ntier
813,038
Livrnisons de Richard Toll
Brisures
264,124
Riz entier
557,498
'l'otCil disponible
78 000 t 0nnG s

R/2795
Page 3tH
En fnit Hirsh n,la PélS pusé la vrCLie question, celle :ll1
1'1, fJ1iJ,lü èLicouvre 1~.c,y'-;i1nlle", elu moins el:.ns la prüducticll ;:;ropr';li"Cnt :;ito.
Il ne s'est i'n,s np8rçu que la fc,rmule môme du pre'jut, .Golle dos r",I',>' rt"
capitüistesfrc\\ncs pouv,:üt être une c:~use strtloturclle du déificit.
Dt élil10urs les irCtticions cle l,). ccluni s,'dicn 6t:1iünt cCnSCiGllts elu f ,i t
que le c,sier s',us sa forme ccmmoncée en 1949 6t,ü t provisoire ou 0:;:;) ,.ri-
montc;..le. Iheux, il n'ùst 1ms impGssi bIG que de s c';nsid .....rati G!lS_élutrc s
qu' cconc;iiiques =üent 6té plus irn:lcrt,-ultes que les cc·nsic1cjrél,tiuns (;ccnv" l-
que s il lcng terme. L::. l!c:-:'erni s-:ti on de l ' Cutre Lor étü tdevenue à
péU'tir du Plan Lbrshall un onjou peli tique entre 13. Frélnce et IGS ,;t::.t :'-
Unis.
b3
-
Le ColGnélt
2
La scumi ssi un informolle (10S l':tyscms fut ëxpé:rin'l~ntBë'
à piU'tir(~8 ·1956. Elle pc'rte sur un8 I,oti to ocho11e : en offet en 1957 1
l"(;Xl.JliI'ience d~marré1. sur 190 ha ["wec 64 chefs de f,:.èlailles vconus l'le ,;ill{:"s
di ff d'ents , on 1958, 323 h'2 Gtücnt mi s on v'110ur seus le rùgimo de
cçlcnat, ('-ms 10 Delta. Los cLruses llu centrat elui lient les ccluns à l~L
____r_
cliructi on (~u C;"sior stiruL;nt que
CGnsacrer Gxclusi-
vemcnt'"u riz rlnns sn p2.Xcelle, à pnrticiper él,UX trn:v'.1UX d'entretien "~U
système cl'irric:,:-;.ticn cles "':11'colles, et È;,. suivre fidèlement les dirc:c<~ivus
dus cadr2s toclmiquos.L'Et,J.t siong:l{~G do SGn c~té à fournir Sùffiances ct
pr0st.c:,til.l1s d8S s\\:jrviccs nùcess,),ircs. C8~i sc,nt rernbc1ursés en l1cl-turo
pi::X' lCJ colGn.
L,1. fcrmule du cclon3.t est incontest'].blerncnt moillour
ffiéU'ché pGur 10 c:îpi t;:ù (lue 10 co..pi tali,srne "pur". Ccpenc',,'l,.llt,
cello do
19~)7
n'n pas Cennl'. (:<3 veritable extension:

R/2795
Page .}~2
TABLnAU L VII
-==""",----
~::;XTBUSION DU COLONAT
Campae;ne
Ncmbre ck cclcms
Superficie s
RGncl'-J me nt
Prcllucti r~n
-
--~- - - - -
--,-'-_.-..
(ha)
(cr/ha)
(t)
1957-58
64
190
21,9
411
1958-59
112
323
25,4
829
1959-60
112
323
27,1
071
1960-61
105
330
18,5
609
S0urce
Thèse, nj;) •
398
L'échoc n'est pas sI,(;cialemont imput:-;blo aux rUDC'.-cmonts,
c(Jm~'arClb los li coux Utl ri ziculteurs induchincis, Pé'..!' :ülleurs, le r,'f~nu
du cclcn '"fficiol ost très faible et celui du vr(~i ~)rCductl:ur elloore >1L:;,::; 0
En eff8t co Gcnt sGuvont des nun cultiv:;tcLlrS qui se l'Grtont "colcn8 1; "t
ong:J.gonot Gnsuite des sal&.riés que la SGcioté GO gestiun l'ignur()lI.
Cm i:eut 1'Gnsor C1Ue 10 crL1)i~il.l a jugé 10 statut ùu c,~Ln truT'
li bér:ü. l'n particulier la cl2.use salcn laquelle il l_i8ut lli speser '~Q 811
I)rccluit cles qu'il:, I),:ty6 S0S ',Lcttesj 10 L,üt clue le cu1tr:;.t 6tüt inc,'ivü:ll()l
18 füt quo rie,,~ '1'ob'ligeait directement li ~),:.rticipur aux tr:1V"'l.UX cl'nutr<J-
tien ,~c l'infrCl,structure, s'Jnt riutcmt Je fl.ctuurs etui :8uvc~nt
ID
Ji:::: :~'J,ir
renclu L'::. i'crmulo oxten::üblo.
En cCJnclusi(jn,l'oxp,jrience de la proclucticn du riz a écheue
structure do l ' ccünumie sénégalrü se ct SO], clémc;l;raphio qui ronc1:ucrlt
la rJiJ.in cl'ccmvre semmes tcutos ~Jlus chère qu'en In':l,xhine. On pout ~;(;n'Jc;r
3.ussi que 10 pcuvGir cl1L'nia.l veulut plutôt Llonter uno cj)ur'ttion Cl. c:.r::'C,,JrL
pcli ti que cL;,ns l "ltr"Gs~,hère e;é.ncralo clG l' <,1,l;r08 guerre. L' è10v,:;,ti ()IlG
l'indice du prix du riz sur 1<:; ldarch(; filGndiéü n'drit p ~s suffisammont
fcrte 1 "ur l''..;nclre le riz scn6b ,Lüs "ccral'6titif", m~ dans le carlro
do L, soumissicn informelle au capit2.1.

R/2795
Page 36-'
THOISillNE PMI.'1'IE
LA LINIlllêArrION.jJBS DnPLNSES Dr IlifVES'l'ISSl~l~NTS
:CT SES COlrSr.;QUEIJC;~S
Il S',l{,rit clo procUlcr à l':millyse de "rapicrts techniques" d::'Jils
la prcduction~achidière.
Corrnnent il été pl' (Jdui te la plus-valuo ar1.chidière ?
1) Quels ont été les rapports "tochnicluos tl entre 10 c,~pital ot
les producteurs ?
En suivant notre méthode p3.S à IJaS il rèudrn.i t repondre cb.ns le
cilc1re de 12.. production de 1.'1 plus-value col19cti"e. l,bis il y a onCGre
beaucoup de difficultés tCJch....üques à prccéclor Ù uriE) telle tlgeT0gn,tiun
et peut-être n'y arrivera-t-on j,'1lil'ÜS. D'aburrl, l'huilerie ne s'ost
impl3Jltée au Sént:.g"1,l cIlle I!0u à rou. Pcur la f'urioclG qui neus int8rGSSe
il fauc1rfti t donc walysGr aussi 11. l'roducticn (10 l 'huile cl i arachides (Jn
France.Pour cles raisons r"at",riellos, ncus no I,CJuvons envisager une t\\.:llc
étude. L'étude 1:.1 procluctiol1 dG l'huiluria au SGnér:;;:ü est iH'IJossibb
en rüscn C1.0 la puissanc,-, du cotte inclustrie qui n.:fuse c.atégoriquomunt
do dcnnor des. rGns.Jignements sur sos activités. Par cillGurs, l':tmüyse
du processus technclc,,'~'ique dG 1;]. tri tuatiün clos ,',r,:;,chicles no nuus a:t'I)r,;nd
l'ion que nous ne s,lchions sur les nl~thbdes capi tn.listes cl' ,-,rgn.nisa.ticn Ju
travail. Donc, l ',l.nalyse do l,,, :;-JTuluction de la l;lus-v,::..lue dans l'i1.(!:ri,=:ul-
ture même retiendra seule nc..tre attention. Nout~ s~vons que l'expansion
U'achidière a reposé: sur cles techniques extensives aux offets d6v'::'St:1t811~S.
N'ctre prcpos est do relier structureillement CG lihénomène au cadre hist~­
rique que n0US
wons tracé.
Nous verrons, d'ct['rès les gûnér,.l.1isatic,ns th8cTiques,
que LI.
tendance à ln minimisüicn, aussi bi3n du. capi t,ü constant cluO du cé'..lli t :.1
véU'iable que nous obs;Jrvons dL:J1.s le cas du Sénégal, n' Cl. 8UQUn c 1J'aotèro
singulier. Au cüntrairo, elle s'inscrit déills la logiquo cumbinée do
l'6cha.nge inêgal et de ICi. surcXlücitCi.ticn dos rrod.llcteurs agricoles
de la p<..;riphGrie cari té1listcs.

R/2795
Pé1.<ge164
Nous :1110ns développer lés points suiVi.l1.ts
S l
La rœoductivi té du trav::-il et 10., régénération des
ccncli tions no.,turelles Llo la prccluction d:ns les
rüyaumes sérères.
SIl
La minimis"tion des cl-.:pol1s0S en C'~'tliitü ot leur
cricnt',tion extr:wertie.
S III
L'impact sur les candi tians n !.tur011üs de la
ro;·rGducti cn.
S IV
L'impact sur la procluctivi tG clu tr:wê"il.

11/2795
Page'JÔfi
Sl!;CTION l
PRODuc'rrVITE DU TlliW1UL ::::T RI~GEhl.::nNl'IOp m;s COHDITI()J\\J'3
...----,---,--,,---=-...
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...
--~._.---_
---~.~
,._~.
-----~--------~,-------.'"'-
rüUR jLLi~S DE Lfi..·l'nCDUCrrIC1J DJiS LJ~ IWYAUIJi: S.8Ri~HE.
les tc:chniqu,-"s culturales i biclv:iiIUe"woC la sc.-lccticn (ks PéÙ11tê:s:
chi;.;ic~ue :'..voc 1::1 fertilisi},tion GU let lLltte centre 18s ennemis l~2S
ou tli,", s;nirné,ux i méc:lnique a.vec les instrUi.:ents'..'~T'icc10s, ülUc.èniqu,;r; ',Ll
Y
nen.
Il f(l,UclrétÏ t
él.jGuter 1) que cGrtaines 'le: cos t<,.;chniques né 8' nt
r(~Gllcfi1:,;nt c:ffic~cos que si 8118s j.{3rinettent en L:Ûmo t\\jmrs la r(;C,.n;T~l ll-
tion clc.-s s(~ls 8t 2) que l'èliminJ.tion de ccrt:üm:: alêlès clim:1.ti(iUe[~ "~l'
l'irrigttidl est unG des condi tiens essontiel10s :m dlvelc'l)p(;m(;nt~'::;'i': .. v
d"ns certaines zenos (lu globe.
D:lJls"ll1csi tUél,"Lic,n ccncrôt,.
il impcTte de se lLliLl.nckr.lw;l
tYJ:Jo cle tr:..nsform:::ttions technologiques 18s ré~Pl)c:rts sccin.ux ~·'Grllhjttl.;nt0
En g6nCrü,
en "out dire que lu El:.chini Sl1'lO n.u SE.;ns du SystOlil(;, n' ét .i t
p,,,s Ci...Dll'ètible:woc les r,'i-ppcrts (le production l'LU r:I(,(~c (le r,rccluctir.ni;ri-
but.liro. Les .Jutres nivl:.,ux techniques (nt lm ttrc atteints plus L.U 11;' ,'in:c:
pé'..rtiellc:.lunt Slüvélnt lus 6rcques histcrirlul3s. Où un êt.üt 10 3ên{;;;:cl c;u
19èmo ~üèclG ?
1 - ,~os_ instrument~qo tr·w:c.il prcprufliunt dits ét~iunt ruchLk;n-
tair0 s,
Ciuoi e:u '~dé,pt cSs aux c:mclit i cns pCdoloCi Cluos. L' cutil 1)''''..r exoe 1-,
18nce, ctCtüt ot c'ost-':ClcÛre l'11er, du Id oins cbns le Sénôg:...l
(jLü'üLüt
cluvcnir 10T3 cssin Aré1chitlier. Il '-'st fc,·rïJ1é IJ:ll' une serta de fer du l.i.l~C~,
un f<TlilU élu crr.iss.J,nt, muni CH Sl'.:.l c0ntro cl'une clc.-'uille où vient s'ullf'.nc.r
un:luIJ{;' b~tcn. C'·::;st llii qui sorv-,it il. préfKœcr le ch:lJ11ps n.vemt los
sGi;iaillus; il surv:üt Ctussi CtU aarcla.r':~e et à l'arrachage cles pléUlt",sol/
L~ culture ~tteléê n'existnit pas.
il J. PJ,utarcl, La crciss:1JlCC do l'p.,riculturo fr:1.l1çnisG cle:;:'uis le 1901;]0
siècle ut ses dislléiri tés régionales. Celliers "0 l 'IoS.:C.A., J;ulviur
1965 V 8 - N° 160 p. 86.
2:/ V. Diarrasscuba, op. c.

.; .
. ..
1 '.
i
R/2795
Paucre ):6.6
. 2 -
Les conn:).issanc8s on m:,tière do bi~lcgie cles plc.ntos
La vie p,J,ys,:mne est tJxë:e su.r li, c6rt:cüicul turc; sèche, mLr L~
prGducticn clu ;.dl (petit mil) et du scrGhe. r~n cu 'lui ccnc(;.J.'ne le mil, L.
s~;lectiGn a.wü t "ttoint L111 c8rtl.in decr6 de lerfoction;
la r'-'sion
6tudi 00 (10 ba.ssin aI'é1chi llier ) , n'on c onné1i t
que d<Jux v:.'..ri et és, L; ,L:::..
et le sé1nic,. h; premior (pennisetum géUYlbicu.m) est remarquable l'V l,',
brièvut6 cle s"n clYcle végCta.tif, de l'crd.rc: cle trois muis, et :.:ar S:'.
cc'.r:1.ci té il s '"dapter à cles sols oxtrtmement léf,ers et sablonm!ux, le
secoml (rJonnisctmn llulystachym) C', un cycle v6g6tatif plus long et Clr;;lc,r'l"(
l)our se (':.cvGlcpper cles sols un peu pluscuh6ronts et cl' Wle tonour )lu8
'1
-
t· "
.
o evee Gn ma ~ere
11
orgiJ.rnquE'.
Le sGrghG ou 2~ros mil exige uno humidité lJlus granclo ou I}_:[~
sols é'..I'~ilüux ct hll.mifières. Il ét<1.i t C10110 pratiqué cl:.lls les vn,11Co8 : iL
plus :cm Sud • •iinsi los rnySClJ1S 80 prot8ge~1icnt contro le risque n-',-[ur,.l.
Donc on ce clui c"ncornG la selection des plantes, los ccnnüss:UlCes
biclof~:iquos ct pCdclo,giqll.8El pr::1tiques ,~\\; li). fcrce do tr'1.vail 6tüent
tCll.t à fü t ::lU fuint.E/
3 "':' ~üs t~chniclues clé:; reCGnsti tuticm
L'humus,
le c:l1cium ot l ',:'1.reile sent les cGnsti tll.'1nts G8sonticls
des sc,ls. 'l'cute technique culturalo eiui n'on l)ormot ]/1.S L1. rLc,;nstituticn
Illet on d!1.rleer los possibilitLls clG la rc.rœu111.cticn. Dos tochniquos "r.c~
rito,listes ne l"OrFiettont d'J.gir que sur un seul clu cos trois ,~lême;nG. ,;n
affût,
1:'. ccmrGsi ti en uc"s sels Gn ctrgilG n'~ st guère mCJClifiablo, le
ch'1.uL'1g{J "st uno Ir3.tiquo rCccnte même en Ell.rcpo. Dès lors,
c' ost sur
il côté de cos .siéments:i,ürtMt sur la structll.ro fond Jnent :,10
dos 801s, il y ."1. c:es fcrtilis'U1ts ,~'criginü diverses,
orG~iCt'Uo et miné-
l'ale. L::-. forti l i s:),ti on cl' ",rh','ine rninùale clate du l,:'.. fin du 19ème sH:cle 8
11 P. Polissior. Les paysillls clu SénoccÙ, p. 87
Y P. Viguier, l'Afriqll.o c~e l'Ouest vu p~U' ll.n i'..gricultour.

n/2795
Page J61-
Ce sont denc les engrais crgiJJ1iques que les form:,tions précapi talistes
f,cuvcüent mettre à l ' ceuvre. Evidemment l 'homme peut oxplci tor aussi dûs
engrais I)rO~eIlc1J1t p:œ exemple de l'innendaticn d\\.)s valléos cles gr:l.nds
fleuves commo le Nil (cultures de dl;crue).
Ncus allons insister ici sur 10 r'rcblèmc de la restitution
clos sels. i~V:-:.nt do voir la répcnse clés fcrmélticns sucüüos sén6galai:30s
à ce IJroblèmo, voyons CL' ,:lbord comment se puse concrètement 10 rrcbluwo
essentiel d':üors,
celui de l'humus, en C:1S do cl6bcisernont. les cons8-
quencos ~ui en dccculent cumulent leurs effots, 8e10n la sôquence ~ue
décrit bien P. Vignie~ Lo débuisemont perturbe 10 r8gime hydraulique
le ruisseliemc~nt sur los aires clénudées entr'tino l'érosion des sels ct
i',ccuntue 10 régime torrontiul cles CCl1rs d'oau, l'api.Jruvisiunnem-Jnt dos
nappes d'eau scuterré1ines est r~duit, le nive:1u c'..c;s puits (là où il y en
a) s'abaisse et parfcis ils s 'l,ssèchent; il perturbe aussi le climat,
l'action mcc1Gri1trice des arbres sur lus tempcrJ,tures étMt sUFiJriméo.
lEs arbres fouillus sont remplaces, notamment dn,ns les r(igions sillldicn-
ne s
I),:;,r do s S3,vane s herbeuse s à épineux.
Ces effets s'aggravent évidemment si, l);ll' :rilleurs, le d6buisc-
ment n'est pa,s compens0 p:1r d'i1utros techniques cl.::; rcstitutiun cle la
fertili tG d\\.)s SuIs; l'ar exemple l 'irrig~tiun, l' ],ssulement, l'utilis,tien
des en,zr~~i s urganiquos El.nimaux ou dcmostic[Uus.
lE système cultur~l lJrGcc.lonial ne mett'ü t ;<èS 81l danger 1re
structure du sol, du moins on fœcrnièro:ll'lTOxil:Jé',tion. Ici, la dUtL~ticn
entre l'infield ot l ' outfield f:ü te J'ill' Sauter1lq ui
s'interroge sU: le
sens de "l' ar:;ricul turc i tinurantc" (: st r,ürtinc:mte. Il Lü t remarquer
1) que los cultures sur brûlis ne sent pas une exclusivité do l'iü'riq118
ot qu'au ccntr'üro elles ()nt existé on Eurupe. 2) quo l'acriculture iti-
né:rante au sens cl 'è,~;ricul turc nomade ost r2.I'O 8n /\\.fricIuo Occiclc;n-v,le 0 Il
montre que seus des noms lcc:~ux divers sont d15cri tes cluux l;arties distinc-
tes du terroir :
les :ücnt·c,urs dus ù!,üsons et le lüein champ. Les
11 P. Vignier
L'Afrique de l'Ouest vu, par un ngri'cultüur, IJ. 20 ct
.:'
, sui v:U1teS.
Ji G. Sauter. A prcpus de CIllCl que s terrc:irs d' AOF.

R/2795
PC'l.,5e ~
"jèJ'dins do casos" bénéficient en g'l;nérCi.l (lus seins tros ''tttontifs et
les cultLlrus y sont perrnMontes. Au ccntrCJ.ire, 1 'outficld ost le rlcn1i1in(;
où so prrctique la J:~ch8re régén6rCi.trice. Au SCnc:;':o.,l "1 'inficld." et
l 'outfiold existent sur tou.te l'étondue c',u Cwcr, Djclcff ut Sino-SücufJ1,
à des délIrés l,lus ou mcins porfectiunnCs. DMS quelle Eicsure la tcclmi:[ue
Co la j,:.chèlro pormet-ello de r<.Jgénérer 10 sol ? "ilion ne llOrmGt d '~ffir1.'0r
qUG ces j:lchères ne permottent l'[\\S 8.U sol lle rcccuvrer scn entière ferti-
lité si lour dnr6e est sUffisante ll ..1I

D',:cillours, nulle part let r6g8nérc~­
tion dus sels n'0t~it r(ellemcnt menacG'G. 'rcus los oxplor8.tiJurs de L-.
fin du 18e siècle clGCl'ivL:nt la fcrêt ccuvrMt 1'1 T,-" ;iun du Ctycr. Il ost
ccpenLwt l-,errnis de su dum;wdor quelle dci t la tonclarice:.
D,-tJls l'<:nsemble,
on l'out observer une te:ncl,J.l'lco extensive d:~ns
les roynurnes uucl"fs et une tundnnce intensive Ch8Z les Sér;ères. los l~eux
systèmes sunt souvent epr)0S~S, le é,ucloff 6t:..~nt pr'_:sont6 ccrmne ui'ric,Ün.
'rous les téïilognùges cunc(,rdont l!our dITe quo le s,ystème S6rèro ,;télit 1"
:)lus I,orfl:ctiunné Cr-.,r ln t,;chniquc intensive nG :J' 'l.I'rêtai t p;,,,s à l'infiulrl,
r.nis s' deniai t à l ' cutfield. P. Pelissier qui a cc!lstrui t en ):œtic 8n,
thèsu sur l'OPl)Ositi(,n des cl,-,ux ffi()dèles,
écrit à Jrcllos du terruir sé,r(:;ro
la terre ost jusqu'ici ontrutenue l3.r la mise en couvre do techniqu.es ;~ü
resti tuticn de sa fertilité,
qui reposent sur cles tr,""cli tions pastor'üo s
intolli,:;ùm.Tncnt miSes au service ele la vie s":'clent,:.ire ••• 0
Parc et trcJUI!ccLU sent L,trci tcm<::nt int c:.çrés ,~11 soin d'une ccmbi-
r;.aisGn inc1,isscciCl.ble qui a permis de baL'..yDr des tcrrcirs du Sim) leG
associations vC:~0t::.los sl'éntnnlics et de leur substi tuur un pCl.ysnge
Ci nc":;rui t
qui est le rcjvclnt(;llr le l'lus signific,-.,tif de L:. civilisntion ,:',,[;Tc,iro
élabvrée par los Sérère Sll.Y
Certes, Polissier dc'cri t
là l ' ôtat rréseut (tu pnysage. lIais i l
·.WMce d8S argumonts sGlicles lGur montrer que l,], l".iverGencc ontre l 'oxten-
sific3.tion cl:1ns les Mcicns r(yaumes ouolc,f ct l'intcnsifici1tion d'UlS le
Sine s,nt clljS phénomènes lJrccolcniaux dÛ:.Uilcins on tcndùJlce •
.1!Viguier P. L'.1frique 'le l'Ouest vue p.-:l.I' un1.gricuite"Ur-;':.1961.'
li P. Pdissier, Les j::-:-:'Ys;\\.l1S du S6n6gal, p. 257

RI 2795
Pnr{G 3119
PGurquci C,"8 Ù0UX tendances?
Il ost ],ürmis de plèliS(,r qlle ln. c1.ifLrüncc 8ntl'C 108 C:U1X
Le Sine:; (rte un affot llno fcrto l'.cnsit6 de r( J.,Llloticrl, tallclis Cill(; 18
})()uvlGIiiont du :,::èYS üLlClcf est 1,e8uocup plllS clairsemc.i. Lé\\, th,)cri(;
cl 'Esther BosoruI~!sclc.;n laquelle la c~ünside I;c:mL,tion ost Lln fcoct,;ur
cl 'intensif'ioati en d'cns l'a.sricultllrG sc: trcuvo c r,nfirmée0icL A c.,ln,
s'ajoute uno rul:l.tivo s6curi téo La traite atln.ntique n' i1 las ::ffecté
allt:lnt le Sine que les rlJyallmcs üllulcfs.
lb serte qu'on ce C.illi concerne les Sérères, les techniques ,'c0
fortilis::.ticn clos terres sent tcut à fait él.VNlCGGS all miliGll du 19èrilc
siccle. Le modèle pOllt être c,"trQ,ct6ris8 cornnl", demé1lldant pou cl 'invc:;cti;3-
semant, m:ci s bcauc cup do connai SG2.DCCS l~rati ~luC s ;"Ccllfllulue s 1::1.1' 10
1',rCl:uct(;Qr. COllli-ci entrotiènt avec la technique du prc,ducticn un
ral'lc)rt clo nen é1.1iGnQ,tiun, lL~ns la mesuro où il h'y a pas do clivisi'.H
à l't.';norgie hW,1:1inc c.bns 1.'1 lrCc~LlctiGnJ
l':bsclîce dG liirri(~i1ticno
P.'r
contre le r.;(.,(~èlG cuc>lGf 0t'1.it l_lus extensif et cCiiJIortait c1:"v ~ntc:e':: '~'in;­
perL;cticn. J.!::n rl:muilc, l'un t.:t:ü t
int';r1sif ct l ' ..mtre (;xt,msif. DClllS
'"IUG Ile; (lirccti cn cüLü t
s 'cnGi1g0r 1(; pouvuir cclonLl.l.?
1
gsther Dosorllp. Révoluticm c1graire ct l,russiGn déLlc,gr,:1,phique.

Rj2795
Pû.ge
370
S:~CTIGl'J II
LA mJ;IUS.~'I'IOl'J D~8 D,PI~n3};S EU C!\\J'IT:L ~~T L:JJR omEFI'" Hm
:GXTRi\\.v.snrrIE Bun LE j',ODLLE COLONLU"
P'i,r cl:'::} ,cnso s en c,~)ital, nlUS cnLndons l ' ~nsci;lble LU c !,"J.G ,1
oonstn..nt. l\\fGUS l,r6senteruns sl'J,X'0ment les dèr,onsGs on c'''l'i t ü fix(;,,-c
les d';p.mses on c:'J.,i tal circuLmt. Par ~,illcurs, nc;u~ fer.ons, uno 'li,->-
tincticn à nos youx capit'1.l3 rGpGsant Sur :1.), sCJurco do fi nnnCel:1C nt , ,c.
s,wcir, le c'~rit3.1 financé l"U' l ':","'tat ct 10 C:è:;':i tal finance jl(1r Ls ,,"-
s'ws,
cu invGstissOiilont paysc;..n. Ce qlÜ c:ll'J,ctèrisG le [jjl:(lè:e ccl, :ü~l c"
n'üst las souloment 12. nIcbilisr:ticn clos clCllcnscs on c _IJit,1.l ct l ':~li:,~
tit;n tuchnch,p,iquc, mais c'.ussi le rl) jet,. cl'è co qu'il y CtV,Ü t
cl 'int(;l;Caf
c1ws le j 'lxlèlc ,mtèrie:ur ut l,lus Sl,ècil-10nh:nt c1.;...I1.s le ffieiJèle sérèrc. C' ,;ut
en soriUne son Griont,,;tiun extonsive. C'ust l"cUr(IUoi ncus allcm.,; veir
trGis ':1SIGcts ,
L' :~c~,q)tion cl t un m;xlèlc extllnsif
Le mcnt2J1t (Jt l 'crientatL'n (' '::lS inv0s'tissQiJl\\.lnts d2.1ls le c/'..rc
(10
c...:: f:h.dèle
L.,'.. l'rcblématiquc: do L~ qu::l1ific:!Ltion do la fürcu do tr,wcil.
1 - .L',;.ë.optiün~l'un lJ1e,clèle extonsif
L' intrcc1ucti ün d,c l'~("chi[lc 11(JUV ti t
S8
Lure, sei t (",ans le
cadr0 <,,'LlUO
yicultur8 intensive, Stjit (Li..ns c·',lle d'une 'J.{;riculturc
extensive:. L'1 prowiori..: sc.lutic;n cxige:Qt de ~œ()ndre D"siticn l'Jèr raly,rt
au l!1Gclèl"
scrère ; 1(; c'kvelc.pper cu. le rernplncl;r rar un système l'lus
rerfoGticnnê inclu3Jlt en r~rticuli0r l' irrig:1.ti (m. En fait, 18 cL"ix fut
Llit peur un l1~udèle ext8nsif, exclUéU1t b- la :fois 10 clGvclop)cfi1ent I~U ;'1',!,:\\:;18
sérère e;t l'irrigation qui tuus IGs clGUX cxige,;icnt clos investissullcnto
l-'rocluctifs ill:~~'(,rtMts. Nous n.llcns trtütcr succCSSiVCi,JUnt los Il,,,ux
ciy,ts
j

H/2795
PaEsc 37~
a)
'Le rejet du Incdèle intensif sarère
Nous ~wons vu que c'-" f.1Cclèlo repcs,ü t sur trois èl6monts rrinci-
pame
13. j::,chère p~tur(Se ct la. S012 semée sIJéci;llement cm nli l
; le <crc
(l'acacia a.lbida, l'\\ssucil.tiün culturü-61evû.{sc, :Wcc cUl'onclnnt l, élCiJi-
nance du mil sur l'èlevnge. Cemme cl,èns d'::LUtrGs rl;2;ic!ls, l'homme ét,~dt let
ferce prcQuctive essentielle.
A'1161i crer cc système sans co})cncb,ntallcne;'or l ' ,JJ1n6e ;Jgricolc
rnr l' irrigetti un aurn.i.;t l ~cnsi st Ô à étendre le li3.rc cl' accacia albidQ. éi,U-
delà de. la zono sérèro. Cr,
l ' 6tuclE:: de cet n.rbre a ôté nëgligé, non seule-
ment peur cl.:: s ra.i suns tochni que s, prer exemlJle ln. rlifficul t 6 de la multi-
l ,
t'
j J ,
d
.
"
,
l
'
.
,
l
lC2. lun
, m,:us peur
8S
r,uscns 8COnC1illques,
os oxperlencos (,OS
:mnée s 1930 s' d::'J1t montrée S d6faverable s ~l l' clIil.chicle.
Les üxpériencos menees à Bi'lTlbol1 après l 'inc161:8nc~.:mce montrunt
ccpenclmt sans équivoque quo les pruluctcurs sérères
w;J,icnt raison
cl' c1.ccGrcler une l)1;LCO dG cheix à. cut ctrbre..?.{ Charrom ct Vidal ont lTc,cUlè
à une expcriment,lticn en fixant 3 st~1-[;ions (A, B ct C), du trunc de
l'nrbre vers l'extèrieLlr. L,', st'l.ticn B se -trouve SLLlS le ccuv,;rt, ntcis
2.ssc:z loin du tronc où se trouve A. C e st une st ,ti on témoin en d(;hcrs
du couvert vèg0tal.
Ils :1J1.'l.lyscnt succe ssi vement l ' influence (1~ s sels, l'influence
sur le iHil ct on.fin sur l'œ::cchidrJ.
a1) l'influenco sur les sels
: toutes les pro~ri6tés ~cs suIs
sont fé.wcr,'l.blemcnt ·..,i'fcctécs : le e-rndient do f;3rtili té aUGmente nettürtldlt
d.e l ' 8xt "rieur (lu couvert VÔE7oto.l vors 10 tronc ele l'::,rbre, une v ..:ri t.;.ble
3IDéli,r:lti"n foncière ost cbs'.Tvable, ct donc un r",lëvom,;nt glcbal du la
fertilité,
il y a un enrichissement en c,l.büne l.t en a:'\\otc, m::tis i l y:.
un maineTe enrichissclcnt on chnux, mngriésie, pc;s !lu tout en phosphore
en d0coule un "léger dÔSl.LIUilibre q:ui no nuit ~):lS ,'..u r.:il, pais l,out
l'8rcurbor la cl'cissclncc. (~'un€ 18~,umineuse.
17 nUlS les conditi ons n,~turellTs, 10 noy:"u ne :'üut gormer qu t après rlvcir
séjourné da.ns le tube ch{F,ostif [ks va.ches, do surte quo l"œbre n'est
1.S
planté, mni s seuloment 8ntretanu. Cf. Giffcœd,
Los pcssi bili tés de r::boi-
soment en accQcio. nlbida au Sün~znl, ronéoté, Dak(œ, mars 1964.
1:./ Pour une cl~;suripti(;n (l(:t,l.il160 sous uno f(,rrna littarc1iro, cf. l'eli sc:ic.r,
o,c.

R/2795
Pnge 372
&2) Influence suI' le mil_: L8S rLsul t'l.ts cbtonus sont rGlœis
d'ms le tableau. Le s rendements en cre.ins sc,nt multil'li6s r<lI' 2,5 peur
les mils cr::'issOJlt 3.u~:œès des trcmcs. Lé" tL:nour en rrct6in8s diU'ls les
,:~raines lJasse do 3,10 à 10,6870 en raiscn du fcrt r:,ndcment en grains, 1:<.
teneur en protéine à l 'hectare passe de 52,2 kg's/ha à 179 kg/ha, slJit uno
augmentation de 242%.
Bien sûr, i l s'JLgit là des r6sultats th0criquos, mais (fui
n;cntrent que si unE; lJclitique de parc d'acacia .:wùt utù menue, le
prcblème cGrealier sciru3Cé1l:üs aurili t trcuvé uno s()luti on.
PourquGi donc, alcrs c;:u'il y a clos ann(iGs quo los élf,;roncTlos,
les forestiers ct los è10veurs r8cGrl11Ctissont que cL tcus los :'.rbres do
la zùno sèche dû l'Afriquo occidentale
l'acacia
'j,lbil~a ccnstitue l'üut-
6'tre l. 'essence forestière la plus intéressante i que, ch:-;,cul1 d-ms Sel.
spcciali té nombre cie tGohnicions est préoccupé, de lui, il no scr.1blo l),~~S
qu'une 6tudo cl'ensembie nit jaunis été ontroprise ?

R/2195
Pageï~
"
TABLEAU LVIII
I~WLûZNCB DE L'ACACIA ALBIDA
SUR LJ.;S HflŒEi'0ElIT'S DU IvTIL
(moyenne comparée des r6sult~ts agronomiQues)
----
~ Résultats envaleur absolue RésultG.ts enc.:'. do C
/""
1
;
r
li
B
C
MOYGtltlG
A
1
Rcmdernonts
.
1
J3
C
Ii'Ic~'.j~ ":1C:
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1
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Source
CH.A.RRi'ltî.U. Influence de l'Acacia Albida9 o.c.

R/2795

Paee J:t~
La rCj)(msu est dtU'ls l 'incompatibili tG du dCvc:l,-,ppemcnt du J. 1re
et l'l.'XI'MSicn (Je l',U'o.chicle.
a3) Influence n8gative sur l'nr~chid8
Chez los l)::,ysnns, c'üst tcujcurs 10 mil <..:t non l'.'x·,:chic!.(; ([LÜ
est SCiUE; le cuuvert cL C8t ·'x·bre. 12. sc trouve pout-être le. clef du 1"
diff0rcnc~ entrGL:Cct'lpcrtcmGnt s(;r8ro et 18 cl:<1~.(;rtem"nt ()uclcf dev.ùt
i
l 'cxpansiln ,'.rachiclière. Lof1 sérères ne rouv~üent dcnner d.Ut:UltcL
lèce
D
l "lX:èchidGqLie les OulGfs C[U 'on diminuMt considc;r·-:tblomont L1 cLnsit l;
de: l ' .U'bre; evalu'ééà 50 à l 'l18ctr~e. i;ôme:on cLiHure l,UN de l ' aI':-;,c'~i'~:,
chuz lus OUI1,;Îs C<Ai1ITI8 chez les Scrères i il Y r" t ouj l'urs quelqu.es "L:· :~]
de mil entcur2Jlt le k:J.d. Au contraire;, qu.wc1 i l ~rivo quo l'iJx~chi(l.
cuHi vuc CLUX .c.lVi~ens iWJ06cliats d8 kads (il.caciu. ,J.lbiclt1), ln cbs<...lrvo
un d0vül' ;;pomcnt vég(;t.·~tif inr l'l'tant, '{j.'Li G une 'baiss,,", du prcelucti l,ne
l
liliaux,. un a s~~ai"!.v:ü t ou lieu 2. 13Gmbey en 1935 qui tlV ~i t <::;nn
l",s r .. suH:cts suivwts : .J,IJ.e:-çmc;nt"ticn de l.:'L raille dû 75~ et dimimltil n
:los gcu'eaes clo près dG i:l(~i tié (-471~). Gh:œroau ut Vid,-ü dUlJluront GUO
cus ess'cis n'L1iunt pas été rtJrris syst6matiquomEont.
Ù nctrG
wis, i l no s',v;it ]'(,int 'd'un hastœd.
LI:: l,cuvoir cclonitù n' Ct i.i t
l<1.S intéressé :;'Jar l 'oxtunsivn (lu.
parc cle k:1cls déillG d'autr<:;s régions,
c.~,ws 1.,"- r<1USuru où il e.:ffectait négati-
vement 10 r(;nc~um,.nt en .U"!.Chi<lu. Si l' objactif ü-vd t
Ct (; de bâtir uno
éconumie.1.LltGContr,6c, 1" pi1rc::1.11ra.it pu être ,';'tundu I:;n VUe d'une E1uilluul'G
prodllction do rail. Ii:-~is cléU1S L: système d\\.- tr-ùtu, 18 mil cLNRli.t jUL1c..;X'
un 1'810 s-.:conc,,:.ir,_.
Dc...ns C,JS conditions, i l est pGrmis d" s·; clümnndor (jlÜ est
l'es; on8'1blo cL la c1ustructicn dG l ' ~_rbro clUlS 10 C'''..Yc,r ct 10 B,.'o1. four
cette lL.:rnièra région,
en aCCuse 10 mGuriclismu ct l'ethnie ouolof. Cil.st
c..ublier ciue l'intértt objuctif du pcuveir coloniu.l n' ét,,"-i t l'oint de
veillaI' :'1,\\1 rcn'Juvollcililcnt des conc~i tiens n",turulles c10 la reproduèi;i.olf~
m:ris d" l'wi t,üllur le, Ii'rance l~n ol\\...::Lr;incux ct do permettre aU c1.pi t ;1
do tr'1i te cl' cJ.cc'l.p'1rcr de la. l ,lus-valuo.

R/2795
Ll{';G
jT~
"Hers d0S zon8S irric;u:ius,
la l'roductivi té du trélv:ül cl' int,;;nsi-
fic'"1ticn ,,-,j,Ticc10 s()ra~trè8 lir.1itee d~Jls cette zeno Sél-h81i0nno ll .1I

Or,
le Sénc;);,~'.,l est situé lJrccis6ment dans c,;ttc zene suuclano-s,Ùléilionne, C',-,~3t­
à-dire ,-,ntre le 12 0 30' et 16 0 30' Nord. "Il ost tc.,ut ontior cOhiI)ris d.,ns
la zone dG olimat à lcn,';uü sr:.iscJn seche". Certes, i l y a düs nL1.~l,!1C(JS ,le
t8!i1rS,
;'.,1.1.
l.oint que l'on distingue qUi1.tre " s j.scns". j'iéois oos nuanoes
n'ont ,,~uoun ()ffet sur 10 tr::v.'1il n,,::l'icole : 1:1 3,~is')n v~gétativü clos
l,lantes cultiv60s coïncide avec L, saison cles l,Illies (hivcr;l;ëi{;'O). En
cul turc SlUS rluiG,
la ;:10riGde utile du trwail d~ns 10 B,'1ssin'xachilli0r
(lé\\. s-.;ule v,jri t2-blo rl:giün a._~Tic(;le pend'mt la celonis .tien) ccrrcsj',cnd
à la pè;ri cdü où le> hcJ.Ut,~,ur moyenne do s I,luic G C s-~ de 300 à 400 mm de
K 1ulack à Lluga, mais la l'crieele utile est très unifc'rme
90 i\\ 120 jours
Y
Ù
LCUgél
110 i
120 j curs ft Ko..Llack.
b) Dès lurs, il cst clair quo tvut ,~ccrcis8er;lC,nt cluI'è1blD lle: L,
lJrvluctivi tG du travcü 1 liasse par l ' allcœç __.incnt ,~.,J la périodo utih; ct
dunc :i':i.I' l'irrigation. Celle-ci }Jl:ut c:'él.illcurs ttre une irriG,-~tir_n (Lü
cCimplémont, [~iminU~e rif1aue naturel lié a.ux ;Ü0etS clinntiquGs, cu cl(;
sèiscn sèche CClYiIDl.: on ESlJé1,:~'no 1~<J.r cZl:mple. Or, 0n 1946, Y. ~nnct :'cut
écrire:
"1'Uni0n :F'ra..nç:'1ise a lu i'::Gnêgill où,
c,-;mme vulitiriulJ de 1 ',;C1U,
prc'sque rien n'a été fJ.it,
si cc ne sent CIl1ûl'.iUC:S )jJügrûs tIJnt.'1tivoB,
si biGn CIllO ne,;tro grn,nde m0trcpcle (".i'ric,Unc SC) :108s6c110 IJn bcrcLœo lie
l'OcÉ::::n ut quE: nctro celc,nie lW ;··ussède mCme ";>'1S un huctElre cl-; cul turc
irrir;u\\C-e (au sens industriul ,hl met'''.]/ 12 ans i;111'8S,
C\\.U
nl(;wunt de
l'accussicn du S,--nég,:-tl à lilind.j)0nclance, sur cnvircn 1.,tOO.OOO hn. cultiv,.,:
au S6n6i_;al,
i l y a â 1Joine 10.000 he. irri,:~uûs ;"'..1' c1,;s L),.,;thucles :liff.;rc:l;J.tl:s
deo la Ilcriodc ITGcGlcniCllo. Or des p0ssibilités uxistont,
soit à .:'i1.rtir
clus eaux uu surface,
scit à pii.I'tir clG nappes lihrêettiqucs et suutcrr~incs.
René DULOWll. L'Afrique Noire (}st lù::11 pé1I'tio, p. 36
Peur l'lus 11"" l16t:ril, veil' J'cx ex. Po Pulissior,' 10s Pi1.yu,ws du
Sen (;:~a.l.
JeM 1:i;:not, L~" mise en vüeur du Sünégal par l' 3ll18ni16ümont cl 'un
barr:-u:,e rGsurvoir et cl 'un(: usine hyuru-Clcctric;uc à Gcuina -
L,,,,-rchlis
colcniélux. 9 juillet 15M9.

R/2795
Page 376
Le Sén0cal est un flouve (le 1800 km QL:: lon,';ueur , qui roule 20 millizl,rds
do mètres cubes cllo.J,u, tr,wcrse un territoiro cl·,nt 1:1, t01écGrn,phio S8
>r~te admir",blemont à un am0né:.gcmont int 8[:,'1':11 du trirle peint do vuo
(12s forc'es hyclril.uliques, dG la ni1vigcttion ut dos utilisn:tions n:~~ricclGs
susco~,tibles dE; trcmsformor complètement l' 6corlurnie: du pays. Il n 'y a
pn,s onCi.re do bo.rrn,fSo sur 10 Scn0gd,l. (0101cIU8S cl.rJl\\;n'l{~CmGnts
qui cnt cu
lieu d:',ns L,; dolt"
sünt très rCc(;nts et d'.tant (108 rliUls cla modernis2.ti:n,
et n'entrGnt 1''''tS dCillS le cc~dro do 1<", prcduction ar~,chiclière.
Le plus impertant 1)0ur ncus ost d\\:., s'~vcir si <l:LIlS Ll zeno
rroductricu clirücte do la l)lus-v,"Ùue, à s,wail' 10 b:1ssin are"chidicr,
l'alloncomcnt de la dur60 àu trav~l était pÜSGiblo j 0utrcment dit, la
r6:s-icn la plus pOllplée è.ll Séné:sal, le b:':,ssin CU'i1chü:'üJr, dispose-t-811e
cu nC'l de russcurcos hydrauliques susceptibL:s dG permettre un(;'l[';riculturc
irriguGe. L'cau cl' irrigaticJll cb.ns ce cas dei t rœcv8nir clos nD.i'pcs souteI'-
r8.ines. Collos-ci existent offoctivomcnt en cl"ux cuuches chfLrcmtcs : l",s
~,llls prd'cndcs et les plu.s 8.bcndi1l1tcs ; les moins lJrofonclos ut les m<,ins
fcurnios.
Ce sent seulement cos dernières qui sent cxplci tf'€s
ct jam'1is
à des fins cl'irri{;.aticn en cultu.re; a.rr~chiclière.
Avant la rCriodG cclcnialG, s0ulo lil ~.rtie ccciclGntalc (à
l'Ouest dll b';riclicn 16°) la i,h:ins prcfonde 6t"',it ~ltteinte pil.r les
puis~ti8rs, à l 'r~st 1e C'-' mliridien, les nalll)(ls ont une alimcntaticn plud
prèc;üre •.1Ipn.r contre, cles n'llJpos soutcrr:1incs ;':. l':8st ne Iiouvunt ~tro
,1
:ltteintes l:'ar c~..;s mcyeI1s a.rtis' •.rmux.
Solon Brassou:r1( dès 1925, à 18. Ccnfércnce :;-::cvnarnique du 8éné~,'1l1
le pr.::.bleme do l'e8.u "st l'uSÔ publiquement. G'ust l'6pl;que,
écrit-il,

l'on commence à prussentir tous les drmgers Q 'une écenomio basée exclusi-
"lr.emont sur la cul turc de l' a.rilchide et uù la clGctrinc: de l ' ;l,ssècherdol1t
l'regrossif bilt son plùin.
1/ PéE ssier, oc.
g/ Brasseur, Lo prublème dû l'e"au au S~nCgcll, l:;x:tr'ü t (lu bulL Bi blio.
des arcbives du Sénégal, Juillot-Scpt. 1948, l'TO 32.

n/2795
P •. je JTI
Deux rc:solutions alcrs furcnt~llc;.rt6es : cr";(;r une; :'lgricultuY'u
irriésuée l':lrt out cù c' Ct,ü t
l".·ssi blo, int.:nsificr l ' ,:lov-'t"So p~'x la
crc·,tion cIo nuuv" oUX l'eints d'()au. nffoctiv';DLnt,
une; cort:ùn,:: pclitity.;
de l'o::1l1 fut (1c':.cptée, ~ qui conee!He~I~:.. rie6..±,",,'tt~., .l.J.,o;) consir3't'Üt
moins à cr00r une é1;,;ri cul t ure irriguée intensi '18 c:u' iL l,rcV(jqul·r lé:, s
Dli/,r:1tù;ns vors l 'I;;st.
Jusqu'i::o la (~uerru, c'est surtcut la r\\~b'iunde K~Llack c~lli
béIl8ficia clu la c,nstructi cn d,; c'-'s jJui ts, I),:1.rc() Cjue "1[1 1'1uG ~icho
grilco ù l tosser du l'l, cul turu dos tLr'dchidcs", solc.'n l 'ex;rescien do
Brn.ss8ur, L', r--:rllisatiun on ,-,st ccnfi60 c,ux SClciütés do Prcvoyancü 0 La
prcfcncl~;ur ·.ll;S l)ui ts l.out atteindre 80 r:;~trcs. Il ne s' êct;i t étlurs (,uc:
cl 'hydr,êuliquc cl 1 arprcvièioill1Girt(mt 8noau T1Gtablo. Or. J. ili'..ycr (0);ll~ntrC)
quo ces pcssibilités i,euvcht ttre cxplùitéos r(;nt~blomont e:11 hyclr'1l11i ..!.;"o
vi l Lt(.\\'o ci [;C, ,'.:,ns le c:l,dro d' un0 Gccncrnie extr:.wcrtie
: "le c'..1cul c-:'u
rovonu mcnc,t'ciro tiré des diversos cultures fr)cJIltre quo Li. rotaticn
1
c6rCalos + ii1,:,r:1rchilgo est de lcin ln, plus intôrvssantolj viennont 01Emitu
un ccrt:ün n\\...l'lbre c1..:: rCJte,ticns, c t,Tl[1,loB cl' ::,ut cc GnSCATIfn:èti '.'n +
l Cl..'1t:)
cC)j;;;nerciali Gable C",riUDO le tr:1bcl.c cu le bltS; ;':',],1' cvntre le s':;rghc s .. ul +
niébé no (}èC.:::ge aUClll1 revenu lIlvnûtüre ".iL
.r'ina18mcnt~
la pc.li tique hyclrauliquü ùo la v"ri c)de c,;loni~10
n'a IJ[":.S consisteS ù allon:~;or L, p6ricck cle; l'activité dws l'ann~,e, r,i::.is
a (jtondre on surface la ZGne habitable, en forant dos puits il l '}~~Jt c1l1
Méridien 16° : sa rditiquG ,le l'cau cl. dé un lil6mont intèl3Tcl.l d'un
système c:' '_":.l'i cul t ure '..-xtonsi'10 ~..rf~:l!lis \\...1Ut CUI' (;.0 let i: r'.cluct i un :le l ':X'.-
chido. D;cns cc ow:lre, c'est surtcut la rCcion (lu. Sine-S1h,um ot rC(;rrcs
Ncuves qui ont profité: "1.-, siturLtiün dans la plUI)iU't des Cl.utres corclo:::;
(3.utre que celui de Kt1.o1Qck) n'est r,Eüheureusemont p::l.S Cl.ussi brilla.nt,,,,
et coux qui éèur.'tÜ;nt IGS be soins los rlus urrrcnts sont sGuv>nt los IlLl3
~:Cl.uvrGs'..g( c'est-à-dire ne prGclU~sünt F:1S as:oz d'iJICLChide.
JI J. J;;W;;r : Une l,ussibilit6 immédiate ': 1::-, culture irric:u<,jQ liaI' I;U'-
png8,
in tuchniquos et dèvüluPl)(;illcmt, nov-dùc.
1973, N° 1(', r. 16
y Brasseur: Le ;,:rcblêmE.: c18 l'eau ,'!,u SénéJ;éÜ. l~lcments do 12. Si.lntirn
plus lcs cClls"qllences à ntt8ndro. Bull. Bibli(i. cles archives du i30nê
"1 1
juillet-S6lJt. 1948,
N° 32.

·R/2795
P:c:e YfE9
Cutte 1,c:litüiue 0. c(jrt,'.inomcnt céntri bué à m~int..;nir 10. ~,r,~(Luc­
tivité (~'lcbalu du tr2..vJil alI-<l,_~ssus d'lIn cert,,,in niv()<1u' ,~é1.rJ.S lé). LK.SUre
cù 81L ·"t l,ermis (l'éviter LiUO la loi des r;;ncle'1l8nts ;l,..:crciswlnts ne ,l(Ue
à ~,luin. ,élis en môme; tumps, elle a 1'8rmis c~ 'ex]>1ui tor le " Ci1.lÙ t-ü terrl;"
de .nü.niur,::; é~busive. C'est d-:'HS cc cadre extensif que 3'inscrit l',-,riunt,-;-
tien 'l",s il 'v," stisscments "p~ys,:'ns".
2 -
OriGnt~'tti en (Jt Invostissem.3nts
ful>uis l'avènement du C'.l'i°[,alisme, les grandes mutdicns td~h11l1
giqlIes (,,11. ;:~~'.'Y'iclIlture
sent lu rcslIltat des invostissemonts iml'crté1.rJ.tu en
c
'
i"Tat r:, l
f'lX8 ,
GU
en capital fencier, en instrwnent do trav.ül ct :::,ussi
en !Vi101ier,:,ticn dl:s 'CèSIJOCÙS et va.riCt6s. La r,N luticn tccfu"liquc cLns
l ":,,(TiclIl tlIr...; il prCc,~d6 la r'::vcluti en t,~chnique dc.ns l' incllIstric jrl:rc-
r,;i.mt dite. A l'8chcllo dll syst...:me c:lpi-célliste, LI. p6ril;(10 que nous V~lI­
dic,ns (1 ccnnu ~~,;lIX grandB chongrilonts du l,oint do vue: de la t()chn("l',~ie
,J,,;ric01c : 1) 1:::. ma!'trise de l'utilisaticn dos on::-r:l.is minùrallX, à ; J.rtir
de la fin clu 19è siècle, ct 2) b. lü6c nis,tiün cu l'inc1ustrialisé1.ticn ,i.o
l'~~riclIltur0.
Copendant, los autres vieilles t0chniques : fllffiuros,
:1ss(ci-.~ticnü8vél{;>-a..{,;ricultUI'Ü , n'ont PG.S (~t 6 abandonnées pour l,ut'l.nt.
Cl: qlIi r0ss0rt de l'lus IJI'cf;~nd dans cos j,mtations, c'est quo le ~'i'(i';rbG
dc~s les toclmiques 2~r~ir8s no so confond plus avec l'Gssociatien
acrè_clIlture-éleV2{;e. Pourtél.nt, d:lJ1s les pu.ys C''-iütüistos et surtout~~TUS
la clouxiè,{Io f:~u0rr8 ;;JGnc1ic.le, l", t...;nét(;.JlC8 ost à 1'1 spGcié11is '..tien üt n(l'i
à MC ljrotonduo " p é1.yss.nnis.1ticn". C'est pcurqlIoi Samir AIIIlt1/ a rC',is·:n
d.., consùlérer cemme r(;acticnncüres les thèses (lui cOllf:lidèrGnt L:1 vcic
ùurqooonne de la rcvcluticn agriccle cemme un mudèle il suivre.
0010n c..;s thèsos,
l ' :v;ricul turc afric'Jine ne s .ur:ü t
l'::,s,,~r
de l 'cv-;riculturo de slIbsistélnCG li la " SfJ É:ci6.1is::J.tion ll en saut'1.l1t ~~(), ;L~cc~
do la l'i'ays')JUlis".tLn", c;',-,st-à-dire OH f::,it c1ù l '"ssucüdi(;n ét":cicultlu':,,-
él,~vi.v}J. Le 1)'U'~"c1cx0 vuut Cj'Uü 1 'üII'c:rialism8:Wei t cl8jL ir.lpc'sc, c:~ncj L~.

n/2795
P::Lge J79
phase on vc,ic cle dqxlsS0ffiGnt (hns les centrüs, et déjà im;Jos60 pnr.l:1.
fcrce à cort,ünOG rêgic,ns essentielles de la péril,hûrie relève du para-
clcxe si, en mé)mo tc:mlIS,
on ne rœcccJni so r'::lS un clcv()lqlpC)Glent autccentr,_o
CÜponcl~Lnt, la spécialis_1ticn, sa.ns cL;structi\\:n clos cl'i1d tiens
ul térieure s de ln, prcducti '~n, e st li ée à unu CCll.(~iti cn fonclaJl1onttle, c\\: 110
d0 la c'J.r:1.cit6 du système mis en placo d',ccrcître l,'), r:r(,cluctivité clu
travail ot do consorver sinon d"'Ji161ioror 10 sel. C'0Ut chuc, lléu' ra)~(Jrt
à cus cleux offets essentiels que nuus all(n8 armlysc:r l'urien:t·:1.ticn a
1[1. fci s dG s inve sti ssewents publics ct des invc sti SSGGlcnt s Pé\\Ys,:;,ns.
L'invostissement I)nysi~nest enr;6nérû.lle féüt do lél-petite
ccuche se kGuküisa.nt. Y'.1is conceptuollc,m.nt,
la distincticn quo neus
f:üsons 8St basée sur l'hypvthûse que l'investissGTJunt l),.è,ysan ost rualisé
sur son revenu, t Lnclis clu8 l'invustissement cff,_,ctu0 far 10 c,1pi t:ü ~ riv6
("U
l'E\\'at est prGlev6 sur la, plus-value. Cette distinctic'n IIGut p:o.r-l.ître
'œbitr:?iro, d::ws la mesure pr6cisGment où co ne m:,nt pas lus f:],ys-,ns los
plus prolétû.risés qui invGstissent. Nén!lf.10ins,. lu critère nous SOH,bl", bien
I)ertinont on co qui c(;nC01'no la plulx,rt cles invostiss,;ments accomplis di-ons
le C2,c11'o de l'0conc'mio de tré1ite, 10s peints suiv:LIlts seront (LNoloPl)2S
1
10 mentant <les invostissements
2
L'i;llP'1.Ct 'âes investissements l,ublics
3
L'irHpact clos invustissemunts pays:l.ns.
a) Lonti.mt et orientation de;, investissements
~Cn 1959, 10 IJl'cdui t intérieur brut :'tU l,rix l~es L1'lrch6s dLl 8(;n6<:,:ü
est évalué approximativement ù 140,7 milliards ;le fr::'llcs CFA at la Pr(_l~UC­
tien Interieure Brute à 110,7 r.ül1iards. 90:; de la l'll'ul::tticJ!1 activu est
nt,Ti cele, c antre 5~o clans l'industrie ct l' ,'"1..rti S::',l1iÜ, "t 3~a dans le c V.iid0rCG,
olle fcurnit également 7870 d'heuro;:; (:8 tr3,viùl cCintre 13?:, d'J1s l'inc~llstriü
ot l ''J.rtis:Ulnt et 9% dd,ns le commerce. En c,-,tte MDl,\\) 195~i 17 milliards,
soit 157~ de la PIB, suntl,ffect6s aUX équipements. (LucIle prœt .Jst reV.;llllC
i:1U
s8ctcur de loin le plus im, crtant de l'êcGnomie ? 10 tab18,-~u suiv:wt
j>Grmot de neus en faire une; iclé..'€.

H.2795
P':l.ge 380
TABLEAU L1X
REPAinlTION DES IUVESTISSU1ENTS PAR BRANCHE Π1959
(EN MILLIARDS DE FCFA ET DE FF ANCIENS)
TOHIL
PROOUITS JES 1i'J[)Umm:;
liATli·,EiHS ET LP.
fiECM:12UES
DIVERSES
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0.09
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1;,)[:'S
5,92
Il,84
2,93
3,86
-
2,99
3,98
!il'!SH:1ES "Lll,Ei;1 .1 RES
0,36
0,72
0,18
0,36
-
0,18
0,36
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0,22
0,44
0,13
0,26
0,02
0,04
0,07
0,14
~/\\T , :L,nS fT 1.['.
0,33
0,66
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0,09
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0,04
D,OB
-
-
0,05
0,10
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1,17
2,34
1,10
2,20
-
0,07
0,14
cetCi.oCi)i""
L'd!LI,L·t
1, °1
2,02
0,34
0,68
0,05
0,10
0,62
1,21f
j~0T;:~ES Sf~nv 1CES
0,58
1J 16
0,03
0,06
0,03
0,06
0,52
1,04
CLiC? ERi T1CN
0,16
0,32
0,04
D,OC
-
0,12
0,2'+
;\\~';i' ii 1smn 10;:
2,56
5,12
0,41
0,82
0,08
0,16
2,07
2, i lt
,:Ji: 1ii 1STFi/,T i Di: FEDERALE
1,92
2,B4
0,26
0,52
1,66
2,32
[.\\01,: 1[; 1ST i~;\\ T! C; l LOCitLE
2,63
3,26
0,63
1,26
0,09
0,18
1,91
2,G2
..._.-
TOTi\\LE
17 ,04
34,D8
6,36
12,72
0,27
0,5lf
10,41
20,52
SOURCE:
CO/PTES EClJiiU,dQUES DU SEiJEGAL, AijŒE 1959, p. 30

R/2795
Pc:ge 381

J'JGUS const"tons :
1) quo lé'. IU't cles invGstissemcnts ,:Ül:'..nt a
l'é.1t.'Sricultureest la l~lus <Lüble de toutes les rubriques: 90 millicrlS
de :B' CFA cc!ntre 360 é'.UX inc1ust riie s ·'i.liment:l,ire s, un milli a.rc.1 i1.l1 Cé\\,.L10rCG,
ct plus de 6millia.rc.1s peur l'il.clministr~Ltion. l~lle no rerrusentait 'lU;::'
0,53)ic (le .1' (;nsuiilble cles dll!OnSGS cl 'investissEWhJnt.
2) Il L:ll rL,sulte quo le ccofficient do cari to.l chns ll,~ Tir~IÜ"i,llr~;
si en ;)eut so IJermettrc cà 'utiliser un tol concopt '.Llns une: ecunlJmiéJ
CC;WI,lètoli1cmt tlcs();rticulée,0s~ insignifiant: 0,24 en 1959, la ~~'I'(;dI1cti(n
':1 ]iccle
étant 6v:üuée à 37 milli:"rds
i
0
Pour la J,ôri odo 1949-1961, H.inelli.1.Î
trcuvait Il,7 pl!ur l'aO'riculturc fr::t.nçaisoo Certes, Cl. c1ornior chiffre 'st

.IJlus precis; 0n eff8t, une benne ôv:üuati.on dcit porter sur une rC~rli>~')
suffis.'.-mment lcn;uo l)(Jur laiss,;r aux invostissem(;nts le tcmrlS (~e rr'
uin;
luurs offets 0 l':.1is l ' c,r::r8 (~e :,;ran~eur ost tel que 10 c ,lcul n' C', ~.:,s
t.;r3.I1c.~ int èrôt. Ici, l . que sti on rortc, ',' "'..bc:r': Elur L, j,U.sso :'.u l' inv,; sti s-·
soment. 1-':::(\\ 1959, celui-ci ost' insignifl:uit, :1bsclumont et rul ~tiV(.ni,)nt4
L'année 1959 fl1.t-ellu excopti cnnellu ,;u bien i1vicns-nous ~1ff.. ~ire n. une
':;en:lancG :.r(;fon~le cl 'exploitatiGn sms investiSi:,oÏ.iont ? VGilà l::~ quc:sti"n.
Né;US alhns consiclérer (~çUX l,oriulles : ctY:J.I1~ 10 lancumunt (lu Premier Pln,n
de ffiLclc:rnis'1.tic'n,
scit 1948, ct la rèriocle suivante ••1 ch,1.que 6kl.IX;;, il
faut (~istin0'Uer entru invustisscmcnt C~'l~tQt et investissoment l'étYS'lJle
3.1) Jus~~en 1948
-
L'investissement ûtatique
est inscrit r:ièl'lS h; cl.,lrc
83
"écünuniu s" c:xterne s".
AVcJ.nt les l'rccrJ.li1fl10S de lilulex;-nis1tion :l'arrès 1:1 .\\Juxi.:J. ",
~.;uerre ml.ncliale, i l n'y'w'1.tt J'Jél,S eu ,1'investissdTIonts ('.irecterïll.. nt ; l'·.. LW·"
tifs réalises 1),1I' 1':0 cl'1s,se c~::.pit:'.liste scit cla luanièro clire:ctc:, fc'i t ,
trt1Vars l 'j~t~,l.t? L'1. v:ùll..-e tflu flauve Sénét;alcLvü t c~onné lieu' à de .ncmbr,Ll--
sos 6tu(~..;s, mus ii aucun invGstissl:ment si,,;nific.tif on vue cl'ulovur J':o
l'roductivi té.
11 P. :lléèinclli, Les rcl,tions entre le C:'l)itiJ.1~8t la prc/ucti5n dU'ls
l'~ri9ultuI'e, p. 127.

R/2795
P··.'.ge 582
P:~r contre, corruno l ' cnt bien montré V,ll1 Haevürbckc et Vu IU,-,"t,
l,(,ur rdluirc 18 rrix (~8 revient ::0 l ' CU'.lchi':-'8, l 'J:Jt'l.t J.v:;.i t ccnstrui t
::mr
le: budGet ,üiment[ essentiellement ~U' luS lXWSll1s1{ un rûS8r1,U (le tT',n~,­
:)()rts rcuticrs ct fürruviaires ot une infrastructure rcrtuitire t;,ût ,.
fait
sn,tsif:i8-~tS. DéWS les lm(~.(:::cts cl," cette p6rie,clc
10 bU(~Get c~ü 11. ri-
t
culture, tcut à fait l:lCcleste d'aillcmrs, n(; ccncernc que lé' fcncticnnCLkdl':.
-
L 'invc stissclllünt paysan
H'~me ,si pn laissi cl,:; cêtli ·lt l'é1utGfcurniture", c,n s'aperç:',it
que les r;:;.rcs inw;stissc:monts,
spucic:~lcr.JGnt scus fcrm", ,"n,chat 2l cr\\. '.it
cl'e:qui:"(;i7:cnt m6cwicillOS,
sont le f',it ,10s liays:~ns eux-mômes. Il S'ilit,
ceITIme mUfl L: V(:Jrr\\.ns rlus le,in, cle l '1-chat cles semoirs dent l'u8:1(;8 so
r~:,and pcm à ;)OU :1jJrès 19.30. L'W1 :les buts 8i'lS,-nti81s (les s.r.p.1/cst ':u
veneTe à cr...:,_lit ce r;etit rnatGriel 2"UX p(~ys,ns. Nc\\us n'8n cCinnaiss...:ns l int
le Illcntll1t, ni ::bsclu, ni rcl·,tif, Iar r:J.pjx'rt mue invc:stisscrncnts t d ~LU:',
à 1,', prc(~ucticn Ll"Ticole. Hous v(;rrc,ns l'lus lüin l ''1,SjJGct J:Jhysiciuc ;~,_;
cot inv",stiro)süITIunt.
a2) 1~48 -à 1960
-
Investissements publics
1948 est la lèT,;iJ1ière t'.nnlé du II l>Tcr.Jicr jilM (lE.: m"ckrnisti
"
de l '.i.O.F. C8rtains auü;urs CUIl1l1îC Jï\\"uquet cractè:risent ln. pGril,(~e clui
s'cuvre c~c IIIT1Cc~:J1is·'Ltivnle l'.;~_:T'iculturelt. En réalito, il n'Gu n'est ricn.
Ce CIui ,-,st neuve au,
c'est (lue le c:èjüt'11, rar l'l>;t.:J,t, v,], investir
lir,ct,-,-
ment cl:c.:'ls cles unites Ileprcrlucticn, nuis qui surent -l",s 8xp,;ricncc:s tr<,s
limitces jFll' leurs effets sur l'cconomiù s(;û8:::,;:::J,'lise ct sur l"l.,xiculturc.
L'investissGI11ent Gtaticlue ccntinue cl'allur pour l'\\)sscntiGl cln.ns l'illfr,;::-
tructure vt 11(:n Gons 1;1 pr'.'lucticn'I,:ricule.
L,-~ r,-,pcrtitiGn d8S investissements j'ubllcG de, 194() éJ '1957 Y,(;G
bien on lllLJicrc ce ljcint.
" .
y LGS cUlstructic,ns sont firnr.cée:s r'c~,r cl(;s em~)runts ,10nni1.nt lieLl"m: L,
bll(l~'et à une.) CÜSSG cL.s l,inCrtissOfHcnts LU "Cn.isSG de Hèservc" ",t o.,ci
clcpui s H386.

TABLEAU LX
DEPEtJSES OONSACREES A L'AGRICULTURE DAJ'TS
LE BUffiEr 'rOTAL DU SINEGAL DE 1910 A 1953
(en %)
1910
2~5 cr!(-
..
2'~ 2 d
1911
/0
1952
4~5 c1,
1953
3 cr!
1"
Soùrce ~. A. Van!).n6verkeke
Rénumération du travail et COmmerce extérieur~ p •. 73

R/2795
P,J.(~e . 384
TABLEAU LXI
INV.8STIS3ELENTS PUBLICS PJ,R SECTEUR DE 1948 "i-,. 1957
en milliards dG Frc.ncs CFA et de FF Anciens et en 10
m_O_y_eT"ll_;'"_'G_"nn~e
[ ,
I -
\\_To-.,.lu_m_,_e_c_u_m.u_l_é_ _-t-__
l
1.
]<'
C1i'AL'FFI,
il '1<.,
F CFA
.F'FA
_ . . _., . . _ ' - - :
_
. . . _ -
....._ _ .~-
1.'
....
..
. . .
_ .
,
-'roduction agricole
u SEms large
10 910
2Q ,2Q
36,10 1
1 90
2
nfrastructure
1d
2,76 '
'Social"
10 dO
20 ,60
26,6
2,02 ,
1
~uirement
heLministr':1tif
3
5
9 2ü
10 ,4
13 9
0,51
1,02
rt indu~t~iel
1
1 Türi';.,L (arrondi)
I_~_-----
Source
- - -
Fédér~tion du Mali, Rép. du Séné2al
Comptes Economiq~es, Rapport sur les
Investissements, 1959.

H( <:.T9J
Pa.go .:il,
TABLE,AU LXII
MO :IiIT ANT DES ACHATS '.'Fl\\.YSANS"SIJ
MATBlUEL AGRICOLE DE 1950 A 1957
(en millions de CFA et FFA)
e----.- .-------r-.------
Année
Tlontant
F CFA
FF Anciens
"
1C)5J
349 1
68,2
1951
12
24
1952
36
72
1953
47
~H
1954
31 d
62,6
1 - .
.·1'"
1955
59,5
119
1956
30,6
61 ,2
1957
29,5
59
TOTAL
2éb
560
Source ,~ Comité d'E.'tudes Economiques, 'l'orne II, 2, po 61

n/2795
....
Pai~O 386
Il al'pa,r':i t:dnsi quo·:ur".nt 10s ann,;o s.o gran:l bcüm ',:0 s
invE::stissefnonts publics cl:ws l'''~':~riculturo SUrl0ccll:1iSO, 1"1 moyenne;
annuollo a -dtcint p6nibloment 1 rd l lairc', de frwcs Cl"A, alvrs QQG c,112
c1"J1S
l'infr1structure do rc.nfvrc3li1c.:nt :le l' sconof.1ie oxtravertio (le
trai te êtn.i t
nettement sl.lliériourc.
LcrSfiu8 10 (kuxième plan so termine 8n 1957, 10 fléchiss,));,_,nt
dos investi ss~m0nts. publics clans l ' :lI;ricul ture ét,ü t cléjà nettcH;}(;nt
amc.rc8 (lès los annœs 19.53, eJ,vec L) corit cl' arrôt c1\\...nn6 aux ".:;'rr,nds
projuts ll • Leur 1 art, Qui 6t,ü t cncuro dl' 26; en 1~55, ét"ù t tombC:,:; a
171~ on 1956 ut à 137c en 19.57. En cl,nclusicn, la te:ncln.nc(; au flucllL~Gc­
ment très nbt è.es investissemonts publics d'..l1s l ' c1.~;ri'culturo tr'l(~L1it
.lle
tcndanc8 ~-r(.foll\\lc du système, tendCW1CO quo la "Plëw (l;;) Lcc1ornis··ti.n "
n'a. [jé1.S mulific.
- L' investissemdlt V.1YS~
C'"IJeml'..nt, (:;'urE1.nt cotto pciri "do, une polit:i.ttuo (li te (1(; mc.:c'è~lün­
ti on, ccm:li st iUlt ù, f·J.ire financer 10 s instrument s (lc·;tr·~Nro'l rl.r la
s:~laire cl,; fn.it lui mêmc, sc (1c...velc1pait. Il s''J.,:,;i16süt c~c: f;üre:l,cçuCrir,
spécialement dans 1(1 ri_r·;i<.n du Sine-Sé1l I.Jum
clus fiic'yens de triW'1il
t
susc,,=,tiblus (le rcrmettrE: une rroducti',m En:tensivl) de l'arachid<j~ Il
s'2.,;isss.it en ~;articulier de substituer 1:'1. "trl.achine au travail aceul1~.Jli
p.'..I' 18s né'..vut\\nos, travailleurs sr"),isûnniors venus' (~U Noril du Senée)]1,
du Itüi, cle, Guinée at c'.e H~Ut8 C:lsamancc, a 1::L .l'chercha de l'ar,;ur:t
liquirl0 ("-ans lu Sin8-Saloum on p:trticulier.+
Dur:lllt la l'Cri Gele (:0 s cleux pla.ns françai s, une p:JI'tie (lu
cr6di t
0t:üt
fcurni éJ,\\LX P;1YSQJ1S P~Q" l,']. Fr ,ncc ~ En uffl;t, le ~~IDES (}i"rJ;l.i'.
des Investisscù1ents rcur 10 Dévelcppement EccnuITÙque 8t Scci'11) féÜS,üt
l ',wance de 107'~ :lu prix du llntCriel : l,=,-- Eutu0lle, un fut alimentée IJ':I'
les ~prvlucteurs eux-mêmes"
\\av;o.nçai t 90/0. Le bilM des
1l1.l1.6cs 1950 Z". ~;57
"
'1
6t0 f,üt
i le té1.bleau ~uiv.".l1t mcntrG qu'il ost trus mair;re. :en effot,
le mentant cumul(: 'i.es investissc/ilûnts paysans sur 8 ans dG 1950 à 1957
+ Nuus n'cx·,uninc...ns ainsi que l',chctt c1u1Jlcttcriol ,:x;riccle vendu aux
paysans 1.JU' les capi talistos.

R/2795
Pil{;e
)87
est estimé à 28CJ millicms ùe francs CFA,
sei t
560 millions do Fli' ancic;ns.
Ici ~ussi, ncus sommes en pr~sonce ~'wn montant très faiblo et par
ailleurs très fluctué1!it. :r~11 effet, si la moyenne annuülle ost cle 40
millions, pr:r cc.ntre l'éca.rt à la mcyenno atteint -
38 on 1951 ; et
+ 19 on 1955.
J.G'vicl:;mment, le fllGnt ..wt r\\iel cles invcsi;issd,îonts rU,YSùXl8 ost
très supérieur ~è ce mentant cles étcha.ts de !Tl ,tCriel :-,,,c:;'ric'Jlo aux CétIJita-
listes. Four Lüre une éva1.u,l,tion cürrecte, i l f·~uc~rait inclure 10 temps
de tré'.vcil consacré aUX c10frichements et aux autres QJ'1(ncgomonts fcnciors.
Aucune; On{luôte n'a Ct é fni. te à co sujet.
Nous aboutisscns à la cünclusicn que le niveau de l'investis-
sement l:lcbal étai t oxtr~mom(;nt bas.
b) Impact marginal clos investi ssemonts publics T,rcductifs dans l' Z1.r;riclJ~­
ture.
}~n cc: qui CÜnCLrne l'a.rachide, l'essentiol dos invGstisscm:Jnts
:i.)ruductifs ·~le l'Etat a cité conGentr6 sur c:~eux l'rejets: lu bloc expLrimcHl-
.tal ck Boulol, d2,ns los Torres !'rellVOS et la cultur\\3 matorisee ~~o 1,L CGOT
en moyenne Casa,mance (S~';FA).
La C(JÏiilY\\:~nie Génûralo cles Olén{;ineux 'Prcpicaux est une
scciété rnxi te, créée FU' l 'L,'t.'1t Fr:mçais au lünr",-umain~e 1.'1 (lürnièro
cuerre monc~Lüe pour acc61Grcr le rvi tnillemunt ,le ln. l''rance ~ pi1J:'tir
dos produits Gléa,~ineux ;::,fricains. Elle crGa du v::tstes Gxplcitatiuns cl'lns
plusieurs IJays, mai s l.a plus spectaculaire fut c\\.;;118 do SEI"A en ;~oyenne
C.::ls,:unance •
l ' cp6ration (le la CGOT fut lancce on "î9/J.9. Sur los" 10 miLLi lJ:'(~S
c~ 'investifJSOments rmblics rü2..liséscle1947 è. 1958, plus dG 15/;) furûnt
8J;l_:lvutis dè1J:1S cotte uIJération : "L2, clq)(')nse tl.ta,lu c:xcèclerait 3 milliilr(:c
d"lliciens francs" (1,5 milliards (le fr:J,ncs CFA) clit Hcné Durnv~t•.1I
il René Du.m~? l'Afrique est mal partie, p. 43.

R/2795
Pa/,cie 388
Alors '1UO l'lr~Gr::'"tion d0Vé1it pûrter Gur une suporficie r~e
200 e 006 hél. au total, et sur 30. 000 hé). (hns une rremière ph,:'..sù,
en i 95~,
6. 000 11,:1, soulemunt ét:üunt c10frichés.
Que l'efficacité dc) cas invostisscments ~ur la prccluctivit(':I~:
trJ.v,ül ~ lc,nc terme soit très c10utüuso, c'ost CG CiLW rCvèlo 1l!1s rés11.1tc~ts
("':.8
la eGOT.
L:1. i;rccluctivi té à lcnG torrne étél.i t très lnrc;e:;mont cCmprC)11!isc
]Xlr los tochniquos 1LmtGlllont cn,pit:ü-int8D.si ves, rUJl(lucs pessi blus pu,r
le Plan r~,crshél.ll pour leB J)ays cl'Outra-Nor. Ce 11,),n ivrmcttait à lél.
F'r_èllCU (l'ün:;:;.crtür faciilic:mont ,~u fJ1,l,t<Jriol ;]J;k,ric~in : lIOn veulai t
r6alis...:r
une culturG c,ÜiÔrIJlllcnt mêc,1l'lisee avec le matériel nrnêric:ùn, c,jnçu peur
les lùcün8s ct ccllinGs cl,a Vir;inio c;:ui sent, elles,
cLlltiv6es (L,~ lcn:ü.c
clatc U )./
Lél. rr Gc"Luct ivi t cS clll tr<::,vn,il ~~ ccurt t8I'li18 Ct ,li t tcut à Lü t
E1IJycnne : 10s rendemonts un ;:u''1,chirl0 vé'..ri"iuntclü 1.000 ~-i 1;'200 kt; à
l 'hect:U'c, alcrs quo l' ,;n Ü silcrait 2 tonn0s. C'-.:8 r,;nclOll;onts s~.nt tr6s
C':JjIT'ar,~bles il ceux 'lui (,nt pu Ctru cbtenus ,,,-v~~c ln, culture '.l",ns les
Turr8s NC)llV8S, SEUlS nlisu en COLJ.vr6 cle tous cus lllcyc;ns ;,;6caniquns.
L' v[,Cr·',ti (,r, è.u El tC' :Cxpêoriment:1.1 (Le Deule l, ~!rè s du Kn,ffrinu,
llE\\ns h::s Tûrres NÛUV8S, clUllilC cles r6sIlltnts ûnc,œa l,lus médiccrus. Lé\\,
zone défrichée est Pél.ssGu de 250 ha uri 1948 à 2.1355 ha un 1954. 1'intc;n-
3itu du C,c'.1_it2.1 .::t l~iiTlinué cl'::ülleurs fortemunt, Q ~"lI'tir rle 1953. En
affot;
olle repos,::ti t
sur un systiJrri8 (1 ''"lliQ.l1cG Sr1f:cü,lü entre un (:;l';:;.nd
Iei,l,ré1biJut ct l ':Stat ccluni:ü : le l·!nx"bcut :f()urnis~nit la fGrce clo trL~-
. ch-:;rC;'o à lui de p ...:urvuir à leur subsist:ncG 1 DQ.I1s SGn essencc, il
s'a,giss;<,it (~'UI1C fc·rniG rIe tr.:Lv:ül fcœc(~. rc~cic;u.'il un scit, le contrE~t
est ,~GncncC en 1953 ut le Bluc }!::Y:pcrimental tr;:Jlsf,_rmô en 8ect(;ur Exl:5-
ri,;lonto.,l do ;cc~ürnis..üicn A.:;riccle (S.-;}.Lti) :f'oncti,nnc: CUiilIl1C lln ci.lunat.
1/ Rene; Dœ,lcnt, Uj:J. cit., p. 42.

R/2795
P2d3 389
Co rotcur c. 1:::;, s',urc.if-lsicn infcrmollu ~38 tr,,(~uisit 6viC~,:;mmc:nt pcu' une
tochnic;u8 lJlus L,beur-intensivo. "En f\\it,
lu l'L,sul tC',t ~Tatir~uo dG :la
<J6r:1ticns cLütur'"lGs, lcs c"lcns 'W_u1t ,'te (;([Uil'(;S j,è',ur 1:.1
,lu', U,"G
1
(~.'ilnit{;s (~,,) c,iltLlr.,,; .-:.ttclGcs" •.11
oX2mine 10 Ln
turme. l,;n c:ffet,
"lus scls,
8,ns structura suffiscul"C:J,
6tc,ü,nt ,,,tt,'JIuGs réal' l ' Crosien, c18s ciue 1:" porto attoi",'ncü t
15%"; )cür
ccntinuor 1.' c:jl':'r:::'cicn S,~lS (~C:truitG 10 If c .:;)ital tcrro 1tl/, l'cnf"uir;B-,;;",lt
~'hC1 ~~jà ~Gfrich6s.
re;nCLri1(,nt ut effa-cs\\" climinuticn,
on no ri;;ut :"ffirmc:r (iUU L)8 [:rc[:,
invostissGD8nts J r'Jcluctifs.'e l' "I,r8s-~ucrre unt poI'lflis cl i acorcîtrc l,"
PClr invl;stiG,jcn~'Gnt
ici, neus Gntcll(l,:;ns non 3(;ulomc:nt l '.:lCCiL:ic:i-.
tiun (~Ll l1L'Lt6ricl agricole, mais .'1Usci clos s'.'mc:nCC;8 et (10 l'Cllt~r"is.
Prcncns cl'c:,bcrcl l'invG~jtissC:lil'..;nt on ,"L:tcriel, r6vcLd",ur ('une
cGrtaino "kr ukC11is.::ti i .rl", lc.rljc;:u 'il
~ttoint un c0rtéüll voluwe 0
Cet invostis;Je:::m()nt '-'st criont6 l!:.œ los intérCts do c;::it:ü ",t
cle la Fr,wcc vers l i llI'<Aiuctiun lL~ plus Gr,wclo l.1()sGiblc des ::r,:1,chi:~os.
C'est l!"urquGi il :1 êta oriontf esscntiulleLlont vers "li], mëCé'..Disc"ticl:l!1
permctt;wt cl' c',ccruître L:. surcrficic mi sc Gn v'J.our l::.X unit c, (lu tr\\\\l:ül"
l/v. Dia.:rrassouba, cp. Cit., il. 85
Ji H. IUrrh!nt, op. cit. p. 43.

R/2795
P':'l{;O 390
'l'h(;(,riquem,,nt,
l'~ ;i1l;C~èni~;"ticm eks c:;l;r.:ticns l'ormot :l'ctcnc1rc los
surfLl,cos cultivéos cLe 50~~/c::.ont 30~~ :'cur 10 sl,mcir ct 20~,~ ~~(Jur L: JhUO.
10 S-Jl11' il' ost l'instrument .Le tr:,'v;:ùl essentiel cl :.ns lu cilie l
les .i.'''l,ys·'n,~
invGstisSCHtt. V~ raisln fcmeL,rncnt:Üo r0~:;i,L;: clans l'influonco quo til;~lt
1::1. pt".ri ((:0 cle:,:j semis ; celle-ci G st très courto, los SC;LliG c10vé'ont ttrc~
2"ccc,mplis Cl~1S 1--"s (IlÜre jeurs qui ~3uiv,;nt los ~-·luios. En même te;rnrs, il
:,()rmet cl'cc:L:'rl'.:ir los ,sulcrfici8s cultiv88s en é,r,c1liclc. Jusqu'à l'in,'l3-
pom',''11CG en offot, 10 s,mcir 0St conçu unüiU(;f;lcnt cemme someir cl'::,ri,chic~,~sl
C~1r 11.J pouvoir ccL_ni:ll é1 tLujeurs cr:::.int que le mil no l'renne 1;;
1::.co
cL, l'ciX':l.chirlo 'L"ns 1(;8 c;1.~ml's IJt 1:1 11:::.co C1Ll riz et ,'.':wtres cGr6~1l(;s
sicnnomont~G ln, Frn.l1ce on huile ,,;t mis 0n c.:.use 1(:8 rrcfi ts CLLl c:;'i t:tI
dcmin.:1llt il'3 l ' 6cor.cmio:~,o tr:ü te.
Il ost inccntest:èble 'lLk C,,'jl~3 1", ccurt tcrlllO l'tltiliG,ti',n~,~'
}C, houe améli"rGc ut
surtc,ut du s(;;nJoir,
-; l,,,rmis cl 'èccroftre l<Js rcn'~G­
Tik~nts mais ,'oU, rl;jtrim8nt:1,1-, l'~quilibru j;l,chèrc/t(œrC8 cultivees cl'J"s le
bé1ssin 2r~:chLlicr en;cnc-I'dl ct cbns lOG lrcmièrus zones Llo !;lisu on
culture on ',rticulier.
EGccro f'.ut-il pcn:'.C,ror furtcrnunt, 18 8(;lJjcir n' (~t:~,it :"l,S Ü!;C' l'..;
un instru;;lcnt univcrs81 d::ns L.;8 C',iJl)c\\;nOS s6nccalai8üs on 1960.
tcmrc-r6. 1" f) l'., sult:':.t S ,~u rl.Jc-JnSQi1J. ,nt 1:"" Î 960 md1tront Clue L, "fJl\\~c,c..ni-
;::'ètion OfTt unc(;l'O "très lirJ1it(;c". Di :':1'08 c\\.;tt..J cncIuôtc,
73, 15:' (~-J8 ::::u.:Gr-
fi cil.J S 11' uti li s,i -,nt (lUO i~(J l ' ~nor';io llUi.nino, contre 1,3;
uti li 8,]1::;n
rlus (le l'ênc:.:r,;i\\j fli8cnnic;TL,; ",i:; u.n é1tt~)Ll{,;'-'.
1
S"~T:';C, SénCis'i.l, Ncrmes c'.' équip",mcnt, Dn.k::U', 1968.

R/2795
P.1(~8 292
QuGi qll'il cn scit, il n'a, pll sClltcnir 1:" thè80 do 1:1. nc,n
GxpL,it,;tic;n qu'on vid,mt 18 r'PI)(;rt ;'1éU'~~b0llt talibl; ci,; sen ccnt'-,nLl
iclCcù ugi que • POllr :Lui, c '0St lX'.T'CE; que 1", t.":,lit6 tCllve un,-, cU.ll~ens,-cJ.(;n
PCèSSC IJ'Jr IG ficlèlc sur 1..; ch:'.mp dr~ L!:trû.bcllt ;:,st on rétlli té J.)~èrtn,{~é ontre
ccllli-ci 8t 10 CLlii t::1.1 ot l '::~tat permot d(, dire quo L~ l,r,:lstltim ost en
f:1i t
l ' cccc"sion de l' :ülial1ce lL0 cle.ssl' entra 10 c.'-pitü üt lCè hiére:;r'chie
murabGlltiqllO. Ici,
en n" f'c)ut siumpôchcr cl.:: f',iro un r.~pprcchcnnnt'tVec
co d,:; class" GDtre une cl.c;ssc lla grn.uds propriét,rirGs funciers Gt dos
ferlJùors Capi"i,alistes •.1IDans CG CiJ.G, la l)lus-v'1.1llc 0 st =,~J't:;g8G piU' la
oc.pitaliste on d,-,uy~ lio.rtios clent l'llne peur llli-mCr:1G ot l';:1ll-[;ro })'.,ur le
grand prcpri ciküro.
S'lJ1s::.ssir:1ilor c~:s prcst,1.iicns à. llno rcntu fCllcièrc,
en plmt
le c::.dre de sa sllbcrdill:~ti(n c10 cla,ssc; c;ll c(1.rL"ü. C'est lU18 serte de
trav~ril ll;s pi:WS~t1lS on Llinimis '.-nt los fr"is é~ '8nc.dreJ,lcnt. Le lil è1'èbout
peut, d,.ws llnG conj '-.'l1C~' LITe p::'..ssn~,;èrc.:, rI' ot ogor 10 lX~ys:1D contre ourtcünc s
exactions dG l' administr:"],ti()!lo LéÜS le trl>nd ost à une :Üli~U1CC cntre lui
G.t IG cnpitéèl. peur ex:plüiter le T2.ysan. Dans c",tte chc;inc c1t0x~)10iti1tiont
li1 pr'-,ste.til;n sur 10 clK:Jnp du miU'jbollt n'est qll 'un Q.spoct, Hl:;.is il est
essentiel.
Cette intarr1I'0t::cticn ne pr6tend l:ns nier 10, portinonco dos
::lutres. Elle prétend IGS si tuur dU1S L-, ccnt0xte globè:L Ainsi L::. thèse
n'20PlXèrnisse pn.s plus qu'il n'ost i un nllié suborc1c1ll1Ôo L1. thès3 du
mythe de l'expl(,it:~ti()n ~'q)C;SO SurlUl0 n.utoncI;lie ct un.:.. COfllèrtJnce interna
qllO 10 ffi0uridisrne n'~1 Jons. L'initit'~tive cll; 1:1. prccluction ar:-:chic1ièro no
relèVE: p.'1S do cette "crganisôticn". C'est un "sous-système"!
qLlÏ
ne
fonctionne que dans 10 c~ùro g6nér.ü de l'exploitation IJ'"yr:;nn0. Ln
._-,..-~~--.....,.,,.---------.,------~---
il P.P. Rey: les i111iancos (10.cl2.880. i'b,s};;erüo

R/2795
P;.,.go 293
sur c-.;tte nen pris") cn CUIil::c,t,.; JlL T'::.ppcrt cl,pi t:è.l-r.1C'T·:ucut-tnlibC (Jù la
rrost·:ètic.n jcue un. 1'1"10 traD imp'-'rtC'l.nt.
b) Le takclcœiat
l'kU8 :wüns vu ql.ll cn rartt1,nt du
l'cnqû~c ,c,.griculc ::12 'i96G,
(·n jJCUVéÜ t
éV<J.lu0r a 30.000 )ÜrSOilllüS le '\\lclull:O (:8 le), f, ,rc: r'
tr::'\\T:.il
e:ictrn-f::.mi liale 1'0 L1ti V0iI.l0ŒG permanent",o .:;;) f',i t 1 une ILT-Lio S",LÙ0:.1ont
80
d..;cr;mpcse un de;ux gre-up(jS oS:3cntiols : IG8 navot~8s ",t L,s t-::•.I\\:.c,ors.
gr:\\.mk, cri su d.e 1930-31 oc: ',nt lite inol..rvr0s d1ns ,bs ,1.w"l,jïsCG glc..b:,ü8s.
:lu c~ntr::,irü 10 rûle clo s t ak("3rs c: st Tli·.....l c cnnu ut r""lho urc:us,;;;,;nt ncus
prGs;Jrlc,) cl\\,; cutte furD\\.; :~Lc l"TI;crt cIo prcductiùn soulève l~US ;'riblèmüs
thC0riqu0S dent 1" rris0 d" ccnscicncu pou.t incit8r a l ' r,'clKTcI10
:l'infc,rm:,ticns qucillti t-::.tivc:s rr("ciscs.
L8 tLJkcL.:r ::;st géhéralement un jeune; Ul'nJsTc,nt, 1'1.r'i;i Ile; l'Ouost
peur une nmltitud0 cle r'üscns 1 c~ui s'inst.""l.llu cL::.ns 1.1, l'(]"'o'icll )'~~3t c.l1
Sunêg.:ü cù 18s terres SUlt uncerl... clis~)cniblcso S'il 0St Elcurid0 '.Ji;
tr~v::üllü ùC1ns un dc~-:.r.'::wJ.nt cl...: rCLlvcir 3.cc6dor à ln. turru 1 il~ st
tn..kd0r •.1I
L'ürnpl:"'..cClllont ,J,'W"l cl,,: T C:, ",si i.k,ügnC r:::r un ï.::,!Ta.b .ut, qui y
1
instC111e (1:;"s
juuncs gens),! Ceux-ci PT c c1.,lli,s"nt sSf5v"ltiullunl"ntlc 1 ':':.r,,-
chiCLc,
1", culture ClLl ï:ùl n'et ',nt 1'.':.S nucoss·"irc peur 1::. rjscn 'ciue los
tc,kdcr clcivt;;n"t trc.uvor luur Ilcurriture en èlc!Frs du cl::.':ra. L"rsquu le
ï,iil osi; cultivé, il est la prc:pri,~té du Inl,T:"'c.bout 8t nen clll prl..üuct,.:.,ur.
LC"1 prGc1uction sc fùt Geus 11 dir·,;ction (l'LUl rurr\\;ssnt'"nt Ju m::.r:::.bc)ut,
le jawrin, qui ne Lùsse ':'..UCUn8 ini tio..tivoC'cu prücluct(;ur dGS v'.leurs.
il Le tc,kcler : littér ',lament •.""l.tt,:::,che....cointure , <J.llusi en (èU. c,)inturcn do
c~ir souvent perto 1"l,T luS int0rosC3és.Lo8 té1.kders sent 18s rll,oubres (:e8
ccmlTlunautés rneuriclos (dékèT'~j,) c::ui trC\\.v:Üllont peur un m'l,r:.b,~)ut, ORSTœ;I,
mo..int '-.:nancz) scci<J.IG et ch:?;Jlgor;10nt 6coJ1uniquo 2.U Sen6g.1. t o 1 1:;0 263.
1/ Selon l'cnquôte d2 OBTIIl:P dn..ns 7 dilP.r<J.S on 1967-69, 1':1. liiCY:.ènnL: ~:'2gG
6té.ri t de 19,5l.l1s, Le tro..nchc (~C 16 à 30 :1.11S f,rm,c:.nt 73'{', rl.c..:s 'Jffuctifs.

H/2795
P?{çe 393
• L'effet ùo le), S()[J1enco sLlecticmn6e qt du SOn1eir
LOB rJ,~lli"ètifs à l'L18Uffis1.t1co clus invustisscl:lOntu fct\\ci~rs
et à 1o, uc;tcris,\\ticn sent la s,,.;muncc (:;,;locticnn'::e ct le semeir, Du l,dtlt
de vu','; du li), lrv:ucticn llu l'(l,.r~chitl8, c'est SUÜ81ih)nt a cu nive'},Ll i}le
l'on jJ(;ut p:::.rler d'un ch,:ln((,uJlunt impcrtant T,al' rC::{'jort il la j)\\",ricA1e :wté-
rÜ;ure. ws v:.riCtos plus :V,lèiotë",S 'nt \\.;t6 rnisus .:1.U p<.:int 8t'èdojJtl~'JS
par 10s
cpuLèti;,ns.
Jusqu ion 1950,1 'extonsion (lu l ' ,C'Lr~chiclu ne rQ;~CjLl(" (;llO GLU'
l ' ':,mGlicrtticn biGlv':ique llo le, 1,1:1.t1te,
suiv"nt ctinsi un l;rcgrèInme tr'~cL.
si:<;n,lont à l',ttcntiln cl' "'c. Chavalier "une c:iminuticn (~usri,.;n',:,cmolltG~'~'
1 '~.:.r:\\chLJ,c Il.1/De rru,nièrc ii)m10(li,:~tc, lCè b,ü SS,,", cl.' s n:n::~cments (:t,li t clQC
à ICi j,rliSencc 'l.'un insocte, l'eu.torr.1C,; p"rvalus, ([ui, D.Ur,arav[~.nt, n'~·~tt:è­
(-rua.i t
1',tS 1 ':,rz',clliclG et 1:), :r"'8,:nco(10 c,; l'TClSi t8 cly l' z1T:~.chi:l(; (;t:èit
Cr;\\vi tG 'l'u blssin).I'r~chillicr. Au lieu cIo s' att'J.quer ::.ux CilUS\\",S rrcfcn:~, :3,
le cheix str"tC,;çic;:uc cc,nsist:-, a oricmtcr L, rucherchG vers los varlet u,;
précGc~, C;lI' c'est VGrs l"
fin cIe L1. s,l.Îson jJluvieuso '.TUC }'Llsc'Ct'",
Gtnit 18 plus redcutnble.
ùe 1:.:1 fOI'iiJO,
Ljrèf3 '.le L~ st:!.ti0n cXr'cri~ntale çle Br1,mboy.
Ju;c~':u'cn 1930, ollL:) jeue un l't18 o1'f\\c6, Dl'ÜS dès 1924, l,,,
station 01;&re; IW8C'relllière sllcctiun i;cnCalogir;ue. A [':l.rtir c'e 1935, u}lo
Si attèle ci. L~ "L!lti;lic·~ticn (1;::8 Lieillourès lil~TlC8s qui seJnt ,~8 IJ1us en
plus llistl'ibuCcs aux p::~ysClns i>:œle 3crvico de l'AGriculture et los
SeciutCs de Prcvuyc1J1oe. En fGit,
jusclu'on 1950, il n'y a ~'"s ,),0 chal';-scrn,;nt
nc,tc1blu d 1ns l ' "rie{)t;':~ticn 'lu Lè r,;churcho. Certes, 1.1 st',ti '.D s iGst
LçltGrcssco au mtL.riol ,:~:;ricolü depuis 1930, l,uisque c'est 'wec sG,n:!.i,~c
qno fut ,)rC;l.nisC cutte (lanGe-là un ccnCCJLlrs penr l," chc;ix cl' un tJro cle
m;1tériel. ",0;' li:', f3Ui te (0 cc, concours' 'furc;nt retonus 1:1. hCUè~':~uotto
j) A. Chuv"1,lier, nonc,:::r'1phie de l' 'u'achido, p. 678.

R/2795
Pi1,ge 394
do s E'tablù3scments Ulysse Fabre et le semoir écu c"'ce ln. Jl :.ison B01UT,i ,3
((i,jll1~:Grs)".l/I'L:Üs nous ".,vans vu quo des (k;ux instruments, c'(jst sem1c!;,,,.
10 semoir :~ui ::,,, connu une (.:,T<".nd8 c:xiension. fu TJlÔmC, 1:,- st ,tiun c18 B"cLi1>:'y
terroirs (lu S(,n6::;:ü. Les SCnk,nCl:S s61Gctic.nnCes cnt cc!rt·.-,im"ment jou-:': un
rtlc impcrt'-tnt (l~'1.s l' cX1'2.nsi en (le; l' cU'c1.chi(le. LI iiJ';)[l,ct th(;c,ri(lUe ,:;u.r l"
r:ruluctivité ~.u tr'"v'ül s'...;r::Ü t (le 10;:;,. Cr, ù Lt veillG de llin(lc;p(;n'::.ne,
pr::l-tirjucmont t l_ute1:1 ; ruclucti on arachiclière a l'GUI' bn.so la semence
sélectionnL-e, ad.:cpt6c aux c<;nclitions 1(,c1.10s.
En somme,
llexp:ènsion clLl s;mcir (Jt (10 la semonce ont jCU8 U:,
rt:le Gssontiel,
l.n8 10 mesure cù'lcur .'lction :1. (;té plus profoncle Gt llu3
lle,mogène que celle des autres "f:tcteuro de ;:rcc~;.ucti()n"o l'bis
nous 8.VOnlJ vu quo les effets ne s:,urücnt s'.,clcliticnn<:;r S~Lns precnuti,n
puiSqU'Ulle fr·octicn ilTlj;crt,:mtc (1<.;s 8~~pl()i t:ltions ni ,JI;-;:;",l"iG l1iW ,18 n:'.tCriul
mécanique,
fût-ce lu ~mcir.
Lc1. r,roc~llcti(n
est un système ela.ns lequel entrent à l,t :rc:ü~ le
tr'w:ül crist:.cllisé ct 10 trJ,v:cil viv'"'.J'lt. Cvlui-ci IJroncl à son tuur :~(;U;:<=
;\\s:;;Jccts: fcrec: dé tr:w3.il immCdint, c8110 e~u pnys:'Jl on 1loccurcnco"G
fCl'cQ (~(; tT""1.V.ül m>'.i~t8, c\\Jlh, dos choreh(;jurs (;t vuL;i).ris~t8urs.
]X;
Cluollo m'].nJère 1.'1 f0rco l"i.e travcl-il cl.-t-elle ccntribu,j Cl
llexpansi on (~O 13. ~;ruducti c,n',r:.lchi è.ière ct ii la l):r'üducti un :" .'LUtro s
:1.0nrGes Lt en :>':,rticulier du mil? :'-ist-ce ~:<:.r une meilloure (IU·'\\lific:,ti~l
et une divisiun è.u. trD.v".il cou bien (oSt-C8 1<U' un simplo n.ccrcisS0llicnt
C:œc'..ctère très limite (lu 1-:.. clivisicn tc;chnL~uo c't s()ci~L;
du tr,:wC1.il.
li Xavier Gir:..ucl, op. cit., p. 82.

R/2795
Page ~5.
Pe,r r'~'l'pcrt à 1" r6ricclo proc::tritalisto, il n'y", 1,',8 ou clo
cbangement not:'..blc d:,ns la cliLlonsi 'un (~e l'unit u (~16r;J(.:ntC)iro (10 tr:wcÜl.
En f::1it, i l y J,Llr,üt eu rlutôt tàilÎottomont. !U(;r,~ Iju':w:ènt, le ch:èmp
clu Chof do fé'..Jilillo etait ccmsillêrC Cvr!lrIO lu ch,:,r';I):lc tULlS, i l on ost (~O
moins en moins ,ünsi. Léè substi tLlti on \\lo 1',,1' :tchicl-:) :,w mil ccume ;,rucll1c-
tiun (lCIllinanto a,u peur ",ffut quo ch ,qUl) homme ld:W"'i~' l~U cn.rrl: El, son
NÛé1l1Incins,:cu niVGLU élu travail, dos furmeS' de solichri té
et cle ccc1,t::r::ticn di te sifillilo ~3unt restées vivace s. E,ü s lé, cli vi si on
tochnique clu tréw::,il Gst restée à peu près ce qu'ollo dü t
un sièclo
aup'U'cèV';,nt. La rüscn on est Silil}"lo. C'est'l'investissement, sp6cialcL.nt
en instrumonts :10 tr.'.vcül,
qui '::. st c\\ la b"su ch; L, di vi si (,n technique (Lu
tr:'_vcül. Or,
cot invc:stisscrnont cst demeuré très ;;j,J:iccro, i l n'a ::e;rmis
qu'unc::un61icr(,ti(;n très lir:ütéio de l'outil. C01;cncl:.nt, hrsqué l'CD
into8're lus Clèments mCclié:.ts du rœccès de ~'rv;.uctiun, en s"Ctperçoit qu'il
y , eu un ch2!l,_~umcnt i'ücrs '-iUO cLins ln scci--ité-:1.l1tcrLmru les ccnn:üs-
Si1l1GC s
bi cl c.:i CiuC s, pc>Iolo:;i (~Uu s, bot ,J.ni (lUC S ct c. •• ët "i.;nt I)u,SS l.c1.é8 S
p:.r les l,rc:',uct,:urs immecli::cts, rl"..ns le ntUVOl.ll Ll~I":'j de 'rcclucticn les
choses chanccnt. Le ITc:"uctcur nG ,-contrê1e lJlus t eut h:l'rGcès ,le rr,-
:luctic'n. r~n p.:diculier, en (listin,c)io il Inrtir cles :-CîlnCes 1930 trL·is
ph,...sofJ rlL;tinctes : 1,", r'.:churchc,
f ü to en l"bcr:::tcirc l-'ar dus srvci:J.-
listes, 1" vlüGi:1l'is':èti,n 8t enfin l'~pplic"tiLn (l~,.{lS un ch-1.mp crdin"iro,
(;n gGnéral c01ui d'un nct,ble. Jusclu'à Lè duuxiCrli8 è;"uerre rnuncliahl, ln
rocherche est f'li te 2 la stati cn de B:unboy et soulement sur l ' éU':whiJo;
ensuite,
s(;nt crées l.es centres de l'IHRO.1I I~T<1.is 1" vul,ç:.risttion :-1 'a.
lns 0té tres f;,cile. ru 1930 à 1936, la sl.clucncc ccmrcrte 1) la "Démcns-
tra-tion sur lu chèlL1ii clG COlîll'I12!lŒ.::cnt i 2) la -;;'ulr;:,rIs:~fion-lJroprc;LK;nt cii te
-
.
"
sur cort~:ins Ch,:UDI'S i 3) l'r1.Ilplici'l.tion sur los C~'..i:;I)S clus j;aysans.
11 Institut (le Recherche pour les Huilüs ct Oll.a,r,inoLL."<:.

H/2795
Pai}J
396
Sur les ChJl11pS <'" Le, ;'rcr,üère lOi; (:0 1:-:, Cl,;LlXiè1il8catagorit; s, 10
tr:-:,v:ü1 clevait S8 fc:ire Beus h~ ccntrtle Gtr0it '~üs 'ù.sonts de l'n(lminis-
trnticn o L0S ch:"nJ1:s ,-~e (~(~ùlcnstrl.tion "fur,.;nt ccnfiCs aux chefs ctui se
ch3,l',':jùront C1Ll r,crutonlent du 10.. ùla.in-cl' C0uvre.
1:" cliroction Q·:os tr:Lv:'.llX
;"PI,3,l'te.nait ,-,ntiorCfilent é1LlX ôgellts clLl sGrvicG de l'c,-,:riculture qui UU1'0/1t
r:cur mission d'Clj)j1r",nclre aux incî.icènes 10 l'lo..niement (los ncuvcallX instru-
"
1 1
ments.
_/ D>lns 10 mGsure cù cotte vulg'œis:'.ti cn visCli t
surt out 1;, culture
C'.ttclGe, un n0mbre ÎTJi1Krtant de ~)ays,C\\ns qui tr"v:üllèiont sur L s ch'"mrS
du (lGmcnstri'"'"ticn ne rut J~,.iJ.is l~islc.ser (los scmm,-,sr.ccossaires pcurLcl~,.toJ
un r'..tto12~'So, ni mômc un semoir. "L.'effet de rl6mcnsiratiûn" n'6t::u1t l','.s
très probant on 1950 : "on ne trouve, mé'mo on IJayo cll~;loff, çu0 10 à 20,/"
clo Ché1Jill'S cnsomonc(;s rJ6ca.ni r"uemGnt, lahooe méc:~niliue n'est en L;0n6r,o,1
Pé1S utilisee pour bincr".11
En î94,'), le chruilp du c01ll[n2.ndwt est sUl.l'rimé. Lüs le; principe
de L', vulc:aris'ltion ct de l'enc',clrcmont technique ,lus liJ.YS:1l1S reste le
mCmE:: : faire de celui-ci un sir:çll; {roc~uctuur, Cll,t.::chC c:o tout 10
rcc(;;s
(:8
l-ruclucticn~cs conn'.iSS:illCCS néccGs,ürcs. Ln. :treuve l'l, l~lus Ccl.:lt",1to
résidt; d.'U1S l ' ::.nal~hC1bétismG 8n milieu V\\ySéUl ot 10 manque d' (celes
techniçuGs él€;ricclos.
Le L'.llX de scclC'.I'is:l.ticn :'.'1ns le sU.cl du b~èssin
ar:chidi8r etait ele 365:, C:.'.1lS lus villes C~G IIbour ut rl"ivJ.cJU1.nc ot Ile 1C'ïS
C..'::.ns l ' c.ns,-,mble cL, ln, régien. TIn,ns 7 viJ..L1.{~'-'s on 1950, 1 à 4 Inbi tcl.nts
ti tuli1ir8s (lu cnp viv~ic;nt ClU villn.go ; cl'"'.!1S 8, 1 PL .3 ti tul'l.ires (lu c-.::-:-
l.v·Üent CIuittG la VillD.{se.J1Pcur jLl{Scr du Cétré'.ctere (:(~risoirc ('..Cc ces
chiffres, il inl;)crtc de r",~)j81cr ici 18 l'Ole Clue juue lé, fr,,;cluont',ticn
sccLùru 8t 10 dIiplt')me d~ns 1(, nCUVUi1U mci~.c c10 :"Tocluction.
clu. c'-~I'it",lisme,
C'(;st uniJ ccrtüne uli0n.:tion p:'.J' lL'.l)P.Jtrcil scolaire.
Le lrunJÏer critère ~lG réussite n'ost :Vlus 1"'.. c~;lDiJ.is:3'-:'..r1C;), rrn,is un8
lfX.avie l' GlliUld,
op. ci t. p. 84
11 Dur~ton, o. c.
li CIN.tJ:I, o. c.

R/2795
P,,?,'8 397
céJ.tGgorie llù cliiJlem~s. A l 'Lotériüur ~lu GystèmG, il y é1, bien sûr
i'l"co
à una curt,ino floxibilite:\\ m<1is ll'.ns l'c..:nsUlnble, 10 niv'J'.U lks ,:twl\\)[)
f(rmolles èl~vic:nt l::~ur les ne,n c:,,~'i t-:-liste""
le moyen ossontiel (1c
mebilité fJOci1.1o. Au CGurs d'une ph,:.se cl,-; trJ.nsition, il y il. substitution
clos ccnn'.,iss,'J.ncos ct clùs IJioc1tali tés vis-à-vis des conn,J,iss:mcos. L'oxpé-
rionee :l>Tefcssic,nnelle, l '~c7e etc •• prennont do wcins e;n muins c'.o l'ln.cu
p'1T r;1Pl)crt roLl système clus ccnnaissanc(;s fornK:11cs, fût-il très limité ;
en rnêiilo temps,
la clivi3icn scciale ct technique C.Ll travül so ckvclc::-pc~,t-
SlnCGS se10n les wOllc:üi tés du nGuvua,u rncCLe l~e l,rcclu.ctie-n tend à le s
la
IJrcrluctiln du mil. Celui-ci devenu plCLuto scccmlrüre üt nen m:li'Ch:Jl,'~O
ost do l~lùs en IJ1us n6g1igô. Ln cl i ;~mtres ternGs, la tc,chnique du mil
s'Cti,~le, tnclis que cullo c~e l';".r:~chiclG n'est méÛtriséu que l',rtil.:ll,,,,,,,.
3i on chorche ii [i1c)surCr l'uffet cle: L, qU1lific,:-,ticn cle la l'orcl..: cle tr:-:v:.il
sur Ir, ;'l''A:ucticn ,;lc,b:110 (::1rr,chic1e + i<Iil), on no pout affirmer (IU'il "
chE'.ngC lh.sitive:nlunt ::lo maniûre si[{nific.tive •
• L',ccroiscCL1,-,nt~e la production c1ue ii la, Ce:rco (,2 tr::"y,:il
brute est 2' ,ut::.nt l,lus devC que '~.urll1t la pt.;riü(::'o 1935 li 1950 k
r:tio
de 1'1. pCI:mLd;i on active mé1sculino est très rGlov6 1):U' 1':1. . rcsuncc lJ1:èm~~.v..:
c}e8 tr,w:ülleurs s:üscnniors
(navet'wcs) dont V:m HC10verbeke oJstir;)C l'J,
contribution à é3'l) inr an (~urant 1-1. l (ricclû.
ITotro ce'nclusicn est· é;U8 la forc\\) cl,; trav:ül intorviunt (, ~:lS
la :Jroducti, n, plL1S l',U' :Jen vulumc que vU' SlOS ccrLn':::,iss~1nc,-,s
ut s,:1. '':U'',-
lific,(~tivn. Or
d:ns un contexto c'.rr,ctcrisC 1',11' L'1. raretc de 1:'1 l'eTC,]
i
lIe
tr::w,:.il CL;c.'1'C C'OGt le C':'S ,l,U SCnùc;al, L; crciSS;))lCe llu 11 production
doit n(;c~:Gsa,ir:;munt r'-'1:oser sur des investissements imI'crtn,nts et L1.
fcrlil').tiGn prcfGssionnelle. Sur ce clcrnior l oint,
l'<1i,prGrriatic)l1 cles

R/2795:
PCVsG
398
cunn2.iss:il1c(.;S ::lccumu16os dos pû.ysnnB l)Gr le c',1jJit:ü, s;:],ns invostisGd,.unts
cl'1ns Il, fcrLl'üi"n,
d ,i t rrcpcisée p~' A. Chev:llier, prmnier inD~',-'ct()Llr
rle l'l.{;riclllture (le l'AOF. T;:;nt quo des méthuclüs plus rerfe:ctionn.écs ot
. plus r6muné:r'],tricos qu,] culles emplcyôGs P:IX' 10 s incli :;ène s n ' .tUrent J'Hl
6t8 clvgagés pliJur une culture lIue les S6négal:üs conn.:iss·.,'nt 11:1rf:üt ,;rYlC nt ,
"
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I I n y .:'. :;-!.l,S
ieu leU creer pros {oU la s ,~" ion uno ccc e prv.usSlünnc,.L·,: ._:.J
SECTICN III
DEGRAD.i.TION E;S COîJIlITIOlTS ILTUFŒLLl~S
Discut2!l.t de L:. nCl-Gure Ju "c:J.pi t'~l terre", P. R:1inelli "cloi t
~
"Si on ccmpt2,bilise teus los investissOiilents qui l'Jrmettont une: Br.1fSliu'.:1-
tian dG le:. capcwi t6 productive des sols, à l'invorse i l est n0C(JS:3ùrc
cl,~ teüir CC:lilpt8 ,les i1ctionsl,b~uti3s:1nt il une lliminuticn du ~utcnti(l
2 /
prccluctif l,
I
. -
Er;l effot, 10. :)rc-rluctie:n élgTicclc cemme 13. lJrucluction HL~lS-
trielle (;st en mômG temps lm processus dl; :k;struction, plOU impurtG 'jUC
c:'un Cêt8 cc prGuessus soit surt(:ut billc,(;ic1uc ct (le;; l'autro mé:c,uü(~œ. LOt
chimi (lue. Une ,'.Jlalyso com~Jlèto ,":.e s f ,-:.ctours de la l}roc~uctil;n 0,;ri cc·ls ,
G.evr:-,it c~'mrr"ndre "1'ClJ.J0rtiss.èment (lu c"-i;it:ll 'Mterre". Certc:s y il est
-Gres lifficilul:; trvuvor 1::1 v:üGur precise c:'u c,'llJit'ü ",ccumulé chns 1:'1.
torre y surtcut si 8n plus, il ne s' ~cit pets c:"un caritC1.1 r<..isult:~nt v6rit.~1­
blem0nt ,1L1 tr'1,vül cristillli:.<, lIi'ÜS (:"un "(~CJn cl-; 1:-, 111ture". P:'..I' contre,
une: ostima. .iun on v"leur ll'us:1G0 est !Jossiblo ut S,) Lü t
cour.1lDITlol'lt. Ainsi,
d'hect'J-res y scit l'0quiv'.lcnt ,'i.; S"I)t fois environ Il. suporficie en terres
l'1bc/urilble s r:'o 1:-l Fr.:'ll1co en 1963, ont 0t e cldrui t s ou fvrtonJunt t1.: 1'3.uvri s,
par l 'J.ction clu l 'o:J,u ot C:'ll. v0nt il •
11 A~ Chavalier, r,lonoGT'.phie: ùü l'u,J,chiùe, p. 685
:?J P. R:-~inolli : les r,:Lttivns antre c:.r:itt~l 8t prlductiun cbns l":,~ri­
culture. l'. 38.

n/2795
Page 399
Pour le Sénég,ùce typo de ronseignOl{iont 0 n' cxi stcnt l)as. Il
f,:'!-ut recourir à dos inc1ic::.tours de ckgrC1daticn. L'un ciç C8LU::-ci,.'ost
choseS ~gCl.les peU' a.illeurs, 1", tcncli1llcC des remi-'"iJlents. Une b:üss::; (Los
rondemcnts j)eut éHre intcrprûtée comme un signe c:c nun r()L;énüriJ,ti en
suffisante (~es sols.
Au SCnég':.l, i l est possiblo c~e suivr-J 18 LOUVOlTI-Jnt ,:es run!e-
ments crcissu,nts des zonos (~O lircmière mise cr: v-:.lc:ur vers les réc:icns (1.':)
mise on v,h:ur rcocntG. Le t:'l.ble-',U drGssG llC'I' l,:'!- missicn Pûrtères on
1952 est très significatif à cet Cg,-:u'cl. Il montre (lU 'cn 1947-1951, le
niveRu de la rruducticn (L' :'V;Jllt guorre n'Cti:.it p,s onCGre C1-tt"int,
le:.
diffCr·Ji1cc 6ti11lt de 18%. Il montre surtout ctue la c:iminution n'a jX1S été
uniforme sur":'out SUivilIlt los rcgicns. Les zones c:e rrc.:miùre mise en
valeur ont subi une perte tolL; 'IUO la culture Ll' c:.r,'.chidos y a dé
:1b:1l1donn2c,
c,u fl]cins !il,mentanùliKmt. Alors qu'on î935-39, l.QS ré:;icns (lu
Sine-Saloum, du SénCig::ü Oricnt:ü ct 1<1. CasarrlCtnce, ne reproscmt:üGnt qlle
59}, de la j)rec1uction, colle-ci y l)i1sse 2. 667~ on ·1947-51. Au contr,'tiro
le B(';.s "S8negal,
LouGa,
Thies, Breol,
subissont un recul slJl;ctacul;ür8
46% pour Lin~u0re, - 33~, pour Diourbel.
Il Y ."- ~~,onc mQ.l1ifcstcment insuffisance: ~lll renouvellomont (lu
c,,"pii;::.l fünci8r. Ce phGnomène ezt lié au débcü,; ment inconsic16r(;,
qui
expose les sols à l'6rorücn éülienne et à l'érosion vU' 10 ruissellemont.
C'est le d6bc,iscment qui cst L~ C'l,Use irruïlUc1ü"èto, Ll c,:usc :-:.rlnrento lle
cotte baisse c~o ronclomcnts b l'Ouest ut au Nord du. Bo..ssin Ar::whi(lic,r. Ci'Jst
un ph-:nomène cilri a ot (; remarqu&:want la première t~UGrre moncliüc et Cl.
f"üt l'objet r\\é) lldlats entre les doux guerres, l1LÜS n'2, connu un (:~8but (le
solution qu'à liJ. veille (le l'i!lc1Ùronc~.::wce.
1/ P. R'Ünelli : Los rel,tions entre cé1pit:'.l ct j)rcc1uction cl,èl1s l' :l{~Ticu.l":':
turc •• p. 38


h/27°5
(
-- ./
Pé1,.gG 400
TABlt"SAU LXIV
ITINEHANCE DI;}):;) LA PIWDUCTIOllJ ~ill.A.CHIDIJJRE
ENTRE 1935=39 et 1947-19.5.1
__.
_.
~
.~~.~._._~--_.
1
TOnn:li::"8 ccr;ü[.ercLüis8
Perte (:8 ;rGc~l1ction
rC-;GIONS
'
_.
--.--.- - -
No;yennc ,::'..nnllelle
%
~IoYt:;nne éillnl1elle
~;;
TcnwLge
10
1935-39
1947-51
Bas-SE..>nGc.ial
1.583
0,31
1.128
0,27
455
28,7
Louge.
43.671
8,48
29.771
7,09
13.990
32,0
Lin"uore
..)
4.250
0,83
2.275
0,54 1
':.975
46,4
Dakar
2.674
0,52
-
-
-
-
Thies
80.5°0
15,63
63.823
15,19
17.249
21,4
DiüurbGl
75.668
î4,70
50.352
11,98
25.316
33,4
Sinc-Sr:::.lc.um
223.834
43,46
195·77°
1
46,60
28.295
12,7
T,'UTlbaccuncla
16.374
3,69
15·9C9
3,69
1.020
6,2
C'1sam::.nce
66
12,82
,
59.792
14,23
6.255
9,5
rrotal (arrondi)
515.000
100%
420.149
10050
94.85 0
18,42
,
1
D'après Mission R. Pcrtères. Facs 1 p. 92

R/2795
P,1(se
4Q1
Lo j)h6nornènc do clGboi sornunt 6t::ù t C-:-jà c>bsorv:"ble en 1913.
est, on effet, l'a.batt2.{?;·c rlus1.rbres ct c'.os :;u-bustesj toutes les fois
~l1'il
le peut l 'inc:i~)üne inst:;l11c sos lcuCS-alls ;'~LlX lLlJons clus zonos beis6üs

j
hl terre 0St plus fertile". 11 L' aut,-,ur c1ocotte ci tati on cublio (;'a Ll"ttr::.:
en r':'..pport co éIU'il d,_crit ct l'OXFlfwicn \\'.0 l'n.rC1.chille. Cortes on 19Ls,
Rüubaml fait fi ,'ure du picnnier. A la rnSmo 6.0C[ue,
A. Chevalier ne consi-
dère i<lS du tcut lu lLbcisom0nt comma un cli:-'.Jlgur. "Il 0xisto cl'ms l 'œrjé,rL:
pays du Sonébal, clos willhms d'hectiU'os du torrains viercos favGr,"d:Jlu8
à lél. cul turc do l'o.re.chidc, i:1ais peur l'ln tirer pr~,fit, il faut que 1 '\\Curc-
p6en omplcic rIes môthcd8s l)lus 1)crf;.;cticnn80s cIuü l'indi!.:;àne"'Y
n~'l.is un 1930, il 1:]. fin de lé', l)cricdü (le l'émergence, le rlH.nunè:nc
do é'.6bi.isGlï1ont est C..ovenu t:nès :op};:"U'cnt. en sorto flUe le même anta.ur Goi'it
"1o cl.6bcisemont (lu Sén6:,;::'..1 ost un f'ù t
évic'.ç)nt. PiU'tout 1,'1 flcre s;-.cnt:"'..!1.éo
ost l],:. voie dcrC,~ression. C'est à brève ôchUl.nce lé\\. stvrilitG du sel (.t :C'-~
c1essic,,,ticn (le plus cn plus rnn.rqu6o. 10 rv~ili1G das o::mx so lJ1Cllifil;. /1
N{3'é1zobil, I.lr 8xl:mple, IlJrsquo fut fen,Lie la r.iission en 1863, lloLlX rivi0res
qui dlibouchont à le. r"or n'vtcüent jiJrnis c1Gpuurvues ('.'cau clcuco,
f'encl,-illt L" s::èison sèchü,
ë:;,ctuollem(.mt (;110S cnt do l'cau l-Jonclèllt qu'il
pleut ot süulomcnt 1-,end::wt CG turnps. lbs sources, cles puits, cles mc..rus
,
'1 /
pcr!i1,~nünts üxist;1Ïünt rll.l1s les '..mvirons dent le soul nom Ct l)tC c(;nsurvullo~1
A Il, fin cl8 lé). rl.0uxi8mO guerre rnon.liet1--.:,
::tU illCInUnt où 1:-0 ll'r',nc;.;
s'i1pprete à la.ncer llc s cpcratiGns elc mé:c1,nis~\\ti ons, sUGcepti blcs ", V'.cc.lorcr
le phénCl,lène de clestructirAl ,lus sels,
l·:Cè;Tonc.:ilo J. Acl;:;.r" anciun insi·Jct'.."ur
de 1 '>:ricul tur", au SCJléG''-ü met l'étccl]nt sur un peint essentiel : Il al.l fLC:::'
t:t à mesure qu'elle (1'l,ctivit6 cl.·,ricolo) s'(tcœ'.~~it sur los TarTes Neuv8s
de: l'Est,
(ülu LÜ8S~.it ,1orrièr,.J olle ('.os torres usc;os,
é1UX réc':.lte:s
aJ;lcinc1rios" et,
"c(~ n'ost quo r<u' 1:1 cultur'8 elle neuv,~,lles snrfé',ccs,
bOl1c:ficiant ,le 1.:" fortili té l1._:tur,;llo ;tC'ILÜSG ~u cuurs dus millCn:ür()f;iL
la I,rollucti on r:rcgro sSil.i t" .ll
JI Houbaud. R3,IlJcrt aIl l:inistrc cles colonies en 1913
~/ A. Chevalior, I:cnogrOèl;hio do l':;r"chüle (~O 1934 l"
70 6.
li J. ik'.,l.ID 0l6:1t3'inoux NUV(;lfi. oct 1946

n!2795
P3.{';C 402
]!L:üs c'est G1J=AS qui )erçoi t
lc~ I}rubLmé1tilIUG ]œofowL :~U;L:LC­
m.è.ne. Il mentre que le livrai prix" dG l ' éU':,chü~c est infcricur à ce;lui
qu'il :'.,ur~it atteint, s'il éWÜ t fé1.11u clCp,-,nsor Llu c;lpi té11 const.'J.,.'1t ~'_U.::·
la rèr;e;nérl,ticn dus sols •.1I
J. Bug'niccurt a montré du Dn.niüre l:r(.cisa ccmrIlont L) l;hun';F:~n}
du 1:1, 1~(;strl)_uti0n ll c:s cc'nclitic:ns n"ltuTl.;llos ·10 Llru=,rocluctiGn B~j scnt
élcccrnplios cl1J:1S 1.-, r:>,ion (le LouCé1; il,:;, lilc,ntr6 comment L: cunstructi.r:
('cu chemin Llc fer c~e D~k:':r St Louis (DSL) a lrovoqtü;, lu ,Lbcisc[Jont ~1 C .LW;';
,le L1 teTte (~.. jl:;·c1n,l8 on bois ele ch'mffCV"G, ensuite il a j,l(mtr'é que, l,~
'cCC~r,::l.Llé1tien '(lu mili0u clim:.tiquu ct pédclcgique oct lioo é1ussi à 10,
(lisscci"ltion~'(; l'â[;'riculturc Hclof ct ,,10 l'élevage Jaul.
D.1ns l'cnsoLlble,
Gn ~;cut (lire que les techniciens et chercheurs ,-,nt '1".'<8(.
C'OS sc,luti ons plut et cl' intel1:.3ifi cé1ti en, l,l~hl() si ;:ers(:nno n' a :~r ..col1is C
rCollclt1cnt uno Griont'1tion intrilv8rtio (10 l'ccünümio. F'U' contr..-, 1;:
rrco;tiquo ë, consisté en un cll:vc,;lel';:cmcnt ,',a l ''l,.:;rieul ture extensivo il tr:'r
vers le ilchl.n::.;-cr.Jcnt clans les })n.ri1J.1ètres ,~e 1,: fonction de prO(lucticn""~/
éU'2.cllidière, CCï.una l'exI'GsG V:mhaavcrboke.
Bellouard pr;,;c0nise,
le déveloi'i)Omont:î.c la clüture clws los
r6;sions cliiJ:.tiquemont ct pulalugic;,:uctaCllt aptos Q. pcrtor la culture Cl ',r,;,-
chidcs,
f.~oit ii l'Est (lu n,:ricliün do K:1ffrin8~ Il no =;rcpcse l"as :le c11,:-,-,'1-
;'emont impcrt:lnt ù.c~m) 1-::;, tcchnclvL','ie. Il cGnsoillo uno jachère fcr,;sti(:ra
l c.n''7ue (5 il 15 ·"..riS) , C'j; un Cl, ssolüme nt qu ;,cTGnniÙ : 1ère Nll1Ce ;v:lchi rlo,
20,
3", et 48 ,J,.n.l18i3 mil. L",clupticn clo cette scluticn
SUi1l)üse Cvicl"'i::n,;nt
un rlcpl..-1.C, Incnt dos PCl'uL-:.tiüns (',0 l'Ouest vors l'Est et on 1;:U'ticulior cles
Soror8.
l ' '.ttuntion GUI' l,:; L~i t
quo l 'engr;is nli!H..:r~ü, mis sur (:~8S sols s~:nG hU;:!U3,
1/ GAJ.\\1AS. Quul ost 10 vr'Ü prix (1.8 l' .vic,nt rle l ''''.r:l,chiclü
1/ V.:'.O.haerverbecke, o.e.
l! P. Belll,u:'J'cl He,tc; sur L; ,'.c:.v..;l .. ÏJ.jjGTil",nt (lu Li, cû.ltuTC: (1.e l'/"..l~a,chi(î.",.

n/2795
Pé'.€G
403
pruvociuera l:: st l_rili Sé'.ti un complète. C' 0 st l'cu1'cruûi, i l f ~llt l~' J,ber':
voilIer à. lé1. réconstruction c~e l'humus. Ce '~Iui sc f;Ü3::.it pcnl~:-ènt la
p6ricclo pr6-ccluniiüo. R. J)lmont penso 'IUC' la {'ll;Ccwisaticn no (uit être
appliquée que si 11. rliJ1linutic,n l'Le 12. jachère, est :'.cccm>il.gnô 'de la
pratique dE: l 'cnfouisS\\;i't1cnt du l 'on3rn.is vert,
prlV'-:':i1Urt s.cit (:.8 jachères
arbusivcs,
sc,i t
do l C(','ULÜnE.n.lpcs.
l'·1ais l'upér:'.tion enfuuisscmont cl";ngr'üsvcrt, l,rcaL1.blo à une
mécwisé:.tic,n nen destructive,
sc: hourte à dos cbstacles scciallJC que
si;:~nalo Bcufil en 1954. La sele d'8n[~r:üs vert, cunsiclère-t-il, est une
né.3ssité, L1G.is c'ost une. solution trop COl!t0USC qui n" peut sc cl;ncov,-,ir
que d:ll1s L.:: "cadre cccpGréltif GU c10 suciCtû cultura.le".L,é'., cl.-c,pérc:.tive ou
la sc·cit:té culturale offoctuur:üt dus tré1.v::'.llJC peWês ::ar le cultiv1t"ur.
]\\his so clC:rJ!i1Dcle t-il : "est CG ciue le cultiv"tour censcntirn. à utilisGr
leurs s ..!rviccs s'il n'est pets rrcl'riétaire du scl" ? A cotte qquqstiln il
r(;IK'nd néGativ"-i.i,-,nt et I!rlcCmSG la privatisatic!1 clos terres: "13. culture
m6caniquG ne pGUrr:1 denc s' ",tendre CIue IGrSCiUU la prc,Ti "té fonciere s'-:ra
chose fn,i te" .1/
Evic~c..mment, cette réponse (;Gt l,t:trtiullcrncnt 81'r0n60. C2.I' l 'cx:;,'é-
riencc il 1.l0ntré c~uc le cclcn:::.t l)eut parfn,i t'-.:fJ.ûnt functicnncr. Dm:::: cc c'.s,
le l'cultiv:ü,-,ur'' est 1 s:01lni6 C~G Lüt ll:.:: type t'o6télyer" :Üürs que d :.<'1S
li" ci tu:1ti()n c~(AJiin::mte d,ws J. i ar:"düc:c i l est s:ll,riG (k f:ü t
C~(; typo ''Jüti t
SEFA et :1'0 BCAüel n'ont dlî leur ::mrvio qU'O-il systürne cle col,i1~t.
et
A
morne histcricruc. Au tuurn,lJ}t du sièclo,
les tcch!1iciUCS ,L8 ~,ro(':Llcticn
lle l ' ',1'a,chic1,-, a.vec clnscrvaticn des cc'nùiticns ultl~riou.r'-.:s de lél i~1'c.,lucti(n
1/ Tourte, l'engrais vert au S6n(jgal et zones sÙ1els ~3'Judanienne
rendus de lé'\\. condcrence ilrachide, mil. J3ambçy 1954.

R/2195
Pqçe 404
CG
l;ays,
on iU'rivüt déjà à i;;C[3UrCr la qUiUltitu cIe substé1.ncus nutritives
c;:ue l~ clüture (le.; l ' ;,r,'..chide f:1.is:rit ljrendre ·-ou sol, mais 0;:1 aVi1it (~,.;jà
1 1
mis
peint clos fcrrnules d'onGTais chimiques pCJur y f:>.ire-l!face.
Or, il
1945.
Dans l'C:i1s8il1ble, c'ést l'é:.tploitation arJ.chiclière par la 111~thû-'C
exten sive c;lli a rr'.~vi1l u.
Les scluti0ns clos chorchours sUITcS '..ient une r'cli tique il loue:
terme, n6ccssi t,:,nt (~es investissements impcrtL1.llts cle la I:r:.rt (l.e lIEt,~t,
incomjY";l.tible,s ·'1.Y8C la str3.tégie clo fanG, basCe sur la"

Liinimis.r 1ti en C.U
'. :
c2.pi tiJ,l vélJ:'ia:bJ.(; (;t l'extractic.n cbs tn.ux de prc.fi t
lI suffis:.nts"
d1.ns
l'huilerie.
:,rincipal porta sur la création c18s ccncliti~ns ncccss3.iros pour D,cttre ·.U
tré1.v.ül,
ou leur tr"nsfCrer 1:1. force cl\\; t rèv1il c:'es rèG'i:ms il runcLmonts
clccrci ssants p,::,r hect:ll'o et l'CU' travülleur actif vors (lo S reG'i cns où
"le c:tpi tal terre Il 3.boncbnt all,i t être (',6graclc.
Le dêvel0i':pemont ,:lon mcyens clo tr'11lS11crt :. S1.11S cloute (':tG la
candi tien essentielle de cette dûgrLl.clation. En 1908, déjà J. Ad:1IIl rcèscr-
v::lit l~L1.llS s'.n livre, "L'arachide", un chapitre cm r.:.pport entre 18
d{iveloppoml;nt des lllcyens ,los tr.::tnsIJ(.·rts ot 1 'oxpL1.ilsion ,'ll'élchiclière. A.
V":.n...l-J.nGrboke Ll. u..n:üysu en pr',·fcnclour 1 'offet ri' un. ckvclc)~)l)Gmont
(lu r()s()'"J.,U
,le tr~mspCJrt sur l'unir'ic-~tLn .1·2S lœix ,::lU ;:-)rocluctuurs. Sa plaçL1.llt (lu
l',dnt de vuo micru-éconcriiiqua, il a Ii1cntré cc.mme:ü rl·'.llS los r(;{:i~~ns
dvscnc12vées, 10 trw,ül a},lJ1iqué à l ' <1X'~chiè.e G 'ost vu valcrisL. L'effet
(lu rl(_;vGl'~~)pement ,los muyons ch~ trcms~xrt Ll. LtG tel 'fue P.li. PfOffor1l a
J. Adn,n - L ".rèl.chide 1908 - Il. 68
1/ D'.11lI'ès TI.B. HU1rIy*, 108 qU:l1ltit6s C.e m,:tiercs fGrtilis:11ltGs enlev-:'eGm
s(Jl r'œ una T'l:celte cl'd.I',:1Chick: a.ux USll S0nt l"s suivantes:
ls..I2.::1.I' he ct are
j1.zote
Acide J}hosphcri CLue
Potasse
Chaux
-..-..:..~---
Ar"~chic18 s c cque s ( 3000ke:
l)ar hLl.)
100
20
28
Pdlle d' ,T::chide(4480&;
90
12
44
_...JD.L.2
Total do la r6cul-1480 kg 190
32
12
1C3,6
tG
* 13. fGrmule de l' engrü s cfnl'lcyé en i:'.zotc 24kg, ,"',cielo phcsphurique 17 7
pdC'..sso 36 kg. * R.B. H21lcly do 1iOffie ce s stati()ns ".lu rechercha (lu (1"'1)':1'-
tement de l'n~riculture Washington. 1896.
];/ P .E. Pfeffor, Railrcacls and "1spects of social ch:.11lge in Sene{~nl•••••

n/2795
Page 4057
consacré s,], th~se à l' -'1.nalysc (los effets sGciaux: de la construction C~(J L~
ligne è.ü chemin ô: fer Dcl.keU'-St-Louis ct rrhiés-KLyes • •Uc.:.œs que l , l',1Ll-
part '.h)s "utours insistent sur l'effet que CG r(~scnu ck trcmspcrt a ,j.ue
(LillS l'amGlicr'1,tion cles termes do l'CchO,ll(:e rlns rG;'~ions Glüignéos cLéo l
CCtc, nous voulons attirer l 'J,ttontic,n Sl..lri'le f~i t que c'est le crej'it,Ù c,t
la l"rccnco qui on SlJnt los rœincipaux bGnCficairûso D',J.borc1 lj1.I'CO (:uo
l'Gxpn.nsion::1r2,chidiôre a permis clo iTuduirc le vLlumer:Ccoss"irc, hlsui t".)
l:1.I'CO
(,LUC
le rœix cLe revient a alors baiss0 .. L'él.:eb('rr~tion consécutiv"
"::s
prix au lJru(luctcur d,'.ns les rogicns Glcign(Jos résulte (lu m(;c'~nisrl1u cl,:, li~
ropell'ti tien de' la masse si1L;riale entre les prCJ;'..ucteurs ..
C 'ost· faute d·~av6ir vu uettolo,S'iquâ profonde do l' cconcmic elo
tr],i te,
(j:UC
certains auteurs prunnont dos clêtorrnin,Vlts seconrL1.ircs i,,()ur
dGS
d6teT,,,ilîMts clu OCl.so. Ainsi P. pelissiezJJaurcc tenclanco à insister sur
10 c,T:lctèl'e c.1cGtructeur du lklof, par oppositiun au Sé:rere
. qui,
llü
Sil.
C0nscrVür W1 cort',in éCfnilibre untr8·1'nr,,~chiclc; et le nùl et lnrt::'J1t
unG fcrto prcp0ns;Ï"n à. liltli ter 18s effets de l'oxprmsic;n :J,r,'1chidièro.
J)'autros vont jusqu'à (~isting'uorentre a;'7:riculture l'.'1ys.:,nne de typo S0rC;rCJ,
avec rct:lticl1 culturale ct fumure aniLnle.; lu tY1)e Général éJ.fricc,in,
wcc
rct:,ticn culturale irrégulière, et lltil1 sant à peine la fumure, [lt (;nfin
une "1-~sriculture ew<..:nturcuse, spéculative, n'utilisilnt qu'cxccl'ticnnellQ-
ment l.t rüt:ltic,n culturillo, ne fumant PJ,s les terres ct ne ruspoct'1l1'C
J,ucun boi sCJ!lont,
clGfrichiJl1.t s ns CGS se" ~1../
l'brchE';1, comme Pclissi,:;r, ne ccnsi:lère point l'histoire ct le
merle) cl.(; i,rcclucti en. Le s Iii cnni8rs mcuri de s auxquo ls on l'lonse 2>;'nc;r' :lemunt
CLmmo rüpDéscntants du 3o tYl)O,
sont purs .:.œ,;duits dos besc'ins (la la
Ii'réUlca en clûC1,3ineux: et de L" soif du cD.pi k:.l on plus-v:".lu8 .. "L'agriculture
aventurouse" est lu Lut d'un système CJ.ui r, f.ut cle l'ftr:'"chide 10 flc;ul
rrcllui t
L17icclo 0chiJ,ng,~,l,blo sur le marché C-:'l:i t.-:w.iste .; d'un système
Il Po POlissior, IGS pays'ms :lU Sénégal
y L:œcflL11 : nete sur ln. situation c6n6rale des rc,ductions di:J'èchillo ~;t ,lU
rüi l au S8nüCo.l.

R/2795
Page 406
qui no garantit le cr6dit que s·.:..r l'DI8.chicle et qui incite à ln. )rv',uction
(1.0
plus cll~œ~:chic~8S ct toujours plus d',œacrnides. Les unités de pr"lucti(;n
unt },;erc1.u lour imlCpond :.ncc; c1 ne l'euvont &trc accus(~s do .rnLlX dont il s
sent oLlX-m~mes cles victimes.
En ü:1it, l'Etat cclcnial n',~ f:üt que scutonir les intérôts ,é;
la }i'rrmce, (le l'huileriE: et du ccrnF10rce
j :pl.l' centre en ,F'r::JJ1ce (les 'iie~;ur,-,s
de ccns(3rv",ticn (lu "P"l,trintoine fcncier n :tiona.l" ont été ]1risos ct !"Ü;,,;S
en vL:;ueur I8.r les. prcprietairos ct los fermiors. Or, :LU S6n6[',,,--1 où l ,;.;,c"t
s'6t'l.it iTccl-J1TlÛ prcl'ri6t:üro éminent (lu s01, i l n'existe [;as en 1960
un sorvico do L1 ccnsu'v1.tion des suIs n,u Séné!~0..l.
De Cl.; '.{ui prébèdtJ i l ne r.csulte curtes Po.s que le S6n~cal üst
devonu cl6s·,;rtique. nome d~l.t1s lesr6gicns ckvast6es, l'IRHO a trouvé: ~u'il
y :w"i t. d,';s Ifsurfi'lces c,nccre théoriquement chspünible!:\\", elles sor,"tient
.-.-.-,-
,,".
en 1960, de 102.700 ha dans le sud de Lcus_~, de 28.000 ha clans la rL"iln
sGrère et cl" 543.835 ha ::",lS le Sénégal l,ri ont ,,-1 ,
zone où i l y aurJ.i t
88.965 hC1 clG fcrêts cl'J,ssoes centre aucune (l::ns le Loug:,,-sucl ..
D:l!ls l' .'èbscJlu, 18 S(;n6[(';ù n'ost l;:1S SUrl}Ollplô en 1960. Il est

l '
" t
f '
.
1 / . , . , 1
l't'
SCUq-POUP (;; ccn1ffiC c, ,:1.U res r<1YS a rlCéuns.- l'!nlS lCl
es COll' l lGns wu'"
lcgiqu0s sent :'1ssez frc..~,;ilGs et la terre c10it ~trG cx"le,itée i'"vec l'réc~·JJ.­
tien. La, nc.n GbsürvancG par le l,,-,uvGir colonial de c8tte rèisle El. C(.DI:LÜ t
à une st'J.gnatiGn, sinGn à une rGgrossion de la profluctivi t6 sccL:lc~ LU
trwcil éV.;ricüle au SCn0ge,,1 clur'Ü1t la I,6ri cde coloniale.
1/ S.ALDJ il' lûriquu sous-pcup168 , communic.~tion présentée en -Cc)n{?,ro3
il,fric,l.in de c1-:mogri'1.1\\hie, ACCRA 9-12 d6c. 1971.

R/2795
Page 407
REGION i:RACHIDI::;m:; .... UTILIE;.NI'IOH DU TERRI'.l'OIRE
S~TfacG à r8server
i
254.000
352.500
156.00e
à la Jachère
\\
ClDssemcnts foreo-
1
1
58.600
tiers
1
38.500
1
Surface encore
;
I i i '
~~:~~~~~~en~_~_._~ ~.0~2_~7.00~~.L D4:.~OO .l~..~:'.: ... L.~3~~35_~ ..J
__
__ ••
i
,
i
1
Surface totale (3).
483.700 ha ,
(J48.100 ha
1
458.500 ha.
; 1.422.700 ha.
.
-~"~~~
~._~_ _~_ ~--~~._~.~~~~
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'-'-"'~ + ~~.. ··,,··,----·.·-,.~"-··t·
~
~
~.~.. ~ ,._ ..
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• •
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• .
utilisation pOGsible
1
i
de la surface ffiLcore
i
1
disponible (4)
\\
1
Surface probablement
inutilisable
27.700 ha
24.500 ha
28.000 ha
43.835 ha.
Culture
25.000
30.000
300.000
l,.
Jachère corres-
j
pondante
50.000
30.000
2 0 0 . 0 0 0 .1
,
.

l
"~'-'-'-- ...
........._*.........
~ ~--"*-.""---""'_
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.&... . . . . . . .. . - . . . . - . - _..._ _
• •
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•.
1
Total
102.700 ha
84.500 h a ;
28.000 ha
543.835 ha
.
l - ~ ' - - ' - ~ ~
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....-o...~_&-
--'""-=&-
~_..""-""-
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·
_~-"._,_
' . w .
~
.••. - . - , • . • . . • •
Notes (1) - D'après les ess~is ~UT les jaehèrcc-J de l'i.R.Il.O.
(2) - D'après le servico aé l'agriculture: chiffres do 1950.
! 3) - Par planimétrie ou '12.00.000
(4) - E16ments Qaunès à titre purement indicatif
Couree : CD'lAII. 1-4 (22)

R/2795
Page 40S
SECTION IV
HiPil.CT mi: LA POLITIQUE AGRURE CCLGmAL}:; SUR LA PIWDUCTIVHE
DU THAVAIL.
Pour mesurer l'inclicc de l;rccluctivité (lu travail clMS l'3(~I'icLü­
ture sé.:nûg:ûaise,
,)D
I1Gut sc situer peu' rapport à c:cux clptiques diffc..I'cnte s
1. c()mpCU'or los pcrfcrrnances de la pl_Tiocle cl'(;conGmie de tr--ùtu
mêmo avec cel18s de la periode antérieuro.
2. compCU'Gr los l)orforli1aJ1ccs à cloux Elcments dc;nnés, do la
}Jériede coloniale, l'cmorgoncc (18 l'0cvnomie de trffite ût"l1.t
considereE) COlmno achevée. On sait Ciue l(Jur le S0n6c:ü, cette
0mergence s'achève en 1925-1930, avec 1.'1 fin de la ccnstruc-
tion du D2..k:.:.r-Niger 8t des principaux C1XCS rcutiers. C'est
,pourquoi A. Vp..nhaeverbeke a r,üson de rrcnclre comme baBa
1935-39/1940-45, a. condition do bien I:rccisGr que l'en se
situe:1.lcrs clans l'ûconomie de tr'cite l'rc"1tiquemont achevée.
Notre intention ost autre : il s l '"),~Si t (lu comparer le s _1!cor-
fcrmQ.l1ces cle la 1~6ri celo de l'économie el0 traite 61,an()uie
Qvec cullos (le la pc:riccle de l ' éml'I'genco. D8G lors, les
termes du rGf6r(~nce doivent se situer à un8 période où les
tr-ènsfur;;-l:1tiGns socLües Elt cconcmiqueslntérieures ne sent
pas trÈ;s i.wancccs.
Si les infcrmaticns mCccssccires (;t,~~iGnt Ili sIècniblc s, il f:udr'.-it
répendre ici de manière pri...-cisc ü_ 1", questir.n cl_cc s,ev()ir, cl:ms quel s~::ns
la pI' Gc1uct'ivi t 6 du tréèvail Q.f;TicGle a v.'U'ié <1-111.S le b.',ssin CU'achiclicr :'.-u
C(iUrS (:0 la p(..;ricclc, cc1enialo et à quels rythmes. 1,;alhourouscTilunt les
infcrmations sont trè's fr:vsmonta,ilos ct non coh6rentos. Au niVOétLl 10 plLlS
:lbstrait, 1<1 prGductivitG mesura le raI'llort entrE; IL v.üeur ajuuté-e et
1<1 c1uanti té do travûil nôcoss:~ire à sa lToducticn. lL.-ris cn généréÙ,

R/2795
PQ{;e 4t19
18 s infcrmati Gns ne sGnt pas suffi s2.l1tes pour a:i.Jpruhemlcr clircctem-.:nt
la IJrccluctivi té 2, cc niveau. Empiriquement, la mesure do 1.::1 l,roc1.uctivi t,--,
du trwail est rGndue ('.ifficile: VLr 10 ci,rO,ctère de ;::lus en plus SYStéL1:1-
ti~uo :l",s fcrcGs productives au sein du système c:lili t::t1iste m0nclial. La
::,rcJduetivité cLtns un 8ectour peut aucmcntc;r, non du [-lit d'uno 6vcluticn
inter'ne, nnis dos rrcgrès accom:;:J1is Q.illeurs. lB jJMi~rc g6n ér,':.l 0 , le
:;:;rogrès du prcductivi tG clws 1(1 l,ruduction c1l:f3 biens ~}o cons0fj]f,nti en
c_(.;~'ond c~G cüux qui interviennent llans le s;:;ct,;ur dos bions de l'r(.;clucticn.
On dcit recourir :ücrs 2;UX imlic"tcmrs r~l :tivoment f"tciles El ror;èrer ;
cctto substitutiunn'a. é~o significi1.tion quo si l'on G'on sort lJüur ropèrcr
non 10. prG'.luctivi té 2. un mc,ment ou en lieu cl0terrnin6, m'ri s des indicos do
rœoductivi té. En 1:1 matière, la. cCI;:p2;rüscn est une n6cossi t 6 ~l.bsoluo 0
S'G.~issi'1.nt de l'.c>.:riculturc, cos imlicètc;urs dr.; prcc1uctivité
pouv-::nt Gtro,
la v:clour :'.jcutée péU' la. r·epulaticn 2;ctive:J...,Ticclo, la
v:üeur ajGUtée par' tâte,
b. v:ûcur ajcutCe pélI' habitant rur,ù, b. va12ur
ajcutée ~'éU' helbit2.nt e~u p,,-ys, le r<Jmlumcnt l'.r unite cle surfnce. mn,cUll
(le, cos indic.1tcurs no !J0ut aVüir de signific ..tion,
c 'cst-à-elire être
ccnsid8ré CGmme subsL tut 2.,CC(1)t~1ble de la mesure (~iructe do la rrccluc-
tivité elu trél.v.-,il que si le; c:,dre Gconumique (düb.:ü est ~'rècis6,:,insi
que 12, dcstiwltion de l";utput.
Ainsi, peur le Sén8gnl,
si ln "rœ<x~uctivitC:" l):.i.r habit"',,nt :.i. 1111O
sic;nifica.ticl1 on c(.; qui CCnCC;r{ie ln prc.cluction cGrù~li(H'e, elle, n'on <él.
l~.::1S si Gn G'intôresse <:l l'.J.r;l.chide, dent 1:1 rrC(~ucti'-n ost destin0e L:U
m:U'chC: ext6rieur.
C'ost l;cur,iuci un nuraôr !.tuur synthCtic~uo COfnH18 celui de Bürcch,
a s:woir la qUMtitô (~e c;_:lùrics c~irüctes ~rocll1itos, n'", d'intérêt que
da.Ils le cadre précis inclicruf p.J.r l'auteur : la masure cie la pruducti vi te
du tr-w'lil n.l'Pliquô à la :,rocluctiLn vivriero. Lorsqu'en féùt une (tUflu ,:.8
cC\\.s,
d;.1l13 une 6ccncmio extr:wertio. il estnc:c.JsSCtirc ,',c: ftire ln. clis-
tincticn entre la lruclucticn cl<Jstin&e à l'exl'vrt:,ticn ou à la ccnscinrnti(n
de luxe (L-.,~;riculdlure cl'import-substituticn) ct c'_lle qui est dl:stinCe ~\\.
12. consu~naticn do masso.

R/2795
P'1.se 410'
l'reus IJc~ns()ns quo cL'ws los r'_gi uns sah61ionnos Où leecccncli ti (,ns
clim:üiquos imlxsont ùe j)ri,;ndre c~os l;rÜcC1,uticms riU'ticulièros en [["ti;jre
(J.a ccnscrv:'.ticn dos comhti()l1s de la rcrrc,duction,
le J,Joillour in;lic,teur
dG la prccluctivité dLl trav,ül (lait Ctre le rl:ndemcnt p::,r unit() de SUrL1.C8;
l~n 0ffct, un "ccrcissemont de la :;-roductivi té basl, principalement sur
l'(;;xtensiun d0S surfaces, ne :;résGrve l'as l'avl:nir et n,-' s:,urait ,3i.,~nifL;r
un rentable l;rcsrÈJs ctrans 10 développement ùes fGrcGs productives.
Or, l)rucisGmcnt, la rrcgrussic,n ,le ln proc::'uctil.;n arachidièr8 au
Sénég::ll l;cnlla.nt l,êè périoc1ü doloninle ost basée ossonticllemunt sur l'ox_
tensicn 8Jl surfaco,
los ründUiHonts clucroissnnts à l ' (,uest ét:mt ccmr:cns.;s
I r des renclcments crcissi1.'1ts vurs l'ost 8t le sucl.
En cc; CIui ccncern8 notru 6tuclo, il faut donc ,listing"uur élU
meins ln lJ1OGductivito c:':ms ln l,rulucticn ,'.8 l'élXnchide ct cLans la lI',,cluc-
tion LU JJil. T~nsuitG, nous forons lë1, co[apnraison :wcc l '(vclution (Le 1<1,
,::t.,V""'...?
~
\\0., <.:~~,L.
Nous 'l<..velcppo~ l'lus }eion 10 rêlc, crue jJUO la lroducti en
(l'etutù-subsistance cL'lnS let dynnr:iiCjUf.) cl'3 let minirni sation è~u c;~l'it:ü v~ria­
ble, oni.,;:::.(00 l:a,r le c'",pi t'lI ct l'Etat dnns lei. l)ruc1uctionll'achillièr8. Ici,
ncus vcuclri cns surt eut r,:i.ppe 101" il:crnmcnt 1,'), procluctivi t 6 a vari é dans CG
Electeur <..:t IJvurquci. Aucunc enrluêto sist cmatique n'a êt 5 frèi tG i'. ce suj,)t,
ni:w:-~n", ni ,,,;,ros l'incl(jpcn::',,,nco. Nuus ru. disposons (iU'~ (~'infcrrnaticns
fri.gment ~üre s.
DMS une agriculture extensive,
ou mieux norlilé11e, curruno 11aIJ~olh;
J. Aclmn,
1::, \\T,viati ,m ,1u rondor.len" du trav.:::il par' huctaN est un
ben indicateur do la variation le la productivité du travail. D'é'.l:rès cot
inclic:~tGur, le rendement en mil à l'ha é1 subi une chute spoctaculaire
entre 1926-30 et lél fin (~C la dccennie Cinquante. Unü béli S8'; de 25~~
6t!it enregistrée dès avant III deuxième [,,;uo.rre l'l"nclietle ut ce n'est CIU'~\\
la veille do l'inl~6r<)nè,etnce qu'un cort,'),in r2,ttri1pClge sl)[]blc se m<J.l1ifestGr o

R/2795
TABŒAU LXVI
on kg/ha.
Rondement s à l 'hu.
taux variations
1926-30 : 100
1926-30
562
100
1935-38
484
86
1939-43
318
56,58
1944-48
424
75,45
19~9-53
400
71,17
1954-58 .
420
74,75
1959-63
480
85,41
Si au lieu de l'indic ,tc.'ur rC;ncluJ18nt, ncus ~)renvns colui ,.lo
l'rcductil-l1 ::i:lr tSte, ne·us aboutissons u.UX m6'mos ccnclusi"ns. Jeanine 131',nc
.'1 1)rccéd6 fi
co ci11cul. Sur la base de l 'hy.,Lthèse retenue par Verriôre,
cl 'un taux ùe croissél-ncG (",umcgraphique do 1, 77~ par :1Jl entre '1920 ct 196e,
elle estime que la I,ruc:uctiun de mil l'éx têto qui :w.ü t
Iltte;nt 200 J:;:::
dMs los Mné;es 1920, ét:üt tomb6~ à moins de 100 kg' 1)CU' tête entro 19Lj,Q
et 1960.1/
J7 J. Dl.-mc, o. C., p.' 296
Ramarque : cette tendanco s6cll1cire de la i'rcc1uction vivrière à st.:1.cnur
sinon â diminuer ost une des c':ract6risti(~ues esse;ntielles du sous-
dc.veloppement. D'é1I-'rès los c'Llculs ùo B:ürcch, i l s'8.{','it d'un phénomène
gènér"..l él.UX :1é1Ys afro-asiatiques. Pour 1':1 péricùe'111nnt d.o 19~38 à
1960-64, il ùonne los chiffres suivants :
Indic8s de la :1rcdtictivi té d,;;ricvle dans los na s
ifricains (1"934-38 à' 1960-64
et on Inde
1934-38
121.~
1953-57
1960-64
Zaire
5,6
6,9
6,4
5,0
Gh.wa.
3,7
3,8
f hd.::1{r,ascar
.. 10
'
11, 1
11,9
11
1i;:u-cc
7,6
7,3
8,5
6
Tunisie
5,4
4,4
4,6
3,8
Nigeria
4,2
3,9
Inde
3,9
3,3
4,1
4,1
Kenya
6,t
4,6
5,3
Scurce
P. B'œr och -
Ec en cmi El 0 t
Hurnani srno •

R/2795
P?.L.>;e 412
Cette rl~!~rGssion s'exlllique lar rlQUX raiscns : 1° lursquG so
l:rcclui t la dfgr;::.(~:ttiGn dos conditions éCi..,lcgiqucs, le ro.odeweot .. du mil
s'en ressent plus que celui :~8 l'clXilChido. C'est lJvurquci, môme les
r'_,giuns très apIJ3.uvries cc'ntinuGnt ~le IJr3.tiquer 1<1. culture rl'aro.,chiclcs
tout en souffrant d'Iill {J,'ran(l d6ficit aliment,::l.ir(;. 2° c1'1ns la furnnticn
s(:ciale !klef et s6rore traditiünnolloment, la fdiunû intervient peu rL~ns
la ~rcduction des curéales. :l.vec l'n.vénement (le l'économie de tré'..ite, c:Llc
accè~G à un champ autonome pour ln. culture des ~achides. Il y a là une
diffcrencc notable avec les ca,s Qe scumission informelle où au cc:ntrüre
la f"nune s' :tdonne principa,lomont 2.UX ctllturus 't'-'ivrlere s, comme clans la.
cacaoyère au Camoruun .1{ Dans los régiuns nouvellement ouvertes à la
culture comme dans lil zone cles Terres Neuves, les rendements en mil sont
assez éla"léa, c'est toujeurs l',::trachicle qui a 1::1. favour. ~oiqu'il en sc,it,
hJS chiffres ccnfirmc!'1t
-~insi lie lllMiùre Gcll.tante quo le Sénegnl n'a prtS
do subsi sté1llce , que P. BéJ,iri..Jch a mesuré à l ' 6chollo r~c l'ensomble (1c cette
périphérie. c:ur la pGrit.cle 190CJ-1966.1/En a t-il été autrement lwr
l'ax"ochide ?
3) Productivité du trav::Ùl cl;~'J'ls la production de l' vachide.
Evirlemement il est ili,pcrtant du s:,.v,iir où CiffiOonce et GÙ finit
le trav"il Lli;;) la prL~l11ction c~e l ' ,.~r-,chidc. lkr. "l,lcmont, il faudr:ü t ,:n,·i s:·;u:
la pro:luctivité du tr,:w-~il du ccnplexe 2..I':tchicle-huile cl'èrachiclco ~J(us ne
C,(;sOsIJêrcns p,,:,.s que l'on puisse y 3.I'rivor un jcur? Ici, neus allcns l1<..us
en tenir à l' d;ude Lle 1], prcductivi té au niveau do l"
prücLucticn dos
içGusses cl';u-,c:chicles, (les cl.I':-tchides en coques.Cert:üns
l.uteurs fonr ~),!.I'tir
18 trélvail du I,rolluctiun (lcpLlis le c1.~ccrtida.gü l':.GS semunoeJ../Ils (,nt
raiscn. Lais des enquêtes suffis::;mmcnt nombreuses n'ent pas enccre erl liuu
pour c;uc neus llllissions néus b:~sor sur ellcs. C'est pcurquili, nous fcrcns
::;0nérCllernent portir ln l'·rc,ducticn du trav~:il L:'C llrc:t)o.raticn ,-lu chrunp..
.1/WËBE~~~égion cacaoyère du centre-sud·cameroun.
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g A.B::tiroch I~C~"'·L'.'.,,,, r
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...~ ~~l (~ ~
li Lericollais, c.c.

R/2795
PaGe 413
a) Ren~0ments à l'hectare
Il n' y Ci l,as eu de rolevés syst émati crue s (1(; s rendo!Jlont s d.G
l'arélchide élU 19 0 siècle. COl'onc1:-'..nt il est cort:ün que rlos rumlements iT!eycns
à l 'hectn.re ôtaient surériours à 1.000 kt,,; et (.lU 'ils S(ut(~n.:üutlt 1'" coml<'"-
r::üson?ve;c. CGUX cl',autr8s rogicns prcductricos rlu monele. Au tournC1Jlt (',U
siècle dernier, rloux autours Perruchet ct }l'orry font dûs 8stimnticns
quo Jean Ad3.Il1 re,ppcrte : .11Selon Perruch0t "10 rondement moyen do s be,nne s
terres du Son6l3'al est rie 1.500 El 1.800 ke à l'ha d'i,I'achiclescn Ccrlu,:;".
Solen Ferry, cl::.ns le Cnyor, le B~Gl, lu Diûnclor, 10 Sine et 10 S'èLum,
les renclements müyens sont c'-c 3.000 Q 4.500 kg à l 'h0ctl.I'e .. JeêU1 AdMl
trouve que cu sont là eles rcndcoments excoptionncls. Cependant il 'lè~met
cIue 1.00C.kg à l'hél pouv(mt ôtre consicl8rés c\\..,mme ln,lJ1uyennc"
En 1946, 10 môme auteur inè.iCiuo que les rcnJements moyens sent
d0 910 kg y c.u Sénéga.l. Demc, o..u mioux,a,u lcnd::em;1in (le la l'-,-'uxi~m8;:ucrrG
:nünc:'..ialo, lus Nnc:'..cments sent ceux c'-e la 1;cricd0 éUlt0ricure à
1914~ De
1946 à 1955, lÇl rond8ment mcyen è.él'n,sse à l'cino 800 kg à l 'ha. La fikyenne
de 1:00G kg de 13, pGricclû (~C: l'6morgcncc no sera. atteinte que; eld J11Mierc
tGut à fJ.it oxccr~ticnnclle.
Peur la i,éri oèc post éric ure à l ' êmerr;once neus clisposuns ,~, un
relevé systématic,,'Ue ; il L;(,ntr8 'IU'au C0urs lle Ll clcccnnie tront~,!16s
r,mdements mGyens unt été de l ' C'rdre ùe 870 kg/ha, 2,U CGurs de la c~Gc'~'nnie
suiv"..l1te do 790; il y t cu un relèvement ,:wec 888 kg il l 'hoct:U'8'èU ccurs
de la. r16c~nnic 1950. Tout(;fcis, à pG.rtir do 1956, les rClnclcnJùnts Gtcilont
sup6rieurs à 900 ke à l'hoctc:.re. Ces muycnnGs cachent de trùs grz:.t1c10s
flLlCtuati ons CGmrnü le rncntre le grê,~_'hique•
.1/ J. Ad01l1, ( 1908) p. 53.
1/ J. Adam, (1946) p. 191

n/2795
Page 414
TABLEiiU LXVII
R.1JDEiTENTS DES AH.ACHIDE3 DE 1929 A ~960
(moyennes décennales)
Production en
Superficies
Rendements
t.onnes, base coque
ensemencées
kg/hi1
en ha
193C - 1940 ( 1)
52~.000
605.000
869
1941 - 1950
443.000
558.000
790
1951 - 1960
699.000
791.000
880
(1) L'année 1931 i1 été remplacée par 1930 pour éliminer les effets
de la très m~uvaise année de 1931.

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( '-e\\lit40okt.)
(.. ~~ l....)
1. ~
P!tO.I>ucTlof'"
ARRCHIIHEAé"

R/2795
Fage 416
b) Production pQr habitant
A. 'V':l1l~aev()rbeke a f-d tune Gtude apprcfonclie, en prenant
pGur inclic"tt8ur de prc,ductivi té, le nombre de kg pLU' habi te..nt rurd. I l
arrive à la conclusion quo le rythme d'expansion de la prGduction a.r.<,chi-
chère qui a de de 5,2% p3.I' 'J1l de 1884-85 à 196~66 aét6 largement SUlé-
1I
rieur à celui ::.lu taux de la croiss8J1co clémoh.raphique-
Il fait ensui te une
antüyse régionale on compC1Xant 18. production de 1962-63/1967-68 à. colle
de 1935-36/1939-40. Se~cn, ses cp.lculs, l'accroissement de la proc'.ucticn,
d6(;uctiün f'lite do ce qui est da' à l'oxpansiçm clûmographique, se prése.nte
de la manière suivante
Sine Saloum
+ 22%
Thies
10%
Dicurbel
+ 4%
Terres
+ 28%
Neuves
Four lui cet accroissement es' dl'! nu progrès technique. Mcùs
l'auteur oublie de tenir compte de l'usure de s terre s nGUVQ Ile ment l::i sc s
en wüeur (lui ont pu aussi contribuer à ce r(sultat. Foartant il est
p3.I'f:ü tement conscient du féÙ t puisqu'il écrit lui-même : "DéJJls les zone s
dens--:ment peuplées, l'intrGc':.uctiùn de la mécanisation et principalemoüt
10 semis mécanique a mené soit à l'\\:-cùnomic de travéÙl, soit à le. trans-
gression des règles (le la jachère. Dans le premier cas, la prcclucticn
n't',ugmente p;"1.S, si bien que la 1"r0ductivite/Hornme-an régr8sse;
dans 18
second,
la reconstitutiün clos c:cls est monù.c6e.Y~'lüs transgresser les
règlos de la j.-:,chère éans CGp()!1'~l8J1t créer les condi tians de l~ rGlll~Jlacer
par dos moyens t'Ll)propriés, c'est en f~i t user la terre pour accrottre la
productivité, d8J1s le court termo seulement. Dans ces conditions, il
serait excessif d'~ttribuer 18s 28% d'~ccroisscmGnt
d8J1s los Torres Nouves
au prOGrès technique. Cet accroisser,knt réslllte en p,rande Il3.I'tie de l'uti-
lisation des richesses accumulées dc-~.ns le sel ~rS:ce nu temps. A cutto
17 Vanhaeverbeke p. 14
g/ Vanhaeverbeko p. 95

R/2795
Pace 417
stG.r'Snation de lLl. productivité c:'u tr,:wrd.l au S8n5gal. il convient d'eppe,Ger
les tr2.J1Sfcrmations qui (;nt eu liou (~,'.ns l ':tC;riculture on Frnnco au ccurs
(le;
le:;. m€me
pûriûde.
4) L'évolution (lq la J)r,:.cluctivitc (lu trtw;ülc:n l''rMC8 l~C 1(392
à 1960
Dens un [,:lYS cOlome 1-:1 FranGo où los ccncli ti cns de la rC:T(,Jucti en
sc;nt assurées, la mesure (le 13, produot1vi~é clu trav:ê,il par l'é,uti'ut hcr::iro
GU :>8.1' ctctif é1 lInc eignificdiGn 8, Le'. feis (lems Je lonc", 8t 10 cwrt tE):rrliü.
En France la crcisS~U1ce du vvlur;le clo la producticn iJ{,7ric0lc EL
CGnnu un véritable flêchi sscrÙ'è;nt 3-près 1892 (rot ',~ur au rœütectionnisme).
"Sur la bé1sC 100 en 1[)92. l'indic\\] de 1913 est on loger rotrCLit et le
nivc,:::,u de 1892 ne sera las rélttrapé en 1938-39".1/
Après la fin de la dcuxièwa guerre mondiale, il y 3- eu un
vérit,,~ble renversement {le .,,13. toœ,l,Mco " 10 rattrù.page et l'expé1l1sicn (le
lù. pI1oduction so font nu rythme do 3,77,;, vU" 3.fl c:'e 1949 EL 1~57 ct le tccux
de la décennie 1950-1960 s'éitc.le. à
2!fc1l.Y
Ce qui est romarquable, c'ost qUIe m$rùe cluril.nt IGS annc'üs do très
faible 8XP,:lJlSiün (1892-1945), la J;)roc~uctivit0 P,'U' heurG do travül ,~?;ricc~lc
a:èUCmcnt8 c'le' 1,6%. ~Ilcrs C~Ll'(lU SCnogéll, on ne rGrn::U'c;UG aUcun ché111gcmcnt
do rythme nolable 3.près Ll,;uorre, une très forte :lccûlér,ticn sc procLlüt
en :F'ré1l1ce. "Pour 1lons0mble (~OS Mnucs 1(}96 El 1962, 18 taux du crciss('.nce
2.nnuel moyen dé la i,rod:uction par heLlrG de travcül aurait Gté l~() 2,4% J"Jl3is
seulmnLlnt (le 1,6% (le 11\\96 à 1938, clmtre 5.5% c~c 1949 à 1962")/
l'houx, entre 1949 et 1962, 10 tc,ux Cc croiss;mce do la lrcr~uc­
tivitê clé1l1s l'arj'riculturc a 10té trËJs sup6ri8ur Ê,c,~:lui de l'industrie: ct
des services, Gn effet, i l il de rospoctivcmont (~e 6,37~, 4,5% et 3,6~Lpù.r
an on mcyenno. C'est C0 cpe tr'~~é:uit le gri::rhiq:ue suivnnt.
}jL. PercoviÙ. AV'è;C les IJaysi1l1spour unu 2.2:ribülturc nonètpit;tlisto,
p. 38-39
y Idem
Ji L'volution de la productivité en Fr:1!lCG d"'IUis 1929 et prévisions pour
1970. notes Gt 0tuclüs (lc;cumuntnires.

'il) i,vH>;>;
"''1 I!';, i -,.1
f'ag~ â

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" "
1 "." • .1
R/2795
Page 419
L'analyse s0ctcriello montre qu'en Fr,'U'lce la prcductivitê chns
la culture du blé a ccnnu une gr,'1nc~(; expansion: "10 rond'cJmont Inc;yon -,:U
blG,
st{hticnn~ürc dû 1910 (10,7 quintaux à l'hoct:>ro) à 1931 (13,9 cpc
à l'ha) connai tune fcrtc asconsi en dès avant L~ cLuxième guor:cu nkn:h'-:,lé::.
Far r:tiJpcrt à 1929-45, la prGcluction do l 'tènsornblc: clus céréales :::~
1~;r(;sc:U8 (Lublé (245 rnillicns ch., qx oontre 130) •••• l'expûrtation, nulle en
1950, :lttüint 55 à 60 millions clG quintaux en 196511.1/nonc, la ;;roc1ucti n
dos cér(ales r8gressc au S6néc-:ù, w:>is ,,110 se ch,voloppel' on Frunco,
en volume: et en :;:;ruc~uctivit6. L'üLlp()rt~"ticn de ces c6rcc:.los au Séw.;C':-ù
sor a un cbstLiclo supplémentaire au (lévGlcprement clos c6rCé11es intérieur", s
et en particulier du mil.
En conclusion, il ost inç:6niable qu'au ccurS do 1"1 périocL ccL;-
ni,;11c;, le ;_ayc'~n sGnég,l1ais a dû :uncn6 à tréèV:llller beaucoup ;üus CIue
:,'onclant la l'ériocle antérieure il la colonisation. La 11roductivit6 humrnc/
an s'est wn01icroe SM3 ,hute aLl cours cle la lc;riudo do l'Crnergonco do
l'économie c18 tr:üte. Ensuite los nügrr>,tions vers dos r6,'dons mieux sitU,.:es
du point dé) vue pluvicmetriquc et péè.oL',ique que les ITonùères rC{,;i cns
de mise en valeur cnt l'ormis de maintonir los rendements moyens au (kesL1s
(l'un nivc:l.u, cOl,oncLnt infériuur Q celui dL1 (~8but du siôcle. Pund ',nt co
t,;!nl)S, l'agriculturlJ fr::1llç:llsO ccnn:riss~it cles tr'J.nsformations (~,LllS la
prv~:uctivit6 SUSCiJl,tiblos -:10 Cdlstituer un frein à l'OxpMsiün-tt7,~'ic,~lo
il L. Pcrc,)véÙ, o.c. p. 39

R/2795
pé1[,'e 420
TABLEAU LXVIII
PRODUCTION D'ARACHIDES AU SENEGAL DE 1929 A 1960
--------
-_._._._.
.--,-_..
.. . -
1
.....--..,---------
.. ~
~---
'~'--'.-'
1
!
SUPERFICIES
~IOYEMJE
PROOUCT 1ON ArHiUELLE
jQOYŒNE
REi\\JDEln:T
['iOYEi'IJE
i
..... /.,' r'
tUt'.11 TS
HA
DECErmALE
BASE COQUE (TQi\\:r~E)
DECENNALE
{.
LI Htl/I(G
DEW;i\\::,LE
"
A
1929
G40.000
494.000
'+94.000
770
1930
640.000
540.000
540.000
860
- 9
1
193\\
580.000
286.000
'+90
' 1
- )1 /,;
1932
G5D.üDO
1,82.DUO
740
- 12':
1c·~~
;!))
6S0.0UO
613.000
900
+ ;;1
19::4
625.000
490.000
780
Il
- l))
1035
675.OCO
605.0CO
621.0Ui;
529.000
920
369
+ ';1
1936
752.0\\.10
715.000
950
+ !JI
1937
635.000
572.000
9CO
1
+ 31
193C
702.0[;0
646.000
920
+ 51
1939
696.000
640.000
no
+ 51
1)40
637.000
510.0ÜO
BCC
- 69
1941
513.000
290.000
1
)
565
- 22·
1942
4ü2.000
231.000
1
5'1')
- 21 (
19'd
486.000
460.000
]45
+ 1"
1941,
377.000
316.000
84li
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19'+5
49S.000
558.000
426.000
4't).OOC
86e
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+ 7,..'1
1946
611.000
465.000
760
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664.000
598.0CO
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690.000
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1952
657.000
558.000
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1954
720.000
464.000
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1955
707.000
791.000
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699.000
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1956
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763.000
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1958
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770.000
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\\
1959
907.000
829.0GO
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1960
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892.08D
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1
1
---
--------,_._----- -'" --" .----_._----"---_._---, -------- --- - .---,~ - -"
M LIANNEE 1931 DE CRISE A ETE ELIMINEE ET RE~PLACEE PAR 1930
SOURCES:
• 1929 - 1949, GULLETli; DI(NFORHATION A.O.F. 1er ,JUlf~ 1950, n0 52, p. 8
• 1950 - 1960, HUILE~I[ AU SENEGAL, GCEAG, 1972, n019.

H/2795
Page 421
CONCLUSION
Le r;tppel du contexte c:;lobéü a montre cOillmont 1:-1 clem,l.l1do (lou
cléae;inoux ::1limento..ircs (:,:)1S los contras cr1pi talistos n IœcVGC1U6 à
piœtir (lu ldiliou du 19àmc siaclo, 10 cl6vclc:-,~'Üfi!c)nt llo 1;:1 j)r:ducti on Co 1:1
l)cri~)h,_riG 0 Nous ,~"v(;ns suivi cc Iœocossus (~,',ns un c.clro >::.rticulior, c,1Lü
do rolaticns nntre ln France ct le Sônûgal. Nous cl,Vonsüurs n1ontr{

CLmmûnt l~ sourr.issio~ infcrmollo nu cétIJi t111 l,urmet un éichange inégnl
"
extr€mernont
av·mtngoux à 11 feis pour la E'rémce et l"Jour 10 ci:.pi tal fr::n-
çais. Nais cCS'l,Vantélt.';-es pour la France ont été obtonus aux dépens clu
Scfu6gal : prcmièroment p!U' L'1. suraxpl(;i tation cles tré1v:Ùllcurs. En cffüt
les snL:üres ô) fait po..yés aux l,.,.),ysans ct les süaires de jura pay6s=1Ux
ouvriers clos huileries au Sôn6gal ont \\..lté très bas on compéU'aison cles
revenus clos petits ~ricultüurs et des travai..ileurs dos industries alirnen-
tmro s en FrCUlce. }feus avuns mis lQd bas salairEJdo fèll t en rapport D"vec
le maintien ùo l ' aut ocûnsommation é1gricolü ot ceux de l'huilerie. lbuxiè-
me me nt , po..r le:. dér;radation dos conditions naturelles, conséquonco osco[,,-
jiello do co: Cille nuus ,wons al)l,olé li1 I,cùi tiquo <le minimisation des
(lL;)ensos d'inv8stiss0111onts. Linimisation du C(\\Ilit21 v:U'il1ble, minimisa,-
tien du ca.l,ital ccm;tant unt été-'de pél.iro. Il (ln est résulté 10 f,:.üt (~LLO
la IJrc:cluctivité soci111o (lu travail n'a. pas au/.monté, malgr<J un cort:ün
"progrès tochl1iquo" visiblo dn.ns l'appcœition d'lU1 type ncuvc:cl"U do
division du trwail et d'instruments do travail m::ùs à diffusion lÜlitéu,
ce CUi constitue un contrasto él.VOC li1 situation en FrNlCO où let rrucluc-
tivi tG cLms 10 travail agricole a connu u.n très {~rand 8ssor'~do 1890 à
C'est ùonc dtll1S cu contoxte que les "r,J.pc orts do prLJducti('n
sur le terrain" ont été analysés. Ncus i1vons al"rs insisté sur le Lü t
que l'exploitation "horizcnt'11e" au sein do l';l,.griculturo est sur-
déterminée l~D.r l 'explci taticn :verticale : 'si les, marabout.s- exploitent
jusqu'à unoertain point les fidèles, il ne f::l.ut accepter ni la thèse 1.:0S
marab cut s principaux OJql ,..i tours
ni colle du marabout nun exphi tüur o

R/2795
Page 422
Le ïi.3.ré1beut vit dans un système rl'.:-.11ia.ncG de clé.lsses nu sein dU<{'U81 i l
cccupe uno ")csiticm Cconomiq:uement sub'rclonn60, mêlÎ18 si 2. c~.."use do sun
l'cuvo1r icléclcZiquo, il a un rtlo politique prc'pc.rtionnollement plus
Certaines f'~milles I.:.nt lJU prc,fi ter de leur rosi tion r'cur
tonter une: IIkoulakisé1.ticn". Din.is l ' iiJJl)Lrté1.nCl; c~e ccl10-ci 0té1.i t fort
liiilit6e on 1960, Il faut en chercher ln c:-:,uso,
1° dw.s les bns IJrix do
l ' D..r:1chicloli 6s eux-ll16'mes il 1:1 naturo du lTGclui't
l 'huile cl' ~~:.r'lchicle ost
un bion s:'.Lùro ('-ent 10 lœix est n(;C03S,-üromont cC'1trelé.. 2° dans 10
ci.U'actère eXl;Gnsif c'..e Llroclucticn 'lui ren(~ l'emlùoi l'..'unO force clo
trrw.ril saL,rièc :'c;u rGntablo, iilD..is ncn ir'1i'uGsible, comme 10 rl1ontro 10
ilhCnuJèno l~U n,w0t·ul.;,t. Le s n.:wc;tc'.nes 21urüunt pu tr,,'v,liller CCiilmc s,....,L,ri ,~s
c.1.,(~ri,?cl8Sj si le CD,S s:(~tü t l'r6sc:;nt6 •
.. ' ..•.
Il 0 st a,lers cl:ür qu' c.;,u mCl,18nt ("e l ' inclèl>è.nd:1llcc il y
aVéüt Cl0UX altc;rn:,tivGs : actu:11iscr 10 système nncion ou s'en['n.gor sur le
veie rl'un clevslclJI'0[ilOnt autccGntré. C'ust lé1. Iœomiôrc voie qui il Gt.:-
chcisio. 1,' a.ccont fut al(;rs mis sur los lJ,/ints suv:.'..int,. diversifioation
cle 13, lœccluctiun cie trcite ,ct divcrsificaticn clos cLGb"uh6s: accontue;ti:_ll
c1.u c.3.pit,üismü cl'nt),t ::{sr;üre Ctui :wait cJn(;rgé l_,on,~ant la 1)6ric.:du c,)l'jni'~-
lLmainu r: .ti c)n,ü (lo 1964, qui r;,olu l;~ s c1.rci t s é1.cc~i s sms romlœe rwe; c
la j)èriedc é'1nt6rieuro.
liais 12, (~iv2rsific'1ticn 2. l'int(.ri0ur do l'6concmie
du tr'.i tG, "lU 'aIle l)crto sur les él(;b~,uch6s cu sur les lœocluits no pout
mettre fin ni au processus (10 1'1 suroxplCJitaticn l'ce L"1 paysannerie ,:1U
:)r0fi t
c~u c .jntr'~, ~,Ltt-il l,lus dilué, nt à (;~ll.l:i (lu Lt SI)ocinlis,').ti n

R/2795
Page 423
L) C<J,s du Nic(;ria est tres siZüificû,tif à cet ôCJ,rcl. im Nig8ria, l'éconcmio
G.c triJ.i te:l. une h'1se plus l<J.r:se qu'au Sén6e;<'11 : huile do palmo, :U'é1Chiclc; s,
cacao. Cel!cnc'.nnt, cette rliversit6 n',,,- flas perfdis lé'.. prosp'::rité du 1'Ji#ria
et des pays'1l1.s (cf le chC'..lütrc Sllr 10 :!igeria). ID môm(;, i l y a cles pays où
l'üxpéric:.:ncc de c2..pi ta,lisi;"t() é'. 'l::tat agrmre est ê.ssez Ln~,ue, SMS ém.Q;W.l
ré6ul t d très diffGront (1(è celui du. S6nq.;al. IJcllS IJOnSOns à l'üugCUlùa
(cf le chapitre sur l ' OugCUlda)et m~me au Soudan.
L'irrigation rIe la valle?- du Sénégalliclovrait
constituer
une rupture technclc;:,iCiUe clé~ns l'c16Ticulturo sén6;,::'alaise, filais clQ..,'1s 18
C<'1c':.re de quels r':J.)llcrts s',;ciaux dG prcduction de quelle insorti on
c1'~ns l' crclre éconu';1ique intcrnè....ticnal Y
11 IrriZ:ltion onvi-;:~lléU' la Laurit:mnio ct le li:Üi qui ent fermé un
crg,:me inter-~'J't2,ts : l 'Cr:,'S:1üisation (lu lu. lris...; on iJ,lour [lu FlàuVEJ_
SGn6gal (OINS)

H/2795
Page 424
ANNEXE:': l
1.
L TI S l ~ U R
Lasiour cl0tiunt en i960 une IJ1:WC l'répond0rante SlU' 10
il,:Jrché fr2.!lçais dos huiles [l~irnGnt8.ir(;s (4556) dOG sJ.VcnnoriGs (16~,~) ut c:cs
t(lUrtO[~llX (44j~). Ellü commcrcialisüt 83}: des huiles èl:~rachièl"es.
Lé'. suciCte; liière Go(;rgos Losiour ot sos fils ost une S.~l. ,é',U
Ciè.:t'it,Ü de 36 millll'ns cle
FF.
(1.800 mil1i',ns ,10 F CFA). El1l:: pcsséc:'o do
l1Gmbrouoos fili.:Ües uu sccie;tCcs scours : SCDD.~O, L;1llrcl,
wsiolU' AfriCiuo
Dak.ar" Lcsiour Africiuc lûcer, Il) Commerce. ai'ricéÙl1, 1csiour bcl{j'e à
Bruxclle s, Le sieur allciînnclo. 2. ,3arrc brllck.
~ cc~ui C0nC(;rno 10 30ncg,ü, l'0v,lutiori. ult6rieuro i1bcutira
il ::.1:;8 :fuoicns, si bien clu'un :971, Lcsi(;;ur Af:cic:uo ~a.r sera une S.A. c"'cc
1(D7 mil1ü,ns è.e li' C:"A (le C ....IJi tiJ.l, ccnriJrOn3.t1t
Losiour Cûtcllu et associes
[)U./~CO actions
Cio financière Losiuur
176
Risques,
invüstissoments
844
Union des ASGLlri1.t1CCS de PéU'is
500
Bure Jec..n
240
liÏll0
Vuuve TMncry
156
D,',ns le ~'rcc()SSUS qui il Lü t C'.8 L,.'siuur, 10 :J.'rcmier huilier
(1. ':':;urlJIX:;, " l' iml1lc:lllt 'c"ti on en
.Afr i ciue 2. \\0t cS l' ccc1.si en l,our 13. s loci Ct ( (1'in-·
técrer cumplèt"lJ!',:,nt GvS îi~briG::tiüns ut (l'"usmunt,.:;r :u.noi luur rrucluctivi t0.
w point de cl.0r<1.rt de la châinü sc trouve i,:r:.intc;nant en Afri que OÙ l'e r~-r,a-
nise.ti en c'.' Q,ché1.ts:::sfmr.:..:--.u c;rcupe un arprcvisicnnomont rô(;ulier en
clé:egineux <1.uprès (-:'08 prcc:uctcurs. Le rrincipal l..lérncnt est le Commei"'C'é'
Q,friccün, dent lus CCi;i~tcirs Gent irnpli::.ntCs au Sûncg:ü, en Côtü-d 'Ivoiro
et au C:"1laeroun".JI
En SOli1me Q,U mcrncnt -:10 l'indcl,8ndo.ncû du Sûn6g.:1l, Lesieur a
....
réussi gr ace as? "cnanco" (lc ln l (,ricck; (lus hostili tôs, il Cl.ccur,mler un

R/2795
Page 425
.,
En 1971, le C:i;l t,c~l de Potersun, S.A. du clroit
s0n0,::ç:.Ü:i8
ôtait dû ci.500 ;;~illi(ns clG frJ.l1.cs CFA, 25;. 'lus :.totions Gtant clôtenLl88
p:lr le:, ;~0ci~t8 Civile (lu G\\...rc..ncu du Pl.rtefcuillcs, Holdine ÙO Pcté.:X'sc.-n.
Au CCLlrs c'..e la p0riccle cL cc,nciJntrüicn, PotcTscn affecta
unG'3T'.l1.:".c >::.rtio dG la j;lLlS-V(~lLlG cxtcr({LlCe l1Ll Sén6C:C11, à 11 ccmJti tLl-
ti.bIl'.de fili::ües 8n Fra.l1.co OLl à l'achat do l':U'ticir.'liions clans d'é:tLltroS
8cci6t6~. IT0us n'q.lluns on nommer ici que Cl,cLlX : los Büilerios HÔlillies
1'" sociétES clcsdLlilcriss IUmnios j,"-,SSè:Ü8 Llnc lillit6 de raffi-
na{,;o ct 'l',() lt:ise; en bCLltoil18. ~Dlc traite i)t vûncl 6calomont (:e l']milo
(l'clive Gt cLs lmilos de t'~ble : colza, SOjZè
tC:Llrnescl. C'est unc sici.:X.c
j
on c xj:.~nsi cn.
1::1- C~lPCO,
Cio iLric:üno do ccam,ercc et clû cOL1JJissiGn, dont
18 siè[;,;ü SG tr0Llve à P:lris, CU,ui](;rci:lli8e 188 >rcclLlits Pc::tcrsun SLlr Ls
i;larchcs i.çltcrnltionaux (F'~'J.l1C(; uxccrt0o) ot :tSSLlre 6:"i:llement los aclJ"11;S
- 95~v Lk~ ProcLLll:latic (Fr::l.l1.c()) CILli fabriqLlE:: des pi.:Jccs clc.:t:~c:;. ;s
I:cLlr l';;mtc,j,),,-bilo ainsi ({U':; [I_;)S CrCL'l8S <l'::'Sse.rv.i.ssCE'lCnt l)()Llr rt1ilCmnOS-
oLltils.
50;: dLl C,11:i t'J.l cle: FU>,OA ( Fûts raJtcèlliquQs do l 'OLlQSt
Africain) qni L,briqw:.; GOS fûts 1,cJur 1(; trétnsl:urt du l'huile d' :.tr1chic:~(j,
31j~ d.'J1s la ScciétC Inclustrielle (10 u:1.tGriol 6lectricruc
(SI~Jl~1) en b:ullieLlo ::;;::1I'isienne, crû fn.briqLlc; <lLi ;,at(;riel do raccordement
(;loctrilluG ct () st lc'),c1er SL:r le fI.::,rch6 franç:.:.is (l8 S CGnc1LlCt(~LlrS blimlCs o

R/2795
ANNEXE III
Pagei426
TAUX :O~G PLUS-VALUE PAR RAPICRT AU PRIX Cd,'
D.8S Afuî.CRIDES EN OJQUE DE 1910 li 1938
FFA/Tonne
.-
--_."
~
1
Prix d' ::tchat
Prix C.AF'
Plus-value
TRUX dE; plus-v·J.1
1
fr::tnçais
par 'tonne
r
moyen au
port
par tonne
1
en ~c
producteur
1910
220
328
108
49
1 Si 11
25C
319
69
27?5
1912
220
346
126
57?25
1 l''; ,~ -:i
i
.~: 1 .)
250
345
95
38
191.+
250
308?)
58,5
23,40
1915
120
318?5
198,5
165?40
1
1916
230
560
330
143,50
1917
300
1 232?5
932?5
310,2D
1918
310
~
-
-
-
1919
i
38(
-
-
-
ÎS'2C
990
1 681
691
70
1';)21
1
540
940,5
400,5
7if
1
1~)22
520
930
410
73,75
1')23
(Do
1
1
325
325
65,75
1
1
1~~;!24
1 OCC
1 62C ,9
620
62
1925
1 120
1 860
740
66
192
1 530
2 460
930
60,75
1)27
1 5eo
2 11.t,10
614
+1
1('')
~ ~
1 450
1 967
317
35?75
1c..)(~
./ '- ....:
1 3'JJ
1 797,5
447
35? 7'5
1, 30
950
1 342,5
392
41,25
1931
1
6eo
1 039
439
73? 25
19.32
520
1 167,5
647
124,50
1
1S'33
450
767,5
317 ,5
70 ?60
1
19 3-~
1
785
ô59
- 126
- 16
1935
725
1 063
338
46,60
1936
811
1 165
1
354
43,65
1937
927
1 365
418
45
1
1932.
1
1
942
t
i
1 539,5
597
63,40
l
Source
Prix CdF
J. AD1V~? l'arachide, 2e éd.? p. 279.

R/2795
MiiJEXE ri
Page 427
PLuS VALUE PAR RAPPORT A6-TONNES D'ARACHIDES DECORTIQUES
El,;
(1)
(3)
COQUES
DECORTIQUES(2)
2 Ei! FFA
PRIX CAF
PLUS-VALUE
TAUX DE
PI~ 1X:'IOYEii
PRI X i'IOYEi~
EN FFA
Ei~ FFA
.P LUS-VA~UE
AU PRODUCTEUR
THEORIQUE AU
PRODUCTEUR(It)
1934 .. 1935
785
1 099
1 D99
1 490
391
35,62
1935 - 1936
725
1 015
1 015
1 540
525
51,7S
1936 - 1937
812
1 136,8
1 136,S
1 882
745,2
5),5.5
1937 - 1933
927
1 297,8
1 297,8
2 074
776,2
5S: ,8-_
1938 -1939
942
1 318,8
1 318,8
2 086
7G7,2
=;3,15
19 3~) - 1940
9JC
1 260
2 400
1 140
".'(
\\91~C
1941
950
1 330
1 330
2 535
1 205
,.
,
-
/
'_"
:
'...J ~
1941 -1942
1 4CG
1 960
1 960
4 727
2 767
1;, l, i ~:
1942 - 1943
1 850
2 59(;
2 590
9 330
6 74[j
2C,2,
19'+ 3 - 1944
1 88C
2 632
2 632
17 886
15 154
575,75
1
- 19'+5
3 ~GC
4 200
4 2eo
9 33C
5 11 :
)~
!22,17'
19'+,') - 1946
3 52G
4 9Lu
9 8eD
17 860
8 i".",bL
G2,25
1
1947
6 ODO
3 400
16 Beo
24 477
7 677
,,"
7-
-
IJ, l,)
1947 - 1>48
7 C;~G
9 SCC
19 6eo
30 587
1CI 907
55,S5
1:.)48 - 1949
14 500
20 300
40 6UC
75 80(;
35 2ee
8ô,7C
.'
1~4;; - 1950
14 50C
20 300
40 G'~O
74 083
33 483
82,5C
1~j50 - 1951
24 500
34 300
68 1''1:\\
OUv
Ii..:C 000
31 4C'~
45 ,GC
1951 - 1952
18 550
25 970
51 940
97 0'"
vv
45 [.:60
06,75
i ~:52 - \\))3
16 550
25 970
51 940
97 C0C
45 CGC
86,75
.
1953 - 1954
19 500
27 ]'"
vU
54 6~O
93 QU'
,,-,
38 4CC
7C,3C
l ,.~;- 1
1 ))'+
1S'55
21 350
28 .890
57 7BO
95 CGC
37 220
':14,4C
-
1955 - 1956
20 050
28 070
56 140
95 '1:','
\\..1'-'';
3e BG"
69,2C
195(1 - 1957
20 110
28 154
56 308
95 c~c
38 692
6e .3CI
1757 - 1958
20 270
28 098
56 196
98 580
42 304
7') ,J:
1953 - 1959
20 320
28 448
56 896
95 C~L
32 104
52,9C
U59
1960
20 760
"ln
980
57 9GO
102 5C,C
44 540
76,85
-
Lv
,
1
._
._--- -.---
.
- ~ . _ - - ~ - - - - - _ . - _. -- -"---~"--- -."._-". -
_....--- ._"
"
(II) ΠFRM'Je CFA APARTIH DE 1944-1945

R/2795
ANNEXE V
page 428
VDLUi'IE UE LA PLUS-VALUE PAR AIJ DE 1910 A 1960
PAR REFERE~CE AUX ARACHIDES (1) ET hUX HUILES
o1t\\R~CH 1DES (Ei-~ ill LU ERS DE FRM~CS COURANTS)
ANIJEE 1 P::;:JOUCT III
CL'<'[imCL\\-
PLUS VALUE PAR
VOLU:ΠDE l[, PLUS-VALUE
EQU 1Vi;LŒT E~~ HUILES
[,LüS-VALUE PAR
VOWit DE
LI =EE [il
1lL 1t. i\\~; DE
TOlli'lES Ef~ FRAijCS
El! iillLIERS UE FRANCS
GE Lii P~GJUCT 1Di:;
miE DIHUILES
Vi~LLi~ 1';'
rüi';>E:~ : ~:) Gn coques
FR;\\LC;\\ 1SMIC 1U:S FR.i;:]C" 1S j,:.:e: 1C:S (FFA)
COi'iiiERC 1hl 1SEE
ilU i:RI X UE li::OS
OE FUi., ,.~:0
jusc;uJc:n
P'
1
,
L!~ F:;~;TE
0) 0;1 ',1 t'ai r:cs cl p::lrti r
ce ICP~i
./ ./.-
..., /-.,
1910
::..:.) )
108
17 490
54
57,4
191 Î
1
69
12 765
35
27,20
11
Î ~--; 12
~~4~:
126
3e 492
00
ln J5
')
1913
r,c..
93
26 60c
92
Il , {}
1
1914
~;2L
58,5
16 380
93
- 12,8
- 1
1915
3C3
198 9 )
6C 145,5
1GO
613,8
61
1916
12/+
330
40 92C
41
665,1
27
1917
176
932,5
164 122
58
r--,
c.
145
124-
1918
124
-
41
3 235,7
132
-: 91 :','
27e
89
3 7ryJ
333
1920
299
691
206 60S-
99
1 450
1'B
1921
::=·66
400,)
106 533
88
620
54
1S'22 :
290
410
118 900
96
820
78
1923
237
525
1ryJ 675
95
874
9S
1924 :
319
620
197 78fJ
105
1 133
Il,3
1925
4-:t6
740
330 0-10
1.1·7
969,0
142
1926
4E33
930
449 190
158
1 771
27 :::'
1 . /
1927
1-06
614
249 284
134
873,
131
1928
~ 13
517
213 521
136
464
63
1929
4e6
447
181 482
134
351,5
47
193C
'iC i3
392
199 136
168
888,5
1i19
1931
456
439
~IO
184
150
1 C15
1,;2
1932
191
647
123 577
-
1 079,8
1933
J88
417
161 796
-
489,4
!934
491:
- 126
- 62 242
-
527,5
935
36 :1-
338
123 (; 32
120
1 363~)
163
1

R/2795
Page 429
ANNEXE V (suite)
466
354
164 964
154
1 034,5
1[~O
j /
31
514
418
214 852
189
1 712,5
32J 66
483
597'
288 351
159
2 139
340 10
398
767,2
305 266
188
2 614"
491 43
392
1 140
446 8éb
185
, 293
1 205
353 065
138
139
2 767
384 613
66
eo
6 740
539 200
38
192
,15 154
2 909 568
90
164
: 5 130
841 320
77
37 560
2 903 52C
248
8o(JJ
1 958 88J
117
43 140
5 047 32C
256
7677
1 965 312
120
45 650
5 478 OOC
316
10 907
3 446 612
149
59 500
8 865 SOC
304
35 200
10 700 800
143
130 734
18 694 96;
300
33 483
10 044 9)0
-142
133 610
18 972 62C
239
31 400
7 504 600
113
141 260
' 15 962 38::
,
"
310
45 060
13 968 600
146

139 190
20 321 74C
299
45 060
13 472 940
141
144 000
20
304 OCC
386
38 4)0
14 822 400
182
127 580
23 219 3ôC
272
37 220
10 123 840
128
114 320
14 632 96C
377
38 860
14 650 220
178
94 130
16 755 14C
474
386'92
18 340' 009
223
100 990
2~: 52C 770
566
42 304
23 944"064
267
107 3éb
23 <~ 7e C..:C
• '7(',
,.
30 104
14 148' 880
221
124 58J
27 532 120
):)2
4,+ 540
26 367 6ee
270
122 210
32 996 7CG
( - i , l cuques jusqu'~n'1938
décortiqués à partir de 1939.

R/2795
Page 430
!:lE~ VI
. TAU'L DE PLUS-VALUE l'lm RAP:pORT,ALfJ:: HUILES 'D'ARACHIDES. 1935-:19.6Q
CFA ou~Krrglll@_.~JfliIX DE GB..0--ê EN ~giC.ê.)
_ _ .E_.c...... ""' ....~...--........_~,---.~·
~...L........... _~_.-..........-• •__.••~ ~ ~
• . •_
. . _a._...&-_~ _____- . . . _.~..a....--""-.a::",,",_~,"--,,,,-~""'
____ ""'.~.~'
-,,;,..o..<--_'--O--_~._~._
.....____ ~'C..O&_: .............. __~
Prix dT ach2.t moyen théoricue do production Prix de gros Pli.lSooIITé:Ùue TL1ux d.
d'une tonne d'huile
en Frence
par tonne
plus-v.
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..
-"~._~-
~~.~_
~_~. ~._ ~*'-"
par tOl
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-
- A
huile. ~~çFj\\:.~..Èuil~9P~1!~~.~.
~~~
.:...a-~~._-_&::~.---' .... .a.
1935
785
2.355
2.355
3~718,5
1.363,5
57 ,~
1936
725
2.175
2.175
3.209,5
1.034,5
47,1
1937
812
2.436
2.436
4. 148,5
1.712,5
70 .
,.
1938
927
2.781
2.781
4.920
2.139
77
1939
942
2.826
2.826
5.440
2.614
92
1940
900
2.7°0
2.700
1940-1941
950
2.850
2.050
-
1941-1942
1.400
4.200
4.200
-
1942-1943
1.850
5.550
5.550
1943-1944
1.880
5.640
5.640
1944-,1945
3.000
9.000
18.000
55..560
37.560
208,/
1945-;1946
3.500
10.500
21.000
64.140
43,140
205,:
1946-1947
6.000
18.000
36.000
81.650
45.650
126,/
1947-1948
7.001
21.000
42.000
101.500
59.500
141,7
194&-1949
14 ..500
43.500
87.000
217.734
130.734
15°,~
,
1949-1950
14.500
43.500
87.000
220.610
133~610
153,S
1950-1951
24.000
72.000
144.000
285.260
141.260
98, Î
195'1-1952
18.550
55.500
111.000
250.190
139.19°
125f~
1952-'''1953
'18.500
.55.500
' 111.000
255.000
144.000
129,7
1953-1954
19.500
58,,500
117 .000
244.580
127.580
109
1954-1955
210350
64.050
128.100
242.420
114.320
89, ~
1955-1956
20.050
60.060
120.120
214.250
94.130
78 ':
,-
1956-1957
20.110
60.330
120.660
221.650
100.990
83,/
1957-1958
20.270
60.810
121.620
229.650
107.380
88,~
1952-1959
20.320
60.960
121.920
246 ..500
124.580
102, ~
1959-1960
20.760
62.280
124.560
246.770
122.210
98,'
~ ~
~ ~ - & " ~ .
= =
.. -......=
... ~.~~~~.~

AIDŒXE VII
R/2795
Page 431
PLUS-VALUE PAR RAPPORT AU PRIX DE GROS
DES HUILES D'ARACHIDES EN FRANCE
VALEUR EN TOnNE ~ VALEUR EN CFA OU EN FFA
Prix d'achat au producteur
Prix de gros
Plus-value par
Taux de
en éq~ivalent ~ huile
. en FF Anoi ens
tonne en FFA
plus-value
En coques
Bn~éouivalent~huilè
CFA
CFA
FFA
1
;:310
22Q
660
660
717,4
57,40
8,70 1
1
~ 11
25)
750
750
677,2
27,20
3,60
~12
·2,20
660
i
660
677 ,5
117 ,5
17 ,8
113
25)
75)
75)
761,4
11 ,4
1,50
;)14
250
7'YJ
7~
737,2
- 12,8
-- 1,70
~15
120
360
360
973,8
613,8
170,5
}16
230
6S(l
6~
1 355,1
665,10
96 , ,10
)17
300
900
900
3 045,0
2 145
238,30
) 18
310
930
930
4 165,7
3 235,7
347, SO
:
)19
38J
1 140
1 140
4 8~
3 75)
329
=)20 .
~
9~
2 970
2 970
4 420
1 45)
48,00
j21
540
1 620
1 620
2 240
62)
38,25
)22
520
1 560
1 560
2 38J
820
52,60
,
)23
8J0
2 400
2 400
3 273,7
873,7
36,40
)24
1 000
3 000
3 000
4 133,4
1 133,4
37') 8J

)25
1 120
3 360
3 360
4 329,4
,969,4
28,85
j26 ~
1 530
45~
4 550
6 361
1 771
18,6p
. ,
l
,
. \\
?27 '
1 5)0
4 SOO
4 5)0
5 372,5
812 ,5
19,40
)28
1 450
4 350
4 35)
4 814
464
10,·70
)29
1 350
405)
4050
4 40 1,5
351,5
8,70
'. ,
. ,
130
95)
2 85)
2 850
3 738,5
888,5
31,,15
131 '
600
1 8Jo
1 Eno
2 815
1 015
56,40
132 .
520
1 560
1 560
2 639,8
,1 079,8
~9,20
133
'YJO
1 5)0
1 500
1 989,4
489,4
38,60
134
400
1 200
1 2)0
1 127,5
. 527,5
,
44
. .
.
,
.
~
"

R/2795
Page 432
ANNEXE vIn
Plus-Ve.lue~'1I'r~l?2orl :mx huiles cl '3rnchides
.Ll1'ti:ici dût2.il1~~
c
.Fr8ri6 e
Pr-~x d'achat moyen th8orique-~Pr:Gt de· vente do ICi. tonne.
.
i T1IDe t. d' huile nU'pTocluct e~~.~~:~_
... _~_._.~~,~~_~.~..~
...~..~
..~~~~ __~_.~
en FFA
Prix du
Prix dG la Plus v[1.lue T2.ux de
litre
tonne
P; [lI' tonne
plus v.
~
"--
1938
2.781
.7,75
8.611 .
5.830
209,64
1939
2.826
:8,05
8.944,40
6.118,4 216,50
1940
2.700
11,55
12.833,00
10.133
375,30
1941
2.850
13,95
15.500
12.650
443,86
1942
4.200
16,40
18.222
14.222
338,60.
1943
5.550
19,15
21.277
15.727
283,37
1944
5.640
..;.
1945
18.000
...
:
1946
21.000
9,3
103-333
79.333
377,80
,
1947
36.000
1q5,4
117.111
81.111
225,30
1948
42.000
121,8
135.333
93.333
222,20
1949
87.000
250
277.777
190.777
219,30
1950
87.000
261
290.000
203.000
233,30
1951
144.000
323
358.888
214.888
149,20
1952
111.000
3~0
355.555
··244.555
220,30
1953
111.000
..
304
337.,777
226.777
204,30
1954
117.000
286
317 .777
200.777
161,60
1955
128.000
282
313.333
185.333
144,80
1956
120.120
252
280.000
159.880
133,10
1957
120.660
252
280.000
159.340
1,32 .
1958
121.620
252
280.000
'158.380
130,23
1959
1210920
250
277-777
:155.e57
127,80
1960
124.560
250
277.777
153.217
123

B
L t IlF,1CT SUT/. L t.c:.:i.}:LCI

R/2795
Page 433
L'è:c,nomo 8(:negiÙaise n'ost~)as une êconomie miniôre au sens

l'on pout dire IVU' exemple que le Gabcn ct le Zaïre sont dl:s occncuics
minières. G'est 8ssontiellement une êconcrili.G (le traite dominé-c par
l'huilerie •
•u ors cru ren 1972 l' i nc'..ust rie entriÜ t T,our 21, 3 J)0ur cont ,1 ~nr.}
le FIE; l'industrie oxtr3.ctive toute entière -9-e reprl;scntnit que 1,5
pour c"nt.
Gepcme'..cmt, depuis les années 1960, c'est-à-dire cbpuis 10, ,üso
en 8XI,loi tation Ùé;S gisements de phosn'1tos de· Taio,"',., l'extrc,ctioh minièro
tient une pl3.cC clo l;lus en l)lus im:'vrtc:wtc cléUlS los expc'rtations sGné-
ga1aisus.
Tl-illk::~U LXXV
Produits
1969
1
1971
1972
1973
millions
ro millions
% millions
% milliLns
de !t"'CFA
do F'CJ:1'A
de FCFA
de FCFA
1~
Produits
i
i
arachiùiers
17 .153
53,8 12.388 1 35,7
2e~789
52,9 15.275
35 n
,'-' !
1
Prccluits
miniers et
1
p0trcliers
3.974
12,4
6.781
19,5
8.263
15,2
8.619
9
1 .91
,
-_.
1
Sourcos
statistiques du COIillilorcü Rx:tcrieur.
La diminution de ln .i>cU't des IJruduits ;_;.!'Cl,chidiers est cürtos
clue à la s(;choresso, unis i l irnIJortc de ccnstater qu'en V'11eur abs01uü,
l'OXI)urtation minière est ~~aS8C1e do 3.974 tüllions en 1969 à 8.619
milli0ns en 1973. 1.::\\ :Jllssi, il félUc1rCJ.it l,rondre en consië:.6ration le triple-
mont des prix des phGs};ihatûs sur le marché mond.ial en 19;3• .Ucrs crue

R/2795
Page 434
l '!.l''i1chirlG cc.'nsti tua une Gpino clorsalo alltour do laquelle s'articule;
l'~ctivit(; éccnclîliquo CUI S0n6t;-al, l'oxtré,ction minière a très peu cl'effuiiB
induits et un vulume (: 'owploi S,:JlS comme mesure avec 10 complexe ar11chicl8-
hui le ("..' aI' achi do s •
Néanmcin s, on ~j(Jllt clire quo l t ,-,conumio cle traite tr:1Ch ti cnnol10
est en train de chc:.nger au Sénégal. La )roclucti on minière ri sCIue du ITc)uclrc
clo.ns los armées à venir une part ccnsic:Crablc drU1s les oxport:ltiüns du
Sl:n6gé11: "Ilexisto dl.l1s la Falémé don rûscrvos de mincr:ri de fer, cl'une
teneur él.i.li~·r-:'ciabl0 (entre 55 et 60 llcurccnt) éivalué-os, en minimum, à
100 millicns de; tonnes. Las rocherchGs ccnc0rniUlt 10 cuivre, l'or, et 10
cli-:JI12J'lt sc :;cursuivûnt, (,ffrant :.IUolques esppirs; q.U.lJlt aux proepücticns
I)(:,trcl i(;,ros, si 0110s n' ont ;'[~S encore "bcuti à clos r0sul tats concr'. t s
dôbuuch;-;.nt
sur l'oxplùitatiun, elles ont r1t;)rmis de c~Ltürminer l'cxÎf3tc:lCG
do G'isoracnts serieux tel celui du "Deme Flere", dont la cc'..pncité clé:'::2,f3se
100 millic.Jns r.~8 tC)!l1les cl'huile lourde" •.1/fus invcstisseraents d':JlS le:.
rùchcrche pétrc.·lière, effectués en rarticulier ;:iar SHJ~L1, Y:SSO et·,.'OI'..L,
sent :'.ssoz ir.11'.ertwts.
Pour l'instnl1t, la l)roducticn minièro du S6n6C;:ü porte s;;ulc~­
ment sur le phcsphatc. Le Sé-nêg::1 est riche en f,jrraation phüsphatièrü.
Les e~isümonts e-etuollüfïlent oxplcit6s sùnt coux C~(, Thif-3S ct de Taio3..
Gh;bclomcnt,
burs valeurs d'üxpcrtaticn (nt au:'!;montG de 25 pour cent
entre 1962 (1.47C r:lilliüns do 1"CIi'A) et 1972 (5.632 millicms de II'ClI'A). Si
les clelDC S~Ci0t6s qui ex~Jlcitont CleF] (lüux Gisements scnt é1ssGc:l6es ('.'~I,S
ccrt·üncs SGciCt0s situées
aval,~/cllcs
011
sunt en r~vé:Ulchc indépl)I.1."~'lrlte;s
en co qui concorne leurs é1ctivit~s minièrùs l,rcrroment di tes.
1., SGciétc:; sl-nug1.LüsG d,.;s phùSiJhatos de Thiès (SSp Thiès ci-
.:lprès) ét~it, jusqu'au 1er jJJlvier 1975, uno filLùo L 100 l)our cent
do RhtJno-Puulonc,
soci 6t 0 frQJlçai se sp6ciali s~'Ü clans l ' 81e ctre-mét r1.l1urc;ic
j) I.:.:œchés Tropicij.llx ut h(édi torri.U1~ens,: nUü18rt> spGciul, 21 juin 1974,
Le S6n0:s3.l, pase 1803.
El Tolle lé'.. S0cidé Industriello des j~:;r__ris du Sén0/::Ll dont b. SGci,tC
Sénégalaise des Phusphates de Thiès, détient 9,1 pourcont du capital ot
la Banque N?~ti(;nalc dG Développoment 10 pour cent.

R/2795
page 435
et l'81ectro-chimie. En Afrique, Rhene-Poulenc opère surtout dans
l'aluminium (Fria en Guinoe, J.~déa au Camoroun). C'est probablement la
raison CJ.ui l'a pcussu très tt)t à s'int6resser G, l'Cxlüüitati()n du
IlhüSl;hate d'alumine. lB Gisemont de Pi1110 {près de rrhiès) clue cette s0ciût6
explci te ct tr:,ü te d:J1ls sen usine proche do L,l.rn-LalTl, est en effet l 'uni quo
,~!:isom8nt ùe: phosphate d' CLIumine oxplcite:] dans 10 Iilunde. La SSP Thiès
explci te c~(;s phGs1)hJ.tcs au Sénégal depuis 1948. La production, quoique
m(jc~(;ste en tonnage, augmentE; rapidement, pour ~!asser de 5.154 tonnes
en 1949 a 104.581 tonnes on 1958 et 165.000 tOl1nGS en 1972.1/
Lé, SSP 'lhiès est une petite SGciCté à côté de la Compagnie
Sén6güaiso clos rhcsphatos d8 rraïba (CSp Tai'ba ci-apres). En effot, la
première ne I)rcdui t en v2.1vur que 15 l"0ur cont llu phosphate sénét~ü,üs
ei; cette: :L"ilI't va dccrc)i ssant 0 En 1973, 10 CQpi tal de la première étil.i t de
380.000.000 :" CFA et celui de ln. deuxième dû 4.070.185.000 FCFA. Par
ailleurs, laCSP Tai'ba, fcnC:.6e ûn 1957 à pn.rtir de capitaux exclusivClil01lt
français, ost devenue dep~is 1963 uno soci6té franc~rtc2ine. Sn
effet, c'est à cette epsque que l'International irrncrals and Chemic21
Curlloration, l'uno dus grandes cunpaenies de i,hospha:tes do F'loriclc., est
è:.ovonue actionnaire. En 1967~ elle ch,tenait 12 p0ur CCllt- des acticns,
1973, 26,78 ljoUrccnt. D3puis le 1er janvier 1975, le gcuv;:;rnement a l-,ris
5U i)our cent do pnrticirilticn dans los plFsphatos.
Avant le 1ur jcmvior 1975, la CSP Taïba .etait clonc une entre-
prise Ù 74 pour cunt do CcJ,:iJi<;a,l français et à 26 leur cunt do Ci:'ii t,l.l
nmCricain. Tûut en rGst:J1lt lu ITinciixü acticnnn.ire frQllcais,
le I3urG,-è,u
d8 r8cherche gêu1c,t'.::ique et lllinières (BRGt.),
société françaisoà Cal'it::1
public, ne détoncü t plus en 1973 que 26 pour c_nt dustctions au lieu
2'
de 31,5 p02r cont en 1967.-1
jJPéchiney ccntrmait
au Sénégal 12_ socie-lié Gazielle eIli'i';-èxploité 10
tit:.1l1o au S6né{~al jusqu'on 1965'. J:)J m€me,
ello contr01e incliroctemont lOG
SALIl'rS du sne Si;Lumi, .i tr:wcrs la ··salinièrc ck C,'1.wa.r{i:ue" pui sCIue
Pùchiney est acticnn1ire à. 63,40 ll(;ur cünt de la .SEICI-Ul;I;~ soci6tl:-'-a1èrc
du la "Salinière". D'éll<rès Guy Cüurtvis "Rôle des capitaux privés étrangors
drillS le dévo l ÜlJl)mnon t
<Sc onoOO ':LUO " •
Ji L'Etat s6n6gû1ais ne pcss6d.ait que 3,05 pcur cent du c:'tpit,ü.

R/2795
Page 436
La CSP Taioa est la plus groeaecentreprise du Sénégal aussi
bien en ce qui concerne le chiffre d'affaires (plus de 4 milliards en
1973) qu'en ce ql1Ï conC3rne les investissements (12 milliards cumlllés
depuis l'origine). C'est en 1960 que Taioa a commencé à produire des
phosphates, en bénéficiant de conditions politiques favorables que l'on
analysera uHérieureiileut. Sa production a augment(j a une grande
vi tes se, m€me
en valeur absolue, malgré la stag'nati on des cours ; I~. 604
r;lillions en 1972 contre 1.053 millions de FCF'A en 1962.
En resumé,
jusqu'au 1er janvier 1975, la propriété des phos-
phates sénégalais était exclusivement étrangère. llipuis le 1er janvier
19751 l'i,'tat est actionnaire à 50 pour cent des deux sociétés, de
dimensions tout à fait inégales, qui exploitant ce minerai. On analysera
"l' 2.près ~anvier 1975" da.ns la dernière partie consacrée aux perspectives 0
L'étude qui SU}) est une pièce de l 'enqu~te gue le Bureau
International du Travail
a lancé à l'Schèllé mondiale. Le but de cette
enqu€te
"consi ste, après avoir donné dL; s indicati ons sur le rale de s
Sociétés Multinationales dans la division internationale du travail, à
analyser les rapports entre l 'activité des firmes et les objectifs
sociaux dos ~'i;ats en ce qui concerne l'emploi, la formation et la
répartition des rovenus"; cette enquête dpit
aussi donner des indications
sur les perspectives.1/
Dans notre étude empirique, nous n'a.vons pas suivi à la lettre
la méthode proposee tou.t en couvrant le champ d'investigation indiquée.
En particulier, nous n'avons admis aucun a prio:çi selon It:l.quelil y
aurait conflits entre les "objectifs sociaux des Etats" et les objectifs
.11 Cette étude est en voie de publication par le BIT, qui l'a déjà L,ii;
circuler comme working paper \\JF~P 2-28 W p.9.
~/ Yves Sabolo et Raul Traytenberg : l'impact des firmes multinationales
dans l'emploi et les revenus dans les pays en voie de developpernent. ~jote
mëthodologique. WP N° 1 BIT nov. 1974.

R/2195
Page 431'
p~ticuliers des sociétés multinationales. Il faudra donc ohaque fois que
c'est possible, examiner la problématique et le comportement réel
d.u
gouvernerllent sénégalai s face à la strat égie oonnue:~des(çg~ari.des firme s,
à savoir maximiser la plus value et le profit, non à l'échelle locale
seulement, mais à l'échelle du système. Trois points seront traités,
conformément à la demande :du BIT et selon les intitulés suivants:
1° les Firmes lultinationales,-la technologie et l'emploi; 2° L'il,lpaot
sur les revenus i 3° Les perspectives.
l -
U::S FIRNES J,IULTIHArI'IONALl~S DU PH83PHATE, LA TECHNOLOGIE ET L 'l'::i;}:''LOI.
L'étude de la SONT.'.;Pll/pUbliéC en 1911 avait pour objet d'é11l?,-
lyser : (i) la naturo du trû.!lsfert ; (ii) le s i11odêJ.lit és du transfert i
(Hi) la natLlre dos relations qui ont conduit à la création de nou'JC1l0s
industries et les différents contrats corrospondants i (iv) les condi-
tions de l'exploitation 3.près transfert. L'échantillon a porté sur 12
industries que le sauteurs, trü.vaillant dans le cadre de l' assi st~:"'1C;8
de l'OIBDI à la SONEPI,
ont jugé representatif. En fait;
ils ont conC8n-
tré leur attention sur l'étude dos doux premiers points, les deux dsrniurs
ne posant guère de problcme particulier, excep·~ion faite qu'ils sont
marqués liaI' W1 très gro..nd li b0ralisme.
Au sein de chaoun des points, l'étude de la 30NJ1PI a tenté
de ju,ser de l'intensité du trctQsfert, en distinguant 4 degrés; création,
adaptation, mise au poiht et transfert nul. 10 degré nul de transfert
de technologie est le plus repandu.,alheureusement pour la présente
étude, la SSP 'l'hiès ne faisait pas partie de 1" échantillon. En revanche,
la CSP rl'aïba a été bien étudiée et figure p.l..rmi les entreprises qui ont
dû adapter le ma.tériel technique ct cr8er une Gtructure de formation
professionnelle,
sur place. La CSP Tai'ba dispose d'un bon laborettoirG
d'usine, d8stiné à "normaliser" la production qui est entièrement 8xj)ort6u o
l/Société Nationale d '~<.;tude s dG· promotion industri:ëile-~ SONEPI) "TrJnr3-
fert de technologie au Sénéga.l" (plus compléments), Dakar,
1911.

R/2795
Page 438
Dans le context~ cie la pre:sente étllde, le problème oS3en-t;icl
est celllide la rGsorption dll ch8mage dQ la main-d'oeuvre fai blcI:F:uC
formée: tQchnie:iE;;nl3,'OllVriers ct manoellvres. Cn sa.it qlle la célpaci-c(,
des indllstries extractives à creer des oülplois nOL1VeallX internus 8<3tcr,s
rèdllite. Pa,r contrz;, cos indllstries pOllvent ôtre à l'origine; de la
crêation d'emplois nOLlvuaux soit en aval, soit en ali1ont. Il import" ,~}(;rf\\
de s,~,voir si les indllstries fOllrnissant les inpllts et celles serv",nt clo
débollchés allX prodlli ts miniere sont si tllées dans13 pays Oll à l'e::t(;rL:lEe
Dans CC) o,omainG, l'extraversion sc concrétise ,)ar le; fait CIlle les uinu:'3;
et llsine s de traitement dl1 minerai sont illtégréés, non à l'économie
nationale, mais aux économies centrales. Un alltre problème est celL:i c:'o
l'enc).dr8Iilent lié à la senégalisation des emplois compté tenll dll c U'c',c-
tère colonial marqué de.: l'économie. Ce sont ces divors points qlle l'on
va examinor,_
1. Bqllipemenh_~:;stionet ch8mage
L'emploi interne aux doux entreprises ne dépassGit pas î.120
en 1972, la strllcture des offres d'emploi est fortemel:t depandant€:
do
1 'olltillage lltilisé. Or, à 'l'aïba comme é. Thiès, la tendance a tOlljOLtrS
été d'lltilis(:r des instrllme:,ts dG travail trés perfectionnés, môme pOllr
les tro.va,ux do terrassoment ct de manutention. 1)3 ce fiüt,
la proportion
des m,=,-nOGuvrcs et ollvriers de première catégorie ost très faible d:l..'1s
les phosphiltoS. Depllis 1966, il Y a eu llm; diminlltion absolue do
l'aff,-,ctif des ollvriers déS 2è;,/J,
1ère catégories et riJatloouvres fi 'hl,ïb
143/475 OQ 31 pOllrccent en 1961 i 75/925 Oll 8 pOllr cent 1973.
Par contre,
le tallX d'enc",drement par la mai'trise ost const~1,nt
d0pllis 1964, de l'ordre do 15 pOllr cunt. D3 m6me l'effectif <les ollvriers
de la 3ew8 à-cla 7ème c.::Ltégorie a beallcollp augmenté, ainsi ql1e SQ pb,ce
relative P':-iT' rapport il. l'effûctif global; 41 pOllr cent en 1961 ; 60
pOllr c!::nt en 1967 ; 61 pour cent en 1972. Il apparait donc qll'à T;::~b:l,
plus de 79 pOllr cc:nt de la rllain-d'OCl1vre est qQalifiée
i
2 pour cent
d'ingénieurs ct assimilés,
16 pour Cünt d'a,7,'ents de maïtrise et 61 pOQr
cont
d ,
.
d
1
Ollvr~ers
0
a 3"ome 'a 1il 7-
t'"
eme ca
1/
egor~e.-
11 Rapports annQols de la Diroction des l~nes_

R/2795
Page 439
On peut donc relever deux trn.i ts ossc)lltiels, la fcrc0 cle
travail demandée est ll.ne force do travail qualifiée i cc.tte demande est
limitée.
La demande est limitée pélI'ce quo los firmes multinatiollJ,-
les n'ont pas voulu sacrifier la recherche de la liieilleure productivité
du trav'lil à la croé::,tion des emplois. En effet, il n'y Cl. eu de la p,::,rt c:e8
multinationalo.;s aucune adaptCl.tion on vue de contribuer à la résorption du
chemage. Quelques wlaptntions, exigées prœ les condi tiQns physiques ct
d'autres coûts ont été faitos, mais jamais dans 10 bût d'instaurer dos
tGchniques "l3.bour-intensive" .1/Certes, l'évolution
des technique s
appliq,uées a 'l'aioa montre qu'au moment de r6alisor un ~~ros investisnclaont,
1'l. société cheisit entre deu.x ou trois variantes tocAAûlogiquos. ;,ms
j21Tl,ÜS le ohpix d'une variante n'a été imposé ]Jar le souci d'employer ~üus
du fcrce de -Lr3.vailloc,'J,le. Ainsi, d~e l'6tudo du la SGNI<;FI,
on peut
lire : "la comp:1f;nie des phosphates de Taloa Cl d(l ndc:,pter les équipements
"lourdsll iml;ort6s allX conditions locales, no sorci t-ce quo pél.!' le fcd t
que
10 prix des utilités e.ttrès notablGment diffCrent au Sén&gcü ettUX U:3;\\
(qui d::.ns cc cas l)rOcuraiont l'assistance), en pi1J'ticulior le prix du IÜJ/h.
Elle a renvncé ainsi à un certain nombre d'autc:œatisàtions en rn.ison de
l'éloignement de tüut centre susceptible do fournir la l1iLuntunance".Y
En général, toutes les opérations de terrassol;tcmt
cle
J
traJlsport et de ma.nutontion sont mécanisées. Far exemple, à Thiès, le
gisement n'est pas recouvert d'une zone do terre vézûtale et de stérile
ét' {;pais,~our importante, d0 telle sorte que l'exploité1,tion ne nGcessi te
pas de travaux préliminaires d'envergure, en dehors de C8UX liés à la
locali sation et à l'èvacuation des reSSOllrcùs minière s ~Jropremont dite s.
w cc fait, l'uxtraction se fait à ciel ouvert. En'principe donc, 10 déca-
page, péœ exemple, aurait pu donne lieu à un recours plus important à
de la main-d 'ceuvre non qualifi,je. Or, i l est effoctué au scraper ou r,u
bulldozerj toutefois, cette -opération a lieu en hiverni,€,o,
et c'est peut-être
pour cette raison que la mécanis:1tion d~décapage est très pouss&e.
j} SONEPI cit é ·
~/ SONEPI, cit é, vol. 1,
page 10.

RI '795
Page 440
De môn1C los operations do manutention pourraient être f3.cilc:-
ment "labollr-intonsivc". Or, voici une à:.-scription dos opérn,tions d8
manutention Sllr les phosph3.tes de Thiès :l.ll pOlot de D::J<:ar ; "I.e déchargo-
ment des wagons s'effectll8 autonvrtiqllûli1ent par trappes dans des tr')mies
souterr:ünes,
alimcnt:mt un tapis convoyeur. Lé prodlli t
peut $tre conùui t
dir(;ctemunt à la tüllr de Chl,:rgolilE:mt ot vidé d,1-YJ.s lus n,.wires pilI' una
gOlllotte jEobile,
Oll entrmné vers un hanear couvert pcrmettctbt ln, repo.,r-
tition homogène des qllalités et des qll2..ntitês D. stockor".1Ifu mêm~ \\)1'1
CO' qui conCerne los t,"chniques do gestion,
los Gntreprises Llllltinaticnalcs
ne sont P'1,S éldaptées :lllX conditions localos : "Les systêmes de Gostion
dos entreprises indllstriellos all Sénég:ü nu prés"ntc~1t pas do cl.ract6ris-
tiques très particlllieres. Les divers oreanigr.1!lll':leS sont 3,ssez cl2.ssiqll3S,
du forme hiérarchisée et fonctionnelle: diroction tenér;:üe, dircc-eicn
tochniqllc ail d'~ploit,1tion, ~ ih':tuction comEierciale ct fi nancièro, év.,n-
tu.o l1emant services dl ctlldes. La plllPéU't des indllstries ir,lportantos du
,3énégal ayn.nt êl,El creeos 3,VOC la p,:iI'ticipn,tion de capitaux étrangers,
l'orgGllisation de l'entreprise s'est inspir~'dr.; colla des entrapriscs
étran(S'ères équiv:ûontes".Y
't'
La non adaptati on technologique sc t réldui t
aV3.nt t ollt PéJ.r Ui1C
prodllctivitê du travail très élevêe dans les phospln,tes sénégaLüs, nléÜ:;I'C
lOG
difficllltés thermiques importantes qu'il [L ùùlll tourner. Une co~
paraison aVGC le Laroc montre que la pr0dllctivi té phy::üqlle dll trav,ùl
Gst plus élevée dans lu s ph ospl;,cète s s 8nèg,üai s quo cbns le s phosphrttc s
maroGélins. En offot, lln C"lClll '1S08 Z grossior montre cruo 1 si dcills 100
phosphates marocains cettu prodllctivi té est pnso6e du 557 tonnes de
marchandises-hoIrur,G en 1960 ~ [)87 en 1970, p2.r contre"
a.ll
Sénégal, cl18
pellt-être estimée à 1.570 tonnes en 1973.l!
i!ChélJilbre de Commerce,
l ' Agricultllro et l 'Indllstriü de D::tkar. Rlpport
Synthèse':1conofaique de l'Ex-Am' 1960, t3, p. 508
Y SmLi;PI, cité.
l! Sources
Rapport de la Dire;ction des Fines,
1970, nabat~··
Rapport AWluel de la Direction des lûncs,
1974, .Dakar.

R/2795
page 441
Cos différGnts eXGmples démontrent qu tà un moment précis, l::~
t,;chnolo,,;,io au soin du systènlO 0 st uno donnée. Cm ne peut y apportûr '.Iue)
des modifications de détail tenant compte du rnilieu.
Il Lo gouvcrnemen:t; "bGut porsuivre deux objectifs, lél résorption
du ch8mage des jeunes sortant de l'université, le placoment des dip18,.lcs
d'études supGrieures. C'(;st là oùlle secteur privé peut nous aider et
prouver Sa bonne volonté en pratiquant la méthode des homologuos •••••
-Je serai frn.nc et clair
nous aurions pu choisir l'c,ption H<'ltioH<':11ir>è-
tion des entreprise s, nous :wons choisi l'option sénêgalisatibu'1des
emplois" )./
Donc, pour le gouvernement, la sênégalisation doit résmlQro
simultal1e:ment doux problèmes : celui du ch8mage dos dip18més d' étud,;s
supérieures et celui cle la trclnsmission dos mcthodes de trtlV,ül L1u..'C
S:meg';,Lüs. Le principe de b'1se do l'entr::1.Înement à la gestion et ë, l,!
création technologique était plut8t la aonégalisatùm'de l'cujJloi que
b. s6négalis tion des décisions économiquos.
L'objectif de rosoprtion du ch8mage est difficile à éltteindrc,
a.insi que le montrent les chiffres qui suivent: "Du pléln de l'emploi,
la sênég ûis :lti on d' u.n maximum dû 5000 à 6000 poste s de travélil sllppl é;-
montairos (do~t un ffi:.:x:imulL do 2000 tunus p''X' des tr~vailleurs eUrOp8Gn:c;,
et un rnaximu.m de 4000 piU' de s af'ricélins non sèneg:l.la.i s), n' allègern. fW
considérJ.bloment los effectifs de ch8nv,&o.1/
Il est donc certaiin que, Sn.ns bouleversements structure:J" L8:::;
jeunes sortcu1t d'uno université orientée vers los büGoins d'une indusLl'j,j
stagmÙ1tu s8raient biont ôt obligés d'émigrer, à moins qlle la zone fl"mc:18
industrielle ne sc dcvcloppo ro.pidoruent.
---,~----~~~---~~-:-----:--=-~:---~---:::"~---:----:--=---;--:~'~'~'~--''"
il DiscoLU's du 23 mars 1972 devrtnt le Conseil Economique et Social.
E/ Ch. F. Brun, "Le code de tr;J.vl.il et la senegalisation "non tro.umati-
sante", d"ns Revue Sénég:1b.isü de Droit, Spéciéll 4012,
1974.

n/2795
Pé1€-
442
En C'.
qui concerne plus spécL:.l<JInllnt le 88cteur phosph~rti·:.èr,
on constil-tc que, comma i l est nor al dans ln production minier<:::, l '~Uh­
ment:ltion de: l'emploi interne ost très réduite une fois la vitosse de
croisièro :ütcinte. Ainsi, en co qui concürnc LèS phospk1.tos do 'l'hiès,
l 'offectif globü des afric'üns c st passé. do 220 en 1963 à 237 cn 1972,
soi t
l,l0ins de 2 emplois su.pplément:Üros par an.
~uant à l'objectif de l'apprentissage technologique, il est
contrecarre p-::.r colui d,;s firmes multinationales qui est de ma.ximis.r
le profit. La "méthode des homolo,:':\\.tGs" est coûteuse pour les firmes qui
do co f:ü t préfèrent sôn8!.:'Jllisor Ll.SS8Z vi te cortains postes "sénégali-
s::bles". i.
Il Y a peLi. d'information officiollos sur 10 prcblèmo de la
senégalisation des emplois d.:l.ns le sectour privé sénégalais. Capcnd::.nt
l'f:Jllquêto menée P'U' J. D9cuper1l'comble en p'lrtio 1:1, lacune. C'est ln
source principale en m~tière de statistiqu.8s globales.
Solon J. LCcu.per, le fait le plus mu.rqucillt est que malgré 180
appu.ré1IlCCS. 1:1 sèn6galisation ost <l!:.lantit:1tivemcnt assez pouss8e. Les
gr:.~ndos8ntroprises ont dejà procédé à une afric2l1isation assez iilÎpor-
tante. 2.insi, da.ns l'industrie on géuéral, le pourcentage d iexp:ltriGs
étai t pGG8C: de 10,1 pour c,.;nt 8n 1962 à 6,2 pour c8nt en 1972. Depuis
lors, ce ponrcE:JlltClgc il 0ncore betissé •
.1/ Joêï Docuper, ilLe SllCtCur privé est-il contre 1" sénégali sati on",
Africa l'JO 60, 1972.

R/ 2795
Page 443
TABLJ~AU LXXVI
Pourcentg.ge de~2..?C~'..triéB dans l'industrie
1962
1972
1
E.xpc~ti'i é 8
2.270
1.406
Locaux
20.143
21.379
Total
22.413
22.785
:
, i
Expatri és/t ot::c1 en %
10,2
6,2
Source
J. D3cuper, cité.
DMS le secteur minier,
l.~, s 0nêg:.üisati on Gst plus lente en
rcüson de la très haute technicité d8s opércltions de prospection ct:~L1C3i
du caractère très intégré à l'échelle mondiale des firmes qui y opèrent.
Héanmoins, le mouvement e.st très net. Tant à T,':'.1ba, qu'à 'rhiès, le POLlr-
centnge d'expatriés a considér'lblement baisse au cours dos dix"du'rnières
,um ée s •
TABLI~AU LXXVII
Lvolution de l'e.!!œloi total par DJtîonalité T:;i;]:>a et
Thiès
Entreprises
1964
1972 -
.-
1
Taïba
-t 1961
1963
1
i
,
r~pitr~és
138
88
. AfricàÎns
337
·..
• • 0
837
Total
475
•••
• ••
925
.
Thiès
- Expatriés
o c .
22
• ••
17
Africains
• • •
220
• ••
237
Total
• • •
240
·..
254
Source
Rapport annuel de let Direction des Hinc.:s.

R/2795
Page 444
Evide rrune nt , il filut preciser que, pour l'instant; les
Sénégalais n'accèdent qu'aux emplois "sénégalisables". Selon le Prf~:sictunt
Senghor" il Y aura toujours dans une entreprise à capitaux étrangers
certains postes lêgi timement occupés peu' des res~:;crtissants des pays
investisseurs: ainsi certJ.ins postes de la technostructure et du
't
secre
. t
ELr1.<1 ' en p[.lX't '1.CUl'1.cr
"
•••••••• 1- /
Da fait,
si les firmes multinationales sont d'accord pour
sénégalisor les emplois subalternes, elles ne sont pas pr$tes à céder
la direction aux Sénégalais. fansi, au moment do son installation, la
CSP Talôa procédfl olle-même à lA. formation du pGrsonnel subalterne.
La CSP Taiôa a eu une poli tique üxtrêmorJllmt dynamique pour
former les individus dont elle avait besoin. ra 1958 à 1963, elle formé'.,
elle-même son personnel, à partir d'analphabètes, auxquels elle dut
donc donner de l'enseignement général et technique. Pour former 16 s
techniciens, elle fit appel à des cadres fr~çais specialement qualifiës.
Environ 150 personnes selectionnees fréquentèrent l'école de la CSP
Ta1"ba. Parmi eux, 60 eurent une promotion ,~,'près avoir compltté leur
formation. ws résultats furent J.ssez spectaculaires comIne le montre
le tableau suivant :
Résultats de la formation ~e tochniciens~~rie~
à la CSP Taiôa
1961
1962
1963
~:;s)
lifriCains
63
82
92
163
Africains (en %)
41.5
.24-
-M...
83,5
Total
152
130
143
196
Source
Gul' Pfeffcrmann,
"Industrial Labour in the
Republic of Sc ne gal ", page 261.
11 Discours devant le Conseil Economique et Social le 23 mars 1972.

Il somble.; que le mouviJli1ent de s0ne salis:-ttion d:1ns laCSF 'l'~ïb:;,
f
aurai t pu êtr8 encore plus <1.mple si 10 code do travail n 'imposili t p:i.S do s
conditions dr::'.,coniennes limitant 10 droit de licenciement dos Iloxp:-ttriés ll )jl
Quelles sont les relisons fondnmcntC1-les de ce mOUV0li10nt de
sénégéÜisdi on p:œtielle ?
Lorsqu'on VcU'le de tr3..'1sfert de; tcchnologio, i l s':.1git en f d t
d'une pr,'.;.tique qui existe depuis la fin du 19ème 8icèle, c'ost-à-dire dZ.::pllis
que le ca.pi:,cllisme 2. commencé à produire dos lil:œchandise s en dehors de s
métropoles. Ce qui est nouveau, c'ost 1:.. prise de conscience dGS p::.ys du
l'iers-r;onde de ne plus G'tre seulement des consommatl."Urs de t...,chnologiG,
lllais a.u:Jsi des producteurs de t,-chnolo:çie. Goito roviJndication peut G'::p':~i1­
dant être forrmlée do rn.'.1I1ière plus où moins radicale. Four les péLYS L8 rli.18
w::ulcés du tiers-monde, il f.'ut creer 188 conclitions d'une production
technologique, en imposant aux sociétés multillc:.tionalos de la vendre .ct "lon
de proc!::dor cllcs-mêmes à la gostion des unités do production, autren;"t
di t, il [-eut oxercer le oontr81e Sur l ' oconor.1ie nati onalc notalTlmunt ~JI.lr
les rossourCDS n::t.turelles.
'l'out;,;fois, le Sénôgal est l'un d<0S pays où 1:1. doctrine offici 11,:-
repose sur l'idée quu les intérêts dés firmes multino.tionalos ct ceux dG 1:"
n<.'..ti on nlJ Gont I>w'c:.nt'l.gonistes et qu'à tré1vors le diC1-1oe.'uo, un tr:-:.rl"f:;rt
progrossif du tGchnologiü, (t:;.ns le 'CCtd.ro d'investisG<:~münts
6tr,"..ngers, peut
conduire clU dèvclopPoill8nt. DiillS 10 c;,s dos phospha.te g. et juéqu'en 1975,
l'Et1.t n"v':üt qu'uno pa.rticipation symbolique (3.07 pour cent). Des lors,
pour juger du degré de tréLnsfert do tc;chncil!ogie,
on ne pouvni t poser "I110
los questions concernant l'insortion de cndros sèné.:;:t1<:tis dans la ",:osi;ion
locale dos afLùres dos firmes multinC1-tionales. Du f:rit que l'économie 0z;t
restée fond:.mentahnnent une 6conomie do tr:1.i te, c'ost le capitzl.1 fri'wç:.is
qui gèredirc;ctement le suct",ur industriol sénégo.L:üs. Il y :'. donc sup0rpc-
si tion de d:.::ux problème s, celui do l ' absencu d2s 6ûnégalais c1iillS la [hN;O-
tion d,;s entreprises industrielles, et oelui du la production tcchnolci"i'-:;,uJ.
17~cupe r, op. cit. etCh. Brun "Le code du trav il et le:-sênég;iis-;ti~;-
"non-traumétti sante".

R/2795
Page 446
Selon ln théorie du dévoloppcment inégal, i l n'ost pas possible dL'
pl'oc8der "P'U' étape s",
c' 0 st-à-dirc senég:lli Gor d' :1.bord IGS üE1ploir:: l:',l:-:::
l ' Cconomie. w stade actuel du cD"pi talisme d;7Jls le mondo et 10 S lois ';'ü
le rét'?:issGnt posunt l'a.:..ricanis,-;.tion dos c,,1plois comme un objcci,jf ({L'i
no pout êtrG résolu de m:ulièro sérieuse qu là travers le proc3ssuS 'U
contrôle do l ' êconomiG n'"tionnle p':t.r l 'Etc:.t.
:8n effot,
il est tout à f ai t ,:;rroné dû confondre s6négiJ1i sE:.t:icl"l
dGS (;mplois et procGssu.s de production n:',tionale de technologie. V,,
rùson en est simple: coux à qui l'on confie les emplois sont c,:Q;(;u..;
les firmes multin'ltionales ont jugé aptes à consommer lolll' tochnologi;.;.
En sorrune, pour les firmes multin,1tionales ct pll,.l,s spècialmncnt d1l1S 1GB
phosphates,
la sénégalisatioIl'partielle en COlll'S est dictée non p:tr lu
souci de rc;soudre 10 problème du che!J1age, mais pClX' des consideratioJ1L l~';
rontabilité et dG str:ttogie politique.
Du point do vue économique, le codG du tr3,v'ùl impose aUX firL,;:; s
mul tin:},tionales qui engngont des êtrang8rs à titre d' "exp',l.tri ès" dû s
charg0s très lourdéS qui ont un effet dèpr,~ssif sur 10 niveau du prcfi t;
les cl13.rges salariales sur IG porsonnel expatrié sont souvent supérieur~s
de 100 pour cent et plus ii colles sur le personnel s6nég;üais de CO;;lpCC",llCC
et do fonction semblables. "Plusieurs dir2ctolll's do sociétés import=ult",s
dont une hwque ont même reconnu dov1!lt nous quo l;:;urs bünéfico s s,;r:ücnt
l
. l
'
.
t
. , . , . 'l' 1/
nu S s ' l S n ·:..v'·,~.lcn p::w ,:tt rlcanlSe .-
Du point"de vue pplitiquc, les firmes multinationalGs chorcil(;n-C c'c
éLt.rgir leurs b:l.seB internes. "Cert'üns dirigee,.nts -
qui voient lCJin-
sou!laitont l 1 o,fric:uü s:üi on
totüe d.u pursolmol do leur sooiété p.:1rcc
qu'ils üstimont qLle, p'.1r le biais do l'iniéress.è/il-,nt, , l'iJ.vünir de h:u.r
ontreprise ou de leur filië.le sénèg:ü::ise ser-:l. mieux assuré et heurs
c:..pitG.ux mieux dèf('ndus •••• contre los risques poliiiqucs ou simplevc:.. ni
contre 1:::. conCUrr8nCG Cl 'entreprises i:;, capitaux 8ntièr.)JTI'cni n/:-:,tionaLu" .:1:./
11 J. Ik:cuper, d,-;.ns Africa, No'6; page II.
li J. D.ccuper, op. cit. page III.

n/2795
Page 447
Donc, l ' ,J,r'ricanisJ,ti on est une rcv,-,ndic::tti on du s,Jcteur pri v()
lui-même. P2X' contr0, c'ést l'Etat qui freinera.i t
le processus ùe sup-
pression de postes d'expatriés. "Lé], légi slati on s<::mégalaise elle-mCme
ne f2.vorise pas l',,'ricanisr,tion semble-t-il. ID f,üt,
d'après 18 code
du trw ,il, le: licencüml,-,nt pour Cèi.USe d' ',fricé,nis,~tion n'est p"s un
motif légéü, cc qui permet à CG dernier do s' ,::<.tt:1quor à son entropr~nGllr.
J:hlgré les demandes dus umployeurs, ce point n'a f,üt l'objGt d',l.uCUl1
aménagom.::;nt . e la p,rt des autorités concernées li ).!
Il est donc cLùr que l'africanisation est envis:~ôe par les
firmes liiUl tinl1.tionales av,:.nt tout en gardant le contre1edirect.•. des entre-
prises, puisque la ndionalisation est écartée.
Les firmes multin:1.tionales sont allées encore plus loin. :8118 S
sont à l'orieine do lE~ création de l'institut univursitaire do tcchnologiG
qui, depuis 1974, fournit en principe:90 tuchn.iciens supôrieurs annuelle-
iil8nt à l'industrie. Il fournir;), 8MS doute âgnlcrilc.:nt do la llléün-ù' œuvre
pour la zone franche industrielle de D~{ùX.
3. Créations indirecte diemplots
Les compt~blas nation:1ux sénég~lais ne construisent pns oncoro
de tableau d' échanges:.industriels. I.e soul t:1bl<J:1u dont on dispose, et
j
pour l'industrie seuloment, porte sur l ' ailllée 1962. T...:n fait d' l1illours,
prurln.nt acte du ca.ractère ûxtr:'..vurti de l'cconomir;), i l n'établit que
les li;üsons en termes cil.'inputs ::.UX industries. Aucune tunt.itive n'apPl1-
l'art' pour pr(;ndro en compte l'absorption de l'économie sén6gcü::.isc p,X
l'économie française.
(a) Cré~t~~n d'emplois indirects en aval
Alors qu\\~ los opôr~'.,tions de trr:.nsforrnation des phosph"J.tes en
engr::ds sont ''.ssez simplos; la quafJi totalité dus phosphates sénégn.1 c'"i s
est exportée jusqu'à maintenant. Deux petites linitus du production
1/ J. Decuper, d;lns Africa, N° 60. Ce choix du go~vernelllent est qualifié
dG "sénégalisation non tri.1umatis,1l1te" ou " s ên6galis:'vtion tranquille" plU'
Ch. F. Brun dE11ls la Revue Sén8g,üaise de Droit Spécial, ,NO 12, 1974.

R/2795
Page 448
fOf.lctionncnt cependont Sllr place: la société inçlustriolle des cngrnis:1U
Sén6gal (SlES) ct 1-:1. société sùnégalaisQ des ongr3is ct produits chimiques
(SSEPC). SSP Thiès livre à peu près 8 pour cvnt do sa production. L~ CSP
T~iôa, moins de 5 pour cent.
TABLEAU LXXIX
D-:.'stinl,tion iLGogra.E.h_i_~_d(;s liv.-!'aisons de phosphates
de la SSP Thiès e~ de la GSP Tcùôa (1973)
1 - - - - . . , . - - -----~ ..- - - - " - - . . . . . , . -__~-_t_--"...,...--~--_t
Production
SSP Thiès
CSP Tciôa
Total (tonnes)
76.000
1.611.000
Exportations (tonnes)
70.000
1.537.000
:;:';ntreprises locales
6.~OOO'.
7.4.000
1
(tonne s)
_~ (e_n_%_)__....:..-__8,a __.!~
Source : DinJction des Iiines
Le mnrché i~tcrn8 est donc insignifi=:.nt. Aussi, le nombre
d'8mplois offerts ~st-il limité: 231 afriènins à L1 SlES en 1972, 37 à
1", SSEPC.
C'iJ st donc vors le s p.::ys centrclllx qui iTüportent le PhoBph~te
senegalais qu'il faudrait chercher les offets induits en aval sur l'ocploio
Signalons qu'en ce qui concerne les phosphates de Thiès,
l t'absorp1;ti.on d'èns
l'uconomic française est p1rfaite. Pechinoy est ~ctionnaire des doux
Sl:ciétés qui traitent en France l'essentiol dll phosphcdü d'û.lur;line
sènégalaisj l'Usine de l'rates, constrllite pn.r lé). COj;lpé1i~'rlie Bordelaise dos
prodllits chilùiques, l'Usine de Houen, constJZUite pur Ynlman. Il existe
aussi à Sète une usine de broyage du Clinker de Li1J.;-L::l!lI.

n/2795
Page 449
En resumé, los emplois induits sont créés plus on Fra.mcG qll"\\U
Sénégal. Quoiqu'il en soit, l'extr3.ction dos phosphates a purmis de cr:;r
près de 270 emplois on éWCÙ. C'est un volume d'emploi supérieur à celui
des phosphates cle 'l'hiès.
(b) Création d'emplois ind..i!,oct~enQffiont
Le tableau d'échanges inter-industriels pour 1962 donne les
liaisons suiv:mtes en co qui concerne Il bru.nche "industries extr3.ctiv~s~'
D'après la présentcl.tion dos auteurs du document, 1 'onscrùble de l'indus-
trie ûxtr c1.ctive sénégalaise achetait en 1962 pour 1,103 millions dG :.:~r;Xio8
CE'A de "produits locaux". Cependant, le\\. notion de produit 10c;11 aurClit
da: être prc)cisée d1'vémtnge. En offet, les postes los plus ioportéUlts sOilt
oeux de 1 '(jnergie (239 milli ons), dos traJlsport s (349) et de s frai s
bancaires (435). Or, si l'énergie électrique consommée dans l'industrie::
extracti ve est 8ffuctivement produite au Sénégal, i l no fc1.Ut pC1.S oublior
que c'est à partir du pétrole, lequel est cmtier8ment importé. Le jintcl'i..,l
de tru.nsport est égaluIncnt cntièremunt importé. Quant e\\.ux fr'ris banc,ir)s
on connait les relations entre les firmes multinc1.tionCllcs at los b.:èl1qU';S
étrangères installées à Dakar.J.u total, los achats loc~ux stricto sns~
sont très limités: industries textiles i 1 million, matèriélux de
construction 23 millions, loyers 34 millions.
Il f',ut pa,r aill",urs rappeller que los phOSphel.tes ne constitu-
,1Îont P2,S un S0CtOur très important en 1962. Quoiqu'il on soit, c'est
dans l'éner,zic et le tr.)nsport qu'il y ;1 ou effl.;\\otivoment cr6.1tion d'emplois
du [-lit de l'extraction phosphn.tière. Il ost mêr,1o possible que cus
emplois va:rient lorsque la production do phosph'J.te fluctue be0..ucoup.
L'ilnportant est de const:l.ter que la croiSG,1ncG de la produotion est indé-
pendante du c0llo dus uni t-és de production interne. " Le déve19PPc;jjl0nt
do Taioa est étroitement lié à Ll. si tU0,tion du marché des phosphates")/
Au tot,ü donc, en 1972, les phosph:l.tes n'n,vaient pas créé plus do trois
c·;nts emplois induits.
il Rapport de la Direction dos nrinos, t. 3, 1969. pé1ge 24.

R/2795
Page 450
II -
L' HJPACT SUR ŒS REVm'JUS
L'em;cf;lb18 des revenus crèês chaque annC'El par les phosph2.t,)s
sénESgalais s,; repntissent 8ntre trois grandes nnsses :
103 s,J,l:üros,
les ruvc)nus de l '1'tat (rocettes budgét,'ürcs ci-après) ct IGS profits dos
firlno s i,mltinati on::l.1cs.
1. Les saL1il'os
L'ubjet de l''':Jlalyse est do montrer la spêcificité dos sé~L1irtJs
dans 128 phosphates pa.r rn..pport il coux dl autres branches. fiais :w,'mt (Je
faire cotte an:üyse, i l convient do donner un aperçu du problème des
sa.l:üres au Sénég::ü et da 1é1 tendaJlc...: porsist,~j,nte à la détorior:l.tion du
pouvoir d' llChé1t •
.:1) Con~i_tions générales de L"1 détermino.tion des taux de s~l.:::c_~
9u Sénégal.
On s'lit que le produit annuel du tr,--:v:ril accOl'lpli p'I los tr:'y"il-
leurs d,)s firmes mul tinationé11es est réparti entre so.laire et profit.
Toutes les enquêtes sur les salaires él-U Sénégal [Jottent en relief d...:ux
phénomènes: (a) le statut de s:llarié est un statut privilégié piU' r'fPcrt
à celui du pays:m j (ii) depuis au moins une quinzaino d'annCos, il.'7 ,1
uno tendMco à lr:.b'..isse du pouvoir d'achat do le:. mèjorit& dos s,,:ù2.riCs.
D'..ns l'ensemble,
lël. condition du sill(;J'ié moyùn ''1.fl'ic,:.~_;1./a
diminué au Sénégal dopuis l 'indêpc.néiance. Le tn,bleau ci-dessous montr"
que de 1961 à 1974, 18 pouvoir d'achél-t S'8St détorioré do 30 à 10 pour
cGnt suivant les c:.tügorics do trw"illeurs. D8 1961 à 19613, il n'y (;ut
élUCilll
changemont d'-l1s le bé1rame de s salaire s de base. Aprè s la grève dE::
1968, des :l.justements furent pris, m,üs qui ne pùrmett'1.ient pl1S de re;ttr:-:.-
per lé'" hllusse des prix • .entre 19613 et 1973, 1<1 situ:ttion se détérior~l
encore daviUlt;bge, compte tenu de l'inflation. En Aoti:t 1973, le gouvcrnOL,,~lt
i/"Assistante teChniques" sont èxclus de c(;tte analyse.

R/2795
Page 451
r(;leva les prix et les s2..1aires d(}s catégories des tr'w;ülleurs les

moins favorises. Une augmentation des prix suivit, puis un accroisscm,;nt
des salaires survint à nouveau en f6vriur 1974. D~ns les deux cas,
l'augmentation dos süaircs fut inféricure à Cf;lle des prix.
TABLEAU LXXX
Evolutio~~ouvoir
d'ach~
(s.:~lairus do base divisés par les prix)
-
-
Catégories de s'èlariés
1961
1968
1973
1974
Ouvriers 1ère catégorie
100
96
81
90
Ouvriers !Sème catée;orie
100
92
73
GO
1
Employés 6ème C,lt 6gorio
100
i
92
73
1
DO
!
,
i
Agents dG mattrise
100
89
66
!
Cddres P2 A
100
J 63
85
7~J
1 .
1
~
Source
J. Reijmerink, Rapport sur L~ situation poliüque
des salrri!'os au Sén6giü, Pel,go 11.
'"
Le to,bleau ci-dossus montre clairement que les ajustements
n r ont pn.s permis aux salaircls de rattrnper la. hausse des prix. Quant i~U
sr.lIG (salaire minimum g:-:ranti pour un célibataire SiWS charges) calculé
depuis 1954, il a subi la même' évolution que le s:üe.,ire r6el des ouvri'èrs
de première c:1tégorie
par r.:;.pport à 1961 = 100, l'indico a v,:œi6 de
la manière suivante: 1968 % 96 ; 1973 ~ 81; 1974 (février)
90. ~ill
fait, le StuG a perdu sa signification cor son 0volution n'est plus
publiée et il ne subit Q.ucun u.justement automatiquo à la hausse des prix
dus biens entrant d;ms eon calcul.
La b:üsse d,.;s s'üaires r6els au Sénégal est due à deux C;',11se8
principales d'importance in6gé11e. En premier liou, la productivité d:ws
l'industrie n'a préltiquement pas augmenté depuis 1968.En effet, la
valeur ajoutée industrielle a augmenté de 5,3 pour cent Vèl' CW1 entre

R/2795
page 452
1959 et 1965 et de 5,8 pour cent par an entre 1966 et 1972 (cf. annexe 1).
Par é1illeurs, entre 1968 e~ 1973,le nombre cl8S emplois industriels est
passe de 17.000 à 23.000, soit un taux do croisséulce de 5,8 pour cent par
an. En conséquence,
on peut dire que la productivité du tr~vé1il dans
l'industrie est,deI:'2lU'lie st'1gnante depuis 1968. Ceci est dû à un f,üble
taux d'investissement, à une progression insuffisClnte de la domande et à
une surcapacité de production.
En second lieu, la r;üson centrrl1e des b::1s süaires et dû leur
tond2~c8 à la baisse, réside d~s le dévcloppemGnt
du chômage, combine G~0C
une stagnation très nette des profits.
"A la fin de 1966, le nombre des chômclU's inscrits dans la
région du Cap-Vert s'61ev:tit à 37.138. En 1968, le nombre étl.it passé à
44.420, soit une augmentation d'environ 18 pour co nt • Aucune alloc-1.tion de
chômage n' exi ste au Sénégal" •.1/ A de rythme, le C:1p-Vert no devrait pn,s
compter- moins do 100.000 c~-emeurs û,u sens trldi ti onnel en 1975. Autremc:nt
dit, dms cette région où se trouve concentré l'essentiel do l"~ctivité
économique industrielle du Sénégal, à peu près un éèdul te sur qu:ltre ser'~i t
Sé1l1.S travail. Un rRpport de 1:.1 BI~ indique en effet : "1[1, productivité
de l'industrie é1 n.ugmenté seulement p.lr le proce ssus de "capi t[1,l deepening"
pendant les années sOix,J-nte, c'est-à-dire que l'emploi ost rosté au même
niveau t'~dis que l ' intensité du capital des inve stissoments a i'\\.ugrn~mté
et non les qualificn,tions d0s employés".
1&0;.. êlémentli structurelfj important~ qui expliquent cette
évolution ~ la place qu'occupe le Sénégnl dans le système capitaliste
qui l 'emp~che d '),ffecter le surplus créé dans le pays à l ' accumul ~,ti on
du capi till.JISé1l1.S une 0xpru'lsion horizontüe du mad.", de production
capitaliste, l'offr8 d8 forcc: do tr1.wn,il sera toujours supérieure à lét
d(;ÏJlandc. Lo chômage est le f:.1ctour essontiel qui peso SlU' les salaires
au S6négal et ceci bien av,~t le cycle de la secheresse.
il FIU, Etudes génércl.les sur les économios africaines, t. 3 page 561{ •
:f:./ BIRD, (rhe Ii:conomy of Senegal, Report 212 SE, August 1913.
li Voir los st:ltistiques dans la p;trtie du document c0ns~1crée à l' a.CCUlJlU-
lation.

R/ 2195
Page 453
Si l'on prend en considération nOn le nombre des individus
mais le volume des ch8m8urs "théoriques" on tenant compte du "ch8m'J~e
déguisé",
c'est-à-dire en eVélluélnt 10 ch8m.:tge en hOflllTles/mnées,
on
constate quo 10 seuil de 100.000 chômours ct~i t dcjà frtmOlli en 196(),
comme l'indique le table.:'..u suivccnt:
TAl3J;GAU LXXXI
Emploi et chômyge urbains
._-.......---"
1959
1968
l"orce de travail
115.000
290.000
Actifs
- socteur mod0rne
135.000
125.000
- soct(mr"trc~diti onnel"
20.000
55.000
Chôfu~
,
aJ .000
110.000
Source
S. Amin, l'Afriquo de l'Ouest bloquée, p. 48
Le ctU'l1ctère t';ussi massif du chôm::tge expliquo à lui seul la
tendance à la baisse des salcürGs des trwùllours africains do l'ind.Lè:J-
1I
trie et d0s élutres 'socteurs.
A cela s!;j oute bien sûr la politique gouvernomenta.le consi ::;t'w.tt
à
"gelGr" les salrürOB pour faire; concurrence ::mx autres pays candicl"ts
aux investissements internüionaux. l',algré cette politique, ces inv0stis-
sements ne se font guère et quand ils se font, c'est en général pour le
.
"
renouvellement plus quo Ijour l'extension; de 1959 à 1970, le tél.UX de
croissanco annuel moyen do lR farmntion brute de cCLpi tc':Ü fixe par
l'ensemble dl), secteur privé n'a dé que de C,7 pour c8nt pU' an allX
11
prix courèU1ts.
Le fonctionnement de la zone franche ne permet p~B de
il Voir ChapitN_ YI , "la réSOrPtion et d6veloppem8nt du ch80agë X---
l ' éche lle du système capi t ali ste",
li 4ème Plan quadriennal, p. 15 i pour plus de clêvcloppenent, voir lél
p2.I'tie sur l ' é1Ccumlllati on.

R/2795
Page 454
savoir quel est le mont;.nt Q..[lnuel tr,llisfêré à l'exteriour du Sénèg'·"l. Cn
S'lit soulomont que cos sorti8s sont très ililportantes p:u' rapport à ce
qui est réinvû sti sur pla,ce.
'l'ABLEAU LXXXII
FBCF et tr~sferts des b6n6fices
(en milliards de CFA)
1965
1~_6q.~~
1_ __ '"'"""1--t-_ _
Forrai1tion brute de capital fixq
(FBCP)
13,94
17,07
H,34
Transfert dos bénéfices par les
ontr,:;prises privées
3,71
5,8
Total (on %)
~l
~
l.h§...
._"_ _ 1_ _
.
- - - = . - _ _ ,_
Sources
Plé1l1 quadriennal, page 15. FI II , Etudes g6nêrUcs sur
los économies <.l.fricnnes, page 617.
b) Salair~s dans les phophates
entre d:lliS 1:1, problématique gênérüo do l'etude dos di spari tés de s
salaires d'une cüé..gorio professionnelle à une autre, d'une branche ou
év-.;ntuolloment d'une entreprise à une autre. Et,:::.nt donné pc~ ailL:urs q\\.lC
l ' econ'omie 3bnGg'alt.üse ost extravortio, il serait intéross':mt do cOlTIp-"rer
los s"lairûs des phesph:l.tes'..u Sén0g"J.l:voc C..3UX d'autres pays prcc1uc-
teurs, m:;.i s coci ne pout l)trc fo.i t dans le cadre de 1'1. prosonte ôi:uéL:;.
Cn s'est donc concentré, dans l'ëtat actuol des informations, sur la
comp:l.r,üson du,,: sD.lé"ircs entre les phosphates ct d'autres secteurs
non ;::gricoles d'une part,at los dispéU'i tés entre les catégories profos-
sionnoll,>s d'.l.utre part.

R/2795
Page 455
b1) Les disparités entre catégories,I,rof?_ssionnclles
au sein. de la bréll1che
Les disparités des salaires entre les catégories profession-
nelle s sont très influencées pCU' la classificati on des emplois. Le s
catég'ories d'emploi sont définies pCU' les convontions collectives, lii;ÜS
en général, au niveau des travailleurs mu.nu81s ct dos. employés,
on
distingué 7 catégories:
TABLEAU LXXXIII
Catégories des salaires au Sénègal
..:
Ouvriers
Employés
1ère cat.
exécute des travaux élé-
1ère cat.
cqmme .. ouvrier de
méntairos n'entre..nt pas
sa qat égorie
dons le cycle de s
fél.bricati ons
2ème cat.
~ttnoeuvre spécialisé en
2ème cat.
"
peu de temps dCllls
l'exécution d'une tâche
3ême cat
sait lire et écrire
0
connaît seulement W1e
3ème cat.
partie d'Un métier
4ème C:1t.
Habilité et conniJ.isSClllces
4ùme cat.
forilntion profossion-
( OS2)
confirmées
nelle simph~, sans
prati~le prolongée
SEnne cat.
possède un métier et CAP
Sème cat 0
possède une certaine
tùchniquo
6ème C'lt.
for!l1ation gênérale,
6ème cat.
employé qualifié
(OF2)
formation to chni que
do bureau
et pratique approfondie
haute valeur profes-
7ème cat.
omployé très qualifié
sionnelle
ex sténo-dactylo de
grande, .compétence

R/2795
P8ge 456
Au sein d'une sous-pranche comme l ' oxtrE1cti on et 10 tr1i tement
dGS phospho.tes, il est impossible de disposer d'inforffié1tions détaillées
sur les salé1ires par catégorie professionnelle. On a pu seulement obtenir
des informations concorn:.1l1.t la r0p~tition dos salairos à L.L Société
Sénog claise dGS phosph:Ltes de Thiès (qui ni.; produit que 15 pour cent
do la production totale).
TABLEAU LXXXIV
Société sénég,llaise. (18s phosphates do Thiès
Ecarts des salaires mensuels
Catégories
1973
.11ll4
Cadres et m~rises/employés
2,8
2,48
Cadres et martrises/ouvriers et manoeuvres
3,89
3,39
Cadres/journaliers
6,83
5,25
Dnployés/journaliers
1,36
1,37
GUvriers/journaliers
1,78
1,55
Source
calculé d'après les Hapports de la Diroction dos
rûnes de 1973 et de 1974.
Dans les phosphates, i l y a donc une nette tundlll1ce à 1:1 fermoture
do l'êvuntail des sr.ll2.ircs (.8 base. Ainsi, l'écéU't mnximum qui étrtit d..::
l'ordre de 6,83 on 1973, est des08ndu à 5,25 en 1974.Ceci rCsulte de
mesures gouvelmementales : on offet, 10 relèvufJlent général dos salaires
nominaux décidé par le gouvernement en août 1973 dcvait affocter plus 188
bas salaires que les si:.laires élevés, comme cola iWÜ t
dé le CaS on
1968. Par consèçuent. l'évolution des so.lairos dans los phosphates n'est
que le reflet de ce qui so passe dans l'onsomblc de l'industrie, ainsi
que le montre le tableau LXXXXV.

R/2795
Page 457
LVOLU'l'ION Des SALAIRES DANS 10 SX:,'CTl;;UR PRIVE
Ci",tégorie
..12.§.1
1968
J..2.U
.121.!..
Août
Février'
Ouvrier 1ère c"ltégorie
100
115
132
152
Ouvrier 6ème catégorie
100
110
118
135
Employé 6ème CcLt égorie
100
110
118
135
A~ent s do maNrise M2
100
107
107
123
Cadres P2A
100
102
102
117
Source
R. Reijmerink, p. 16, ci té.
C8peridant, l~, di scrimini1tion entre travail d8 buren,U:.:-c
travail de production matérielle ne s'est pas modifiée. A l'échelle
nationale,
le rl1pport ontre le salaire de base do l'employé de 6èli8
categorie et de l'ouvrier do m8me catégorie est toujctrs de 1,5 depuis
1961. Pour los phosphates, le ri1pport global du saLure dos employés
mensuels et dos ouvriers et manoeuvres mensuolsso situe autour de 1,35.
Cettu situation est d':::.,Utant plus pé1.radoxalo que ln main-d'œuvre qualifiée
pour la production C'tgents de maîtrise,
ouvriers hautument qualifiés) ost
rRre, a,lors que le système dG forrùation rond l'offre de tfavailleurs de
bureau tout & fait pléthorique.
b2) pisparité de salairos par ri',pport à la fonction
p'plique
D'une InMière gènér:le, a, céltégürio comp::"rable, le s;;,Llrié
de lél fonction publiqu<ô3 est privilégié par rapport à celui du soct(,ur:,riv6.
A cot effet,
on cite t6ujoùrs l'exemple de deux chefs de fé1ffiil1e,maxié
et pero chacun de 22 enfants dont 14 de plus de 10 ans. Dans co C2S, celui
qui travelille dUls le socteur l'rivé reçoit 14.300FCFA do prestations

R/2795
Page 458
f31l1ilic.los alürs quo son collèb'Ue fonctionn,ürc touche 54.652 F CFA.
Les siüaires di'U1s les phosph:-:.tes sont aligne:s sur coux (10
l 'onsè;;ilble du sectour l)ri vé, ot donc inf<:iriours à coux de la foncti on
rublique. 'P::1X ùXQmple, à Thiès, un employé "rnGyon" touche 35.000 l~Cli';:.. on
1974, t2~dis qu'une sténo-dactylo prenw1t 40 mots/minutes toucho 45.000
FCFA commo fonctionnaire,
contro 28.000 FCFA seulomont dans le secteur
pri V8 on muyenno)./
2. La contribution des phosphates aux recottes budgétaires
Jusqu'en 1973, los phosphn..tcs n'ont pn.s contribué do
manière substo.ntiolle ,lUX recettes budgêti1iros de l'Etat sénégalais. En
rovanche, la mise on place de l'extraction et dutraitomont des phosph;~os
il dem:'.nd8 à
l'Et'},t des dépenses non n6gligon.bles. Les firmes multinatiolFtlo8
et en p[~ticulier lil CSP Taiôa, jouiss0nt de privilèges importants on
matièro fiscale.. Il on rr,sul te un w:mquo à gagner budgét2ire.
a) I.e manque à gagner bud{?Gt'.ire
On nt; peut malhoureusomentp'Ls ev"luor ce manque à gagnor
du ll1éUlière précise C~ los inform::1.tions ne sent pas disponibles. On ne
peut fi'Lire que des rcm'1Xques fr::Jgmcnt:1ires destinées à dO!U1er une idéo
de l ' ;llnplcur du ce m,'Ulque à gngnor.
En 15)68, sO,lon lu r'è,pport de la Direction de l'Industri8,
alors que 10 taux moyen des ÜlpôtS Qt t'lXoS par rapport à la v'üour
ajoutée ét'it (10 30 pour cont, il n'6t,:üt <lue de 7,4 l)our c"nt pour~
l'industrie extrG-ctivo, soit le t,,-ux le plus fcU ble (cf. tabloau 'H-). En
effet
pour un", valour ajoutée do 2.562 raillions de:{~fré1.ncs CFA, le3 firmos
j
multin;i.tion'11es du s,:cteur minier (phosph::1te à 98 pour cL:nt), n'i'..v:1.icnt
payé que 190 millions d8 lï'CFA d'impôt ot taxes.
1/ Source: R. Reijmerink, cité, page 17.

R/2795
page 459
On voit que si le taux moyen de 30 pour (. ent avai tété
appliqué aux phDsphntes, l'Etat aurait reçu environ 770 millions de
francs d'imp6t. En 5 ans il aurait pu obtenir 3.850 milli,0ns, soit une
somme équiValente au capital de la CSP Taiôa. La question de savoir si
la société serait 9éanmoins venue s'installer au Sénégal-·sans ces
avantages sera exwninée plus loin.
TABLEAU LXXXVI
ar le s mi. férente s branche s de l'industrie en 1 68
en millions de FCFA
1
lm ets
1
1
BRANCHE
Valeur
en valeur
en %de la
1
ajoutée
absolue
valeur ai.outl
Industries extractives
2.562,1
190,6
7,4
1
Industries alimentaires
9.318
408,8
43,8
.
Industries textiles
2.282,3
485,1
21,3
Chaussures et habillement
839,6 ..
174,5
20,8
Bois et meubles
368
63,9
17,3
Papiet'
57,4
104
18
Chimie
196,8
382,9
19,4
Mat ériaux de constructi on
658,7
170
25
Mécabique des réparations
1.192
198,4
16,4
Divers
251
··
23,8
9,5
1
Energie et eau
2.891
.
467,6
16,2
l\\1.oyenne
21.593,4
1 6.348,6
29,4
Source
Rapport de la Direction de llIndustrue,
1968.
pp 110.111.
b) Iss exonérations fiscales
Lo régime fiscal direct sénégalais, cormne tous les régimes
fiscaux, est très complexe dans le détail. Pour les ontreprises, les
imp8ts les plus importants sont au nombre de trois : la taxe sur le
chiffre d'affaires ; l ' imp8t sur le revenu des capitaux mobiliers, et
enfin l'imp6t sur les bénéfices industriels et commerciaux. Pour ché.l.cun,.,
il existe un régime normiù (ou commun) et un régime privilégié défini
par le code des investissemehts:

R/2795
Page 460
Comme pratiquement tous les codes d'investissement ~fricaine,
celui du Sénégal, très libéral en la m~tière, distingue trois types
de regimes fiscaux appliqués aux entreprièes :
le régime nor~ ou régime comrnun ;
le régime aQElic~bl~ aux entreprises,priorit~irGs;pOlir y
prétendre, il f~ut, d'après le code de 1966, soit investir
au moins 40 millions de francs CFA en trois ans, soit créer
un minimum de "40 emplois permanents de c:tdres et d'ouvriers
qualifiés sénégalais". Les entrüprisGs de cette catégorie
bénéficient de l'exonération de l'impôt ;::mr les bénéficos
industriels et commerciaux, à condi ti on de r9mplir ,cortaines
conditions imposée spar le Plan. Cet Clvanto.g<{ est acquis pour
les implantations nouvelles, et la réduction de l'assiette do
l'impôt sur les bénéfices est applicable ~ toutes les entre-
prises quiaffectûnt une péU"t de leur profit à un ülVostis-
semont nouveau. Lee droits et taxes sur les matériels et
, mat ériaux qui ne peuvent être fourni s loc~~lement ou d;.wB le
cadre de l'UDEAO ct doivent' donc être importés font l'objet
d'une exonération., Enfin, les ontreprises sont dans certains
cas exonérées de la taxe sur le chiffre d'affaires ;
le reg~me des entr~prises conventionnées. Pour entrer d~W1S
cette' catégorie, l'entreprise doit investir au moins 500
milliohs de FCFAcn trois3.!ls. Outre les avantages applicé~bleG
aux cntroprises prioritaires, los entreprises conventionnées
bénéficient d'un regime fiscal stabilisé. Pendant la période
d'applic,l.tion (25 ans, majorCltion de 5 ans au maximum) et
"sauf dérog<:1ti on prêvue d'un commun Clccord, le régimè g::'1rcl..l1ti t
à l'entr0prise, pour l'activité fusant l'objet de le.. c.onvon-
tion, la stabilité des charg'Gs fiscales de toute natllr8 :r8sul-
tant directement des impôts, clroi ts, taxall et rGdovanccs tels
qu'ils e;Xi stünt à 1:1, date fixée par 1<:1 convonti on, t:lht Q,:J1S
leur assiett~/quc d,-UlS leur taux et 18llrs modrl1i t es de
percoption".-
Los phosphates sé~égal2is remplissent toutes les conditions
exigées pOur être dos entreprises cCrlventionnées et elles le sont
effectivement. CependëlJlt,
c'est la CSP Taïba qui en est le plus grand
bénéficiaire. La CSP Taioél. bénéficiait d'une convention avant l'indé-
pendance du Sénégal ~Convention du 11 juillet 1958). Ce texte, lui
donnant des av~tages fiscaQX très importants, a été reconduit par 10
nouvel Etat.
j]Le codes des investissements de 1966, article 33 ; c21ui dG 1972
réduit la période d'applic:1tion à 20 a.l1s, müs cc h'est pas
rétroactif.

R/2795
page 461
En ce qui concerne l'ifilp8t sur les bënéficos, la CSP Tai'h".,
n'a pas eu a payer de sommes importantes jusqu'en '1973, ccci pour
d8ux rCl.isons i cxonérntion d 'offico do 1960 à 1965 en raison du code
des investissemonts; déficit compt.J,bleo Par ailleurs, los p}loSprtatiJE1 r18
sont pas assujotis à la t3JCe sur le chiffre d'affaires dont le taux
normal est de 9 pour cent, c:tr toute entreprise trcWê1illCl.nt pour
l'exportation est exonérée de cet imp8t'i A la place du cette taxe,
les
firmes mul tinati onales paient deux impôts :
(i)
la ~~devance minière ad valorem 1/, nu taux de 3 pour c.",nt
calculé sur ln v:llour "cnrre'1u-mine" nécoss;1irement infl-'-
rieure au priX. do v()nte. le ce ùü t,
son taux "ffcctif
ost faible; pour Tai'ba,
1 pour cent 'sur les frc1CtioXlf:J
de vantes annuelles inférieures à 1.000.000 tonnes et 5
pourcoent pour les fractions supérieures, pour Thiès,
2 pour cent pour los fractions in[urieures ou égales S
100.000 tonnes et 5 pour cemt pour les fractions supé-
rieures
(ii)
le droit de a ortie , calculé de la m~me manière que la
redevCl.nce ad ~alorem, à la différence près que les prix
J
do base sont plus élevés/
.
Pour apprécier~Js chiffres, il faut se rnppoler que si 10
volume du phosphate d'alumine de rrhiès a frél!lchi le cap de 100.000
tonnes dès 1958, Tai'ba n'a dépassé 1,000.000 de tonnes qu'en 1967.
La CSP Tai'ba n'a donc payé qu'un impôt de 1,5 pour cent environ jusqu'en
1967. Si la taxe sur le chiffre d' '1ffaires de 9 pour cent avai tèté
appliquée, cuci aurait rapporté à l'Etat environ 300 millions do FCFA
par an, soit 100 mil·lions do plllS que l 'onsGloblo dos imp8ts du secteur
minier en 1968.
i/C'est sur cette base que la CSP Tai'ba n'a payé que 5.46,1.321 FCPA
d'impôt en 1960, pour une production qui dépassait déjà 100.000 tonnas,
mais cette information est tout à fnit isolée. Pour calculer cet impôt,
i l f;:;,udrait connaître les prix carreau-mine, cc qui n'a pas été possible
d'obtenir.
y rLinistère dos finélllces, abrégé fiscal, pnge 21 bis, éd. de 1966.

R/2795
Page 462
~, .
o. Les subve;ntions déguisées
L'Etat accorde des subventions déguisées':l.ux firmes multina-
tionales,
soit sous forme dû privilèges particuliers d'importation,
soi t sous forme de tarifs préférentiels, en particulier dar"ls le dCJlil'linc
de l'eau et de l'énergie.
p~ ex~mple, le p~ix du kwh de l'électricité industrielle au
Sénégal est d0 l'ordre de 20 FCFA (19,94 en 1974) pour l'heure l~
plus avanté1geuse. Ibis "il est possible pour les industriels de négocier
des tarifs spéciaux pour des consommations importantes lorsque le
coût de l'électricité est un élément important du prix de rovient
industriel'~/'cc qui est le cas pour la CSP Tai'ba puisqu'il a fallu
construirû spécialemont une ligne de haute tension pour les bosoins
do cette firme. Sn consomriiati on annuelle étant supérieure à 15 milE ons
de kwh, elle a pu bénéficier d'une disposition spéêiale accordant
dûs tarifs spéciaux de 13 PCI·'A le kwh. IB 1967 à 1970, la société a
consommé pour 363 millions de kwh environ.~/ L'Etat, pr~riétaire do
l'énergie électrique, a donc versé une subvention déguiséo de quelque
1.800 millions de li'CFA en 4 a.11s, soit 450 millions de FCF'A P,'œ an.
En conclusion, une imposition normale aurait rapporté entre
800 et 1.(:00 millions (30 pour cünt de la v:ùeur ajoutée) plI' an do
1962 à 1972. Or, l 'l:itat a reçu à peine 200 millions p~ q,n, soit un
manque à gClgner annuel de 600 à 800 ,,:illions. ID sureroi t, l ':r~at a
. accordé dus subventions dégu}sées sous forme d'exonération de taxas
sur les import~tions ou sous forme de tarifs spéciaux sur l'énergie
~lectrique. Rien que pour ce dernier poste, la subvention s'élève à plus
de 400 millions par Q.l1. En définitive le manque Et gagner de l'L.'tat
so situe autour d'un milliard de FCFA par an,
11 SONEPI, Guide de l'investisseur industriel au Sénégal, m,crs 19'75
page 81.
2_/ BEAO Bulletin, février 1975.

R/2795
Page 463
"Il est évident que les investissements ont leurs préocCUpél-
tions princip:l.lesj la re;ntabilité des'c.lpitaux d'une part, leur
sécuri té d'a.ut:re part. A CGS pré6-l cupcttions, le Code des investis-
ser.lonts répond par la. possibilité d'octroi d 'l.v:'.J1tages financiers
et fiscaux et
petr des gi:U'anties exceptionnelle Sll)/'
cl. ~ s réù SOns du comportement de l'Etat
Le Gouvernement sénégalaiS a adopté vis-à-vis dos firmes
multinationales un comportement de plus en plus libereü,
surtout
depuis 1966. ~ 1956 à 1966 en effet, globalement, il y a eu un
mouvement de dés2.ccumulation du c:l.pi td1 au Sê.i:lég::ll dû 6D par.tlÏ;oü!ier
i
à l'éclatement de l 'ancienne AOP et ~·l 'incertitude politique.:s
Dans la ~sure oùil~ capital se jêdéployait notwmment en direction
de la Cate-d'Ivoire, il fallait dans cortains domaines livrer concurren-
ce à ce pays.
l"his autant la concurrence par le bLùs d'exonérr"tions fisc;ücs
peut se justifier lorsqu'il s'agit des industries de substitution
d'iraportation, autélnt elles ne s'imposn,ient guère darlS le domaine
minier. En effet, l'investissom2nt dells le secteur minier est indepen-
dant du marché local et rugional de la périphérie~ te phosphate est
produit pour la France, l'Allemagne, le Japon ut non pour le Sénégal
ou d'autres pays africains. C'est pourquoi la balkani sation du iJiC,rché
africain n'affectait en aucune lïlanière la strettégie de croissance des
firmes multinationales. La prcttv.a en est quo, alors que l'industrie
sénégalaise stagnait de 1956 à 1966, la recherche 8t l 'oxploi ta-cion
minière était très :"ctive : la production du phosphate d'alumine p;c,sse
de 68.220 tonnes en 1956 à 139.180 tonnes en 1961. C'est en 1960,
il J~rnal officiel N° 3747 du 5 juin 1965, portant sur 10 Code dos
Inve st i ssement s.
2J Cf. Guy Courtois "Capital étranger et développement économique", ci té
et Guy Pfeffermann" Industria.l Labor in the Republic of 8onegal", cité.

R/2795
page 464
année dû l'Indépendcwce, que le gisement de T1.ïba entre en production.
Ensuite, investi ssement ct production augmentunt regulièremont cœ1!ne
le sug~èrent les chiffres du t~bleé1U LXXXVII et malgré la pression sur
les prix, les chiffres d'affaires p.:1sscnt dû 1.259 JJ1illions do I~C:iA
en 1962 à 3.641 millions en 1966. 1/
TABLEAU LXXXVII
Investi ssements cumulés en fin d'années
(en milli~ds de FCFA}
J.2.6..1
1962
1968
..1.21.Q
.121l
Taïba
6
8
•••
9,9
12,6
Thiès
•••
• ••
C,225
0,225
0,98
10,125
Le flux d'investissement est vraisemblablement indépend1.nt de
la politique gouvernementale d'incitcLtions, car 1,'1, stabilité politiqua
est Ll.!le garantie sul.fisante. En effet, ces investissements entrent clwlS
le cadre d'une politique de croissance dont l'implantation au Sénégal
n'est qu'un aspect. lli plus, l'excellente qualité du phosphate sénéga-
lais,
supérieure à celle du phosphate de Floride et du Maroc, est en
soi Un f.:tctour d':J.ttra,it pour les firmes multinationales. l'Jais surtout,
la conjoncture dMs ce domaine était tel que les firmes êt'1.ient St1.ns
doute prêtes à investir au Sénégal sans conditions spôcialement
avantage/use s.
Le Gouvernement sénégalais n'était donc PèlS obligé dl éiccord'.;r
des avantages spéciaux. Néanmoins, dans une cort:üne mesure, il y fut
contraint par les engagements pris Mtérieuro',.cnt par le GouvernoLh:nt
il ~~chés tropicaux, numéro spécial, juin 1974.

H./2195
Page 465
français dur:wt la përiode coloniale. Ces engagements se justifLü8nt
alors, car il s'agissait de protéger ~IEmpire français, de veiller
à la fermeture du circuit et d'économiser les Devises. D3 fait,
le
capital été.lit français. Avec l'Independance, le Gouvernement sénégal-,is
n'i1N:üt EtUcune raison de protéger les intérêts dlantreprises qui béné-
ficiaient déjà d'un coût d'extraction favorable. l.his pour le gouv,;rnc-
ment, l'intérêt des firmes multinationales est complémentaire de celui
de la nation. Dans l!introduction au codc des investissements, on lit
en effet : "le financement d'origine privée doit représenter 45 pOUT
cant d",s investissements globaux prévus par le pLan quadriennal. Afin
que ce finé11lcem'!nt puisse se f:üro da1ls los meilleures conditions,
les autorités senégalaise n'ont pas hésité à rompre avec la politi(~e
tradi tionnello on llutière de finances 8t de fiscalité."
En consqquence, si les besoins croissants des Etats rùodernc.s
eAtrhïnent un alourdissement permanont de la pression fiscale,
les
nécessités du dévolopp0r:lent conduiscnt à adopter une politique lib,-;r;lo
b l'ego"rd des' invostissef"Jlents do capitau:x:~ Et, par le Code des irlVic)S-
tisscments, 10 Sénégal s'est éngagé à long terme d:J,ns cette voie.
3 - LES PlwrITS D"$ ENTIL.;PRlSES
Selon l'0s données comptables, les phosphates sénégalais et en
partiCUlier, les phosphates de Taioa, no dégager:üent pc'ts de profit.
En 1973, la CSP 'jla iDa a d8claré un bcnéfice net de 878 millions dl)
FCFA, mais il s'agissait de la premièro a~ée Où un bénéfice apparais-
sait i la oompagnie dos phosphates de Taioa, fondée en 1951, n'av~it
jusllue là pr;ltiquement jiUIlCl-is réalisé de b(,néfices ; sos dettes
atteignent aujoul'd 'hui 4 rililli:U'ds de FCFA•..1I
il Jean Pierre Serini, dans IIJeune Afrique lJ du 30 mars 1914.

R/2795
Page 466
IBt1X types de causes semblent expliquor cutte si tU;l,ti on : le s
causes économiques qui sont f ond::une nt ale s, et dos Ci:uses t0chniqueG
qui sont s0condairos. Bien entendu, i l est très difficile d.3 conn,-îtrc
la structure dcos actifs et dcos profits réels des entreprises, spuci ,le-
ment dél.l1s \\ln pays comme le Sénégal où la publicité du bilan et dil compte
d'exploit"tion n'èst pas une oblig:l.tion légale. Du point do vue écora-
mique, on s:"it qu'il faut f:üre une distinction entre 18 profit
déclaré par le s entrcpri se s et le surplus ~conomique qui comprend
tous les tra.nsferts invisibles et des dlipenses accessoires. l·hlheu-
reusemont, les informations quantitatives permettant de saisir cos
deux grandeurs écononüques font défaut. C'est :pourqu.ôi on 2. insisté
- sur l'aspect qu:lli tatif.
a. L'extravsrtion de l'cconomie
En r.ison de l'extraversion do l'économie, plusieurs flCtcurs
peuvent contribuer à cruer une situa.tion de déficit. Le rrem.r,est
l'ochange inégal: les marchandises ne sont pas vendues à lour prix
de production mais à un. prix inforieur.;de ce fait, le surplus ost
tréU1sféré dt! manière occulte, et, CL:•.":lS 10 CeLS des matières promières,
ce surplus se retrouve dag,e la plus-va.lue au ni veau du produit.
n:ms 10 C"1.S present, l'écrasOtllünt des prix mondiaux dos phDS-
phates, malgré la demande croissante dos engrais, était da au compor-
tement dos grands monopoles américains. Jusqu'à une date récento, il
existai t une sorte de spécialisé1.tion entre les' grands monopoles amc;l'ic--;,inc;
producteurs d'8ngrais. CertClins produisaicnt ~~urtout des ongr:üs
azot és, d.' autre s du s engre.i s phosphat és ou potassique s. Le s m:üièr0 s
premières dcs:ongr3.is azotés sont le gaz naturel et le naphta fourni3
par les trust pétrolie.rs. Ceux-ci voulurent, au cours do la dernière
décennie! contrôler les mines de phosphates de Floride et en même
temps casser les prix sur les marchés mondiaux. Il s'en suivit une
guerre incroyable des prix. La tonne de phosphates vendue 14 dollé~s

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sur le marché amôricéün était bradée à 6 dollu.rs à l' 6tranger •.1/
Tout se passait donc comme si les grands monopole s americains prépl.-
raient la hausse des prix des phosphates, laquelle devait irrémédia-
blement arriver.
Il s',:.git donc ici d'estimer le trClJ1sfert de vnleur occulte
par le biais dos prix Hmondiau.x". Les phosphates ne sont pas des
produits de consommation directe, et les vrais prix mondiaux, à
savoir ceux qui peuvent ~tre considérés corrmlO a.ssez près des prix
çle l_r-cèuètion,
sont les prix des complexes "n13.tières premières/produits
finis".
Le phosphate n'entre pas dans les engrais au prix de production
le caractère intégré des sociétés qui
opèrent dans ce secteur interdit
cette hypothèse. Il conviœùtau contrairede considérer que, pour ces
soci étés, une p2.rtie de la plus-value créée pa,r les producteurs de
matières premières augmente les profits réalisée d,l11S les produits
finis, ici les engrais phosphatés. La compariüson des prix des phos-
phates et de ceux des engrais phosphatés peut donner une idée des
transfert s OCClÜ te s opérés à travers l'échange inégal.
Les princip3.ux pays import:1teurs du phosphate sénég'1Lüs sont
l'Allemagne de l'Ouest, la France, l'Angleterre. et la Hollande. Or,
en 1963, alors que le phosphate sénég'11ai s ét:ü t vendu 14 dollars US
la tonne, le super phosphate coûtêl.i t
37.7 dollars US par tonne en
Allom3.gne do .l'Ouest,
23.9 en F'rance et 37.2 en Grande-Bretagne.
Puisque "le principal composé fertilisant que l'on trouve est le super
phosphate mono2.1calin .JI, ceci suggère qd~'_une pill'tie de s>"'cfit s
réalisés à l'occasion de la vente dés phosphates provient pracisémentt
du transfert du surplus du Sénégal.
il J .P. Serini "Jeune Afrique", 30 mars 1974.
YONlJDI "M;wlUel des engrcüs", New-York,
1969, page 13.

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Page 468
Alors qu'il est impossible de chiffrer le mont3J1t du tr:Ulsfert
decri t
ci-dessus,
on peut tenter do donner une idée du surplus
comptable défini comme la différonce entre le prix de vente déclaré
et le prix de revient. Pour 1967 et 1968 (deux mauv:üses années de
production), le surplus moyen global a dopasse 1.2 milliard de :F'Cl,lA.
TABillAU LXXXVIII
Surplus degagé par les phosphates de Taiôa l1;L67 et 1968)
.12§l
1968
Aoyenne
Prix de n)vient industriel
(FCFA/t onne)
2.016
1.739
1.877 ,5
Prix de vente (FCFAjtonne)
3.332
3.230
3.281
Surplus global (FCF'Ajtonne)
1.316
1.491
1.463~'()
Ventes (milliers de tonnes)
809,5
, 985,7
897,6
Surplus global (milliers de l"CFA) 1. 065,3
1.469,7
1.259,5
b. La detérioration dus termes de l'éch~
Une .:lutre source de perte de valeur réside dans le. dêt6rior,~;~ion
des termes dG l'échange. "Lalgré Li dépréciation monEStaire qui a felit
1
passer l'indice des prix en gros en France de 34,7 en 1962 (base
en
1938) à 46,9 en 1972, soit une hausse de 40 pour cent, le prix du
phosphate de Taiôa
Fas
Dakar n'est passé que do 3.114 FCFA la tonne
moyenne en 1962 à' 3.197 l<'CPA lEl. tonne en 1972;')/ Si le prix des
phosphates avü t }luivi l' augmentati:m dus prix des produits import ('S,
i l :),Urai t été à l'indice 140 en 1972 pill' rapport Et 1969 au lieu de 102.
Ainsi, si le Sénégal avait pu vendre le phosphate au prix de 4.360
FCFA la tonne au lieu de 3.197, i l est probable que la CSP Taïbé1 aur:üt
réalisé des profits. ~~s ceux-ci auraient sans doute moins servi les
inputs du centre.
1/ "Marchés tropicaux: et méditerranée sn", numêrb spécial 1974
le
Sénégal.

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Fage 469
c. Los causes teohnigues
I l est vr,üsemblable qué les études préalableS ne 'furent pas
fai tes de manière très approfondie. L,], lecture des rapports annuels
de 1Q, direci;ion des mines laissa penser qUe des difficultés non
prévues ",u d6but ont poussé à procéder à des investissoments supplé-
mentaires importants, augmentant d'autant la période de construction
proprement di te.1I Le s prix de vente du phosphate, retenus d:1.!ls le s
études prênlables,
étaient de 3.000 FCFA la tonne. Dans les f1.i ts,
le
prix du>phosphate sénégalais a été supérieur à ce chiffre, rl1cis los
prix do rcviGnt ont augmenté plus vite que prévu, en raison not:lJnrnont
d'-'3 taux de fr~t très élevés •
. III - PERSP.cCTlVES
a. depui$ le 1er janvier 1975, le Gouvernement sênégalrüs
estactionnairu à 50 pour cent dus duux entreprises multinationales
qui opèront dns les phosphates,' CD qui introduit un certain nombre
de rnodific:cti.ons nu schéma que l'on vient de dûcrire.
"L'Ete1t p:U'ticipera désorm::.is ...u contrale des entroprises
dont les represontants assurant les pprésidences des conseils d',J,clmi-
nistration. En particulier, 10 Gouvernement suivrn, 18. commercialis'l,tion
des produits pour éviter des profits occllltos ••• IJÜ,s actionn,üros
étr3.l1gers à Taïba ont ensLli te reconnu ewec le Gouvernemont le principe
de la valorisation sur place des phosphates d'alŒIDine üt des phosphates
1I
de chaux en acide phosphotique ll •
Le GO~lVernement pense donc pomroir
créer par ce bi ais ,non seulelllent plLls de surplus disponible, mais
aussi plus d'emplois en aval dG la production.
Le groupe Rhône-Poulenc ci. accepté d'investir au Sénégal, dons d(;s
opéri1tions~ ~iêes au (développement. industriel du pays, la moitié CL;3
divid:-:ndes porçus élU titre de chaque exerCice à partir de 1975. IX; cu
,
2:'
f3.it,
il contribueréüt àoréer davantage de surplus et d'emploHJ o--'
Jj Christian Valentin ';Uneî"tionnlis:1.tion sans 'nationalisttion" d'J1G
Il Afri c 1, ",
1975.
Y Le Linistre du Développemunt industriel
cornmunic:'l.ti on QU Buro 'tu
de l'Assemblée n2.ti onale,
11 juin 1974.

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Page 470
Il existe 6g:ùement une possibilité de construire une usifle
d'acide phosphorique et d8rivés,{ tripolyphosphate de sodium). qt.i
exporterait toute sa production; En C..J qui concerne 12. technologie;, il
est reconnu qu'elle ne doit pas souffrir de ln participation de l'Et/lt.
Au plan de let gestion, la r.:;ndement technique et la productivi t0 rcct"Et
assurés p:.r dos c"dres de haut niveau :lppartenant aux groupes étr:.HI~dr~)
associés à l'Etat d:"L."1sües sociétés. Autrement dit, il n'est pas
expresseillent envisélgé do sénégalisor certa,ins postes cles do la
direction. PéU' ailleurs,
du fait que de janvier 1974 à janvior 1975,
le prix des phosphates sénégalais est pnssé de 3.068 à 19.352 FC}è).1. la,
tonna,
le trésor public a encaissé en un an 21 milliards de francs.
"Il est désormais acquis que de 1975 à 1977, les dividcmdos nets de
Taiôa seront de 4 milliards de l<'C1<'A, à rl-partir de manière égale entre
l'Etat et les actionnaires 8trangers, et qu'un second dividende,
constitùé par le solde du dividende net, sera transféré' à l 'Etat d-"~s
une proportion de 85 pour cent". Autrement dit, la hausse pcrsiGt,'Ulte
du priOC du phosphates permettra au Gouvernement sénégal~s de disposer
des Jeessourcos appréciables."L'histoire retiendra de ce budget 1975-
1976 qu'il est le premier à avoir dégugé uno ~pn.rgnetl.1/cette él''U'gne
aura étû de 13 milliards et aura servi a financer la tranche annuelle
de 1975-1976 du IVèrne Plan quadriennal '1973-1977).
b. Ces perspectives, telles qu'on vient de les prCscmter,
procèdent d' uno vue optimiste des faits et négligent certains problèmes
cruciaux.
En premier lieu, 10 Gouv~rn8ment s8négaLüs insiste sur le.: f':êi t
que la pil.I'ticipa,tion peut chcmger, de manière significative, la poli ti-
que génGrèlc dcs ~ntreprises multinationales. lSieux, il somblerait
que ces ontrcprises ont elles-rn~mes demande cette participation, non
par calcul égoïste, m~is comme une sorte de récompense de la. bonne
condui te du Gouvurnement sénéga.lai s à leur égCU'd. "L'abouti ssem(:;nt
heureux dl;) ces convers:ttions est 10 rusultat conjugué de la
11 C. Valentin, "Le. Soleil" du 16 juin 1975.

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ruconnai ssance pU' des grands groupes êtrangers du contexte nouveau
dans lequel évolue le Sénégal et de l'habilitû et du sons de l'Etat
doht ont fait preuve à cette occ;1sion les ropr6sentnnts du Gouvern()J~,ent
•••• La mûthode 0 st efficace".1IEst-ee à dire que cos entreprises vont
modifier r:tdicalement leur comportemont ? Rien ne le prouve. fu plus,
l'analyse gouvernementale est conduite sous un antle assez ~troit i
celui de l'augmentation dos r,;cette s budgét 0 J.ros gr:ico à la partici-
pation et à la hausse des prix à long terme. Y
c. En consequ-.;nce, il est possible du poser au moins d.3ux
quçstions.
En premier lieu, d:ms quelle mesure la_ forme actuelle de
l'oxploitntion phosphatière préserve t-elle l'~venir, c'est-à-dire
évite le g:'..spilLcgo dosrossources non ronouvelo.bles? Le Sénégü
dispose de l'un des meilleurs~:phosphates du monda avec un titre de 82°.
A T8.îba, gisomont 10 plus important, les rés(oœves certaines s'élèvent
à 40 millions de tonhes de produit marchand, soit environ 25 ans
d'exploitéLtion au rythme actuOl.lI On ne peut toutefois s'amp8'chor
de penser, en liséwt les rapports de léL Dircctiondcls mines, que ce
rythme entrCl.îne un certain go.spillnge, les conditions do rendement
imposées à TùJ'ba étant très sévè~es. En plus,
on precise que le taux
de stériles rücouvrMt le gisement doit être faible. On peut alors
se demander à quoi sert la technologie complexe quo l'on V()Ut rônurilcrc~r.
Enfin, on sait que la CSP Taioa a progrnnrné d'8~ploiter d'abord Ndomor
Diop et ensui to le gisement de Keur Lor Fall à partir des années 198o~
Le s travaux sont en OC'tll'B. pC'1!tr cela. Ceci est peut-€tre
aussi une
c~use de gaspillage.
Ces divers points devr,.Ù~n'tf.~tre étudiés sérieusement du point
de vue do l'intértt'national et nOn de celui des entreprises mul tin:1.-
tionales.
il C. Valentin, cité.
y L'hypothèso d'Me hausse du prix relatif dGS phosphates par r:,pport
aux produits importés est-elle vraiment fondée au momünt où los entre-
prises' multinationales "dôcouvrent,j des gisements d.cphdspnéites un peu
partout dans le tiers-monde ?
li March~s Tropicaux, mmGro' spécial, 21 juin 1974, page 1804.

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En s8cond lieu, d.:1l1s quelle ~ilesure l'cxplc.li,tation dl.:JS phos-
phates contribue t"""Ûllevéri tablement au dévoloppement économique
du pays? En fait,
il est vrtllsemblnble que les phosphates et d'une
manière plus générale les rOS8ources minières àu Sénégal ne ,permettront
réellement son developpemcnt que si la participation à 50 pour cont
, .
1 ,1
est "l'anti-chambre" de la nationalisiltion. L'expérience algerl.enne-'
en la matière montre que la nationalis;dion, si elle est bien menée,
présente des avantnges importants.
Tout d'abord, elle accélèrerait le processus d'acquisition
de 13. technologie; en effet, étant bbligés d'organiser et de gérer
eux-m€mes,
les Sénégalais apprendraient plus rapi.dcment qu'en
"regardant" fe1Ïre.
Le nationalis'1.tion permettrait également au Gouvernement dG
mieux contreler les prix, par exemple au moyen d'une association ~vec
les deux autres exportateurs importants ayant déjà nationalisé leurs
phosphates, à savoir le Maroc et le Togo.
En outre, l'L'tat Sénégalais pourr:üt adapter le rythme de la
production à colui de son propre dév:loppemunt. En particulier, il
pourrai t mieux assurer l'intégration de l'économie nationale on
développ,JJlt une industrie
d"'engraill phosph".tés i1U service de l' "1gri-
culture sénégalaise qui,
jusqu'à present, n'emploio quo des qU~1l1tit6s
d'engrais extrêmamsnt limitées.
Enfin, le Sénégal vn. peut-être devenir un pa,Ys pétrolier et
minier (fer, titcl.ne,
or). D,.Uls ce cas, i l est fond ,mental de ne p2,S
laissGr aQx entr8prises multinational~s le soin de décider de la
quantité et du rythme de la produc~ion. En effet, il s'agit de
ressources épuis:tbles don'\\ l'extrC1.ction ri'E:3t lêgitime, aux j'6tut:,de.s3
génér3.tions à venir, que si elle sert à mettre sur pied de nouvelle s
cél.pacités de production. En conséquence, il faudra planifier, mais un
payS 'ne peut réellement planifier sans m~rtriser ses ressources
naturelles.
11 A. Benachenhou " Le contrôle de s ressources n,durelles
le Co,s
algérien",
document mul tigrù.phié, Alger,
é10put 1975.

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